Séance du 6 juillet 2026 /// n°4 /// 503 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 17e législature · session Première session extraordinaire 2026

Séance du 6 juillet 2026 — 4e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.

503prises de parole
48orateurs
3points à l'ordre du jour
1scrutins

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ScrutinVoixRésultat
7979 la motion de censure déposée en application de l'article 49, alinéa 2, de la Constitution par Mmes Cyrielle Chatelain, Nadège Abomangoli et 56 députés… 132 / 0 rejeté

Verbatim Le compte rendu

Tours 201 à 400 sur 503 — page 2 / 3.

Discussion et vote

Durant ces vingt dernières années, savez-vous combien de temps vous avez participé aux gouvernements et voté leurs budgets ?

Pas nous ! Mais attendez 2027 : on arrive, on va s’en occuper !

La moitié du temps ! Dix années, exactement la durée sur laquelle vous prétendez nous juger. Alors je vous propose de comparer, car ce qui distingue le populisme, y compris écologique, de la responsabilité, c’est le fait d’accepter de se confronter au réel et à son propre bilan. L’avantage du bilan, c’est qu’il suffit de compter et de comparer – ce qui interdit l’esquive et la facilité. Comparer et compter les hôpitaux et les Ehpad modernisés par les uns et par les autres. Comparer et compter les kilomètres de voies ferrées régénérés par les uns et par les autres. Compter les arbres plantés par les uns et par les autres. Compter les tonnes de CO2 évitées par les uns et par les autres. Compter les milliards investis en faveur de l’agriculture et des collectivités par les uns et par les autres. Le premier ministre s’est déjà livré à cet exercice à la perfection, mais j’ajoute quelques […]

Les députés écologistes s’en vont ! Déjà qu’ils n’étaient pas nombreux…

Puisque vous jugez qu’il est temps de faire les comptes, regardons ensemble ce que chacun a réellement fait lorsqu’il était aux responsabilités.Je veux d’abord rappeler que si la priorité de ces vingt dernières années était l’atténuation, nous avons obtenu en dix ans plus de résultats que toutes les majorités précédentes.

Eh oui !

Les émissions françaises de gaz à effet de serre ont baissé de 20 % en dix ans, davantage donc que les 15 % cumulés des vingt-sept dernières années. Voyez ma bienveillance : je vous accorde vingt-sept ans de recul quand vous nous jugez sur dix. Et en dix ans, nous avons parcouru deux fois plus de chemin. Pourquoi ne pas le dire ?

Exactement !

Et pourquoi ne pas dire, dans le même temps, qu’il faut poursuivre et amplifier l’effort ? Nous pourrions peut-être nous accorder sur ce point. Il faut notamment dépasser une autre erreur stratégique que vous avez imposée au débat public et dont nous sommes heureusement sortis : le refus de décarboner le mix énergétique par le nucléaire. Voilà ce qui est fascinant chez vous ! Voilà pourquoi vous finissez par ressembler au populisme que vous prétendez combattre ! En refusant de parler d’adaptation, vous avez fait perdre du temps au pays, comme vous lui en faites perdre cet après-midi. Sans doute parce que le plus simple, pour ne pas se confronter au réel, est de demander l’impossible ou l’inaccessible, d’entretenir le flou ou d’entraver toutes les initiatives – c’est tellement plus facile.Venons-en aux stratégies d’adaptation, en commençant par la plus évidente en temps de crise : la […]

Donc vous avez tout sauvé ?

Il reste beaucoup à faire évidemment, et d’abord poursuivre le soutien à nos soignants pour leur permettre de tenir. C’est l’occasion de rappeler les revalorisations que les gouvernements auxquels vous apparteniez n’ont jamais engagées : ce sont les gouvernements successifs depuis 2017 qui ont consacré des milliards d’euros de dépenses nouvelles…

Combien ?

…chaque année au bénéfice de 1,5 million de professionnels.

Avec ça, ils pourront s’acheter des ventilateurs !

Vous, vous n’avez rien fait quand vous gouverniez.Nous pouvons dresser le même constat pour les transports, le ferroviaire et le vélo. Vous dénoncez sans relâche l’action, ou l’inaction, du gouvernement, mais jamais notre pays n’a autant investi pour adapter son réseau ferroviaire aux conséquences du changement climatique. Depuis 2017, l’État a engagé le plus important effort en faveur du rail depuis plusieurs décennies. Il a assaini durablement la situation financière de la SNCF en reprenant 35 milliards d’euros de dette, tout en mobilisant 4,7 milliards d’euros dans le cadre du plan France relance, dont 4,1 milliards consacrés à la régénération du réseau. Cette trajectoire a été prolongée, les investissements de régénération étant portés à près de 5 milliards d’euros par an. Qu’avez-vous fait, vous ? Là encore, nous avons choisi d’anticiper plutôt que de subir. Qu’avez-vous fait sinon […]

Sauf en Normandie !

C’est ce retard, votre retard, que nous payons aujourd’hui. Qui a relancé le fret, quand vous n’avez cessé de le saborder, de fermer à peu près tous les trains de nuit et de refuser la diversification de l’offre par l’ouverture à la concurrence ?

Avec les régions, l’État a consacré 2,5 milliards d’euros à la sauvegarde des petites lignes, rouvert des trains de nuit et financé le renouvellement du matériel roulant. Et vous, qu’avez-vous fait ?S’agissant de l’agriculture, particulièrement éprouvée, comme le sait Mme la ministre Genevard, dois-je rappeler la réforme de l’assurance récolte initiée par Julien Denormandie lorsqu’il était ministre de l’agriculture, réforme mise en œuvre depuis ?

Il n’est pas interdit de ne pas mentir !

Elle met à la disposition des agriculteurs des moyens considérablement renforcés pour se protéger des aléas climatiques. Avant 2023, à peine un tiers des surfaces en grandes cultures et en viticulture étaient assurées. La couverture était quasi inexistante pour les autres. Depuis la réforme, elle progresse dans toutes les filières et a été multipliée par près de dix dans celles qui étaient jusqu’alors les moins protégées.Dois-je rappeler France 2030 et les guichets ouverts pour améliorer la sobriété des équipements d’irrigation et engager les transitions ? J’en sais quelque chose ! Dois-je rappeler le plan hydraulique visant à rendre nos systèmes plus économes et efficaces, mis en œuvre par Jean Castex, Élisabeth Borne, Gabriel Attal et les gouvernements suivants ? Dois-je enfin évoquer le plan Agriculture méditerranéenne que j’ai lancé pour adapter toute la zone sud au défi redoutable […]

Mais on va voter la censure !

Venons-en au sujet qui résume et symbolise de façon saisissante l’enjeu des politiques d’adaptation et d’atténuation : la forêt. Permettez-moi, tout d’abord, d’avoir une pensée pour les sapeurs-pompiers, les personnels de la sécurité civile, les forestiers (Applaudissements sur les bancs des groupes Dem, EPR, LFI-NFP et SOC), les services des collectivités locales, les associations et les bénévoles en ce moment même engagés sur le terrain. Sur ce sujet, je vous invite à un peu – beaucoup – de modestie. Le dernier grand outil de financement pérenne de la forêt française, le fonds forestier national, a disparu lorsque vous étiez aux responsabilités. C’était en 2000. Pendant plus de vingt ans, aucun instrument d’une ambition comparable n’a pris le relais. Nous le payons cher encore aujourd’hui. Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais un arbre a besoin de temps pour pousser ! Notre […]

Un mauvais bilan !

Qui, plus que nous, a donné à nos soldats du feu comme à tous les agents de l’Office national des forêts (ONF) les moyens de lutter contre les incendies et de les anticiper ? Les chiffres parlent d’eux-mêmes, nul besoin de s’y attarder.Je voudrais finir par le fonds Vert et le soutien aux collectivités. Vous nous déclarez coupables d’avoir réduit ce fonds depuis 2025. Par ces temps de canicule, laissez-moi vous rafraîchir la mémoire, courte comme longue, puisque les deux semblent vous manquer. La mémoire courte, d’abord : c’est nous qui avons créé le fonds Vert, généralement en dépit de vos votes – il est savoureux de vous voir défendre aujourd’hui ce que vous avez combattu hier !

Exactement !

Le fonds Vert a permis de financer plus de 25 000 projets, d’engager pas moins de 4,5 milliards d’euros et d’accompagner des milliers de collectivités, notamment près de 11 000 communes, pour les aider à adapter concrètement leurs territoires aux conséquences du dérèglement climatique. La mémoire longue, ensuite : vous ne cessez de réclamer davantage d’argent pour les collectivités, mais sous le quinquennat 2012-2017, dont vous avez voté les budgets (Protestations sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS), la dotation globale de fonctionnement (DGF) a diminué de 11 milliards d’euros.

Oui, toutes les communes étaient à l’os, et ça nous fait la leçon !

Faites le compte : ce sont plusieurs dizaines de milliards qui ont manqué aux communes et qui leur manquent encore aujourd’hui.D’Édouard Philippe à Sébastien Lecornu, nous avons agi, même s’il faut en faire plus. Mais pour aller plus loin, nous devons évoquer la question des comptes publics – je conclurai sur ce thème. Vous vous êtes faits les porte-parole zélés du sacrifice de l’adaptation sur l’autel de l’atténuation ; alors que vous aviez les moyens d’agir, vous en êtes restés au « y’a qu’à, faut qu’on ». Après ces errements et l’absence singulière, pour ne pas dire absolue, de bilan concret, il est un dernier sujet auquel vous ne pourrez vous soustraire : la responsabilité budgétaire. Quand on ne choisit pas, quand on cède à la facilité de l’impôt et de la dépense sans hiérarchiser ni compter, on sacrifie l’avenir. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem.)

C’est notre avenir climatique que vous compromettez par votre inconséquence budgétaire ! Vous avez choisi de revaloriser toutes les pensions plutôt que de consacrer ces moyens à la modernisation de nos Ehpad ou des logements de nos aînés.

Eh oui !

Vous avez choisi de refuser l’inéluctable réforme des retraites et de soutenir des mesures populistes de court terme qui empêchent de faire l’essentiel. Nos enfants vous accuseront d’avoir sacrifié l’essentiel à l’accessoire, d’avoir cédé aux calculs les plus bas et, ce faisant, d’avoir renoncé à leur transmettre un monde dans lequel eux et leurs propres enfants puissent vivre.

Vos enfants votent pour nous !

Nous prenons le pari : ma génération vous accuse déjà !

Les seules mesures que vous et vos alliés avez exigées pour 2026 correspondent à 5 à 6 milliards d’euros qui pourraient être utilisés pour lutter contre le dérèglement climatique.Plus encore : en faisant chuter le gouvernement de François Bayrou, puis en venant donner des leçons et en exerçant un chantage permanent sur nos groupes comme sur le gouvernement de Sébastien Lecornu, vous portez une lourde responsabilité, celle de rendre très rapidement impossible toute action pour atténuer les effets du dérèglement climatique.

Il fallait respecter le résultat des élections !

Si nous ne faisons rien, nous consacrerons d’ici deux ou trois ans près de 100 milliards d’euros par an au seul paiement des intérêts de notre dette, autant d’argent qui ne servira pas à lutter contre le dérèglement climatique.

Rétablissez l’ISF !

C’est vous qui mériteriez d’être censurés, c’est à vous qu’il faudrait demander des comptes, c’est vous qui devriez rendre compte de votre inaction !Avec le groupe Les Démocrates, nous considérons cependant que nous devons aller plus loin et en faire plus.

Exactement !

Il vous reste une occasion d’être utiles – la dernière, et peut-être la première en dix ans.

Oh là là…

Après nous avoir fait perdre un après-midi, ne faites pas perdre au pays une année de plus sur le plan budgétaire, comme vous semblez l’envisager ! Quand l’essentiel est en jeu, on ne perd jamais à être courageux, à dire le réel, à choisir et à essayer de se rassembler. Il n’est jamais trop tard pour revenir à la raison et être au rendez-vous de l’histoire, le dernier avant l’élection présidentielle. Le budget pour 2027 sera un test qui déterminera la volonté de responsabilité des uns et des autres. Nous y sommes prêts ; l’êtes-vous aussi ?Merci de nous avoir donné l’occasion de rappeler nos convictions et de remettre quelques pendules à l’heure. Vous avez pris beaucoup de retard en déposant cette motion de censure inopportune, que nous ne voterons évidemment pas. (Applaudissements sur les bancs des groupes Dem, EPR et HOR.)

La parole est à M. Laurent Marcangeli.

Avant toute chose, je veux avoir un mot pour les victimes de la canicule qui vient de frapper notre pays, pour leurs familles et pour tous ceux qui ont tenu : les soignants, les pompiers, les agents des collectivités, les élus locaux et les bénévoles qui sont allés frapper aux portes des personnes isolées.La France vient de traverser un épisode d’une sévérité exceptionnelle. Ce que nos concitoyens ont vécu est grave et personne sur ces bancs ne le minimise. Nous savons d’ailleurs que ces semaines de forte chaleur ne sont pas une parenthèse : elles donnent à voir ce que sera, de plus en plus souvent, le climat de notre pays. C’est précisément parce que le sujet est grave que la motion de censure qui nous réunit aujourd’hui me paraît si peu à la hauteur. Vous voulez censurer le gouvernement parce qu’il fait trop chaud.

Oh là là…

Vous n’avez vraiment rien compris !

Vous voulez le censurer au moment même où des incendies frappent le sud du pays, où un nouvel épisode de chaleur s’annonce et où les services de l’État sont mobilisés jour et nuit. Tout cela n’est pas sérieux, car à force d’être dégainée pour tout, la menace de censure ne dit plus rien.

Exactement !

Cette fois, vous franchissez une limite difficilement acceptable : pour justifier cette motion, certains ont avancé sur les plateaux de télévision et au sein même de cet hémicycle des bilans humains qu’aucune autorité sanitaire n’a établis.

C’est faux, pas dans cet hémicycle !

Vous avez accusé le gouvernement d’avoir des morts sur la conscience avant tout bilan définitif, avant toute enquête, avant toute preuve. Mesurez la gravité de ces mots ! Si des défaillances doivent être identifiées, elles le seront par des travaux d’experts, qui s’appuieront sur des données sérieuses et consolidées ainsi que sur des faits objectifs. Brandir des chiffres qui n’ont pas été vérifiés, ce n’est pas contrôler le gouvernement, c’est se servir d’un drame pour faire de la politique. Cette motion n’est rien de plus qu’une opération de communication politicienne. Au fond, qu’importe la vérité, pourvu qu’on ait l’effroi. Voilà pour la méthode.

La canicule est politique !

Venons-en au cœur du sujet posé par cette motion, après cet épisode caniculaire : faut-il se raconter que tout va bien ? Nous ne le pensons pas. Certes, l’État a tenu et a agi pendant la crise : 100 millions d’euros ont été débloqués en urgence pour les établissements de santé les plus exposés, la mobilisation auprès des personnes isolées a été accentuée et l’enveloppe de rénovation énergétique du plan d’investissement hospitalier a été doublée. Contrairement à ce qu’affirment les auteurs de cette motion, la France ne découvre pas le sujet et les gouvernements qui se sont succédé depuis 2017 ne peuvent être accusés d’inaction. C’est Jacques Chirac qui a dit au monde, à Johannesburg, que notre maison brûlait. C’est au lendemain du drame de 2003 qu’a été créé le premier plan Canicule. C’est en 2011 qu’a été lancé le tout premier plan national d’adaptation au changement climatique. C’est […]

Mais comment peut-on s’en gargariser ?

Mais nous n’allons pas assez vite et il nous faut aller plus loin. L’adaptation au réchauffement n’est plus un chapitre parmi d’autres de la politique environnementale. Elle est l’une des grandes transformations auxquelles notre pays doit se préparer, au même titre que le vieillissement de notre population ou que la révolution de l’intelligence artificielle. Concrètement, cela veut d’abord dire protéger de la chaleur ceux qui ne peuvent pas s’en protéger seuls. Une salle de classe à 35 oC, un Ehpad sans pièces rafraîchies, un service hospitalier conçu pour un climat qui n’existe plus : voilà ce qu’il faut corriger, bâtiment par bâtiment. Beaucoup d’entre nous, qui ont dirigé des exécutifs locaux, savent ce que cela représente : des diagnostics, des travaux, des années de mobilisation.

Et des moyens !

Encore faut-il que les communes, qui sont en première ligne, disposent des moyens d’agir et d’un instrument financier lisible. C’est la vocation que doit retrouver le fonds Vert, conforté et résolument orienté vers l’adaptation.

C’est pour ça que vous l’avez diminué ?

Cette canicule a aussi rappelé aux Françaises et aux Français combien l’eau leur est précieuse. Il faut la réutiliser davantage et la retenir quand elle tombe, au bénéfice notamment de nos agriculteurs.

Les mégabassines sont une maladaptation !

Nos concitoyens doivent retrouver accès à cette eau, dans des piscines publiques entretenues comme dans des rivières rouvertes à la baignade. Ce que Paris a réussi avec la Seine pour les Jeux olympiques, rien n’interdit aux autres villes de France de l’accomplir à leur tour.Enfin, il y a nos villes, construites pour un climat qui n’est plus le nôtre. Il faut végétaliser, désimperméabiliser, offrir de la fraîcheur dans l’espace public et lever les règles d’urbanisme qui, trop souvent, freinent ces transformations au lieu de les permettre. (M. Frédéric-Pierre Vos applaudit.)La France a été grande quand elle a su aménager son territoire, elle a aujourd’hui besoin de mobiliser de nouveau ses ingénieurs, ses urbanistes et ses agronomes autour de ce projet. Voilà l’ampleur de la tâche : des investissements lourds, une mobilisation de toutes nos compétences et de la cohérence sur dix ou vingt […]

Vous faites du chantage !

Le groupe Horizons & indépendants ne s’associera pas à cette motion de censure. Nous ne la voterons pas car l’on ne répond pas au dérèglement climatique par le dérèglement institutionnel. Nous croyons, à l’inverse, que ce défi peut être relevé, à condition de tenir nos deux objectifs : poursuivre la baisse de nos émissions en misant sur notre technologie et notre capacité d’innovation, et préparer sans attendre le pays au climat qui vient. (Applaudissements sur les bancs des groupes HOR et Dem.)

La parole est à Mme Estelle Youssouffa.

Notre pays vit malheureusement une période de tension politique et institutionnelle historique. De menaces de dissolution en motions de censure, de 49.3 en vote de confiance perdu, de démissions en reformation gouvernementale sous vingt-quatre heures, de réformes constitutionnelles avortées en budgets rejetés, sans compter les adoptions de motions de rejet préalable, le bras de fer entre l’exécutif et l’Assemblée a connu une série de rebondissements inédits, sans précédent sous la Ve République. D’ici à l’élection présidentielle d’avril 2027, il faudra que ce gouvernement dépourvu de majorité tienne ; il doit d’abord survivre à la nouvelle motion de censure examinée aujourd’hui.Voilà un an, la motion de censure contre votre prédécesseur François Bayrou n’avait pas été couronnée de succès, mais elle était annonciatrice de sa démission après un vote de confiance perdu à la rentrée de […]

La parole est à Mme Soumya Bourouaha.

En France, en 2026, on peut mourir de chaud, littéralement. Il ne s’agit pas d’un événement exceptionnel, mais bien d’une conséquence de l’impréparation des pouvoirs publics, devenue leur spécialité. Ce gouvernement a en effet pris l’habitude de courir après des urgences qu’il a refusé d’anticiper. Nous l’avons observé après le drame de l’affaire Lyhanna où, soudainement, la question des violences sexuelles sur les enfants est devenue sa priorité.Cette impréparation est de votre responsabilité : vous êtes responsables d’avoir érigé en unique priorité l’austérité budgétaire, les exonérations de cotisations et les cadeaux fiscaux aux plus riches, tandis que les investissements pour protéger nos concitoyens étaient différés, rabotés ou renvoyés à des collectivités territoriales elles-mêmes exsangues. Sans doute nous diriez-vous : « Qui aurait pu prédire ? » Cela fait pourtant des années […]

La parole est à M. Maxime Michelet.

Les 24 et 25 juin, la France a connu ses journées les plus chaudes de mémoire météorologique. Pour la première fois depuis que de telles données sont établies, l’indice thermique de ces deux journées s’est établi, pour l’ensemble du territoire, à 30 oC. Le 25 juin, celui des températures maximales affichait 38,5 oC. Certes, le XXIe siècle n’a pas inventé les canicules intenses : la France en a connu d’autres par le passé, en 1420, en 1705…

Vous y étiez ?

…ou – cette date plaira à M. Léaument – en 1793. Toutefois, nous sommes désormais confrontés à la récurrence de phénomènes météorologiques extrêmes et personne ne peut nier sérieusement qu’il s’agit d’un effet du dérèglement climatique, lequel menace au premier chef les agriculteurs. Je veux donc commencer mon propos en ayant une pensée pour eux.

Oui, pensez, pensez…

Pendant plusieurs jours, la France a suffoqué, avec des salariés terrassés au travail, des aînés abandonnés à la fournaise, des salles de classe surchauffées, des transports en commun devenus invivables. De nouveau, le décrochage de la France s’est rendu manifeste dans notre incapacité d’anticipation et d’adaptation, qu’une surmortalité dramatique est venue sanctionner, notamment à domicile – effet délétère d’une société de solitude.Face à cette canicule exceptionnelle, le gouvernement n’a malheureusement pas été à la hauteur ; les propos stupéfiants tenus par la ministre de la transition écologique suffisent à l’illustrer. Au moment où les Français suffoquaient dans leurs appartements, dans les transports, dans les hôpitaux, dans les écoles ou dans les Ehpad, elle s’est déclarée horrifiée non de notre degré d’impréparation ni des retards accumulés mais du fait qu’innombrables étaient […]

Les trois meilleurs !

Et nous comptons pour trente-huit !

…qui a diabolisé des décennies durant toutes les politiques d’adaptation en les caricaturant en politiques de résignation ? C’est vous ! Qui a diabolisé la climatisation pendant vingt ans, au point que nos écoles, nos maisons de retraite et nos hôpitaux en sont dépourvus, alors que l’Espagne, l’Italie ou le Japon en équipent les leurs massivement ? C’est vous !

Nous ne savions pas que nous étions au gouvernement…

Plus grave encore, qui a combattu l’énergie nucléaire avec un acharnement idéologique jamais démenti pendant quarante ans ? C’est encore vous, et ce, alors même qu’elle permettrait de déployer la climatisation dans notre pays sans encourir les risques de pollution qui lui sont attachés et que, surtout, cette énergie constitue l’un des plus puissants leviers d’adaptation au dérèglement climatique et la solution alternative aux énergies fossiles la plus solide !

Et les réacteurs à l’arrêt parce qu’on ne peut les refroidir ?

Vos homologues d’outre-Rhin sont responsables de la réouverture des centrales à charbon en Allemagne, décidée pour permettre la fermeture des centrales nucléaires ; quant à vous, vous portez la responsabilité de la fermeture de Fessenheim, laquelle a entraîné l’émission de millions de tonnes de gaz à effet de serre supplémentaires – même s’il faut reconnaître qu’en la matière, vous avez reçu l’aide précieuse d’Édouard Philippe.Votre idéologie et vos dogmes, qu’ils soient défendus par vous et vos amis ou par un centrisme impuissant à leur résister, ont fait perdre à la France une décennie entière et porté un coup fatal à sa souveraineté énergétique et à sa capacité à peser en Europe et dans le monde.

Mais que direz-vous donc quand nous serons au pouvoir ?

Le sabordage du secteur nucléaire est en effet celui de notre capacité souveraine de s’adapter aux dérèglements climatiques et de peser sur le plan international. Comment osez-vous donner des leçons quand vous comptez dans vos rangs une députée qui s’est ouvertement enorgueillie d’avoir trahi le mandat du gouvernement dont elle faisait partie afin d’exclure l’énergie nucléaire des technologies propres ? L’histoire ne l’oubliera pas.

Mais elle ne souviendra pas de vous !

Depuis trop longtemps, vos dogmes sont des boulets pour la France. Votre idéologie n’a cessé de l’affaiblir dans le concert des nations, puisqu’un pays qui sacrifie les outils de sa souveraineté énergétique et industrielle se condamne à l’impuissance face aux grands pollueurs des empires d’Amérique ou de Chine. Depuis des décennies, vous essayez de faire croire que la France pouvait sauver le monde en se sacrifiant sur l’autel de vos folies décroissantes.Or les chiffres sont têtus : la Chine représente aujourd’hui à elle seule 30 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, les États-Unis pèsent pour 11 %, l’Inde en représente près de 8 % et la France, moins de 1 %. L’évolution de ces émissions est plus éloquente encore : il y a trente ans, la Chine pesait pour environ 12 % des émissions mondiales et la France, pour environ 1,5 %. Depuis, les émissions chinoises ont explosé de […]

Ils sont combien, les Chinois, déjà ?

Chaque année donc, la seule croissance chinoise efface plus que des décennies d’efforts consentis par la France. Comme d’autres ont pu croire par le passé dans la fable du socialisme dans un seul pays, vous avez vendu au peuple français la fable tout aussi dangereuse de l’écologie dans un seul pays. Pour ce faire, faute de savoir jamais gagner une élection, vous avez imposé votre idéologie mortifère dans toute la structure administrative de notre pays…

Ils sont partout…

…par un entrisme implacable que Léon Trotski n’aurait pas désavoué.

Tiens ? Vous n’avez pas encore dit « bolchevik » !

Pendant que vous imposiez aux Français la décroissance, les normes, les interdictions, la désindustrialisation, pendant que nos usines fermaient pour ouvrir ailleurs en polluant plus, la Chine ouvrait des centrales à charbon par dizaines, les États-Unis s’affranchissaient de leurs engagements et les pays émergents augmentaient leurs émissions. À ce cheval de Troie idéologique, le climat n’a rien gagné…

Ne parlez pas de ce que vous ne connaissez pas !

…et la France a tant perdu : ses emplois industriels, son indépendance énergétique, sa souveraineté face à un monde toujours plus dangereux et toujours plus pollué.Une écologie sérieuse, une écologie des réalités, une écologie de souveraineté, cela existe pourtant. C’est le nucléaire assumé et relancé ; c’est l’adaptation réelle et sans dogmatisme des bâtiments et des infrastructures ; c’est la protection des agriculteurs plutôt que leur mise à mort réglementaire ; c’est l’innovation scientifique plutôt que l’interdiction dogmatique ; c’est l’exigence de réciprocité vis-à-vis des grands pollueurs, que nous ne pouvons obtenir qu’en consolidant notre marché intérieur par la défense résolue du pouvoir d’achat de nos compatriotes. Voilà l’écologie d’adaptation et de souveraineté que le bloc national défend et que le peuple français attend !

Remettez l’image en couleurs ! Là, vous êtes en noir et blanc !

Monsieur le premier ministre, j’en reviens à vous, puisque la censure vous concerne. Renverser votre gouvernement est toujours tentant pour les opposants résolus à vos politiques que nous sommes, mais la motion de censure qui nous est présentée se propose de remettre les clés du pays à ceux-là mêmes qui l’ont désarmé énergétiquement, industriellement, moralement, souverainement. Or jamais nous ne consentirons à cela, car un bolchevik repeint en vert est toujours un bolchevik. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.) Le groupe UDR ne mêlera donc pas ses voix à la manœuvre hypocrite d’une force politique qui instrumentalise la cause climatique pour prôner l’anticapitalisme. Nous donnons rendez-vous au peuple français…

En mars 1954 !

…les 18 avril et 2 mai 2027, pour un grand acte de censure populaire et pour rappeler une bonne fois pour toutes aux idéologues de gauche que la France se passe volontiers de leurs leçons. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)

La parole était au président du Conseil…

La parole est à M. Sébastien Chenu.

Qu’elle est longue, l’agonie de la Macronie finissante ! Qu’il est long, le calvaire des Français, si patients avec ceux qui ont ruiné le pays, si impatients de passer à autre chose, de vous voir plier bagage ! Il y a mille raisons de vous censurer – vos manquements, vos scandales, vos mensonges, vos renoncements –, mais celle qui nous est présentée par le groupe écologiste…

Et social !

…témoigne à la fois de la nullité et de l’inutilité de ses membres,…

Dans votre bouche, de tels anathèmes sont presque des compliments !

…sans pour autant offrir la perspective d’une véritable alternance.Vous avez tout abîmé. Vous avez ruiné notre pays, dont la dette est abyssale et le déficit, endémique. Vous avez démoli sa croissance : la productivité chute et cent usines ferment chaque année alors que le chiffre était de soixante-dix en 2017.

Et vous, vous avez volé l’argent !

Le coût de l’énergie a explosé, conséquence de votre imprudence nucléaire et de la dépendance aux gaz importés, et la surenchère de normes pourrait rendre jaloux un pays communiste.

Oh, ça va !

Vous avez abîmé ce qui était nos zones de force : l’agriculture a été sacrifiée au Mercosur ; l’éducation nationale, abandonnée. Vous avez ouvert la France à tous les vents, avec une immigration de peuplement incontrôlée…

Ça faisait longtemps…

…et des milliards déversés au bout du monde. Vous avez abandonné les Français à leur sort, que ce soit face à la pompe à essence, face à l’insécurité, présente partout dans le pays, face aux atteintes à la laïcité ou face à l’antisémitisme le plus crasse. Vous n’avez rien préparé, rien prévu, rien vu venir :…

Rien !

Ça, c’est vrai !

…ni la chute démographique, ni le bouleversement de l’intelligence artificielle, ni le tsunami blanc du narcotrafic, ni les bouleversements climatiques.

Ni la montée du fascisme !

Notre pays est devenu celui des comités Théodule, des comités de suivi, de pilotage ou de contrôle, des agences coûteuses dans lesquelles vous recasez vos copains.

Comme le RN le fait pour ses élus au Parlement européen !

Plus rien ne fonctionne vraiment, les Français se débrouillent, tout ce que vous touchez se transforme en plomb et vous avez réduit notre puissance à l’Hexagone.Il y a donc mille raisons de vous censurer, d’espérer et de préparer votre départ. Votre action publique se résume à la production de commentaires ; il n’y a plus de ministres, il y a des influenceurs ;…

M. Damien Girard #404

C’est gonflé de dire ça quand on a Bardella à la tête de son parti !

…vous vous cachez derrière les minutes de silence et les bougies. Vous avez raison : taisez-vous. Plus personne ne vous croit ni n’attend rien de vous.Dans ce naufrage, dans cet immense gâchis, vous avez surnagé, armé de deux bouées, deux flotteurs déjà à demi dégonflés. Je parle d’une part des équipes LR du si sincère Laurent Wauquiez, désormais soutien d’Édouard Philippe, en incarnation parfaite de la phrase de Talleyrand selon laquelle la trahison n’est qu’une question de date – juillet 2026, le concernant. (Rires et applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) Pauvres électeurs LR, abandonnés et humiliés, moqués par leurs propres dirigeants ! Je pense d’autre part aux équipes socialistes, acoquinées au parti passionnément antisémite et désormais cornaquées par M. Glucksmann, celui que ma concierge prend pour un journaliste, que les journalistes prennent pour un philosophe […]

Quel mépris pour les concierges !

C’est minable !

Ce n’est pas gentil pour les concierges !

Voilà l’attelage qui soutient et organise le pouvoir dans notre pays.Vous vous gargarisez de formules toutes faites et creuses. Ainsi, on vous entend toujours dire que vous êtes « en responsabilité ». Tel feu Edgar Morin, vous enfoncez toutes les portes ouvertes. La réalité est que vous n’assumez jamais rien. Par naïveté, ignorance, lâcheté, incompétence ou idéologie, vous soutenez que la faute est toujours celle des autres. Tel un ancien premier ministre fuyant en rasant les murs l’accident dont il est partie prenante, vous n’êtes jamais responsable de rien.Ici même, le ministre de l’intérieur – il est dommage qu’il soit parti – s’est carapaté au moment où il aurait pu faire voter un texte interdisant le mariage entre un citoyen français et une personne sous obligation de quitter le territoire français (OQTF). Hier, un autre ancien premier ministre, fier de son naufrage, s’en vanta à […]

On dirait les notes de bas de page d’un discours de Gabriel Attal !

Cette espérance, ce sera l’alternance de 2027, non une motion de censure de circonstance émanant, au cœur de juillet,…

Non, début juillet. Ce n’est pas parce que vous êtes pressé de partir en vacances qu’il faut dire n’importe quoi !

…d’un groupe dont tous les dogmes sont en échec. La décroissance, les zones à faibles émissions (ZFE), le nucléaire, les retenues d’eau, enfin la clim : tous les dogmes des écologistes et de l’extrême gauche écologiste s’écroulent, et les yeux s’ouvrent sur les retards considérables qu’ils ont fait prendre au pays.Il aura donc fallu une canicule en juin pour réveiller un groupe que le burkini et le droit à la paresse obsèdent davantage que les solutions concrètes pour protéger les Français ; une canicule pour réveiller les écolos, avant qu’ils ne partent dans quinze jours prendre leurs quartiers d’été sur l’île de Ré ou se réfugier dans leurs villas climatisées,…

Vous êtes bien petit !

À Montretout et à la Santé, il y a la clim ?

…ce qu’ils interdisent aux autres.Cette canicule qui les réveille, elle empêche de dormir les Français. Voilà donc les écologistes décidés à censurer le gouvernement, parce qu’ils sont vexés d’avoir été démasqués, vexés qu’on les découvre si inutiles au bien commun.D’autres événements tragiques les auront laissés de marbre : les actes pédocriminels, l’effondrement de la justice ne provoquent ni la même émotion ni les mêmes réactions chez les Verts. On y combat davantage la température qui monte dehors que celle qui monte derrière la braguette de M. Cohn-Bendit lorsqu’il parle des enfants. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Venez à la délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes et à celle aux droits des enfants !

Faites le ménage chez vous !

Vos marottes punitives, vos obsessions n’ont qu’un objet : vous voulez être le camp du bien, être du bon côté. Les Français crèvent de chaud, mais votre obsession, c’est de flinguer Total et CNews. Les Français réclament la climatisation, mais vos obsessions sont l’islamophobie, le néocolonialisme, le patriarcat, l’écriture inclusive, le Canon français. Vous êtes mobilisés pour légaliser les drogues, pour accorder le droit de vote aux étrangers – et, de l’autre côté, les Français ont toujours chaud.

Quel rapport avec la canicule ?

Vous voilà donc, nouveaux Don Quichotte, adversaires de la clim ! Vous n’êtes pas adversaires de l’islamisme, du terrorisme ni de la fraude,…

Encore vos obsessions !

…pas plus que vous ne l’êtes de l’homophobie au Sénégal ou dans vos rangs, à Saint-Ouen, ni des violences conjugales – on comprend pourquoi ! – ni encore du naufrage du périscolaire à Paris ; vous êtes adversaires de la clim ! (Exclamations sur les bancs du groupe EcoS.) Comme toujours, c’est par le petit bout de la lorgnette que vous regardez les choses. La clim n’est qu’un outil ; l’enjeu, c’est évidemment le dérèglement climatique, mais c’est aussi celui d’une société qui doit accompagner les plus fragiles,…

Après avoir fait payer le majordome de Jean-Marie Le Pen par des fonds publics, vous êtes bien placés pour parler des plus fragiles !

…une société qui doit se poser la question du vieillissement et du grand âge, et y apporter des réponses. Un tel débat soulève mille questions et ce n’est évidemment pas une motion de censure qui permettra d’y répondre. Cette fois encore, vous manquez le rendez-vous !Entre une coalition d’incapables et des censeurs dépassés par les enjeux, c’est notre pays qui trinque. Ces dernières heures, des Français – et c’est bien triste – s’insultent, voire se battent pour se procurer de quoi se protéger. La question est celle du modèle, non celle de l’outil – mais pour construire un modèle, pour construire un programme, il faut une volonté, il faut une vision, il faut un capitaine.

Il faut déjà un candidat !

En tout cas, il ne faut pas vous !

Le moins que l’on puisse dire, monsieur le premier ministre, c’est qu’en matière d’écologie, vous n’avez pas coché les cases. Celle de l’écologie semble même désespérément vide, comme en témoigne l’adoption du fonds Vert, totalement décalé par rapport aux besoins.La ministre est aux abonnés absents – encore une fois, où est-elle passée ? J’aurais été content de faire sa connaissance ! (Sourires sur les bancs du groupe RN.) Un discours stupéfiant, dans la droite ligne du mépris macroniste, une défaillance absolue et un manque de propositions qui laisse pantois : la place de Mme Barbut n’est pas au gouvernement. Visiblement, elle l’a compris : elle n’est déjà plus là.Comme nous vous y invitons depuis si longtemps, il faut répondre à deux impératifs : la lutte contre les causes du dérèglement et l’adaptation aux effets. Cette double exigence est évidemment à l’opposé de l’écologie punitive […]

La punition, c’est au tribunal et c’est demain !

Marine Le Pen l’avait dit : pour réussir, la transition ne doit pas être imposée aux Français contre leur gré, elle doit les entraîner avec raison et méthode. La France ne pourra pas atténuer seule les effets du réchauffement climatique. Notre pays ne représente, en effet, que 1 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

C’est faux !

C’est donc en réduisant les importations, en relocalisant les activités économiques et en réindustrialisant le pays que nous contribuerons efficacement à cet objectif ; bref, en faisant l’inverse du gaspillage de 100 milliards d’euros en vingt ans, consacrés à décarboner notre énergie – qui l’était déjà presque intégralement.Alors que vous ne cessiez d’imaginer et d’appliquer un nombre toujours croissant de taxes punitives, Jordan Bardella…

Tiens ? Il a déjà condamné Mme Le Pen !

…soulignait la nécessité d’instaurer une taxe carbone aux frontières…

Depuis le grand prix de Monaco ?

…– mesure dont le Rassemblement national a toujours défendu l’application…

Oui, au berceau déjà, il la défendait !

…à toutes les importations au sein du marché commun – et, en 2025, le rapport d’Alexandre Loubet confirmait les orientations du groupe Rassemblement national en matière de réindustrialisation : moins d’impôts de production, des simplifications normatives et du patriotisme économique.Toute transition impose de faire preuve de pragmatisme ; il ne faut pas édicter des interdictions sans solution. Transports, agriculture productive et durable, rénovation des bâtiments – en remplacement de votre dispositif MaPrimeRénov’, coûteux et mal pensé, nous allons proposer un dispositif simplifié –, énergie décarbonée à bas coût, grâce au nucléaire évidemment,…

Évidemment !

…mais aussi à l’hydroélectricité et à la géothermie, et sortie définitive du charbon : notre programme a pour but de protéger les Français, de protéger leurs vies et leur économie, en protégeant notre planète.

Vous venez de découvrir le mot ?

L’un ne va pas sans l’autre. De tout cela, il aurait fallu débattre ; de tout cela, il aurait fallu vous emparer. Vous avez eu dix ans pour le faire. Évidemment, au moment où les incendies ravagent le sud et où l’on pense aux professionnels qui les combattent, au moment où une nouvelle canicule s’annonce, vous êtes dépassés, pris au dépourvu. On vous entend encore, ici et dans quelques médias, nous dire : « Vous, vous n’étiez pas d’accord avec les propositions et les analyses du Giec ! » Mais vaut-il mieux des élus qui débattent des propositions du Giec…

Il faudrait déjà savoir ce qu’il dit !

…ou des élus qui, comme vous, y sont totalement acquis mais ne font rien ? (Vives exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)

Vous, vous niiez le réchauffement climatique jusqu’à la semaine dernière ! C’est clownesque !

S’il vous plaît !

Sur ce sujet-là, comme sur tous les autres, les Français vont vous juger et vous juger durement. On le sait, la raison, le jugement viennent lentement, les préjugés accourent en foule, comme l’écrivait Rousseau.

Laissez Rousseau là où il est !

Il nous reste quelques mois pour nous débarrasser de ces préjugés, quelques mois pour débarrasser les Français de la Macronie. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

La parole est à Mme Agnès Pannier-Runacher.

Vous nous demandez aujourd’hui de censurer le gouvernement au nom de la crise climatique. Pourtant, vous le savez, aucune censure ne fera baisser la température, aucune censure n’isolera mieux les logements, aucune censure ne protégera nos agriculteurs ni ne climatisera nos hôpitaux.

Mais vous n’êtes pas là jusqu’en l’an 3000 non plus !

Aucune censure ne nous rendra les victimes des canicules – je veux avoir une pensée pour elles et pour leurs familles, et remercier tous les agents publics qui se sont engagés sans compter leurs heures pour les secourir.

Nous aussi, nous les remercions !

Chers collègues, soyons sérieux une minute : cette motion ne répond pas à l’urgence climatique ; c’est une stratégie politique, une stratégie de diversion.

Non, c’est l’exercice d’un droit parlementaire !

Vous accusez les gouvernements d’inaction et d’impréparation ? Les faits racontent exactement le contraire, et ils sont très têtus. Depuis 2017, la France a réduit ses émissions de CO2 quatre fois plus vite – je le répète : quatre fois plus vite – que durant la période où vous exerciez, avec vos alliés politiques,...

Ce sont plutôt les vôtres, à présent !

...les responsabilités gouvernementales.Depuis 2017, nous avons triplé le rythme annuel des rénovations thermiques grâce à MaPrimeRénov’, qui a fort heureusement remplacé votre crédit d’impôt, qui profitait avant tout aux plus aisés. Depuis 2017, nous avons créé le fonds Vert…

Vous voulez le supprimer !

…et financé plus de 25 000 projets partout sur le territoire français – votre hommage à ce fonds est très émouvant et nous espérons que vous continuerez de le défendre. Depuis 2017, nous avons doublé le budget de l’écologie. Depuis 2017, nous avons adopté deux plans nationaux d’adaptation au changement climatique…

C’est pour ça que vous perdez toutes les élections depuis ?

…et, pour la première fois, inscrit dans notre droit une trajectoire de réchauffement de référence pour mieux préparer notre pays, ce que vous n’avez pas fait.Tout est-il réglé ? Évidemment non. Faut-il aller plus vite ? Évidemment oui.Mais permettez-moi de sourire lorsque ceux qui veulent aujourd’hui distribuer des cartons rouges sont les mêmes qui ont été condamnés pour inaction climatique,…

Marina Ferrari ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative · Dem #480

Eh oui !

…car c’est bien l’action des gouvernements en place entre 2012 et 2017 qui a été condamnée pour inaction climatique.

Mme Garin n’était pas née ! (Sourires.)

Macron était membre du gouvernement !

Et ce sont bien vos successeurs, les gouvernements « macronistes » – comme vous vous plaisez à les appeler –, qui ont rattrapé votre retard en matière de baisse des émissions, comme le rappelle la très intéressante décision du Conseil d’État du 24 octobre 2025 sur l’affaire Grande-Synthe, qui souligne la solidité des résultats obtenus et la crédibilité des actions engagées par le gouvernement après que vous avez été condamnés.

Donnez-nous aussi des fouets pour qu’on se flagelle !

Cette motion de censure est donc une diversion et vous avez bien mauvaise mémoire : vous avez voté contre la loi « climat et résilience », contre la loi relative à l’accélération de la production d’énergies renouvelables et, évidemment, contre la loi sur le nucléaire.

Roland Lescure ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique · EPR #487

Eh oui !

Vous avez même retardé, à deux reprises, l’adoption de budgets qui finançaient les politiques publiques que vous prétendez aujourd’hui défendre, ce qui a repoussé d’autant leur mise en œuvre. (Exclamations sur les bancs du groupe EcoS.)

Elle n’a pas tort !

En somme, vous nous reprochez de ne pas aller assez vite, alors que ces huit dernières années, vous avez employé votre énergie à mettre systématiquement des bâtons dans les roues de l’action publique.Je dois cependant reconnaître que vous, au moins, vous ne doutez pas de l’urgence climatique. On ne saurait en dire autant des députés qui se tiennent sur les bancs de l’extrême droite – enfin, qui s’y tenaient tout à l’heure pour réaliser leur capsule vidéo.Le RN, premier parti climatosceptique de France, s’est transformé, avec les canicules récentes, en premier parti plombier-chauffagiste de France. La température s’élève ? Il suffit de climatiser ! Oui, il faut rénover écoles, hôpitaux, maisons de retraite et logements, et climatiser là où il en est besoin – mais allez-vous climatiser les forêts, les champs, les câbles électriques pour faire face au dérèglement climatique ? Avec quelle […]

Oh non !

Qui aurait pu le prédire ?

Il inscrira son action dans la continuité de celles des premiers ministres, Philippe, Borne et Attal notamment : réduire notre consommation de gaz et du pétrole, produire notre énergie décarbonée, bâtir avec nos entreprises des solutions qui créent de l’emploi et des usines tout en répondant au défi climatique, mettre à niveau bâtiments et infrastructures, et, surtout, préparer et protéger les Français.Dans cet esprit, permettez-moi de vous interpeller, monsieur le premier ministre. Les gouvernements que j’ai cités ont engagé la France vers une trajectoire crédible. Elle ne nous autorise aucune autosatisfaction.

Censurez avec nous !

Un peu de courage : censurez !

La pire faute serait de démanteler aujourd’hui ce que nous avons patiemment construit sous l’égide du président de la République. La pire faute serait de baisser les crédits du fonds Vert. La pire faute serait de réduire ceux du fonds Chaleur sous prétexte que la priorité est à l’électrification. (M. Pierre-Yves Cadalen s’exclame.) La pire faute serait d’accepter de promulguer dans la loi d’urgence agricole des mesures court-termistes qui vont à l’encontre de la science et du plan « Eau » voulu par le président. La pire faute serait de fragiliser nos opérateurs publics.Dans quelques années, personne ne se souviendra de cette motion de censure.

De vous non plus !

Mais l’histoire se souviendra de ceux qui auront eu le cran de résister aux sirènes du court terme, de ceux qui auront traité la menace climatique avec le même sentiment d’urgence que la menace géopolitique. Monsieur le premier ministre, au moment où les arbitrages budgétaires se nouent et où certains projets de loi inquiètent, soyez de ceux qui auront tenu le cap. Nous comptons sur vous ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem. – Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)

Elle a mis la pression ! (Mme Constance Le Grip s’exclame.)

S’il vous plaît !