Séance du 24 mars 2021 — 212e séance
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de M. Sylvain Waserman.
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de M. Sylvain Waserman.
Tours 201 à 266 sur 266 — page 2 / 2.
La parole est à M. Stéphane Viry (LR).
Dès 1999, l’OMS déclarait que « l’environnement est la clé d’une meilleure santé ». Ce soir, la possibilité nous est offerte de débattre du rapport de la commission d’enquête sur l’évaluation des politiques publiques de santé environnementale. Avant toute chose, je souhaite saluer le travail de cette commission, en particulier celui de sa rapporteure. Tous ceux qui ont participé aux travaux de cette commission sont parvenus à un constat : la France n’est pas suffisamment armée en matière de politiques publiques de santé environnementale. Partant de ce consensus politique, notre pays doit, dès à présent, œuvrer pour la mise en place de réponses et de solutions efficaces, claires et ambitieuses.N’oublions pas, mes chers collègues, que l’environnement peut être source de mortalité humaine. Un environnement de vie dégradé augmente fatalement les risques sanitaires. Dès lors, comment agir en […]
La parole est à M. Paul Molac.
Lors de la campagne présidentielle de 2017, le candidat Macron promettait de faire de la santé environnementale une grande priorité du quinquennat. Elle a peut-être été un peu oubliée, mais l’actualité nous rappelle avec une certaine cruauté que la santé des humains et celle de la planète sont intimement liées. Nos capacités à lutter par nous-mêmes contre les maladies, en développant nos défenses immunitaires grâce à une alimentation et un environnement sains, sont les meilleurs moyens de résister aux maladies.Et si ceux de nos concitoyens affectés de comorbidités ont parfois été les premiers à avoir été fauchés par la maladie, ils restent aujourd’hui menacés. Parmi ces comorbidités, certaines sont d’origine génétique, d’autres sont aggravées par les conditions environnementales. C’est vrai pour des cancers, c’est vrai pour le diabète et parfois, aussi, pour l’obésité.C’est un cercle […]
La parole est à Mme Mathilde Panot.
Depuis plus d’un an que la pandémie s’est emparée de nos vies, nous avons peu, très peu évoqué son origine. Les épidémiologistes ont pourtant sonné l’alarme : en cinquante ans, les maladies liées aux zoonoses – c’est-à-dire transmises par les animaux aux êtres humains – ont été multipliées par dix.À l’origine des pandémies : les activités humaines qui détruisent les écosystèmes. En cause, d’abord, l’élevage industriel, la déforestation qui détruit les habitats naturels, ou encore le commerce illégal d’animaux sauvages qui favorise l’émergence des virus et leur propagation ; et, ensuite, nos manières de « faire société », avec l’urbanisation forcenée et la métropolisation du monde. Dans la densité des villes, la pollution de l’air agit comme une autoroute pour la transmission du virus. Le grand déménagement du monde et le trafic aérien achèvent de rendre sa propagation […]
La parole est à Mme Chantal Jourdan.
Alors que nous traversons depuis un an une crise sanitaire liée aux conséquences des actions humaines sur l’environnement et que nous venons d’examiner en commission le projet de loi portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets, il est opportun de nous pencher sur la santé environnementale. Si nous retenons la définition de l’Organisation mondiale de la santé, la santé environnementale comprend les aspects de la santé humaine, y compris la qualité de la vie, qui sont déterminés par les facteurs physiques, chimiques, biologiques, sociaux, psycho-sociaux et esthétiques de l’environnement. Face à un sujet si étendu, je me contenterai de revenir sur deux éléments.D’abord, comme le démontre le rapport de la commission d’enquête, il est nécessaire de développer un ensemble de politiques publiques appuyées sur des faits scientifiques pour […]
La parole est à Mme Élisabeth Toutut-Picard (LaREM).
Selon l’OMS, plus de 100 000 personnes décèdent chaque année en France de pathologies chroniques liées à l’environnement – cancers, maladies cardiovasculaires et endocriniennes, diabète, obésité –, ce qui représente 15 % de la mortalité totale enregistrée dans notre pays. D’après les données de Santé publique France publiées en 2017, la pollution de l’air extérieur par les particules d’un diamètre inférieur à 2,5 microns – PM 2,5 – serait, à elle seule, responsable de près de 50 000 morts prématurées chaque année. L’étude Agrican – agriculture et cancer –, publiée en novembre 2020, établit un lien direct entre l’incidence de certains cancers rares significativement plus élevée chez les agriculteurs et l’utilisation de produits phytosanitaires par cette catégorie professionnelle.Par ailleurs, l’Inspection générale des affaires sociales – IGAS – a estimé en 2017 que les conséquences […]
La parole est à Mme Valérie Six.
Voilà déjà plusieurs décennies que l’être humain s’est rendu compte de son influence sur l’environnement et de son implication dans la détérioration de celui-ci. La prise de conscience des conséquences de cette dégradation de l’environnement sur sa propre santé est cependant beaucoup plus récente. Il nous apparaît désormais comme une évidence que l’activité humaine est à l’origine de nombreuses maladies chroniques : nous respirons un air pollué provoquant des affections pulmonaires et nous ingérons des produits nocifs provenant de l’alimentation ou de l’eau. Il nous faut sortir de la logique selon laquelle notre activité est la cause d’un mal à l’apparition duquel nous nous efforçons de trouver un traitement. Prendre en charge les patients souffrant de ces maux grâce à des traitements médicamenteux est certes une chance, mais élaborer une approche préventive pour traiter l’origine du […]
La parole est à M. le secrétaire d’État chargé de l’enfance et des familles.
Le 20 novembre 2020, vous aviez auditionné le ministre Olivier Véran dans le cadre de la commission d’enquête relative à l’évaluation des politiques publiques de santé environnementale. Il vous avait alors indiqué tout son attachement à faire progresser notre action en la matière. Si beaucoup reste à faire, beaucoup a été fait. Je souhaite ici rendre hommage à celles et ceux qui, depuis 2017, ont agi dans des domaines très concrets même s’ils peuvent sembler techniques, pour supprimer le dioxyde de titane de notre alimentation, permettre le remboursement des aides techniques de seconde main ou encore réduire les déchets et sortir de l’ère du plastique jetable.Dès son arrivée au ministère des solidarités et de la santé, Olivier Véran a évoqué la santé environnementale, non pas pour faire de beaux discours, mais bien parce que l’environnement est un des principaux déterminants de la santé […]
Nous en venons aux questions. Je rappelle que leur durée, ainsi que celle des réponses, est limitée à deux minutes sans droit de réplique.La parole est à Mme Géraldine Bannier.
La dégradation de l’environnement – les précédents orateurs l’ont rappelé – est une préoccupation majeure de notre temps. Nos concitoyens en sont pleinement conscients mais mesurent-ils l’effet direct qu’elle a sur leur santé ? Rien n’est moins sûr.Face à la déferlante de pathologies, il serait bon de provoquer une prise de conscience, notamment parmi les jeunes, car ils sont les adultes de demain, donc ceux qui pâtiront le plus des pathologies environnementales. Dès lors, l’éducation et la prévention doivent être les maîtres mots de toute politique de santé environnementale.Certes, bon nombre d’initiatives, vous l’avez rappelé, vont dans ce sens. Je pense ici aux plans nationaux santé environnement, au groupe santé environnement, au Nutri-Score, au Toxi-score proposé par Mmes Laurianne Rossi et Claire Pitollat, au lancement, par l’agence Santé publique France, du site institutionnel […]
La parole est à M. le secrétaire d’État.
Oui, je vous l’affirme. Nous nous inscrivons pleinement dans une démarche d’anticipation et dans une culture de la prévention, telles que vous les appelez de vos vœux.La santé environnementale est évidemment l’affaire de tous, je l’ai dit dans mon propos liminaire. Elle constitue un réel enjeu face à la multiplication des sources d’information, notamment les réseaux sociaux, préoccupation majeure des pouvoirs publics. Il est de la responsabilité de l’État de garantir à nos concitoyens une information fiable face à toutes leurs interrogations.Je le disais, cette sensibilisation doit intervenir dès le plus jeune âge. C’est pourquoi le PNSE 4, publié prochainement, prévoit que la santé environnementale sera intégrée dans les cursus de formation, pour les plus jeunes dans le cadre de la démarche « école promotrice de santé », pour les adolescents dans le cadre du service national universel […]
La parole est à Mme Chantal Jourdan.
Un récent rapport de l’INRAE, l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement, est consacré à la santé environnementale comme moteur de la transition agricole, alimentaire et environnementale. Ce travail met en évidence deux grands domaines qui relèvent des politiques publiques. Tout d’abord la prise en considération de la santé environnementale suppose de s’interroger sur les politiques agricoles actuellement menées et sur celles qu’il faut développer pour assurer une production de qualité et respectueuse de l’environnement.Si l’on veut prendre en considération la santé, il faut assurer une alimentation de qualité et développer les pratiques adéquates. Lorsque l’on travaille sur ces questions, il faut avoir une approche positive de la question de la santé environnementale en agissant en amont.Ensuite, ce rapport montre qu’une grande majorité du […]
La parole est à M. le secrétaire d’État.
Les points que vous soulevez sont au cœur des préoccupations et de l’action non seulement du ministre de l’agriculture et de l’alimentation, Julien Denormandie, mais également de la ministre de la transition écologique, Barbara Pompili, avec le souhait partagé de dépasser le clivage entre questions agricoles et questions environnementales, trop longtemps opposées, alors qu’elles doivent pouvoir être traitées de concert.Je rappellerai quelques faits marquants en réponse à vos interrogations sur les actions engagées par les différents membres du Gouvernement. Le ministère des solidarités et de la santé pilote l’action no 11 du plan écophyto II+, qui vise à renforcer la surveillance de la contamination des denrées alimentaires, de l’eau, des sols et de l’air, ainsi qu’à l’évaluer et à réduire les risques d’exposition de la population. Sachez que l’enveloppe s’élève à 3,8 millions d’euros […]
La parole est à M. Thomas Gassilloud.
Dans le cadre de ce débat sur la santé environnementale, j’aimerais vous interroger sur les zoonoses et, plus globalement, sur la contribution de notre pays à la stratégie « Une seule santé » – One health. Je rappelle que les zoonoses sont des maladies qui se transmettent des animaux vertébrés à l’homme, et vice versa, et que les pathogènes en cause sont des bactéries, des virus – c’est par exemple le cas de la covid-19 – ou des parasites. D’après l’Organisation mondiale de la santé animale, 60 % des maladies infectieuses humaines sont zoonotiques, ce qui veut dire que sur cinq nouvelles maladies, trois sont d’origine animale.Je constate une véritable prise de conscience collective du lien entre santé animale et santé humaine au travers du concept « Une seule santé ». La crise sanitaire a été l’occasion d’avancer sur le sujet. Ainsi, sous l’égide de la France, l’initiative PREZODE – […]
La parole est à M. le secrétaire d’État.
La crise sanitaire que nous traversons est venue en effet rappeler avec éclat les liens étroits qui existent entre la santé humaine, la santé des animaux et, plus largement, celle des écosystèmes. Il est indispensable que le PNSE 4 tienne compte de cet enjeu, complémentaire de celui de l’exposition aux agents chimiques et physiques qui contribuent à différentes pathologies. C’est pourquoi le PNSE 4, qui sera prochainement publié, intègre pleinement cette approche « Une seule santé », déjà très ancrée dans la politique de lutte contre l’antibiorésistance menée par le ministère des solidarités et de la santé et par le ministère de l’agriculture et de l’alimentation. L’utilisation durable et raisonnée des biocides, la lutte anti-vectorielle ou contre les nuisibles comme les punaises de lit, ainsi que les nuisances lumineuses et la surveillance de la santé animale, autant de sujets prévus […]
La parole est à Mme Valérie Six.
Au mois de septembre 2019, le Gouvernement présentait officiellement la deuxième phase de la stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens 2019-2022. Troubles hormonaux, malformations congénitales, cancer, endométriose et même trouble de l’immunité : les perturbateurs endocriniens agissent sur les fonctions hormonales de l’organisme et nécessitent un suivi sur le long terme. Cette stratégie vise donc à réduire l’exposition de la population à ces substances et la contamination de l’environnement par des actions de recherche, d’expertise, d’information du public et de formation des professionnels. Je me permets de rappeler l’action du président de notre groupe, Jean-Christophe Lagarde, en faveur de l’interdiction des perturbateurs endocriniens, car il a été à l’initiative de l’interdiction du bisphénol A dans les biberons dès 2010, puis dans les contenants en 2011.La France […]
La parole est à M. le secrétaire d’État.
L’action de la France en la matière est déjà une réalité au niveau européen. Les perturbateurs endocriniens, qui se retrouvent dans un grand nombre de produits de consommation courante, notamment dans ceux avec lesquels les enfants sont en contact, constituent un enjeu à la fois sanitaire et environnemental évidemment majeur. Permettez-moi de saluer à mon tour votre collègue Jean-Christophe Lagarde dont vous venez de rappeler l’action à cet égard.Au plan national, le ministère des solidarités et de la santé copilote avec le ministère de la transition écologique la deuxième phase, que vous avez évoquée, de la stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens. Le gouvernement français est également engagé dans la rédaction des textes d’application de la loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire, qui prévoit notamment une obligation d’affichage de la […]
La parole est à Mme Martine Wonner.
La crise sanitaire actuelle en cache bel et bien une autre : la crise environnementale induite notamment par l’augmentation considérable des consommables de santé publique – masques à usage unique, protection en plastique ou encore couverts à usage unique dans la restauration à emporter. La liste serait longue, mais je suis certaine que tous ici vont comprendre l’ampleur du problème, quand ils sauront que les masques chirurgicaux mettent plus de 450 ans à se dégrader dans la nature.Le rapport dont nous débattons aujourd’hui préconise que le ministère des solidarités et de la santé et celui de la transition écologique adoptent « des politiques actives de sensibilisation aux achats responsables ». À lui seul, le système hospitalier affiche plus de 17 milliards d’euros de dépenses annuelles de consommables. Or le rapport souligne bien qu’ « il n’existe toujours pas de politique d’achats […]
La parole est à M. le secrétaire d’État.
Je vous remercie pour votre question. Je vous rejoins sur le fait que la politique d’achats responsables à laquelle vous faites référence doit infuser dans l’ensemble des secteurs et mener à des efforts collectifs. Les pouvoirs publics doivent bien sûr donner l’exemple et être moteur en la matière.Vous connaissez bien sûr le rôle du ministère de la transition écologique concernant les normes relatives au recyclage des déchets. L’adoption, il y a quelques mois, de la loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire, dite loi anti-gaspillage, a permis d’effectuer de nombreuses avancées, sur lesquelles nous devons capitaliser. Je sais que les débats se poursuivent avec la ministre Barbara Pompili.Mais puisque vous interpellez mon ministère, je précise bien que nous ne nous exonérons pas de participer à cet effort collectif. Le ministère des solidarités et de la santé […]
La parole est à M. Jean-Hugues Ratenon.
Plus les années passent, et plus nous constatons la dégradation de l’environnement, qui n’est pas sans conséquence sur la santé des humains, des animaux et des végétaux. La situation devient tellement préoccupante qu’elle a provoqué la création d’une commission d’enquête sur l’évaluation des politiques publiques de santé environnementale. Je salue ses travaux qui, compte tenu de la crise sanitaire, se sont déroulés dans des conditions difficiles.Comme le rapport de la commission l’indique, l’évaluation menée a montré les limites de la mise en œuvre d’une politique de santé environnementale à l’échelle nationale, l’échec de la planification et l’inefficacité du plan national santé environnement, faute de volonté politique. Pourtant, il y a urgence : ma collègue Mathilde Panot a bien exposé la situation et je ne vais pas revenir sur les vingt et une propositions de la commission […]
La parole est à M. le secrétaire d’État.
Tout d’abord, d’un point de vue général, vous pointez l’absence de volonté politique en faveur de la mise en place d’une réelle politique publique de santé environnementale. Sans grande surprise, je ne partage pas votre analyse. Les travaux menés depuis 2017 et, plus récemment encore, dans le cadre de la commission d’enquête – en dépit des conditions difficiles que vous évoquiez liées à la crise –, témoignent d’une prise de conscience collective concernant l’importance de ces sujets, et d’une dynamique qui désormais ne s’arrêtera plus. Le Gouvernement y prendra évidemment toute sa part.Concernant plus spécifiquement la question de la dengue, j’étais à La Réunion en octobre dernier ; j’avais d’ailleurs eu l’occasion de vous rencontrer. Même si ce n’était pas l’objet central de mon déplacement, j’ai pu discuter avec les autorités locales, le préfet et l’agence régionale de santé de la […]
La parole est à M. André Chassaigne.
La crise sanitaire a passé notre société au révélateur. En effet, si l’épidémie de covid-19 a mis à rude épreuve notre système de santé, elle a aussi révélé l’interaction prégnante entre la destruction de l’environnement et l’apparition de nouveaux virus. Des études de plus en plus nombreuses démontrent ainsi un lien entre la pollution de l’air et l’accélération de la diffusion du virus et sa contagiosité. Ajoutons à cela que l’obésité, le diabète et les cancers – qui sont souvent liés à une alimentation ultratransformée – ont été des facteurs aggravants de l’épidémie, avec des prises en charge plus lourdes et plus complexes pour les personnes concernées par ces pathologies chroniques.Plus largement, nous savons que la pollution atmosphérique accroît les maladies respiratoires, l’asthme et les problèmes cardiovasculaires. Selon un rapport sénatorial, elle causerait ainsi 48 000 décès […]
La parole est à M. le secrétaire d’État.
On a coutume de dire que la prévention ne fait pas partie de notre culture. C’est vrai s’agissant de la santé environnementale, mais on pourrait adopter le même raisonnement concernant la santé en général : en France, on soigne très bien, mais on a un peu plus de mal à faire de la prévention. D’ailleurs, je fais souvent le même constat en matière de protection de l’enfance : souvent, on attend qu’il soit trop tard pour réparer, alors qu’on pourrait probablement faire davantage, grâce à une intervention plus précoce.Je me permettrai de vous répondre en me concentrant sur la question de la qualité de l’air. Vous demandez des mesures précises : j’en évoquerai quelques-unes. Nous œuvrons avec la ministre de la transition écologique, en utilisant plusieurs canaux : la surveillance sanitaire, grâce à l’œil vigilant de Santé publique France ; la prévention et l’information du public – je pense […]
La parole est à M. Yves Daniel.
La loi du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique et celle du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé ont rappelé que l’effet des pollutions environnementales est l’une des principales préoccupations sanitaires pour notre pays. Selon l’OMS, environ 15 % de la mortalité française seraient liés à l’environnement.Les pollutions environnementales affectent la qualité de l’air, des sols, de l’eau et de l’alimentation. Elles peuvent avoir des origines multiples, telles que les particules issues de la combustion des hydrocarbures, les perturbateurs endocriniens, mais également – et de plus en plus – les ondes électromagnétiques. Dans certains cas, les champs magnétiques induits par des éoliennes, des mâts d’antennes relais ou, encore, des lignes à haute tension ou des retours électriques à la terre, sont véhiculés par le sol, notamment via des failles […]
La parole est à M. le secrétaire d’État.
Le ministère des solidarités et de la santé est très attentif aux conséquences sanitaires de l’exposition aux ondes électromagnétiques, compte tenu de l’évolution permanente des technologies de communication, notamment du déploiement de la 5G qui a fait l’objet de débats. Le ministère saisit régulièrement, depuis plusieurs années, l’ANSES, afin qu’elle expertise les dernières connaissances scientifiques aux niveaux français, européen et international. À ce jour, et au regard des connaissances disponibles, il n’existe pas d’effets avérés à court terme en dessous des valeurs limites d’exposition recommandées par la Commission internationale de protection contre les rayonnements non ionisants.Les connaissances disponibles ne mettent pas en évidence d’effets de long terme, cancérogènes ou non, y compris chez les enfants. Les recherches doivent se poursuivre et, à ce titre, l’ANSES a été […]
La parole est à M. Yannick Haury.
Une émission de France 3 Pays-de-la-Loire a récemment été consacrée à « La santé, un environnement qui fait mal ». Dans ma circonscription du pays de Retz, des familles vivent une situation dramatique face au nombre élevé de cancers pédiatriques. Malheureusement, les investigations menées par Santé publique France n’ont pas été concluantes et la doctrine internationale – en l’état actuel des recherches – recommandait de ne pas les poursuivre. Cette décision a légitimement beaucoup ému les habitants.Monsieur le secrétaire d’État, j’ai deux questions à vous poser : quels moyens comptez-vous allouer à la recherche en matière de santé environnementale, et en particulier sur les effets cocktails ? La maladie est toujours un drame, mais quand elle touche un enfant, cela est encore pire. Entendez-vous, comme le propose le rapport de la commission d’enquête, placer les cancers pédiatriques au […]
La parole est à M. le secrétaire d’État.
S’agissant des cancers pédiatriques, qui font l’objet de la proposition no 4 du rapport, nous partageons votre souhait de renforcer notre capacité à les traiter et à les prendre en charge ainsi que les clusters. La stratégie décennale de lutte contre le cancer pour les années 2021-2030, dévoilée par le Président de la République le 4 février dernier, prévoit d’agir pour mieux prévenir les cancers, notamment ceux liés aux facteurs environnementaux, par la réduction quotidienne de nos expositions aux risques. Cette stratégie, que nous menons avec le ministère chargé de la recherche, prévoit de développer des méthodes de détection et d’investigation des clusters de cancers, y compris pédiatriques.S’agissant de la dimension territoriale, je ne sais pas s’il faut créer une compétence particulière : je rappellerai simplement que des outils existent déjà. Depuis 2016, le code de la santé […]
La parole est à Mme Valérie Bazin-Malgras.
Le rapport de la commission d’enquête a eu le mérite d’aborder la question des cancers pédiatriques. Alors qu’ils sont diagnostiqués chez 2 500 enfants chaque année et qu’ils causent 500 décès parmi eux, nous ne pouvons nous résoudre à voir ce fléau se développer sans agir. Le cancer représente la première cause de décès par maladie chez l’enfant mais les financements consacrés aux recherches qui leur sont dédiées sont largement insuffisants : moins de 3 % des financements publics destinés à la recherche sont fléchés vers ces cancers. Le montant des crédits manquants est de l’ordre de 15 à 20 millions d’euros par an. Il est de la responsabilité de l’État d’assurer la lutte contre ce fléau qui bouleverse de trop nombreuses familles dans notre pays.Depuis le début de la législature, les députés du groupe Les Républicains proposent des pistes pour améliorer la prévention et la prise en […]
La parole est à M. le secrétaire d’État.
Je viens de le souligner : la lutte contre les cancers pédiatriques fait partie intégrante de la stratégie décennale de lutte contre le cancer 2021-2030. Celle-ci comprend un important volet consacré à la recherche et l’augmentation des crédits qui lui sont dédiés bénéficiera également à la recherche sur les cancers pédiatriques. Elle a pour ambition de mieux prévenir les cancers, de mieux les repérer, grâce à des méthodes de détection et d’investigation plus fines, et de mieux cerner les clusters de cancers pédiatriques.Par ailleurs, nous mettons l’accent sur l’accompagnement des parents. Vous avez adopté une proposition de loi de Paul Christophe, qui constitue un véritable progrès car elle permet d’améliorer la présence des parents auprès des enfants atteints de cancer, laquelle joue un grand rôle, nous le savons, dans les chances de guérison.Accroissement des moyens dédiés à la […]
La parole est à M. Frédéric Reiss.
Hier, alors que je m’apprêtais à préparer mon intervention dans ce débat, mon attention a été attirée par un titre de la presse quotidienne régionale : « Rendu malade par les pesticides, il se convertit au bio ». L’article raconte comment un agriculteur, aujourd’hui âgé de 59 ans, a appris à 35 ans qu’il était atteint de la maladie de Parkinson, après avoir été aspergé accidentellement de pesticides. Il épate aujourd’hui les neurologues par l’énergie qu’il déploie pour s’occuper de ses chevaux.Indépendamment de ce cas qui illustre l’un des aspects de cette commission d’enquête, je voudrais, monsieur le secrétaire d’État, vous poser deux questions portant sur la qualité de l’air.Permettez-moi tout d’abord de rendre hommage aux pionniers de l’association pour la surveillance et l’étude de la pollution atmosphérique en Alsace, l’ASPA, qui ont permis à des associations agréées comme Atmo […]
La parole est à M. le secrétaire d’État.
Je commencerai par votre seconde question. Les contrats locaux de santé ont fait la preuve de leur efficacité en matière de santé environnementale. Cet outil est de plus en plus mobilisé pour contractualiser avec les collectivités sur ces sujets, notamment avec les EPCI. Ils peuvent même servir de support de contractualisation entre agences régionales de santé et collectivités. Cela dit, ils n’ont pas, selon nous, vocation à être rendus obligatoires. Il nous semble préférable qu’ils conservent une nécessaire souplesse pour s’adapter aux besoins, au plus près des spécificités de chaque territoire. En cela, l’échelon pertinent est susceptible de connaître des variations.Sur la question de la qualité de l’air, j’ai eu l’occasion d’apporter quelques éléments de réponse au président Chassaigne. Vous avez raison d’insister sur cet enjeu : c’est le premier risque environnemental pour la santé […]
La parole est à Mme Emmanuelle Ménard, députée non inscrite.
En 2020, selon l’OMS, le surpoids et l’obésité affectent plus de 2 milliards d’individus dans le monde. La France n’est malheureusement pas épargnée par ce phénomène, puisque la proportion d’obèses dans la population est passée de 5,3 % en 1981 à 17 %, soit plus de 8 millions de personnes. Ces chiffres impressionnent autant qu’ils inquiètent, car l’obésité est responsable d’un net accroissement des maladies cardio-vasculaires, du diabète ou encore de certains cancers. Il est donc urgent d’agir.À Béziers, nous avons pris ce problème à bras-le-corps mais, comme souvent, les moyens manquent. Tout le monde n’a pas la chance ou la possibilité d’avoir accès à un centre spécialisé de l’obésité. La ville a donc mis en place, d’abord avec la caisse primaire d’assurance maladie – CPAM –, puis avec l’ARS, des séances de sport adaptées aux enfants obèses, lesquelles ont rencontré un réel succès, il […]
La parole est à M. le secrétaire d’État.
La lutte contre l’obésité est un enjeu majeur de santé publique et constitue un sujet de préoccupation accrue en cette période, car nous savons que les personnes qui en souffrent sont davantage exposées aux risques liés à la covid-19 et que les enfants, dont la sédentarité augmente de manière générale, passent plus de temps devant les écrans et se consacrent moins aux activités physiques.Les personnes souffrant d’obésité sont, en effet, plus de 8 millions en France. Il y a deux ans presque jour pour jour, le comité interministériel pour la santé a érigé en priorité du Gouvernement la nutrition et l’activité physique. Les grands axes de la feuille de route relative à la prise en charge de l’obésité pour les années 2019-2022 avaient alors été annoncés. Pour faire reculer l’obésité, notamment dans ses formes sévères, cette feuille de route a fait le pari de la prévention, déterminante dès […]
Le débat est clos.
Prochaine séance, à vingt et une heures quinze :Débat relatif aux effets de la crise sur les associations de nos territoires, au soutien qui leur est apporté et aux conditions de reprise de leurs activités.La séance est levée.
(La séance est levée à dix-neuf heures quarante-cinq .)
Le directeur des comptes rendus Serge Ezdra