Séance du 6 juillet 2026 — 4e séance
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.
| N° | Scrutin | Voix | Résultat |
|---|---|---|---|
| 7979 | la motion de censure déposée en application de l'article 49, alinéa 2, de la Constitution par Mmes Cyrielle Chatelain, Nadège Abomangoli et 56 députés… | 132 / 0 | rejeté |
Tours 1 à 200 sur 503 — page 1 / 3.
La séance est ouverte.
(La séance est ouverte à quatorze heures.)
J’informe l’Assemblée que j’ai reçu, le jeudi 2 juillet 2026, à 14 h 30, une motion de censure déposée par Mmes Cyrielle Châtelain et Nadège Abomangoli ainsi que par cinquante-six membres de l’Assemblée, en application de l’article 49, alinéa 2, de la Constitution. La motion de censure a été notifiée au gouvernement et affichée.En conséquence, l’ordre du jour appelle la discussion et le vote sur cette motion de censure.La parole est à Mme Marie-Charlotte Garin.
Avec dix-huit ministres et dix-sept députés seulement dans l’hémicycle, le gouvernement mène ! Va-t-il gagner ? C’est la question du jour…
Il y a plus de journalistes que de députés !
Depuis quelques mois, il se passe quelque chose de curieux dans cet hémicycle : dès que nous ne sommes pas d’accord avec le gouvernement et lui demandons des comptes, les ministres s’offusquent au micro, nous reprochent de polémiquer ou, pire encore, de faire de la politique !
Ben oui !
Alors que vous mettez tant d’énergie à tout aseptiser, à tout vider de son sens, à tout dépolitiser, je me doute que cela doit être inconfortable pour vous, macronistes ; mais vous nous offrez là un bien triste spectacle.
Vous aussi !
Il dévoile votre incapacité à faire face à un monde qui a changé sans que vous l’ayez compris, trop occupés que vous êtes à attendre que la richesse ruisselle, pendant que nos cours d’eau s’assèchent. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.) Dans le grand chaos que vous avez organisé durant ces dix dernières années, face à la crise climatique et aux canicules extrêmes que vous n’avez pas anticipées, face à la crise sociale que vous avez provoquée, il nous appartient de clarifier qui est responsable, redevable et, à la fin, coupable.
Exactement !
C’est le sens de la motion de censure proposée par ma collègue Sandrine Rousseau à notre groupe.
Les écolos ne sont même pas là !
Monsieur le premier ministre, je vais vous dire d’où je parle. Je me suis engagée en politique précisément pour combattre votre inaction ; parce que j’étais une jeune femme dans un monde en flammes et que les responsables politiques regardaient ailleurs. Sur les bancs de ma famille politique, aucun d’entre nous n’est là par hasard. Parmi nous siègent ceux et celles qui, depuis plusieurs décennies, participent à tous les combats pour empêcher ce que nous vivons aujourd’hui. Les écologistes ne jouent ni avec le feu ni avec le climat.
Où sont-ils ?
Où est Cyrielle Chatelain ?
Ça suffit !
Il n’y a pas de postures chez nous lorsque nous débattons des conditions de la vie sur terre.La semaine dernière, nous avons vu un monde en train de s’effondrer : coupures de courant répétées, villes éteintes, récoltes ruinées, animaux morts par milliers, champs brûlés ; travailleurs, parents et enfants épuisés ; aînés en danger ; hôpitaux, prisons et Ehpad surchauffés ; morts refusés dans les funérariums.Daniel avait 19 ans. Le 26 mai, il est monté sur une charpente, par une chaleur écrasante. Le soir, il est mort : hyperthermie. Alors que notre pays compte déjà plus de 2 000 morts à cause de votre inaction, une nouvelle vague de chaleur s’installe en ce moment même. On nous répétera que c’était la fatalité, qu’il faisait chaud, que Daniel aurait dû s’arrêter, que ces gens auraient dû boire et faire attention – la valse habituelle des petits gestes. La canicule a ce génie funeste de […]
Oh là là !
Voilà la vérité qu’on n’ose généralement pas dire à cette tribune : la canicule n’est pas un accident mais la conséquence directe du réchauffement climatique, c’est-à-dire de nos émissions de gaz à effet de serre. Météo-France nous prévient que, d’ici le milieu du siècle, le nombre de jours de canicule sera multiplié par cinq. Les bébés nés le mois dernier ont déjà connu deux canicules ! Ce que nous vivons n’est pas la catastrophe mais la bande-annonce de la catastrophe – et, pour eux, le reste de leur existence.Trente ans d’alertes des scientifiques, une condamnation de la France pour inaction climatique, les rapports du Haut Conseil pour le climat (HCC) et de la Cour des comptes, une COP21 en grande pompe, une convention citoyenne qui avait tout dit, tout écrit. « Qui aurait pu prédire ? » Tout le monde aurait pu le prédire, littéralement tout le monde, et vous en particulier. […]
Oh !
Coupables d’avoir raboté MaPrimeRénov’…
C’est nous qui l’avions mise en place !
…et cassé l’élan des rénovations thermiques, d’avoir fait passer la loi Duplomb, les mégabassines, l’acétamipride. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.) Vous avez enterré les 100 milliards d’euros promis au rail.
Elle a raison !
En pleine canicule, vous avez rallumé les centrales à gaz pour compenser des réacteurs nucléaires à l’arrêt, faute d’eau pour les refroidir.
C’est vous qui êtes contre le nucléaire !
Écrase un peu !
En pleine vague de chaleur, vous avez violemment saboté le fonds Vert, qui permettait aux communes de s’adapter.Vous qui aimez tant l’ordre, vous êtes responsables de n’avoir rien su planifier et du chaos qui en découle : des gens qui se précipitent sur les climatiseurs dans les supermarchés ; des parents et des profs qui mettent des couvertures de survie dans les crèches et les écoles ; des jeunes qui passent leurs examens dans des parkings ; des soignants qui paient des ventilateurs de leur poche. Mais, heureusement, vous avez prolongé les soldes ! Et, maintenant qu’il s’agit de sauver votre peau face à la censure, on nous apprend qu’une proposition de loi a été déposée au Sénat : nous voilà sauvés !
Eh oui !
Vous dites que tout va bien puisque le système a tenu mais, monsieur le premier ministre, la seule chose qui tient encore, c’est l’ampleur de votre déni ! Si les gouvernements changent, la politique reste la même : Édouard Philippe, Jean Castex, Élisabeth Borne, Gabriel Attal, François Bayrou ont tous poursuivi la même fuite en avant libérale.
Et Barnier ?
Toujours moins d’investissements publics et plus de renoncements écologiques, toujours la même confiance aveugle dans le marché alors qu’il nous mène droit dans le mur. Vous ne serez plus au pouvoir quand tout continuera de brûler, mais vous serez coupables.Et qu’on ne compte pas sur l’extrême droite pour nous sauver. Qu’on se le dise : le Rassemblement national vote contre chaque mesure écologique, méprise la science (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS. – Mme Marianne Maximi applaudit également) et doute du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) à chaque occasion.Comment agir ? Dans l’urgence, il nous faut tout de suite un budget rectificatif qui rétablisse le fonds Vert, MaPrimeRénov’ et les crédits des énergies renouvelables ; un congé climatique ; un droit de retrait face à la chaleur et un vrai décret canicule, fixant enfin une température […]
La taxe Zucman !
…et en cessant d’accorder des cadeaux fiscaux à vos copains milliardaires. Vous croyez que cela coûte cher ? Le coût de votre inaction, lui, n’a pas fini d’augmenter.Deux chemins s’ouvrent devant nous, dont un seul mène à la vie.Le premier, celui que ce gouvernement a choisi, conduit vers un monde où respirer, voire vivre, l’été est un privilège, un monde où les puissants se barricadent au frais pendant que les autres encaissent et s’adaptent, c’est-à-dire souffrent et meurent. Ce monde-là n’est pas l’avenir ; c’est déjà un présent que nous refusons de toutes nos forces. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.)Le second chemin est celui de la rupture : cesser de quémander poliment quelques ventilateurs,…
Exactement !
…reprendre le contrôle, remettre l’économie au service de nos besoins réels plutôt que de l’accumulation sans fin de quelques-uns, en tenant compte des limites du vivant. Ce chemin est celui d’une écologie qui, loin de demander aux pauvres de se serrer la ceinture, désarme le pouvoir de l’argent sur nos vies.
Eh oui !
C’est la seule politique réaliste qui reste après que toutes les autres nous ont menés au chaos. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.)
Elle a raison !
Monsieur le premier ministre, ne méprisez ni la peur ni la colère que nous exprimons car elles sont partagées par des millions de Français. Cette motion de censure fera date…
Ça, c’est sûr !
…car elle montre clairement qui, face à la crise climatique, s’accroche envers et contre tout à un système agonisant, et qui regarde devant (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS) ; qui se contente de la goutte d’eau quand le désert est à sec, et qui a compris qu’il fallait abandonner le vieux monde.Un gouvernement qui savait, qui a désarmé le pays face au danger, coupé les crédits de la survie et n’a rien fait quand les corps tombaient, ne peut pas rester.
N’importe quoi !
Nous ne vous demandons pas de comprendre mais nous vous demandons de partir, et nous exigerons des comptes. Chers collègues, censurons ce gouvernement et préparons la rupture ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS, dont la plupart des députés se lèvent, et sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et SOC.)
La parole est à M. le premier ministre. (Interjections entre quelques députés des groupes EPR, Dem et EcoS.) M. le premier ministre est à la tribune, nous allons l’écouter puisque c’est son gouvernement et lui-même qui sont visés par la motion de censure.
Que sa majorité se tienne !
Vous avez la parole, monsieur le premier ministre.
Je ne suis dupe ni de la gravité de la canicule que notre pays vient de traverser ni de la nature de la motion de censure qui nous réunit.Cette canicule a éprouvé des familles, des travailleurs et des agriculteurs tout comme nos services publics et notre système de santé. Elle a provoqué des drames humains ; son bilan sanitaire définitif sera établi avec méthode et rendu public en toute transparence. Elle n’a pas frappé seulement la France : toute l’Europe de l’Ouest a été confrontée à cet épisode exceptionnel et, malheureusement, plusieurs de nos voisins établissent eux aussi leur bilan.La gravité impose de ne rien dissimuler, mais aussi de ne rien inventer. Présenter comme définitifs des chiffres qui ne le sont pas, additionner des décès de nature différente et accuser le gouvernement – je cite – d’avoir des morts sur la conscience n’est pas une alerte…
Une vérité !
…mais une faute.
C’est médiocre !
C’est une faute envers les familles, les soignants, les pompiers, les élus locaux, les agents publics et les associations mobilisés jour et nuit ; une faute, enfin, envers le débat démocratique lui-même.
Qui est responsable ?
Ceux qui n’ont rien fait entre 2012 et 2017 !
C’est mauvais comme un discours d’Attal !
Je veux distinguer ces accusations des interrogations précises et légitimes exprimées par d’autres groupes sur les moyens de mieux adapter notre pays. On peut contester l’action du gouvernement…
On la conteste !
…sans instrumentaliser les victimes. On peut demander davantage…
C’est ce qu’on fait !
…sans prétendre que rien n’a jamais été fait.Que cette discussion permette au moins de parler sérieusement du fond.
Oui, parlons des faits !
S’il s’agit de parler de notre hôpital, parlons-en.
Mieux vaut le financer que d’en parler !
L’hôpital est un bien commun : il appartient aux Français. Il est légitime que chacun d’entre eux nous demande des comptes, particulièrement en période de tension induite par une crise climatique. Depuis le covid, nous avons transformé la gestion de l’urgence en trajectoire durable d’investissement. Ainsi, depuis le Ségur de la santé, 21 milliards d’euros ont été engagés pour moderniser les bâtiments et les équipements, reprendre une partie de la dette hospitalière et continuer d’investir jusqu’en 2035. Désormais, 12 milliards d’euros s’ajoutent chaque année à ces engagements pour mieux rémunérer 1,5 million de professionnels de santé et, à l’hôpital public, 15 000 recrutements ont été actés.
Et combien de départs ?
Ce ne sont pas des crédits ponctuels ayant vocation à disparaître l’année suivant leur engagement mais, pour l’essentiel, des dépenses permanentes que l’on retrouve chaque année dans les comptes de la sécurité sociale.
Est-ce qu’il a été financé, le Ségur ?
Il faut donc avoir l’honnêteté de dire qu’une part importante du déficit actuel de la sécurité sociale s’explique par le choix que nous avons fait de mieux payer les soignants,…
On ne les paie pas assez !
…de recruter, de désendetter les établissements et de réparer des bâtiments qui avaient trop longtemps fait l’objet d’un sous-investissement. On ne peut pas, dans le même discours, dénoncer le déficit de la sécurité sociale et affirmer que rien n’aurait été fait pour l’hôpital. Nous assumons ce choix parce qu’on ne soigne pas dignement lorsque les professionnels sont insuffisamment rémunérés, les établissements étranglés par leur dette et les bâtiments dégradés.Plus de 750 opérations de reconstruction ou de réhabilitation sont engagées depuis 2020, qui concernent près de 60 % du parc hospitalier public. Dans les bâtiments rénovés ou reconstruits, les unités d’urgence, de réanimation et de soins intensifs, les blocs opératoires et autres secteurs sensibles sont équipés de systèmes de climatisation ou de rafraîchissement. On sait que la climatisation n’est pas encore généralisée dans tout […]
On remercie les soignants !
C’est précisément pour cette raison que nous accélérons. Dans l’urgence, 30 000 climatiseurs mobiles sont en voie d’acquisition et de livraison – dont 10 000 dès cette semaine.
Waouh !
Une enveloppe de 100 millions d’euros est mobilisée dès cet été pour les établissements de santé, tandis que le fonds consacré à la qualité de vie dans les Ehpad pourra être mobilisé en priorité pour acquérir ces équipements. Les décisions seront prises au plus près des territoires : nous n’allons pas imposer plusieurs mois de procédures administratives à un service qui risque de fermer faute de moyens de rafraîchissement.Mais la mise à disposition de climatiseurs mobiles ne constitue pas une politique de long terme. Dans le plan d’investissement hospitalier qui s’appliquera jusqu’en 2035, les moyens consacrés à la rénovation énergétique et au confort d’été seront doublés, pour atteindre 600 millions d’euros. Ils financeront le rafraîchissement mais aussi les protections solaires, la ventilation, l’isolation et la rénovation des façades. Nous proposerons également aux départements […]
Et quand il sortira faire ses courses ?
Voilà la réalité de l’hôpital et des Ehpad, que nous n’avons pas abandonnés, même s’il reste beaucoup à faire. Nous avons commencé à investir et nous continuerons.Dans le texte de la motion de censure, une question est posée : « Qu’a fait le gouvernement, ces dernières années, pour prévenir ces événements » ? Deux chiffres suffisent à démontrer que la réponse n’est pas : « Rien. »
Alors presque rien !
Entre janvier 2023 et janvier 2025, 836 000 résidences principales ont cessé d’être des passoires thermiques. En juin 2026, 55 800 véhicules électriques neufs ont été immatriculés – c’est un record historique : en 2017, il s’en vendait moins de 25 000 en une année entière.
Eh oui !
Ces évolutions ne sont pas spontanées, mais résultent de choix politiques :…
On est d’accord là-dessus !
…rénovation des logements, bonus automobile, éco-score, verdissement des flottes et développement des bornes de recharge. Depuis 2017, le rythme de baisse de nos émissions de gaz à effet de serre a été multiplié par cinq par rapport à la période précédente. Ce n’est pas encore assez, mais ce n’est pas rien.En outre, la France n’a pas seulement agi sur son territoire : elle a promu l’accord de Paris, défendu la sortie des énergies fossiles, remis la protection des forêts et des océans au cœur de l’agenda international et continué à mobiliser la finance pour le climat, y compris lorsque d’autres pays – et non des moindres – reculaient. Cette constance, que vous le vouliez ou non, restera l’un des éléments importants du bilan diplomatique du chef de l’État.
Donc tout va bien ?
S’il s’agit à présent de parler de l’adaptation de la France, penchons-nous là encore sur les faits, rien que les faits. Notre pays ne découvre pas l’adaptation en juillet 2026. Le troisième plan national d’adaptation au changement climatique (Pnacc) prépare pour la première fois l’ensemble de nos politiques publiques à une France susceptible de connaître un réchauffement de 4 oC à la fin du siècle.
Ça n’existe pas : à plus 4 oC , on est tous morts ! On ne peut pas s’y adapter. Relisez les revues scientifiques, ça vous fera du bien !
Il comporte 52 mesures et 341 actions relatives à la santé, aux logements, aux écoles, au travail, aux transports, à l’agriculture, à l’eau, aux forêts et aux infrastructures essentielles, dont plus de 85 % sont déjà engagées.
Tout va bien, donc ?
Cette trajectoire de réchauffement est désormais intégrée dans notre droit. Les collectivités disposent de données climatiques adaptées à leur territoire et la mission Adaptation leur apporte l’expertise de l’État. Les gestionnaires de nos grands réseaux ont engagé leurs études de vulnérabilité. Le plan Eau est lui aussi entièrement lancé : plus de trois quarts des mesures qu’il prévoit sont déjà appliquées et 1,4 milliard d’euros sont mobilisés pour les agences de l’eau.
Vous y croyez vous-même ?
En matière de travail, nous avons également été les premiers à inscrire dans le code du travail des obligations spécifiques de prévention des risques liés à la chaleur intense, qui doivent être pris en compte depuis mai 2025, y compris s’agissant du travail en intérieur. Plus de 4 500 contrôles ont été réalisés dès la première année. Il conviendra naturellement d’évaluer ce cadre après cette canicule. L’organisation du travail ne peut pas être réglée uniquement par une norme uniforme décidée à Paris : les métiers et les niveaux d’exposition sont trop différents. L’adaptation au changement climatique doit donc devenir un sujet à part entière du dialogue social et du paritarisme.
Rouvrez les CHSCT !
Notre adaptation repose également sur une politique énergétique cohérente. En 2025, plus de 95 % de l’électricité produite en France provenait de sources bas-carbone. Il résulte de cette production bien moins d’émissions de CO2 que dans la moyenne européenne – elles sont notamment près de vingt fois inférieures à celles de la production allemande. Mais un peu moins de 60 % de l’énergie que nous consommons reste d’origine fossile et nous dépensons chaque année environ 60 milliards d’euros pour importer du pétrole et du gaz. Nous finançons ainsi notre dépendance géopolitique en même temps que le réchauffement climatique.C’est pour sortir de cette contradiction que le gouvernement a publié la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) et lancé le plan d’électrification des usages. Grâce à cette PPE, nous disposons d’une vision à long terme de notre modèle énergétique. Elle […]
Refroidis comment, avec l’eau qui manque ?
Quatre centrales sont à l’arrêt !
Elle vise aussi à développer l’hydroélectricité, l’éolien en mer, la géothermie, le biométhane et le photovoltaïque, en fixant des objectifs mieux maîtrisés.
Incroyable !
Le débat sérieux que nous devons mener n’a pas vocation à trancher entre le nucléaire et les énergies renouvelables, mais à déterminer comment produire suffisamment d’électricité française, décarbonée, pilotable et compétitive pour remplacer le pétrole et le gaz.Quant au plan d’électrification des usages, il concerne les logements, les transports, l’industrie, l’agriculture et les bâtiments publics. Il favorisera notamment les pompes à chaleur et la géothermie, susceptibles de produire de la chaleur en hiver et du froid en été.
Waouh ! C’est génial !
Quelle honte…
Cette stratégie est donc directement liée à notre préparation aux canicules. Développer le rafraîchissement dans les hôpitaux, les Ehpad, les écoles et les logements suppose de produire davantage d’électricité, et mieux vaut qu’il s’agisse d’une électricité française largement décarbonée que d’énergie fossile importée.Il faut tout de même relever une singulière ironie. Ceux qui, à gauche, écologistes et Insoumis, ont voulu censurer le gouvernement au moment où il publiait la troisième PPE, lui demandent aujourd’hui des comptes sur la préparation du pays au changement climatique.
C’est très cohérent !
Ceux qui ont fait du nucléaire un adversaire demandent davantage d’électricité décarbonée.
Vous savez que le nucléaire est une impasse !
Ceux qui ont longtemps fait de la climatisation un tabou demandent pourquoi tous les bâtiments ne sont pas climatisés.
Exactement !
Vous êtes bien libres de changer d’avis,…
C’est vous qui avez changé d’avis !
…mais vous ne pouvez pas demander que l’on oublie ces dangereux contresens historiques.
Ce sont les partisans du « en même temps » qui nous donnent des leçons de cohérence ?
La politique climatique ne peut pas consister en une accumulation d’interdits, de tabous et de motions de censure : elle doit favoriser la production, l’investissement et la protection.Puisque les auteurs de cette motion de censure évoquent continuellement le fonds Vert, parlons-en.
Oui !
Il ne s’agit pas d’un dispositif ancien dont ce gouvernement aurait hérité : il a été créé en 2022 par le gouvernement d’Élisabeth Borne et rendu opérationnel en janvier 2023. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem. – Exclamations sur les bancs du groupe EcoS.)
Vous l’avez divisé par quatre !
Nous l’avons créé parce que les collectivités locales sont en première ligne et qu’elles avaient besoin d’un outil déconcentré, accessible auprès des préfets et adapté à leurs projets. Depuis son entrée en action, il a permis le soutien de plus de 25 000 projets et l’engagement de 4,5 milliards d’euros de subventions. Des écoles ont été rénovées, des villes renaturées, des réseaux d’eau modernisés et des territoires protégés contre les inondations, les incendies et le recul du trait de côte.
Eh oui !
Exactement !
C’est pour ça que vous l’arrêtez ?
Pourquoi vous le baissez ?
Il est donc pour le moins curieux de présenter un instrument que nous avons nous-mêmes créé comme la preuve de notre prétendue inaction. S’il constitue désormais l’étalon unique et absolu de toute politique climatique, pourquoi ne l’avait-on pas créé auparavant ?
On attendait tellement le nouveau monde !
Du reste, que nous l’ayons créé ne nous interdit pas de le faire évoluer. Son champ d’intervention très large a permis le financement de nombreux projets mais a aussi pu conduire à une dispersion de ses moyens. Nous devrons donc le recentrer vers l’adaptation au changement climatique, limiter le saupoudrage et donner la priorité aux collectivités qui cumulent les vulnérabilités les plus fortes et les capacités financières les plus faibles. C’est souvent dans les communes les plus pauvres que se trouvent les bâtiments les plus anciens, les quartiers les plus minéraux, les réseaux les plus fragiles et les populations les plus exposées. Nous devons donc les accompagner en premier.
Seules 10 % des écoles le sont !
Mais cette canicule nous oblige à aller au-delà du simple examen des chiffres, des crédits et des dispositifs. Elle a mis en lumière une fragilité plus profonde : la solitude. Depuis 2003, les Ehpad ont connu une profonde réorganisation. Ils disposent à présent d’espaces collectifs rafraîchis, de professionnels présents et de procédures de surveillance, quoiqu’ils demeurent vulnérables et que nous devions continuer à les moderniser.Toutefois, pendant cette canicule, c’est à domicile que se révélaient certaines des vulnérabilités les plus importantes. Une personne âgée, ou plus jeune mais fragile, vivant seule dans un appartement surchauffé, sans visites régulières, sans équipement adapté et parfois sans être connue des services municipaux, peut désormais être davantage en danger qu’une personne accompagnée dans un établissement collectif. Dans les grandes villes, l’anonymat peut rendre […]
Ah, si on avait eu un plan Grand Âge !
Dans les campagnes, le maire, le facteur, le voisin ou le commerçant entretiennent encore souvent un lien quotidien ou quasi quotidien avec les habitants. Dans de nombreux quartiers populaires également, les solidarités familiales et de voisinage restent puissantes. Partout, cependant, ces liens disparaissent et la vulnérabilité a augmenté et continue de le faire. Certains de nos concitoyens sont éloignés de leur famille ; d’autres en sont parfois oubliés ou abandonnés ; d’autres encore vivent au milieu de milliers de personnes sans qu’aucune ne remarque leur absence ou leur silence éventuels.La solitude est un sujet de société.
Vous êtes au pouvoir depuis dix ans !
La puissance publique doit faire davantage : mieux repérer les personnes isolées, organiser des visites, ouvrir des lieux rafraîchis et coordonner les communes, les centres communaux d’action sociale (CCAS), les professionnels de santé, les bailleurs, les associations et les réseaux de proximité.
Sans asphyxier les collectivités !
C’est le sens de la mobilisation du réseau des facteurs proposé aux communes, ainsi que des travaux engagés pour faire évoluer la planification Orsec – organisation de la réponse de sécurité civile – face aux chaleurs extrêmes et examiner les conditions dans lesquelles une personne en danger pourrait être temporairement accompagnée vers un lieu sécurisé et rafraîchi.Mais là aussi, disons les choses franchement : la puissance publique ne peut pas tout. Elle ne remplacera jamais une famille qui appelle, un enfant qui rend visite à ses parents, un voisin qui frappe à une porte, un gardien qui remarque une absence ou un commerçant qui donne l’alerte. Une société ne se mesure pas seulement à la solidité de ses plans de crise ou au montant de ses crédits budgétaires, mais aussi à l’attention qu’elle porte à celles et à ceux que plus personne ne regarde.
Même à « ceux qui ne sont rien » ?
Même la solidarité, vous l’avez ruinée !
Quelle inspiration !
Ne nous trompons pas de diagnostic : le gel de quelques millions d’euros alloués à un fonds public n’est pas la cause de cette solitude. La rénovation d’une école ou d’une salle polyvalente est indispensable, mais elle n’ouvrira jamais à elle seule la porte de l’appartement d’une personne oubliée. Si l’adaptation au changement climatique est affaire de bâtiments, de réseaux, d’investissements, elle est aussi affaire de lien humain, de responsabilité familiale, de solidarité de voisinage et de vigilance collective – de fraternité républicaine, en somme. C’est peut-être la leçon la plus exigeante de cette canicule : nous devons adapter nos infrastructures, mais aussi réparer ce qui, dans notre société, laisse parfois les plus fragiles seuls face au danger.
Qui est président de la République ?
C’est pour ça qu’il faut un plan Grand Âge, avec des mesures pour les personnes à domicile, et de vrais moyens !
Et les associations ?
Ça concerne aussi les sans-abri ?
Enfin, nous devrons simplifier. Tout le monde appelle à la simplification,…
Non !
…mais dès qu’il faut supprimer une procédure, raccourcir un délai ou assumer une dérogation, les résistances apparaissent vite. Certaines normes, y compris environnementales ou patrimoniales,…
Nous y voilà !
…conçues pour protéger, retardent parfois l’installation de protections solaires, de systèmes de ventilation ou de dispositifs de rafraîchissement. Nous ne pouvons pas laisser des règles conçues hier empêcher l’adaptation au climat de demain. Simplifier ne signifie pas renoncer à protéger, mais hiérarchiser les priorités, réduire les délais et faire prévaloir la sécurité des personnes lorsqu’elle est en jeu.
Des exemples concrets ?
Cela exige aussi un rapport nouveau à l’assurance. C’est pourquoi la proposition de loi défendue par le député Barusseau et votée ici de manière transpartisane sera inscrite à l’ordre du jour du Sénat dès la rentrée prochaine.
On en a, de la chance !
On est sauvés !
Au moment même où nous débattons, des feux importants frappent le sud de la France : près de 14 500 hectares ont déjà brûlé cette saison, soit près de trois fois plus qu’à la même date l’an dernier.Je veux dire notre solidarité aux habitants évacués et remercier les sapeurs-pompiers, la sécurité civile, les forces de l’ordre,…
Il faudrait leur donner des moyens !
…les élus locaux, les associations agréées et les personnels militaires engagés en appui. Le ministre de l’intérieur est actuellement sur place, à leurs côtés. L’État est mobilisé, y compris dans le cadre de la solidarité européenne : la France a activé le mécanisme de protection civile de l’Union pour obtenir des renforts aériens. Mais la prévention compte aussi : le débroussaillement obligatoire, les nouveaux moyens de la sécurité civile, le Beauvau de la sécurité civile et la transformation de nos armées doivent nous permettre de faire face à des saisons de feux plus précoces, plus longues et plus violentes.Voilà ce que nous avons fait. Voilà ce qu’il reste à accomplir. Mais s’il s’agit en réalité d’autre chose, alors parlons franchement de politique.
Parce que jusqu’à présent, ce n’était pas de la politique ?
Je crois que cette motion n’a pas été déposée pour obtenir un débat sur la canicule.
Vous n’avez pas écouté Marie-Charlotte Garin ! Quelle mauvaise foi !
Pour débattre, proposer des crédits, modifier la loi ou contrôler l’action du gouvernement, le Parlement dispose de tous les instruments nécessaires.
Il faut une loi de finances rectificative !
Cette motion vise…
À vous faire partir !
…à éprouver les rapports de force à gauche, à exercer une pression sur ses différentes composantes et à distribuer des brevets d’opposition avant l’élection présidentielle.
Occupez-vous de la cohérence de vos ministres ; nous, nous nous occupons de celle de la gauche !
À peine la session extraordinaire ouverte et le droit de déposer une motion retrouvé, la censure est redevenue l’horizon. Ce n’est pas le fruit du hasard.
Vous auriez pu changer vos fiches !
C’est votre droit constitutionnel, je le respecte, mais personne n’est dupe. Cette motion ne protégera pas une personne âgée isolée, elle ne rafraîchira pas une chambre d’hôpital, elle ne modernisera pas un réseau d’eau. Si elle était adoptée, elle ajouterait au contraire une crise politique aux crises climatiques, sanitaires et internationales que le gouvernement doit déjà gérer.
C’est la dissolution décidée par votre patron qui est à l’origine de la crise politique !
La crise, c’est vous !
Depuis plusieurs mois, j’ai choisi une autre méthode : le gouvernement propose ; le Parlement débat, amende et vote. Cette méthode a permis de donner un budget à la France, de préserver les moyens de la santé et de la protection sociale, et de faire avancer des textes utiles.
Ce n’est pas vrai ! Menteur !
Elle doit maintenant nous permettre d’aboutir sur le texte tant attendu relatif à la protection de l’enfance et de poursuivre le travail engagé sur la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants. Une actualité peut en chasser une autre, mais elle ne doit jamais effacer les engagements pris. Alors que vous avez demandé ces textes avec autant d’insistance, qui pourrait croire que leur examen pourrait désormais attendre ?
Ça fait dix ans qu’on attend !
Une censure ne l’accélérerait pas, elle le retarderait. Le compromis n’efface pas les convictions. Il permet à la République d’avancer lorsque les Français n’ont donné de majorité absolue à personne.
Ils ont donné une minorité absolue aux macronistes !
J’ai voulu un gouvernement de mission, pas un gouvernement de campagne : un gouvernement tenu à distance de la préparation de l’élection présidentielle et entièrement consacré aux affaires du pays. Le temps de l’élection viendra bien assez vite. Chacun défendra son projet. Les Français trancheront. D’ici là, nous avons des crises à gérer,…
Vous les gérez très mal !
…des textes à voter et des engagements à tenir.
Avec quels moyens ?
Vous avez beaucoup répété, pour certains, qu’il n’était pas trop tard.
Pas trop tard pour démissionner !
Vous avez raison, il n’est pas trop tard pour accélérer l’adaptation de la France. Il n’est pas trop tard pour mieux protéger les personnes isolées et les territoires les plus vulnérables.
Ça fait dix ans que vous êtes là !
Il n’est pas trop tard pour remplir nos engagements sur la protection de l’enfance et les violences faites aux femmes et aux enfants.
Il faut des moyens !
II n’est pas trop tard pour construire des compromis utiles. Il n’est pas trop tard pour ne pas ajouter une crise politique aux difficultés que notre pays doit déjà affronter ! (Exclamations sur les bancs du groupe EcoS.) Mesdames et messieurs les députés, une motion de censure n’est ni un communiqué de presse ni un instrument de campagne électorale.
C’est mauvais comme du Gabriel Attal !
C’est un acte grave. Vous êtes libres de votre vote ; chacun devra néanmoins en répondre devant le peuple français. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem. – M. Laurent Marcangeli applaudit également. – Exclamations sur quelques bancs du groupe EcoS.)
La parole est à M. Marc Fesneau.
Au moment où notre pays fait encore face à une épreuve d’une gravité exceptionnelle – une canicule extrême, qui n’est pas réellement achevée –, au moment où nous découvrons encore l’ampleur des dégâts, où des familles sont endeuillées et où chacun prend, dans sa chair, la mesure des bouleversements actuels et à venir, au moment où nos services d’incendie et de secours luttent sans relâche, au moment où l’été s’annonce sans doute comme l’un des plus difficiles jamais connus, avec tout ce que cela exige de mobilisation, de résilience et d’esprit collectif, au moment où de Vannes à Perpignan en passant par Paris on se bat, voilà que le groupe Écologiste et social…
Voilà que vous n’avez rien fait !
…utilise notre après-midi pour une motion de censure inutile – il suffit de voir la faible présence des députés écologistes dans l’hémicycle pour mesurer l’importance limitée qu’ils semblent eux-mêmes lui accorder.Ce débat n’éteindra aucun incendie, ne fera pas retomber la température d’un seul degré, ne soulagera aucun de nos concitoyens. (Exclamations sur les bancs du groupe EcoS. – M. Antoine Léaument s’exclame également.) Que faut-il y voir ? Un besoin d’exister sans doute. Plus sûrement encore, des gages donnés aux alliés Insoumis. Car voilà le prix de cette alliance : rien pour les intérêts du pays, tout pour ceux des partis. Je le dis avec gravité, à l’heure où le pays a besoin d’unité et d’action, ce choix laisse un profond sentiment d’indécence et d’irresponsabilité.
Très bien !
Il suffit de lire la motion : tout y est. Pensez-vous réellement, sérieusement, que le gouvernement doit être censuré au motif que des enfants ont été laissés dans des voitures ou s’y sont enfermés, ou que des dizaines d’autres se sont noyés, souvent, hélas, pour n’avoir pas suivi les consignes ou les interdictions ? Trouvez-vous décent d’instrumentaliser ainsi des drames humains ? Au fond, votre exposé des motifs est un manifeste d’irresponsabilité et un aveu, celui de votre amnésie et de votre inconséquence.
Très bien !
Alors, puisque vous voulez consacrer un après-midi à chercher des coupables plutôt que des solutions, prenons au moins le temps d’examiner vos choix, vos renoncements, vos erreurs et vos responsabilités,…
C’est vous qui êtes au pouvoir, c’est vous qui êtes responsables !
…et de rappeler ce que nous avons fait depuis près de dix ans avec le président Macron et les gouvernements successifs. Je propose que chacun assume ce qu’il a fait, ce qu’il n’a pas fait et qu’il aurait dû faire, et ce qui reste à accomplir, ensemble, pour l’avenir – comme l’a dit M. le premier ministre. C’est le sens que je donne au mot « responsabilité », mais manifestement nous n’en avons pas la même définition. Vous avez fait le choix de sacrifier l’action sur l’environnement pour le parapluie électoral des Insoumis. Je regrette le temps où cette cause pouvait être un objet de concorde. L’urgence l’exigerait pourtant.Commençons par le débat, aussi stérile que tragique, sur le choix entre atténuation et adaptation, que vous avez entretenu pendant des années. Vous pouvez toujours vous en défendre, vous avez été, des années durant, les pourfendeurs de toute politique réelle […]
Eh oui !
Je me souviens des réactions lorsque la première véritable stratégie d’adaptation de notre pays a été présentée. Certains osaient dénoncer un renoncement, comme si préparer la France aux conséquences du changement climatique revenait à l’accepter.
Exactement !
Nous avons fait un choix différent : celui de ne pas opposer l’atténuation et l’adaptation,…
En ne faisant rien pour l’un ni pour l’autre – c’est facile !
…parce que protéger les Français contre les effets du dérèglement climatique n’a jamais empêché de le combattre. Nous conjuguons concrètement la baisse massive des émissions de gaz à effet de serre et l’adaptation des territoires aux effets déjà dévastateurs du dérèglement climatique. Avant cela, vous avez soutenu des politiques d’atténuation souvent sans cohérence d’ensemble, sans moyens à la hauteur, donc sans efficacité. Tel était précisément le sens de la planification écologique lancée en 2022 par Élisabeth Borne : coordonner enfin nos actions.
Sans moyens !