Question orale sans débat n°211 — rubrique enseignement supérieur · réponse du 12 mars 2025
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Question orale sans débat n°211 · rubrique enseignement supérieur · séance du 12 mars 2025 · 17e législature

Situation du restaurant universitaire du technopôle Brest-Iroise

La question — M. Didier Le Gac

Le technopôle de Brest-Iroise, situé dans ma circonscription, sur la commune de Plouzané, à quelques kilomètres de Brest, regroupe plusieurs établissements d'enseignement supérieur, comme l'École nationale d'ingénieurs de Brest (EniB) ou encore l'Institut universitaire européen de la mer (Iuem), et accueille près de 500 étudiants. C'est le premier pôle européen des sciences de la mer et nous en sommes fiers !

Or, le 15 janvier 2025, l'unique restaurant universitaire qui accueillait tous les étudiants du technopôle a fermé ses portes. Le bâtiment du restaurant universitaire, géré par le centre régional des œuvres universitaires et scolaires (Crous) de Bretagne est, en effet, très fortement dégradé. Alors que cette situation était connue, aucune mesure n'a été prise pour anticiper et éviter, à temps, une fermeture qui risque de durer plusieurs années.

Si, pour pallier cette fermeture, des solutions de fortune ont été proposées aux étudiants – comme la venue sur le site d'un food truck qui leur propose des repas à réchauffer –, la distance des autres restaurants universitaires brestois empêche les étudiants du technopôle d'aller y déjeuner. Pour eux, le repas à 1 euro, dont le gouvernement a récemment souhaité élargir le bénéfice à tous les étudiants, est loin d'être une réalité.

Le 6 février 2025, le diagnostic technique général mené par un organisme indépendant a confirmé la grande vétusté du bâtiment ainsi que celle de certains équipements. Une première rencontre a eu lieu avec le Crous : il annonce qu’une remise en état du bâtiment coûterait au bas mot 8 millions d'euros et entraînerait la fermeture du restaurant pendant quatre ans au moins.

La situation du restaurant universitaire de Plouzané a révélé la vétusté des autres restaurants universitaires finistériens, ce qui m'inquiète beaucoup. Les solutions envisageables à court ou moyen terme nécessitent un engagement fort de l'administration. J'aimerais savoir ce que le gouvernement entend faire pour permettre aux 500 étudiants du technopôle Brest-Iroise de déjeuner et de dîner dans de bonnes conditions.

La réponse — Mme Clara Chappaz, ministre déléguée chargée de l'intelligence artificielle et du numérique

Je vous prie de bien vouloir excuser le ministre Philippe Baptiste, retenu à Varsovie pour un Conseil de l'Union européenne.

La décision de fermer le restaurant universitaire du pôle universitaire de Plouzané – dont je salue à mon tour l'excellence – s'est imposée au Crous le 14 janvier. Le restaurant, vétuste, ne pouvait plus accueillir les étudiants et les personnels dans de bonnes conditions. Face à cette situation inédite, il a fallu garantir la continuité de la restauration pour les étudiants du campus : le Crous a pris des mesures rapides avec l'installation, dans les quarante-huit heures, à titre provisoire, d'un food truck .

Le ministère suit cette situation avec la plus grande attention afin d'être en mesure de construire, avec les acteurs locaux, des solutions de moyen et long terme. Dans ce cadre, un allongement de la pause méridienne pourra être envisagé afin de permettre aux étudiants qui le souhaiteraient de se rendre dans d'autres restaurants universitaires.

Monsieur le député, vous pouvez être assuré que l'accès des étudiants à une alimentation de qualité à tarif modéré est une priorité majeure du ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche. Ainsi, 80 % de la hausse de 30 millions d'euros de la subvention pour charge de service public du réseau des Crous prévue en 2025 seront affectés à la restauration : cela permettra d'ouvrir plus de 3 000 places nouvelles en restaurant universitaire à la rentrée prochaine.

La question — M. Didier Le Gac

Madame la ministre, la réponse est un peu courte ! Les services qui l'ont préparée vous ont fourni des éléments insuffisants.

On ne pourra pas faire l'économie d'un plan pluriannuel d'investissements et d'un audit généralisé des restaurants universitaires du Finistère et de Bretagne. J'ai été averti que d'autres restaurants universitaires de la région pourraient connaître le même sort tant ils sont vétustes et en mauvais état. C'est un mauvais signal envoyé aux étudiants !

Certes, à Plouzané, le Crous a mis en œuvre rapidement une solution provisoire mais elle n'est pas satisfaisante. Je me rapprocherai du ministre de l'enseignement supérieur pour obtenir une réponse de fond, plus complète.

La séance du 12 mars 2025 au compte rendu →

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