Séance du 1er octobre 2020 /// n°1 /// 426 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 15e législature · session session ordinaire 2020-2021

Séance du 1er octobre 2020 — 1e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de M. Richard Ferrand.

426prises de parole
82orateurs
43points à l'ordre du jour

Verbatim Le compte rendu

Tours 401 à 426 sur 426 — page 3 / 3.

Article 1er

Elisabeth Moreno ministre déléguée #821

Vous proposez de restreindre les comportements incriminés aux seuls actes de pression, de contraintes ou de violences. Votre amendement laisse de côté une grande partie de la réalité des phénomènes de thérapies dites de conversion. Vous dites souhaiter exclure les actes médicaux. Or en l’état actuel, les éléments constitutifs du délit garantissent déjà une exclusion des actes médicaux librement consentis. En effet, n’entrent dans le champ de la répression que les actes ou propos répétés ayant pour effet d’altérer la santé physique ou mentale de la personne. J’émets par conséquent un avis défavorable.

#822

(L’amendement no 35 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
David Habib president · LIOT #823

La parole est à M. Xavier Breton, pour soutenir l’amendement no 72.

article 1er · amendement 72

On sait ce que désigne le terme de pratiques. Ce sont des actes qui peuvent être considérés de façon objective ; tout comme les propos : c’est ce qu’on entend ou ce qu’on peut lire. La notion de comportement est plus problématique : soit le comportement désigne un acte, et peut donc être visé par le terme de « pratique », soit il désigne autre chose et pourrait servir de prétexte à des procès d’intention. Peut-être est-ce le but dans la mesure où vous dites, madame la rapporteure, vouloir une définition la plus large possible.Vous défendez une logique totalisante de la notion de genre, que vous souhaitez introduire partout et par le biais de laquelle vous souhaitez instaurer un contrôle social le plus large possible. Mais cela inquiète ! N’oublions pas en effet la liberté d’opinion, la liberté de conscience et la liberté d’expression. Je sais bien que le Gouvernement s’en prend […]

Quel est l’avis de la commission ?

Laurence Vanceunebrock rapporteure · LaREM #827

La notion de comportement est bien moins imprécise que vous l’imaginez. Elle existe déjà dans notre droit, notamment pour définir le harcèlement. Avis défavorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Elisabeth Moreno ministre déléguée #829

J’entends bien sûr vos inquiétudes et votre besoin de clarification et je vais essayer d’y répondre. Vous affirmez que la notion de comportement n’est pas très claire et qu’elle est trop large. Or elle est parfaitement connue en droit pénal. Elle est par exemple utilisée pour définir les éléments constitutifs de l’infraction d’outrage sexiste. Vous pourrez vous référer aux articles correspondants pour éclaircir cette question. Avis défavorable.

La parole est à M. Xavier Breton.

Revenons aux débats que nous avons eus en commission, madame la rapporteure. Je vous cite : « Quant aux comportements, il peut s’agir de la discrimination en famille » – encore faut-il savoir comment la constater – « ou à l’école, ou du simple fait d’emmener ses enfants consulter un religieux ou un thérapeute dans le but de modifier leur orientation sexuelle ou leur identité de genre. » Le simple fait d’emmener l’un de ses enfants, qui s’interroge sur son identité de genre, voir un thérapeute tombera donc sous le coup du délit que vous créez. Dans ces conditions, nous pouvons légitimement nous inquiéter.

#832

(L’amendement no 72 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
David Habib president · LIOT #833

La parole est à Mme Emmanuelle Ménard, pour soutenir l’amendement no 30.

article 1er · amendement 30

Il s’agit ici de ne pas faire entrer dans le champ d’application de cette nouvelle infraction les cas où la personne en questionnement sur sa sexualité sollicite librement l’avis d’une personne qui lui recommanderait d’attendre avant de s’engager dans un changement de sexe ou de ne pas suivre cette voie. Ces conseils seraient-ils assimilés à une thérapie de conversion ou un comportement relevant pénalement de l’infraction visée ici ? La question se pose.Comme j’ai eu l’occasion de le rappeler en commission, les thérapeutes n’ont pas tous le même avis sur ces pratiques, notamment le changement de sexe. Elles donnent lieu à beaucoup de discussions en ce moment et certains pays jusqu’alors très ouverts à la possibilité de changer de sexe, y compris pour les mineurs, modifient leurs façons de faire, reviennent en arrière, se montrent davantage prudents. On invoque de plus en plus le […]

Quel est l’avis de la commission ?

Laurence Vanceunebrock rapporteure · LaREM #838

Votre amendement, si j’ai bien compris, vise le cas des personnes s’interrogeant sur leur orientation sexuelle ou leur identité de genre qui iraient solliciter un avis. On ne peut ni ne doit les empêcher d’aller chercher des réponses à ce qui semble leur causer des troubles, auprès de psychiatres, de médecins, ou même de religieux. Reste que les personnes qu’elles consultent ne sauraient en aucun cas leur proposer de thérapies de conversion, au risque d’être condamnées. Avis défavorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Elisabeth Moreno ministre déléguée #840

Madame Ménard, ce délit suppose la répétition de pratiques, d’actes ou de comportements ayant pour effet une altération de la santé physique ou mentale de la personne concernée. Par conséquent, il s’agit de sanctionner non pas les échanges sollicités par la personne qui demanderait à être accompagnée, suivie ou aidée mais uniquement les comportements imposés par son entourage « pour son bien ». Autrement dit, si la personne sollicite elle-même un avis, cela ne rentrera évidemment pas dans le champ de cette infraction. Avis défavorable.

Je donne la parole à M. Lachaud, ensuite à Mme Ménard, puis nous arrêterons.

Oui, monsieur le président, arrêtons, s’il vous plaît, de parler de cela.Madame Ménard, vous affirmez que certains pays autorisant les changements de genre reviennent sur leurs décisions au nom du principe de précaution. Allez donc jusqu’au bout et dites-nous de quoi il s’agit exactement. Cela concerne un hôpital en Suède, qui pratiquait des opérations sur des mineurs aujourd’hui interdites en France. Ne faites pas peur inutilement !

La parole est à Mme Emmanuelle Ménard.

Je ne veux pas faire peur inutilement mais simplement appeler votre attention sur les cas, certes peu fréquents, de patients souhaitant pratiquer une « détransition ». Les médecins et psychologues qui les accompagnent peuvent-ils être empêchés de le faire si leur activité est interprétée comme une volonté de modifier l’identité de genre ? On ne peut pas écarter cette objection en faisant valoir que dans le cadre d’une « détransition », le médecin ne risque rien puisque le patient est consentant. Si le comportement est défini comme un délit, le consentement de la victime ne change en effet rien à la qualification de l’acte.Il y a bel et bien un vide juridique. Il existe une zone grise : certains prescripteurs, qui ne sont pas forcément médecins même si c’est souvent le cas, risquent d’être condamnés parce que leur comportement sera considéré comme un délit alors que le patient aura […]

#847

(L’amendement no 30 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
David Habib president · LIOT #848

La suite de la discussion est renvoyée à la prochaine séance.

Ordre du jour de la prochaine séance

David Habib president · LIOT #851

Prochaine séance, ce soir, à vingt et une heures trente :Suite de la discussion de la proposition de loi interdisant les pratiques visant à modifier l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne.La séance est levée.

#852

(La séance est levée à vingt heures cinq.)

#853

Le directeur des comptes rendus Serge Ezdra