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VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Non soutenu Amendement n°2236 · article 15 · déposé le 4 avril 2025

Substituer à l’alinéa 11 les trois alinéas suivants

Dispositifce que le texte ajouterait

Substituer à l’alinéa 11 les trois alinéas suivants :

« Seuls les projets de centre de données dont le propriétaire ou l’opérateur remplit les conditions suivantes peuvent bénéficier des dispositions du présent I bis

« 1° Les siège statutaire, administration centrale et principal établissement sont établis au sein d’un État membre de l’Union Européenne

« 2° Le capital social et les droits de vote dans la société ne sont pas, directement ou indirectement, individuellement détenus à plus de 24 % et collectivement détenus à plus de 39 % par des entités tierces possédant leur siège statutaire, administration centrale ou principal établissement au sein d’un État non membre de l’Union européenne. »

Exposé sommaire L'argument de l'auteur

« L’alinéa concerné, tel qu’adopté en commission, ouvre le bénéfice du dispositif de projet d’intérêt »

« national majeur (PINM) aux entreprises européennes, ainsi qu’aux entreprises extra-européennes à »

« condition que ces dernières assurent un niveau de protection des données à caractère personnel »

« équivalent à celui du règlement général sur la protection des données (RGPD). »

« Ce mécanisme repose sur la notion d’« équivalence de protection », appréciée au regard des »

« décisions d’adéquation rendues par la Commission européenne. Or, cette notion, outre son caractère »

« mouvant, présente une fragilité juridique importante. La décision d’adéquation du 10 juillet 2023, »

« conclue entre l’Union européenne et les États-Unis, en constitue une illustration parlante : bien »

« qu’elle autorise la libre circulation des données entre les deux blocs, elle est déjà l’objet de »

« nombreuses critiques et fait l’objet d’un recours devant la Cour de justice de l’Union européenne. »

« Ce scénario est d’autant plus préoccupant que deux précédents mécanismes similaires – le Safe »

« Harbor et le Privacy Shield – ont été successivement annulés par la CJUE dans les arrêts Schrems I »

« (2015) et Schrems II (2020), au motif qu’ils ne garantissaient pas un niveau de protection »

« substantiellement équivalent à celui du RGPD, notamment en raison des législations américaines »

« sur la surveillance. »

« Par conséquent, adosser l’accès au dispositif PINM à une simple équivalence, définie de manière »

« discrétionnaire par la Commission européenne, revient à faire dépendre un levier stratégique de »

« politique industrielle nationale de décisions extérieures à la souveraineté française. Cela introduit »

« une instabilité juridique et une insécurité économique pour nos entreprises. Or, le dispositif PINM a »

« précisément pour but de faciliter et d’accélérer l’implantation de projets industriels stratégiques. Il »

« constitue un instrument de souveraineté économique et technologique. À ce titre, il doit »

« prioritairement bénéficier aux entreprises européennes, pleinement soumises au RGPD et, par »

« conséquent, à un cadre juridique homogène, stable et contrôlable. »

« Dans cette logique, le présent amendement propose de restreindre le champ du dispositif PINM aux »

« seules entreprises européennes. Il s’inspire de l’approche du label SecNumCloud, délivré par »

« l’ANSSI, qui repose sur des critères objectifs d’immunité à l’extraterritorialité – critère crucial dans »

« un contexte géopolitique marqué par la guerre économique et la montée en puissance des »

« législations extraterritoriales (telles que le Cloud Act américain). Restreindre le dispositif PINM »

« aux entreprises européennes permet également d’encourager l’émergence de champions industriels »

« européens. À l’heure où les États-Unis et la Chine protègent ouvertement leurs industries »

« stratégiques, la France ne peut rester naïve. En supprimant la référence à une équivalence de »

« protection juridiquement instable et politiquement dépendante, le présent amendement garantit une »

« meilleure sécurité juridique et une cohérence stratégique dans l’utilisation d’un outil qui se veut au »

« service de notre souveraineté économique et numérique. »

Le texte visé sur assemblee-nationale.fr →
Le sort
Non soutenu

Sort arrêté le 27 mai 2025.
Pas de scrutin public identifié pour cet amendement.