Monsieur le Premier ministre, après dix-huit mois d'obstination, le Président de la République a reconnu une partie de ses erreurs.
Les députés du groupe Les Républicains ont approuvé plusieurs des mesures de bon sens qui ont été annoncées : ils vous les réclamaient depuis dix-huit mois. Malheureusement, nous constatons aujourd'hui un décalage entre les annonces du Président et les mesures finalement décidées par votre Gouvernement.
Emmanuel Macron nous a annoncé que pour les retraités touchant moins de 2 000 euros par mois, la hausse de la CSG subie cette année serait annulée. Or cette mesure ne s'appliquera finalement qu'en juillet. En outre, pour un couple de retraités, les revenus de chacun ne devront pas dépasser 1 500 euros pour qu'ils puissent bénéficier de cette baisse de la CSG. Plus de trois millions de retraités resteront donc sur le carreau.
Emmanuel Macron nous a annoncé que les heures supplémentaires seraient versées sans impôts ni charges en 2019. Or en découvre que cela ne sera pas le cas. Les salariés continueront en effet de payer la CSG et la CRDS sur les heures supplémentaires, lesquelles resteront également soumises aux charges patronales.
Il n'y aura donc pas d'incitation pour les entreprises ni les employeurs à proposer des heures supplémentaires. On est très loin de la mesure Sarkozy de 2007 !
Enfin, Emmanuel Macron a annoncé que le salaire d'un travailleur au SMIC augmentera de 100 euros par mois dès 2019. Là encore, c'est faux : 50 % des salariés au SMIC ne profiteront pas de cette revalorisation car leur conjoint gagne plus que le SMIC.
Et ce sont hélas les femmes, lesquelles sont souvent le membre le moins bien payé du couple, qui seront défavorisées.
Monsieur le Premier ministre, pourquoi ce décalage entre les annonces du Président de la République et les mesures décidées par votre Gouvernement ? N'est-il pas dangereux de décevoir une nouvelle fois les Français ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)
Monsieur le député, je suis extrêmement étonnée, car nous ne devons pas voir les mêmes objets en face de nous.
Premier sujet : les retraités. Ne trouvez-vous pas normal que seuls 30 % d'entre eux, ceux qui touchent les retraites les plus élevées, paient demain la surtaxe ? N'est-ce pas de la justice sociale ? Aujourd'hui, 60 % des retraités la payent, tandis qu'à partir de 2019, seuls 30 % y seront assujettis, ce qui signifie que 70 % n'auront pas à supporter cette hausse de la CSG. (Exclamations sur les bancs du groupe LR.)
Deuxième sujet : les heures supplémentaires. Je m'étonne beaucoup à ce sujet, car nous avançons au 1er janvier 2019 ce qui était prévu. Dès cette date en effet, toutes les heures supplémentaires, pour tous les salariés, seront exonérées d'impôts et de cotisations sociales,…
S'agissant de la CSG et de la CRDS, comme à l'époque de M. Nicolas Sarkozy, cela restera.(Vives exclamations sur les bancs du groupe LR.)
En revanche, s'agissant de la prime exceptionnelle, nous faisons quelque chose qui n'a jamais été fait : elle ne sera en effet soumise à aucune cotisation. Cinq cents euros payés par l'entreprise, ce seront cinq cents euros dans la poche des salariés.
Que cherchons-nous à faire s'agissant, enfin, du SMIC ? À valoriser le travail et à assurer la justice sociale.
En effet, qu'ont dit les gilets jaunes ? Que beaucoup de Français travaillent qui pourtant n'arrivent pas à joindre les deux bouts : c'est cela, l'urgence sociale.
Bien qu'ils travaillent, à la fin du mois, ils n'y arrivent pas.
Grâce à cette mesure, 100 % des salariés ne vivant que du SMIC auront 100 euros de plus par mois à partir du début de l'année prochaine. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et sur quelques bancs du groupe MODEM.)
Ce sera également le cas pour 100 % des femmes seules n'ayant que leur salaire pour vivre, lorsque celui-ci ne dépasse pas 2 000 euros : elles auront 100 euros de plus. (Exclamations sur les bancs du groupe LR.)
Même si vous ne voulez pas l'entendre, ce sont des mesures de justice sociale : un nombre très important de salariés – tous ceux qui ont de faibles revenus – verra ses revenus augmenter grâce à la mesure que nous prenons concernant la prime d'activité, mesure qui combine justice sociale et valorisation du travail. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM ainsi que sur plusieurs bancs du groupe MODEM.)