Séance du 6 juillet 2026 — 4e séance
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.
| N° | Scrutin | Voix | Résultat |
|---|---|---|---|
| 7979 | la motion de censure déposée en application de l'article 49, alinéa 2, de la Constitution par Mmes Cyrielle Chatelain, Nadège Abomangoli et 56 députés… | 132 / 0 | rejeté |
Tours 401 à 503 sur 503 — page 3 / 3.
Moi, j’y serai encore, pas elle !
Peut-être allons-nous écouter l’oratrice suivante : elle appartient à votre groupe, chers collègues du groupe LFI : peut-être serez-vous plus attentifs ?La parole est à Mme Anne Stambach-Terrenoir.
Mesdames et messieurs les jurés, au nom des générations futures, nous voilà rassemblés aujourd’hui pour juger de l’action du gouvernement Lecornu 2, quatrième gouvernement illégitime bafouant le résultat des élections de 2024. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)Les faits, d’abord : en ce lundi 6 juillet 2026, nous sortons d’une canicule historique, la deuxième en quelques semaines ; et, alors que la France compte ses morts, une troisième canicule commence. Rien n’a été anticipé. C’est un cauchemar.Les gens meurent dans la rue, quand plus de 3 millions de logements vides pourraient les mettre à l’abri. Les gens meurent chez eux, dans des logements devenus des bouilloires thermiques. Les étudiants et les personnes fragiles suffoquent sous les toits pendant que Yann Barthès se moque d’eux depuis son studio climatisé. Les gens meurent dans des hôpitaux à plus de 35 °C […]
En mal !
…en menant une politique violemment climaticide – climaticide et antisociale, ajouterai-je, parce que ça va ensemble et que ce sont toujours ceux qui participent le moins au réchauffement climatique et à la pollution qui en subissent le plus les conséquences.Oui, mesdames et messieurs les ministres, vous êtes coupables. Vous êtes coupables de couper chaque année dans les budgets écologiques, quand le rapport Pisani-Ferry réclamait 66 milliards supplémentaires par an. Vous êtes coupables d’avoir créé le fonds Vert pour le détruire aussitôt et, avec lui, l’espoir pour les collectivités de rénover écoles, hôpitaux et autres bâtiments publics. Moins 1,65 milliard en deux ans : voilà votre bilan ; même chose pour MaPrimeRénov’, passée de 4 à 2,5 milliards, et encore rabotée entre deux canicules.Vous êtes coupables d’avoir piétiné la Convention citoyenne pour le climat et laminé tous les […]
Eh oui !
Vous êtes coupables de ne tolérer aucune contrainte pour les industriels qui polluent notre air, nos sols et nos cours d’eaux, quand les bombes sanitaires que sont les substances per- ou polyfluoroalkylées (PFAS) ou encore le cadmium contaminent tout autour de nous.Vous êtes coupables d’imposer, pour les profits de quelques-uns, un modèle agricole productiviste et exportateur, qui entasse toujours plus d’animaux dans des bâtiments fermés, au mépris de leurs souffrances et de leurs besoins biologiques, nourris par de gigantesques monocultures de soja qui saccagent la forêt et expulsent les autochtones à l’autre bout du monde, ou bien avec du maïs lourdement irrigué, alors que l’eau nous manque.Le monde vivant vous hurle que ce n’est plus tenable, qu’il faut un modèle agroécologique à taille humaine, qui développe les légumineuses et réduise notre consommation de produits animaux, qui […]
Exactement !
En attendant, on rallume des centrales à gaz pour faire tourner les climatiseurs. Chapeau ! Et c’est TotalEnergies qui se frotte les mains, dont les dirigeants savaient dès 1971 que leurs activités provoqueraient un réchauffement planétaire et qui s’empressèrent d’organiser lobbying et climatoscepticisme ! Cinquante ans après, vous voilà décorant de la légion d’honneur son PDG, M. Pouyanné, chantre de l’extractivisme, responsable, entre autres, du désastre néocolonial de l’oléoduc d’Afrique de l’Est, Eacop, un oléoduc de 5 000 kilomètres qui multipliera par sept les émissions de CO2 de l’Ouganda, menacera la ressource en eau de 40 millions d’habitants et déplacera sans états d’âme plus de 100 000 personnes. (Mêmes mouvements.) Mieux : vous avez sans honte emmené ce grand bienfaiteur de l’humanité à la COP30, dans les bagages présidentiels, d’où il a pu saborder les négociations […]
Quelle honte !
Vous êtes coupables, enfin, de détruire nos services publics, budget après budget, tout en refusant de taxer les superprofits faits à nos dépens par Total et les autres multinationales. Bernard Arnault et ses amis des 500 familles les plus riches ont plus que doublé leur fortune sous Emmanuel Macron, pendant que la pauvreté atteignait le taux record de 15,4 %. Or non seulement les ultrariches sont bien à l’abri de la chaleur dans leurs multiples résidences secondaires mais leur mode de vie, leurs jets privés, leurs yachts, leur quête permanente du profit et, surtout, l’investissement massif de leurs patrimoines exorbitants dans les industries les plus polluantes du monde constituent une menace directe pour nos vies. (Mêmes mouvements.)
Chez les riches, c’est Noël tous les jours !
Mais pas touche à ces héros des temps modernes : pas question de leur demander un centime alors qu’ils paient moins d’impôts que l’infirmière qui s’épuise en ce moment même à protéger ses patients avec de pauvres draps mouillés !Cependant, il faut être honnête : il n’est pas vrai que vous n’ayez rien anticipé. Quand il s’agit de faire taire les voix en faveur de la justice climatique et sociale, là, vous vous préparez et vous y mettez les moyens. (Mêmes mouvements.)« Écoterroristes ! », a dit M. Darmanin de celles et ceux qui se battent contre les mégabassines qui accaparent notre ressource en eau au bénéfice de quelques-uns. « Écoterroristes ! », celles et ceux qui montent aux arbres pour empêcher qu’on sacrifie ces derniers sur l’autel de l’A69, du canal Seine-Nord Europe, de la ligne Lyon-Turin ou d’autres projets plus inutiles et destructeurs les uns que les autres. (Mêmes […]
La honte !
Et demain, vous voudriez donner le permis de tuer aux forces de l’ordre – une mesure proposée par Jean-Marie Le Pen. C’est logique. Vous nous conduisez au précipice, et vous le savez. Alors il faut pouvoir mater le peuple qui se lève contre vos politiques. C’est l’effondrement de notre État de droit que vous préparez : réprimer plutôt que protéger.Par ma voix, nous sommes aujourd’hui des milliers, des millions peut-être, à nous tenir devant vous pour vous dire que nous savons ce que vous avez fait ; vous dire aussi que le monde pour lequel vous œuvrez n’existe plus.
Eh oui ! Ils sont obsolètes, ils sont en noir et blanc.
Place au nôtre, place à l’harmonie entre les êtres humains et la nature, place à ce monde que nous allons construire parce qu’il n’y a pas d’autre salut possible. Place à la planification écologique pensée avec le vivant, depuis les écorégions, autour des bassins-versants. Place à la VIe République, qui mettra le partage des richesses et le respect des limites planétaires au centre de toute notre organisation politique. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)Nous voulons vivre, nous ne voulons pas de votre terre brûlée, pas de vos guerres, pas de vos discriminations haineuses. Nous voulons vivre ensemble dans un monde respirable à tous points de vue. (Mêmes mouvements.) Je fais mienne cette phrase de la romancière indienne Arundhati Roy : « Un autre monde n’est pas seulement possible, il est en route. Par temps calme, je peux l’entendre respirer. »Nous sommes le nombre, nous […]
La parole est à M. Fabrice Barusseau.
La France vient de traverser l’un des épisodes caniculaires les plus précoces et les plus intenses de son histoire mais le débat que nous avons aujourd’hui ne porte pas uniquement sur la gestion d’une crise ; il porte sur la capacité de notre pays à se préparer à un phénomène désormais durable et, par conséquent, sur la volonté de l’ensemble des décideurs à apporter des réponses solides. Le changement climatique n’est plus une menace future, c’est une menace terriblement actuelle.
C’est ce qu’on a essayé de vous dire mais vous n’avez rien écouté !
Il n’attend pas la réalisation des petits parcours personnels en 2027. Il nous oblige, tous, sans tergiverser, à la responsabilité, face à celles et ceux qui souffrent aujourd’hui, à nos concitoyens qui ont perdu un proche, à ceux qui auront peut-être les pieds dans l’eau cet hiver. Nous devons être utiles maintenant.Les avis des scientifiques du Giec, de Météo-France et du Haut Conseil pour le climat convergent : ces phénomènes vont s’intensifier, durer plus longtemps et concerner des territoires toujours plus vastes. Dans ce contexte, la première responsabilité des pouvoirs publics consiste à regarder la réalité en face.Cette réalité est que plus une seule politique publique n’échappe au changement climatique. Lorsque les hôpitaux connaissent des températures dépassant 35 oC dans certaines chambres, obligeant à déplacer des patients, c’est notre politique de santé qui est touchée. […]
Il faut censurer !
Pour les socialistes, chaque initiative législative, chaque projet de loi devrait désormais répondre à une question simple : rend-il la France plus résiliente ou plus vulnérable face au changement climatique ? Si nous étions capables de répondre honnêtement à cette question avant chaque vote, certaines lois ne verraient probablement jamais le jour. Cette exigence de résilience devrait être aussi naturelle que l’étude d’impact budgétaire.Les agriculteurs sont parmi les premiers touchés par le dérèglement climatique, dont les conséquences se chiffrent déjà en centaines de millions d’euros chaque année. Face à cette réalité, préserver les sols, les haies, les zones humides et mieux gérer la ressource en eau ne relève pas d’une logique punitive, mais constitue un investissement indispensable pour la résilience de notre agriculture et la prévention des conflits d’usage de demain.Face à […]
Ah ! Vous allez censurer ?
Monsieur le premier ministre, lors de la dernière séance des questions au gouvernement, vous avez évoqué un impératif d’accélération. Nous partageons cet impératif, mais où sont les actes ? Nos concitoyens ne vivent pas de déclarations d’intention ; ils vivent les conséquences bien réelles du dérèglement climatique.Après une première réduction décidée par votre prédécesseur, le fonds Vert est passé en deux ans de 2,5 milliards d’euros à seulement 837 millions.
C’est parce que vous l’avez voté !
Pire encore : son exécution a fait l’objet de gels successifs. On ne peut pas proclamer l’urgence climatique tout en réduisant les moyens pour y faire face. Peut-être faut-il recentrer ce fonds, mais il faut surtout l’amplifier.
C’est votre bilan !
Comment demander aux collectivités d’adapter leurs écoles, leurs réseaux d’eau, leurs bâtiments publics ou leurs espaces urbains lorsque l’État réduit les moyens qui leur sont destinés ? MaPrimeRénov’ continue de subir des changements permanents de règles, des suspensions et des gels, qui découragent les ménages comme les entreprises ; les aides aux véhicules propres diminuent ; l’expérimentation du dispositif « Mieux reconstruire après inondation » (Mirapi) est stoppée ; le troisième plan national d’adaptation au changement climatique demeure largement dépourvu de financements identifiés.
Vous avez voté le budget !
Pendant ce temps, l’ordre du jour parlementaire ne reflète toujours pas l’urgence climatique. Nous débattons sans fin de textes sécuritaires, alors que notre pays aurait besoin d’un grand débat national sur l’adaptation de nos activités, la préservation des ressources, l’évolution du droit du travail face aux fortes chaleurs, l’assurabilité de nos territoires ou la résilience de nos infrastructures.Nous avons besoin d’un véritable choc d’investissement écologique. Il est urgent de lever les freins normatifs absurdes qui ralentissent l’adaptation. Or, depuis 2017, les gouvernements d’Emmanuel Macron font puis défont, avancent puis reculent.
Si seulement vous les censuriez !
Les Françaises et les Français savent que le climat change. Ils adaptent déjà leurs comportements.
Seul le PS ne change pas !
Ils attendent désormais que l’État fasse sa part. Ils attendent de la cohérence, de la constance, une ambition et des moyens. Ils attendent surtout une vision et des actions qui l’accompagnent.La censure ne doit être animée ni par l’émotion, ni par la tactique politicienne, ni par le qu’en-dira-t-on. Les socialistes ont pris le temps de la réflexion et de la délibération collective. (Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)
Heureusement que vous êtes de gauche !
S’il vous plaît !
Censurer, c’est aussi prendre la responsabilité de ce qui vient après. Notre responsabilité n’est pas d’ajouter de l’instabilité à l’inaction.
C’est ça la stabilité, pour vous ? (Mme Christine Arrighi désigne les bancs du gouvernement.) Non mais franchement !
Le changement climatique n’attend pas les élections et nul ne peut raisonnablement penser que la nouvelle canicule qui débute sera mieux gérée par un gouvernement démissionnaire.
On ne savait pas que vous étiez dans la majorité !
Nous ne censurerons donc pas le gouvernement aujourd’hui (Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS) – mais ne nous y trompons pas. Monsieur le premier ministre, force est de constater que votre gouvernement n’a pas été, jusqu’à présent, à la hauteur du défi climatique. Dans ce combat, l’inaction n’est pas la prudence, c’est une faute politique.
Oh là là !
Face à l’urgence, notre responsabilité, à nous socialistes, est de construire l’alternative, de proposer et d’être utiles maintenant. Elle est d’obtenir plus de moyens pour agir et protéger concrètement les Françaises et les Français. Monsieur le premier ministre, il vous reste trois mois, jusqu’à la présentation des projets de loi de finances et de financement de la sécurité sociale pour 2027,…
Là, il va négocier !
…pour faire la démonstration concrète d’une prise de conscience et d’un changement de braquet.
Sinon, attention, vous censurerez !
Les socialistes seront au rendez-vous pour en juger. (Rires sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) Pour le pays, nous espérons que vous y serez également. Je remercie ceux d’entre vous qui ont prêté attention à mes propos. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC.)
Négocier : vous ne savez faire que ça !
La parole est à M. Eric Liégeon.
Le pauvre, il est tout seul ! Il n’y a personne de son groupe pour l’écouter !
Heureusement que nous sommes là !
La gauche écologiste demande aujourd’hui de renverser le gouvernement au motif de son inaction face à la canicule. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)
C’est bien, il a lu l’ordre du jour !
Je l’affirme avec force : la canicule est un sujet grave. Elle est grave pour les personnes âgées, en particulier les plus isolées.
Pour les enfants !
Elle est grave pour les enfants dans nos écoles, pour les soignants et les patients dans nos hôpitaux.
Pour ceux qui travaillent dans la rue !
Elle est grave pour nos agriculteurs, qui voient leur bétail et leurs cultures souffrir.
Pour les animaux !
Elle est grave pour nos forêts, qui subissent en ce moment des incendies dévastateurs, malgré les efforts remarquables de nos pompiers. Elle est grave pour les élus locaux, qui, partout sur le territoire, doivent adapter leurs communes à des épisodes climatiques de plus en plus intenses.Oui, la France doit se préparer davantage. Nous devons adapter nos écoles, nos hôpitaux et nos Ehpad. Nous devons renforcer nos moyens de sécurité civile, mieux protéger nos forêts et mieux gérer la ressource en eau. Nous devons faire de l’adaptation au changement climatique une priorité.Précisément parce que le sujet est grave, il mérite mieux qu’une posture politique (« Ah ! » sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et EcoS) ou qu’une motion de censure.
Oui, il en mérite deux !
Depuis juillet 2024, c’est la dix-huitième motion de censure déposée dans cet hémicycle.
Nous sommes dans l’opposition : c’est normal !
Dix-huit motions de censure en deux ans !
Que voulez-vous, l’inflation est partout ! (Sourires.)
Nous voilà revenus aux pires heures de la IVe République. L’intérêt du pays s’efface devant les manœuvres des partis.Mes chers collègues, la France n’a pas besoin d’une crise politique supplémentaire. Alors même que d’autres épisodes de chaleur arrivent, notre pays a précisément besoin d’un État au rendez-vous pour protéger les Français.
Il n’y est pas, justement !
Est-ce qu’un gouvernement renversé rafraîchira une salle de classe, protégera mieux notre agriculture et donnera davantage de moyens à nos pompiers pour lutter contre les incendies de forêts ? Évidemment, non. Les Français attendent des solutions, non une nouvelle crise politique.
Ils attendent un budget !
Et puisqu’il est question d’écologie et d’environnement, parlons-en sérieusement.
Nous sommes sérieux, nous n’avons pas de leçons à recevoir !
En effet, mes chers collègues écologistes, il existe chez vous une contradiction majeure. Depuis des années, vous expliquez que la lutte contre le réchauffement climatique est la priorité absolue.
Oui !
Très bien. Pourtant, dans le même temps, vous avez passé des décennies à combattre l’un des plus grands atouts de la France pour décarboner son économie :…
Le nucléaire !
…le nucléaire. Vous avez demandé et obtenu la fermeture de centrales. En agissant ainsi, vous avez combattu une énergie pilotable, décarbonée et souveraine ; une énergie qui nous permet précisément de sortir des hydrocarbures, d’électrifier nos transports, notre industrie et nos logements, de produire sans dépendre du gaz russe ou du pétrole du Moyen-Orient.Combien de temps perdu ? Combien d’années perdues dans des débats idéologiques, alors que le reste du monde poursuit sa course à l’énergie ? La vérité est simple : la transition écologique passera par plus d’électricité et d’industrie électrique, plus de production décarbonée, donc plus de nucléaire.
Avec quelle eau ?
Un réacteur nucléaire sera toujours plus utile au climat qu’une motion de censure.
Surtout quand il est à l’arrêt !
Votre contradiction ne s’arrête pas là. Quelle est la première cause d’émission de CO2 dans notre pays ? En 2024, la moitié de notre empreinte carbone provenait des seules importations. Parmi ces importations, celles venues d’Asie émettent autant de gaz à effet de serre que les émissions directes de tous les ménages français. Cela signifie que la première mesure à prendre pour préserver le climat est de favoriser la production en France.
Il arrive avec quinze ans de retard !
Or que faites-vous ? Vous proposez de multiplier les contraintes sur ceux qui produisent dans notre pays, de compliquer la vie de nos agriculteurs, d’empêcher la construction de nouveaux sites industriels,…
C’est vous qui avez vendu notre industrie !
…de bloquer tous les grands projets d’infrastructures, d’ajouter toujours davantage de procédures, d’interdictions, de contraintes administratives à ceux qui créent de la richesse dans notre pays.
Ce n’est pas une motion de censure contre un gouvernement écolo !
Quel est le résultat ? Nous produisons moins ici et nous importons davantage. Nous imposons toujours plus de normes à nos agriculteurs tout en remplissant nos rayons de produits qui ne respectent ni nos normes environnementales ni nos exigences sanitaires.Quel est le bilan écologique de cette logique ? Il est catastrophique. La France possède l’une des agricultures les plus exigeantes du monde. Avec son industrie nucléaire, elle dispose d’un atout sans équivalent pour décarboner son économie. Son industrie est alimentée par l’une des électricités les plus décarbonées au monde.Produire en France, c’est moins d’émissions liées au transport, moins d’énergies fossiles consommées ailleurs, moins de dépendance ; c’est plus de souveraineté. Voilà ce que nous appelons le patriotisme environnemental : produire chez nous plutôt que dépendre d’importations polluantes ; relocaliser plutôt […]
C’est votre bilan, c’est votre politique !
Voilà ce qui nous sépare, chers collègues écologistes ! Vous proposez une écologie qui affaiblit la France. Nous défendons une politique environnementale qui s’appuie sur les forces de notre pays.
Qu’avez-vous fait depuis dix ans ?
La France doit se préparer au changement climatique, adapter ses infrastructures, protéger ses citoyens les plus fragiles, investir dans son énergie, renforcer sa sécurité civile et produire davantage chez elle. Mais elle ne le fera ni dans le désordre ni dans l’instabilité. Elle ne le fera pas avec des postures, avec des motions de censure à répétition. Elle le fera avec des choix clairs : le nucléaire, la réindustrialisation, le soutien à notre agriculture.
Alors, pourquoi ne le faites-vous pas ?
L’innovation plutôt que la décroissance ; la souveraineté plutôt que la dépendance ; la responsabilité politique plutôt que les postures politiciennes.Pour toutes ces raisons, le groupe Droite républicaine ne votera pas cette motion de censure. (« Ah ! » sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) La France a besoin d’un État qui protège les Français et réponde à la crise.
Si ça, ce n’est pas de la posture !
La discussion est close. Je vais maintenant mettre aux voix la motion de censure. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Je rappelle que seuls les députés favorables à la motion de censure participent au scrutin et que le vote se déroule dans les salles voisines de l’hémicycle. Le scrutin est ouvert pour vingt minutes ; il sera donc clos à 16 h 30.
La séance est suspendue.
(La séance, suspendue à seize heures dix, est reprise à seize heures trente.)
La séance est reprise.Voici le résultat du scrutin : Majorité requise pour l’adoption de la motion de censure, soit la majorité absolue des membres composant l’Assemblée 289 Pour l’adoption 132 (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
Pas mal !
La majorité requise n’étant pas atteinte, la motion de censure n’est pas adoptée.
Prochaine séance, demain, à quinze heures :Éloge funèbre de Béatrice Bellamy ; Questions au gouvernement ; Votes solennels sur le projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes et sur le projet de loi organique relatif au renforcement des juridictions criminelles ; Suite de la discussion de la proposition de loi visant à reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre, dans l’exercice de leurs fonctions ; Discussion du projet de loi visant à offrir des réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens. La séance est levée.
(La séance est levée à seize heures trente-cinq.)
Le directeur des comptes rendus Serge Ezdra