Les chiffres du baromètre du Secours populaire (Exclamations sur quelques bancs du groupe LFI-NFP) sont alarmants : 31 % des Français peinent à se procurer une alimentation saine afin de manger trois fois par jour et 59 % d'entre eux craignent de ne pas pouvoir faire face à un imprévu. La précarité ne frappe plus seulement aux portes des plus démunis ; elle s’installe dans le quotidien de millions de foyers. Entre l’explosion des prix et la stagnation des revenus, les Français sont contraints de choisir entre bien manger et payer leurs factures – un dilemme inacceptable dans un pays comme le nôtre.
Ce n’est pas seulement une question de pouvoir d’achat, c’est une urgence de santé publique. Les jeunes, les seniors, les familles modestes : tous sont épuisés par cette course à l’économie, où il faut acheter des légumes moches, chasser les promotions ou recourir à la seconde main pour s’en sortir. Préserver son niveau de vie est devenu une obsession, au détriment de la qualité de vie et de la préparation de l'avenir. Où sont les mesures concrètes ?
Votre politique se résume à des systèmes complexes de chèques, illisibles pour les professionnels comme pour les consommateurs, tandis que l’inflation continue de ronger le budget des ménages. Aucune anticipation, aucune relance économique, aucune solution structurelle pour résorber la dette ou redonner du souffle aux Français. Résultat : une société de la débrouille, où chacun doit se battre pour survivre.
Pourtant, des solutions existent. Nous, au Rassemblement national, nous proposons d'abaisser la TVA de 20 % à 5,5 % sur toutes les énergies – électricité, gaz, fioul, carburants –, de la faire passer à 0 % sur cent produits alimentaires et hygiéniques de première nécessité en cas d’inflation supérieure à 3 % et d'agir sur les prix en luttant contre les marges abusives et en soutenant la production locale.
Monsieur le premier ministre, quand écouterez-vous enfin les Français ? Quand prendrez-vous des mesures fortes et immédiates pour leur redonner du pouvoir d’achat et protéger leur santé ? Les Français n’ont plus le temps d’attendre ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)
Bienvenue à l'Assemblée nationale !Je suis un peu surpris de la teneur de votre question : elle renvoie l'image d'une France misérable, pauvre, incapable de se projeter.
Je vais répondre à Mme la députée si vous voulez bien me laisser tranquille, monsieur Odoul. La France est certes confrontée à des défis énormes. Nous souhaitons aussi continuer à accompagner celles et ceux qui souffrent. Mais l'image de la France que vous renvoyez, une France sans espoir,…
…une France qui serait un continent de pauvreté, chroniquement malade, ce n'est pas la France que je connais…
…et ce n'est pas celle que je veux construire.(M. Paul Molac applaudit.) Vous dessinez le portrait d'une France qui n'est pas la mienne ! (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)
Et votre solution ? Elle n'est pas nouvelle, vous la martelez depuis trois mois : il faudrait baisser la TVA sur l'essence. Ce n'est tout simplement pas au niveau !
Vous dites penser à celles et ceux qui souffrent aujourd'hui ; mais comment justifier le fait de baisser le prix de l'essence pour ceux qui n'en ont pas besoin, qui conduisent des véhicules de société ou d'énormes voitures ? (M. Julien Odoul fait mine de ramer.) Certains s'enrichiront, les marges seront accrues. Madame la députée, cette mesure n'est ni opérante, ni efficace. Elle creusera un trou dans les finances publiques que vous n'aurez aucun moyen de reboucher. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)
J'ai déjà eu l'occasion de le dire à un de vos collègues. Vous venez d'arriver à l'Assemblée : choisissez de défendre des mesures un peu plus innovantes que celles de vos collègues et je vous écouterai ! (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)