Mes chers collègues, nous poursuivons nos travaux avec la présentation par M. Charles Sitzenstuhl, rapporteur spécial de la mission Recherche et enseignement supérieur du rapport d’évaluation des politiques publiques sur la mise en œuvre des repas à 1 euro pour les boursiers. Nous auditionnons aujourd’hui M. Julien Meimon, président de l’association d’aide alimentaire aux étudiants Linkee-Entraide en lien avec le…
segment 1 · 74 motsÀ l’occasion du Printemps de l’évaluation, j’ai choisi de rédiger un rapport sur un sujet d’actualité, la généralisation du repas à 1 euro pour les étudiants. La France possède depuis longtemps un système de restauration universitaire public qui fait son honneur, qui offre des repas à tarifs modérés, c’est-à-dire subventionnés par l’État, aux étudiants. Je rappelle que les centres régionaux des œuvres universitaires…
segment 2 · 1112 motsJe suis très heureux de pouvoir apporter une modeste contribution à un débat qui me paraît particulièrement important. Chacun a désormais pris conscience de la gravité de la situation que connaissent de nombreux étudiants en France. Pour une partie d’entre eux, il ne s’agit plus seulement de difficultés ponctuelles ; ils se trouvent concrètement dans l’impossibilité de se nourrir quotidiennement de manière…
segment 3 · 1186 motsVous avez indiqué que vous étiez favorable à des repas à 1 euro pour tous les étudiants, et pour tous les Français, en tout temps. N’est-ce pas paradoxal, dans la mesure où vous préconisez de basculer vers un système de distribution de colis plus efficace et de façon ciblée ?
segment 4 · 50 motsIl s’agissait en quelque sorte d’une boutade. Un repas à 1 euro pour tous coûterait très cher et ne serait pas forcément adapté : si l’on veut établir une véritable mesure de dé-précarisation des étudiants, elle doit être exclusivement réservée aux étudiants précaires.
segment 5 · 43 motsSi je comprends bien, si l’on gardait un système de financement pour financer des repas Crous à 1 euro, il faudrait le limiter à ceux qui en ont vraiment besoin.
segment 6 · 30 motsAbsolument. Si l’on souhaite déprécariser les étudiants, cette mesure doit être réservée exclusivement aux étudiants précaires, de mon point de vue.
segment 7 · 21 motsÀ combien estimez-vous le coût du colis alimentaire pour chaque étudiant précaire que vous avez évoqué ? D’un côté, vous indiquez qu’il n’existe pas de véritables statistiques, mais vous estimez que 25 % des étudiants sont précaires, soit environ le pourcentage de boursiers. Les chiffres sont quasiment identiques.
segment 8 · 48 motsPour répondre à votre question sur l’évaluation de la mesure et sur la comparaison entre les repas à 1 euro et les dispositifs que nous mettons en œuvre, je voudrais d’abord préciser un point essentiel. Il ne s’agit absolument pas, dans mon esprit, d’opposer les colis alimentaires aux repas à 1 euro, ni de substituer un dispositif à l’autre. À mes yeux, ces solutions sont complémentaires. De nombreux étudiants ne…
segment 9 · 511 motsJe retiens de vos propos qu’il faudrait penser à ouvrir ces circuits alimentaires aux Crous. Une loi prévoit que les invendus dans les supermarchés doivent être mis à disposition.
segment 10 · 29 motsLa loi propose, incite un certain nombre de professionnels alimentaires à mettre à disposition leurs invendus, mais elle n’oblige en rien, elle ne contrôle pas, elle ne sanctionne pas. Son effet est donc relativement faible : le gaspillage est resté le même entre 2016 et 2026, à hauteur de 10 millions de tonnes par an.
segment 11 · 55 motsLes Crous pratiquent-ils la même politique de récupération des invendus ?
segment 12 · 11 motsce que nous réalisons tous les jours.
segment 13 · 7 motsMonsieur le rapporteur spécial, je ne partage pas du tout les conclusions de votre rapport. En effet, 46 % des étudiants sautent des repas pour des raisons purement économiques. La généralisation du repas à 1 euro n’est donc pas une mauvaise idée, ou en tout cas une mauvaise réponse à la précarité étudiante, bien au contraire. Votre rapport montre que la fréquentation des restaurants universitaires augmente…
segment 14 · 319 motsJe connais en partie la position de La France insoumise sur ces sujets et je ne suis donc pas surpris par certaines remarques qui ont été formulées. Je note néanmoins qu’il existe plusieurs points sur lesquels nous nous rejoignons. Vous avez indiqué que la précarité étudiante dépasse largement les seuls critères de bourse. Je suis entièrement d’accord avec ce constat et je ne dis d’ailleurs rien d’autre dans mon…
segment 15 · 353 motsD’abord, je voudrais saluer ce rapport qui arrive à point nommé, même si évaluer une mesure généralisée au 1er mai alors que nous sommes à la fin du mois de juin laisse relativement peu de recul. Nous parlons d’une mesure qui représente 50 millions d’euros en 2026. Votre rapport met en lumière l’ampleur de la précarité étudiante. Cette précarité est une réalité majeure, qui s’est aggravée depuis 2020 et que chacun…
segment 16 · 461 motsIl me semble quelque peu discourtois de mettre en cause aussi frontalement une personne que nous auditionnons. Je précise d’ailleurs que je ne connaissais pas M. Meimon avant cette audition. Nous n’avions jamais échangé, mais je considère néanmoins qu’il accomplit un travail respectable dans ce domaine. Je rappelle également qu’il y a quelques semaines, un quotidien comme Le Monde, qui n’est pas précisément réputé…
segment 17 · 462 motsMadame la députée, je suis assez surpris par votre intervention. D’abord parce qu’il me semble que nous partageons un constat fondamental : la précarité étudiante existe en France, elle est importante et il est nécessaire d’agir pour y répondre de manière efficace. Je suis également surpris de vos attaques et de vos insinuations. À un moment, vous avez évoqué l’idée que quelqu’un ferait du business à partir des…
segment 18 · 685 motsSur le fond, nous n’avons pas de difficultés, ce rapport ne soulève guère de polémiques. Pour nous, l’objectif souhaitable consiste à égaliser autant que faire se peut les conditions de vie des étudiants, ce qui suppose une aide modulée, concentrée sur les catégories les plus modestes. L’Observatoire national de la vie étudiante établit ainsi qu’à peu près un étudiant sur cinq est en difficulté réelle. Nous…
segment 19 · 87 motsMonsieur Meimon, nous divergeons sur l’objectif poursuivi. Pour ma part, je considère que notre devoir ne consiste pas à pérenniser l’aide alimentaire ni à faire en sorte que les associations distribuant des colis alimentaires continuent d’occuper une place centrale dans le paysage social étudiant. Mon souhait, au contraire, est que ces dispositifs disparaissent du paysage. C’est dans ce cadre que je m’interroge sur…
segment 20 · 496 motsJe souhaite d’abord clore le débat relatif à la neutralité de cette audition. Les modalités de travail ainsi que les formats d’audition ont été définis collectivement par les groupes. Je tiens donc à préciser à nouveau que je ne connaissais pas M. Meimon avant ce matin. J’ai proposé son nom à la suite d’une tribune qu’il a publiée il y a quelques semaines dans Le Monde, un journal de gauche, qui avait suscité un…
segment 21 · 263 motsEntendons-nous bien, Monsieur Sitzenstuhl. Je n’ai volontairement pas pris la parole jusqu’à présent et j’ai laissé les groupes politiques s’exprimer. Je considère que cette audition est intéressante. Pour autant, les collègues sont parfaitement fondés à rappeler la position à partir de laquelle chacun s’exprime. M. Meimon est un acteur de l’aide alimentaire en France. À ce titre, il est naturellement concerné, de…
segment 22 · 156 motsVotre intervention me permet de préciser qu’il ne faut pas forcément croire ce que disent tous les journalistes ou tous les articles de presse, mais je ne vous l’apprends pas. Ensuite, le système Linkee-Entraide étudiante repose sur deux structures : une association qui organise les distributions et une entreprise agréée entreprise solidaire d'utilité sociale (Esus), une entreprise non lucrative. Cette entreprise…
segment 23 · 499 motsJe remercie le rapporteur spécial pour son travail, intellectuellement honnête. Il souligne ainsi le succès de la mesure, avant d’expliquer qu’il s’y oppose pour une question de principe. L’audition s’achève à douze heures dix. La commission autorise la publication du présent rapport.
segment 24 · 42 mots24 prises de parole