Question écrite n°14995 — rubrique commerce et artisanat · réponse du 21 juillet 2026
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Question écrite n°14995 · rubrique commerce et artisanat · publiée le 12 mai 2026 · 17e législature

Inquiétude quant à la vague de liquidations dans le commerce

La question — Monique Griseti (RN)

Mme Monique Griseti attire l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique sur la vague de liquidations dans le secteur commercial. Depuis l'arrivée du Président Emmanuel Macron à la tête de la République, le paysage économique français connaît une dégradation continue qui frappe de plein fouet les enseignes de commerce, tant nationales que locales. Dans de nombreux secteurs - habillement, sport, ameublement, distribution ou encore services -, les liquidations judiciaires se multiplient, entraînant la fermeture d'établissements emblématiques et des milliers de suppressions d'emplois. Les exemples récents sont tristement éloquents : la liquidation de l'enseigne de prêt-à-porter Camaïeu a conduit à la perte de plus de 2 600 emplois ; San Marina, société historiquement implantée en Provence, a cessé son activité en laissant derrière elle près de 600 salariés sans solution ; Go Sport et Casa France ont également été contraints de mettre la clé sous la porte, entraînant respectivement la suppression de centaines de postes ; enfin, le groupe Alinéa a vu disparaître 1 200 emplois dans le secteur du mobilier et de la décoration. À ces fermetures d'enseignes connues s'ajoute une situation tout aussi alarmante dans les très petites entreprises et les commerces indépendants, qui peinent à résister à la pression économique actuelle : hausse des coûts de l'énergie, baisse de la consommation des ménages, concurrence accrue du commerce en ligne, fiscalité pesante et accès difficile au financement. Ces difficultés entraînent chaque semaine de nouvelles liquidations, privant les territoires d'activités essentielles et menaçant le tissu économique local. Dans ce contexte de fragilisation généralisée du commerce et de l'emploi, il apparaît urgent que l'État agisse de manière volontariste pour enrayer cette véritable hémorragie. Les travailleurs, les chefs d'entreprise et les collectivités locales s'interrogent sur les réponses concrètes que le Gouvernement entend apporter pour préserver l'emploi et soutenir la relance du commerce de proximité. Aussi, elle lui demande quelles mesures le Gouvernement prévoit de mettre en œuvre pour accompagner les entreprises en difficulté et favoriser la reprise de l'activité commerciale.

La réponse — Ministère de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique · 21 juillet 2026

Le Gouvernement est pleinement mobilisé pour lutter contre la vacance commerciale. Plusieurs changements de modes de consommations des Français ont eu lieu ces dernières années, que ce soit en réaction à des évènements conjoncturels (crise sanitaire, crise inflationniste) ou des tendances structurelles de plus long terme. L'évolution du secteur du commerce en France repose notamment sur les constats d'une vacance commerciale élevée, et de difficultés ou défaillances de marques historiques en particulier dans le secteur de l'habillement (Go Sport, Camaïeu, Naf Naf, Du Pareil au Même, San Marina, Pimkie …). Le nombre de points de vente par habitant baisse dans tous les départements. Dans la majorité d'entre eux, la baisse reste modérée, l'évolution du nombre de points de vente étant corrélée à celle du nombre d'habitants. Cette baisse est toutefois plus marquée dans certains départements, sans qu'il soit possible d'établir un lien avec une dynamique démographique commune. Cependant, malgré ce recul marqué du tissu commercial, l'augmentation globale des surfaces de vente maintient une surface commerciale par habitant stable (dans les zones urbaines et les bourgs ruraux) ou en forte augmentation (+7 % dans les zones rurales à habitat dispersé entre 2015 et 2020). Face aux mutations profondes du commerce, le Gouvernement a déployé une stratégie globale d'accompagnement visant à renforcer la compétitivité, la résilience et la transformation du secteur du commerce. Cette action s'articule autour de plusieurs leviers complémentaires. La revitalisation des commerces de proximité est un enjeu majeur de l'action du Ministre Serge Papin, qui a notamment présenté en novembre 2025 un plan spécifique à travers le rapport « Lever le rideau », portant 9 mesures concrètes pour soutenir la redynamisation des centres-villes et centres-bourgs, en mobilisant et outillant les élus locaux (notamment à travers la charte « Ville commerçante », l'expérimentation « Made in Local » et la taxe sur les friches commerciales). L'État soutient l'accélération de la transition numérique et de l'adoption de l'IA pour les commerces, grâce à des dispositifs tels que le programme France Num, le réseau des CCI ou encore la diffusion de guides pratiques sur les usages de l'intelligence artificielle élaborés par la direction générale des entreprises et le conseil national du commerce. Le Gouvernement prend également des mesures de lutte contre la concurrence déloyale des plateformes de e-commerce étrangères : par une approche à la fois ferme, ciblée et pleinement coordonnée au niveau national et européen, les pouvoirs publics traite les situations de non-conformité et de distorsion de concurrence sans remettre en cause le rôle global du e-commerce. Ainsi, l'action publique combine, le renforcement de l'application du droit existant, avec l'amélioration des outils européens, mais aussi la coopération interministérielle et ciblage des pratiques non conformes, afin de rétablir des conditions de concurrence équitables sans fragiliser l'ensemble du secteur du e-commerce. Le Gouvernement porte également des mesures clefs de simplification de vie des entreprises, via par exemples des mesures portées par le Projet de loi de la « Simplification de la vie économique » visant à limiter les sorties de trésorerie notamment pour les commerçants-locataires. Enfin, l'État accompagne des entreprises en difficultés via la mobilisation coordonnée des réseaux de prévention et de soutien de l'État. L'État mobilise plusieurs réseaux et instances de soutien, notamment les commissaires aux restructurations et à la prévention des difficultés des entreprises (CRP), les conseillers départementaux aux entreprises en difficulté (CDED), les commissions des chefs de services financiers (CCSF) ainsi que les comités départementaux d'examen des problèmes de financement des entreprises (CODEFI), afin d'accompagner les entreprises confrontées à des difficultés économiques ou de trésorerie.

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