Séance du 7 février 2023 — 135e séance
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de M. Sébastien Chenu.
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de M. Sébastien Chenu.
Tours 401 à 434 sur 434 — page 3 / 3.
La parole est à M. Jean-Philippe Tanguy.
Il fut un temps où les dirigeants politiques et les élites se faisaient un honneur d’accorder des droits nouveaux aux Françaises et aux Français. Le progrès politique consistait à accorder plus de droits et à reconnaître la pénibilité et la valeur du travail. Aujourd’hui, vous vous croyez courageux en opposant systématiquement les Françaises et les Français les uns aux autres, en faisant croire que les salariés de la RATP sont de grands privilégiés par rapport aux autres Français. Vous prenez la pire des situations, celle des chauffeurs de bus qui n’ont pas la chance de bénéficier du régime de la RATP, pour imposer la norme. Mais la norme, ce serait que les chauffeurs de bus de toute la France bénéficient du régime de la RATP ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)Oui, ces métiers sont réellement pénibles : il est difficile de conduire un bus ou un train. L’honneur de ce […]
La parole est à Mme Sophie Taillé-Polian.
Vous n’avez répondu à aucune des questions, pourtant précises, sur le régime spécial de la RATP. La première, posée par mon collègue Guedj, portait sur la privatisation. Vous souhaitez supprimer ce régime spécial pour favoriser la privatisation de la RATP, alors que les conditions de transport sont déjà déplorables dans toute l’Île-de-France, dans les métros comme dans les bus.Vous n’avez pas non plus répondu à la question de l’attractivité de la RATP. Peut-être est-elle déjà en grande difficulté, mais vous allez la dégrader encore, consciemment, alors que nous faisons face à la réalité du dérèglement climatique, qui s’impose à nous, qu’il est nécessaire d’investir dans les mobilités et dans les transports en commun et que les conditions quotidiennes de transport des Franciliens et des Franciliennes sont déplorables.Enfin, vous ne répondez pas à la question de la pénibilité.
Parlez-vous, madame, de votre longue expérience du travail, vous qui n’avez jamais mis les pieds dans une entreprise ?
Les chauffeurs de bus sont exposés à différents risques : les vibrations, le port de charges lourdes, les risques psycho-sociaux – qui ne figurent pas dans le C2P. Avec votre projet, s’ils ont de la chance et que leur branche professionnelle mène des négociations, ils pourront bénéficier d’une magnifique visite médicale à 61 ans ! Chapeau, c’est vraiment extraordinaire ! Au lieu de nous regarder les yeux dans les yeux, vous devriez peut-être regarder les situations réelles. (Applaudissements sur les bancs du groupe Écolo-NUPES. – M. André Chassaigne applaudit également.)
La parole est à M. Philippe Vigier.
J’ai écouté le président Roussel avec beaucoup d’attention.
Il n’est pas président, c’est moi le président du groupe ! (Sourires.)
Il a voulu être président. Ça viendra peut-être un jour !
Tant que vous ne lui donnez pas du « cher camarade »…
Cher collègue Roussel, vous disiez à l’instant votre attachement à la défense de l’ensemble des travailleurs contre la pénibilité. Vous n’avez pas le monopole de leur défense : nous avons cela en partage. Nous ne pointons pas du doigt la RATP, nous voulons simplement harmoniser les régimes de retraite de toutes les régies de transport. Je vous pose une seule question et j’espère que vous aurez l’honnêteté d’y répondre.
Ah !
Notre collègue Nicolas Sansu est là : comme lui, je suis élu d’une région dirigée par la gauche, dans le cadre d’une alliance entre les communistes, les socialistes, les écologistes et les insoumis (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES) : y avez-vous instauré un régime spécial pour l’ensemble des travailleurs de cette autorité organisatrice ? Non, jamais ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem.)Cher collègue Roussel, chers collègues écologistes : les villes de Poitiers, Bordeaux, Tours et Besançon, désormais administrées par la gauche et les écologistes, ont-elles instauré des régimes de retraite spéciaux ? Non ! (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NUPES, SOC, Écolo-NUPES et GDR-NUPES.) Nous vous prenons en flagrant délit : vous annoncez les bonnes réformes à Paris, mais vous ne les appliquez pas sur le terrain ! (Vifs applaudissements […]
La parole est à M. Jérôme Guedj.
C’est efficace, les effets de tribune, collègue Vigier, mais rappelons quelques éléments. (Exclamations sur les bancs du groupe Dem et sur quelques bancs du groupe RE.) Président Vigier, vous pouvez déployer des arguments, mais avec un peu de robustesse s’il vous plaît !
C’est Jean-Paul Mattei le président du groupe !
Ah, Philippe Vigier non plus n’est pas président ? C’est « L’école des fans » ce soir, tout le monde est président !Cher collègue Vigier, vous savez pertinemment qu’un conseil régional ne peut pas créer un système de retraites ! (Applaudissements prolongés sur les bancs des groupes LFI-NUPES, SOC, Écolo-NUPES et GDR-NUPES.) Nous sommes encore un État unitaire, jacobin, dans lequel aucune collectivité locale ne peut créer un système de retraites !J’en viens à la sauvegarde du régime spécial de la RATP. (M. Bruno Millienne s’exclame.) Dans cet hémicycle siègent, sur différents bancs, quatre-vingt-dix-sept députés franciliens ; chacun d’entre eux connaît les conditions désastreuses des transports en Île-de-France.Ces conditions s’expliquent pour partie par les difficultés de recrutement. Il manque 700 chauffeurs de bus à la RATP, 1 200 au sein des autres modes de transport. Or, en […]
Article 9 !
Valérie Pécresse échoue à mener sa révolution des transports et, d’une certaine manière, vous l’accompagnez.Mes chers collègues, tout à l’heure Gabriel Attal et un député du groupe Renaissance nous ont dit que, selon les sondages, 75 % des Français étaient favorables à la suppression des régimes spéciaux. Or, selon les sondages également, 70 % des Français et 90 % des salariés sont opposés à la retraite à 64 ans. Alors, écoutez la parole du peuple lorsqu’elle s’exprime !
Il fallait leur accorder le référendum !
Essayons d’achever la séance en silence. La parole est à M. André Chassaigne, pour un rappel au règlement. Nous procéderons ensuite au vote. (Protestations sur les bancs du groupe RE.)
Il se fonde sur l’article 70, alinéa 3. Je suis très hésitant car, d’une part, il y a eu mise en cause personnelle…
Non, une question a été posée à un député, il n’a pas été mis en cause.
Ah si ! (Protestations sur les bancs des groupes RE et Dem.) Dans ce cas, je me fonde sur un autre alinéa car j’estime que me rétrograder constitue une forme d’injure. Ce n’est pas le problème. J’estime que Fabien Roussel doit répondre puisqu’il a été mis en cause par l’orateur.
Non, cela n’a pas été le cas.
Je mets aux voix les amendements identiques nos 684, 1038, 1074, 1157, 1541, 2024, 2135, 3999, 5954, 12507, 13101, 18065, 19105 et 19976.
(Il est procédé au scrutin.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 354 Nombre de suffrages exprimés 350 Majorité absolue 176 Pour l’adoption 149 Contre 201
(Les amendements identiques nos 684, 1038, 1074, 1157, 1541, 2024, 2135, 3999, 5954, 12507, 13101, 18065, 19105 et 19976 ne sont pas adoptés.)
La suite de la discussion est renvoyée à la prochaine séance.
Prochaine séance, à quinze heures :Suite de la discussion du projet de loi de financement rectificative de la sécurité sociale pour 2023.La séance est levée.
(La séance est levée le mercredi 8 février 2023 à zéro heure cinq.)
Le directeur des comptes rendus Serge Ezdra