Ma question s’adresse à madame le ministre de la transition écologique. Vendredi 8 janvier dernier, nous avons été incités par RTE, le réseau de transport d’électricité, à réduire notre consommation électrique afin d’éviter que notre réseau, soumis à un pic de consommation, ne s’effondre. L'aveu est de taille ! Il y a encore quelques années, avant l'arrivée au pouvoir des socialistes, la France disposait d’une capacité excédentaire de production électrique ; il nous faut désormais nous serrer la ceinture ! Ce dernier pic n’avait pourtant rien d’exceptionnel : en 2012, nous avions dû faire face à une consommation de 102 gigawatts, alors qu'elle était à peine de 87 gigawatts cette fois-ci.
Comment l’expliquer ? Vous dites qu’une partie de notre parc électronucléaire est indisponible à cause du report d’opérations de maintenance. Vous oubliez de préciser, au passage, que si vous aviez laissé EDF mener ses opérations de maintenance pendant le premier confinement, nous n'en serions pas là !
Une autre explication, plus globale, relève de la politique énergétique que vous menez en faisant le choix de privilégier le développement des énergies électriques intermittentes au détriment des énergies pilotables. Depuis 2012, celles-ci ont été réduites de 10 %, en raison notamment de l'arrêt de la centrale de Fessenheim, alors que l’EPR de Flamanville n’est pas encore en service.
Notre système électrique n'a désormais plus de marge. Que se passera-t-il, madame le ministre, si un confinement intervient en février et que l'hiver est rude ? Votre Gouvernement entend-il changer de politique énergétique ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)
Monsieur le député Julien Aubert, ce n'est pas en répétant cent cinquante fois quelque chose de faux que vous en ferez une vérité.
Je vous le répète une nouvelle fois : premièrement, les Français seront normalement approvisionnés en électricité cet hiver.
Il n'y aura pas de black-out, contrairement à l'idée que vous essayez de répandre. Deuxièmement, s'il y a des problèmes de pics de consommation, qui rendent parfois nécessaire un lissage de la consommation,…
…c'est parce que les opérations de maintenance n'ont pas pu être réalisées pendant le confinement, quelle que soit la raison que vous invoquez.
La fermeture de la centrale Fessenheim n'y est évidemment pour rien.
Vous le dites vous-même : 20 % environ de notre capacité nucléaire ne sont actuellement pas exploités, pour des raisons notamment de maintenance.
Soyons clairs : la poursuite de la production à Fessenheim n'y aurait pas changé grand-chose, sinon rien du tout.
Vous n'avez pas parlé des centrales à charbon et je vous en remercie : si nous les utilisons, elles ne représentent plus que 1 à 3 % environ de notre consommation, un pourcentage de plus en plus bas.
Nous les arrêterons d'ailleurs d'ici à 2022. Vous devriez cesser d'avoir une vision idéologisée des choses, monsieur Aubert. (Vives exclamations et rires sur les bancs du groupe LR.) Un rapport sortira demain, qui remettra les choses à plat, d'un point de vue technique et non pas idéologique ! Enfin, plus de 70 % de notre électricité est encore d'origine nucléaire. Pensons surtout à ne plus gaspiller notre électricité : ce serait déjà une bonne chose ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.)
Madame le ministre, vous mentez lorsque vous dites qu'il n'y a pas de risque de black-out : le même jour, le 8 janvier, un accident est survenu en Roumanie et l'on a dû isoler une partie du réseau électrique européen pour éviter un black-out ! Vous mentez ! Ensuite, c'est un simple calcul arithmétique : avec 1,6 gigawatt supplémentaire produit par Fessenheim, il aurait été plus facile de passer le pic de consommation ! Enfin, j'aimerais savoir comment vous ferez en 2021 et 2022 sans les importations d'électricité allemande, dans la mesure où nous allons perdre ces capacités. Bientôt, ce ne sera pas le black-out, mais le « green out » du Gouvernement ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)