Séance du 8 novembre 2021 /// n°53 /// 522 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 15e législature · session Session ordinaire 2021-2022

Séance du 8 novembre 2021 — 53e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Annie Genevard.

522prises de parole
38orateurs
15points à l'ordre du jour

Verbatim Le compte rendu

Tours 1 à 200 sur 522 — page 1 / 3.

Annie Genevard president · DR #2

La séance est ouverte.

#3

(La séance est ouverte à quinze heures.)

Seconde partie (suite)

Annie Genevard president · DR #7

L’ordre du jour appelle la suite de la discussion de la seconde partie du projet de loi de finances pour 2022 (nos 4482, 4524).

Économie ; investissements d’avenir ; engagements financiers de l’État (suite)

Annie Genevard president · DR #9

Nous poursuivons l’examen des crédits des missions Économie et Investissements d’avenir, ainsi que des crédits relatifs aux comptes de concours financiers Accords monétaires internationaux et Prêts et avances à des particuliers ou à des organismes privés, puis des crédits de la mission Engagements financiers de l’État et des crédits des comptes spéciaux Participation de la France au désendettement de la Grèce, Participations financières de l’État et Avances à divers services de l’État ou organismes gérant des services (no 4524, annexes 14, 19 à 22 et 43 ; no 4527, tomes VII à XI ; no 4526, tome VI ).

Après l’article 42 (suite)

Annie Genevard president · DR #11

Ce matin, l’Assemblée a commencé l’examen d’une série d’amendements portant article additionnel après l’article 42 et rattachés à la mission Économie, s’arrêtant à l’amendement no 2734.La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de l’industrie, pour le soutenir.

article Après_ 42 · amendement 2734
Agnès Pannier-Runacher ministre déléguée chargée de l’industrie · EPR #12

Il vise à prolonger de six mois supplémentaires, jusqu’au 30 juin 2022, le dispositif des prêts participatifs destiné aux petites entreprises, en particulier à celles dont le bilan financier et les fonds propres ont été fragilisés par la crise sanitaire. Rappelons que les prêts participatifs ciblent tout particulièrement les entreprises qui ne peuvent pas bénéficier d’un prêt garanti par l’État (PGE).

La parole est à M. Xavier Roseren, rapporteur spécial de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire, pour donner l’avis de la commission.

Xavier Roseren rapporteur spécial de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire · HOR #14

La prolongation du dispositif des prêts participatifs m’apparaît tout à fait logique pour assurer le soutien des entreprises. La commission n’a pas examiné cet amendement, mais j’y suis donc bien évidemment favorable à titre personnel.

La parole est à M. Éric Coquerel.

Les députés du groupe La France insoumise estiment qu’une prolongation de six mois n’est pas suffisante et que sa durée devrait être portée à deux ans. Le Gouvernement et le ministre de l’économie, des finances et de la relance, Bruno Le Maire, ont beau vanter les résultats mirifiques de l’économie, la croissance retrouvée, le niveau de l’emploi plus haut que jamais et la baisse de la pauvreté, je n’y crois pas. Je conteste une partie des chiffres qu’ils avancent car ils ne reflètent pas la réalité de notre pays. La perte de richesses engendrée par la crise sanitaire pendant deux ans et, probablement, pendant les mois à venir – nous verrons ce que dira demain soir le chef de l’État, mais, de toute évidence, cette épidémie n’est pas derrière nous –, nécessite de donner aux toutes petites entreprises une visibilité supérieure à six mois. C’est également la raison pour laquelle nous avons […]

#17

(L’amendement no 2734 est adopté.)

· ADOPTION amendement (main levée) adt
Annie Genevard president · DR #18

La parole est à M. le rapporteur spécial, pour soutenir l’amendement no 2733.

article Après_ 42 · amendement 2733
Xavier Roseren rapporteur spécial · HOR #19

Les activités de BPIFrance ont connu une forte croissance dans le cadre de la mise en œuvre du plan de relance – je veux d’ailleurs saluer le travail de la banque publique d’investissement pendant cette période de crise économique. BPIFrance conduit des activités à la fois pour son compte propre et pour le compte de tiers. Le Parlement doit avoir une vision claire de ces activités et de l’action de la banque dans sa globalité. Dans une optique de contrôle, l’amendement no 2733 prévoit l’ajout d’un rapport annexé au projet de loi de finances, rendant compte au Parlement des relations financières entre l’État et BPIFrance. Ce rapport annexé permettrait de retracer l’ensemble des financements publics alloués à BPIFrance et fournirait au Parlement des informations complètes sur ses activités financières.Avec ma collègue Valéria Faure-Muntian, également rapporteure spéciale sur la mission […]

#21

(L’amendement no 2733, accepté par le Gouvernement, est adopté.)

· ADOPTION amendement (main levée) adt
Annie Genevard president · DR #22

La parole est à Mme Anne-Laure Blin, rapporteure pour avis de la commission des affaires économiques, pour soutenir l’amendement no 2438.

article Après_ 42 · amendement 2438
Anne-Laure Blin rapporteure pour avis de la commission des affaires économiques · DR #23

Cet amendement, qui demande la remise au Parlement d’un rapport dressant le bilan du fonctionnement des services en ligne créés par l’État afin de permettre aux entreprises d’accomplir à distance les formalités nécessaires à leur activité, s’inscrit dans la continuité des travaux que j’ai conduits dans le cadre de mon rapport pour avis sur la mission Économie, « Développement des entreprises et régulations », au nom de la commission des affaires économiques.Les auditions ont montré que les entreprises sont demandeuses d’une harmonisation des services permettant d’effectuer les formalités relatives à leur activité et que l’État a avancé dans sa réflexion sur la création de guichets numériques. Malheureusement, nous ne disposons toujours pas d’éléments concrets sur le fonctionnement de ces différents portails. Tel est le sens du rapport proposé par le présent amendement.

Quel est l’avis de la commission ?

Xavier Roseren rapporteur spécial · HOR #26

Nous attachons une grande importance à la dématérialisation et à la numérisation des services aux entreprises. Vous demandez un rapport évaluant l’efficacité des services en ligne de l’État du point de vue des besoins des entreprises, notamment les plus petites. Toutefois, cette thématique ne me paraît pas devoir relever d’un projet de loi de finances. Elle mériterait, en revanche, de faire l’objet d’une évaluation des parlementaires dans le cadre d’une mission d’information. Avis défavorable à titre personnel.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Agnès Pannier-Runacher ministre déléguée · EPR #28

La question posée par l’amendement – l’accès des entreprises aux dispositifs numériques, leur efficacité et leur ajustement le cas échéant – est légitime, mais elle intervient soit trop tôt, soit trop tard. Le 1er janvier 2023, vous le savez, tous les dispositifs existants – le portail Guichet entreprises et les démarches en ligne proposées par les sites Autoentrepreneur et Infogreffe – seront remplacés par un guichet unique piloté par l’Institut national de la propriété industrielle (INPI), auquel nous devons laisser le temps d’élaborer le nouveau dispositif et de mesurer son efficacité. Avis défavorable.

La parole est à M. Sébastien Jumel, rapporteur pour avis de la commission des affaires économiques.

Sébastien Jumel rapporteur pour avis de la commission des affaires économiques · GDR #30

Il n’est jamais trop tôt ou trop tard pour évaluer l’efficacité d’une politique publique !J’ai déjà eu l’occasion de vous le dire, madame la ministre déléguée, et je veux le redire publiquement : vous avez, pendant la crise, manifesté une grande détermination dans votre volonté d’être au chevet des entreprises ; nous devons tous les reconnaître. Les critiques que nous formulons à l’encontre du Gouvernement ne portent pas tant sur sa mobilisation que sur l’efficacité de cette mobilisation, les contrôles exercés ou les contreparties exigées – soit autant de sujets légitimes à alimenter le débat démocratique.Je constate, en revanche, que selon la taille ou l’expertise de l’entreprise, la présence d’une chambre de commerce capable de la soutenir, les compétences de la préfecture ou de la sous-préfecture en matière d’ingénierie et de conseil, bref selon l’écosystème dans lequel elle évolue […]

La parole est à Mme Anne-Laure Blin, rapporteure pour avis.

Anne-Laure Blin rapporteure pour avis · DR #35

Madame la ministre déléguée, l’INPI aura certes l’initiative en 2023, mais, comme vient de le dire M. Jumel, il n’est jamais trop tôt ou trop tard pour dresser le bilan d’un dispositif.Monsieur le rapporteur spécial, vous avez peut-être lu le second paragraphe de l’amendement, mais pas le premier : le rapport demandé viserait à dresser le bilan du fonctionnement des services en ligne créés par l’État. Comme je l’ai dit dans mon intervention liminaire, le soutien financier de l’État est important pour les entreprises, mais elles ont aussi besoin de dispositifs lisibles et compréhensibles qu’elles maîtrisent. Or on s’aperçoit, quand on va à la rencontre des chefs d’entreprise, qu’ils ne savent pas où trouver l’information sur les services à leur disposition et les aides auxquelles ils ont droit. C’est donc à nous, parlementaires, de les informer au mieux, afin qu’ils puissent identifier […]

#37

(L’amendement no 2438 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt

Sur l’amendement no 2389, je suis saisie par le groupe La République en marche d’une demande de scrutin public.Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à Mme Anne-Laure Blin, rapporteure pour avis, pour soutenir l’amendement no 2442.

Anne-Laure Blin rapporteure pour avis · DR #40

Il résulte également des travaux qui ont présidé à l’élaboration de mon rapport pour avis et demande un rapport au Gouvernement pour dresser le bilan de l’application de la réforme des pôles Entreprises, emploi et économie, qui aboutit aujourd’hui à la création des services économiques de l’État en région. Nous savons combien il est important pour les entreprises de connaître ces services. Il serait donc utile que le Gouvernement donne aux parlementaires les moyens d’évaluer l’impact de la réforme sur les missions d’appui aux filières stratégiques, la politique d’innovation et la transformation numérique dans les territoires, ainsi que sur la prévention des difficultés et le soutien aux restructurations d’entreprises.

Quel est l’avis de la commission ?

Xavier Roseren rapporteur spécial · HOR #42

La création des services économiques de l’État en région a, en effet, constitué une réforme d’ampleur. Ces services ont joué, et jouent toujours, un rôle essentiel dans la mise en œuvre du plan de relance. Au risque de vous décevoir une nouvelle fois, je suis toutefois défavorable, à titre personnel – car la commission n’a pas examiné l’amendement –, à cette demande de rapport. Il est prématuré de vouloir tirer un bilan de cette réforme.

#43

(L’amendement no 2442, repoussé par le Gouvernement, n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Annie Genevard president · DR #44

La parole est à Mme Anne-Laure Blin, rapporteure pour avis, pour soutenir l’amendement no 2443.

article Après_ 42 · amendement 2443
Anne-Laure Blin rapporteure pour avis · DR #45

Comme les précédents, il résulte des travaux que j’ai menés dans le cadre de mon rapport pour avis. Avec cet amendement, j’ouvre de nouveau le débat sur le Fonds d’intervention pour les services, l’artisanat et le commerce (FISAC). Il serait opportun que le Gouvernement informe les parlementaires, par la remise d’un rapport, sur les ressources et l’efficacité des aides apportées par l’État en remplacement des aides du FISAC. Le Gouvernement a déjà mentionné les programmes Action cœur de ville et Petites villes de demain, mais nous lui demandons de détailler l’intégralité des moyens déployés.

Quel est l’avis de la commission ?

Xavier Roseren rapporteur spécial · HOR #47

Je ne reprendrai pas les arguments que j’ai développés ce matin sur le FISAC. Avis défavorable à titre personnel.

#48

(L’amendement no 2443, repoussé par le Gouvernement, n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt

Mission Investissements d’avenir (état B)

Annie Genevard president · DR #50

J’appelle les crédits de la mission Investissements d’avenir, inscrits à l’état B.La parole est à Mme la ministre déléguée, pour soutenir l’amendement no 2389 du Gouvernement.

Agnès Pannier-Runacher ministre déléguée · EPR #52

Cet amendement, que j’ai déjà présenté lors de mon intervention liminaire, est important : il vise à abonder la mission Investissements d’avenir des moyens destinés à financer le plan France 2030. Tout en s’inscrivant dans la continuité du quatrième programme d’investissements d’avenir (PIA), ce plan marque une rupture du point de vue de l’ambition et des moyens déployés pour la création de nouvelles filières industrielles.Il vise un double objectif. Le premier est la décarbonation de la France et il est, je crois, partagé sur l’ensemble des bancs de cette assemblée. Au total, 15 milliards d’euros seront consacrés à la décarbonation des mobilités, des processus industriels et des exploitations agricoles.Cette enveloppe financera également la création de nouvelles filières d’avenir, qui permettront à la France de se positionner sur le marché des technologies, de retrouver sa souveraineté […]

La parole est à M. Fabrice Brun, suppléant Mme Marie-Christine Dalloz, rapporteure spéciale de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire, pour donner l’avis de la commission.

Fabrice Brun suppléant Mme Marie-Christine Dalloz, rapporteure spéciale de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire · DR #58

C’est en effet avec beaucoup de plaisir que je supplée notre collègue Marie-Christine Dalloz, dont je ne saurais toutefois égaler l’expertise s’agissant de ces PIA – c’est un sujet complexe, de l’aveu même de notre rapporteur général.Je commencerai par faire mienne la mise en garde du président de la commission des finances, Éric Woerth : attention à l’enchevêtrement des plans – PIA, plan de relance, France 2030 ! Le Gouvernement doit clarifier leur articulation, leur évaluation et leur gouvernance.Je voudrais également souligner le caractère quelque peu ahurissant d’un tel amendement : introduite il y a quelques jours seulement, cette modification de dernier instant représente à elle seule près de 10 % des dépenses du PLF en autorisations d’engagement. On comprend mieux l’avis formulé par le Haut Conseil des finances publiques (HCFP), qui a jugé incomplet le projet de loi de finances […]

Vous êtes nombreux à avoir demandé la parole. Le sujet est d’importance, certes, mais je vais demander à chacun d’être assez bref.La parole est à M. Éric Coquerel.

Le sujet est en effet important : 34 milliards ! Or l’amendement n’a même pas été examiné en commission, si bien que nous n’avons pas pu poser les questions qu’appelle un engagement d’une telle ampleur.Votre manière de faire me fait penser à du marketing : même quand la mention « 100 % français » figure en gros caractères sur un produit, il vaut mieux regarder dans le détail s’il n’a pas été assemblé dans un autre pays… De même, ce qui vous importe, c’est ce que vous vendez aux gens, ce qu’ils vont entendre. Et avec 34 milliards d’investissements annoncés, ils ne peuvent qu’être impressionnés. Mais aussitôt, des questions se posent sur le détail de ces crédits ? Par exemple, quelle part de ces 34 milliards consiste en des sommes déjà votées, en particulier dans le cadre des PIA successifs ? D’ailleurs, si on fait le calcul, 34 milliards d’euros sur cinq ans correspondent précisément au […]

La parole est à Mme Valérie Rabault, rapporteure spéciale de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire.

Valérie Rabault rapporteure spéciale de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire · SOC #74

Nous voterons en faveur de votre proposition, tant il est essentiel d’investir pour l’avenir. Cependant, de nombreuses questions restent en suspens. Vous rendez-vous compte qu’il s’agit de l’amendement le plus cher de la Ve République ? Un investissement d’une telle ampleur devrait presque faire l’objet d’un projet de loi à lui tout seul. En le proposant par voie d’amendement, vous donnez l’impression de vouloir le cacher !

Anne-Laure Blin rapporteure pour avis · DR #75

Oui, évidemment !

Valérie Rabault rapporteure spéciale · SOC #76

Une telle manière de procéder est inouïe.Deuxièmement, il faut préciser si ce plan d’investissements prendra la forme de subventions à des projets ou d’un financement direct par l’État. L’an dernier, nous avions critiqué ici même votre choix de subventionner à hauteur de 250 millions d’euros l’installation de bornes de recharge pour véhicules électriques, tandis qu’au même moment, l’Allemagne dépensait 3 milliards pour construire 1 million de bornes, y compris sur les autoroutes – la France est tout de même le seul pays à ne pas avoir de bornes de recharge sur ses autoroutes ;…

Anne-Laure Blin rapporteure pour avis · DR #78

C’est vrai !

Valérie Rabault rapporteure spéciale · SOC #79

…or si nous voulons développer la voiture électrique, il en faut ! Vous pouvez les chercher sur les autoroutes françaises : vous n’en trouverez pas une seule.Pour résumer, s’agit-il de subventions à des projets, à hauteur de 20, 30 ou 40 % du montant total d’investissement, ou bien comptez-vous assumer l’ensemble de la dépense liée à chaque infrastructure ?Mon troisième point concerne les secteurs que vous avez sélectionnés. L’année dernière, en septembre 2020, nous avions qualifié votre plan de relance de « fourre-tout » ; c’était un plan à 113 mesures, qui englobait jusqu’au replantage de haies ! Replanter des haies, ça n’a pourtant jamais créé d’effet d’entraînement pour l’économie.

Et la biodiversité ?

Valérie Rabault rapporteure spéciale · SOC #83

La biodiversité n’a pas pour effet de relancer l’économie : cela n’a rien à faire dans un plan de relance !

Anne-Laure Blin rapporteure pour avis · DR #84

Oui, ce n’est pas le même sujet !

C’est positif !

Valérie Rabault rapporteure spéciale · SOC #86

Je ne dis pas le contraire, mais les mots ont un sens : relancer l’économie suppose de créer un véritable effet de levier. Nous nous réjouissons que vous ayez ciblé un nombre de secteurs bénéficiaires plus restreint que l’an dernier, mais j’observe que les douze secteurs clés identifiés dans le rapport « Faire de la France une économie de rupture technologique », rédigé par un collège d’experts présidé par M. Benoît Potier et qui vous a été remis en mars 2020, ne se trouvent pas tous dans votre plan, loin de là ! Je pense notamment aux projets concernant la souveraineté numérique européenne. Vous dites que ce sujet vous tient à cœur, mais vous déposez un amendement qui n’en fait pas mention ! Il n’y a rien dedans ! C’est tout de même un manque de respect absolu.Quand on veut créer un plan d’investissements digne de ce nom, on dresse la liste des projets prévus, on détermine les délais […]

La parole est à M. Sébastien Jumel, rapporteur pour avis.

Sébastien Jumel rapporteur pour avis · GDR #89

Tout d’abord, sur la forme, tout le monde l’a dit : vous vous asseyez sur le Parlement. C’est d’ailleurs devenu une habitude de la part du Gouvernement – même si nous, nous ne nous y habituons pas. Quand j’étais môme, il y avait une série que j’adorais – peut-être certains l’ont-ils connue aussi ; ça s’appelait L’Homme qui valait trois milliards,…

Sébastien Jumel rapporteur pour avis · GDR #91

…dont le personnage principal pouvait courir plus vite que tout le monde ou porter des charges très lourdes. J’y croyais, alors, avant que l’on ne m’explique que c’était du baratin, une série de fiction. Mes rêves de môme se sont envolés… Et voilà que l’on découvre, en la personne d’Emmanuel Macron, l’homme qui valait trente milliards !

Valérie Rabault rapporteure spéciale · SOC #92

Là, c’est la femme !

Sébastien Jumel rapporteur pour avis · GDR #93

En effet, c’est plutôt vous, l’héroïne, madame la ministre déléguée, grâce à cet amendement de dernière minute. Hélas, j’ai désormais peine à croire ce à quoi je croyais quand j’étais môme, et le risque est grand que les 30 milliards annoncés pour France 2030 soient en réalité un rebasage du PIA, plutôt que de véritables sommes supplémentaires.Certes, on ne peut pas se dire contre les objectifs affichés :…

Laurent Saint-Martin rapporteur général de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire · LaREM #95

Ah !

Sébastien Jumel rapporteur pour avis · GDR #96

…décarboner l’industrie ou regagner des éléments de souveraineté industrielle. Et demain il fera peut-être beau s’il ne pleut pas !

Anne-Laure Blin rapporteure pour avis · DR #97

Ce sont de telles lapalissades, c’est évident !

Sébastien Jumel rapporteur pour avis · GDR #98

Comment être en désaccord avec ces vérités de La Palice ? Mais au-delà des annonces, il faut s’intéresser au fond, et voici ce qu’on peut craindre : le saupoudrage des sommes considérées ; l’absence d’une vision sur le long terme, pourtant nécessaire pour accompagner le développement d’un véritable État stratège – notamment pour rattraper des années et des années de renoncement en matière industrielle ; et des zones d’ombre, par exemple concernant l’éventuelle prolongation du dispositif Territoires d’industrie, puisqu’aucune annonce n’est faite à ce sujet. Cela peut paraître anecdotique, mais je crois pour ma part beaucoup en l’intelligence des territoires et des acteurs qui y évoluent. L’éventuelle territorialisation du plan France 2030 est une zone d’ombre que je voulais souligner.On pourrait dire beaucoup de choses à ce sujet, mais je n’ai que deux minutes ; je vous renvoie à la […]

La parole est à M. Laurent Saint-Martin, rapporteur général de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire.

Laurent Saint-Martin rapporteur général de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire · LaREM #102

Bien sûr, c’est un amendement très important ; il l’est du fait de son montant, tout à fait exceptionnel, mais aussi par les engagements et les promesses qu’il comporte. Il est donc normal que chacun puisse prendre la parole pendant quelques minutes pour donner son avis.

Sébastien Jumel rapporteur pour avis · GDR #103

Merci, Seigneur, de nous octroyer ce droit !

Laurent Saint-Martin rapporteur général · LaREM #105

Sur la forme, étant comme vous parlementaire, je reconnais qu’il y a des choses à redire. Mais vous ne pouvez pas, monsieur Jumel, regretter que le Gouvernement ait pris le temps de la concertation – quitte à ce que ce plan n’apparaisse pas dans le texte initial du PLF, ce que je regrette comme vous – et lui reprocher d’agir à la va-vite : c’est l’un ou l’autre !Alors c’est vrai, nous en débattons – pour ce qui est des crédits budgétaires associés, en tout cas – par voie d’amendement. Mais vous savez, je préfère que nous disposions d’un plan bien ficelé, bien préparé, à même de préparer la voie vers une France plus compétitive et plus écologique, capable enfin de remporter de futurs matchs dans la compétition mondiale, plutôt que d’être contraints à voter des crédits mal calibrés dans le texte initial. D’ailleurs, mes chers collègues, si la méthode était si mauvaise, si « amendement » […]

Rien contre la pauvreté !

Laurent Saint-Martin rapporteur général · LaREM #109

C’est en cela que l’enjeu de gouvernance prend tout son sens, et il est vrai que ces questions sont essentielles. Le projet que nous engageons cet après-midi, en votant 34 milliards d’autorisations d’engagement et 3,5 milliards de crédits de paiement, peut réussir ou échouer en fonction des choix de gouvernance futurs. Nous ne devons pas répéter les erreurs commises avec les PIA. M. Brun l’a bien dit – se faisant ainsi le porte-parole de Mme Dalloz, qui a longtemps travaillé avec brio sur le sujet : nous devions saisir l’occasion offerte par le plan France 2030 pour repenser la gouvernance. Il est essentiel de créer une vraie culture de la prise de risques technologiques dans ce pays – même s’il faut aussi savoir s’arrêter à temps et rediriger les crédits quand c’est nécessaire. À cet égard, le secrétariat général pour l’investissement (SGPI) peut s’avérer un outil efficace pourvu que […]

Comment voulez-vous obtenir l’unanimité, alors que nous ne pouvons pas débattre ?

Laurent Saint-Martin rapporteur général · LaREM #112

Vous êtes les premiers à dire qu’il faut investir, nous le faisons avec cet amendement.

Anne-Laure Blin rapporteure pour avis · DR #113

Nous avons le droit de poser des questions !

Laurent Saint-Martin rapporteur général · LaREM #114

Bien sûr, des interrogations demeurent. C’est pour cela que j’aimerais que la ministre déléguée nous dise si, comme que je le souhaite, les parlementaires seront associés à la construction de cette nouvelle gouvernance. Je pense en particulier aux membres du Comité de surveillance des investissements d’avenir – quatre députés et quatre sénateurs – ainsi qu’aux présidents et rapporteurs généraux des commissions des finances du Sénat et de l’Assemblée nationale.

Huit personnes : ce n’est pas ça, le Parlement !

Laurent Saint-Martin rapporteur général · LaREM #116

Le Gouvernement doit entendre nos interrogations et nos souhaits pour que demain, les nouveaux investissements d’avenir soient un succès. (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.)

La parole est à M. le président de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire.

Éric Woerth président de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire · EPR #118

Je voterai ces crédits, et je pense que M. Brun et Mme Dalloz partagent cette ligne. Ils s’inscrivent dans le droit fil des autres plans investissements : le plan France 2030 intervient à la suite du plan d’urgence et du plan de relance, tout en visant le plus long terme. Il prolonge les programmes d’investissements d’avenir créés par Nicolas Sarkozy.Mme Rabault a noté à raison qu’il s’agit de l’amendement le plus cher de la Ve République ; 35 milliards d’autorisations d’engagement, ce n’est pas rien. Nous sommes les champions du monde du dépôt d’amendements en dernière minute :…

Valérie Rabault rapporteure spéciale · SOC #120

Ah, ça !…

Éric Woerth président de la commission des finances · EPR #121

…cette année, le Gouvernement en a déposé plusieurs dizaines, et de toute nature. Soit c’est la conséquence d’une actualité particulière riche qui met à mal l’idée même de loi de finances, soit le Gouvernement cherche une autre façon de faire, ou craint que le Sénat ne rejette tout en bloc, lui interdisant de proposer des amendements par la suite, soit il n’était pas prêt. Je peux comprendre que l’on ait besoin de plus de temps en situation de crise, mais le Parlement a bien du mal à y voir clair.Je voterai ces crédits car nous avons besoin de visibilité et nous devons pouvoir oser – je partage les propos du Président de la République lors de sa conférence de presse à ce sujet. La question est dans l’art de l’exécution. Les PIA, après de nombreuses années, ne sont exécutés qu’à 50 % du montant global autorisé. L’échéance de 2030 est proche, comment pourrons-nous améliorer l’exécution […]

La parole est à M. Stéphane Viry.

Ce débat est très important. Le sujet a certes été brièvement évoqué ce matin lors de la discussion générale, mais avec des interventions de deux minutes sur un amendement à 34 milliards d’euros, la seconde d’intervention vaut près de 300 millions… Vous comprendrez, madame la ministre déléguée, que le Parlement s’interroge sur la façon dont ces crédits seront dépensés. J’ai écouté M. Brun avec attention et je rejoins son analyse, et ses réserves, largement partagées au sein de l’hémicycle. Quid de l’utilisation concrète des crédits, du rôle des opérateurs de l’État, de la stratégie ? Nous ne pouvons vous signer un chèque en blanc.Un tel amendement ne peut que confirmer le reproche d’insincérité adressé à ce PLF. Je déplore à mon tour que le Parlement soit ainsi maltraité : les travaux préparatoires sont mis de côté, et on nous demande seulement de nous prononcer pour ou contre […]

Quelles seront les dépenses ? On ne sait pas !

La parole est à Mme Anne-Laure Cattelot.

Cette enveloppe budgétaire remarquable constitue un étage important de la fusée que nous lançons pour atteindre la neutralité carbone en 2050, l’un des grands défis que nous devons relever. Pour atteindre cet objectif, il faut décarboner l’industrie, et ce plan prévoit justement une baisse des émissions de 35 %.Je connais bien la filière forêt et bois, à laquelle il est prévu de consacrer 500 millions d’euros. De tels investissements sont sans équivalent depuis trente ans. Ils ont pour but de créer les emplois verts que tout le monde réclame en ce début de campagne électorale. C’est du concret : 3 milliards d’euros de valeur ajoutée, ne serait-ce que pour la filière de la construction en bois, en dix ans. C’est monumental ! Enfin, nous appuyons sur l’accélérateur.Depuis des années, nous évoquons les murs entre le monde de la recherche et celui des entreprises. Il est enfin proposé de […]

Sébastien Jumel rapporteur pour avis · GDR #134

Vous croyez vraiment à votre propre histoire ?

Ariane 6 est un programme fondamental, mais les lanceurs spatiaux sont fabriqués aux États-Unis. Il faut investir dans l’industrie spatiale, il nous faut la capacité de construire les lanceurs.Dans le Nord comme en Seine-Maritime, on veut ces jobs, on veut cette création de valeur ! On ne veut pas qu’elle soit réservée à SpaceX et aux Américains, on veut que ce soit en France ! Voilà ce qu’incarne France 2030 ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.)

La parole est à M. Pierre-Alain Raphan.

Sébastien Jumel rapporteur pour avis · GDR #138

Deux milliards et demi pour le spatial, c’est du pipi de chat !

Non, monsieur Jumel, ce sont près de 5 milliards.

Sébastien Jumel rapporteur pour avis · GDR #140

C’est que dalle !

Selon Peter Drucker, la meilleure façon de prédire l’avenir, c’est de le créer. Grâce à cet amendement et au plan France 2030, c’est ce que nous allons pouvoir faire.On nous demande des exemples concrets : prenez le cas de la robotique. On entend souvent dire que les robots détruisent l’emploi, c’est en fait l’inverse. Aux États-Unis, entre 2010 et 2015, le nombre de robots a augmenté de 60 000, celui des emplois nets de 230 000. En Allemagne, en 2015, il y a eu 93 000 robots de plus et 93 000 emplois nets de plus. Les investissements dont nous discutons servent à cela.Dans le secteur du New Space, les microlanceurs envoient des nanosatellites qui vont fournir des données aux très petites, petites et moyennes entreprises ou aux agriculteurs pour optimiser leur fonctionnement quotidien. Ils vont alimenter la recherche et aider les collectivités à la prise de décision. On peut le prévoir […]

Sébastien Jumel rapporteur pour avis · GDR #144

Avec vous, demain matin, nous prendrons le petit-déjeuner sur la lune !

Je peux vous citer, monsieur Woerth, un exemple de projet financé par les PIA. À Saclay, ils ont permis de financer NeuroSpin, le centre d’imagerie par résonance magnétique le plus puissant, qui permet d’observer au plus profond du corps humain et d’y découvrir des choses que nous ignorions. Nicolas Sarkozy a joué sa partition à ce sujet, la majorité actuelle voit plus loin encore. La technologie va plus vite que nous, essayons de la rattraper en adoptant une vision encore plus puissante, pour nos emplois et un futur meilleur. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.)

Quel rapport avec l’amendement ?

La parole est à Mme Anne-Laure Blin, rapporteure pour avis.

Anne-Laure Blin rapporteure pour avis · DR #148

Évidemment, nous ne pouvons pas prétendre qu’il n’est pas pertinent d’investir pour la France de demain. Mais il est extraordinaire que nous ne puissions pas poser la moindre question ! Quand vous présentez un amendement à hauteur de 34 milliards, je me demande quel en sera l’impact sur le terrain. Or compte tenu des grands axes que vous avez cités, nous n’identifions pas de répercussions très concrètes pour nos entreprises.Votre doctrine du « en même temps » vous entraîne dans toutes les directions. Avant France 2030, vous avez voté la loi du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire, qui aura pour effet de tuer la filière française des fruits et légumes : nos producteurs, qui n’ont désormais plus le droit d’utiliser du plastique, seul moyen dont ils disposent pourtant pour emballer leurs produits, vont être submergés par la concurrence […]

Huguette Tiegna rapporteure pour avis de la commission des affaires économiques · RE #151

Si !

Anne-Laure Blin rapporteure pour avis · DR #152

J’en parle en connaissance de cause puisqu’il existe dans ma circonscription une entreprise qui recycle l’aluminium. Or son projet, comme tant d’autres, n’a pas été retenu, alors qu’il est pourtant de nature à créer un cercle vertueux.Vous voulez créer des emplois dans un grand nombre de secteurs tels que les satellites ou l’espace. Très bien. Mais que répondez-vous aux entreprises de notre territoire qui, dans divers secteurs, n’arrivent pas à recruter pour des métiers en tension ? Pourront-elles, avec votre plan de relance France 2030, recruter des personnes qui auront été formées ?

Fabrice Brun suppléant Mme Marie-Christine Dalloz, rapporteure spéciale · DR #154

C’est une vraie question !

Anne-Laure Blin rapporteure pour avis · DR #155

Il faudrait pour cela que nous mettions en place des politiques adéquates qui valorisent le travail et le retour dans l’entreprise et non des politiques qui rendent possible le maintien dans une forme d’assistanat.Nous vous posons ces questions car elles nous semblent pertinentes si l’on souhaite agir dans les prochaines années en faveur de nos entreprises et de la compétitivité de la France.

La parole est à M. François Ruffin.

L’amendement qui nous est présenté mériterait dix débats sur chacun des enjeux qui seront ceux de la France en 2030, de la santé à l’énergie en passant par l’agriculture ou les transports.Surtout, un grand débat est nécessaire afin de déterminer la solution que nous appelons de nos vœux pour lutter contre le changement climatique. Faut-il changer nos modes de vie ou miser sur l’innovation technologique ? À cet égard, je regrette l’absence du ministre de l’économie, des finances et de la relance mais aussi celle de la ministre de la transition écologique. En effet, le plan France 2030 nous est présenté comme la réponse de notre pays à la crise climatique. Je signale que, d’après un sondage qui vient d’être rendu public, 55 % des Français estiment que la réponse réside dans un changement de nos modes de vie tandis que 21 % comptent sur l’innovation technologique.Surtout, voici les […]

La parole est à Mme Huguette Tiegna, rapporteure pour avis de la commission des affaires économiques.

Huguette Tiegna rapporteure pour avis de la commission des affaires économiques · RE #165

Si nous investissons dans l’avenir, c’est d’abord parce que nous devons réfléchir dès aujourd’hui aux réponses qu’il faut apporter. Malheureusement, les gouvernements successifs n’ont pas anticipé la nécessité d’investir dans des solutions innovantes.

Sébastien Jumel rapporteur pour avis · GDR #166

Ce n’est pas gentil pour Emmanuel Macron !

Huguette Tiegna rapporteure pour avis · RE #167

Avec le plan France 2030, nous fixons une date proche mais qui laisse une marge de manœuvre à nos chercheurs mais aussi aux start-up car il faut au moins sept ans pour développer un produit très innovant et aboutir à un résultat.Par définition, l’innovation suppose que l’on se laisse la possibilité d’échouer et de se remettre en selle. Nous discutons d’un amendement qui, selon certains, est le plus cher du quinquennat. Il faut s’en réjouir car de tels amendements n’avaient pas été déposés jusqu’à présent. Moi qui viens du secteur de l’innovation, je peux témoigner du fait que les start-up et les chercheurs ont souvent demandé au Gouvernement de leur donner de la visibilité en matière de financement afin qu’ils puissent innover.

Éric Woerth président de la commission des finances · EPR #169

On a déjà versé 60 milliards de PIA !

Huguette Tiegna rapporteure pour avis · RE #170

Face à la crise à laquelle nous avons été confrontés, ceux qui ont résisté – vous l’avez bien vu dans le secteur de l’aéronautique – sont ceux qui avaient des projets dans le domaine de l’innovation ou des marchés dans le domaine militaire parce que, dans ces secteurs, on sait anticiper.La mission Investissements d’avenir est dotée de financements suffisants pour nos recherches, pour l’innovation de rupture mais aussi pour l’innovation liée à la transition écologique. À ce sujet, je rappelle à ceux qui ont dit que la question des haies n’était pas importante…

C’est important ! Les arbres et les arbustes, c’est essentiel !

Huguette Tiegna rapporteure pour avis · RE #173

…que les entreprises peuvent aussi planter des haies dans le cadre de la décarbonation et que l’agroécologie est une manière pour l’agriculture de se refaire une beauté. Nous avons besoin d’investir dans ces pistes de recherche.Aujourd’hui je crois que nous souhaitons tous la même chose. Si nous tergiversons, c’est peut-être parce que les uns ont fait des propositions et les autres non.Par ailleurs, comme je l’ai dit en commission des affaires économiques, le fait de rassembler les PIA dans une seule mission,…

Éric Woerth président de la commission des finances · EPR #176

C’est déjà le cas !

Huguette Tiegna rapporteure pour avis · RE #177

…renommée Investir pour la France de 2030, favorisera leur contrôle par le Parlement. Comme l’a souligné notre collègue Saint-Martin, nous aurons l’occasion d’analyser tout cela…

Quand et comment ? Nous n’avons pas la réponse !

Huguette Tiegna rapporteure pour avis · RE #179

…et de contrôler l’action du Gouvernement en la matière. En attendant, réjouissons-nous et votons massivement pour cet amendement du Gouvernement. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LaREM.)

La parole est à Mme la ministre déléguée.

Agnès Pannier-Runacher ministre déléguée · EPR #181

Je souhaite répondre avec la plus grande précision à vos interrogations, sachant que plusieurs éléments ont déjà été donnés, notamment dans le cadre de l’exposé de cet amendement, qui liste de façon assez détaillée l’ensemble des thématiques concernées.Vous le savez, le plan proposé est fondé sur une vision et sur des ambitions partagées au plus haut niveau de l’État puisque le Président de la République a lui-même exposé dans un discours de deux heures chacune de ces ambitions.S’agissant des montants, la réponse est assez simple puisque c’est précisément l’objet de l’amendement que nous vous proposons de voter. Il vise en effet à abonder 34 milliards d’euros de crédits, dont 30 milliards de crédits budgétaires et 4 milliards de fonds propres. Il s’agit de façon très claire de crédits complémentaires et non de recyclage. Il n’y a donc aucune ambiguïté sur le caractère massif de cet […]

Mais on ne vote pas 34 milliards de crédits, on vote des autorisations d’engagement !

Agnès Pannier-Runacher ministre déléguée · EPR #185

Je me réjouis d’ailleurs que personne n’ait contesté la nécessité de se mobiliser et d’investir de la sorte. J’entends des interrogations, parfaitement légitimes, concernant les modalités d’application ou le contrôle du Parlement,…

Moi, je conteste ! (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LaREM.)

Monsieur Ruffin, s’il vous plaît !

On écoute la ministre !

N’en rajoutez pas, monsieur Benoit !

Agnès Pannier-Runacher ministre déléguée · EPR #190

…mais vous êtes globalement d’accord sur le principe et sur le montant des crédits.Le plan France 2030 se situe dans la continuité des PIA, que vous votez et contrôlez chaque année. Des dispositifs d’évaluation et d’application vous sont régulièrement proposés, huit parlementaires faisant partie du comité de surveillance des investissements d’avenir.De même, l’articulation entre le plan France 2030 et les politiques menées aujourd’hui est parfaitement fluide – je pense par exemple aux stratégies d’accélération en matière d’alimentation saine et durable et d’agro-industrie, présentées, vendredi dernier, par Frédérique Vidal, Julien Denormandie et moi-même. Je tenais à vous rassurer sur ce point.Le choix des thématiques résulte d’une large concertation, qui s’est d’abord appuyée sur les travaux du pacte productif. Je rappelle que nous avons travaillé pendant près d’un an avec l’ensemble […]

Anne-Laure Blin rapporteure pour avis · DR #198

Comment ?

Tout ça, ce sont des mots !

Agnès Pannier-Runacher ministre déléguée · EPR #200

Et nous soutenons particulièrement celles qui disposent des meilleures solutions d’innovation mais pas forcément des meilleurs services de relations publiques car nous souhaitons précisément que ce plan profite aux acteurs des territoires. Cela devrait d’ailleurs se faire assez naturellement dans la mesure où 70 % des sites industriels se situent dans des villes de moins de 20 000 habitants.J’en arrive à la question de la gouvernance. M. Woerth l’a rappelé avec justesse, la difficulté est de sélectionner les projets les plus innovants en acceptant le risque de l’échec.Nous avons bien sûr eu recours à des solutions qui ont déjà fait leurs preuves. Nous savons ainsi, depuis les précédents PIA, que la démarche sélective, la recherche de l’excellence ou la transparence sont des facteurs de réussite et qu’il faut s’associer avec des experts – en diversifiant leur profil – chargés de proposer […]

Valérie Rabault rapporteure spéciale · SOC #208

Ils étaient faibles !

Agnès Pannier-Runacher ministre déléguée · EPR #209

Ils atteignaient tout de même l’équivalent des crédits de paiement que vous vous apprêtez à voter.

Valérie Rabault rapporteure spéciale · SOC #210

Non !

Agnès Pannier-Runacher ministre déléguée · EPR #211

Ce n’est donc pas seulement l’épaisseur du trait.Lorsque j’annonce qu’ils ont été déployés, je ne veux pas simplement dire que nous avons confié des enveloppes à des opérateurs publics – qui font leur travail, là n’est pas le problème : les crédits ne sont comptabilisés comme exécutés qu’au moment où l’entreprise voit son projet financé, c’est-à-dire lorsqu’elle reçoit un document attestant que l’État s’engage à financer une partie de son projet, ce qui lui permet de le dérouler au rythme voulu. Vous le savez, les processus d’innovation, qui incluent des phases d’étude et de recherche suivies de phases de mise en œuvre, peuvent demander plusieurs années : ce qui compte, pour un industriel ou pour un chercheur, c’est de sécuriser l’ensemble de son budget, afin de pouvoir avancer.C’est ce que nous faisons à travers cet amendement. Je tiens à saluer ce qui me semble ressortir de l’ensemble […]

Et le bilan du Grand plan d’investissement (GPI), on ne le connaîtra pas !

Annie Genevard president · DR #215

Je mets aux voix l’amendement no 2389.

#216

(Il est procédé au scrutin.)

Annie Genevard president · DR #217

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 50 Nombre de suffrages exprimés 50 Majorité absolue 26 Pour l’adoption 48 Contre 2

#218

(L’amendement no 2389 est adopté.)

Annie Genevard president · DR #219

Je suis saisie de deux amendements identiques, nos 2444 et 2515.La parole est à M. Stéphane Viry, pour soutenir l’amendement no 2444.

article Après_ 42 · amendement 2444

D’un mot, il vise à accorder des crédits d’investissement aux entreprises artisanales. Je ne reviendrai pas sur les débats de ce matin relatifs à la suppression du FISAC, mais il n’en demeure pas moins que les entreprises de proximité ont besoin de fonds pour financer leur développement et leur adaptation au numérique.Nous considérons donc qu’il est nécessaire, dans une logique d’aménagement du territoire et d’équité territoriale, de créer un fonds national d’aide à l’innovation des entreprises artisanales, qui en ont bien besoin. Des objectifs très concrets pourraient lui être assignés, comme la transition numérique, la protection de la propriété intellectuelle – puisque les métiers concernés demandent des savoir-faire spécifiques –, ou encore la valorisation de biens et d’actifs immatériels.Tel est le sens de cet amendement, qui compléterait les solutions apportées par l’État pour […]

Annie Genevard president · DR #223

La parole est à M. Pierre Morel-À-L’Huissier, pour soutenir l’amendement identique no 2515.

article Après_ 42 · amendement 2515

Comme le précédent, il vise à créer un fonds d’innovation afin d’accompagner les entreprises artisanales. L’un des problèmes majeurs auquel se heurtent ces dernières concerne le financement de leur développement et de leur adaptation aux mutations de l’économie, en particulier de leur transformation numérique.Les outils financiers existants sont, en effet, souvent inadaptés au modèle économique des petites entreprises, en raison de seuils de chiffres d’affaires et de tickets d’entrée souvent trop élevés. Cette situation freine la croissance des entreprises artisanales, alors même que ce secteur présente un potentiel de développement et d’innovation exceptionnel.

Quel est l’avis de la commission sur ces amendements ?

Fabrice Brun suppléant Mme Marie-Christine Dalloz, rapporteure spéciale · DR #227

Vous souhaitez créer un fonds d’innovation pour les entreprises artisanales, afin de leur permettre de s’adapter aux mutations de l’économie et à la transformation numérique. Je suis d’accord : la modernisation du modèle économique de l’artisanat représente un enjeu essentiel pour la compétitivité de la France. Créer un nouveau dispositif ad hoc présente donc un intérêt.En revanche, je ne suis pas convaincu par l’idée consistant à disperser les crédits du PIA et du plan France 2030 en créant un nouveau programme. Un tel dispositif trouverait davantage sa place, me semble-t-il, dans la mission Économie. Il renvoie effectivement aux débats sur le FISAC – malheureusement improductifs – qui nous ont occupés ce matin.J’émets donc un avis de sagesse à titre personnel, la commission n’ayant pas examiné ces amendements.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Agnès Pannier-Runacher ministre déléguée · EPR #231

Je ne reviendrai pas non plus sur la discussion de ce matin, au cours de laquelle je crois avoir longuement détaillé les raisons pour lesquelles ces amendements ne me semblent pas appropriés. Demande de retrait ; à défaut, avis défavorable.J’ajoute simplement, une nouvelle fois, que nous sommes parfaitement conscients de l’importance du tissu artisanal et commercial pour notre territoire. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’en plus de présenter un projet de loi en faveur de l’activité professionnelle indépendante, que le Parlement examine en ce moment, nous avons investi très fortement au service de ces professions – j’ai mentionné ce matin les 180 millions d’euros dédiés aux foncières de commerce et à la numérisation des petites entreprises, ainsi que le fonds pour le recyclage des friches, qui leur bénéficie également.

#233

(Les amendements identiques nos 2444 et 2515 ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts
Annie Genevard president · DR #234

La parole est à Mme Huguette Tiegna, rapporteure pour avis, pour soutenir les amendements nos 346 et 347, qui peuvent faire l’objet d’une présentation groupée.

article Après_ 42 · amendement 346 et 347
Huguette Tiegna rapporteure pour avis · RE #235

Le programme 425 Financements structurels des écosystèmes d’innovation est abondé à hauteur de 11 millions d’euros en autorisations d’engagement et de 495 millions d’euros en crédits de paiement au titre du PIA 4. En analysant les stratégies d’accélération des filières de l’hydrogène et des batteries dans le cadre de la rédaction de mon rapport pour avis, j’ai constaté combien la recherche est au cœur des innovations techniques.Dans le cadre du plan Batteries, la France s’est déjà dotée d’un laboratoire d’excellence (LABEX) qui lui permet d’être innovante. Elle est également en pointe dans le domaine de la recherche en chimie. Or les procédés d’hydrolyse nécessaires à l’obtention d’un hydrogène décarboné relèvent précisément de ce secteur.C’est pourquoi il est proposé, dans l’amendement no 346, d’abonder de 10 millions d’euros les crédits de l’action 01 Programmes et équipements […]

Quel est l’avis de la commission ?

Fabrice Brun suppléant Mme Marie-Christine Dalloz, rapporteure spéciale · DR #240

Par l’amendement no 346, vous proposez de créer un laboratoire d’excellence dans le domaine de l’hydrogène. Je rappelle que la stratégie nationale consacrée à l’hydrogène dans le cadre du PIA 4 est déjà dotée de 7 milliards d’euros et qu’il est prévu de renforcer de 2,3 milliards d’euros les crédits alloués au développement de l’hydrogène décarboné dans le cadre du plan France 2030.S’agissant de l’amendement no 347, si je comprends tout à fait le problème de financement des start-up que vous avez identifié au cours de vos travaux, votre proposition me semble quelque peu manquer de logique. Le PIA 4 a précisément été créé pour prolonger une grande partie des investissements réalisés dans le cadre du PIA 3 – par ailleurs en voie de décélération –, en adoptant une architecture simplifiée. L’action 02 du programme 425 couvre en outre l’ensemble des outils d’aide à l’innovation destinés aux […]

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Agnès Pannier-Runacher ministre déléguée · EPR #244

Demande de retrait ou avis défavorable. Le rapporteur spécial suppléant a bien rappelé les termes du débat. Ces amendements, au fond, visent à mettre l’accent sur des questions qui, je le crois, nous tiennent tous à cœur : celles de l’hydrogène décarboné et de l’accès des start-up et des petites entreprises aux financements publics qui leur permettront d’aller au bout de leurs processus d’innovation. Les crédits déjà consacrés à ces thèmes dans le cadre du plan France 2030 et du PIA permettent cependant d’atteindre ces objectifs.S’agissant de l’hydrogène décarboné, qui fait l’objet de l’amendement no 346, le plan France 2030 prévoit ainsi de consacrer 2,3 milliards d’euros pour, entre autres choses, compléter la stratégie hydrogène. Comme le Gouvernement l’a annoncé, un programme prioritaire de recherche piloté par le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) […]

Vos amendements sont-ils maintenus, madame Tiegna ?

Huguette Tiegna rapporteure pour avis · RE #248

Je remercie la ministre déléguée pour sa réponse. Je tenais à alerter le Gouvernement sur la situation de certaines start-up qui éprouvent d’importantes difficultés pour obtenir des financements, mais il semblerait que vous les ayez prises en considération. Je suivrai bien sûr l’avancée de ces dossiers avec vigilance. Je retire mes amendements.

#249

(Les amendements nos 346 et 347 sont retirés.)

Annie Genevard president · DR #250

La parole est à M. François Ruffin, pour soutenir l’amendement no 1015.

article Après_ 42 · amendement 1015

Emmanuel Macron, alors candidat à la présidence de la République, promettait : « nous supprimerons les passoires énergétiques […] en dix ans ». La France comptant 7 millions de passoires énergétiques, il faudrait en supprimer 700 000 par an. Jusqu’ici, nous nous fixions – sans l’atteindre – un objectif de 80 000 rénovations annuelles, objectif depuis revu à la baisse et ramené à 20 000. À ce rythme, il faudrait donc 350 ans – plus de trois siècles ! – pour supprimer l’ensemble des passoires énergétiques.Nous estimons que la France de 2030 devrait être un pays débarrassé des passoires thermiques et que nous tenons là une démarche triplement gagnante : gagnante pour les ménages qui verraient leur facture s’alléger – ce qui compte d’autant plus lorsque les prix du gaz et du fioul connaissent des hausses exponentielles ; gagnante pour la planète, puisque le chauffage représente un tiers des […]

La parole est à M. Fabrice Brun, suppléant Mme Marie-Christine Dalloz, rapporteure spéciale.

Fabrice Brun suppléant Mme Marie-Christine Dalloz, rapporteure spéciale · DR #255

J’espère que vous ne souffrirez pas trop d’entendre l’avis d’un rapporteur spécial suppléant qui fait sûrement partie des « moins lettrés de cet hémicycle », monsieur le député.

Fabrice Brun rapporteur spécial suppléant · DR #257

Vous nous avez taquinés ce matin : je me permets de le faire en retour.Je partage votre objectif en matière de rénovation thermique des logements. En Ardèche, nous avons un dicton, qui veut que « tout ce qui double ne perd pas ; tout ce qui triple commence à gagner ». La rénovation thermique permet en effet de faire d’une pierre trois coups, puisqu’elle est bonne à la fois pour l’emploi et les artisans, notamment du secteur du BTP, pour le portefeuille des Français et pour la planète.Vous semblez cependant vouloir mener un débat sur le plan de relance, alors que nous examinons les crédits du PIA destinés à financer les projets innovants, et pas autre chose. Vous évoquez par exemple le dispositif MaPrimeRénov’. Cet amendement trouverait donc davantage sa place dans les missions Écologie, développement et mobilités durables ou Plan de relance. Avis défavorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Agnès Pannier-Runacher ministre déléguée · EPR #261

Avis défavorable, pour les raisons mentionnées par le rapporteur spécial suppléant.

#262

(L’amendement no 1015 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Annie Genevard president · DR #263

La parole est à M. François Ruffin, pour soutenir l’amendement no 1144.

article Après_ 42 · amendement 1144

Nous avons tout de même besoin de réponses sur le fond, madame la ministre déléguée, qu’il s’agisse de l’ambition en baisse du Gouvernement en matière de rénovation thermique ou, comme ici, de fret ferroviaire.Je rappelle qu’un camion pollue, à volume transporté égal, dix fois plus qu’un train, soit quatre-vingt-deux grammes d’émissions de CO2 par tonne-kilomètre au lieu de huit grammes. Dans le plan France relance, les mesures en faveur du ferroviaire sont pourtant dérisoires, tout comme elles vont l’être dans le plan France 2030, en comparaison des mesures de soutien aux secteurs polluants tels l’aéronautique et l’automobile, auxquelles s’ajoutent des niches fiscales sur le gazole pour le transport de marchandises. Dans France 2030, la seule mesure prévue en faveur de la décarbonation des transports concerne les avions bas-carbone annoncés pour 2030, alors que le PDG d’Airbus ne […]

Quel est l’avis de la commission ?

Fabrice Brun suppléant Mme Marie-Christine Dalloz, rapporteure spéciale · DR #267

Il s’agit là à nouveau d’un amendement d’appel créant un nouveau programme, doté de 1 euro, en l’occurrence pour développer le fret ferroviaire. Je note que, dans le cadre du PIA4, un appel à manifestation d’intérêt a été ouvert en juillet 2021 pour décarboner et digitaliser le fret ferroviaire, permettant de consacrer à cette activité jusqu’à 250 millions d’euros. Rappelons en outre que le PLF prévoit la reprise de la deuxième tranche de la dette de SNCF-Réseau à hauteur de 10 milliards d’euros ; que nous avons voté en première partie, notamment à l’initiative du président de la commission des finances, Éric Woerth, la suppression de deux taxes pesant exclusivement sur l’activité TGV de la SNCF et dont le rendement s’élevait tout de même à 240 millions d’euros ; et que le plan de relance consacre 250 millions d’euros au développement du fret ferroviaire. L’avis est donc défavorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Agnès Pannier-Runacher ministre déléguée · EPR #269

Je crois que le Gouvernement a déjà répondu sur le fond : il mène une politique des plus exigeantes et ambitieuses en matière de rénovation thermique, et en cela, il se distingue de ses prédécesseurs. Sans doute le moment s’y prête-t-il, je n’en disconviens pas, mais c’est tout de même la réalité. De toute façon, cette question relève d’une autre mission. Je rappelle qu’il y aura eu cette année plus de 450 000 aides au titre de MaPrimeRénov’, loin des 20 000 que vous mentionnez, monsieur Ruffin.Le Gouvernement accomplit les efforts de décarbonation qui sont nécessaires pour notre pays, aucun de ses prédécesseurs, je le répète, n’en a fait autant. C’est important de le rappeler. Il ne s’agit pas de pratiquer l’autosatisfaction mais de savoir que nous faisons de notre mieux pour permettre à l’ensemble des activités humaines – et pas uniquement économiques – d’être le moins possible […]

La parole est à M. Sébastien Jumel, rapporteur pour avis.

Sébastien Jumel rapporteur pour avis · GDR #273

J’entends tous les jours des discours d’autosatisfaction, mais je crois tout de même que la période qu’on traverse, y compris au plan économique et social, invite à plus d’humilité. De même que c’est à la fin de la foire qu’on compte les bouses,…

Sébastien Jumel rapporteur pour avis · GDR #275

…on verra le moment venu les résultats économiques, sociaux et territoriaux de votre majorité qui a saccagé pas mal de choses. Si je prends l’exemple des 2,5 milliards d’euros de crédits consacrés à l’aérospatiale au regard des besoins de financement du Centre national d’études spatiales ou encore de l’ONERA – l’Office national d’études et de recherches aérospatiales –, on a bien envie de demander à Thomas Pesquet, à son retour sur la planète Terre, ce que signifient pour lui des investissements d’avenir pour l’aérospatiale… En la matière, on est loin de pouvoir se taper sur le ventre et de tomber dans l’autosatisfaction.Quant à l’amendement de François Ruffin, il tire les conséquences que 250 millions d’euros inscrits sur l’innovation en matière de fret ferroviaire, c’est du pipi de chat, c’est que dalle (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LaREM) compte tenu de l’enjeu qu’est […]

La parole est à M. François Ruffin.

Madame la ministre déléguée, vous vous référez à MaPrimeRénov’, mais la Cour des comptes elle-même estime que ce n’est pas un instrument suffisant pour parvenir à une véritable rénovation thermique. Elle considère que « la vérification de la qualité et de l’efficacité des travaux en matière de lutte contre les passoires thermiques et la précarité énergétique n’est pas assurée ». Elle précise que ce dispositif induisant « des travaux simples et souvent uniques tels que le changement de chauffage ou l’isolation des fenêtres ne favorise pas le bouquet de travaux complémentaires qui permettraient souvent d’éliminer les passoires thermiques ». La Cour des comptes a également noté qu’« aucun gain de consommation énergétique minimal n’est requis » pour que s’applique MaPrimeRénov’. Il s’agit donc bien d’une politique du chiffre et non pas d’une politique de rénovation globale pour mettre […]

#280

(L’amendement no 1144 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Annie Genevard president · DR #281

La parole est à M. François Ruffin, pour soutenir l’amendement no 1160.

article Après_ 42 · amendement 1160

Je me suis rendu à Frontignan, dans l’entreprise PRISM, qui fabrique des masques et dont le patron est le président du syndicat des fabricants français de masques. Il m’a exprimé son désarroi en ces termes : « On reçoit beaucoup de compliments ! La préfecture, le département, ils sont très fiers de nous. Les parlementaires, le maire, ils sont tous venus nous visiter. […] On a même touché 700 000 euros d’Industries du futur. Mais pour les achats, ils ne regardent que le prix. Les hôpitaux, les pompiers et surtout les consommateurs achètent tous chinois. Ça nous tue. Et c’est vrai que nos masques sont à peu près deux fois plus chers. »Vous savez, madame la ministre, que ces difficultés ne touchent pas que cette entreprise, il y a les mêmes chez Barral en Alsace et à la Coop des masques en Bretagne : c’est toute la filière qui est mise en difficulté. L’État, il faut le reconnaître, a mené […]

Quel est l’avis de la commission ?

Fabrice Brun suppléant Mme Marie-Christine Dalloz, rapporteure spéciale · DR #285

Nous avons tous déploré la faiblesse de nos capacités de production de masques au début de la crise. Je ne reviens pas sur le fait que les masques ont été d’abord jugés inutiles quand nous n’en avions pas, puis indispensables le jour où on en a eu. Je constate que la pénurie n’est plus d’actualité. J’ai moi-même interrogé ici même, il y a quelques jours, le ministre Véran qui a confirmé devant la représentation nationale que le stock national de 1 milliard de masques avait bien été reconstitué. Mais je crois que vous avez raison, mon cher collègue, de faire la promotion du masque français, que pour ma part je porte avec beaucoup de fierté.Concernant plus largement l’enjeu des relocalisations, je pense que nous sommes tous d’accord sur l’urgence d’agir, et que cela dépend de notre capacité à structurer de nouvelles filières et à créer des emplois dans diverses parties du territoire. Cet […]

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Agnès Pannier-Runacher ministre déléguée · EPR #288

C’est un amendement d’appel, mais qui pointe une réelle difficulté, l’injonction contradictoire à réimplanter des productions françaises quand les acheteurs publics ou privés ne passent pas commande auprès de ces nouvelles filières de production, au risque de menacer leur activité. Le Gouvernement a pris plusieurs mesures en réponse, notamment en permettant d’utiliser au mieux les critères sociaux et environnementaux dans la commande publique : la loi « climat et résilience » a ainsi prévu de rendre obligatoires les clauses environnementales dans les cahiers des charges administratives générales – dans quelques années, le temps de permettre aux acheteurs publics de s’adapter. Quant aux clauses sociales, elles sont optionnelles, hormis dans certains cas, mais sont prérédigées pour faciliter leur recours utilisation par les acheteurs publics. En outre, Olivier Véran travaille sur une […]

La parole est à M. François Ruffin.

Madame la ministre, même si vous disposez là d’un levier direct, vous savez bien qu’on ne va pas s’en sortir seulement en demandant aux acheteurs publics que le ministère de l’éducation nationale ne se fournisse plus en Roumanie ou le ministère de la justice en Asie. Parvenir à construire des filières – y compris dans le textile et dans le bois, je vais y revenir – en invitant les gens à acheter ce qui est produit ici, ne peut pas seulement passer par de la morale : cela doit passer aussi par le prix, qui devrait être du même ordre de grandeur que celui proposé en Chine ou en Roumanie. (Murmures sur les bancs du groupe LaREM.) Vous butez sur un dogme que vous ne voulez pas remettre en cause : celui du libre-échange ! Si on veut reconstruire une industrie dans notre pays, du lave-linge à Amiens chez Whirlpool par exemple, il nous faut des barrières douanières – taxes aux frontières […]

#292

(L’amendement no 1160 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Annie Genevard president · DR #293

La parole est à M. François Ruffin, pour soutenir l’amendement no 1161.

article Après_ 42 · amendement 1161

Notre pays importe 40 % des bois destinés à la construction, nous sommes en train de subir les résultats d’une désindustrialisation qui dure depuis trop d’années. Nous sommes devenus trop dépendants des autres pays, aussi bien en matière de production que de fabrication, alors que l’ampleur de notre domaine forestier nous permettrait d’être indépendants. C’est un paradoxe puisque, malgré ses forêts, notre pays importe massivement du bois après l’avoir exporté pour qu’il soit transformé en Asie du sud-est. Il y a donc nécessité de reconstruire une filière industrielle du bois, ce qui passe sans doute par l’acquisition de machines qui ont disparu du pays, mais aussi par une politique commerciale interdisant d’exporter un bois qui peut être transformé en France. Cela favorisera la production locale parce qu’il sera alors moins cher d’acheter des produits transformés et fabriqués ici que […]

Quel est l’avis de la commission ?

Fabrice Brun suppléant Mme Marie-Christine Dalloz, rapporteure spéciale · DR #296

Vous soulevez un sujet très important : 200 millions d’euros ont été investis dans le cadre du plan de relance, auxquels s’ajoutent 100 millions supplémentaires annoncés par le Premier ministre en juillet dernier. À ce propos, madame la ministre déléguée, pouvez-vous nous éclairer sur le niveau d’engagement de ces crédits ? Je pense comme vous, monsieur Ruffin, que nous pouvons faire davantage. Dans le cadre du plan France 2030, 500 millions d’euros seront investis dans la filière bois ; nous devons, ensemble, nous montrer très vigilants sur le déploiement de ces crédits.J’ajouterai deux remarques plus personnelles. D’abord, plusieurs pays ont décrété des embargos pour protéger les entreprises de leur filière bois, le temps qu’elles reconstituent leurs stocks ; j’ai interrogé le Gouvernement sur cette initiative, qui pose question. Ensuite, le rôle de nos forêts et de nos prairies […]

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Agnès Pannier-Runacher ministre déléguée · EPR #300

Défavorable. Il s’agit à nouveau d’un amendement d’appel, mais il me donne l’occasion d’évoquer la situation de la filière bois. Je voudrais d’abord rappeler tous les travaux qui ont été menés ces derniers mois, notamment les assises de la forêt et du bois, qui nous ont permis, avec Bérangère Abba et Julien Denormandie, de faire des propositions et de dérouler une stratégie visant à conforter l’ensemble de la filière, de l’amont à l’aval.Pour ce qui est de l’exportation, nous avons demandé à la Commission européenne de prendre des mesures de protection, dans la mesure où plusieurs pays hors Union européenne ferment leur marché. J’invite toutefois à garder la mesure en parlant de commerce international. À vous entendre, monsieur Ruffin, les Français devraient payer beaucoup plus cher pour s’approvisionner en produits français ; j’espère que leurs moyens le leur permettent, mais restons […]

J’invite chacun, y compris les rapporteurs et le Gouvernement, à la synthèse : nous avons une longue soirée devant nous, car il nous faut terminer ces missions budgétaires aujourd’hui. (M. Guillaume Larrivé applaudit.) Cela étant dit, je vous redonne la parole, monsieur Ruffin.

Pourquoi continue-t-on à fabriquer des vélos en France et en Europe ? Parce que des barrières douanières ont continué à protéger ce secteur. On n’entend pas les Français protester contre le prix du vélo !J’avais étudié la question sur le lave-linge : Whirlpool en a délocalisé la production d’Amiens en Pologne en 2001, alors que la différence du coût de production ne représentait que quelques dizaines de centimes d’euro, au maximum quelques euros. J’entends, monsieur Brun, ce que vous dites sur la taxe carbone aux frontières de l’Union européenne ; je l’espère et l’attends, tel Arlequin – l’attente risque d’être longue ! La question est de savoir ce que nous faisons, nous, ici et maintenant.

#307

(L’amendement no 1161 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Annie Genevard president · DR #308

La parole est à M. François Ruffin, pour soutenir l’amendement no 1162.

article Après_ 42 · amendement 1162

Une tribune de patrons du textile, parue dans Le Monde, met l’accent sur le paradoxe que je ne cesse de souligner en vous présentant mes amendements : « Quand nous relocalisons, nos vêtements deviennent bien plus chers que ceux fabriqués à bas coût à l’autre bout du monde. Quand nous sortons du cycle infernal des soldes et des promotions, les "prix cassés" attirent les clients ailleurs. Quand nous ralentissons le rythme de nos collections afin de moins pousser à la consommation, d’autres marques renouvellent les leurs toujours plus rapidement, nous prenant ainsi des parts de marché. C’est indéniable : il y a aujourd’hui un avantage économique à produire de manière irresponsable. Une "prime au vice" que nous dénonçons. » Ce sont des patrons, je répète, des patrons du textile qui veulent changer leur mode de production, relocaliser et produire de manière plus éthique, et qui expliquent […]

Quel est l’avis de la commission ?

Fabrice Brun suppléant Mme Marie-Christine Dalloz, rapporteure spéciale · DR #313

Votre amendement d’appel me semble répondre à la logique d’ensemble du PIA qui vise à investir dans les innovations de demain. Le textile fait partie des domaines concernés. Je peux en témoigner : en Ardèche, du Cheylard aux Vans en passant par Prades, beaucoup d’entreprises fabriquent des textiles innovants qui servent le secteur automobile, l’industrie du luxe ou le sport. Nos athlètes, aux Jeux olympiques, portent une fibre fabriquée, pour une grande partie, dans mon département.À titre personnel, j’émets donc un avis de sagesse.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Agnès Pannier-Runacher ministre déléguée · EPR #316

C’est à nouveau un amendement d’appel, qui n’a pas vocation à être adopté. Avis défavorable.Pour ce qui est de notre action en faveur de la relocalisation de l’industrie textile, nous aidons les entreprises à réinstaller leur production en France ou à l’étendre. Nous l’avons par exemple fait pour la filière lin, notamment dans l’Aube, à côté de Troyes. Ces projets représentent aujourd’hui une des principales sources de dossiers au titre du dispositif Territoires d’industrie. C’est très concret : des chaînes de production se réinstallent en France, avec des centaines, voire des milliers d’emplois à la clé.

Sur le vote des crédits de la mission Investissements d’avenir, je suis saisie par le groupe La République en marche d’une demande de scrutin public.Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à M. François Ruffin.