Cent sites, en dix minutes.
Le 8 avril, au Liban, Israël a bombardé cent sites en dix minutes, quelques heures à peine après l'annonce d'un cessez-le-feu avec l'Iran. Plus de 300 personnes ont été assassinées en une seule journée.
Au Liban, Israël a déjà ôté la vie à plus de 2 000 personnes et 600 enfants ont été tués ou blessés. À Gaza, le génocide se poursuit. En Cisjordanie, le nettoyage ethnique se poursuit – trente-quatre nouvelles colonies seront implantées, qui s'ajouteront aux soixante-huit déjà établies par le gouvernement Netanyahou depuis 2022.
L'action meurtrière d'Israël suit implacablement son cours. Face à elle, seules deux attitudes sont possibles pour un pays comme le nôtre : le refus de l'impunité ou la complicité. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
Le refus, c'est réclamer la suspension de l'accord d'association entre l'UE et Israël, comme l'a fait l'Espagne. L'initiative citoyenne visant à contraindre l'Union européenne à suspendre cet accord a d'ailleurs atteint cette nuit le million de signatures. (Mêmes mouvements.) C'est un record de rapidité pour une telle initiative, qui n'a reçu aucun soutien et relais médiatique.
Votre gouvernement a choisi le camp de la complicité : absence de sanctions, livraisons d'armes à Israël ou encore citations racistes, quand M. Barrot fait siens les propos génocidaires de Golda Meir. Même Giorgia Meloni a annoncé suspendre son accord de défense avec Israël ! (Mêmes mouvements.)
Pire encore, vous maintenez à l'ordre du jour la proposition de loi Yadan, qui essentialise nos compatriotes juifs pour s'en prendre à ceux qui dénoncent un génocide plutôt qu'à ceux qui le commettent. Alors que cinq rapporteurs des Nations unies vous appellent à retirer ce texte, comptez-vous donner suite à leur demande ?
En réalité, le vote de cette proposition de loi ne serait qu'un cadeau de plus au gouvernement suprémaciste de M. Netanyahou.
Un État qui a violé 1 201 résolutions des Nations unies depuis 1947, qui extermine des civils, parmi lesquels des milliers d'enfants, tue des casques bleus, installe des colonies illégales, annexe ses voisins et instaure la peine de mort raciste peut-il être un allié de la France ? (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent.)
La France, depuis le 7 octobre 2023, a tenu une ligne claire et sans aucune ambiguïté : la condamnation sans appel des attentats terroristes perpétrés par le Hamas, qui a coûté la vie à cinquante et un de nos compatriotes, et une demande claire de soutien à la population civile par le gouvernement d'Israël.
La France a été le premier pays à se mobiliser en faveur d'une aide humanitaire à Gaza.
Vous n'avez recherché aucune solution politique !
Le premier pays à apporter son aide humanitaire à Gaza.
Ce que vous faites, dans votre question, c'est lier une situation géopolitique, une situation humanitaire que la France a dénoncée systématiquement et avec clarté, et une proposition de loi qui vise sans ambiguïté à condamner les formes renouvelées d'antisémitisme dans notre pays.
Que faites-vous du droit international ?
Notre pays doit, avec clarté, condamner la souffrance des civils et leur apporter un soutien. Avec la même clarté, il doit combattre l'antisémitisme, partout où il se trouve et tout le temps.
Vous n'êtes pas ministre des affaires étrangères !
J'invite celles et ceux qui ont signé la pétition à lire le texte de la proposition de loi Yadan, qu'ils appellent à rejeter – je doute qu'ils l'aient tous fait. Ils constateront que le mot Israël n'y figure pas une seule fois !
Que faites-vous des droits humains ?
Le mot Israël n'y figure jamais ! Lisez ce texte et votez ce texte, qui tend à protéger nos compatriotes juifs. Ils s'interrogent sur leur avenir dans notre pays, le leur.
Il ne doit y avoir aucune ambiguïté dans notre combat contre l'antisémitisme ! (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)