Question au gouvernement n°1440 — rubrique énergie et carburants · réponse du 15 avril 2026
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Question au gouvernement n°1440 · rubrique énergie et carburants · séance du 15 avril 2026 · 17e législature

Coût des carburants

La question — M. Nicolas Meizonnet

Au nom du groupe Rassemblement national, je voudrais à mon tour saluer celle et ceux qui ont retrouvé la liberté.

Nouvellement élu maire de Vauvert, je tiens à exprimer l'honneur et la fierté que j'ai eus à représenter, pendant six ans, les habitants de la deuxième circonscription du Gard. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) J'adresse à tous les collègues – en particulier à ceux de mon groupe, avec lesquels j'ai partagé mon engagement – mes vœux de lucidité, de courage et de constance pour la réussite de la France. (Mêmes mouvements.)

Madame la ministre chargée de l'énergie, la guerre en Iran a brutalement rappelé une réalité que la Macronie a toujours refusé de voir : en matière de pouvoir d'achat, de souveraineté ou de croissance, l'accès à une énergie bon marché doit être une priorité absolue. Aujourd’hui, les Français renoncent à se déplacer, les petites entreprises voient leurs marges s’effondrer, les infirmières et les aides-soignantes sont en difficulté, les agriculteurs et les pêcheurs travaillent à perte. Partout, la même angoisse, celle de ne plus pouvoir suivre, à cause de factures qui ont explosé.

Et que fait l’État, à part prélever près de la moitié du prix de l’essence ? Rien ou presque rien. À court terme, vous espériez une baisse de 5 à 10 centimes par litre d’essence ; pour l’instant, c’est à peine 1 centime. À long terme, votre gouvernement refuse toujours de relancer l’exploration de nouveaux gisements d’hydrocarbures, comme nous l’avions proposé.

Pour s’en sortir et soutenir l’activité, l’État doit planifier, revoir la gestion de ses stocks stratégiques et surtout faciliter l’accès à l’essence en la taxant moins. La proposition du Rassemblement national de réduire à 5,5 % la TVA sur l’énergie est plus que jamais d’actualité. Même pour les agriculteurs et les pêcheurs, déjà exonérés de taxes sur le carburant, les mesures prises restent largement insuffisantes. Des aides directes doivent être renforcées afin d’éviter la disparition de ces filières essentielles.

Ma question est donc simple : allez-vous enfin agir pour faire baisser durablement le prix de l’essence ? (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

La réponse — Mme Maud Bregeon, ministre déléguée, porte-parole du gouvernement, et ministre déléguée chargée de l’énergie

Depuis le début de la crise, vous le savez, nous avons les yeux rivés sur ce qui se passe au Moyen-Orient – c'est par cela que vous auriez dû commencer. La situation est volatile, les prix fluctuant en fonction des prises de parole des chefs des grandes puissances, en premier lieu de Donald Trump.

Mme Maud Bregeon, ministre déléguée. Dès les premiers jours du conflit, nous avons réagi. D'abord, à la demande du premier ministre, nous nous sommes tenus aux côtés des agriculteurs et des pêcheurs – vous l'avez souligné, ils traversent une phase difficile – ainsi que des transporteurs, leur apportant une aide d'urgence susceptible de rendre l'activité économique soutenable. En effet, il y va d'emplois, de salaires et d'autres enjeux sociaux importants. Nous adapterons ce dispositif autant que nécessaire dans les jours et les semaines à venir, suivant l'évolution de la situation – qui dépasse le cadre franco-français. Ces aides, nous l'avons dit, peuvent être reconduites et au besoin amplifiées. · Mme Maud Bregeon, ministre déléguée. Parmi les pistes pour faire baisser durablement le prix des carburants, vous évoquez la réduction de la TVA à 5,5 %, mais les 12 milliards d'euros que coûterait cette mesure ne sont pas financés dans vos propositions. (Protestations sur les bancs du groupe RN.) · M. Philippe Ballard. Si, si ! · Mme Maud Bregeon, ministre déléguée. Quant à l'exploration de nouveaux gisements d'hydrocarbures, nous avons un désaccord fondamental. Notre approche de l'énergie implique de décarboner et d'électrifier les usages et, pour cela, de recourir aux énergies renouvelables et à l'énergie nucléaire, certainement pas d'aller chercher de nouveaux gisements de pétrole ou de gaz de schiste. · Mme Maud Bregeon, ministre déléguée. Néanmoins, de façon républicaine, je voudrais aussi vous souhaiter bon vent pour la suite de vos fonctions.
La séance du 15 avril 2026 au compte rendu →

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