Séance du 6 mai 2024 — 184e séance
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Hélène Laporte.
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Hélène Laporte.
Tours 401 à 511 sur 511 — page 3 / 3.
Non, le budget n’est pas insincère. Si, avec Bruno Le Maire, nous avions été les seuls à revoir nos prévisions de croissance en février dernier, vous auriez peut-être pu dire qu’il y avait un problème. Toutefois, au même moment, l’Allemagne a également reconsidéré ses prévisions de croissance, tout comme l’a fait la Commission européenne s’agissant des États membres. C’est bien la preuve que nous n’avons pas revu nos prévisions tout seuls dans notre coin, mais que nous avons tous été percutés par un ralentissement de l’activité économique au niveau international, et singulièrement au niveau européen.Le vrai débat, parmi tous ceux qui nous séparent, c’est celui de la dette : vous considérez, en définitive, que ce n’est pas grave et qu’elle ne constitue pas un problème.
La dette, vous y avez tout de même un peu contribué !
Vous estimez que nous ne sommes pas obligés de la rembourser et qu’elle pourrait, un jour, être annulée. C’est d’ailleurs ce qui vous conduit à demander toujours plus de dépenses ! Là est notre principal point de désaccord.En ce qui concerne les recettes, vous évoquez le rétablissement de l’ISF : permettez-moi de vous rappeler qu’il n’a pas été supprimé, mais transformé en impôt sur la fortune immobilière. Ce dernier a rapporté 2 milliards de recettes supplémentaires.
Vous rigolez ?
Or, savez-vous combien a coûté le bouclier énergétique dans le budget pour l’année 2023 ? Plus de 40 milliards !
Ils ont fini dans les poches des actionnaires !
Les initiatives de ce type ne sont donc pas du tout à la hauteur de l’enjeu qui est le nôtre, à savoir redresser les finances publiques et faire un effort en matière de dépenses. Lorsqu’on applique le taux de prélèvements obligatoires le plus élevé de l’Union européenne, il est normal qu’on pose la question des dépenses.Enfin, s’agissant de la convention fiscale qui nous lie avec le Luxembourg, un avenant est en cours de finalisation, qui nous permettra, je l’espère, de récupérer un peu plus de recettes.
La parole est à M. Éric Coquerel.
Permettez-moi de revenir sur l’annulation de 10 milliards d’euros de crédits, décidée en raison d’une croissance inférieure aux prévisions. Vous nous indiquez qu’il s’agit d’une goutte d’eau, d’une opération indolore puisque ces crédits étaient envisagés au titre de la réserve de précaution. Il n’y aura donc pas lieu, selon vous, de présenter un projet de loi de finances rectificative, dans la mesure où ces annulations ne dépassent pas 1,5 % des crédits totaux.Cependant, puisque vous annoncez aussi 5 milliards d’euros d’économies supplémentaires qui, même s’ils ne figurent pas encore dans le décret d’annulation et correspondent à des crédits qui seront gelés, seront bien annulés à la fin de l’année, je pense qu’il y a un peu d’esbroufe de votre part à déclarer qu’il n’y a pas matière à présenter un PLFR ; en réalité, à la fin de l’année, ce sont bien 15 milliards de crédits qui seront […]
Posez votre question, s’il vous plaît.
Deux ministères n’ont pas répondu du tout : celui de l’éducation nationale, à qui vous demandez 692 millions d’euros d’économies – aucune réponse, mais ce n’est pas un hasard, car c’est la plus grosse somme ; et celui des transports, pour lequel vous prévoyez 221 millions d’annulations de crédits.Ces annulations ne sont donc ni transparentes ni indolores. Ma question est donc la suivante : à quand un PLFR ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES. – M. Stéphane Lenormand applaudit également.)
Un vote !
Ah ça, ils n’en veulent pas du PLFR !
La parole est à M. le ministre délégué.
En tant que président de la commission des finances, vous savez bien que les 10 milliards d’euros d’annulations de crédits annoncés dans le décret s’appliquent programme par programme. C’est précisément ce que nous définissons avec les ministères, qui seront ensuite libres d’affecter les crédits, à l’intérieur de leur enveloppe, aux actions qu’ils souhaitent – il n’y a rien de nouveau sur ce plan. D’ailleurs, les crédits votés dans le cadre du projet de loi de finances, et qui sont détaillés dans l’annexe notamment, le sont à titre indicatif pour chaque programme ; ensuite, les dépenses varient en cours d’année. Il ne s’agit pas de voter des crédits à un tel degré de précision, qui ne correspondrait pas à la réalité de la gestion du budget ; l’autorisation parlementaire s’applique, vous le savez, au programme.Enfin, pour quelle raison n’est-il pas nécessaire de présenter un PLFR ? Tout […]
Comme par hasard !
Je rappelle que la Lolf était une initiative parlementaire, le législateur souhaitant laisser à l’exécutif la possibilité de procéder à des ajustements. Les 10 milliards d’euros d’efforts supplémentaires correspondent aux crédits prévus au titre de la réserve de précaution, qui sert précisément à cela. Et si, demain, une difficulté particulière apparaît, nous saurons ouvrir des crédits supplémentaires en cours d’année, comme cela nous arrive de le faire en fin d’année – peut-être sera-t-il nécessaire d’ouvrir des crédits sur un programme et d’en fermer sur un autre ; c’est tout à fait classique.Soyez donc rassuré, monsieur le président : vous avez obtenu toutes les informations par programme que vous souhaitiez ; la commission des finances peut parfaitement auditionner, avec ses rapporteurs spéciaux, les ministres compétents ; le Printemps de l’évaluation est en cours et nous en […]
Pourquoi refusez-vous de présenter un PLFR ? On veut voter !
Nous avons terminé les questions sur les comptes publics.
(La séance, suspendue quelques instants, est immédiatement reprise.)
L’ordre du jour appelle les questions sur la santé mentale des jeunes. La conférence des présidents a fixé à deux minutes la durée maximale de chaque question et de chaque réponse, sans droit de réplique.La parole est à M. Pierre Dharréville.
Pour des raisons de forme et de fond, le dispositif Mon soutien psy a davantage été un échec qu’une réussite. Seuls 7 % des psychologues libéraux s’y sont engagés, sans toujours y rester, peu convaincus de pouvoir sérieusement dispenser leur accompagnement dans ce contexte. Il a également raté sa cible, puisque 10 % des bénéficiaires seulement sont en situation de précarité – cela ne veut pas dire que les autres n’ont pas également des besoins.Ce dispositif a été créé pour se substituer à une prise en charge gratuite, adaptée et non limitée, en centre médico-psychologique (CMP). Toutefois, au lieu de prendre des mesures fortes pour pallier le manque de psychologues dans les structures et à l’hôpital, on a organisé une forme de contournement, qui s’avère défaillant. Les millions d’euros ainsi engagés permettraient pourtant le recrutement de milliers de psychologues dans les CMP. Il est […]
La parole est à M. le ministre délégué chargé de la santé et de la prévention.
Vous pointez un dispositif, Mon soutien psy, qui est nouveau : il est apparu il y a tout juste deux ans, au printemps 2022. Comme tous les dispositifs à leur lancement, il peine à donner sa pleine mesure, mais il a, au moins, le mérite d’exister. Plus de 250 000 patients ont déjà été pris en charge, adressés par 500 000 médecins, ce qui représente près de 1,3 million de séances réalisées.Cependant, vous avez raison, le dispositif méritait d’être revu, comme l’a d’ailleurs annoncé le Premier ministre dans son discours de politique générale. Nous y avons travaillé et nous sommes sur le point de déployer des mesures nouvelles que je vais vous exposer.Quelles étaient les principales critiques opposées à ce dispositif ? Le tarif appliqué, de 30 euros par séance, était jugé trop peu élevé ; le nombre de huit séances prises en charge était jugé insuffisant ; enfin, la condition d’adressage […]
La parole est à M. Yannick Monnet.
Le rapport de notre collègue Marie-George Buffet, publié en décembre 2020, au nom de la commission d’enquête pour mesurer et prévenir les effets de la crise du covid-19 sur les enfants et la jeunesse nous alertait déjà sur la détérioration de la santé mentale des jeunes dans le cadre de la crise sanitaire. Si les conséquences psychiques ont été mesurées en augmentation dans la population générale, elles répondent à des problématiques bien plus spécifiques chez les jeunes. Il était ressorti de la commission d’enquête que la France ne comptait qu’un psychologue universitaire pour 30 000 étudiants et que le nombre de pédopsychiatres avait baissé de moitié en dix ans. Plus largement, la question des ressources humaines et financières à engager pour permettre un renforcement massif de la pédopsychiatrie, notamment à l’hôpital, était soulevée.Le secrétaire d’État Adrien Taquet avait alors […]
La parole est à M. le ministre délégué.
Votre question est très pertinente et nous avons bien identifié les problèmes que vous pointez du doigt. Le suicide est la deuxième cause de mortalité pour les 10-25 ans. Entre les périodes 2015-2019 et 2021-2022, les hospitalisations pour gestes auto-infligés – ce qui inclut les tentatives de suicide et les automutilations – ont augmenté de 63 % pour les filles de 10 à 14 ans et de 42 % pour les adolescentes de 15 à 19 ans. Je citerai quelques chiffres à l’appui de votre constat : entre mars 2020 et juillet 2021, près d’un enfant sur six a eu besoin de soins pour un motif psychologique – l’impact de la crise sanitaire sur l’état de santé mentale de la jeunesse est bien visible.Face à cette situation, le Gouvernement n’est pas resté les bras ballants. Parmi les dispositifs déployés, j’évoquerai tout d’abord le 3114, le numéro national de prévention du suicide créé en octobre 2021. Le […]
La parole est à M. Jean-Paul Lecoq.
À l’heure actuelle, 20 % des postes de psychiatres ne sont pas pourvus, soit plus de 1 000 postes. L’état de la psychiatrie en France est catastrophique. À la réflexion, le cœur du problème semble résider dans la politique menée ces dernières décennies : la psychiatrie a été considérée comme une spécialité comme les autres, ce qui, nous le savons, n’est pas le cas. Au contraire, nous devons en faire une priorité, notamment en combattant les préjugés.La Défenseure des droits estime à six mois le délai d’attente moyen pour consulter un pédopsychiatre. D’après un rapport de 2023 du Conseil de l’enfance et de l’adolescence, intitulé « Quand les enfants vont mal : comment les aider », 597 pédopsychiatres étaient recensés au 1er janvier 2020 et leur âge moyen était de 65 ans. D’après la communication de la Cour des comptes à la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale […]
La parole est à M. le ministre délégué.
Oui, à la suite de vingt à trente ans de sous-investissement chronique, la psychiatrie est depuis des années le parent pauvre du système de santé. Soyons francs, la situation de la pédopsychiatrie est encore plus difficile. Les mesures prises depuis les assises de la santé mentale et de la psychiatrie de 2021, alors que la France était encore touchée par l’épidémie de covid, ont contribué à relancer l’investissement. Le Conseil national de la refondation (CNR) sur la santé mentale, qui se tiendra à partir du 12 juin prochain, amplifiera les mesures annoncées en 2021. Un secrétariat d’État dédié n’est pas nécessaire : le ministère de la santé est responsable du champ de la santé dans sa globalité. Si la nomination d’un secrétaire d’État permettait par miracle de résoudre les problèmes, une telle nomination serait certainement intervenue.Déployer ces mesures et les budgets correspondants […]
La parole est à M. Jean-Marc Tellier.
À la suite de la crise sanitaire, de nombreuses études relatives à la santé psychologique des jeunes ont été menées. Leur santé mentale s’est largement dégradée et la situation des jeunes filles est encore plus inquiétante. D’après une étude de la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) publiée en février, le nombre d’hospitalisations pour des tentatives de suicide et des automutilations a augmenté chez les jeunes filles. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : l’augmentation atteint 63 % parmi les 10-14 ans et 42 % parmi les 15-19 ans.Menée conjointement par l’École des hautes études en santé publique (EHESP) et par l’observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) et publiée le 9 avril dernier par Santé publique France, l’enquête nationale en collèges et en lycées chez les adolescents sur la santé et les substances (Enclass) […]
La parole est à M. le ministre délégué.
J’ai déjà cité des chiffres et je partage le constat dressé par les précédents orateurs : le taux de suicide, le désespoir des jeunes et l’état de leur santé mentale s’imposent à notre attention et appellent des réponses. Le renforcement depuis 2021 des moyens alloués à la psychiatrie, à la pédopsychiatrie et aux structures de prise en charge vise à accompagner un nombre croissant de jeunes. J’ai cité tout à l’heure les 500 000 appels reçus par le numéro national d’appel : ce chiffre signifie que des jeunes sont pris en charge. Je le rappelle, ce sont des professionnels qui décrochent les appels, qui accompagnent les jeunes, qui les orientent vers d’autres professionnels sur leur lieu de résidence et qui dirigent les appels vers les centres.Je ne reviendrai pas sur le dispositif VigilanS. Pas moins de 125 maisons des adolescents sont désormais implantées partout sur le territoire […]
La parole est à Mme Martine Froger.
Le baromètre de Santé publique France publié le 5 février, à l’occasion de la journée mondiale de prévention du suicide, confirme la grave dégradation de la santé mentale des jeunes adultes. Depuis 2014, la prévalence des pensées suicidaires chez les 18-24 ans a doublé. Entre 2017 et 2021, le nombre de tentatives de suicide déclarées dans cette même tranche d’âge a doublé également. L’ampleur de la propagation chez les jeunes de troubles tels que la phobie sociale, la dépression, la schizophrénie, les conduites addictives, voire, dans les cas les plus tragiques, les violences et les actes suicidaires, mérite une prise de conscience collective afin de concevoir une action publique volontaire et ambitieuse.Mieux détecter les troubles de santé psychique et mieux soigner les jeunes passe inévitablement par un renforcement de la psychiatrie, qui n’en finit pas d’être le parent pauvre de la […]
La parole est à M. le ministre délégué.
Je profiterai de votre question pour préciser plusieurs points. La feuille de route en santé mentale et psychiatrie, lancée en 2018, comprenait trente-sept actions et était dotée d’un budget de 1,4 milliard d’euros, je le répète. En 2021, lors des assises de la santé mentale et de la psychiatrie, qui ont tiré les conséquences de la pandémie, un budget supplémentaire de 1,9 milliard sur plusieurs années a été alloué au secteur afin de renforcer la prise en charge des Français, adultes comme enfants. J’ai présidé il y a quelques jours le comité de suivi de la feuille de route en santé mentale, qui est animée par le délégué ministériel à la santé mentale et à la psychiatrie, le professeur Frank Bellivier. Ce comité a été l’occasion de faire le point sur l’application des mesures.Puisque vous suivez ces questions, vous connaissez les actions mises en œuvre. Prenons l’exemple du déploiement […]
La parole est à M. Stéphane Lenormand.
L’enquête Enclass publiée récemment révèle que 14 % des collégiens et 15 % des lycéens présenteraient un risque important de dépression. D’après les données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour 2023, la maladie mentale et les troubles psychiques toucheraient près d’un cinquième de la population, soit environ 13 millions de Français. Au sortir de la crise du covid-19, ce phénomène se serait accentué, en particulier chez les jeunes puisqu’on estime qu’environ 15 % d’entre eux ont besoin d’un suivi ou de soins.Ce constat est encore plus alarmant dans les outre-mer, où la situation de la santé mentale des 18-25 ans est très inquiétante. Il y a moins de professionnels de la santé mentale et moins de moyens pour le suivi et la prévention sur le terrain. Prenons La Réunion : selon l’observatoire régional de santé, les tentatives de suicide, deuxième cause de mortalité chez les […]
La parole est à M. le ministre délégué.
Les outre-mer sont pleinement concernés par l’ensemble des mesures que j’ai déjà citées, et il n’y a aucune raison de voir dans la montée en puissance progressive de certains dispositifs une volonté de les en écarter. Le numéro national 3114, grâce auquel 500 000 personnes ont déjà pu être prises en charge, déjà déployé à La Réunion depuis plusieurs années, vient d’être lancé en Guadeloupe et sera mis en place prochainement en Martinique et en Guyane. Précisons aussi que parmi les 125 maisons des adolescents existantes, huit sont installées en outre-mer, dont une en Polynésie.Il faut aussi avoir à l’esprit que l’outre-mer inspire des dispositifs qui sont ensuite généralisés à l’échelon national. C’est ainsi que l’équipe de liaison et d’intervention auprès d’adolescents en souffrance (Elias), qui vient en appui aux professionnels de l’aide sociale à l’enfance (ASE), de la protection […]
La parole est à M. Michel Castellani.
Dans sa déclaration de politique générale, le Premier ministre assurait vouloir faire de la santé mentale des jeunes une grande cause de son action gouvernementale. Les problèmes de santé mentale ne sont pas anodins : comme vous le savez, ils peuvent avoir des conséquences désastreuses. En 2020, 7,4 % des 18-24 ans interrogés confiaient avoir eu des pensées suicidaires, ce qui constitue un chiffre considérable. Avec 9 000 décès par suicide chaque année, la France est l’un des pays les plus touchés d’Europe et parmi ces victimes, on compte de très nombreux jeunes. Après les accidents de la route, les suicides constituent la deuxième cause de décès dans cette tranche d’âge.Monsieur le ministre, le suicide n’est jamais le fruit d’une cause unique. Cependant, chez les jeunes, les réseaux sociaux constituent un catalyseur de différents maux et sont, à ce titre, régulièrement montrés du […]
La parole est à M. le ministre délégué.
Bien sûr, je m’accorde avec vous sur la nécessité de mobiliser des moyens dans le domaine de la santé mentale. Les réseaux sociaux sont un enjeu important de la santé mentale des jeunes et nous pouvons saluer la proposition de loi du président Marcangeli, que j’avais eu l’honneur de voter et qui a été adoptée. L’ambition de ce texte est partagée non seulement au sein de cette assemblée, mais aussi par le Gouvernement et le Président de la République, qui l’a évoquée dans son discours prononcé à la Sorbonne le 25 avril dernier. Des démarches au niveau européen devraient aboutir à des avancées – mais nous nous éloignons de la santé mentale des jeunes.À l’occasion de la remise du rapport de la commission d’experts sur l’impact de l’exposition des jeunes aux écrans, le 30 avril dernier, remise à laquelle j’ai assisté, le Président de la République a confié à mon ministère et à d’autres la […]
La parole est à M. Olivier Serva.
Alors que nous débattons de la santé mentale de notre jeunesse, je veux me faire l’écho de nos territoires ultramarins, où les moyens de prise en charge manquent souvent à l’appel, alors même que les besoins sont prégnants. En Guadeloupe, une étude menée sur 400 enfants âgés de 10 à 18 ans en octobre dernier par le CMPP Les Lucioles à Grand Camp, dans la commune des Abymes, a montré que 55 % des jeunes Guadeloupéens avaient des idées suicidaires : un chiffre qui fait froid dans le dos. Une autre étude menée en 2020 par le comité scientifique du CMPP sur un échantillon de 893 enfants âgés de 3 à 20 ans a établi que les tentatives de suicide déclarées au cours de la vie ont augmenté de 50 % par rapport à 2017.Les autres territoires ultramarins ne sont pas en reste s’agissant de la progression inquiétante du mal-être de nos jeunes. À La Réunion, selon l’observatoire régional de santé, un […]
La parole est à M. le ministre délégué.
J’ai rappelé quelques données concernant l’outre-mer en répondant à votre collègue Lenormand. Malheureusement, les chiffres que vous citez ne sont pas propres à l’outre-mer : à l’échelon national, en 2022, les tentatives de suicide ont augmenté de 63 % chez les 10-14 ans et de 42 % pour les 15-19 ans. Les outre-mer ne font pas l’objet d’un traitement différent. Y sont appliqués les mêmes dispositifs avec la même progressivité : certains départements d’outre-mer n’ont pas encore de centre d’appel 3114 – c’est le cas pour la Martinique et la Guyane, qui en seront dotées prochainement –, mais il va de même pour certains départements de l’Hexagone. Quant aux maisons des adolescents, plébiscitées par les professionnels pour leur utilité, il en existe huit en outre-mer, dont une en Polynésie.La jeunesse ultramarine vit la même chose que la jeunesse hexagonale. L’ensemble de la jeunesse […]
La parole est à M. Jean-Claude Raux.
Je tiens à remercier les groupes GDR-NUPES et LIOT d’avoir proposé ce débat : la santé mentale des jeunes ne peut que nous inquiéter et nous mobiliser. La crise sanitaire a conduit à une dégradation de la santé mentale de manière plus marquée chez les jeunes que dans les autres tranches d’âge. Pourtant, le Gouvernement a continué de détricoter avec la dextérité d’une couturière le service public de santé. Je n’ai pas constaté les effets de la montée en puissance des dispositifs que vous évoquiez, monsieur le ministre. En revanche, j’ai retenu un chiffre tragique : à Nantes, en 2023, 123 jeunes de moins de 15 ans venus aux urgences pour des idées suicidaires n’ont pu être pris en charge. Combien seront-ils en 2024 ?Les aiguilles plantées en plein cœur du service de santé entraînent une pénurie de soignants. Le manque de moyens a laissé tant de jeunes perdre le fil de leur vie ! La […]
La parole est à M. le ministre délégué.
Le constat que vous dressez est unanimement partagé. Plusieurs actions ont déjà été mises en œuvre à la suite de la feuille de route de la santé mentale et de la psychiatrie en 2018 ou des assises de la santé mentale et de la psychiatrie qui sont venues amplifier les premières mesures. Les moyens budgétaires eux aussi ont été augmentés dès 2021.Parmi les dispositifs créés pour les jeunes, j’ai évoqué trop rapidement celui du secourisme en santé mentale : en formant des jeunes, on peut faciliter le repérage de signaux faibles et la prise en charge de ceux qui en auraient besoin. En 2023, 2 700 étudiants ont été formés aux premiers secours en santé mentale ; au 1er avril 2024, 115 000 secouristes avaient été formés depuis la création du dispositif en 2019 et l’objectif est d’en avoir 150 000 d’ici à 2025. Sans constituer une véritable prise en charge – on ne forme pas des médecins ou des […]
La parole est à nouveau à M. Jean-Claude Raux.
Ce débat sur la santé mentale résonne encore plus fort après que j’ai reçu ces derniers jours, sans doute comme vous, des e-mails effrayés de parents, de proches et de jeunes trans. Les discriminations, les agressions et les violences, le manque d’accompagnement social ou de soutien ressenti par les personnes trans entraînent inévitablement une dégradation de leur santé mentale. L’anxiété, la dépression, l’automutilation et trop souvent le suicide en sont les conséquences.Dès lors, comment ne pas comprendre les craintes des parents de ces jeunes face aux attaques transphobes formulées et relayées par la proposition de loi no 435 visant à encadrer les pratiques médicales mises en œuvre dans la prise en charge des mineurs en questionnement de genre, déposée au Sénat par le groupe Les Républicains et qui ferait courir un risque grave sur la santé des jeunes trans si elle venait à être […]
La parole est à M. le ministre délégué.
Je déplore les attaques transphobes que subissent ceux qui, par leur choix personnel, sont discriminés et parfois violentés : c’est inacceptable. Cependant, les accompagnements proposés aux personnes transgenres sont tout à fait appropriés et les victimes des situations que vous évoquez peuvent bénéficier de tous les dispositifs que j’ai évoqués, de Mon soutien psy jusqu’à l’accompagnement professionnel souhaité et nécessaire en matière de santé mentale. Je ne connais pas dans le détail les dispositions de la proposition de loi que vous évoquez et ce n’est ni le lieu ni le moment d’en débattre, mais je sais que la Haute Autorité de santé (HAS) doit publier très rapidement des recommandations inspirantes qui présenteront les méthodes permettant de bien accompagner les jeunes qui souhaitent faire évoluer leur identité sexuelle, ainsi que les bonnes pratiques à appliquer en matière […]
La parole est à Mme Virginie Lanlo.
Comme vous l’avez rappelé, monsieur le ministre, nous constatons une dégradation de la santé mentale des jeunes, notamment depuis la crise sanitaire de la covid-19. Cette situation dramatique chez de nombreux enfants, adolescents et jeunes adultes est due à plusieurs facteurs : des fractures et conflits intrafamiliaux, des violences subies au sein du cercle des proches, des situations de fragilité sociale et économique, de la vulnérabilité causée par un ou plusieurs handicaps – dernier point, mais non le moindre, les situations de harcèlement.Le Gouvernement s’est déjà saisi avec justesse de ce problème de la santé mentale des jeunes, avec notamment le dispositif Mon soutien psy. Cependant, au vu de l’ensemble des facteurs de vulnérabilité, il nous faut construire de façon transverse, avec l’ensemble des acteurs, un réel parcours d’accompagnement des jeunes. Nous devons poursuivre nos […]
La parole est à M. le ministre délégué.
Vous avez raison : l’une des clés de la prise en charge réside dans le lien entre l’école et la médecine de ville, puisque l’école est le lieu où on peut repérer, parfois très en amont, des enfants qui auraient besoin d’être accompagnés. Je rappelle que l’éducation nationale est un des partenaires du réseau des maisons des adolescents, au même titre que les représentants des personnels de santé institutionnels et libéraux, les services d’action sociale, la protection judiciaire de la jeunesse et les collectivités locales. Elle est donc partie prenante des 125 maisons de l’adolescent actuellement déployées.Il existe aussi les centres régionaux du psychotraumatisme, plutôt tournés vers les mineurs victimes de violences. Au nombre de quinze, ils ont pris en charge un peu moins de 15 000 enfants en 2023 et s’appuient aussi beaucoup sur le réseau de l’éducation nationale, qui collabore […]
La parole est à Mme Natalia Pouzyreff.
D’après une nouvelle étude de Santé publique France, le risque de dépression concerne 15 % des élèves de la quatrième à la terminale. On estime d’ailleurs qu’entre 2 et 3 millions de jeunes Français souffrent de troubles de santé mentale. À cet égard, les CMP assurent le suivi des jeunes patients et jouent un rôle central pour la mobilisation et la coordination de tous les acteurs du territoire. Or, les délais d’attente pour obtenir un rendez-vous dans les CMP peuvent atteindre plusieurs mois. Cela s’explique notamment par la difficulté à recruter du personnel médical et paramédical. Les CMP sont dirigés par des psychiatres dont le nombre est en baisse, c’est pourquoi la possibilité de déléguer la prise en charge à des professionnels de santé tels que les psychologues ou les IPA va dans le bon sens. Pour que cette ouverture aux professionnels paramédicaux soit effective, il est […]
La parole est à M. le ministre délégué.
Les centres médico-psycho-pédagogiques ne suffisent pas – vous avez raison – à répondre à l’ensemble des besoins, même si leurs moyens ont été rétablis : il faut s’appuyer sur d’autres professionnels qui, à côté des psychiatres, peuvent faciliter la prise en charge des jeunes qui en ont besoin. C’est pourquoi, comme vous l’avez rappelé, le nouveau dispositif Mon soutien psy va reposer principalement sur les psychologues qui pourront recevoir, sans adressage préalable par un médecin – notamment par un psychiatre –, les jeunes qui en ont besoin. C’est un signal adressé à la profession des psychologues et qui montre l’importance que nous attachons au rôle qui peut être le leur dans le système de santé.Nous soutenons aussi la formation des IPA pour faciliter les parcours et diminuer les temps d’attente. Sept régions proposent la formation à la mention psychiatrie et santé mentale, et […]
La parole est à M. Matthieu Marchio.
La France fait face à une hausse inquiétante des pathologies psychiatriques chez les enfants et les adolescents depuis la crise sanitaire. Deux rapports récents de la Cour des comptes et du Conseil de l’enfance et de l’adolescence alertent sur l’insuffisance de l’offre pédopsychiatrique face aux besoins croissants des jeunes : environ 1,6 million d’enfants et d’adolescents souffrent d’un trouble psychique et la prévalence de l’ensemble de ces troubles chez les jeunes est évaluée à 11,2 % sur l’ensemble du territoire ; 13 % des enfants de 6 à 11 ans présentent un trouble probable de la santé mentale.Selon le rapport annuel de la Défenseure des droits, ces enfants et adolescents doivent attendre un délai de six mois pour consulter un pédopsychiatre : ce chiffre ne surprend pas, car de nombreux spécialistes alertent depuis des années sur la terrible pénurie de pédopsychiatres. L’offre de […]
La parole est à M. le ministre délégué.
Ni la pédopsychiatrie ni la psychiatrie n’ont été les oubliées des efforts généraux qui ont été réalisés en matière de santé. Globalement, l’objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam) a augmenté de plus de 60 milliards d’euros entre 2018 et 2024, passant de 191 milliards à 255 milliards.Je rappelle qu’en matière de santé mentale, le budget de la psychiatrie est passé de 9 milliards d’euros en 2020 à plus de 12 milliards d’euros en 2023, soit une augmentation de 32 % en trois ans. Des moyens sont également investis pour mieux former : on compte, en septembre 2023, 25 % d’élèves de plus en deuxième année de médecine qu’en 2019. Cette augmentation conduira davantage de jeunes médecins vers la psychiatrie, et je l’espère vers la pédopsychiatrie. Enfin, les moyens des établissements – publics ou privés – qui portent la politique de santé mentale ont aussi été renforcés dans […]
La parole est à M. Serge Muller.
En analysant de manière approfondie les données disponibles, il est impossible de ne pas reconnaître l’ampleur de la crise de la santé mentale infantile en France. Environ 20 % des enfants et adolescents français présentent des symptômes de troubles mentaux. Face à cette réalité on ne peut plus grave et alarmante, les infrastructures et les services de pédopsychiatrie demeurent insuffisants et incapables de répondre à une demande croissante : seulement 20 % des enfants ayant besoin de soins psychiatriques en bénéficient réellement, laissant ainsi une grande partie de la population juvénile sans accès adéquat à des services de santé mentale. C’est grave !C’est d’autant plus grave que le rapport de la Cour des comptes, « La pédopsychiatrie : un accès et une offre de soins à réorganiser », publié en mars 2023, indique que « 35 % des pathologies psychiatriques adultes débuteraient avant 14 […]
La parole est à M. le ministre délégué.
Vous dressez le même constat que votre collègue Matthieu Marchio. Je ne répéterai pas tous les chiffres que j’ai déjà cités et me contenterai de rappeler qu’en trois ans, entre 2020 et 2023, le budget alloué à la psychiatrie a été augmenté de 32 %, atteignant 12 milliards d’euros. Je ne rappellerai pas non plus la réforme du financement des établissements en santé mentale. Tous ces éléments contredisent totalement le propos que vous martelez, selon lequel la psychiatrie serait le parent pauvre, laissé de côté, sous-financé. Il faut comprendre que le problème numéro un du système de santé actuel n’est pas lié au financement, mais au nombre insuffisant de professionnels (M. Yannick Neuder rit) aptes à prendre en charge les patients.
Il faut en former plus, alors !
Des lits rouvrent dans beaucoup d’établissements de santé, parce que les perspectives de recrutement s’améliorent : c’est le cas de l’AP-HP à Paris ou du centre hospitalier universitaire (CHU) de Besançon, entre autres établissements. Ajouter des lits de pédopsychiatrie sans avoir un nombre suffisant de professionnels pour en assurer le fonctionnement…
Faites-le !
…ne servira pas à grand-chose et ne permettra pas d’améliorer la prise en charge des enfants touchés par des problèmes de santé mentale. Nous sommes en train de former davantage de professionnels, de mieux les accompagner – les améliorations des rémunérations à l’hôpital, depuis le Ségur de la santé, en sont le témoignage. Progressivement, nous remontons une pente de vingt ans de laisser-aller qui, depuis le milieu des années 2000,…
Depuis que Macron est au pouvoir !
…a fait de l’hôpital et du système de santé, public en particulier, le parent pauvre des politiques publiques. Jamais le budget de la santé en général, et de la pédopsychiatrie en particulier, n’a autant été augmenté que durant ces dernières années.
Sept ans que vous êtes au pouvoir, il serait temps !
La parole est à M. Nicolas Dragon.
La détérioration de la santé mentale de nos jeunes concitoyens est une préoccupation croissante depuis la crise du covid. Les étudiants, en particulier, constituent une population à haut risque, en raison du stress accru associé aux exigences académiques et aux pressions sociales. Pour faire face à cette situation, le Gouvernement avait présenté, en mars 2021, le dispositif Santé psy étudiant. Même si ce dernier allait dans le bon sens, il s’est révélé peu efficace : seulement 2 % des étudiants y ont eu recours, alors que plus de 30 % d’entre eux présentent des signes de détresse psychologique. Le Premier ministre a annoncé le renforcement et la simplification d’un autre dispositif – Mon soutien psy –, qui est ouvert à tous, et cumulable avec Santé psy étudiant.Au 1er juin 2024, Mon soutien psy évoluera, alors que Santé psy étudiant stagnera et continuera de souffrir des mêmes défauts – […]
La parole est à M. le ministre délégué.
Santé psy étudiant est un dispositif à parfaire, mais il a quand même permis de prendre en charge 60 000 étudiants – ce n’est pas rien –, avec l’intervention d’environ un millier de psychologues. Je peux d’ores et déjà vous annoncer que nous travaillons, avec la ministre Sylvie Retailleau, à la fusion des dispositifs, de telle sorte que Mon soutien psy devienne le dispositif de référence pour l’ensemble de la population, y compris les jeunes. L’accès à ce dispositif sera facilité, sans adressage médical préalable, avec une consultation mieux rémunérée et un parcours de prise en charge allongé jusqu’à douze séances. Le dispositif Mon soutien psy est financé par l’assurance maladie, ce qui n’est pas le cas du dispositif Santé psy étudiant ; nous sommes en train d’étudier techniquement comment les fusionner. Cela se fera très rapidement, dans les prochains mois, de façon à ce qu’un seul et […]
La parole est à M. Thierry Frappé.
Ce débat portant sur la santé mentale des jeunes me permet d’appeler votre attention sur la situation des étudiants en médecine. Ils sont confrontés à des exigences tant universitaires que personnelles qui nuisent à leur bien-être psychologique. Ces futurs médecins doivent affronter un volume de travail élevé, avec des responsabilités croissantes, des examens, des horaires éprouvants, donnant lieu à une pression constante qui engendre un stress chronique, de l’anxiété, des troubles dépressifs ou encore des burn-out. Fin 2021, 75 % des étudiants en médecine présentent des symptômes anxieux ; 39 % présentent des syndromes dépressifs ; 19 % ont des idées suicidaires. En conséquence, un étudiant en médecine sur deux envisage de changer de voix, et 64,7 % des étudiants en médecine ne recommandent pas leurs propres études, pour de multiples raisons – situation financière, conditions d’études […]
La parole est à M. le ministre délégué.
Votre question porte sur la situation des internes. Pour les étudiants en médecine comme pour tous les étudiants de France, quelle que soit leur discipline, les mêmes dispositifs sont ouverts (M. Matthieu Marchio s’exclame). Bientôt, le dispositif simplifié Mon soutien psy permettra à ceux qui le souhaitent et qui ressentent une fragilité psychologique d’accéder à un accompagnement par un professionnel en santé mentale.Vous avez raison de souligner que les étudiants en médecine sont soumis à des rythmes éprouvants, et ce durant plusieurs années. J’ai commencé à travailler avec les syndicats représentatifs des étudiants en médecine, et avec l’ensemble des représentants des étudiants des autres filières de santé – même si la pression y est apparemment moins forte, elle demeure élevée pour l’ensemble des étudiants en santé –, de manière à améliorer la qualité des stages, en lien avec les […]
La parole est à M. Louis Boyard.
Monsieur le ministre, mes chers collègues macronistes, je vais vous vexer, mais l’une des causes de la détérioration de la santé mentale des jeunes, c’est vous ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.) C’est vous qui passez la plupart de votre temps à critiquer les réseaux sociaux et les jeux vidéo, sans jamais faire état de votre responsabilité dans le fait qu’un quart des jeunes sont en dépression et que 7 % des jeunes ont des pensées suicidaires. C’est vous qui avez transformé l’école en Hunger Games géants ; c’est vous qui avez mis en compétition des adolescents de 15 à 18 ans pour savoir quel sera le métier de leur vie ; c’est vous qui avez mis des ados dans des classes de quarante élèves, de huit heures à dix-huit heures, où chaque note compte et où Parcoursup constitue une pression et une angoisse – parce que, oui, tracer la destinée d’un adolescent sur la base […]
Bien dit ! Nous attendons une réponse !
La parole est à M. le ministre délégué.
Je ne sais pas très bien comment prendre votre question (« À la lettre ! » sur les bancs du groupe LFI-NUPES) et y esquisser une réponse en deux minutes : ce que je pourrais vous répondre vous semblerait de toute façon à côté de la plaque et – bien entendu – totalement faux.
Non, non !
Essayez !
Vous avez mélangé beaucoup de choses. Il y a certes ce que provoquent les réseaux sociaux, qui ne sont pas conçus par des États, par cette majorité, par une classe politique arriérée qui ne comprendrait rien à la jeunesse, mais qui utilisent effectivement le temps de cerveau des jeunes – comme vous dites –, et qui, même, le détournent. C’est ce que font TikTok et tous ces programmes conçus par les Gafam, dont on ne peut pas dire que les concepteurs soient français. Mais nous sommes loin de la véritable question, et cette façon que vous avez de dire que tout est dans tout et qu’au bout du compte, c’est de la faute du Gouvernement,…
Il faut assumer, monsieur le ministre !
…n’appelle pas de réponse particulière – je connais l’art du résumé et des a priori sur vos bancs. Je détaille depuis tout à l’heure différents dispositifs qui montrent, au contraire, qu’en termes de budget,…
Mais les causes ?
…nous luttons contre l’éco-anxiété. Nous avons une approche globale, comme on le préconise de nos jours, qui ne se résume pas au traitement médical des pathologies, mais qui prend aussi en compte les conditions de vie, les conditions sociales et environnementales. Cette approche est longue à déployer, mais nous le faisons avec détermination.Pour en revenir à la santé mentale, tous les dispositifs que j’ai décrits sont des dispositifs de prise en charge et d’accompagnement…
Les causes !
…qui sont bien plus utiles que les grandes incantations et les grands discours, vides de sens et de contenu.
Mais qu’il est nul !
Le seul à être bon, c’est vous ? C’est bien ça ? Soyez un peu respectueux !
Monsieur Boyard, il y a des propos qu’on ne doit pas tenir dans cet hémicycle.La suite des questions est renvoyée à la prochaine séance.
Prochaine séance, ce soir, à vingt et une heures trente : Suite des questions sur le thème : « La santé mentale des jeunes » ; Débat sur le thème : « Les conséquences des bouleversements menés par le Gouvernement en matière éducative. » La séance est levée.
(La séance est levée à vingt heures.)
Le directeur des comptes rendus Serge Ezdra