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VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Rejeté Amendement n°CL157 · article premier · déposé le 27 octobre 2022

I. – À la fin de la première phrase de l’alinéa 141, substituer aux mots

Dispositifce que le texte ajouterait

I. – À la fin de la première phrase de l’alinéa 141, substituer aux mots :

« sous réserve des spécificités de la police judiciaire »

les mots :

« à l’exception de la police judiciaire qui est soustraite à l’autorité du Préfet ».

II. – En conséquence, à la première phrase de l’alinéa 142, supprimer les mots :

« police judiciaire ; ».

Exposé sommaire L'argument de l'auteur

« Cet amendement du groupe socialistes et apparentés vise à soustraire la police judiciaire à la départementalisation sous l'autorité du préfet prévue par le rapport annexé au projet de loi d'orientation et de programmation du ministère de l'intérieur. »

« Cette réorganisation a été expérimentée dans les territoires d'outre-mer ainsi que dans huit départements de l'hexagone depuis janvier 2022 et le Gouvernement envisage aujourd'hui de généraliser cette expérimentation sans que l'on en connaisse les résultats. »

« Or, de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer une réforme qui risque de porter atteinte à l'efficacité de notre police judiciaire. L'opposition à cette réforme n'est pas seulement le fait des policiers eux-mêmes, mais également de personnalités de l'ordre judiciaire. François Molins, procureur général près la Cour de cassation déclarait à cet égard : « Cette réforme est porteuse d’un certain nombre de danger ». Aurélien Martini, membre du bureau de l’USM et vice-procureur au tribunal judiciaire de Melun expliquait : « Avec la disparition de la PJ telle qu’elle existe aujourd’hui, c’est-à-dire cette police très spécialisée, extrêmement mobile et qui se consacre exclusivement aux investigations de »

« haut vol, nous courons un réel danger de voir se renforcer considérablement sur le territoire une criminalité de type mafieuse, extrêmement »

« structurée ». »

« Il apparait ainsi nécessaire de s'opposer à cette nouvelle organisation afin de maintenir les caractéristiques qui font de la police judiciaire un des plus beaux fleurons de notre police nationale. »

« Enfin, les auteurs du présent amendement s'opposent par principe au placement de la police judiciaire sous l'autorité du Préfet en raison des exigences d'indépendance qui doivent rester attachées à cette police compte tenu de ses missions. »

« Les termes du très récent communiqué de presse du Conseil supérieur de la magistrature sont à cet égard édifiants : "Le Conseil supérieur de la magistrature fait part de sa profonde préoccupation face au projet de réforme tendant à placer la police judiciaire sous l'autorité du directeur départemental de la police nationale, lui-même dépendant du préfet.Le Conseil tient à rappeler que toute réforme touchant à la police judiciaire dans un État de droit doit respecter un ensemble de garanties, corollaires indispensables du principe d’indépendance de l’autorité judiciaire : »

« - la direction et le contrôle de la police judiciaire par les magistrats, directeurs »

« d’enquête constitutionnellement garants des libertés ; »

« - le libre choix du service d’enquête par les magistrats du parquet et les juges »

« d’instruction ; »

« - la définition et la mise en œuvre des politiques pénales sur les territoires par les »

« procureurs généraux et les procureurs de la République ; »

« - le respect du secret de l’enquête et de l’instruction" »

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Le sort
Rejeté

Sort arrêté le 3 novembre 2022.
Pas de scrutin public identifié pour cet amendement.