Monsieur le ministre de la ville et du logement, vous l’avez dit vous-même dans les colonnes du Parisien : « Le logement est l'une des premières préoccupations des Français » et « il y a urgence à agir ». Mais l’urgence, vous ne la traitez pas, vous l’aggravez ! Votre bilan est lourd. Parmi tous les chiffres, il y en a un qui résume votre échec : 4 352 personnes sont mortes dans la rue depuis 2017, alors même que le président Macron avait promis que plus personne n'y dormirait. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Aujourd'hui, vous nous annoncez un projet de loi de relance du logement. Alors que 2,8 millions de personnes attendent un logement social, quelle est votre réponse ? Vous louez – quelle indécence ! – 700 000 passoires thermiques pourtant interdites à la location et vous coupez 500 millions d’aides à la rénovation à l'Anah. Vous diagnostiquez l'incendie, mais vous supprimez les pompiers ! (Mêmes mouvements.)
Comme toujours, vous multipliez les effets d'annonce. Le programme de rénovation urbaine de l'Anru 3 est ambitieux sur le papier, mais pas un seul euro n'est garanti. Vous nous dites : « Le financement répondra à l'ambition ». L'Anru 2 faisait les mêmes promesses et les quartiers prioritaires attendent toujours ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.) Et quand on vous interroge sur le financement, vous bottez en touche : « Ce sera aux parlementaires d'en décider. » Belle pirouette !
Depuis 2023, quel budget a-t-il été voté dans cet hémicycle ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.)
Aucun ! Vous gouvernez à coups de 49.3, vous court-circuitez l'Assemblée quand ça vous arrange et vous invoquez sa souveraineté quand ça vous embarrasse.
Quand et comment allez-vous réorienter vos priorités vers la réhabilitation et la production de logements réellement dignes ? Allez-vous enfin proposer des solutions sérieuses à la crise durable du logement ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP, dont les députés se lèvent, et sur quelques bancs du groupe EcoS.)
Bienvenue dans cet hémicycle, madame la députée. Au-delà de leur forme assez agressive (Vives exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur plusieurs bancs du groupe EcoS) , les propos que vous avez tenus contiennent plusieurs contrevérités.
La première est que nous n'avons pas baissé le budget de l'Anah, l'agence qui finance MaPrimeRénov'. Son budget a été maintenu car nous restons pleinement mobilisés pour rénover l'habitat des Français, afin qu'ils puissent vivre dans des logements dignes. Nous sommes pragmatiques quant aux étiquettes énergétiques F et G, vous l'avez évoqué, parce que nous avons le double objectif de permettre aux Français de se loger, alors que la crise du logement est forte, et de poursuivre la rénovation des logements. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
Vous me donnez l'occasion de parler du projet très ambitieux souhaité par le premier ministre de répondre à la crise du logement, par plus de confiance, par plus de simplification et par l'annonce de l'Anru 3, que je veux coconstruire avec les parlementaires. Visiblement, cela ne vous satisfait pas que l'on donne la parole au Parlement ! (Protestations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Vous vous demandez quel budget a été voté dans cet hémicycle : celui de la sécurité sociale, figurez-vous, mais sans vous ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, DR et Dem. – Protestations sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.)
Vous regardez la crise du logement comme si elle vous était étrangère, alors qu’elle porte votre signature ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.)