Séance du 2 décembre 2021 — 82e séance
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Laetitia Saint-Paul.
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Laetitia Saint-Paul.
Tours 1 à 200 sur 572 — page 1 / 3.
La séance est ouverte.
(La séance est ouverte à quinze heures.)
L’ordre du jour appelle la suite de la discussion, en application de l’article 34-1 de la Constitution, de la proposition de résolution visant à la mise en place d’un plan exceptionnel d’accompagnement du phénomène de vieillissement accéléré de la Martinique (no 2757) .
Ce matin, l’Assemblée a commencé d’entendre les orateurs inscrits dans la discussion générale.La parole est à Mme Annie Chapelier.
Plus jeune département de France en 1950, la Martinique sera un siècle plus tard, en 2050, le département le plus vieux de notre pays. Si le défi de l’autonomie concerne tous les territoires français et a d’ailleurs conduit notre majorité à créer une cinquième branche de la sécurité sociale, l’ampleur et la rapidité du vieillissement de la Martinique sont sans commune mesure avec la situation que nous connaissons en métropole. Les projections démographiques de l’INSEE estiment en effet que 40 % de la population martiniquaise aura plus de 60 ans à l’horizon 2030. Cette tendance n’est d’ailleurs pas propre à la Martinique puisque le même phénomène est observé en Guadeloupe, dans des proportions toutefois moindres.Un tel renversement démographique, qui s’est opéré en seulement quelques décennies, s’explique par de multiples facteurs. Il résulte d’abord – et c’est une bonne nouvelle – de […]
La parole est à M. Yannick Favennec-Bécot.
Avant toute chose, le groupe UDI et indépendants tient à faire part de son inquiétude quant à la situation aux Antilles. Parce que nous sommes particulièrement attachés à la liberté des collectivités locales et notamment de celles d’outre-mer, nous pensons que la voie à emprunter est évidemment celle du dialogue et de l’écoute.Nous ne pouvons qu’être alarmés face au constat dressé par la présente proposition de résolution. En quelques décennies, la Martinique, qui était l’un des territoires les plus jeunes du pays, risque d’en devenir le plus vieux. Les raisons de ce vieillissement soudain de la population sont sans doute multiples, et les difficultés que connaissent les Martiniquais au quotidien les amènent souvent à quitter leur territoire en quête d’une meilleure qualité de vie. Nous partageons le diagnostic posé par le texte qui, me semble-t-il, repose sur deux axes principaux : il […]
La parole est à M. Michel Castellani.
À l’échelle nationale, les Françaises et les Français sont de plus en plus nombreux et ils sont de plus en plus âgés : notre pays vieillit, nous le savons. Le portrait de la France de demain se dessine ; les enjeux économiques, sanitaires et sociaux s’en trouveront posés en termes nouveaux. Une telle évolution nous impose évidemment de repenser les solidarités intergénérationnelles, et c’est dès maintenant, sans attendre, que nous devons anticiper en décidant des réponses à apporter à ces nouveaux enjeux.Si tous les territoires sont concernés par le vieillissement, la situation de la Martinique est plus qu’alarmante. En cinquante ans, elle va devenir le département le plus vieux de France, alors qu’elle en était l’un des plus jeunes. Ce glissement accéléré a une cause principale : l’exode massif des jeunes générations, entre autres les étudiants, qui sont nombreux à quitter leur île […]
La parole est à Mme Caroline Fiat.
Lundi dernier, l’INSEE publiait ses projections démographiques pour 2070 et rappelait que le vieillissement de la population était inéluctable. Ainsi, d’ici à 2070, le nombre des personnes âgées de 60 à 74 ans restera stable, mais celui des 75 ans et plus augmentera de plus de 5 millions. Tous les territoires ne seront pas touchés de la même manière et c’est à double titre que cette proposition de résolution visant à lancer un plan exceptionnel d’accompagnement du phénomène de vieillissement accéléré de la Martinique arrive à point nommé.En 2019, le rapport Libault nous a alertés sur la situation de la Martinique, prédisant qu’elle deviendrait le plus vieux département de France en 2050. Pour rappel – il ne faut pas avoir peur de répéter ces chiffres –, un retraité sur quatre perçoit le minimum vieillesse, un retraité de plus de 65 ans sur trois vit seul et de manière potentiellement […]
La discussion générale est close.Sur la proposition de résolution, je suis saisie par le groupe de la Gauche démocrate et républicaine d’une demande de scrutin public.Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de l’autonomie.
Le vieillissement accéléré observé dans plusieurs territoires ultramarins, particulièrement en Martinique, est une question très importante. Je me réjouis donc de cette discussion, d’autant que la proposition de résolution avait été déposée auprès du bureau de l’Assemblée nationale en mars 2020. Or, en moins de deux ans, nous avons parcouru un chemin important avec nos compatriotes ultramarins, en particulier martiniquais.
C’est satisfait !
Le besoin est là et a largement été documenté par le rapport d’information de Stéphanie Atger et Ericka Bareigts au nom de la délégation aux outre-mer de l’Assemblée nationale.L’insularité de la majorité des départements et des collectivités d’outre-mer complexifie le recours des personnes âgées à l’offre en matière de soutien à l’autonomie. Dans le même temps, la population se transforme, la natalité diminue, l’espérance de vie augmente et la quête d’emploi pousse un grand nombre de jeunes à rejoindre l’Hexagone – c’est un fait. En somme, ces territoires entrent de manière accélérée dans la société de la longévité. Dans moins de trente ans, près de la moitié des Martiniquais auront plus de 60 ans. L’État est conscient de cette situation et répondra présent.La proposition de résolution formule de nombreuses recommandations, qui sont, pour beaucoup, vous le savez, en passe d’être […]
Je mets aux voix l’ensemble de la proposition de résolution.
(Il est procédé au scrutin.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 56 Nombre de suffrages exprimés 56 Majorité absolue 29 Pour l’adoption 19 Contre 37
(La proposition de résolution n’est pas adoptée.)
L’ordre du jour appelle la discussion de la proposition de loi visant à atténuer les inégalités d’accès à l’enseignement supérieur générées par Parcoursup (nos 4588, 4707).
La parole est à Mme Karine Lebon, rapporteure de la commission des affaires culturelles et de l’éducation.
Mon groupe et moi-même sommes sortis dubitatifs de l’examen de notre proposition de loi en commission. Loin d’être un texte clivant et partisan, celui-ci a pourtant été conçu dans une démarche d’ouverture et de recherche du consensus. Il est aussi l’héritage du sénateur Pierre Ouzoulias, qui a longuement travaillé sur cette question.Si notre groupe souhaite à moyen terme une réforme ambitieuse du système scolaire s’appuyant sur des investissements financiers massifs ainsi que l’abandon de Parcoursup, notre volonté aujourd’hui est de remédier aux dysfonctionnements les plus patents de cette plateforme. À cet effet, nous nous sommes appuyés sur les rapports de différents organismes – Cour des comptes, Défenseur des droits, Centre national d’études des systèmes scolaires –, sur les conclusions d’une mission d’information sénatoriale conduite par un parlementaire du groupe Les Républicains […]
Elle a raison !
Il ne s’agit pas pour autant de décrire Parcoursup comme la source des inégalités qui caractérisent malheureusement notre système éducatif et menacent la vigueur de notre pacte républicain. Ces inégalités naissent et se creusent bien en amont, sans que les gouvernements successifs n’aient jugé bon de définir une politique publique ambitieuse dans ses fins et ses moyens pour enrayer ce phénomène. Cela étant précisé, loin de lutter contre ces inégalités, Parcoursup les aggrave et en crée de nouvelles. (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR et FI.) La mention du lycée d’origine permet par exemple aux élèves des établissements de « bonne réputation » – c’est-à-dire fréquentés par des familles socialement favorisées – de s’assurer de poursuivre leurs études dans les meilleures filières. La masse d’informations contenue dans Parcoursup, couplée à l’indigence des moyens confiés au […]
C’est déjà le cas !
Le renforcement de la transparence que nous appelons de nos vœux n’a pas pour objet de renier le caractère secret et souverain des délibérations des jurys : il s’agit principalement de rendre public les algorithmes locaux de préclassement automatisés des candidatures (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR et FI)…
C’est la moindre des choses !
…et non d’empêcher les membres du jury de procéder à des classements manuels des candidatures, en appréciant notamment des éléments des dossiers des candidats non résumables par des chiffres, tels que les lettres de motivation ou les engagements extrascolaires. Pour cette raison, nous avons déposé un amendement qui rappelle notre attachement au principe du secret des délibérations des jurys et préserve la possibilité pour les candidats de réclamer la communication des motifs pédagogiques ayant justifié la décision prise sur leur candidature, une fois celle-ci traitée.
C’est la moindre des choses !
Enfin, la proposition de loi procède à une mise en cohérence du système Parcoursup avec la réforme du baccalauréat général. Dans la mesure où des responsables de formation nous ont indiqué que certaines combinaisons d’enseignements de spécialité et optionnels sont très vivement recommandées pour l’accès à leurs formations, il est indispensable que ces informations soient très largement diffusées, notamment auprès des élèves de seconde.L’augmentation du nombre de filières en tension doit être traitée sérieusement, puisque la sélectivité croissante dans l’accès à l’enseignement supérieur en découle. Nous proposons dès lors d’inscrire dans la loi que cette problématique devra être au centre du dialogue annuel entre l’autorité académique et les responsables de formation pour la détermination des futures capacités d’accueil. (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR et FI.)
Voilà qui est positif !
Du reste, ce progrès est appelé de ses vœux par la Cour des comptes, qui regrette que cette question, pourtant primordiale, soit prise en compte de manière très différente en fonction des territoires. L’inscription dans la loi de l’obligation d’établir un plan d’action pour la réduction de la tension dans les formations du supérieur est de nature à permettre une harmonisation des réponses apportées.La situation des bacheliers professionnels et technologiques étant davantage dégradée, nous avons également souhaité mettre l’accent sur la nécessité, pour l’autorité académique, de veiller à ce qu’un nombre suffisant de places en STS et en IUT leur soit ouvert. Cette obligation pourrait être une occasion de s’interroger sur l’implantation territoriale de ces formations : Paris, territoire densément peuplé, ne dispose par exemple que d’un IUT.Enfin, les auditions nous ont permis de constater […]
Mais nous en avons !
La volonté du Gouvernement de répondre aux inégalités que Parcoursup génère et entretient sera d’autant plus scrutée qu’il s’est donné l’objectif de créer au cours des prochaines semaines une plateforme semblable pour l’accès en master. De nombreuses organisations étudiantes nous ont déjà alertés sur le fait que cet outil pourrait aussi accroître la sélection et les inégalités. Le groupe GDR y sera en tout état de cause particulièrement attentif. (Vifs applaudissements sur les bancs des groupes GDR et FI.)
La parole est à Mme la ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation.
Je ne peux que regretter, madame la rapporteure, que vous ne teniez pas aujourd’hui les mêmes propos que lors de notre rencontre, il y a une dizaine de jours,…
Pardon ?
…avec le président de l’université de La Réunion, qui, assis à notre table, nous faisait savoir combien l’entrée en vigueur de Parcoursup…
Nous parlions d’APB juste avant !
…et les moyens accordés dans le cadre de la loi relative à l’orientation et à la réussite des étudiants lui avaient permis de mener une véritable politique d’égalité des chances dans son université. (Vives exclamations sur les bancs des groupes GDR et FI.)
Dommage qu’il n’y ait pas de témoins !
On peut donc attaquer en dessous de la ceinture !
C’est scandaleux !
Les objectifs que vous affichez sont, en réalité, déjà très largement atteints.
Un peu de dignité !
Si le Gouvernement partage votre ambition de réduction des inégalités d’accès à l’enseignement supérieur, nous ne pouvons en aucun cas souscrire aux arguments que vous développez.
Un peu de respect à l’égard des députés ! Nous ne sommes pas au cirque !
Vous proposez, dans votre exposé des motifs, de supprimer Parcoursup.
On voit bien que vous n’avez jamais été élue !
Je serais curieuse de savoir par quoi vous comptez le remplacer – car non, la plateforme Parcoursup n’incarne pas le triomphe de l’hypercompétitivité, les critères qui y sont appliqués ne sont pas le fruit d’algorithmes mystérieux et les élèves issus des classes les plus défavorisées n’en sont en aucun cas les premières victimes. (Vives exclamations sur les bancs des groupes GDR et FI.)
Vous savez que c’est faux !
C’est la foi du charbonnier !
Mes chers collègues, s’il vous plaît !
Laissez-moi rappeler quelques chiffres : 94,2 % des néobacheliers ont reçu une proposition sur Parcoursup en 2021, ce qui constitue une proportion plus élevée qu’en 2020. Cette augmentation est particulièrement marquée pour les filières professionnelles et technologiques. Le passage de la première à la deuxième année atteint 53 % en 2020 contre 40 % en 2017,…
C’est facile ! Tous les autres ont abandonné !
…grâce à une meilleure orientation des lycéens et aux nouveaux moyens accordés aux établissements pour déployer des dispositifs d’accompagnement…
Valérie Pécresse disait la même chose en 2017 !
…– car ce gouvernement n’entend pas se contenter de distribuer des cartes d’étudiant, mais souhaite accompagner les jeunes dans leur réussite.
Du Pécresse dans le texte !
Vous prétendez que Parcoursup accentue les inégalités sociales et géographiques. Ce n’est pas vrai. Surtout, c’est prêter aux équipes qui examinent les candidatures des intentions qu’elles n’ont pas. Là encore, les chiffres parlent d’eux-mêmes : grâce à notre action, le taux de lycéens boursiers admis dans l’enseignement supérieur est passé de 20 % à 25 % en deux ans. Pour la seule année 2021, 13 600 lycéens boursiers ont été admis dans la formation de leur choix, à laquelle ils n’auraient pas eu accès sans les taux de priorité instaurés par la loi.
Devaquet, sors de ce corps !
La mobilité aussi a progressé : 21,7 % des bacheliers ont accepté une proposition hors de leur académie d’origine, soit une hausse de 2,2 points en un an. Les 500 euros d’aide à la mobilité accordés aux étudiants boursiers ont en outre permis d’accroître la part de mobilité de ces derniers, qui est ainsi passée de 15,3 % à 17,6 % à la rentrée 2021.
De quoi faire deux allers-retours en train !
Ce phénomène est particulièrement marqué en Île-de-France, puisque le nombre de lycéens boursiers de l’académie de Créteil ayant accepté une proposition d’admission à Paris a augmenté de 5 % par rapport à 2020. Affinons ce constat : 6 591 lycéens boursiers du département de la Seine-Saint-Denis ont été accueillis dans des établissements parisiens et 51 % des demandes ont reçu une réponse positive.
Merci, Seigneur !
Vous avez toute notre gratitude !
Ce taux de réussite atteint 52 % pour les candidats engagés dans le dispositif Cordées de la réussite qui ont émis le souhait d’intégrer une classe préparatoire parisienne.
Faut-il baiser la babouche ?
Veuillez écouter la ministre, s’il vous plaît. Ses propos ne vous intéressent-ils donc pas ?
On ne peut pas dire que nous ne l’écoutons pas !
On aurait été bien en peine d’obtenir de tels résultats à l’époque où le portail APB était utilisé : aucune priorité n’était alors donnée aux étudiants boursiers, tout simplement, et la hiérarchisation des vœux contribuait à brider les audaces et à renforcer les réflexes d’autocensure.
Comment vous remercier ?
Vous prétendez ensuite que la plateforme manque de transparence. Là encore, je tiens à lever plusieurs incompréhensions. Parcoursup a permis d’améliorer continûment la pertinence et la transparence de l’affectation. Chacune des étapes de sa construction a fait l’objet d’un dialogue avec les acteurs concernés, dans le souci de renforcer le travail des commissions pédagogiques. Dans sa décision du 3 avril dernier, le Conseil constitutionnel a entendu protéger le secret des délibérations pour garantir l’indépendance des équipes et l’autorité de leurs décisions. Il a jugé nécessaire d’assurer, dans le respect de la vie privée des candidats et sous la forme d’un rapport, la publicité des critères en fonction desquels les candidatures sont examinées. Plus de 10 000 rapports ont ainsi été rendus publics et peuvent être consultés librement.
Vous ne répondez même pas à nos courriers !
Ni à nos questions écrites !
La transparence était aussi au cœur de la loi relative à l’orientation et à la réussite des étudiants adoptée ici en 2018. Ce texte a été conçu pour opérer une rupture complète avec la logique qui animait le fonctionnement du portail APB, dont je rappelle que la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) avait demandé son arrêt. Les candidats à l’enseignement supérieur disposent désormais d’une information toujours plus riche et transparente : 19 500 formations reconnues par l’État sont accessibles sur une seule plateforme, dont un peu plus de 6 000 en apprentissage. Le caractère lisible, complet et utile de cette information est reconnu par les lycéens eux-mêmes, comme en attestent les études d’opinion menées auprès d’eux.S’agissant du classement des candidatures, ce ne sont pas des algorithmes mystérieux qui effectuent la sélection. Bien au contraire, nous avons […]
Meilleurs vœux, Parcoursup !
Ces commissions ont pour mission de définir les modalités et les critères d’examen des vœux, dans le cadre des critères généraux publiés sur la plateforme dès le mois de décembre. L’examen de chaque candidature ne repose pas sur un traitement entièrement automatisé : des outils d’analyse et d’aide à la décision sont mis à la disposition des établissements, mais ils ne formulent pas les propositions.
L’intelligence artificielle, c’est pour bientôt !
Celles-ci sont préparées de façon collégiale et arrêtées par le chef d’établissement. J’emploie le terme « propositions » à dessein, car une des caractéristiques de Parcoursup consiste à laisser le dernier mot aux candidats, qui peuvent faire évoluer leur projet tout au long de la procédure.En réponse à l’accusation selon laquelle nous gérerions la pénurie, j’opposerai là encore quelques chiffres : 84 000 nouvelles places ont été créées dans l’enseignement supérieur dans le cadre des plans Étudiants et France relance ; le Gouvernement a consacré 1 milliard d’euros à la transformation du premier cycle depuis 2018 ; 13 000 nouvelles places ont été créées dans Parcoursup pour la seule rentrée 2021, sur les 34 000 proposées dans les universités.La réalité, c’est que jamais autant de places n’ont été ouvertes dans l’enseignement supérieur, notamment dans les formations les plus demandées – […]
Il est dans le coup, lui aussi ?
…n’avons cessé de renforcer l’accompagnement des lycéens. Je songe, entre autres exemples, aux deux professeurs principaux dans les classes terminales, aux cinquante-quatre heures d’enseignement dédiées à l’orientation dans tous les lycées, aux semaines de l’orientation, aux journées portes ouvertes, ou encore aux Cordées de la réussite qui concernent cette année 200 000 lycéens. Des progrès restent certes à accomplir, mais regardons la réalité en face : grâce à la réforme du lycée et au déploiement de Parcoursup, nous sommes désormais en mesure d’accompagner les jeunes dans la construction de leur projet et de les en rendre acteur, pour poser les bases d’un continuum entre le lycée et l’enseignement supérieur pour tous.Oui, ce gouvernement a fait le choix de l’humain, de la transparence, de l’orientation et de l’accompagnement. (Vives exclamations sur les bancs des groupes GDR et FI.)
Pas ça !
Humain, Parcoursup ?
L’humain, c’est nous !
Loin de la démagogie qui consiste à laisser penser qu’il suffit de délivrer des cartes d’étudiant et loin des fantasmes qui n’ont jamais fait une politique pour la jeunesse, nous avons engagé une transformation sans précédent de l’accès à l’enseignement supérieur, qui, chaque année, s’affine et progresse, avec pour seule boussole la réussite de tous les jeunes. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LaREM. – Nouvelles exclamations sur les bancs du groupe GDR.)
Dans la discussion générale, la parole est à Mme Elsa Faucillon.
La proposition de loi défendue par ma collègue Karine Lebon au nom du groupe de la Gauche démocrate et républicaine vise à atténuer les fortes inégalités d’accès à l’enseignement supérieur…
Mme la ministre a dit qu’il n’y en avait pas !
…créées par Parcoursup. Nous avons tenté, à travers ce texte, de cibler quelques-uns de ces facteurs d’inégalités. Encore faut-il rappeler pourquoi nous nous sommes opposés à la logique qui a présidé à la création de Parcoursup et combien nous constatons, sur le terrain, ses conséquences pour les lycéens et pour les étudiants.Je m’appuierai sur une phrase prononcée par le Président de la République : « nous ferons en sorte que l’on arrête de faire croire à tout le monde que l’université est la solution pour tout le monde ». Ces quelques mots donnent à voir la logique méritocratique et inégalitaire invoquée pour concevoir Parcoursup et pour en faire un système de sélection.
Là n’est pas la question !
Ils consacrent aussi un renoncement et couronnent les efforts déployés pour démanteler le service public de l’enseignement supérieur. Notons que si j’évoque ce démantèlement de manière générale, certaines universités sont tout de même bien mieux dotées que d’autres. Je songe par exemple à l’université de Nanterre, que chacun connaît pour son statut de symbole historique des luttes étudiantes : il y manque actuellement 250 postes d’enseignants pour atteindre la moyenne nationale et y garantir, simplement, de bonnes conditions d’apprentissage.
Ça, c’est factuel !
La faculté est un lieu crucial de formation de l’esprit critique. Les universités les moins dotées sont d’ailleurs généralement aussi un lieu d’accueil des classes populaires et des étudiants étrangers. Or ce sont elles qui sont le plus souvent délégitimées – peut-être me reprocherez-vous, madame la ministre, de faire ici le lien avec les attaques perpétrées contre les universitaires, fréquemment accusés de verser dans « l’islamo-gauchisme » ou le « wokisme », pour reprendre vos propres mots et ceux du ministre de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports. Alors que ces deux expressions sont pourtant l’apanage de la droite la plus extrême et sont dépourvues de toute assise scientifique, vous les utilisez à l’envi.L’université est aussi attaquée par un sous-financement chronique : certaines sont exsangues depuis qu’elles sont devenues autonomes. En ce sens, vous poursuivez […]
Oh là là !
À tous ceux qui ont surmonté les inégalités sociales et qui ont empoché leur baccalauréat avec fierté, on signale désormais que les portes des universités leur sont fermées ou que les places qui leur seront offertes ne correspondront aucunement à leur choix.Je constate, dans ma circonscription, au contact des élèves privés de place à l’université, en lycée ou en master – ils sont d’ailleurs assez nombreux –, les effets catastrophiques de cette logique méritocratique et de cette sélection.Le ministère a affirmé à la rentrée que seuls 239 bacheliers inscrits sur Parcoursup n’avaient pas reçu de proposition. Or dans mon seul département, je trouve assez aisément 239 élèves dans cette situation – ils sont peut-être même un peu plus nombreux.
Ah !
Il est vrai que ce faux bilan ne prend pas en compte les jeunes non affectés qui ont choisi, faute de mieux – et parce qu’ils sont courageux –, de se tourner, par exemple, vers un service civique. Il ne s’agissait pas du tout de leur premier choix mais, n’ayant pas obtenu d’affectation, ils s’y sont résolus en considérant qu’ainsi ils ne perdraient pas leur année. Telle n’est pourtant pas la fonction du service civique, lequel devient de plus ne plus un cache-sexe pour masquer tantôt les dégâts de Parcoursup, tantôt le chômage des jeunes.En réalité, à la rentrée 2021, ce sont près de 22 000 bacheliers qui n’ont pas trouvé de place dans l’enseignement supérieur. Par ailleurs, des milliers de bacheliers ont été réorientés vers des filières correspondant à leur dixième vœu ou à un sous-voeu. Les retours sont alarmants : lycéens recalés alors que leur moyenne est excellente, bugs […]
Mais non !
La mise en place de Parcoursup a renforcé les inégalités en faisant reposer le choix des étudiants sur des stratégies scolaires qui nécessitent des ressources.
C’est complètement faux !
Il faut le dire, les premiers touchés par cette mesure sont les élèves issus des classes populaires car ils ne bénéficient ni du capital culturel ni du capital économique requis pour trouver une issue favorable face à une réponse négative. Voilà un exemple probant de ce que l’historienne Laurence De Cock appelle la politique de contre-démocratisation scolaire, qui assigne à certains enfants, en fonction de leur profil – notamment social –, une trajectoire et une classe.En outre, cette nouvelle plateforme a créé un marché juteux, ce qui devrait vous alerter.
Mais oui !
Si vous ne me croyez pas, vous pourriez au moins constater que, dans le domaine de l’aide à l’orientation, des entreprises s’enrichissent. (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR et FI.) Des parents, y compris dans les classes populaires, se tournent vers ces sociétés parce qu’ils ne maîtrisent pas les codes de l’enseignement scolaire et sont prêts à payer 500 à 800 euros en pensant que cela aidera leur enfant à s’orienter. L’article 2 vise à instaurer un vrai service d’aide à l’orientation dans la mesure où vous avez en grande partie démantelé celui qui existe actuellement.Dans la même logique de concurrence entre étudiants, nous avons appris par voie de presse que vous alliez aussi mettre en place un programme Parcoursup destiné à résoudre le problème des étudiants sans master, qui ne prévoit ni hiérarchisation des vœux ni anonymisation de l’établissement d’origine. Vous avez […]
Avec plaisir et délectation !
Avec grand plaisir !
Entendez au moins que les deux propositions que nous formulons dans ce texte font l’objet d’un consensus, non seulement auprès de celles et ceux que nous avons auditionnés mais aussi partout où nous nous rendons et dans tous les témoignages qui nous remontent aujourd’hui. Vous devriez y être attentifs, ne serait-ce que pour atténuer les problèmes – bien réels, même si vous les niez – causés par la mise en place de Parcoursup. (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR, SOC et FI.)
La parole est à Mme Anne Brugnera.
Le Groupe La République en marche partage l’objectif d’atténuer les inégalités scolaires et d’accès à l’enseignement supérieur.
Ça se voit !
Elles existent donc bien ?
C’est même le moteur principal de l’engagement politique de nombre d’entre nous, membres de la commission des affaires culturelles et de l’éducation, et l’objet de nos travaux parlementaires, relatifs à la scolarisation dès 3 ans ou aux cités éducatives pour ne citer que deux exemples.Mais nous sommes convaincus que ce n’est pas Parcoursup qui provoque ces inégalités. Nous pensons au contraire que cette procédure nationale peut aider à les réduire grâce à la liberté d’accès à l’information, à la transparence sur les attendus des formations et à l’égalité de traitement des candidats.
Vous êtes donc pour la proposition de loi ?
Bien sûr, Parcoursup peut encore être amélioré (« Ah ! » sur les bancs du groupe GDR) – il l’a d’ailleurs déjà été depuis sa création – mais les pistes que vous proposez n’atténueront pas ces inégalités, au contraire même.
Il y a donc bien des inégalités !
Concernant le lycée d’origine, les consignes ministérielles précisent qu’il n’est pas un critère d’évaluation des vœux. La Cour des comptes a pourtant constaté que c’était parfois le cas, ce que nous condamnons. En anonymisant le lycée et en remplaçant ce critère par l’écart entre la moyenne des notes des élèves du lycée au contrôle continu et celle obtenue au baccalauréat, on neutraliserait, selon la Cour, la tendance à surnoter ou à sous-noter l’établissement d’origine.Cette proposition nous semble difficilement compatible avec la réforme du bac en cours et les calendriers distincts des épreuves du bac et de la procédure Parcoursup. A contrario, ne pas disposer du nom du lycée empêcherait, à candidatures équivalentes, de favoriser l’ouverture sociale et la discrimination positive.
Incroyable ! Vous voulez rire ?
À la fin, il ne reste que la mauvaise foi !
Votre proposition pourrait se révéler contre-productive et empêcher à ce stade le repérage de talents et de profils atypiques.D’autre part, permettez-moi de rappeler que jamais nous n’avons disposé d’un outil aussi transparent que Parcoursup (Exclamations sur les bancs des groupes SOC, FI et GDR)…
Si ! ça s’appelle le monde d’avant APB !
…– au passage, j’ai mal aux oreilles quand j’entends qu’APB était un meilleur outil. L’information y est accessible, riche et claire, les lycéens eux-mêmes le reconnaissent. Avant de faire leurs vœux, ils disposent, comme leurs parents et leurs professeurs, des attendus nationaux et locaux, des critères généraux d’examen des vœux, du nombre de places et du rang du dernier admis pour chaque formation. Tout candidat peut connaître les motifs qui ont justifié la réponse à chacun de ses vœux.
Ce n’est pas vrai !
Si !
Non ! Allez donc dire cela à ma nièce !
En outre, depuis cette année, chaque formation publie sur Parcoursup un rapport détaillant les critères de sélection des candidats. Vous souhaitez qu’il soit rendu public en amont de la procédure. Cette question a été tranchée par le Conseil constitutionnel. Dans sa décision d’avril 2020, il a rejeté un recours en relevant que la protection du secret des délibérations des commissions constituait un motif d’intérêt général qui vise à assurer leur indépendance et l’autorité de leurs décisions. Car Parcoursup n’est pas un algorithme mais une procédure à l’issue de laquelle une décision humaine est prise au sein d’une commission de professionnels.D’ailleurs, nos collègues Sarles et Juanico, qui ont évalué Parcoursup, ne disent pas autre chose : « […] les avancées récentes favorisant une plus grande transparence […] permettent d’atteindre un équilibre satisfaisant. Aller plus loin et exiger […]
Eh oui !
Concernant le plan d’action que vous voulez inscrire dans la loi, je tiens à rappeler les efforts réalisés en matière d’ouverture de places : 70 000 places ont été créées depuis 2017 et, en cette rentrée 2021, 34 000 ont été ouvertes dont 13 000 en première année, sur Parcoursup, dans les formations les plus demandées – formations de santé et paramédicales, notamment en IFSI, STAPS – les sciences et techniques des activités physiques et sportives –, ou encore les sections de technicien supérieur.À l’article 2, vous proposez un accompagnement personnalisé des lycéens. Or celui-ci existe déjà, il a été créé en 2018. Ainsi, cinquante-quatre heures sont désormais consacrées à l’orientation en terminale et deux professeurs principaux permettent aux lycéens de bénéficier d’un accompagnement adapté à leurs besoins. L’application de ce dispositif encore très récent est bien sûr variable selon […]
C’est ce qui se passe de toute façon !
Cette proposition pourrait donc être contre-productive. Parcoursup propose déjà – sur la page d’accueil, vous pouvez le vérifier – des conseils aux lycéens sur les choix d’enseignements, de spécialités ou d’options en première et terminale. Mais ce ne sont que des conseils et non des obligations afin de laisser ouvert tout le champ des possibles à nos lycéens.Pour toutes ces raisons, nous voterons contre les articles de cette proposition de loi et contre les amendements déposés. (Mme Jacqueline Dubois applaudit.)
La parole est à Mme Constance Le Grip.
La proposition de loi que nous examinons aujourd’hui à l’initiative de la Gauche démocrate et républicaine vise à réduire les inégalités d’accès à l’enseignement supérieur créées par Parcoursup, ce qui est a priori un objectif louable.Nous le savons, chaque année, les élèves de terminale sont confrontés à de nombreuses difficultés lors de la procédure Parcoursup. On se souvient par exemple des dysfonctionnements recensés en mai 2019 mais également de difficultés et d’inégalités récurrentes dans l’accès, non seulement à l’enseignement supérieur en général mais aussi à des informations claires pour nos lycéens.Chaque année, nous dénonçons ces difficultés, ces bugs, ces inégalités d’accès. Et chaque année, vous nous répondez, madame la ministre, que tout va pour le mieux même si, souvent, sur le terrain, des lycéens, des parents d’élèves ou des associations de parents d’élèves nous […]
La parole est à Mme Géraldine Bannier.
La discussion de la proposition de loi du groupe de la Gauche démocrate et républicaine est l’occasion, bienvenue, de s’interroger sur un problème d’envergure : l’inégalité d’accès sociale et territoriale des lycéens aux études supérieures. Le texte, avec ses deux axes – amélioration de la transparence de Parcoursup et renforcement de l’aide à l’orientation et à l’information des étudiants –, vise un objectif somme toute louable et partagé.Il est vrai que les chiffres sont sévères : selon le rapport 2017 de l’Observatoire des inégalités, si 30 % des jeunes âgés de 18 à 23 ans ont des parents ouvriers, c’est le cas de seulement 11 % des étudiants de l’enseignement supérieur ; le chiffre tombe à 6 % pour les élèves des classes préparatoires. On connaît aussi le chiffre décevant de la promotion 2019-2020 à l’École nationale d’administration où un seul élève sur quatre-vingt-deux est fils […]
Ah, c’est du joli !
Mais bien au-delà du seul outil Parcoursup, qui a quand même mis fin à l’improbable système APB de tirage au sort et a permis, en 2019, l’acceptation de 21 % de boursiers en plus en phase principale par rapport à l’année précédente, c’est le système global qui n’encourage pas la mixité sociale dès le plus jeune âge et qui doit être revu.Il faudrait surtout éviter qu’il y ait d’un côté les bons établissements et de l’autre les moins bons. Nous avions d’ailleurs voté, lors de l’examen de la loi confortant le respect des principes de la République, un amendement tendant à améliorer la mixité sociale au sein des établissements, en concertation avec les collectivités territoriales. C’est un levier majeur, le premier, pour corriger les inégalités de destin, liées à l’origine sociale, que de travailler partout, dans chaque établissement, privé comme public, dans chaque territoire, à un […]
La parole est à Mme Michèle Victory.
Si le portail APB n’était pas satisfaisant, la plateforme Parcoursup ne l’est pas davantage et elle ne répond pas aux promesses de son cahier des charges. C’est le constat qui vous a amenée, madame la rapporteure, à nous présenter cette proposition de loi visant à atténuer les inégalités provoquées par la plateforme.Dans leur rapport d’information sur l’évaluation de l’accès à l’enseignement supérieur, publié en juillet 2020, nos collègues Régis Juanico et Nathalie Sarles ont souligné que Parcoursup n’est qu’une plateforme d’affectation, dont le premier objectif est quantitatif, puisqu’il s’agit de faire accéder la plus grande proportion possible de candidats à l’enseignement supérieur, au détriment d’une approche plus qualitative. Or, vous l’avez dit, les inégalités sociales et territoriales pèsent lourd, tout au long du parcours scolaire et au moment de l’accès à l’enseignement […]
La parole est à Mme Agnès Firmin Le Bodo.
L’égalité des chances fait partie des combats les plus importants que nous puissions mener, et que nous menons. Ce texte vise donc des objectifs louables et pleinement partagés par tous. Parce que les inégalités se forgent dès l’enfance, et non pas uniquement sur Parcoursup, comme le laisse entendre le titre de la proposition de loi, c’est sur l’enfance que doivent, en premier lieu, se concentrer les efforts. Donner plus de moyens à ceux qui en ont moins, telle est la boussole de nos politiques en la matière d’éducation. C’est ce que nous avons entrepris depuis 2017 : je pense bien sûr au dédoublement des classes de CP et CE1 dans les réseaux d’éducation prioritaire (REP), progressivement étendu aux grandes sections ; 330 000 élèves bénéficient désormais de cette mesure de justice sociale.La loi pour une école de la confiance, que nous avons adoptée en 2019, s’attaque à la racine du […]
La parole est à M. Yannick Favennec-Bécot.
Alors que le nombre d’étudiants ne cesse d’augmenter dans nos universités et autres établissements de l’enseignement supérieur, le processus permettant aux jeunes de candidater pour suivre les études de leur choix est de plus en plus vécu comme un long parcours, semé de beaucoup d’embûches. Il faut dire que les obstacles sont en effet nombreux : certaines formations manquent de places pour accueillir tous ceux qui le souhaitent, d’autres se retrouvent être des choix de secours pour des élèves aux notes pourtant élevées, retardant ainsi la validation des places accordées. Cette complexité entraîne une incertitude angoissante pour de nombreux étudiants qui se retrouvent à attendre des semaines, voire des mois,…
C’était pire avant !
…pour obtenir une réponse et savoir comment ils vont organiser le début de leur vie d’adulte.Je tiens donc à vous remercier, madame la rapporteure, ainsi que nos collègues du groupe GDR, de mettre ce sujet sur la table lors de votre journée de niche parlementaire, car l’angoisse qui peut toucher les futurs étudiants concerne potentiellement tout de même chaque année plus de 700 000 jeunes et, à travers eux, 700 000 familles. Il est vrai que ce qui est frappant dans les répartitions par Parcoursup, c’est de voir à quel point les problèmes et les retards touchent bien souvent les élèves issus de filières professionnelles ou technologiques – mais aussi ceux ayant des résultats moins bons que les autres dans la même filière. Le récent rapport sur les chiffres de Parcoursup en 2021 est évocateur sur ce point. Je n’en citerai que quelques-uns : il a fallu attendre le 4 août pour que 90 % des […]
Là est le problème.
Ainsi, comme l’a souligné le site letudiant.fr dans un récent article, pour bien s’en sortir sur Parcoursup, il vaut mieux être un élève de filière générale avec de bonnes notes ! Il est évidemment important d’encourager les élèves à avoir les meilleurs résultats possibles qui leur ouvriront ensuite le plus de portes possibles, mais il est tout aussi important de permettre à chacun de trouver sa voie et de tenter de mener la vie qu’il entend, quels que soient ses moyens et son milieu social.Bien que mon propos liminaire soit assez critique, je pense qu’il faut reconnaître, comme la Cour des comptes, que Parcoursup a fait suite au système admission postbac, très décrié en raison notamment de l’emploi du tirage au sort, et qu’il a permis, au moins dans un premier temps, de remettre de l’ordre mais aussi de donner des résultats satisfaisants pour une bonne partie des candidats.Pour en […]
La parole est à M. Michel Castellani.
Notre pays souffre d’une reproduction sociale des inégalités qui fait mentir la promesse républicaine et remet en cause l’idéal de méritocratie. Or nous le savons : la lutte contre les inégalités sociales et territoriales commence par la lutte contre les inégalités scolaires. Et toutes les enquêtes démontrent l’incapacité de notre pays à les réduire. Elles débutent dès le plus jeune âge et se confirment, se cristallisent, lors de l’accès à l’enseignement supérieur.Depuis la crise sanitaire, les confinements à répétition, la fermeture des écoles et la mise en place d’un enseignement à distance, ces disparités scolaires se sont encore creusées. Dans le parcours du combattant que peut représenter l’accès aux études supérieures, la clé réside en premier lieu dans l’accès à l’information, mais les lycéens sont inégalement armés pour appréhender la documentation mise à disposition par une […]
La parole est à Mme Sabine Rubin.
C’est sans doute la dernière occasion, en cette fin de législature, de discuter au sein de cet hémicycle de l’une des réformes les plus controversées de ce gouvernement : Parcoursup. En préambule, je tenais donc à remercier nos camarades GDR pour cette proposition de loi, dont nous partageons largement les aspirations.Mais de quoi Parcoursup est-il le nom ? Formellement, celui d’une plateforme numérique mise en place en septembre 2018 et permettant aux lycéens de formuler des vœux pour leur accession aux études supérieures. Plus prosaïquement, et pour reprendre ici le terme de l’exposé des motifs, il s’agit d’une véritable « machine » à trier, à sélectionner et à encourager la compétition entre les établissements et les élèves.
Eh oui !
C’est sous un fallacieux prétexte que fut décidée cette plateforme : celui de la mise sous tension des filières. Cette majorité a alors fait le choix délibéré d’entériner la sélection dans nos universités. L’argument, répété ad nauseam, fut alors de ne plus avoir à tirer au sort les élèves – méthode certes injuste –, mais aussi de mieux aider à la réussite de tous les étudiants par une meilleure orientation.
Eh bien oui.
Mais Parcoursup a-t-il rempli ses objectifs ?
Eh bien oui !
Permettez-moi d’abord d’en dresser un bilan. J’écarterai au préalable la grossière propagande du ministère, qui prétendait en septembre ne comptabiliser que 239 élèves sans solution, ne retenant que ceux qui, sans affectation, ont maintenu leur recours devant les CAES, les commissions d’accès à l’enseignement supérieur. Soyons sérieux : en 2019, sur les 570 000 bacheliers ayant formulé un vœu sur la plateforme, 92,5 % d’entre eux avaient reçu une proposition d’admission. Ce sont donc plus de 42 000 lycéens qui auront été laissés sur le carreau, une moitié recevant des réponses négatives, l’autre ayant abandonné. Et l’on dénombrait plus de 148 000 candidats en réorientation, dont 17 % sans proposition.Aurait-il fallu du temps pour que nos jeunes apprivoisent cette nouvelle plateforme ? Hélas, les chiffres ne sont guère meilleurs s’agissant de l’année 2020 : pour ne prendre que l’exemple […]
La discussion générale est close.La parole est à Mme la rapporteure.
Je souhaite apporter quelques éléments de réponse. Mme la ministre m’a accusée de manquer de cohérence. Je vous rassure, l’absence de colonne vertébrale n’est pas de mon côté. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes GDR et FI.) Ce que j’ai dit lors du dîner républicain, et je le redis, c’est que personne ne regrette APB. Là-dessus nous sommes d’accord, et je l’ai dit aussi en commission. Notre proposition de loi n’entend pas supprimer Parcoursup. Ne sachant si vous l’avez lue, je vous donnerai donc le rapport, c’est un petit cadeau de Noël. (Nouveaux applaudissements sur plusieurs bancs des groupes GDR et FI.)
Oh là là !
Eh oui, la rapporteure a raison ! Un peu de respect !
S’agissant de la transparence, le rapporteur public du Conseil d’État, dans ses conclusions, citées page 9 du rapport, ne dit pas autre chose : « On peut penser que cela n’est guère satisfaisant pour les intéressés, qu’il y a même ici un habile procédé d’escamotage. Et cela, combiné au caractère ex post des informations communiquées, appelle sans doute une réflexion et une intervention du législateur pour que le droit d’accès aux éléments qui pourront la fonder, concrètement aux critères de classement des candidatures, puisse s’exercer préalablement à la décision administrative prise sur la candidature et non postérieurement à elle. Comme le dispositif actuel, cette obligation de transparence préalable pourrait ne bénéficier qu’aux candidats, à l’exclusion des tiers. Mais c’est au législateur qu’il revient de se prononcer sur tous ces points. »Vous parliez du nombre de places créées. Le […]
C’est une enseignante qui parle !
…je cite exactement ce que j’avais dit : « Cela ne signifie pas pour autant que nous souhaitons revenir sur le principe du respect du secret des délibérations des jurys : l’obligation de communication ex ante des modalités de sélection, notamment au moyen de traitements automatisés, n’a pas vocation à figer les délibérations des membres des CEV, qui pourront toujours procéder à des classements des candidatures "à la main", en se fondant, entre autres, sur des éléments du dossier non résumables par un indicateur chiffré, comme les lettres de motivation. Ainsi, le dispositif envisagé propose de maintenir la faculté, pour tout candidat, de réclamer la communication des motifs pédagogiques ayant fondé la décision prise sur sa candidature après réception de celle-ci. Ce maintien est introduit par voie d’amendement. »S’agissant des enseignements de spécialités, nos amendements visent à […]
Exactement !
La parole est à Mme la ministre.
Madame la rapporteure, dans l’exposé des motifs de la proposition de loi il est bien écrit : « Parcoursup doit être supprimée. » C’est à quoi j’ai fait référence.
Non, ce n’est pas dans le texte : l’exposé des motifs et le texte même de la proposition de loi, ce sont deux choses différentes. Même sans le bac on peut le comprendre !
S’agissant du chiffre de 82 % de procédures stressantes pour Parcoursup, il me semble assez normal, l’année où l’on passe son baccalauréat – en tout cas c’est le souvenir que j’en ai – d’être légèrement stressé. Oui, 82 % trouvent que la procédure a été stressante ; pourquoi ne pas mentionner les 74 % qui trouvent que la plateforme est claire, les 73 % qui estiment qu’elle a facilité leur accès à l’enseignement supérieur, les 66 % qui considèrent qu’elle a facilité leur orientation, les 88 % qui disent qu’elle les a aidés à trouver sur un site unique l’ensemble des formations, les 88 % qui disent avoir apprécié la liberté de choix, ou encore les 84 % qui trouvent que les indications sur la plateforme sont claires ? (Protestations sur quelques bancs du groupe GDR.)
Et que fait-on de tous les autres ?
Quand on cite des statistiques, il est important de citer l’ensemble de l’enquête qui en fait état.
Ce ne sont pas des statistiques mais des sondages !
Les critères sont communiqués. On a beaucoup entendu le contraire, donc je vous invite vraiment à aller voir : les critères généraux sont fixés et les critères spécifiques déduits des critères généraux sont précisés pour chaque formation. Pourquoi cela n’a-t-il pas beaucoup de sens de fixer les critères à l’avance ? Parce que, vous le savez si vous avez déjà participé à un jury d’admission – et je suis sûre que c’est arrivé à certains d’entre vous –, il est très compliqué, avant de connaître les dossiers, de fixer les critères qui permettront in fine de les départager. Les critères généraux sont évidemment importants. Nous rappelons que toute discrimination est interdite.
Comme les contrôles au faciès, qui sont eux aussi interdits !
Il est important aussi que je rappelle, si vous ne souhaitez pas le faire, la confiance absolue que j’ai dans les équipes des enseignants-chercheurs qui prennent en charge ces dossiers et se les approprient pour les traiter comme je viens de l’indiquer.
Attention, il y a peut-être des islamo-gauchistes parmi eux !
Vous ne voulez pas réintroduire le tirage au sort mais souhaitez supprimer Parcoursup. En réalité, vous entendez donc revenir à l’époque des files d’attente, où le jeune se rendait à quatre heures du matin devant un établissement en espérant que, au moment où il arriverait devant le guichet d’inscription, il y aurait encore des places dans cet établissement.
Vous n’avez pas lu la proposition de loi, c’est impressionnant !
Nous avons présenté des propositions précises !
Être ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche et ne pas être capable d’écouter, c’est incroyable !
J’appelle maintenant les articles de la proposition de loi dans le texte dont l’Assemblée a été saisie initialement, puisque la commission n’a pas adopté de texte.
La parole est à Mme Sabine Rubin.
Au moment où l’on parle de Parcoursup, de la sélection, du manque de places et de moyens, je ne peux me taire sur la situation de l’université Paris-Nanterre, où des étudiants sans fac sont victimes de votre politique de sélection, que va d’ailleurs aggraver la mise en place d’un Parcoursup pour les masters, et où, en même temps, la présidence est soumise à votre austérité budgétaire. Votre gouvernement, qui aime tant les « en même temps », devrait pouvoir répondre tant aux revendications légitimes des étudiants – car étudier n’est pas un privilège mais un droit – qu’à l’épuisement des équipes pédagogiques qui ont prétendument toute votre confiance, mais que vous entraînez pourtant dans votre spirale du « faire toujours plus avec toujours moins ».L’université Paris-Nanterre souffre d’un des plus bas taux d’encadrement, selon son président. Mes collègues Elsa Faucillon, Régis Juanico et […]
La parole est à Mme Lamia El Aaraje.
Je souhaite réagir au discours tenu par la ministre, car j’ai le sentiment que nous ne vivons pas dans le même monde. Vous avez raison, madame la ministre, les statistiques doivent être exhaustives et il faut les regarder dans leur globalité. J’opposerai donc deux autres chiffres à la logorrhée que vous nous avez envoyée à la figure : 82 % des lycéens, selon un sondage réalisé par votre propre ministère – il me semble que c’est toujours votre ministère –, jugent la plateforme stressante, et 61 % estiment qu’elle n’est pas juste et ne traite pas tous les candidats de la même manière.Peut-être trouverez-vous plus étayé l’avis de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), qui me semble être une organisation émettant des avis plutôt clairs et impartiaux : « Du fait de leur opacité », écrit-elle, « les procédures d’affectation dans le processus d’utilisation de […]
Ce n’est pas ce que j’ai dit !
Quand je vois le traitement que vous réservez à nos jeunes, je suis effarée et j’espère qu’ils sauront s’en souvenir. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR. – M. Ugo Bernalicis applaudit également.)
La parole est à Mme Anne Brugnera.
Je souhaite prendre la parole au sujet du stress des étudiants, en rappelant tout d’abord ce qu’était APB, car visiblement certains l’ont oublié, et même ce qu’il y avait avant ce portail. Le stress des étudiants ne date pas d’aujourd’hui.
Nous n’avons pas dit le contraire !
Le stress des bacheliers est ancien, il tient d’abord à l’épreuve du bac et, ensuite, à la procédure d’obtention de la formation de leur choix.Parcoursup permet d’accéder à 19 500 formations par un seul outil et un seul calendrier, ce qui est une source très importante de simplification. Il donne toutes les informations nécessaires. L’ampleur de ces informations peut faire peur à certains jeunes, mais ils sont accompagnés par leurs professeurs.Tous les jeunes, bien sûr, n’obtiennent pas ce qu’ils voulaient le plus. Je rappelle tout de même que, dans Parcoursup, les vœux ne sont pas hiérarchisés, ce qui est d’ailleurs une forte demande des lycéens, qui veulent pouvoir mûrir leur projet et en décider après avoir eu le bac, au dernier moment.Reste bien sûr le sujet du stress, qui est généré par le fait d’avoir des choix à faire – on comprend que ce soit stressant – et surtout par l’attente […]
La parole est à M. Stéphane Peu.
Madame la ministre, avant d’entamer l’examen des amendements à l’article 1er, je voulais vous faire part d’une réaction. Tout à l’heure, vous avez parlé de la Seine-Saint-Denis, territoire dont vous savez qu’il me tient à cœur.
À moi aussi !
Le hasard du calendrier fait que j’ai rencontré hier soir des parents d’élèves et des lycéens du lycée Paul Éluard à Saint-Denis, à leur invitation. Ils m’ont expliqué la façon lamentable dans laquelle se déroule leur scolarité – professeurs non remplacés, assistantes sociales, infirmières absentes, etc. Au-delà, ils m’ont aussi fait état de leurs inquiétudes quant à ce qu’ils ont vécu avec la réforme du bac et avec Parcoursup, car les deux sont liés. Et en liant les deux, vous avez aggravé la discrimination à l’encontre des lycées et des jeunes des quartiers populaires.Le résultat, c’est que le bac – qui était un examen national avec, à chaque coin de France, du moindre petit village jusqu’au quartier populaire d’une grande ville en passant par les petites bourgades, le même examen pour tout le monde – en est réduit à une série d’examens potentiellement différents d’un lycée à l’autre […]
Je n’ai pas dit ça !
Si, c’est ce que vous avez dit !
C’est choquant !
Vous le regrettez peut-être, mais vous l’avez dit. C’est choquant et méprisant pour les jeunes de la Seine-Saint-Denis. Il n’est pas question d’autoriser quelques-uns à sortir de leur réserve indienne pour étudier dans les universités parisiennes. Je suis député de la Seine-Saint-Denis, où sont implantées deux grandes universités – Paris 8 et Paris 13. La question est la suivante : Parcoursup a-t-il permis à plus d’enfants de la Seine-Saint-Denis d’accéder à l’enseignement supérieur ? La réponse est non ! (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR, SOC et FI.)
Et les quotas de boursiers ?
En renforçant la sélection, Parcoursup a mis plus d’enfants des quartiers populaires sur le banc de touche que ne le faisaient les dispositifs précédents !
Ce que vous dites n’est pas vrai !