Depuis quelques jours, monsieur le Premier ministre, vos ministres et le chef de votre parti se succèdent pour expliquer qu'un mur est tombé, que le jeudi 5 décembre sera une date historique : il verra le Parti socialiste et le Rassemblement national défiler côte à côte. (« Eh oui ! » sur divers bancs.) Avez-vous besoin, élection après élection, et désormais manifestation après manifestation, d'agiter l'épouvantail du RN pour tenter de disqualifier l'évidence ? (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)
Pensez-vous que les milliers de femmes et d'hommes qui défileront jeudi adhèrent tous aux thèses de l'extrême-droite ? (Mêmes mouvements.)
Monsieur Faure, peut-être me permettrez-vous, avant de répondre à votre question, de profiter de cette occasion pour revenir sur les propos que vous avez tenus ce matin à la radio. À ma grande surprise, lorsque Léa Salamé vous a indiqué que le Gouvernement comptait porter à 1 000 euros la retraite minimum, vous avez répondu : « Non, ils ne le proposent pas. Ils vont augmenter le minimum vieillesse, c'est très différent. »
C'est Mme Pénicaud qui l'a dit, dimanche !
J'ai été frappé de constater que très souvent, sur un projet de régime universel que le Premier ministre a montré…
Permettez !
Je connais trop votre souci de la vérité, de l'exactitude des arguments, pour, lorsque vous affirmez quelque chose qui n'est pas vrai, m'abstenir de le dénoncer ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.)
La vérité, c'est que ce projet aboutit à plus de redistribution, plus en faveur des retraites des précaires et des femmes.
Nous voyons bien que vous souhaitez quelquefois vous saisir de cette occasion, rare dans l'histoire de notre pays, de porter un projet d'avenir, d'équité et de cohésion. Ne nous faites donc pas un procès ; débattons à partir d'arguments réels, non de fausses nouvelles ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM. – Exclamations sur les bancs des groupes LR et SOC.)
Monsieur le haut-commissaire, si vous avez des reproches à faire à quelqu'un au sujet de mes déclarations, adressez-les d'abord à Mme Pénicaud, puisqu'elle a tenu les propos que je me borne à reprendre. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC.)
Je voudrais rappeler un simple fait : si vous et votre Gouvernement êtes aujourd'hui en fonction, c'est parce qu'en 2017 des millions de femmes et d'hommes ont choisi de barrer la route au Front national…
…et l'ont fait en conscience, ce qui fait que vous vous trouvez sur ces bancs.
Mais ils ne l'ont pas fait par soutien à votre politique sociale ou fiscale, et certainement pas parce qu'ils adhéraient à votre politique migratoire actuelle ! (Exclamations sur les bancs du groupe LaREM.)
Ils ne l'ont pas fait non plus pour soutenir ce que vous voulez faire en matière de retraites ! C'est la raison pour laquelle je serai fier de manifester jeudi avec ces millions de nos compatriotes qui sont attachés au modèle social français. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)