Séance du 4 novembre 2021 — 47e séance
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de M. Marc Le Fur.
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de M. Marc Le Fur.
Tours 1 à 200 sur 289 — page 1 / 2.
La séance est ouverte.
(La séance est ouverte à vingt et une heures trente.)
L’ordre du jour appelle la suite de la discussion de la seconde partie du projet de loi de finances pour 2022 (nos 4482, 4524).
Cet après-midi, l’Assemblée a achevé l’examen de la mission Santé. J’appelle les crédits de la mission Solidarité, insertion et l’égalité des chances, inscrits à l’état B.La parole est à M. Jean-Louis Bricout, pour soutenir l’amendement no 2147.
Il vise à abroger les règles si restrictives d’accès au RSA jeune et ainsi ouvrir largement le RSA aux 18-25 ans. Au sein de l’action 19 contenant les crédits de ce RSA jeune actif, nous souhaitons donc, avec cet amendement, ouvrir largement les portes du RSA à l’ensemble des jeunes, en en automatisant le versement. Cette automatisation ne permettrait pas une oisiveté mais apporterait une réponse sociale nécessaire aux jeunes en études ou en formation qui n’auraient pas travaillé en parallèle, ce qui limite leurs chances de réussite. Ce dispositif serait plus largement un filet de sécurité efficace pour cette tranche de population qui connaît un taux de chômage plus que double par rapport à la moyenne. Il permettrait enfin un double virage philosophique de notre système de protection sociale. Le premier virage serait de prendre acte de la fin de la familialisation des prestations […]
La discussion a déjà eu lieu cet après-midi sur le RSA jeune.La parole est à M. Patrice Anato, rapporteur spécial de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire, pour donner l’avis de la commission sur cet amendement.
Défavorable.
La parole est à M. le secrétaire d’État chargé de l’enfance et des familles, pour donner l’avis du Gouvernement sur cet amendement.
Défavorable.
La parole est à Mme Albane Gaillot, pour soutenir l’amendement no 1940.
Comme mon collègue précédemment, je propose de créer un véritable revenu d’engagement pour qu’il bénéficie enfin à l’ensemble des jeunes qui font des études, et notamment aux plus précaires.
(L’amendement no 1940, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)
La parole est à M. Jean-Louis Bricout, pour soutenir l’amendement no 2164.
Il vise à doter notre système de protection sociale d’une stratégie efficace de lutte contre les non-recours aux prestations sociales. Les études montrent que le taux de non-recours atteindrait 45 % pour les allocataires potentiels du RSA, 60 % de la C2S – complémentaire santé solidaire.Si nous partageons les dispositifs mentionnés dans le bleu budgétaire et saluons la hausse des crédits de l’action 19, il importe de lutter contre ce phénomène grâce à une stratégie rigoureuse. Or l’action 19 du programme 304 ne comporte aucun nouveau dispositif spécifique à ce sujet. Cette stratégie pourrait pertinemment s’inspirer des travaux menés dans le cadre de la proposition de loi relative à la protection sociale globale déposée par les sénateurs socialistes. Dans ces travaux, le système proposé avait vocation à fonctionner par îlots.
Quel est l’avis de la commission ?
Nous sommes tous d’accord pour admettre que la lutte contre le non-recours doit être une priorité. Le taux de celui-ci souvent avancé concernant le RSA est de 35 %. Il faut savoir que nous avons du mal à l’apprécier. La lutte contre le non-recours est aussi un défi technique. Bien entendu, beaucoup d’initiatives sont en cours, notamment dans le cadre de la stratégie pauvreté, contrairement à ce que laisse penser votre exposé sommaire. À titre personnel, je suis défavorable à cet amendement.
(L’amendement no 2164, repoussé par le Gouvernement, n’est pas adopté.)
La parole est à M. Jean-Louis Bricout, pour soutenir l’amendement no 2165.
Il vise à ce que le montant moyen servi aux allocataires de l’allocation aux adultes handicapés (AAH) atteigne le seuil de pauvreté. Actuellement, le montant moyen servi aux allocataires de l’AAH atteint, selon les prévisions de la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), 759 euros sur une base de 1,28 million d’allocataires. Or, en France, le seuil de pauvreté, calculé comme étant égal à 60 % du revenu médian, est égal à 1 060 euros. Cela signifie que la grande majorité des allocataires de l’AAH vit évidemment en dessous du seuil de pauvreté, alors que cette allocation est censée leur permettre de vivre en toute dignité.Nous proposons donc d’augmenter le montant à taux plein de l’AAH de 903,6 euros à 1 060 euros, soit une augmentation de 17 % des montants à verser. Cette augmentation se chiffrerait à 2,2 milliards d’euros et porterait ainsi […]
Quel est l’avis de la commission ?
Je rappelle qu’entre 2012 et 2017, le montant de l’AAH est passé de 776 euros à 810,9 euros, soit une hausse de 34 euros. Notre majorité a fait progresser le montant de cette allocation de près de 85 euros en quatre ans, ce qui représente un investissement au bénéfice des personnes en situation de handicap de 800 millions d’euros. Une nouvelle revalorisation de 110 euros en moyenne est prévue dans le présent projet de loi de finances pour 120 000 bénéficiaires en couple. Au-delà du montant de l’AAH, un droit à l’AAH est accordé à vie aux bénéficiaires dont le taux d’incapacité est supérieur à 80 % et non susceptible d’évolution favorable. Par ailleurs, la liquidation des droits à la retraite des bénéficiaires de l’AAH a été automatisée. Avis défavorable.
La parole est à Mme la secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, pour donner l’avis du Gouvernement sur cet amendement.
Même avis.
Les amendements nos 1945 de M. Matthieu Orphelin et 1755 de Mme Valérie Six sont défendus.
(Les amendements nos 1945 et 1755, repoussés par la commission et le Gouvernement, ne sont pas adoptés.)
La parole est à M. Jean-Louis Bricout, pour soutenir l’amendement no 2170.
Il vise à créer un fonds de mobilisation départementale pour les jeunes majeurs de la protection de l’enfance à hauteur de 1,5 milliard d’euros.Notre politique publique de protection de l’enfance connaît un échec, notamment dans sa capacité à insérer les jeunes qu’elle a protégés pendant de longues années. Comment une politique publique de 10 milliards d’euros peut-elle se satisfaire d’un tel résultat, mettant à mal, en fin de compte, tout le travail investi au préalable et pressurant les jeunes pour qu’ils partent au plus tôt ? Sous couvert d’économies à court terme, cette politique conduit à un gâchis humain, social et, malheureusement, économique de ces jeunes citoyens. Le surcoût pour la nation de l’accompagnement des plus de 18 ans en situation de vulnérabilité est ainsi estimé à 700 millions d’euros qu’il faut comparer aux 10 milliards d’euros dépensés chaque année pour la […]
Quel est l’avis de la commission ?
Je vous rejoins sur la nécessité de renforcer l’accompagnement des jeunes majeurs. Nous avançons, peut-être insuffisamment vite, mais de manière substantielle depuis trois ans. Dans le cadre de la stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté, 10 millions d’euros par an sont alloués aux départements pour lutter contre les sorties sèches. Des premiers résultats sont déjà perceptibles : 75 % des jeunes devenus majeurs en 2020 ont fait l’objet d’une prise en charge dans le cadre du référentiel de la stratégie pauvreté ; le nombre de jeunes majeurs ayant un logement stable est passé de 61 % en 2019 à 79 % en 2020 ; 55 % des jeunes majeurs ont des ressources financières, soit 10 points de plus par rapport à 2019. Bien sûr, les jeunes sortant de l’aide sociale à l’enfance (ASE) ont un accès automatique à la garantie jeunes. Pour toutes ces raisons, je suis défavorable à cet […]
Quel est l’avis du Gouvernement ?
En complément et dans la lignée de ce que vient de dire M. le rapporteur spécial, avec le lancement, en 2018, de la stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté, la question de la sortie des jeunes de l’ASE et de leur accès à l’autonomie fait partie effectivement des priorités du Gouvernement. Vous le savez, le projet de loi relatif à la protection des enfants, qui a été adopté à l’unanimité dans cette assemblée au début du mois de juillet dernier, avec des contributions importantes d’Isabelle Santiago, qui est l’auteur de l’amendement que vous venez de défendre, comporte plusieurs dispositifs et, parallèlement, des mesures ont été mises en place pour atteindre enfin l’objectif selon lequel aucun jeune qui sort de l’aide sociale à l’enfance ne se retrouve sans solution. Cela va de l’accès automatique au niveau 6 des bourses étudiantes et au logement étudiant pour ceux qui font […]
La parole est à M. Jean-Louis Bricout.
Effectivement, Mme Santiago suit de très près ce dossier. Je vous remercie pour vos réponses, en espérant qu’on puisse trouver des solutions pleines et entières pour ces jeunes qui sortent de l’ASE. Cette question est préoccupante dans certains territoires.
La parole est à Mme Marie-Noëlle Battistel, pour soutenir l’amendement no 2169.
Il vise à doter notre politique de protection de l’enfance des moyens de ses ambitions en augmentant de plus de 20 % les dépenses par rapport aux montants d’autorisations d’engagement (AE) et de crédits de paiement (CP) proposés par le Gouvernement. En effet, malgré la hausse prévisible des dépenses à la suite des avancées du projet de loi relatif à la protection des enfants, les budgets accordés à cette protection de l’enfance seront en quasi-stagnation entre 2021 et 2022. Pour être plus honnête, ils sont en hausse de 1,2 %. Cette stagnation mise en face d’une hausse prévisible des publics à servir conduira mécaniquement à une baisse des moyens par enfant. Or le besoin principal remonté par les acteurs de terrains est le manque de moyens non seulement immobiliers, mais aussi et surtout humains, manque de moyens qui, comme vous le savez, est à l’origine de l’échec de notre politique […]
Quel est l’avis de la commission ?
Défavorable.
Quel est l’avis du Gouvernement ?
Défavorable. Je souhaite dire, en complément des propos que j’ai tenus sur l’amendement précédent, que l’État accompagne les départements depuis trois ans au travers d’une stratégie de contractualisation, sur le modèle de la stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté. En trois ans, ce seront plus de 600 millions d’euros que l’État aura apportés aux départements, dont 100 millions pour la protection maternelle et infantile (PMI), puisque c’est une stratégie de prévention et de protection de l’enfance – les deux étant intimement liées. Et 100 millions d’euros, c’est ce que les PMI ont perdu ces dix dernières années. L’État réinvestit 100 millions dans les PMI, et le reste dans l’aide sociale à l’enfance, ce qui autorisera la création de nouvelles places ou permettra de faciliter l’accès à l’autonomie.
La parole est à Mme Caroline Fiat, pour soutenir l’amendement no 2006.
Nous proposons d’investir pour qu’un maximum d’anciens bénéficiaires de l’aide sociale à l’enfance puissent bénéficier d’un contrat jeune majeur. Ce contrat permettrait aux jeunes confiés à l’aide sociale à l’enfance de prolonger les aides dont ils bénéficient pendant leur minorité. Cela peut être un soutien éducatif, un hébergement, une allocation financière. Comme on a pu le voir lors de la constitution du rapport sur la proposition de loi visant à étendre le RSA pour les jeunes de 18 à 25 ans, l’accès à ce contrat est très difficile et très différencié selon les départements. Ainsi, environ 36 % des anciens de l’aide sociale à l’enfance bénéficient d’un contrat jeune majeur. Selon les départements, ce taux varie entre moins de 20 % à plus de 60 %.À cette fin, le présent amendement augmente de 5 millions d’euros le nouveau programme « Un contrat jeune majeur pour tous », gageant via […]
(L’amendement no 2006, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)
Madame Fiat, peut-on considérer que l’amendement no 2005 est défendu ?
Monsieur le président, j’aime vous être agréable, mais je souhaite défendre cet amendement.
Pas de problème.
Comme le souligne Mme Goulet, dans son rapport dédié à la mission d’information sur l’aide sociale à l’enfance, présidée par M. Ramadier, la pertinence de l’attribution de la compétence de l’aide sociale à l’enfance est complètement à revoir. L’hétérogénéité, d’une part, des politiques publiques en matière d’aide sociale à l’enfance qui est une conséquence de la décentralisation doit être combattue ; d’autre part, la Convention internationale des droits de l’enfant, également désignée sous l’acronyme CIDE, confie à l’État la responsabilité de la protection de l’enfance comme c’est la règle usuelle en droit international. Son article 2 prévoit en effet que « les États parties s’engagent à respecter les droits qui sont énoncés dans la présente convention et à les garantir à tout enfant relevant de leur juridiction, sans distinction aucune ». À cette fin, le présent amendement augmente de […]
Quel est l’avis de la commission ?
Vous proposez de recentraliser l’aide sociale à l’enfance. Cette mesure semble un peu réductrice. Les directions départementales des affaires sanitaires et sociales (DDASS) ne rencontrent pas moins de difficultés que les départements et la politique menée depuis deux ans est plus ambitieuse, sans oublier le projet de loi relatif à la protection des enfants. Avis défavorable.
Quel est l’avis du Gouvernement ?
Même avis.
La parole est à Mme Caroline Fiat.
Je maintiens que l’hétérogénéité dans les politiques d’aide sociale à l’enfance est source de grandes difficultés pour les enfants. Nous ne pouvons nous satisfaire des disparités entre départements. Nous avons vu que l’application de certains dispositifs pouvait varier dans des proportions allant de moins de 20 % à plus de 60 %. Je reconnais que des efforts ont été faits par ce gouvernement – vous voyez que je ne suis pas tout le temps en train de critiquer – mais j’estime qu’il faut revoir l’attribution des compétences.
La parole est à Mme Albane Gaillot, pour soutenir l’amendement no 1944.
Il propose de mettre en place des chèques « bien manger » afin de répondre aux enjeux liés à la malnutrition, à la pauvreté, au développement des filières agroécologiques et à l’éducation à la santé nutritionnelle.
Quel est l’avis de la commission ?
Dans le cadre de la loi portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets, nous avons adopté une disposition prévoyant la remise d’un rapport sur la création d’un chèque alimentaire. Des propositions devraient donc être formulées d’ici peu par le Gouvernement. Demande de retrait ou avis défavorable.
(L’amendement no 1944, repoussé par le Gouvernement, n’est pas adopté.)
La parole est à Mme Albane Gaillot, pour soutenir l’amendement no 1601.
Il existe 2 millions de familles monoparentales en France et, dans 82 % des cas, les enfants vivent avec leur mère. Or, en 2018, 45 % de ces enfants étaient sous le seuil de pauvreté, contre 22 % de ceux vivant avec leur père, proportion proche du taux moyen observé pour l’ensemble des enfants.Par cet amendement, nous proposons d’augmenter la prime d’activité pour les familles monoparentales d’environ 50 euros par mois, quand bien même elles bénéficient déjà d’une majoration.
Quel est l’avis de la commission ?
La prime, dont bénéficient 4,3 millions de foyers, a été déjà revalorisée. Demande de retrait ; à défaut, avis défavorable.
(L’amendement no 1601, repoussé par le Gouvernement, n’est pas adopté.)
La parole est à Mme Anne-France Brunet, pour soutenir les amendements nos 1504 et 1505, qui peuvent faire l’objet d’une présentation groupée.
Ils sont tous les deux le fruit d’un travail mené avec l’Union départementale des associations familiales (UDAF) de Loire-Atlantique.Les mandataires judiciaires à la protection des majeurs (MJPM), profession peu connue, contribuent à préserver la dignité et à garantir l’exercice de la citoyenneté de la personne protégée. Selon les prévisions, le nombre de personnes majeures bénéficiant d’une mesure de protection en France passera à 2 millions en 2040 – ils sont 800 000 aujourd’hui. Si cette évolution n’est pas anticipée, les conséquences pour les personnes protégées et leurs familles pourraient être lourdes.Il est urgent d’agir pour continuer à garantir un accompagnement de qualité aux personnes vulnérables. Pour cela, il est nécessaire de lutter contre l’insuffisante attractivité de la profession, notamment en revalorisant la rémunération des mandataires judiciaires, qui est de 1 330 […]
Quel est l’avis de la commission sur ces deux amendements ?
Avis défavorable. Je suis moi-même attentif aux conditions de travail des mandataires judiciaires de la protection juridique des majeurs. Cet été, j’ai ainsi fait part au ministre des solidarités et de la santé des propositions formulées par l’interfédération de la protection juridique des majeurs (IFPJM), selon laquelle les gains socio-économiques générés par l’activité de ces professionnels s’élèvent à 1 milliard d’euros. Toutefois, je pense que nous devons attendre les conclusions de divers travaux en cours avant de prendre des décisions.
Quel est l’avis du Gouvernement ?
Madame la députée, nous partageons votre volonté d’améliorer la qualité des services rendus aux personnes protégées et de renforcer l’attractivité de ce métier. Cela dit, nous considérons qu’il faut inscrire les mesures concernant ces professionnels dans une démarche plus globale.Aux 19,7 millions, nous allons ajouter 8,1 millions de crédits remobilisés en interne au sein du programme 304 en faveur des mandataires judiciaires dans le cadre d’une démarche globale portant sur l’attractivité du métier. Ce montant complémentaire permettra notamment d’augmenter les recrutements de 200 équivalents temps plein (ETP) et de développer les formations des mandataires, outil majeur pour améliorer l’attractivité de cette profession.Il s’agit de mieux protéger les majeurs concernés, de mieux répondre à leurs besoins, de mieux les accompagner et nous tenons à saluer votre mobilisation sur cet enjeu […]
Retirez-vous vos amendements, madame Brunet ?
Merci, madame la secrétaire d’État, pour ces précisions. J’ai bien noté que ces sommes supplémentaires iraient à la formation et au recrutement de 200 ETP. Contribueront-elles aussi à revaloriser les rémunérations aujourd’hui très faibles ? Il y va de l’attractivité de cette profession.
La parole est à Mme la secrétaire d’État.
Cela fait partie du schéma global d’attractivité des métiers et nous nous y engageons.
La parole est à Mme Anne-France Brunet.
En ce cas, je retire mes deux amendements.
(Les amendements nos 1504 et 1505 sont retirés.)
La parole est à Mme Marie-Noëlle Battistel, pour soutenir l’amendement no 2168.
Selon le dernier bleu budgétaire, le programme 137 Égalité entre les femmes et les hommes connaît une baisse de 2,7 % des autorisations d’engagement en 2022 par rapport à 2021. Celles-ci atteindront seulement 47,3 millions d’euros, soit 1,5 euro par femme par an.Cette réduction n’est pas compréhensible alors que le Gouvernement a fait de l’égalité femmes-hommes la grande cause du quinquennat et que les inégalités entre les femmes et les hommes s’approfondissent.Les signalements de violences conjugales sont en hausse ; 89 % des femmes sont victimes d’injures sexistes ; les femmes diplômées de l’enseignement supérieur ont un taux d’activité inférieur à celui des hommes diplômés ; les troubles musculo-squelettiques touchent plus les femmes que les hommes. Quant aux inégalités salariales, elles sont toujours aussi fortes : il y a 20 % d’écart de salaire entre les cadres hommes et les cadres […]
Quel est l’avis de la commission ?
Rappelons que les crédits du programme 137 ont doublé depuis 2017 et qu’avant 2018, leur taux de consommation n’atteignait que 75 %. Il importe de prendre la mesure des efforts accomplis.Par ailleurs, si les autorisations d’engagement baissent en 2022, le montant des crédits de paiement progresse, lui, de 9,1 millions d’euros pour atteindre 50,6 millions d’euros.Enfin, il faut noter que les crédits consacrés par l’ensemble des ministères à l’égalité entre les femmes et les hommes s’élèvent à 1,3 milliard d’euros. Le programme 137 ne regroupe qu’une infime partie des moyens alloués à cette politique publique, ne l’oublions pas. Avis défavorable.
La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, de la diversité et de l’égalité des chances, pour donner l’avis du Gouvernement.
Le budget du programme 137 passera en 2022 à 50,6 millions, ce qui correspond à 25 % d’augmentation. Sachant que l’année dernière, nous avions déjà obtenu une hausse de 40 %, nous pouvons dire que cet accroissement des ressources financières du programme 137 est historique. Depuis 2017, il nous permet de porter toutes les actions liées à cette grande cause du quinquennat qui exigeait que nous lui consacrions les moyens nécessaires. Tout cela montre la mobilisation du Gouvernement en faveur des droits des femmes et de l’égalité entre les femmes et les hommes.Il me paraît utile de rappeler, car c’est une réalité parfois négligée, que plusieurs autres programmes que le programme 137 permettent de soutenir l’égalité entre les femmes et les hommes. Au total, une quarantaine de programmes participent au financement des actions retenues à l’issue du Grenelle des violences conjugales. Citons […]
La parole est à Mme Marie-Noëlle Battistel.
Monsieur le rapporteur spécial, vous évoquiez une sous-consommation des crédits. Peut-être faut-il s’interroger sur les raisons de ce phénomène. Ne faudrait-il pas accepter l’accompagnement que nous suggérons ?Madame la ministre déléguée, je vous remercie pour vos réponses. J’entends vos arguments mais je n’ai pas bien compris si les 25 % d’augmentation portent sur cette année.
Absolument !
Si j’ai bien saisi, cette hausse est déclinée à travers divers programmes, ce qui peut expliquer que le programme 137 ne connaisse qu’une légère hausse. Dans ces conditions, je retire mon amendement.
(L’amendement no 2168 est retiré.)
La parole est à Mme Albane Gaillot, pour soutenir l’amendement no 1600.
En défendant cet amendement, je compléterai les propos de ma collègue Marie-Noëlle Battistel. Ces 50,6 millions représentent 0,01 % du budget de l’État, soit dix fois moins que le budget alloué aux études et aux statistiques à Bercy.Je sais bien que le programme 137 ne constitue qu’une partie de la politique dédiée à l’égalité entre les femmes et les hommes et que d’autres ministères sont mobilisés comme le montre le document de politique transversale. Cependant ce DPT ne concerne pas l’ensemble des ministères. J’invite les prochains gouvernements à appliquer une budgétisation sensible au genre. Dès le stade de la conception des lois de finances, qu’il s’agisse des recettes ou des dépenses, il convient de mesurer l’effet de chaque disposition en matière d’égalité entre les femmes et les hommes. Cela permettra de s’engager dans une démarche vertueuse et de mener des actions correctrices […]
Quel est l’avis de la commission ?
Le montant du budget alloué à cette politique publique est loin d’être la seule condition pour parvenir à nos objectifs. Comme je le rappelais tout à l’heure, jusqu’en 2017, la consommation des crédits du programme 137 ne dépassait pas 75 % : il s’ensuit qu’au total, par rapport à 2017, les crédits inscrits sur le programme ont doublé. Je souhaite donc le retrait de cet amendement et émettrai, à défaut, un avis défavorable.
Quel est l’avis du Gouvernement ?
Défavorable.
La parole est à Mme Albane Gaillot.
Je veux bien que les crédits aient doublé, monsieur le rapporteur spécial, mais le doublement d’un montant faible reste insuffisant. Comme l’a dit Marie-Noëlle Battistel, le nombre élevé de féminicides, de viols, de violences sexistes et sexuelles – sans même parler de ce qu’il reste à faire en matière d’égalité salariale et d’éducation sexuelle – nécessiterait un effort bien plus important. Je salue les efforts accomplis par ce gouvernement, qui a notamment fait de l’égalité entre les femmes et les hommes la grande cause du quinquennat, mais j’insiste : il faut aller encore plus loin, faire encore plus fort, pour répondre pleinement aux besoins importants en la matière.
La parole est à Mme Marie-Noëlle Battistel.
Je me permets de revenir un instant sur l’amendement précédent. Vous avez indiqué, madame la ministre déléguée, que le programme 137 était en augmentation. Or, si les crédits de paiement sont effectivement en hausse, ceux en autorisations d’engagement sont en baisse, ce qui laisse penser que, sur le long terme, les crédits du programme pourraient diminuer si l’on n’y prête garde. Il faudra donc veiller à maintenir la progression annuelle, sous peine de constater une baisse au fil des années – mais je crois que vous êtes d’accord avec moi sur ce point.
Oui !
La parole est à Mme la ministre déléguée.
Nous avons déjà évoqué ces crédits à plusieurs reprises et vous savez, mesdames et messieurs les députés, à quel point je suis attachée à leur augmentation. Je rappelle que nous avions 1,3 milliard d’euros de budget en 2021 et que, pour 2022, nous avons évalué cinquante programmes par rapport à l’année 2021, ce qui montre la minutie avec laquelle nous examinons ce document de politique transversale. Je peux vous assurer que nous ne laissons aucun centime de ce budget inemployé et que nous continuerons à faire preuve de la même rigueur dans son suivi, même s’il est impossible de savoir ce que nous réserve l’avenir.
La parole est à Mme Albane Gaillot, pour soutenir l’amendement no 2137.
Le sujet des règles est aujourd’hui largement évoqué sous l’angle de la précarité menstruelle, ce qui est une bonne chose. Cependant, toutes les étapes de la vie d’une fille et d’une femme concernant les règles demeurent encore trop souvent taboues, et les problèmes rencontrés par les femmes en milieu scolaire, dans l’espace public ou dans le milieu professionnel, sont insuffisamment pris en compte. Ainsi, les questions relatives aux règles douloureuses, à l’endométriose, à l’insuffisance d’accès à des points d’eau et à des toilettes, ou encore aux effets secondaires de la ménopause, demeurent encore trop souvent invisibles. Par cet amendement, je propose donc la mise en place d’une grande campagne de communication et de sensibilisation. (« Ce n’est pas le bon amendement ! » sur les bancs du groupe LaREM.)
Quel est l’avis de la commission ?
Je crois que vous vous êtes trompée d’amendement, chère collègue. Avis défavorable.
(L’amendement no 2137, repoussé par le Gouvernement, n’est pas adopté.)
La parole est à Mme Christine Pires Beaune, pour soutenir l’amendement no 2166.
Cet amendement vise à octroyer 3,2 millions d’euros supplémentaires – je dis bien supplémentaires – par rapport au montant que vous proposez, pour les lieux d’écoute, d’accueil et d’orientation (LEAO) dans le cadre de l’action 25. En effet, ces lieux d’écoute, d’accueil et d’orientation des femmes victimes de violences permettent un accompagnement spécialisé dans la durée, ainsi que le suivi du parcours des femmes concernées, afin de les aider à rompre le cycle de la violence et à trouver les moyens de leur autonomie ; dès lors, ils nous semblent essentiels dans le parcours de reconstruction des femmes victimes de violences.Si le Gouvernement indique vouloir augmenter les crédits des LEAO de 1,6 million d’euros supplémentaires par rapport à 2021 – un effort que nous reconnaissons bien volontiers –, cette hausse nous semble cependant insuffisante au vu des signalements de violences […]
Quel est l’avis de la commission ?
Je comprends parfaitement que vous souhaitiez augmenter les dotations des LEAO, mais il faut savoir que les crédits qui leur sont alloués progressent chaque année depuis 2019. Comme vous l’avez dit, ils vont bénéficier de 1,6 million d’euros pour 2022. Si ce montant peut sembler modeste, il correspond tout de même à une multiplication par quatre depuis 2019. Ces crédits permettront de faire évoluer l’organisation de ces structures pour renforcer leur maillage territorial et améliorer leur visibilité. Je demande donc le retrait de cet amendement.
Quel est l’avis du Gouvernement ?
En 2021, les lieux d’écoute, d’accueil et d’orientation et les accueils de jour ont bénéficié d’un financement de 2,5 millions d’euros pour les premiers et de 4,6 millions d’euros pour les seconds, grâce à des abondements supplémentaires. Il reste actuellement des territoires non couverts et certaines structures ont encore du mal à faire face à la demande. Pour 2022, nous avons décidé de renforcer les LEAO et les accueils de jour, qui sont des structures clés pour l’accueil des femmes : à ce titre, ils vont donc bénéficier de 1,6 million d’euros supplémentaires par rapport à l’année 2021. Votre amendement me paraissant satisfait, je n’y suis pas favorable.
La parole est à Mme Albane Gaillot, pour soutenir l’amendement no 2141.
Effectivement, monsieur le rapporteur spécial, je m’étais trompé d’amendement tout à l’heure – mais ce n’est pas grave, nous aurons d’autres occasions d’évoquer ce sujet.Pour ce qui est de l’amendement n° 2141, le projet de loi de finances pour 2022 prévoit une augmentation de 5 millions d’euros de l’action 25 du programme 137, ce qui est une très bonne nouvelle. Toutefois, à y regarder de plus près, la moitié ou presque de cette augmentation permet de financer des dispositifs en direction des auteurs de violences conjugales : je pense notamment à la plateforme d’éviction des agresseurs conjugaux, à la ligne d’écoute à destination des auteurs de violences, ou aux centres de prise en charge des auteurs de violences conjugales (CPCA).Ces dispositifs, nécessaires pour lutter contre la récidive, n’ont pas pour objet d’accompagner les victimes de violences. Aussi les financements […]
Quel est l’avis de la commission ?
Vous indiquez que les crédits du programme 137 visant à financer la prise en charge des auteurs de violence trouveraient mieux leur place au sein de la mission Justice, ce dont je ne suis pas certain. D’une part, la plateforme d’appel des auteurs de violence et les centres de prise en charge peuvent être mobilisés en dehors de la procédure judiciaire, d’autre part ces dispositifs visent à protéger les femmes contre les violences, notamment en leur permettant de rester chez elles, ce qui est une très bonne chose ; enfin, n’oublions pas que les crédits alloués au 39 19 et aux LEAO progressent en 2022 – je précise que tous ces dispositifs me paraissent complémentaires. Demande de retrait.
(L’amendement no 2141, repoussé par le Gouvernement, n’est pas adopté.)
La parole est à Mme Marie-Noëlle Battistel, pour soutenir l’amendement no 2167.
Cet amendement, qui va dans le même sens que le précédent, vise à octroyer 2 millions d’euros supplémentaires au 39 19, la plateforme téléphonique d’écoute, d’information et d’orientation à destination des victimes de violences et de leur entourage, dans le cadre de l’action 25 du programme 137. Selon le dernier bleu budgétaire, cette plateforme présente un taux d’appels traités en 2021 de 85 %, ce qui laisse 15 % des usagères sans réponse.S’il faut évidemment saluer les efforts du Gouvernement pour améliorer l’accueil téléphonique des usagères en détresse, ce qui a notamment permis, en juin 2021, l’évolution de la plateforme téléphonique vers un fonctionnement 24 heures sur 24, il nous semble essentiel que le taux d’appels traités en cible soit de 100 %, afin que toutes les femmes en détresse puissent trouver une écoute, un réconfort et une aide, notamment juridique, suite à des […]
(L’amendement no 2167, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)
Nous aurions bien aimé entendre Mme la ministre déléguée !
Vous souhaitiez dire quelque chose, madame la ministre déléguée ? Quand c’est le cas, il ne faut pas hésiter à vous manifester !
Oui, mais vous ne m’avez pas laissé le temps de le faire, monsieur le président…
Pardonnez-moi. Vous avez la parole.
Je voudrais m’arrêter un instant sur le 39 19, car c’est une ligne extrêmement importante pour les femmes victimes de violences. L’État a décidé de mettre en place un fonctionnement permanent afin que les femmes des territoires ultramarins puissent y avoir accès. Nous avons également souhaité que les femmes en situation de handicap – notamment les femmes malentendantes ou aphasiques – puissent y accéder. Depuis le 28 août dernier, cette ligne créée par la FNSF fonctionne sur l’ensemble du territoire, sept jours sur sept et vingt-quatre heures sur vingt-quatre.Cette mesure prioritaire, à laquelle nous étions très attachés, a nécessité un long travail conduit avec la FNSF – nous en avons déjà parlé –, et une convention pluriannuelle d’objectifs 2021-2023 a été conclue le 25 mai 2021. Pour atteindre cet objectif, 8,6 millions d’euros sont engagés par l’État sur une période de trois années. […]
La parole est à Mme Caroline Fiat, pour soutenir l’amendement no 1999.
Hélas, le 39 19 ne peut pas répondre à toutes les situations. Par cet amendement d’appel, nous demandons qu’un réel effort d’investissement soit mis en œuvre pour lutter activement contre les violences faites envers les femmes.Nous exhortons le Gouvernement à agir pour les femmes. Nous demandons que des moyens humains et financiers soient débloqués en urgence pour lutter réellement contre les violences faites aux femmes, qui sont systémiques et se retrouvent dans tous les milieux sociaux. Il est urgent de les combattre avec fermeté et de permettre aux victimes de faire valoir leurs droits dans les meilleures conditions.Il est nécessaire de développer des campagnes de sensibilisation permanentes, d’assurer les formations des professions concernées par ce combat, mais aussi de renforcer les systèmes d’hébergement d’urgence et de logements prioritaires, de lutter contre les violences […]
Très bien !
Quel est l’avis de la commission ?
Vous souhaitez ouvrir 1 milliard d’euros pour protéger les femmes de victimes de violences : ce sont 1,3 milliard d’euros qui seront dépensés par l’ensemble des ministères pour l’égalité entre les femmes et les hommes ; le budget du programme 137 a, quant à lui, doublé depuis 2017. Vous appelez au vote d’une loi : nous avons déjà voté quatre lois sur le sujet depuis 2018. Vous souhaitez des formations : depuis le Grenelle contre les violences conjugales, ce sont plus de 88 000 policiers et gendarmes qui ont été formés. Vous souhaitez des moyens pour protéger les femmes : ce sont 3 000 téléphones grave danger (TGD) qui ont été distribués aux femmes et 1 000 bracelets antirapprochement qui ont été mis à disposition des magistrats. Vous souhaitez des places d’hébergement pour les femmes : ce sont 1 000 places qui ont été créées en 2021 et surtout 30 centres de prise en charge des auteurs […]
Quel est l’avis du Gouvernement ?
Ayant déjà annoncé le quasi-doublement du budget du programme 137, j’ajouterai simplement que, dans le cadre de cette augmentation, une somme de 5,4 millions d’euros – ce qui correspond à 60 % de la somme que j’ai évoquée – sera affectée au renfort à la lutte contre les violences faites aux femmes. Elle permettra notamment de soutenir financièrement les associations qui agissent sur le terrain, au plus proche des victimes. Je suis donc défavorable à votre amendement.
La parole est à Mme Caroline Fiat.
Monsieur le rapporteur spécial, vous invoquez un chiffre tous budgets confondus. Or, quand une femme est prise en charge à l’hôpital, le montant des frais engagés pour ses soins relève du PLFSS, et non des crédits dont nous débattons actuellement.Moi je vous parle d’un appartement décent dans lequel une femme puisse arriver avec ses enfants – si possible dans le même quartier que celui où elle vit, afin que l’enfant ne change pas l’école –, mais pas d’un foyer ! Cela fait une différence, mais cela nécessite de l’argent. Madame la ministre déléguée, vous me répondez en évoquant 5 millions d’euros, alors que je vous parle de 1 milliard. Mon but n’est pas de dépenser des milliards comme ça. Le sujet est vraiment d’importance.Vous me parlez aussi de formation, monsieur le rapporteur spécial, en soulignant que les policiers ont été formés. Très bien. Mais les soignants, quand seront-ils […]
La parole est à Mme Albane Gaillot.
Nous sommes d’accord, monsieur le rapport spécial : nous avons bien entendu que le budget avait doublé, que des efforts étaient réalisés, que des formations étaient organisées, que le 39 19 était joignable vingt-quatre heures sur vingt-quatre et que des places avaient été créées dans les structures d’hébergement. Tout cela est très bien, mais poursuivons encore, amplifions la dynamique et allons beaucoup plus loin ! Il y a encore 225 000 femmes qui sont victimes chaque année de violences sexistes et sexuelles ; des centaines d’entre elles – 120 l’année dernière – meurent chaque année sous les coups de leur conjoint ; il y a encore 20 % d’écart salarial ; et des milliers de femmes sont encore tous les jours dans la rue. Encore aujourd’hui, une femme usagère de drogue est décédée à Paris, dans la rue, victime de sa précarité, victime parce que femme et victime parce que droguée. J’entends […]
La parole est à Mme la ministre déléguée.
Je partage évidemment votre sentiment sur cette question, mesdames les députées, mais je voudrais simplement rappeler que nous avons augmenté le nombre de places d’hébergement de 60 % ! (Mme Albane Gaillot s’exclame). Laissez-moi terminer s’il vous plaît. Il n’y a jamais eu autant de places ! Vous demandez 1 milliard d’euros, nous vous annonçons 1,3 milliard : à quel moment ne nous comprenons-nous pas ?
Tout est confondu !
Nous savons évidemment qu’il faut continuer d’avancer, mais aucun Gouvernement n’avait jusqu’alors doublé le budget du programme 137 en un quinquennat ! Pardon de le rappeler ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LaREM.) Une augmentation de 60 % du nombre de places d’hébergement ! Non seulement ces places sont plus nombreuses, mais nous avons aussi alloué plus de moyens à l’accompagnement des femmes et de leurs enfants. Reconnaissons déjà les progrès qui sont faits et regardons comment nous pouvons aller plus loin !
Les amendements nos 2140, 2135 et 2139 de Mme Albane Gaillot sont défendus.
(Les amendements nos 2140, 2135 et 2139, repoussés par la commission et le Gouvernement, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)
La parole est à Mme Perrine Goulet, pour soutenir l’amendement no 2195.
Au cours des auditions que Mme la rapporteure pour avis de la commission des affaires sociales a menées sur cette mission, nous avons entendu les représentants des missions locales, notamment sur la prise en charge des jeunes qui sortent de l’aide sociale à l’enfance et vont pouvoir bénéficier de la garantie jeunes. Or les représentants des missions locales considèrent que ce dispositif n’est pas totalement adapté aux jeunes qui sortent de l’ASE. La garantie jeunes a en effet un objectif d’insertion assez rapide dans l’emploi, alors que les jeunes issus de l’ASE ont parfois besoin d’un accompagnement supplémentaire. C’est la raison pour laquelle je propose de renforcer les crédits alloués aux missions locales, afin de les doter d’un personnel éducatif qui puisse accompagner les jeunes qui sortent de l’ASE – mais aussi peut-être d’autres jeunes qui se trouveraient en situation de rupture […]
Quel est l’avis de la commission ?
Je crois qu’il y a une confusion quant aux dispositifs financés par la nouvelle action 21 du programme 304, issue d’un transfert en provenance du programme 177 : il s’agit non pas des missions locales mais de plusieurs aides sociales à destination des personnes âgées ou en situation de handicap, résultant d’une compétence résiduelle de l’État en matière d’action sociale. Avis défavorable.
Quel est l’avis du Gouvernement ?
Il y a effectivement une confusion et ce n’est pas la bonne mission qui est visée.Sur le fond, s’agissant des jeunes sortant de l’ASE, je voudrais rappeler qu’un accord a été conclu entre l’Union nationale des missions locales (UNML), la Convention nationale des associations de protection de l’enfant (CNAPE), le Gouvernement et l’Assemblée des départements de France (ADF) dans le but de mieux accompagner l’insertion dans l’emploi des jeunes qui sortent de l’ASE. Le projet de loi relatif à la protection des enfants intègre aussi des dispositifs que vous connaissez bien, madame la députée. Enfin, je voudrais vous rappeler que nous avons créé 2 000 postes dans les missions locales au cours de l’année 2021.
La parole est à Mme Perrine Goulet.
Je n’ai pas bien compris ce que vous m’indiquiez, monsieur le rapporteur spécial, mais ce n’est pas l’essentiel. On dit depuis quelques mois que les missions locales doivent accueillir les jeunes sortant de l’ASE pour leur proposer la garantie jeunes. Vous étiez avec moi, madame la rapporteure pour avis, lorsque les missions locales nous ont indiqué que ces jeunes ne visaient pas seulement l’insertion dans l’emploi mais avaient sans doute aussi besoin d’un accompagnement plus long et différent.
Mais cela existe !
Je pourrais retrouver leurs propos, que j’avais pris précisément en notes. J’entends, monsieur le secrétaire d’État, que des postes ont été créés, mais les missions locales n’ont pas de personnel éducatif, alors qu’il serait intéressant qu’elles en aient. J’ai compris que je m’étais visiblement trompée de ligne budgétaire. Je retire donc mon amendement, mais nous pourrons reparler de ce que nous ont dit les missions locales, monsieur le secrétaire d’État, et regarder la façon dont elles prennent en charge les jeunes sortant de l’ASE.
(L’amendement no 2195 est retiré.)
Les dix amendements suivants de M. Ruffin sont-ils défendus, madame Fiat ?
Toute la série est défendue, pour vous être agréable ! (Sourires sur divers bancs.)
Merci madame Fiat, vous êtes super sympa ! Les amendements nos 2000, 1994, 2001, 1989, 2004, 1995, 1993, 1987, 1992 et 1991 de M. François Ruffin sont défendus.
(Les amendements nos 2000, 1994, 2001, 1989, 2004, 1995, 1993, 1987, 1992 et 1991, repoussés par la commission et le Gouvernement, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)
L’amendement no 1756 de Mme Valérie Six est défendu.
(L’amendement no 1756, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)
La parole est à Mme Sandrine Mörch, pour soutenir l’amendement no 2209.
Pendant les confinements et la crise sanitaire, c’est par l’aide alimentaire que les services de l’État, les associations ou moi-même avons pu entrer en contact avec des populations particulièrement pauvres et souvent invisibles. Les associations caritatives ont assuré et assurent encore un rôle essentiel dans le soutien et l’accompagnement des citoyens les plus vulnérables, par la distribution d’aide alimentaire et de produits d’hygiène. Celle-ci constitue une sorte de passeport pour aller vers les gens et répondre ensuite à leurs autres besoins. Je salue la hausse des moyens alloués à l’aide alimentaire et aux associations caritatives, notamment l’attribution de 100 millions d’euros, prévue dans le cadre du plan de relance, à la constitution d’un fonds d’aide aux associations de lutte contre la pauvreté.Peu de gens ont conscience du fait que l’aide alimentaire peut s’avérer vitale, en […]
Quel est l’avis de la commission ?
Je tiens en premier lieu à saluer le travail de la commission d’enquête pour mesurer et prévenir les effets de la crise du covid-19 sur les enfants et la jeunesse. S’agissant des moyens alloués à l’aide alimentaire, ils progressent. Les crédits nationaux, alloués aux épiceries sociales ainsi qu’à l’aide alimentaire nationale et déconcentrée, augmentent de 0,4 million d’euros. L’enveloppe du FSE+ – Fonds social européen – est en hausse de 60 millions d’euros sur la période 2021-2027 par rapport à la période 2014-2020, grâce à un cofinancement européen plus important, atteignant 90 %. Les campagnes du FEAD – Fonds européen d’aide aux plus démunis – pourront ainsi s’élever à environ 120 millions d’euros dès 2022, contre 75 à 90 millions par an sur la période précédente. Je demande le retrait de l’amendement.
Quel est l’avis du Gouvernement ?
Vous notez à juste titre, madame la députée, que les associations de lutte contre la précarité alimentaire ont joué un rôle essentiel pendant la crise et que la réponse du Gouvernement a atteint un niveau sans précédent pour les accompagner et autoriser l’accès de nos concitoyens les plus vulnérables aux biens de première nécessité – et leur permettre, en premier lieu, de se nourrir. Vous notez également que, grâce aux 100 millions d’euros de crédits du plan de relance, des réponses structurelles en matière de lutte contre la précarité alimentaire ont été mises en ?uvre. L’action du Gouvernement est également tournée vers l’amélioration de la qualité de l’offre alimentaire, au travers du programme national de l’alimentation et de la nutrition qui fixe un cap général pour cinq ans. Enfin, le dynamisme de l’emploi et la croissance sont les meilleurs leviers pour agir sur la pauvreté. Nous […]
(L’amendement no 2209 est retiré.)
La parole est à Mme Albane Gaillot, pour soutenir l’amendement no 2142.
La loi du 13 avril 2016 visant à renforcer la lutte contre le système prostitutionnel et à accompagner les personnes prostituées est essentielle. Les évaluations qui ont été menées dressent toutes le même constat : là où elle est appliquée, la loi produit ses effets.Le présent amendement apporte une pierre à cet édifice. Le projet de loi de finances prévoit d’augmenter de 700 000 euros le budget de l’aide financière à l’insertion sociale (AFIS) prévue pour les personnes qui se sont engagées dans un parcours de sortie de la prostitution. Cette augmentation vise toutefois à financer une hausse à venir du nombre de bénéficiaires, sans que soit modifié le montant de l’AFIS. Or celui-ci s’élève aujourd’hui à 330 euros et nous proposons de le revaloriser au niveau du RSA.La revalorisation de l’AFIS est recommandée par les associations de terrain. Le rapport de FACT-S – Fédération des acteurs […]
Quel est l’avis de la commission ?
L’AFIS est versée à des femmes engagées dans un parcours de sortie de la prostitution. Il est tout à fait légitime que celles-ci puissent bénéficier de la solidarité nationale et je suis parfaitement conscient de leur situation difficile. Il convient toutefois de rappeler que le montant de l’AFIS et a été fixé par équivalence avec l’allocation versée aux demandeurs d’asile. Les femmes concernées peuvent également bénéficier d’un accueil en foyer ou d’un hébergement adapté à leur situation, et sont prioritaires pour l’accès au logement social. Ces éléments expliquent que le montant de l’AFIS soit différent de celui du RSA. Un soutien particulier a été apporté à ces personnes durant la crise et d’autres pistes peuvent bien sûr être étudiées pour améliorer leurs conditions de vie. J’émets une demande de retrait de l’amendement ; à défaut, avis défavorable.
La parole est à Mme la ministre déléguée.
Même avis.
La parole est à M. Pierre Dharréville.
Je voudrais soutenir en quelques mots la proposition qui vient d’être défendue par Albane Gaillot, pour la raison qu’elle a évoquée : il faut déployer les moyens nécessaires pour accompagner les femmes qui sortent de la prostitution. Tout ce qui a été dit au sujet du montant de l’aide doit être pris en compte. J’ajoute que le Parlement avait prévu, dans la loi du 13 avril 2016, plusieurs dispositions qui mériteraient d’être évaluées dans leur ensemble afin de dresser un bilan et de déterminer la façon dont nous pouvons avancer. Il semblerait en effet que toutes les dispositions prévues n’aient pas été appliquées comme elles auraient dû l’être.
La parole est à Mme Albane Gaillot.
En effet, je souhaite compléter cette loi de 2016 afin qu’elle puisse être réellement appliquée. Il faut pour cela une volonté politique et des moyens : nous – moi-même, les associations, le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCEFH) – ne pouvons nous satisfaire de l’argument selon lequel les personnes qui sortent du système prostitutionnel perçoivent le même montant – 330 euros –que les demandeurs d’asile. Elles ont besoin d’un accompagnement spécifique pour se réinsérer, et chacun conçoit bien que 330 euros, c’est très peu. Bien sûr, il ne s’agit pas d’augmenter tous les minima, mais nous pourrions suivre cette recommandation qui, je le répète, émane des associations, du HCEFH et du terrain.
La parole est à Mme la ministre déléguée.
Vous avez raison : la somme peut paraître faible. Je voudrais toutefois préciser qu’en plus de l’AFIS, un logement est mis à la disposition des personnes concernées – dans les conditions réglementaires d’accès au parc locatif –, quand elles ne sont pas accueillies en foyer ou hébergées d’une autre manière, adaptée à leur situation.Je porte à ce sujet une telle attention que nous avons décidé d’instaurer un comité de suivi, dont la première réunion a eu lieu il y a quelques mois, afin de faire en sorte que davantage de femmes entrent dans ce processus. En outre, à la suite de l’impulsion que nous avons donnée à celui-ci, les crédits alloués à l’AFIS augmenteront de 300 000 euros en 2022 pour atteindre un montant total de 1,5 million, ce qui permettra d’accompagner des bénéficiaires dont le nombre – nous pouvons nous en réjouir – est également en hausse. Je confirme donc les propos de M. […]
Sur les crédits de la mission, je suis saisi par le groupe La République en marche d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à Mme Perrine Goulet, pour soutenir l’amendement no 2196.
Si l’on ne peut qu’être satisfait des crédits consacrés à la lutte contre la prostitution, le bleu révèle qu’il s’agit essentiellement de celle des majeurs. Cet amendement vise donc à créer une ligne budgétaire correspondant à la lutte contre la prostitution des mineurs, fléau en pleine expansion, qui laisse les parents désarmés. Les associations du secteur auraient notamment besoin de crédits leur permettant de financer des formations. Tel est l’objet de cet amendement.
Quel est l’avis de la commission ?
En effet, d’après un rapport remis en juillet au Gouvernement, 7 000 à 10 000 mineurs se trouveraient en situation de prostitution, ce qui est inquiétant et nécessite que nous agissions. Un plan gouvernemental de lutte contre ce phénomène, en cours d’élaboration, doit être présenté cet automne : je laisse le secrétaire d’État préciser la date.
Quel est l’avis du Gouvernement ?
Madame la députée, je commencerai par vous remercier de votre intérêt pour ce sujet de la plus haute importance. Les mineurs tombés dans la prostitution sont en grand danger : cela justifie la mobilisation de tous les acteurs de la protection de l’enfance. Un rapport contenant une centaine de propositions en ce sens a effectivement été remis en juillet, je crois, au secrétaire d’État chargé de l’enfance et des familles, M. Adrien Taquet ; ces préconisations sont en cours d’expertise par les administrations concernées, afin d’élaborer un plan d’action que M. Taquet présentera le 15 novembre. Bien sûr, le Gouvernement s’investit totalement dans cette cause, et nous nous engageons à ce que, le moment venu, ce plan soit intégralement financé. Je vous remercierai de retirer votre amendement ; à défaut, avis défavorable.
(L’amendement no 2196 est retiré.)
La parole est à Mme Caroline Fiat, pour soutenir l’amendement no 1998.
Il vise à permettre à M. le Président de la République de tenir, avant la fin du quinquennat, même tardivement, l’une de ses promesses, puisqu’il s’était engagé à ce qu’il n’y ait plus de sans-abri dans notre pays lorsqu’arriverait le 31 décembre 2017. Or il en reste encore au moins 30 000. Nous proposons donc une ligne budgétaire qui permettrait que tous soient hébergés en 2022.
(L’amendement no 1998, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)
L’amendement no 2003 de M. François Ruffin est défendu.
(L’amendement no 2003, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)
La parole est à Mme Albane Gaillot, pour soutenir l’amendement no 2138.
Cet amendement vise à accroître de 2,4 millions d’euros le budget des espaces de vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS). Ces structures rendent en effet des services indispensables en matière de santé sexuelle et de sexualité : information concernant les droits, entretiens préalables à une interruption volontaire de grossesse (IVG), éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle, promotion de l’égalité entre filles et garçons, puis entre femmes et hommes. Le projet de loi de finances prévoit d’augmenter leurs moyens de 700 000 euros, et je salue cette avancée importante ; toutefois, selon les associations spécialisées, il faudrait au dispositif un financement annuel pérenne de 6,4 millions, estimation fondée sur les budgets prévisionnels des EVARS appartenant au réseau du Planning familial. Cela leur permettrait de créer les emplois nécessaires – conseillers conjugaux […]
Quel est l’avis de la commission ?