Madame la ministre des comptes publics, demain vous serez nommée par le président de la République à la tête de la Cour des comptes.
Demain donc, vous devrez évaluer ce que vous et vos amis avez vous-mêmes détruit.
On peine à y croire, mais demain, vous serez donc juge et partie. Voilà le scandale démocratique dont vous, et l'ensemble de la Macronie, êtes l'incarnation !
La république des copains au grand jour ;…
…la république de ceux qui savent qu'ils vont être sortis du pouvoir par les Français et qui, avant de partir, tentent de tout verrouiller. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)
Le budget que vous avez défendu alourdit la dette – déjà monstrueuse – du pays. Les dépenses publiques continuent de grimper – avec une hausse de 37 milliards d'euros cette année – et pour les financer, les Français devront payer 10 milliards d'impôts en plus. Pour quel résultat ? Aucun des principaux problèmes du pays n'a été résolu ! L'école est déclassée, le système de santé est débordé, les outre-mer sont totalement abandonnés, notre industrie et notre agriculture sont en détresse, notre souveraineté énergétique est mise à mal, l'immigration est hors de contrôle et l'insécurité gangrène nos territoires.
Jamais dans l'histoire de France un gouvernement n'aura autant dépensé, autant prélevé, autant accumulé de dettes.
Pendant que les Français subissent votre chaos, vous voilà récompensée par cette nomination.
Nommer une macroniste de la première heure à la tête de la Cour des comptes, c'est confier le contrôle de l'argent des Français à ceux qui ont vidé les caisses. Une honte ! Une audace ! Une provocation ! Une dérive illibérale !
Accepterez-vous cette nomination ou vous reste-t-il un minimum de respect pour certains principes et pour les Français ? (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)
Eh oui, ce n'est que moi… (Sourires. – Les protestations se poursuivent sur les bancs des groupes RN et UDR.)
La nomination d'Amélie de Montchalin au poste de première présidente de la Cour des comptes est une prérogative du président de la République. Ainsi sont faites nos institutions. (Bruit sur les bancs des groupes RN et UDR.) Que cela vous plaise ou non, vous n'avez pas gagné la dernière présidentielle !
Vous n'avez pas de majorité absolue et vous n'avez même pas de majorité tout court dans cette assemblée !
Je vous invite donc à respecter le pouvoir de nomination du président de la République.
Je dois m'avouer extrêmement fière que le président de la République ait choisi une femme compétente, qui deviendra la première femme à la présidence de la Cour des comptes. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, Dem et HOR. - Les protestations et le bruit se poursuivent sur les bancs des groupes RN et UDR, couvrant par moment la voix de l'oratrice.)
Une personnalité de grande qualité, dont nous assumons le profil politique, qui a largement démontré ses compétences, sa capacité de dialogue avec l'ensemble des groupes politiques représentés dans cette assemblée…
…et son respect du Parlement.
Le fonctionnement de la Cour des comptes est collégial, ce qui garantit son indépendance.
Soyons sérieux ! S'il vous reste un minimum de principes essentiels, si vous avez du respect pour ces principes - notamment la démocratie - et pour les Français, il faut refuser cette nomination ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)