Séance du 19 février 2025 /// n°108 /// 620 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 17e législature · session Session ordinaire 2024-2025

Séance du 19 février 2025 — 108e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.

620prises de parole
99orateurs
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ScrutinVoixRésultat
842 la motion de censure, déposée en application de l'article 49, alinéa 2, de la Constitution, par M. Boris Vallaud et 65 députés. 181 / 0 rejeté

Verbatim Le compte rendu

Tours 201 à 400 sur 620 — page 2 / 4.

Motion de censure

Ce n’est pas respectueux, monsieur le premier ministre, vous n’êtes pas à la hauteur !

François Bayrou premier ministre · NI #284

J’avoue que c’est la première fois que je vois un parti qui, ayant déposé une motion de censure, quitte l’hémicycle pendant qu’elle est en discussion. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) Mais l’innovation est la marque des peuples vivants. (Sourires sur les bancs des groupes RN et UDR.) En habillant de mots grandiloquents des intérêts électoraux de courants de congrès, je crois que vous jouez contre vous-mêmes.Donc vous vous êtes saisis, avec la même grandiloquence, de ce que j’aie employé le mot « submersion » dans une émission de télévision. Je n’ai jamais employé l’expression « submersion migratoire », (« Quoi ? » sur les bancs du groupe RN) mais vous vous êtes épandus à loisir sur ce sujet.

Il ment comme il respire !

François Bayrou premier ministre · NI #287

Je veux rappeler le contexte, puisqu’aujourd’hui il faut se justifier de tout. J’étais dans l’émission de Darius Rochebin et, au bout d’une heure d’émission, ou un peu plus, il m’a posé une question à laquelle je dois avouer – c’est assez rare – que je ne m’attendais pas.

Surprise !

François Bayrou premier ministre · NI #289

Il a dit : « Je suis allé voir les photos de votre enfance, au lycée de Nay, au pied des Pyrénées, et j’ai remarqué quelque chose. » J’avoue qu’à cet instant mon esprit battait un peu la campagne, en repensant à ces photos auxquelles sont attachés tant de souvenirs et de tendresse…

C’est hors sujet !

François Bayrou premier ministre · NI #291

…et je ne voyais vraiment pas où il voulait en venir.

Nous non plus, nous ne voyons pas vraiment où vous voulez en venir.

François Bayrou premier ministre · NI #293

« J’ai remarqué, dit-il, que dans votre classe, vous êtes tous blancs. » Imaginez que dans un pays africain, au Sénégal ou au Congo, on ait interrogé un responsable politique en lui disant : « J’ai regardé vos photos d’enfance et vous êtes tous noirs. » Je crois qu’on en parlerait aux quatre coins du continent et que cela aurait dit quelque chose du temps que nous vivons.

Voilà ce qu’il fallait répondre !

François Bayrou premier ministre · NI #295

J’ai été saisi, je dois l’avouer, de ce que ces garçons et ces filles que nous étions ensemble, je n’avais jamais pensé qu’ils étaient blancs.

Arrêtez, monsieur le premier ministre, vous allez encore déraper.

François Bayrou premier ministre · NI #297

Nous étions quelque 600 élèves et, dans tout le lycée, il y avait un Africain, dont nous étions tous, les garçons, vaguement jaloux…

Ce n’est pas possible !

François Bayrou premier ministre · NI #299

…parce qu’il était toujours sur le même banc, dans un coin de la cour, avec une très jolie fille, pleine de charme (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP) qui se reconnaîtra si elle écoute.

Arrêtez !

Est-ce que vous vous rendez compte de ce que vous dites ?

Arrêtez de nous raconter vos souvenirs !

François Bayrou premier ministre · NI #303

Vous proposez de me censurer ; vous pouvez tout de même accepter que je vous réponde !

C’est indigne ! Plus vous parlez, plus en a envie de vous censurer !

Madame la présidente Panot, s’il vous plaît…

François Bayrou premier ministre · NI #306

Et le journaliste a prolongé sa question : « Vous étiez tous blancs, est-ce que vous pensez qu’il faut métisser la France ? »

C’est grave de dire ça !

Il ne fait que rapporter les propos du journaliste !

François Bayrou premier ministre · NI #309

J’ai répondu deux choses. D’abord, que je ne regardais pas la couleur de la peau. Ensuite, qu’il y avait du danger dans une telle affirmation, parce que si nos compatriotes considèrent que la couleur de la peau doit inexorablement changer, qu’ils le veuillent ou non, si c’est une fatalité qu’on leur commande de subir, même contre leur gré, alors ils auront le sentiment de perdre le contrôle. C’est ce que j’ai appelé « submersion ».

Donc vous l’avez dit !

François Bayrou premier ministre · NI #311

Et je répète que je n’ai jamais dit « migratoire ».

C’est la même chose !

Et Retailleau, qu’est-ce qu’il dit ?

François Bayrou premier ministre · NI #314

Et si vous ne vous rendez pas compte de cela, pas compte que les choses qui viennent du fond des âges – même si vous direz qu’elles sont archaïques – font partie de la nature humaine, alors vous passez à côté de choses bien plus profondes que l’addition de Marx, Lénine, Staline et Trotski réunis. (Sourires sur les bancs du groupe RN.) Et méfiez-vous : à force de nier l’archaïque, vous ouvrez la voie à tous les Trump, à tous les Vance, à tous les Musk de la création, spécialement à tous les suprématistes et à tous les racistes (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem),…

Il a raison !

François Bayrou premier ministre · NI #316

…spécialement dans les milieux populaires, comme vous dites, chez ceux qui vivent dans les difficultés sociales et culturelles, et qui se croient dépossédés de leur destin.Vous les transformez malgré eux en chair à canon de la mondialisation.

Régularisez les travailleurs sans papiers !

François Bayrou premier ministre · NI #319

Vous touchez non pas à ce qu’ils ont, mais à ce qu’ils sont ou croient être. Vous faites, avec la bouche en cul-de-poule, le lit de toutes les instrumentalisations. Mais il y a pire et je vous rappelle que c’est vous qui avez déposé la motion de censure.

Plusieurs députés du groupe LFI-NFP #320

Non, c’est eux ! Ce sont les socialistes !

François Bayrou premier ministre · NI #321

Vous avez raison.Les mêmes qui osent déclarer que nous faisons la politique de l’extrême droite (« C’est vrai ! » sur quelques bancs du groupe LFI-NFP), les hypocrites, les hypocritissimes, quand François Mitterrand a dit « le seuil de tolérance est atteint », une phrase qui touche à une conception organique de la société, où celle-ci est décrite comme se défendant contre une agression, qu’ont-ils dit à l’époque ?

Oh là là !

François Bayrou premier ministre · NI #324

Mais il y a pire dans l’hypocrisie.

Un député du groupe LFI-NFP #325

Il y a vous !

François Bayrou premier ministre · NI #326

Je regrette qu’Olivier Faure soit parti : peut-être l’a-t-il fait parce qu’il imaginait ce que j’allais dire. Le responsable politique qui est le principal leader du parti qui dépose la motion de censure, M. Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, qu’a-t-il dit le 25 octobre 2018 ?

Vous faites une revue de presse du Parti socialiste ?

François Bayrou premier ministre · NI #328

Je le cite exactement : « Il existe aujourd’hui des endroits où le fait de ne pas être issu de l’immigration peut poser problème à des gens dans ces quartiers, et qui peuvent se sentir exclus.

Un élan de lucidité !

François Bayrou premier ministre · NI #330

II y a des endroits où il y a des regroupements qui se sont faits génération après génération et qui donnent le sentiment qu’on est dans une sorte – écoutez bien ! – de colonisation à l’envers, ce que m’a dit un jour une de mes concitoyennes.

Censurez M. Faure !

François Bayrou premier ministre · NI #332

Qui me disait après avoir voté longtemps pour la gauche, qu’elle ne voulait plus voter pour nous parce qu’elle avait le sentiment d’être colonisée. Ce message-là, je l’entends. » C’est Olivier Faure qui parle.« Colonisation à l’envers » : ce message-là, M. Faure l’entend.

Encore un mec d’extrême droite ! (Sourires sur les bancs du groupe RN.)

Il s’exprimait contre la ghettoïsation !

François Bayrou premier ministre · NI #336

Mais M. Faure sait-il que « colonisation à l’envers », c’est bien plus grave que « seuil de tolérance » ou que « sentiment de submersion », qui n’est que le constat d’une situation subie ? « Colonisation à l’envers », c’est autre chose : c’est un projet politique, un dessein politique, une volonté de conquérir et de soumettre. Et c’est le même responsable politique qui, vêtu de probité candide et de lin blanc – et, j’imagine, d’un peu de fond de teint pour effacer le rouge de la honte –, disait hier à la radio que nous sommes connivents avec l’extrême droite et même en fusion idéologique avec elle. (« Oui ! » sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Ça tire à balles réelles !

François Bayrou premier ministre · NI #338

Celui qui dit « colonisation à l’envers »…

Ce n’est pas lui qui le dit !

François Bayrou premier ministre · NI #340

Madame, je viens de lire le texte dans son intégralité et il finit par : « Ce message-là, je l’entends. »

Ce ne sont pas ses mots !

François Bayrou premier ministre · NI #342

Ce sont ses mots précisément : j’ai donné la date de sa prise de parole, vous pouvez vérifier.Parlons un peu d’immigration, puisque c’est le sujet. L’immigration, c’est d’abord la misère du monde. Nous le savons bien, nous qui fûmes pays d’émigration. Pourquoi partaient-ils, nos arrière-grands-parents basques, béarnais, bretons ? Parce que c’était la misère. Ils allaient vers une vie qu’ils croyaient plus facile, et beaucoup y mouraient – je parle de ma propre famille.Ceux qui sont aujourd’hui dans la misère, ils viennent chez nous, ou ils y passent : 300 000 se sont accumulés au fil des années, parce qu’ils veulent passer en Grande-Bretagne. L’immigration, c’est une partie de notre France : 25 % des Français, dit-on, descendent d’un parent immigré de la première, deuxième ou troisième génération. C’est votre cas, madame, et vous avez raison de le revendiquer à la tribune. C’est notre […]

Comment dit-on mensonge en grec ?

François Bayrou premier ministre · NI #349

Nous avons mis quatre siècles à la construire, à compter de l’apparition, au XVIe siècle, après presque un siècle de guerres, de la notion de tolérance. Jusque-là, il n’y avait qu’un roi, une loi, une foi ; une religion nouvelle, le protestantisme, est venue tout chambouler. Généralement, la laïcité est présentée comme une séparation, celle de l’Église et de l’État…

Pas en Alsace !

François Bayrou premier ministre · NI #351

…ou, comme je l’ai souvent énoncé, celle de la foi et de la loi : la loi protège la foi, la foi ne fait pas la loi. Or, si l’on y réfléchit, c’est bien davantage. La laïcité va plus loin que la tolérance.

Heureusement !

François Bayrou premier ministre · NI #353

Elle ne se contente pas d’établir que l’on peut être différents et cependant concitoyens, elle affirme que nous sommes concitoyens parce que nous acceptons nos différences et, plus encore, parce que nous les voulons ;…

Non ! Contresens !

François Bayrou premier ministre · NI #355

…que le lien qui nous unit en tant que Français est assez fort pour cela, qu’il nous permet d’apporter nos différences dans un espace commun de reconnaissance, de dialogue et d’enrichissement mutuel. La laïcité, c’est l’amour de cet espace, contre les communautarismes. En matière religieuse, philosophique, elle s’est imposée au terme d’une histoire dont on connaît les heurts, les violences, les effusions de sang. Nous avons mis des siècles, je le répète, à parvenir à ce respect mutuel entre croyants et non-croyants. Les tenants d’une foi donnée ne préconisent heureusement plus l’extinction des autres. Chrétiens et juifs ne souhaitent pas la disparition dans notre pays de la religion musulmane, pas plus que les athées celle des croyances religieuses. Nous avons construit un espace commun où tous ont droit de cité.

Tout cela est très discutable – mais intéressant !

François Bayrou premier ministre · NI #357

Je comprends, mais vous n’aviez qu’à ne pas déposer de motion de censure (Sourires et applaudissements sur les bancs des groupes EPR, DR et Dem. – Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et SOC),…

Nous sommes des opposants !

François Bayrou premier ministre · NI #359

…car il devient alors très difficile de se soustraire à l’obligation d’écouter ceux que vous voulez censurer !

J’écoute ! Je ne suis pas d’accord, mais ce n’est pas un drame…

François Bayrou premier ministre · NI #361

Il nous reste à tirer les ultimes conséquences de ce principe et à l’appliquer – nous en sommes loin, comme on le voit, mais je suis persuadé qu’il faut le faire – à la sphère politique. Ce concept nouveau de laïcité politique invite à mettre un terme aux conflits absurdes, descendants des guerres de religion, aux « mon parti, mon programme et rien d’autre » dans lesquels la France épuise son crédit depuis si longtemps. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR. – M. Jimmy Pahun applaudit également.)

Il n’y a que quatre députés pour vous applaudir !

Un peu de silence, s’il vous plaît !

François Bayrou premier ministre · NI #364

Pendant longtemps, j’ai cru comme tout le monde que le but des affrontements politiques consistait à faire triompher ses idées, à vaincre les autres, c’est-à-dire au bout du compte, si l’on y réfléchit un peu, à obtenir tous les pouvoirs, à imposer un absolutisme politique comme on voulait autrefois un absolutisme religieux.

Comme Emmanuel Macron !

François Bayrou premier ministre · NI #366

J’ai été un très bon militant de partis qui n’étaient pas des plus faciles à défendre ; j’y ai consacré beaucoup de temps et des quelques capacités que je possédais à l’époque.

Un peu prétentieux, tout cela…

François Bayrou premier ministre · NI #368

Désormais, je ne crois plus que la démocratie signifie l’écrasement des uns par les autres.

Démissionnez, alors !

François Bayrou premier ministre · NI #370

Je défends le contraire. Dans cet hémicycle et ailleurs, je suis en accord avec certains courants politiques, j’en considère d’autres avec des nuances, avec certains je suis en désaccord, avec d’autres enfin en opposition franche ; mais je crois en la démocratie comme en un espace où les sensibilités doivent coexister et, autant que possible, s’enrichir. Que ce soit en matière philosophique, religieuse ou politique, la laïcité ne saurait tendre à la tolérance molle, que je n’aime pas, encore moins au relativisme, que j’abhorre, mais à la fermeté des convictions et à la compréhension mutuelle.

Au pluralisme !

François Bayrou premier ministre · NI #372

Dans le débat, voire le combat, on n’a pas envie de mous, d’insipides, de « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ». Georges Bernanos l’a écrit dans l’un de ses plus grands romans : « petits cœurs, petites bouches – ceci n’est point pour vous ». On a besoin de raison, vous l’avez dit ; besoin de flamme, de cœur, de culture, d’intelligence, d’histoire et d’art, pour avec cette raison, cette foi, cette vertu d’engagement, arriver à comprendre l’autre, même l’adversaire, comme l’on comprendrait un frère ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, DR et Dem.)Beaucoup hausseront les épaules en taxant d’idéalisme une telle manière de voir les choses. J’accepte le reproche ; je le revendique même. Ce n’était pas un tiède que Pascal, pas un tiède que Voltaire. Regardons-nous : nous sommes le peuple qui fait vivre ensemble Voltaire et Pascal, qui vit de Voltaire autant […]

Ce n’est pas le sujet !

François Bayrou premier ministre · NI #375

Pardonnez-moi, mais de toute ma conviction, de toute ma folie peut-être, je crois que c’est parce que l’on ne parle plus d’eux que les réseaux sociaux sont devenus si pauvres. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.)

Demandez à Retailleau d’en parler !

François Bayrou premier ministre · NI #377

Voltaire et Pascal, je vous assure, ne sont pas moins modernes qu’Elon Musk et Sam Altman. En tout cas, c’est là qu’est la France !

La proposition de loi sur la justice des mineurs n’est pas inspirée de Voltaire !

François Bayrou premier ministre · NI #379

C’est parce que nous partageons ces principes que nous formons un peuple : Ernest Renan le proclamait déjà il y a cent cinquante ans. Il y a là un cas de figure unique au monde : nous ne nous définissons pas par la pureté du sang de nos ancêtres, par la supériorité d’un dieu sur les autres, mais en tant que porteurs de quelque chose d’infiniment plus précieux, un projet commun de liberté, d’égalité et de fraternité, celle-ci, je le répète, constituant la clé de voûte.

Parlez-en à votre ministre de l’intérieur !

On dirait une colle en hypokhâgne…

Et la suppression du droit du sol à Mayotte ?

François Bayrou premier ministre · NI #383

Ce projet ne peut s’extraire de son époque, une époque où se pose la question des grandes migrations. Tout est inscrit dans la démographie : il suffit de regarder la carte du monde. D’ici à cinquante ans, la Chine pourrait avoir perdu des centaines de millions d’habitants, l’équivalent de la population de l’Europe ! L’Inde croît au contraire à grande vitesse. L’immense Russie est comme prisonnière d’un long hiver démographique. L’Italie perd également des habitants ; l’Espagne n’en gagne qu’en accueillant chaque année 3 millions d’immigrés, lesquels, il est vrai, partagent sa langue et sa tradition religieuse. Parmi ces bouleversements démographiques, les conflits d’identité s’exaspèrent, charriant avec eux des dangers extrêmes. Cette névrose identitaire constitue un risque immense, auquel il n’y a aucune raison que la France ne soit pas exposée. On le voit comme sous un verre […]

Il y a d’honnêtes travailleurs sous OQTF !

François Bayrou premier ministre · NI #386

Si les décisions de justice ne sont plus exécutées, la loi est bafouée, autant dire inexistante. D’où l’importance, aussi, que notre droit d’asile ne soit pas dévoyé. Nous nous battrons pour que la France reste terre d’asile,…

Avec la circulaire Retailleau ?

François Bayrou premier ministre · NI #388

…comme le requièrent sa tradition, son honneur, ses valeurs constitutionnelles ;…

Vous avez durci l’accès à la régularisation, même pour les travailleurs !

François Bayrou premier ministre · NI #390

…pour autant, l’accueil qu’elle a la générosité de garantir à ceux qui sont en danger, à ceux qui ont peur et voient en elle un refuge ne saurait être démonétisé, dévalué, par les subterfuges de ceux qui n’ont pas trouvé de moyen plus commode d’y entrer. D’où l’importance, enfin, d’une conception nette, et elle aussi respectée, des devoirs qui incombent aux personnes accueillies en France.Ces obligations, qui ouvrent la voie à la régularité du séjour, d’abord, à l’intégration, ensuite, à l’assimilation, enfin, au terme de ce parcours d’étapes, sont au moins au nombre de trois : l’obligation de travailler, c’est-à-dire de contribuer au modèle économique et social ; l’obligation de parler notre langue, qui est le fondement du lien social ; et l’obligation d’adhérer à nos principes de vie en commun. Cette conviction est, je crois, partagée par la plupart de ceux qui siègent sur ces bancs. […]

Et 70 % des Français disent qu’il faut que vous partiez !

Il n’y a pas assez de logements sociaux !

François Bayrou premier ministre · NI #395

D’où un sentiment d’injustice qu’on ne peut balayer d’un revers de la main, pas plus qu’on ne peut refuser à une personne d’être régularisée lorsqu’elle réside sur notre territoire depuis longtemps, participe à la marche de la société, travaille, maîtrise notre langue et adhère à nos principes de vie en commun.Je ne parle pas ici de la nationalité. (Sourires ironiques sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Non, n’en parlons pas. Comme ça, nous gagnerons du temps !

François Bayrou premier ministre · NI #398

L’acquisition de la nationalité, c’est autre chose. La nationalité ne doit pas se brader.

C’est déjà le cas !

Il faut attendre trois ans pour obtenir sa régularisation !

François Bayrou premier ministre · NI #401

La naturalisation implique une adhésion volontaire et explicite à un peuple, réuni autour d’une conviction philosophique commune. Il s’agit non pas d’accéder à une panoplie de droits, mais de s’inscrire dans un destin collectif, qui vient de loin et qui se projette vers l’avenir.Il existe également un autre débat : celui de l’accès aux soins. Certes, il y a un enjeu sanitaire pour notre propre population. Toutefois, la France ne serait pas la France si la condition pour recevoir des soins indispensables était de détenir le bon passeport. Encore faut-il vérifier que les soins pris en charge par la société sont effectivement indispensables aux personnes qui les reçoivent (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR et Dem)…

Plusieurs députés du groupe LFI-NFP #403

Arrêtez !

Tous les ministres de la santé le disent !

François Bayrou premier ministre · NI #405

…et qu’il n’y a ni abus ni fraude.La condition de l’intégration, c’est qu’il existe une loi et qu’elle soit respectée, et non que le pays soit ouvert à tous les vents,…

Ce sont des préjugés !

François Bayrou premier ministre · NI #408

…avec un État incapable de faire respecter ses propres règles. L’État a le devoir d’être ferme, pour que ses citoyens aient la certitude de bénéficier de sa protection et puissent considérer la nationalité française comme un privilège, un avantage face aux désordres du monde.La communauté nationale n’est pas une question pour les privilégiés, qui sont protégés par leur patrimoine et leurs capacités. Au bout du compte, si la communauté nationale vient à se dissoudre, qui en seront les premières victimes ?

Pourquoi agitez-vous encore des fantasmes ?

François Bayrou premier ministre · NI #411

Les Français dont les parents et les grands-parents sont venus de loin pour rejoindre la communauté nationale ! Ceux qui n’ont pas le nom de famille approprié ou la bonne couleur de peau.

La bonne couleur de peau ?

François Bayrou premier ministre · NI #413

Ils seront les premières victimes de la dissolution des règles que nous ne respectons plus. (M. Jimmy Pahun applaudit.)

Leurs parents travaillent et ils sont sans papiers !

François Bayrou premier ministre · NI #415

Il est temps d’ouvrir les yeux sur les dangers des temps que nous vivons. Chaque jour qui passe, la force fait un peu plus la loi en matière commerciale, technologique et financière, entre les États-Unis et la Chine. De même, le spectre qui se profile d’une entente entre l’homme fort du Kremlin et le quarante-septième président des États-Unis est terrifiant pour l’Europe, sur laquelle il fait planer l’ombre de la guerre et de l’asservissement. Nous sommes sur le point de voir se produire sous nos yeux une annexion annoncée, revendiquée même, de territoires : je pense à la Crimée et au Donbass, s’agissant de l’Ukraine, ou encore au Groenland et au Panama.La question que soulèvent les temps actuels est la question existentielle par excellence : « Être ou ne pas être ».

Ça, c’est l’Angleterre !

François Bayrou premier ministre · NI #418

Voulons-nous être la France, rester ce que nous sommes ou acceptons-nous la soumission ? Cette question se pose pour la France et pour l’Europe. Car seuls les Français, en particulier depuis l’élection du président de la République en 2017,…

Dont personne ne veut !

François Bayrou premier ministre · NI #420

…sont porteurs d’une vision du continent comme entité politique, unie par un socle de valeurs homogène, une civilisation commune déterminée à défendre son existence, d’abord, et ses intérêts, ensuite. Nous sommes les porte-drapeaux de l’Europe et de son autonomie stratégique.

Mais quelle blague !

François Bayrou premier ministre · NI #422

Nous sommes le seul pays européen à être présent sur les cinq continents.

Sur les cinq océans, vous ne connaissez pas la géographie !

François Bayrou premier ministre · NI #424

Sur les cinq océans, vous avez raison. Mais nous sommes dans une position critique, une situation de crise, de faiblesse, due à notre désordre politique. C’est lui qui rend la France faible. Ce sont les affrontements entre partis, sans cause ni raison, fondés sur de simples prétextes, qui nous empêchent de saisir les enjeux et de les relever !

Cela s’appelle la démocratie !

François Bayrou premier ministre · NI #426

J’appelle donc les sensibilités politiques représentées dans cette assemblée à ne pas détourner leur énergie de cette tâche historique, à ne pas dilapider leurs forces dans des tours de passe-passe politiques, dont ce type de motion de censure fournira à la postérité un cas d’école. Non seulement votre motion de censure rate sa cible, mais elle se retournera contre ceux qu’elle prétend défendre. C’est pourquoi j’appelle la représentation nationale à la rejeter. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, DR, Dem et HOR.)

La parole est à Mme Virginie Duby-Muller.

Nous sommes réunis de nouveau pour examiner une motion de censure déposée par la gauche. (« Par les socialistes ! » sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)Cette fois, nous avons l’immense honneur d’assister à une représentation de Tartuffe. Le Parti socialiste veut prendre à témoin l’opinion et démontrer qu’il est dans l’opposition. Il prend le premier prétexte venu pour justifier sa démarche, mais continue de se présenter comme faisant partie d’une opposition constructive. Le reste du Nouveau Front populaire vote la motion, après avoir dénoncé, la semaine dernière, avec les mots les plus fermes et la plus grande conviction, la position du Parti socialiste. Cette gauche-là n’a visiblement que le chaos en commun ! Quant au Rassemblement national, il ne vote pas la motion, pour des raisons d’affichage assumées.Dans cette illusion étrange, nous sommes les acteurs malgré nous d’une vaste […]

Si vous saviez ce qu’ils pensent de vous !

Vous seriez d’ailleurs bien inspirés d’écouter un peu plus votre base militante.

Vous avez perdu les élections !

Par vos assauts répétés contre nos institutions, par vos tentatives forcenées de renverser le gouvernement et de provoquer l’instabilité, vous écornez l’image de la France et de ses représentants, ce qui est d’autant plus grave dans le contexte géopolitique actuel. Vous sciez la branche sur laquelle nous sommes tous assis.Depuis le début de la semaine, le gouvernement a apporté de la lisibilité sur l’agenda parlementaire des prochains mois. Certains textes seront utiles aux Français. Or c’est l’ensemble de ces textes que vous remettez en cause : la loi contre le narcotrafic, à l’heure où certains députés veulent légaliser le cannabis ; la loi en faveur des agriculteurs, issue du Sénat ; la loi sur le renforcement des soins palliatifs et sur la fin de vie, que la gauche appelle d’ailleurs de ses vœux ;…

Loi coupée en deux !

…la loi sur la profession d’infirmier – et j’en passe. En faisant tomber le gouvernement, vous remettrez en cause tous ces textes. Or nous avons besoin d’avancer ; n’entravons pas la marche du Parlement et adoptons les textes qui sont utiles aux Français !Après l’adoption de la motion de censure qui a renversé le gouvernement de Michel Barnier, notre assemblée a été paralysée. Ceux qui l’ont votée ont joué avec les déficits et privé la France d’un budget pendant de longs mois.

C’est vous qui avez causé les déficits !

La censure a d’ailleurs eu un coût pour le budget de l’État et celui de la sécurité sociale. Il ne faut ni le minimiser ni l’oublier. Le dérapage budgétaire s’est aggravé, tout comme les conditions socio-économiques.

Eh oui !

La faute à qui ?

À Emmanuel Macron !

Par exemple, le déficit prévisionnel du budget de la sécurité sociale pour l’année 2025 est passé de 18 milliards d’euros – tel que prévu lors la commission mixte paritaire (CMP) –, à plus de 22 milliards.La censure du gouvernement de Michel Barnier a aussi généré un climat d’anxiété et d’incertitude particulièrement néfaste pour le pays : les entreprises et leurs salariés sont restés dans le flou le plus complet quant au calcul des cotisations à l’entrée de l’échelle des salaires ; les difficultés ont été visibles dans certains secteurs comme l’emploi saisonnier agricole ou la distribution de médicaments ; les investissements publics et privés ont été mis en pause, les embauches gelées et les projets reportés. Ce climat général a abouti à une dégradation de la croissance et donc à une baisse des recettes de l’État.Il nous faut désormais créer au plus vite les conditions d’une confiance […]

On ne le voit pas beaucoup, votre président…

Pour l’élaboration des prochains budgets, je souhaite que nous cessions de naviguer au gré des gouvernements et de préparer un texte, en quelques semaines, à partir de mesures purement paramétriques. Notre groupe participera aux travaux préparatoires que le gouvernement voudra bien organiser, pour retrouver une vision de long terme dans la construction de notre budget.Vous voudriez sacrifier toute stabilité sur l’autel de la politique politicienne. Pour quelle raison ? Pour dénoncer le terme de « submersion migratoire » que le premier ministre a très justement utilisé à propos de Mayotte !

Très justement ? Il ne parlait pas de Mayotte : soyez précise !

Chers collègues, comment qualifiez-vous un département français dans lequel près de la moitié de la population est illégale et près de 70 % des illégaux sont originaires des Comores ; un département dans lequel l’immigration illégale a des conséquences concrètes sur les services publics : la maternité de Mamoudzou est, par exemple, la plus grande de France, tandis que les écoles sont sous-dimensionnées ; un département dans lequel l’immigration illégale a des conséquences sur la biodiversité, à cause des installations et des pompages illégaux ? Mayotte est le département de France où la déforestation est la plus importante et où les bidonvilles s’étendent – le cyclone Chido l’a tristement rappelé.Ces caractéristiques sont donc celles d’un département qui subit, c’est vrai, une « submersion migratoire ». En ne le reconnaissant pas, vous vous heurtez à la réalité. Il ne s’agit pas de […]

Hélas !

Cet hémicycle a adopté, il y a quelques jours, notre proposition de loi visant à restreindre le droit du sol à Mayotte, en conditionnant l’obtention de la nationalité française à une année de résidence.

Votre texte était anticonstitutionnel !

Pendant l’examen des textes inscrits à l’ordre du jour de notre niche parlementaire, nous avons subi des attaques d’une violence inouïe de la part de la gauche la plus radicale et des outrances caricaturales. Mais nous n’avons rien lâché et nous avons obtenu une victoire pour l’ensemble des Mahorais. Par notre action constructive, nous sommes utiles aux Français ! Permettez-moi, à cet égard, de saluer également le travail de Mansour Kamardine, ancien député mahorais de notre groupe et mon ancien voisin dans cet hémicycle (Applaudissements sur les bancs du groupe DR), qui s’est battu pour son archipel et a fait beaucoup pour son territoire.La Droite républicaine, dans la continuité de personnalités telles que Jacques Chirac, a toujours considéré nos compatriotes ultramarins comme des Français à part entière. Nous aimons l’outre-mer…

Mais vous l’avez oublié quand vous étiez au pouvoir !

…et le disons haut et fort : aimer nos compatriotes ultramarins, c’est refuser de leur faire vivre une situation que nous jugerions inacceptable en métropole.

Tout à fait ! Contrairement à la gauche !

C’est ce que vivent non seulement les Mahorais, mais aussi les Guyanais, qui subissent également une forte immigration irrégulière.Aimer nos compatriotes ultramarins, c’est investir pour améliorer l’accès à l’eau des Martiniquais ou des Guadeloupéens, s’engager pour le système de santé à Saint-Barthélemy ou à Saint-Martin ou encore mieux loger les Réunionnais.Aimer nos compatriotes ultramarins, c’est défendre le droit à l’autodétermination et les Calédoniens, qui ont dit à trois reprises dans les urnes qu’ils sont Français et fiers de l’être. (M. Ian Boucard applaudit.)

C’est faux !

Notre parti associé – le Rassemblement-Les Républicains – est incontournable en Nouvelle-Calédonie, car il sait défendre l’appartenance à la France tout en respectant la culture kanak. Permettez-moi d’ailleurs de saluer le nouveau président de l’exécutif calédonien, Alcide Ponga, également président de ce parti.Aimer nos compatriotes ultramarins, c’est aussi défendre l’autonomie de la Polynésie française, de Saint-Pierre-et-Miquelon et de Wallis-et-Futuna.Oui, nous aimons nos compatriotes ultramarins et nous avons les yeux ouverts. Cette motion de censure est un exemple de cécité et d’immobilisme.Chers collègues, il est temps que cette tartufferie prenne fin. De l’arène politique, vous offrez un spectacle affligeant, qui révèle la déconnexion de certaines formations politiques par rapport au pays.

Comme lors du dîner des sommets !

Vous contribuez ainsi à accentuer la défiance des citoyens à l’égard des politiques ; car, pour être respecté, il faut être respectable.Avec Laurent Wauquiez et les collègues du groupe Droite républicaine,…

On mange à l’heure !

On travaille !

…nous voulons que cette longue séquence d’instabilité politique prenne fin, pour que nous puissions travailler sur les vrais sujets de long terme. Nous voulons par exemple rétablir la justice sociale en créant un écart significatif, à situation familiale identique, entre les familles où les parents travaillent et celles où les parents ne travaillent pas. Ceux qui se lèvent tôt doivent toujours gagner davantage que ceux qui vivent de l’assistanat et des cotisations des autres.

Ça, c’est vrai ! Et pour ça, il y a la taxe Zucman !

Exercer un emploi, naturellement quand on le peut, doit redevenir plus rémunérateur que cumuler des aides.

Échangez votre situation avec la leur : prenez le RSA et laissez vos indemnités d’élue !

Supprimons ces terribles trappes à inactivité, où la reprise d’un travail ou l’augmentation de son volume horaire font gagner en salaire moins qu’elles ne font perdre en prestations ou en tarifs sociaux.Il faut, par étapes, aller vers une allocation sociale unique, qui représentera une simplification pour les bénéficiaires tout en permettant de lutter contre le non-recours et de réduire les frais de gestion. Cette politique doit aller de pair avec le rétablissement des allocations familiales aux familles qui travaillent, pénalisées par la mise sous condition de ressources – un coup de rabot donné sous la présidence de M. Hollande.Voilà une des priorités sur lesquelles nous devons travailler pour la France : mieux valoriser ceux qui travaillent.

C’est fini, votre temps de parole est écoulé !

Je dispose de quinze minutes, alors souffrez de m’écouter encore un peu !

Il ne faut pas leur répondre !

Il serait dommage de vous arrêter, votre discours est brillant !

Ces motions de censure ne sont que des effets de manche qui s’éloignent grandement de cet objectif. Revenez à l’essentiel de la mission d’un député : être utile aux Français et à la France ! (Applaudissements sur les bancs du groupe DR. – M. Éric Martineau applaudit également.)

Le temps de parole était effectivement de quinze minutes.La parole est à Mme Marie Pochon.

« II n’y a qu’une seule question politique : comment voulez-vous élever vos enfants ? » C’est vous qui avez prononcé cette phrase, monsieur le premier ministre, il y a quelques années. Je partage entièrement votre avis : c’est la question qui doit animer chacun de nos choix, en tant que représentants de la nation. Comment voulons-nous élever nos enfants ? C’est la question que je me pose depuis cette dissolution inconséquente, depuis que la morosité s’est installée dans le pays après le déni de démocratie qu’a constitué le refus du résultat des urnes, et alors que la seule discussion proposée au pays est celle de la haine et du rejet de l’autre.Des discussions, nous devrions en avoir sur tant d’autres thèmes ! Non, je ne pense pas à celui de la « laïcité religieuse », qui semble vous intéresser particulièrement, monsieur le premier ministre, mais à ceux qu’avaient inscrits sur le papier […]

Honteux !

Tandis que certains défendent ici un populisme judiciaire enfermant les enfants et stigmatisant les parents, d’autres entendent revenir sur le droit du sol sur tout le territoire national. Tout ce joli monde a également rendu une pluie d’hommages à un tortionnaire, mais n’aura pas eu un mot – pas un seul ! – pour dénoncer, quelques semaines plus tard, une attaque néonazie sur notre sol. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et SOC ainsi que sur plusieurs bancs du groupe GDR.)Vous ne prospérez que sur l’indignité de la division et de la fracture ; et vous appelez les autres à la responsabilité et à la stabilité ! Qu’en est-il de votre responsabilité, monsieur le premier ministre ? Vous ne nous avez jamais posé la question, alors que cela se fait dans toutes les démocraties fonctionnelles ; c’est à cette question que nous devons répondre aujourd’hui.Cette motion de […]

Nous sommes bien d’accord !

La colère qui s’exprime dans notre pays n’est pas « un truc très français ». Elle a des racines très concrètes dans l’abandon de territoires entiers ; dans les logiques de marché qui plongent les gens dans des situations inextricables ; dans la perte de sens que vos discours d’autorité veulent combler ; dans l’abandon, sous couvert de coupes budgétaires, des initiatives Territoires zéro chômeur de longue durée ; dans la fermeture, dans mon département, de sept centres de santé sexuelle ; dans votre incapacité à respecter vos propres engagements écologiques. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et SOC.) Elle se niche dans la véritable démission environnementale dont vous faites preuve en plaçant des cibles sur tous les thermomètres de la protection de la biodiversité, de l’Office français de la biodiversité (OFB) à l’Agence de la transition écologique (Ademe) en passant par […]

La honte !

…tous ces outils qui sont un frein, jugé irraisonnable, à votre sacro-sainte compétitivité – il faudra que vous nous expliquiez un jour comment elle peut faire vivre nos villages et nos fermes, assurer notre mieux-vivre. Rendez-vous compte : entre la censure de M. Barnier et votre nomination, monsieur Bayrou, un département français a été intégralement rasé par les conséquences du dérèglement climatique. Or on regarde ailleurs. C’est vertigineux !« La politique, c’est fait pour donner aux gens des raisons de vivre », disiez-vous il y a quelque temps. Depuis six mois, j’ai douté avant de voter chaque motion de censure, tant l’habitude s’installe d’accepter, parce qu’il le faut, des politiques et des budgets sans débat et sans vote de l’Assemblée ; d’accepter, parce qu’il le faut, les insultes à nos compatriotes, la fracturation de notre communauté nationale ; d’accepter, parce qu’il le […]

Bravo !

Cela seul, sans doute, ouvrirait la porte à l’obligation de coopérer, au-delà des postures démagogiques et populistes. À l’heure où notre République s’abîme de sa perméabilité à la corruption, il n’aurait pas fallu élire au Conseil constitutionnel, avec l’aval de l’extrême droite, un copain sauvé, grâce à la prescription, d’une mise en examen pour prise illégale d’intérêts. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et SOC.)Monsieur le premier ministre, depuis votre nomination, je n’ai pas tout compris à vos mots, et je ne suis pas sûre que vous les maîtrisiez tous non plus. (Rumeurs sur les bancs des groupes EPR et Dem.) Derrière les oublis, les maladresses et les hésitations, j’ai vu se dessiner un cap : vous maintenir au pouvoir grâce au flou, grâce à l’inaction,…

Grâce au RN !

…en promettant un peu à certains mais en ne vous engageant sur rien, alimentant la grande confusion dont se nourrit l’extrême droite. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EcoS. – Mme Dieynaba Diop applaudit également.)J’ai compris que nos générations vivront sans doute moins bien que celles de nos parents, et que nous ne ferons rien, ou si peu, face au cataclysme climatique et sanitaire, comme l’estime le secrétaire général à la planification écologique qui a quitté son poste hier. J’ai compris que, malgré tout ce que nos aînés avaient bâti après les plus grands drames de notre histoire, nous nous enfoncerons dans l’ère du chacun pour soi et de la règle de droit arbitraire selon que l’on soit puissant ou vulnérable. J’ai compris que, malgré les heures d’échanges avec vous, vos ministres et nos collègues députés, vous préférez gouverner avec l’aval d’autres, à l’exact inverse […]

Excellent !

Entendez que cela ne peut justifier la continuité, mais doit conduire à un changement de cap.Pour toutes ces raisons, le groupe Écologiste et social votera la motion de censure. (Les députés des groupes EcoS et SOC ainsi que M. François Piquemal se lèvent et applaudissent. – Plusieurs autres députés du groupe LFI-NFP applaudissent également.)

La parole est à M. Marc Fesneau.

Une motion de censure n’est pas une motion de congrès, qu’il soit du Parti socialiste ou d’une autre formation politique. Ce n’est pas non plus un label ou un trophée qu’un groupe s’attribue à lui-même dans le concours, assez lunaire, du meilleur opposant de France. Enfin, ce n’est pas un étendard politique brandi à chaque polémique pour distinguer ceux qui auraient des valeurs de ceux qui n’en auraient pas.

Un peu quand même !

Non, une motion de censure n’est pas un acte anodin. Il faut en mesurer les conséquences, car elles peuvent être graves, compte tenu des difficultés immenses auxquelles la France, l’Europe et le monde sont aujourd’hui confrontés. Aujourd’hui, celles et ceux qui entendent censurer le gouvernement doivent donc le faire en connaissance de cause.

C’est le cas ! Ne vous inquiétez pas !

Nous le faisons en pleine conscience !

Ce sont les Français qui vous ont censurés, en juin !

Censurer le gouvernement signifie que le projet de loi de finances initiale et le projet de loi de financement de la sécurité sociale que le Parlement vient d’adopter, à l’issue d’un parcours jonché d’obstacles, ne pourront être déployés concrètement et rapidement, sur le terrain. (M. Cyrille Isaac-Sibille applaudit.) Cela signifie que les avancées utiles que des groupes politiques, y compris des groupes d’opposition – même s’ils ont du mal à l’admettre –, ont obtenues avec ces textes ne pourront être déclinées au bénéfice des Françaises et des Français. Je pense tout particulièrement aux efforts consentis en faveur de l’hôpital public ou de l’éducation nationale – sur les bancs de gauche, vous les avez, comme nous, défendus.

On a limité la casse !

Censurer le gouvernement signifie que la stabilité que nous avions commencé à bâtir dans un esprit de compromis et de dialogue, au service des Françaises et des Français, au service des entreprises, des associations et des collectivités territoriales, n’était en réalité qu’un mirage, et que nous les plongeons à nouveau brutalement dans l’incertitude et le désordre. Cela revient aussi à mettre un coup d’arrêt à des avancées attendues : repousser le projet de loi d’orientation pour la souveraineté en matière agricole et le renouvellement des générations en agriculture,…

Ce serait vraiment dramatique ! (Sourires.)

Il n’est pas à la hauteur, et vous le savez !

…réclamé par le monde agricole à la veille de l’ouverture du Salon international de l’agriculture ; renoncer à examiner rapidement la proposition de loi visant à sortir la France du piège du narcotrafic, qui a fait l’objet d’un consensus – je sais que ce mot vous gêne – au Sénat, pour apporter collectivement une réponse à ce fléau funeste ; retarder encore l’examen des propositions de loi sur la fin de vie et les soins palliatifs,…

Vous avez divisé le texte en deux !

…qui trouvent, nous le savons, un écho puissant dans une société qui aspire à plus d’autonomie et de considération pour le choix des personnes en fin de vie.

C’est vrai !

Alors oui, je le dis à nouveau : censurer un gouvernement est tout sauf un acte anodin, à un moment où la France et les Français ont plus que jamais besoin et envie de stabilité.

Nous en avons le droit, et nous assumons cette responsabilité !