Monsieur le Premier ministre, je veux d’abord vous adresser mes félicitations républicaines pour votre réélection à la mairie du Havre, mais – parce qu'il y a un « mais » – vous conviendrez avec moi que l’arbre ne peut pas cacher la forêt.
Jamais un Président de la République n’avait subi un tel revers lors d’élections municipales. (Vives exclamations sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.)
C'est la réalité !
Même la clarification opérée au second tour – je veux parler de vos alliances avec la droite –…
…même cela n’a pas permis d’endiguer la victoire du bloc social et écologique. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)
Qu’allez-vous faire de cette défaite ?
Les couloirs bruissent. Mais c’est moins un remaniement gouvernemental que les Français attendent qu’un remaniement de la politique que vous conduisez. L’acte 2 devait être plus social. Nous avons eu droit aux réformes de l’assurance chômage et des retraites. L’acte 3 devrait être écologique. Mais déjà la course de lenteur est engagée avec les propositions de la convention citoyenne pour le climat.
Il y a un point sur lequel nous pourrions être d’accord : donner plus de pouvoirs et de moyens aux collectivités locales.(M. Paul Molac applaudit.)
Mais cela ne peut pas être au prix d’un chantage et d’un tripatouillage électoral : moyens nouveaux contre report de l’élection régionale. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur quelques bancs du groupe LR.)
La démocratie ne se marchande pas. Sur ce principe républicain-là, au moins, j’aimerais être certain que nous partageons la même vision, monsieur le Premier ministre. Alors je vous pose cette question très simple : est-il dans vos intentions de chef de gouvernement de reporter les élections régionales ? (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)
Permettez-moi de féliciter à mon tour de manière républicaine l'ensemble des maires qui ont été élus…
…mais également de remercier l'ensemble des maires, des assesseurs et présidents de bureaux de vote qui ont permis la tenue du scrutin dans un contexte ô combien difficile.
Le premier enseignement que nous pouvons tirer de ces élections est celui d'une abstention massive qui doit collectivement nous interpeller. Nous devons sans cesse remettre l'ouvrage sur le métier.
Vous avez évoqué les résultats. J'en conviens, ces élections ont été pour la majorité une déception…
Nous aurions souhaité faire davantage bouger les lignes. Mais votre perception des précédentes élections municipales me laisse assez songeuse. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.)
L'autre leçon que je retiens est le message qui nous a été adressé sur la question écologique : une aspiration à vivre mieux dans un monde qui considère enfin la transition écologique comme un impératif pour tous. C'est la raison pour laquelle le Président de la République a signifié par des mots très forts son intention de reprendre sans filtre la quasi intégralité des propositions de la convention citoyenne,…
…afin de permettre au Parlement de les examiner ou au Gouvernement, à l'occasion d'un prochain conseil de défense écologique, de les mettre rapidement en œuvre.
Nous ne partageons pas votre vision de l'écologie. Celle que ce gouvernement défend est une écologie à la fois de progrès et de responsabilité, une écologie des territoires, enfin une écologie de justice qui ne laisse personne sur le bord du chemin. (Exclamations sur les bancs du groupe LR.)
C'est la raison pour laquelle ce gouvernement est fier de porter haut les couleurs de l'écologie dans notre pays. (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.)