Hier soir, au repas annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), vous avez dénoncé, monsieur le Premier ministre, « les leçons de morale de certains, bien au chaud, qui expliquent à la société israélienne qu'elle surréagit ».
Massacrer 40 000 êtres humains, en majorité des femmes et des enfants, c'est donc, selon vous, une simple sur-réaction ? Prôner la justice, la paix et le cessez-le-feu, c'est donc, dans votre bouche, faire des « leçons de morale » ? Vos propos sont irresponsables, ignobles et inhumains. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NUPES.)
Dans le même temps, Netanyahou, le criminel de guerre, balayait d'un revers de la main, contre l'avis des familles d'otages, du Conseil de sécurité des Nations unies, de la Cour internationale de justice…
…et des peuples du monde entier, une proposition de trêve et annonçait une attaque terrestre à Rafah – une nouvelle boucherie qui, à l'heure où je vous parle, a déjà commencé. Rafah, dernière étape du déplacement forcé, du nettoyage ethnique du peuple gazaoui, déshumanisé, massacré, génocidé. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NUPES.)
Rafah, ultime refuge de 1,2 million d'êtres humains innocents, parmi lesquels 600 000 enfants, qui font face, en ce moment même, à l'abîme, à la mort, en raison de l'inaction complice, voire coupable, de celles et ceux qui n'auront plus jamais l'âme tranquille.
On ne fait pas la guerre pour se débarrasser de la guerre, monsieur le Premier ministre. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LFI-NUPES et Écolo-NUPES.)
À Rafah, c'est l'humanité elle-même qui est souillée. Notre République doit se hisser à la hauteur de ses principes. Votre gouvernement, s'il ne veut pas être complice, doit agir.
Combien de sang, combien de larmes faudra-t-il verser avant que vous ne décidiez, enfin, de stopper les livraisons d'armes et de suspendre tous les accords de coopération entre Israël et la France ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES et sur quelques bancs du groupe Écolo-NUPES.) Soyez enfin à la hauteur de l'histoire et imposez le cessez-le-feu ! (Plusieurs députés du groupe LFI-NUPES se lèvent et applaudissent. – Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe Écolo-NUPES.)
Permettez-moi d'évoquer ce que vous n'abordez jamais dans vos questions, je veux parler du 7 octobre (M. François Cormier-Bouligeon applaudit) ,…
Non, vous ne pouvez pas dire cela !
…et de souligner que la France a sans doute été le pays le plus touché, après Israël : trois otages français sont encore retenus à Gaza…
Qu'est-ce que vous en savez ?
…et je veux leur rendre hommage. (Plusieurs députés des groupes RE, Dem et HOR se lèvent et applaudissent. - Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LR et RN.)
La France reste mobilisée. Vous n'en parlez jamais et nous sommes bien obligés de rééquilibrer vos positionnements politiques, qui sont totalement délirants ! (Protestations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Non, vous ne le faites jamais ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RE. – Vives protestations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)
D'ailleurs, la Cour internationale de justice,…
…que vous citez très souvent en lui faisant dire ce qu'elle ne dit pas, réclame la libération imminente des otages, comme nous le demandons également (« Nous aussi ! » sur plusieurs bancs du groupe LFI-NUPES) – et vous aussi j'en suis sûr. Cette tragédie, nul ne peut l'ignorer (Les exclamations se poursuivent sur les bancs du groupe LFI-NUPES)… Pardonnez-moi, madame la présidente, mais on ne s'entend pas parler ! (Protestations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)
Cette tragédie, nul ne peut l'ignorer, est aussi celle des Palestiniens. La situation humanitaire à Gaza est catastrophique et justifie notre demande d'un cessez-le-feu et le refus d'une offensive à Rafah. Les Palestiniens n'ont pas à être les victimes des crimes du Hamas.
La France agit, dans leur intérêt, sur le plan de l'aide humanitaire notamment.
Les Palestiniens et les Ukrainiens sont les premiers bénéficiaires de l'aide humanitaire française. Il n'y a d'ailleurs pas de débat sur ce point, puisque 120 millions d'euros ont été mobilisés en faveur de l'aide humanitaire à Gaza.
Il faut aussi trouver une sortie politique : la France œuvrera au Conseil de sécurité des Nations unies pour demander… (Mme la présidente coupe le micro de l'orateur, dont le temps de parole est écoulé. - Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.)