Nous examinons la proposition de loi, adoptée par le Sénat après engagement de la procédure accélérée, relative à la sortie des collections publiques de restes humains kali’nas et arawaks en vue de funérailles sur le territoire de la Guyane. Au-delà des étiquettes partisanes, il nous a paru légitime qu’un député élu de ce département puisse être rapporteur de ce texte. C’est ainsi que M. Jean-Victor Castor a été…
segment 1 · 77 motsMiacapo, Emo Marital, Pékapé, Ibipio. Couani, Mayaré, Malé, Gaseï. Avant toute chose, je souhaitais prononcer leurs noms. Car pendant cent trente ans, ces femmes et ces hommes ont été enfermés dans d’autres appellations : celles de « spécimens », de « collections », de « restes humains ». Pendant cent trente-quatre ans, ils ont été privés de ce qui constitue pourtant le premier marqueur de notre humanité : leur…
segment 2 · 1620 motsNous en venons aux interventions des orateurs des groupes.
segment 3 · 9 motsNous sommes réunis pour examiner une proposition de loi d’apparence limitée, mais dont la portée morale, mémorielle et humaine est considérable. Elle vise à permettre la sortie des collections publiques de restes humains kali’nas et arawaks, ainsi que de plusieurs moulages, conservés par le Muséum national d’histoire naturelle, afin qu’ils puissent être restitués à la Guyane et recevoir des funérailles dignes dans…
segment 4 · 368 motsComme l’ensemble des députés du groupe Ensemble pour la République, je me réjouis sincèrement de l’adoption imminente de cette proposition de loi. La restitution des restes humains dont ce texte établit la liste se fait attendre depuis trop longtemps, tant le respect de la dignité humaine des Kali’nas et des Arawaks constitue une urgence. La reconnaissance de la légitimité de cette demande de restitution et de la…
segment 5 · 601 motsNous examinons un texte rare en ce qu’il parle de dignité humaine. Je commencerai donc par rappeler brièvement les faits. En 1892, trente-deux Kali’nas et Arawaks sont envoyés dans une cage dorée au Jardin d’acclimatation. Près de 400 000 personnes, dont le président de la République, Sadi Carnot, se pressent pour les observer comme des bêtes curieuses. Ce n’est pas de la science, c’est du voyeurisme, de la…
segment 6 · 454 motsAlors que le vote du triptyque législatif sur les restitutions vient de s’achever, la question des restes humains originaires des territoires ultramarins n’a toujours pas été réglée. C’est pourquoi nous examinons une première proposition de loi d’espèce relative à la restitution de restes humains originaires de la Guyane. La demande, qui émane de l’association Moliko Alet+Po, porte sur la restitution des restes…
segment 7 · 330 motsCe texte nous met face à l’une des pages les plus sombres de notre histoire coloniale. Il y a plus d’un siècle, Paris accueillait ce que l’histoire appelle aujourd’hui les zoos humains. Selon l’historien Pascal Blanchard, plus de 30 000 personnes issues des populations colonisées furent ainsi exhibées à travers le monde devant près d’un milliard et demi de visiteurs. Au Jardin d’acclimatation et sur le…
segment 8 · 368 motsNous examinons aujourd’hui un texte qui n’est pas ordinaire. Il fait appel à une part d’émotionnel, de spirituel et même d’irrationnel. Il ne s’agit pas d’un débat technique sur le droit des collections publiques. Il s’agit de rendre à des hommes et à des femmes leur dignité, cent trente ans après que celle-ci leur a été arrachée. Il s’agit aussi pour leurs descendants de faire enfin le deuil de leurs aïeux depuis…
segment 9 · 388 motsJe salue votre travail, monsieur le rapporteur. Votre propos liminaire nous a profondément émus, pour ne pas dire bouleversés. À travers vous, je remercie nos collègues sénateurs, Mme Morin-Desailly, M. Brisson et M. Ouzoulias, qui ont présenté au Sénat cette loi que vous portez à l’Assemblée. Derrière la sortie des collections publiques prévues par ce texte, il y a des noms, ceux de femmes et d’hommes recrutés en…
segment 10 · 395 motsDerrière les termes juridiques, il y a avant tout des femmes et des hommes, des vies brisées par la violence coloniale. En 1892, des Guyanais ont été arrachés à leurs terres pour être exposés à Paris, contraints de jouer les sauvages. L’horreur ne s’est pas arrêtée là : leurs corps furent déterrés et moulés pour alimenter des collections anthropologiques françaises. Leur conservation comme objet d’étude témoigne du…
segment 11 · 277 motsLe groupe LIOT soutient sans aucune réserve cette proposition de loi. Les faits qui nous réunissent aujourd’hui ont déjà été rappelés à plusieurs reprises : en 1892, trente-deux femmes, hommes et enfants issus des peuples kali’na et arawak ont été emmenés en France pour être exhibés au Jardin zoologique d’acclimatation. Huit d’entre eux n’y survécurent pas. Cinq ans après leur décès, cinq de ces corps furent exhumés…
segment 12 · 349 motsCertains textes de loi modifient le droit, d’autres réparent une blessure. Celui que nous examinons aujourd’hui appartient à cette seconde catégorie. En 1892, des hommes, des femmes et des enfants kali’nas et arawaks sont arrachés à leur terre de Guyane pour être exhibés à Paris dans ce qu’on appelait alors des expositions ethnographiques. Huit d’entre eux n’en reviendront jamais. Ils avaient des noms, ils avaient…
segment 13 · 379 motsLa parole est à Mme Sophie Taillé-Polian.
segment 14 · 7 motsCe texte sur le déclassement des restes humains kali’nas et arawaks et leur remise à la collectivité de Guyane est une victoire pour la dignité et un pas immense vers la décolonisation de nos imaginaires. La loi-cadre concernant tous les restes humains issus des peuples de tous les territoires ultramarins reste attendue, elle est indispensable pour aller au bout de cette action. Porter les idées décoloniales au sein…
segment 15 · 224 motsNous devons bien sûr être vigilants, car c’est un vrai périple. Il avait été plus facile d’emmener ces personnes ici. D’ailleurs, les populations ne comprennent pas le principe de sortie des collections publiques et ces procédures juridiques. C’est pour elles absolument incompréhensible. Nous aurons, dès demain, des réunions avec le ministère et avec l’Élysée sur le délai de six mois et sur les conditions, notamment…
segment 16 · 112 motsNous le serons également. La commission adopte l’article unique. L’ensemble de la proposition de loi est ainsi adopté.
segment 17 · 18 motsJe me félicite de ce vote unanime. Même si on le savait, cela fait toujours plaisir. Mme Toka-Devilliers, la présidente de Moliko Alet+Po, n’est pas aujourd’hui parmi nous, mais elle suit évidemment nos débats, comme toute la communauté autochtone, les familles, la population guyanaise et, plus généralement, les peuples de nos territoires, qui attendent eux aussi. Je dirai à notre collègue Christophe Marion qu’il…
segment 18 · 305 mots18 prises de parole