Laissez-moi vous citer les propos de quelques hommes politiques européens : « Nous ne laisserons pas […] violer nos filles et nos femmes », déclarait Viktor Orbán ce lundi à propos des migrants ;…
…« On ne peut pas considérer les urgences comme la solution à un mode de vie non civilisé », affirmait Matteo Salvini à propos de l'IVG il y a quelques mois ; « À l'égard de la démocratie, nous avons une position plutôt sceptique », confiait Krzysztof Bosak ; « Le réchauffement climatique est la plus grande escroquerie de l'histoire », proclamait Santiago Abascal ; « Si vous êtes noir, repartez ! », enjoignait enfin Martin Helme.
Suis-je la seule à être choquée par ces propos ? (« Non ! » sur plusieurs bancs des groupes LIOT, EPR, SOC, DR, EcoS, Dem, et GDR.)
Qu'ont en commun toutes ces personnes, outre le fait qu'elles bafouent nos valeurs démocratiques, républicaines et européennes ? Elles s'exprimaient ce lundi dans le Loiret, mon département, dans le cadre du rassemblement de l'extrême droite européenne organisé par Marine Le Pen. (Applaudissements sur les bancs des groupes LIOT, EPR, SOC, EcoS, Dem, HOR et GDR ainsi que sur quelques bancs du groupe DR.)
J'en profite pour rappeler que le Loiret n'est pas une terre d'extrême droite.
Cet événement a le mérite de la clarté : le RN nous rappelle qu'il cautionne les thèses racistes,…
…discriminatoires, qu'il nie le réchauffement climatique, qu'il est contre les femmes, qu'il promeut un pouvoir autoritaire, qu'il est anti-UE et qu'il sert la propagande pro-Poutine ! (Mêmes mouvements.)
On est loin du discours sans aspérités tenu ces derniers mois ! D'ailleurs, Mme Le Pen y a salué la « valeureuse Hongrie » d'Orbán, qui muselle sa presse, ses universitaires et sa justice, et qui est ouvertement homophobe, anti-IVG, xénophobe et pro-Kremlin ! (Mêmes mouvements.)
Que dire, monsieur le premier ministre, du silence assourdissant de ce gouvernement ? Qu'attendez-vous pour dénoncer les propos tenus lundi ?
Se taire, c'est cautionner ; c'est fragiliser durablement notre pacte républicain ; c'est renier notre devise– Liberté, Égalité, Fraternité . (Les députés des groupes LIOT, EPR, SOC, EcoS, Dem et GDR se lèvent et applaudissent longuement. – Applaudissements sur les bancs des groupes DR et HOR, dont plusieurs députés se lèvent également.)
Liberté, Égalité, Fraternité ne sont pas de simples mots gravés sur le fronton de nos mairies ; ce sont les biens les plus précieux de notre République, les pierres angulaires sur lesquelles se fondent toutes les politiques publiques que nous menons sous l'autorité du premier ministre. Comme vous, ce gouvernement y est profondément attaché. C'est au nom de ces principes que nous agissons chaque jour, afin de garantir les libertés individuelles et collectives, de construire ensemble une société plus juste, plus solidaire et plus fraternelle et de faire vivre partout l'idéal républicain.
Je ne peux donc pas laisser dire, ni même laisser penser, que ce gouvernement cautionnerait d'une quelconque manière des propos ou des comportements qui porteraient atteinte aux droits fondamentaux, au respect de la démocratie, aux valeurs de la République ou aux engagements pris en matière de transition environnementale.
Nous sommes clairs et cohérents : il ne peut y avoir de compromis avec les principes fondateurs de la République française. (M. Thomas Ménagé s'exclame.) Toute parole publique, tout arbitrage politique doit s'inscrire dans le respect absolu de cette devise qui nous unit et nous engage tous : Liberté, Égalité, Fraternité.
Je le dis avec gravité et conviction : ce gouvernement ne s'écarte pas de cette boussole républicaine et il ne s'en écartera jamais. Nous condamnons les propos que vous venez de rapporter. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR et Dem. – Exclamations sur quelques bancs du groupe EcoS.)