Il s'appelait Noahm. Il avait 19 ans. La semaine dernière, il a été assassiné, arraché à la vie, pour une seule raison : il était homosexuel. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Marcellin Nadeau applaudit également.)
Face à cette tragédie, je vous le dis solennellement : je suis fatigué du silence. Je suis fatigué du silence d’une justice qui ne nomme pas les faits dès que le mobile du crime est l’homophobie, la lesbophobie, la transphobie ou le racisme. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe GDR.) Je suis fatigué de vos silences, collègues. Je suis fatigué du silence de Mme Bergé, de celui de M. Darmanin et de celui de M. Nuñez, qui n’ont osé rendre hommage à ce jeune homme, bien tardivement, que parce que les associations LGBTI ont crié leur rage face à ce crime barbare. Je suis fatigué de la conspiration du silence de ceux qui banalisent la haine et laissent la parole réactionnaire briser des vies – briser nos vies.
Je suis fatigué de l'hypocrisie de l'extrême droite – ils essaient de se faire passer pour nos défenseurs, alors que dans les rangs des Le Pen, des individus voulaient « casser du pédé » pour fêter la potentielle victoire de Bardella en 2024. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Nous savons qui vous êtes ! Vous êtes une menace pour les droits des lesbiennes, des gays, des bi, des trans – mais nous l’emporterons, pour protéger nos corps et conquérir de nouveaux droits. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP ainsi que sur quelques bancs des groupes SOC et EcoS.)
L'heure n'est plus aux indignations de façade. Nous exigeons des actes politiques immédiats : un financement structurel, pérenne et pluriannuel pour les associations de terrain, comme les centres LGBT (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP) ; la création massive de places d’hébergement d’urgence dédiées aux jeunes LGBTI en danger ; un vrai plan national de lutte contre les violences hétéro-patriarcales faites aux femmes, aux enfants et aux LGBTI. (Mêmes mouvements.)
Nous n'allons pas retourner dans nos placards. (Mêmes mouvements.) Nous n'allons pas accepter de voir nos droits piétinés ni de marcher la tête baissée en attendant le prochain drame. L'histoire nous apprend que notre combat pour la dignité finira nécessairement par l’emporter – mais en attendant notre victoire en 2027, combien de vies, monsieur le ministre de l’intérieur, seront encore sacrifiées ? (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent pour applaudir. – M. Marcellin Nadeau applaudit également. – M. José Gonzalez s’exclame.)
L’affaire que vous mentionnez est absolument dramatique : un jeune homme lynché dans une rixe (M. Andy Kerbrat secoue la tête en signe de dénégation) , avant de décéder quelques jours après. (Protestations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Pardonnez-moi, mais des investigations judiciaires sont en cours. Si le parquet a bien qualifié cet événement de meurtre et si le juge d’instruction a engagé des poursuites à ce titre, la circonstance aggravante de l’homophobie, à ce stade, n’a pas été retenue.
Rien n’est encore définitif ; l’information se poursuit et le magistrat a toujours la possibilité de reconnaître et de retenir cette circonstance aggravante – à l’issue de l’audition des auteurs, qui sont actuellement écroués, ou bien d’après les témoignages qui seront recueillis.
Un hommage, en tout cas, a été rendu hier, ici même, au jeune homme.
À la demande de notre groupe !
Plutôt que de rendre des hommages – et même si j’attends les résultats de la procédure judiciaire – nous luttons au quotidien contre les crimes et les délits anti-LGBT. Les policiers et les gendarmes sont formés pour traiter de ces crimes et de ces délits. Des policiers référents sont formés dans tous les départements. (M. Andy Kerbrat s’exclame.) Depuis 2017, nous n’avons cessé d’agir contre cette haine homophobe, que vous avez évidemment raison de dénoncer – y compris par des moyens financiers et en apportant notre aide aux différentes associations engagées sur ce sujet.
Au-delà des hommages, donc, il y a les actes. Depuis 2017, nous n’avons jamais faibli sur ce sujet. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
Les agressions homophobes ont augmenté de 25 % depuis 2017 : le bilan d’Emmanuel Macron, c’est l’explosion de la LGBTphobie. (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent pour applaudir. - M. Arnaud Simion applaudit également. - Protestations sur les bancs des groupes EPR et Dem.)