Le dispositif de cet amendement n'est pas publié dans l'open data.
« Par cet amendement, les députés du groupe LFI-NFP souhaitent alerter sur les besoins de financement de l’aide alimentaire dans notre pays. »
« Entre la crise sanitaire, la crise inflationniste des dernières années et la poursuite d’une politique néolibérale générant inégalités et pauvreté ; la précarité alimentaire a explosé dans notre pays. Le nombre de personnes se tournant vers les banques alimentaires a triplé en 10 ans, passant de 820 000 en 2011 à 2,4 millions en 2022. 37% des français seraient concernées par une ou plusieurs vulnérabilités liées à l’alimentation contre 11% en 2015. 1 français sur 5 déclare avoir eu faim sans pouvoir manger au cours de l’année 2023. »
« Au-delà des grands agrégats statistiques, la faim est une réalité vécue par des citoyennes et des citoyens aux profils très divers. Ce sont des retraités qui ne parviennent pas à manger correctement à cause de pensions trop faibles ; ce sont des parents isolés, quasiment toujours des femmes, qui se battent simplement pour nourrir leurs enfants ; ce sont des jeunes, des étudiants, qui galèrent avec parfois moins d’un euro par jour ; ce sont des travailleuses et des travailleurs pauvres en CDD, en Intérim et même de plus en plus souvent en CDI qui n’arrivent plus à vivre de leur travail. Ce sont donc des pans entiers du peuple qui aujourd’hui souffre de la faim. »
« Les gouvernements successifs n’ont absolument pas pris conscience de l’ampleur du phénomène et se sont perpétuellement défaussés sur les associations jusqu’à ce que celles-ci se retrouvent débordées comme l’a montré la situation intenable des Restos du Cœur qui, l’hiver dernier, ont dû refuser des bénéficiaires. L’actuel pouvoir ne fait pas exception. Les crédits attribués à l’aide alimentaire ne doivent augmenter que de 1,95% en 2025. 92% de cette hausse sera annulée par l’inflation. En euros constant l’évolution dépasse donc à peine les 200 000€. 200 000€ de plus pour des millions de françaises et de français qui ont faim. Ce n’est pas une politique publique, c’est un renoncement à la dignité humaine. »
« Il est donc urgent d’augmenter massivement les sommes allouées à l’aide alimentaire. Bien sûr, la lutte contre la faim passe également par des politiques de plus long terme, à commencer par une meilleure répartition des richesses pour stopper la scandaleuse dynamique des inégalités. Cependant, l’aide alimentaire est une réponse urgente et humaine absolument indispensable dans la situation actuelle. »
« C’est pourquoi cet amendement vise à abonder l’action 14 « Aide alimentaire » du programme 304 « Inclusion sociale et protection des personnes » à hauteur de 50 millions d’euros en AE et CP. Pour respecter les règles de recevabilité financière, il est nécessaire de prélever 50 millions de l’action 12 « Allocations et aides en faveur des personnes handicapées » du programme 157 « Handicap et dépendance ». »
« Nous invitons bien entendu le gouvernement à lever le gage. Les politiques visant à protéger les citoyennes et les citoyens des conséquences de l’extrême-pauvreté ne sauraient rentrer en concurrences les unes avec les autres. »
Le texte visé sur assemblee-nationale.fr →Sort arrêté le 5 novembre 2024.
Pas de scrutin public identifié pour cet amendement.