Question au gouvernement n°1752 — rubrique politique extérieure · réponse du 8 juillet 2026
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Question au gouvernement n°1752 · rubrique politique extérieure · séance du 8 juillet 2026 · 17e législature

250e anniversaire des relations transatlantiques

Posée par Christopher Weissberg (Ensemble pour la République) au Ministère délégué auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères, chargé de la francophonie, des partenariats internationaux et des Français de l’étranger — réponse de Mme Eléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la francophonie, des partenariats internationaux et des Français de l'étranger
La question — M. Christopher Weissberg

Permettez-moi, au nom du groupe Ensemble pour la République, de m'associer à l'hommage rendu à Béatrice Bellamy, à sa famille, à ses proches et aux députés de son groupe.

Madame la ministre de la francophonie, des partenariats internationaux et des Français de l'étranger, le 4 juillet, les États-Unis ont célébré les 250 ans de leur indépendance. En 1776, les Pères fondateurs proclamaient une idée révolutionnaire : il existe des droits que nul pouvoir ne peut retirer, la vie, la liberté et la poursuite du bonheur. Cette idée ne naît pas de nulle part. Elle s'inspire des Lumières françaises. Franklin et Jefferson lui font traverser l'Atlantique. Treize ans plus tard, elle revient en France, enrichie de l'expérience américaine, et inspire à son tour notre Révolution. Depuis lors, nos deux nations ne sont pas seulement des alliées : elles sont les héritières d'une même promesse démocratique.

En 1776, le défi était de conquérir la liberté. En 2026, le défi est de la préserver. Car derrière les célébrations, une question demeure : que reste-t-il de l'esprit de 1776 ? Nous le voyons une fois encore, nos démocraties se répondent et parfois s'imitent, quand les juges deviennent des adversaires parce que leurs décisions déplaisent, quand les journalistes deviennent des ennemis parce qu'ils enquêtent, quand les scientifiques deviennent suspects parce que leurs conclusions dérangent. Les démocraties meurent rarement dans un fracas. Elles s'érodent, puis disparaissent. Et, comme si cette crise de confiance ne suffisait pas, une révolution technologique s'ouvre devant nous. L'intelligence artificielle bouleverse notre rapport au savoir. Les réseaux sociaux bousculent notre rapport au débat. Pendant ce temps, la dette écologique et la dette financière limitent déjà la liberté des générations futures.

Face à cette agitation, le président de la République a fait le choix de la constance : parler à toutes les administrations américaines, quelles qu'elles soient, sans jamais renoncer à défendre les intérêts de la France, la voix de l'Europe et les valeurs qui fondent notre alliance. Parce que la France n'est jamais aussi fidèle à ses alliés que lorsqu'elle est fidèle à elle-même. À l'heure où le sommet de l'Otan, à Ankara, rappelle que la sécurité de l'Europe repose plus que jamais sur une alliance transatlantique forte, comment la France entend-elle poursuivre le dialogue avec les États-Unis afin de préserver cette alliance tout en continuant de défendre sans concession nos intérêts et nos valeurs démocratiques ? (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR.)

La réponse — Mme Eléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la francophonie, des partenariats internationaux et des Français de l'étranger

Vous rappelez à juste titre à quel point nos liens avec les États-Unis d'Amérique et avec le peuple américain sont profonds. Nous sommes unis par 250 ans d'amitié. Nous sommes leurs premiers amis, leurs premiers alliés. Nous avons contribué à leur indépendance. La Tour Eiffel était éclairée aux couleurs américaines ce week-end et la patrouille de France a survolé la statue de la Liberté. Ces symboles témoignent de l'amitié de nos deux pays, mais être amis de longue date ne signifie pas pour autant que l'on ne peut pas se parler franchement. (Bruits de conversation.)

Nous avons de profonds désaccords avec l'administration américaine actuelle. Contrairement à elle, nous croyons qu'il faut combattre le réchauffement climatique. Le premier ministre a souligné hier, lors du débat sur la motion de censure déposée par le groupe Écologiste et social, les actions que la France a menées dans ce domaine. Nous défendons aussi l'importance vitale des politiques de genre. Nous pensons que l'équilibre mondial repose sur le respect des règles communes, qu'il s'agisse du droit international, de l'État de droit, du droit humanitaire et même du football ! Personne ne sort gagnant lorsque les règles sont enfreintes. Nous remercions la Belgique qui a prouvé que s'asseoir sur les règles ne conduisait jamais à la victoire. Je salue la victoire de ce beau pays francophone !

Quant à l'avenir, par la voix du président de la République, la France a été précurseure dans son soutien à la défense et à la souveraineté européennes. Telle est la position que nous défendons au sein de l'Otan : une France forte, dans une Europe forte. C'est notre seule boussole dans nos relations avec nos alliés.

La séance du 8 juillet 2026 au compte rendu →

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