Ma question s’adresse à Mme la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche.
En 2017, le candidat de La République en marche à l'élection présidentielle nous promettait la construction de 60 000 logements étudiants. Il promettait aussi que plus personne ne dormirait à la rue avant la fin de l'année.
Sans surprise, cette promesse n'a pas été tenue.
Depuis 2017, c’est une habitude : les promesses non tenues et les 49.3 s'enchaînent de semaine en semaine. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe SOC et sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.)
Et même si nous ne nous attendions à rien, nous sommes quand même déçus.
Indigne : voilà le mot qui me vient à l’esprit quand je pense aux conditions de vie et d’études de nos jeunes !
Indigne, quand on sait que huit logements sur cent sont vides alors que des étudiants dorment à la rue ou dans leur voiture. Indigne, quand le centre régional des œuvres universitaires et scolaires (Crous) ne propose aux étudiants qu’un logement pour seize demandes en moyenne, quand 12 % des étudiants renoncent à leurs études faute de logement.
La crise du logement, la baisse des aides personnalisées au logement (APL), la hausse des prix de l’énergie ; servir les plus riches pour déshabiller les plus pauvres, encore et toujours ! (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC et LFI-NUPES et sur quelques bancs du groupe Écolo-NUPES.)
Les étudiants ne veulent plus de vos mesurettes, madame la ministre. Ils veulent s’émanciper et vivre dignement, de manière autonome. Surtout, ils attendent que le Gouvernement tienne enfin ses promesses en assurant à chacun un logement. Alors, quel dispositif d’urgence avez-vous prévu pour que plus aucun étudiant ne dorme dehors ? C’est une question de dignité ! (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur plusieurs bancs des groupes LFI-NUPES et Écolo-NUPES.)
Je vous remercie pour cette question, qui me donne l'occasion de rappeler ce que font le Gouvernement et la majorité pour les étudiants, de manière générale et en matière de logement. (Exclamations sur quelques bancs du groupe LR.)
Comme le secteur du logement dans son ensemble, le logement étudiant traverse une crise. En 2018, le Gouvernement a lancé le plan « 60 000 logements étudiants » et 30 000 logements ont été créés.
Le logement étudiant pâtit aujourd'hui de la crise du foncier, mais nous identifions actuellement, avec M. le ministre délégué chargé du logement, le foncier disponible pour conduire le plan à son terme. (Exclamations sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.)
Comme vous, nous souhaitons que les étudiants travaillent dans de bonnes conditions. La rénovation de 12 000 logements du Crous, sur les 175 000 qui font l'objet de cette opération, est en cours : elle a commencé pour 4 000 d'entre eux et est planifiée d'ici à 2027 pour 8 000 autres.
Je rappelle, enfin, que nous gelons les loyers du Crous depuis quatre ans. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE. - M. Laurent Croizier applaudit également. - M. Louis Boyard s'exclame.)
Nous avons également augmenté les APL et gelé les droits d'inscription et les tarifs de la restauration. Enfin, lors de la dernière rentrée, la vie étudiante a bénéficié de 500 millions d'euros supplémentaires, qui ont notamment profité au système des bourses.
C'est notre majorité qui, depuis dix ans, a fait le plus pour réformer et mieux doter les bourses étudiantes. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RE. – Exclamations sur les bancs du groupe LR.)
Je retiens la rénovation de 12 000 logements. J'espère qu'il ne s'agira pas d'une énième promesse non tenue ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe SOC.)