Monsieur le premier ministre, la politique économique menée depuis 2017 et que vous poursuivez depuis votre prise de fonctions repose sur la théorie du ruissellement, selon laquelle favoriser les plus riches profiterait in fine à l'ensemble de la société. (Sourires sur plusieurs bancs des groupes SOC, EcoS et LFI-NFP.)
Pourtant, loin de stimuler durablement la croissance, la politique menée depuis huit ans a surtout amplifié les inégalités, affaibli les services publics, accru la précarité et creusé la dette. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC.)
Quant à la baisse du chômage, elle a pour l'essentiel résulté de la généralisation des emplois précaires et du statut d'entrepreneur ubérisé.
Face à cet échec patent, il est maintenant urgent de réorienter la politique économique de la France. Le Portugal depuis dix ans et l'Espagne depuis cinq ans appliquent des politiques qui favorisent l'augmentation du pouvoir d'achat pour relancer leurs économies, tout en soutenant les entreprises et la réindustrialisation.
Alors que sa politique permet à l'Espagne de se prévaloir d'une croissance trois ou quatre fois supérieure à la nôtre, vous préparez des mesures d'économie qui pourraient pénaliser les ménages et la relance économique.
Le gel possible de MaPrimeRénov' dès juillet, révélé ce matin dans la presse, serait une folie économique et climatique. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur quelques bancs du groupe EcoS.)
Alors que nous approchons du mur de la récession, qu'attendez-vous pour vous affranchir des dogmes libéraux, prendre exemple sur nos voisins européens et vous inspirer de ce qui marche ? (Mêmes mouvements.)
Qu'attendez-vous pour prendre les mesures de relance du pouvoir d'achat et de soutien à l'investissement, notamment dans l'industrie ? Enfin, qu'attendez-vous pour réorienter la politique économique de la France et la mettre au service de la justice sociale et de l'efficacité… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l'orateur. – Les députés des groupes SOC et EcoS applaudissent ce dernier.)
Avant de distribuer les richesses, il faut les produire.
Le cœur de la politique économique menée depuis 2017, c'est la protection des entreprises, dont nous avons besoin. De retour d'une tournée en Asie du Sud-Est avec le président de la République et les représentants de nos entreprises, je peux vous assurer que la concurrence est très forte, partout. Protéger et développer nos entreprises est donc notre priorité.
La première inégalité est celle de l'accès à l'emploi. Or l'effet des politiques de lutte contre le chômage menées depuis 2017 est démontré : le taux de chômage n'a jamais été aussi bas lors des vingt dernières années.
Pour protéger les entreprises, il faut investir. Nous devrions tous être fiers du fait que la France est le pays le plus attractif d'Europe pour la sixième année consécutive : vous parlez d'échec, mais voilà un succès !
La politique de réindustrialisation vise, au bénéfice de tous, à assurer la transformation écologique et énergétique.
Celle-ci est aussi au cœur de notre projet, car il n'est de développement que durable et partagé.
La réindustrialisation doit permettre le développement de productions décarbonées. Elle est accompagnée d'un plan de transformation écologique très ambitieux, qui nous permettra d'être au rendez-vous d'une économie zéro carbone en 2050.
Pour atteindre nos objectifs, il est essentiel de rééquilibrer nos finances publiques.
La dette pèse sur l'ensemble du pays. Son coût, de 67 milliards d'euros aujourd'hui, sera de 100 milliards dans trois ans !
Dans cette situation, une politique de relance alourdirait la dette et réduirait nos marges de manœuvre.
À l'inverse, la réduction des déficits est bien la seule manière de suivre une trajectoire de croissance.
Je veux enfin rappeler que la France est l'un des pays d'Europe continentale dont la croissance est la plus vigoureuse. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)