Monsieur le Premier ministre, pourquoi vous obstinez-vous à rogner le pouvoir d'achat des Français les plus modestes ? (Applaudissements sur quelques bancs des groupes SOC et LR.)
Le Président de la République, qui a annoncé ce matin des mesures cosmétiques, dit préférer la taxation des carburants à celle du travail. Mais en même temps, les travailleurs sont les premières victimes de la hausse sans précédent des prix du carburant,…
…qui s'envolent sous l'effet conjugué de vos taxes et de l'augmentation du prix du baril.
Le ras-le-bol sur le pouvoir d'achat enfle dans tout le pays, la grogne sociale fait le plein et un grand nombre de nos concitoyens s'apprêtent à manifester leur mécontentement. En effet, la seule chose qui n'est pas taxée avec vous, c'est la fortune ! (Applaudissements sur quelques bancs des groupes SOC et LR.)
Après avoir baissé l'aide personnalisée au logement, pénalisant ainsi les foyers les plus fragiles, après avoir augmenté la CSG pour les retraités – qui perdront, en plus, 2 % de leur pouvoir d'achat en raison de la non-revalorisation de leurs pensions dans un contexte d'inflation record –, après avoir gelé le point d'indice des fonctionnaires, le Gouvernement s'attaque à présent à l'exonération de cotisations sociales sur les aides versées par les comités d'entreprises : au-delà de 300 euros, les salariés seront imposables.
Ces aides permettent pourtant à 11 millions de salariés d'avoir accès aux vacances, à la culture, aux séjours linguistiques et à l'éducation pour leurs enfants, aux arbres de Noël, à la lecture, au cinéma ainsi qu'aux abonnements dans les salles de sport. (Mme Laurence Dumont et M. Boris Vallaud applaudissent.)
Alors que la moitié des Français n'ont pas les moyens de partir en vacances, cette mesure frappera d'abord les salariés les plus démunis,…
…nombre de ces prestations, qui représentent parfois plus d'un mois de salaire, étant calculées sur des critères sociaux.
Elle aura des conséquences directes sur l'emploi dans les secteurs du tourisme social et de la culture.
M. Le Maire nous répète qu'avec ce gouvernement, « le travail paie », mais pour récupérer 1,7 milliard d'euros sur le dos des salariés, il n'hésite pas une seconde à revenir sur leurs droits acquis et, dans les entreprises, sur un mécanisme de redistribution de pouvoir d'achat qui a fait ses preuves.
Monsieur le Premier ministre, quand allez-vous cesser de vous attaquer aux droits des salariés ? Quand allez-vous cesser de faire les poches des Français ? (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur quelques bancs des groupes LR et GDR. Mme Bénédicte Taurine applaudit également.)
Monsieur le député, vous avez commencé votre intervention, et c'est tout à fait normal, en évoquant le mécontentement d'un certain nombre de Français et leur sentiment relatif à l'évolution du pouvoir d'achat.
Notre rôle, à toutes et à tous, est d'entendre ce que disent les Français.
Il est aussi d'expliquer les choix que nous faisons : chacun fait les siens.
En tant que député d'opposition, vous êtes, monsieur Juanico, et c'est normal, plutôt critique à l'égard des choix que nous faisons, et je ne compte évidemment pas sur vous pour nous aider à les expliquer.
Mais nous, inlassablement, nous allons les expliquer. (M. Jimmy Pahun applaudit.)
Comme le Président de la République l'a rappelé ce matin lors d'une interview à la radio, et hier dans la presse, comme le Premier ministre et les autres membres du Gouvernement l'ont répété à de nombreuses reprises, nous assumons le choix de taxer davantage la pollution et le carbone pour agir en faveur de la transition écologique et contre le changement climatique.
Mais nous assumons tout autant notre décision d'augmenter les minima sociaux - vous n'y avez pas fait allusion, mais j'espère que vous en parlez aux habitants de votre circonscription -, qu'il s'agisse de l'allocation aux adultes handicapés ou du minimum vieillesse. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LaREM. - Exclamations sur les bancs du groupe LR.)
J'espère que vous en parlez afin que ceux qui aujourd'hui ne font pas valoir leurs droits puissent en bénéficier.
De même, nous assumons la décision de moins taxer le travail et d'avoir baissé les cotisations sociales sur les salaires. Les Français pourront donc constater une hausse de leur salaire net. (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.)
Enfin, nous assumons la décision de baisser la taxe d'habitation. Là encore, j'espère que vous en parlez aux citoyens de votre circonscription ; j'espère également que vous leur dites que ce n'est qu'un début,…
…que cette baisse de 30 % cette année sera suivie l'année prochaine puis l'année suivante de nouvelles baisses, pour aboutir à une suppression totale de cet impôt pour 80 % des Français. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM. – Exclamations sur les bancs du groupe LR.)