Séance du 8 octobre 2024 /// n°3 /// 572 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 17e législature · session Session ordinaire 2024-2025

Séance du 8 octobre 2024 — 3e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.

572prises de parole
106orateurs
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1scrutins

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ScrutinVoixRésultat
1 la motion de censure déposée en application de l'article 49, alinéa 2, de la Constitution par M. Boris Vallaud, Mme Mathilde Panot, Mme Cyrielle Chate… 197 / 0 rejeté

Verbatim Le compte rendu

Tours 401 à 572 sur 572 — page 3 / 3.

Discussion et vote

Je vous le dis d’emblée : nous ne tomberons pas dans ce piège. La psychanalyse de la gauche ne nous concerne pas. Nous refusons d’ajouter la chienlit au déshonneur. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)Trois mois après les législatives, la France a besoin d’un gouvernement. Les Français réclament des actions fortes et immédiates.En conséquence, nous ne bloquerons pas ce gouvernement a priori. Nous agirons en élus responsables et nous jugerons les actes, rien que les actes et encore les actes. Si une censure doit intervenir, ce sera contre des choix politiques clairs et majeurs. Soyez certains qu’elle arrivera si certaines lignes rouges sont franchies ; elles ont été fixées par Éric Ciotti : pas de hausse d’impôts, pas de laxisme migratoire.Monsieur le Premier ministre, je vous le dis au nom du groupe UDR : j’aimerais croire en vous. J’aimerais croire en vous car le […]

C’est le baiser du serpent !

J’aimerais croire en vous car lorsque le nouveau ministre de l’économie a appelé à insulter 11 millions de Français, vous, c’est Marine Le Pen que vous avez appelée pour présenter vos excuses. (Applaudissements sur les bancs du groupe UDR et sur plusieurs bancs du groupe RN.)

Ce respect est un minimum républicain mais il est devenu bien rare, surtout du côté gauche de l’hémicycle.

Pour appeler Marine Le Pen, c’est sûr !

J’aimerais aussi croire en vous lorsque j’entends votre ministre de l’intérieur parler comme nous le faisons à l’UDR, adopter des pans entiers de notre programme et rompre enfin avec des années d’aveuglement sécuritaire et migratoire.

Et avec l’État de droit !

Ce réveil est salutaire car c’est l’identité de la France qui est en jeu et la sécurité de nos familles qui en dépend. Alors, nous ne laisserons pas votre gouvernement se payer de mots. Les déclarations fracassantes n’ont jamais sauvé la moindre vie et certainement pas celles de Philippine, de Lola, de Thomas, de Matisse, de Julien, de Timothy, de Laura, de Mauranne, de Killian et de leur interminable cortège. (Mme Karen Erodi s’exclame.) Les discours tapageurs n’ont jamais renvoyé chez lui le moindre délinquant en situation irrégulière. La démagogie n’a jamais fermé une frontière. Maintenant, place aux actes : aux actes forts, aux actes fermes.Malgré cette envie d’y croire, le doute s’installe et grandit. Car, au fond, qui dois-je croire ? Votre ministre de l’intérieur qui dit vouloir supprimer l’AME ou votre ministre de la santé qui entend la maintenir coûte que coûte et continuer à […]

Oh là là !

Qui dois-je croire ? Le ministre de l’intérieur qui ouvre les yeux sur l’immigration ou le Président de la République et vous-même qui affirmez qu’elle est une chance immense pour la France ?

C’est le « en même temps » !

Un pas en avant, deux en arrière : telle est l’impuissance du « en même temps » qui est l’ADN du macronisme. Nous avons bien peur que ce soit aussi l’ADN de votre gouvernement ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)

Il faut le censurer !

Je me fais le porte-voix de millions de Français : seul un changement de cap radical pourra réparer notre pays. Je suis inquiet quand je vois la recette fiscale salée que vous préparez. Depuis votre prise de fonction jusqu’à la présentation du budget, c’est le calendrier de l’avent de l’impôt : chaque jour, on ouvre une case et une nouvelle taxe augmente ! Votre matraquage annoncé contre les retraités, les familles et les entreprises nous fait basculer d’une neutralité assumée à une hostilité fondée. Vous me connaissez, monsieur le Premier ministre, je suis un entrepreneur, un créateur d’entreprises et j’ai trop bien connu cet enfer fiscal et normatif. Je vous en conjure : reculez devant l’absurdité économique qui guide vos premiers pas. Partout où il sera question de hausses d’impôt plutôt que de baisses des dépenses publiques, vous nous trouverez sur votre chemin.Cependant, nous […]

La parole est à M. Guillaume Bigot.

Il aura fallu une poignée de minutes au Président de la République pour dissoudre l’Assemblée nationale au soir des élections européennes. Il lui a fallu soixante-seize jours pour nommer un gouvernement. Si nous adoptons la motion de censure déposée par le Nouveau Front populaire, l’aventure s’arrêtera net pour les trente-neuf ministres fraîchement nommés et ce sera le retour à la case départ. Le groupe RN votera-t-il cette motion de censure ? Je répondrai sans ambage ni suspense à cette question en vous expliquant pourquoi notre groupe brûle de la voter,…

Mais il ne la votera pas !

…pourquoi il n’éprouvera aucun scrupule à le faire demain et pourquoi il ne la votera pas aujourd’hui – pas avec le Nouveau Front populaire.Pas avec le Nouveau Front populaire : ce premier argument est le plus faible car il semble illustrer le sectarisme que nous dénonçons,…

Eh oui !

…ce sectarisme qui vous est coutumier et qui consiste à refuser de voter un texte quand il émane de tel ou tel groupe. Notre conception de l’intérêt général nous interdit cette pratique.

Si le Nouveau Front populaire propose un texte qui sert la France et les Français, nous mêlerons sans réticence nos voix aux siennes, comme nous l’avons déjà fait lors de la précédente législature.Cependant, nous ne pouvons accueillir cette motion de censure sans un mélange de scepticisme et d’ironie, précisément parce qu’elle émane du Nouveau Front populaire. Hier, ce dernier se désistait en faveur du macronisme ; aujourd’hui, il veut que nous censurions un gouvernement teinté de macronisme. Accordez-moi que cela ne manque pas de sel de voir les députés du NFP se dresser contre un gouvernement qui compte tant de macronistes alors que tant de députés du NFP n’ont gagné ou conservé leur siège que grâce ou à cause du désistement des macronistes ! (« Eh oui ! » et applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) Bref, ce gouvernement est un peu le vôtre (Rires sur plusieurs bancs du […]

Certainement pas !

…et vous entendez le censurer préventivement, sur le seul fondement d’une déclaration de politique générale.

Ce n’est pas glorieux ! On ne peut vraiment pas leur faire confiance !

Une déclaration qui ne contenait rien de bien extraordinaire, je vous l’accorde ; rien de bien convaincant, je vous le concède ; mais rien de bien choquant non plus. Vous voulez censurer des paroles ; nous, nous ne censurons que des actes. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

Les retraites, ce ne sont pas des paroles !

Quant à vous, chers collègues macronistes, ces élus du Nouveau Front populaire que vous avez soutenus dans l’entre-deux-tours vous soutiennent à présent comme la corde soutient le pendu. Hier, on nous méprisait pour empêcher la force politique parvenue en tête du premier tour de gouverner. Aujourd’hui, on nous courtise pour faire tomber le gouvernement fruit de vos alliances. J’imagine qu’ainsi va la vie politique. Pourtant, vous aviez, les uns et les autres, l’air bien satisfaits en juillet dernier, lorsque prolongeant votre barrage antipopulaire…

C’est le peuple qui a voté !

…vous vous êtes entendus pour vous répartir les postes électifs au sein de l’Assemblée, au mépris de toutes nos traditions parlementaires ! (« Bravo ! » et vifs applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) Vous vous êtes désistés les uns en faveur des autres. Or aujourd’hui vous ne voulez pas gouverner les uns avec les autres et vous voulez même vous censurer les uns les autres, quelle supercherie ! (Mêmes mouvements.)À dire vrai, la censure pourrait effectivement nous démanger.

Ah, enfin !

Ce qui nous donne très envie de censurer ce gouvernement, c’est aussi la crainte qu’il soit celui du pareil au même, celui de l’alternance cosmétique ou du gros remaniement alors que nos compatriotes aspiraient légitimement à une véritable alternance. Mais à qui la faute si aucune majorité n’a émergé au sein de l’hémicycle ? La faute à votre barrage prétendument républicain qui, au moyen de désistements stériles, a empêché une majorité franche et massive de 11 millions de Français de voir leur préférence électorale gouverner – voilà la vérité ! (« Bravo ! » et vifs applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

La volonté du peuple s’est exprimée !

Ce n’est qu’en renouant avec les pires pratiques de la IVe République que vous avez pu remporter ce que vous présentez depuis comme une victoire éclatante et comme une majorité NFP écrasante, alors qu’elle n’est en réalité que la plus forte minorité en nombre de députés coalisés. Pourtant, vous avez fait comme si vous aviez gagné ; comme si Mme Castets pouvait disposer d’une majorité.

M. Emmanuel Fouquart #719

Elle est où ?

C’est qui ?

On ne sait pas où est Mme Castets.

Au moins, elle n’est pas en procès !

Vous avez fait comme si nous n’existions pas et vous êtes tombés dans le piège tendu par La France insoumise consistant à hystériser, à bordéliser, à tendre jusqu’à la rompre la corde de la concorde nationale. Votre Nouveau Front populaire pourrait répéter avec Méphistophélès : « je suis l’esprit qui toujours nie », je suis pour tout ce qui est contre et contre tout ce qui est pour. Attention, toutefois, aux pulsions destructrices qui animent certains de vos alliés car le blocage pour le blocage ne débouchera que sur le chaos ! Vous avez fait « comme si », et ce faisant vous avez fait perdre du temps à la France et aux Français.En nous tournant à présent vers nos collègues des groupes macroniste et Droite républicaine, nous serions également tentés de censurer le Gouvernement.

Ils ne sont même pas là !

Mais ils écoutent et ils nous regardent ! Vous avez fait mine, les uns et les autres, de ne pas comprendre que les Français avaient désavoué par trois fois le Président de la République en exercice, et vous espérez d’une façon ou d’une autre prolonger sa politique. (Mme Clémence Guetté s’exclame.) Nous ne sommes pas dupes. Nous sommes évidemment choqués que le Premier ministre soit issu des rangs de l’un des groupes les moins représentatifs de l’Assemblée nationale.

Le Parlement, c’est aussi le Sénat !

Nous ne sommes pas dupes. Le barniérisme sera la poursuite du macronisme par d’autres moyens.

Vous le soutenez !

D’ailleurs, qu’est-ce que le macronisme ? (Sourires.) Le macronisme est le fils naturel de LR et du PS, né des fiançailles de Maastricht, scellées aux noces de Lisbonne ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN et sur quelques bancs du groupe UDR.) Le macronisme, c’est aussi le fameux règne du « en même temps » : en même temps toujours plus de concurrence et toujours plus de règles et de taxes ; en même temps toujours plus de dépenses sociales et toujours plus de baisse du pouvoir d’achat ; en même temps toujours plus d’immigration et toujours moins d’assimilation ; en même temps toujours plus de violences gratuites et toujours plus de laxisme. Cette logique délétère est celle qui prévaut, hélas, depuis des décennies.

Et qui vous convient très bien !

LR et le PS faisaient donc déjà du macronisme sans le savoir (Sourires sur plusieurs bancs du groupe RN), Emmanuel Macron n’a fait que verbaliser cette pratique. Or s’il y a un parti, une force politique qui peut honnêtement décliner toute responsabilité dans ce bilan, c’est bien le Rassemblement national. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN et sur quelques bancs du groupe UDR.) Alors ne venez pas nous accuser de cautionner un système que nous n’avons jamais cessé de combattre ! Ne venez pas nous accuser de prolonger le mandat d’un président que vous avez contribué à faire élire et réélire ! (Vifs applaudissements sur les bancs du groupe RN, dont plusieurs députés se lèvent. – M. Laurent Jacobelli pointe du doigt la partie opposée de l’hémicycle. – Protestations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Inversement, en refusant de soutenir ce gouvernement, vous refusez de prendre […]

Eh oui !

Vous prenez les électeurs pour des jambons !

Nous ne sommes dupes de rien. Faut-il pour autant censurer le Gouvernement ? La censure est un acte grave. On ne censure pas pour censurer. On ne s’oppose pas pour s’opposer, à moins de verser dans l’immaturité politique.

Vous collaborez !

On doit d’abord juger de l’opportunité d’une décision aussi sérieuse à l’aune de ses motifs. Pour notre part, nous ne censurerons ce gouvernement qu’a posteriori, si ses actes portent atteinte aux intérêts de la France et des Français. Vous, vous voulez le censurer a priori.Votre censure est une censure à la tête du client, une censure de confort. (M. Jean-François Coulomme s’exclame.) Les socialistes furent nombreux à franchir le Rubicon du macronisme et, soyez honnêtes, certains d’entre vous étaient prêts, cette fois encore, à gouverner sous l’égide du Président de la République. Si l’un des vôtres avait été nommé à Matignon, votre fameux Front populaire – qui est en réalité un barrage antipopulaire – n’aurait pas fait long feu. Votre censure est donc largement destinée à exprimer votre dépit. Vous voulez faire tomber le Gouvernement mais vous n’avez pas de majorité de remplacement. […]

Vous ne voulez pas destituer Macron !

Gardez vos nerfs !

Ce n’est pas ce qu’ils font de mieux !

Ne ressentez-vous donc pas la lassitude du pays ?Continuer de censurer pour censurer ne serait pas rendre le pouvoir au peuple, ni respecter sa volonté, puisque personne n’a de majorité dans cette assemblée. Continuer à vouloir censurer sans disposer de solution de remplacement, c’est faire la preuve que vous êtes prêts à abîmer les institutions et à mettre le pays en danger par calcul partisan : nous ne sommes à cet égard que trop heureux de ne pas vous ressembler. Nous ne sommes pas là pour adopter des postures avantageuses. Nous ne sommes pas là pour sauver des postes. Nous ne sommes pas là pour flatter un électorat. Nous ne sommes pas dans le principe de plaisir, mais dans la dure réalité.

Vous êtes la béquille du système !

Ce qui nous donne envie de censurer ce gouvernement est aussi ce qui, en vérité, nous retient de le faire. Parce que nous refusons le vide, parce que nous refusons la paralysie.

Le vide, c’est vous !

Parce que nous refusons le blocage et que nous voulons, encore et toujours, défendre la République.Nous n’avons rien de commun avec ce parti unique, mais nous ne voulons pas d’une crise de régime.

Personne n’est dupe !

Soixante-seize jours sans gouvernement : ce flottement n’a que trop duré. La dure réalité, c’est aussi l’aggravation des difficultés quotidiennes dans lesquelles se débattent nos compatriotes ; c’est également un ciel qui s’assombrit de menaces. La France est restée trop longtemps avec un gouvernement démissionnaire, ce qui a fragilisé la position de notre pays sur les marchés financiers, comme cela a fragilisé nos entreprises qui ne savaient plus sur quel pied danser ; cela a bloqué nos collectivités territoriales qui, pour certaines d’entre elles, ont dû bouleverser leur calendrier budgétaire. (M. Antoine Léaument s’exclame.)Nous sommes le deuxième mardi d’octobre, et nous n’avons toujours pas de budget ! Les Français ont trop attendu.

Ça mérite la censure !

Quand il y a péril dans les finances publiques, quand, dans la deuxième ville de France, on peut recruter des tueurs à gage âgés de 14 ans, quand le Moyen-Orient s’embrase, avec d’incalculables risques d’escalade avec l’Iran, entraînant de catastrophiques retombées énergétiques et géopolitiques – sans compter les risques d’importation du conflit dans notre pays –, croyez-vous vraiment que la France puisse se payer le luxe de ne pas avoir de gouvernement ?

On peut se payer le luxe de ne pas avoir ce gouvernement !

Votre gouvernement, monsieur le Premier ministre, ne nous convient évidemment pas. Mais l’absence prolongée de gouvernement serait pire que tout. Celui-là a été très long et compliqué à former. Les Français veulent maintenant un gouvernement qui gouverne.

Et une opposition qui s’oppose !

La semaine dernière, monsieur le Premier ministre, vous avez eu parfaitement raison d’expliquer à notre collègue Gabriel Attal que vous étiez preneur de conseils pour réduire le déficit béant qu’il vous avait légué. Mais vous auriez gagné six mois si vous aviez écouté les avertissements des dirigeants du Rassemblement national qui, sur ce sujet comme sur tant d’autres, ont fait preuve d’une incontestable prescience. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.) En avril dernier, Marine Le Pen dénonçait les fausses prévisions de Bercy destinées à passer le gué électoral en rassurant les Français. Et quand Jordan Bardella, pendant les élections législatives, a exigé un audit des comptes publics, tout le monde s’est gaussé.Notre groupe, en juin dernier, a même déposé une motion de censure pour dénoncer l’absence de projet de loi de finances rectificative. (« Ah ! » sur les bancs du groupe […]

L’épouvantail, c’est M. Barnier !

La censure, à ce stade, serait donc prématurée.

Et la cohérence d’ensemble ?

La censure est inutile, puérile et excessive. Nous préférons pour l’instant exercer une pression sur ce gouvernement, au nom d’une logique du moindre mal.Nous préférons, pour l’instant, un gouvernement de moindre mal. M. Cazeneuve était un moindre mal par rapport à Mme Castets ; M. Barnier est un moindre mal par rapport à M. Cazeneuve. Surtout, le gouvernement Barnier est un moindre mal par rapport à pas de gouvernement du tout.

Un moindre mal par rapport à Bardella !

Cela dit, nous attendons le budget de pied ferme. Vous voulez censurer a priori, au risque du chaos et de l’ingouvernabilité. Pour notre part, nous nous ferons un devoir de censurer a posteriori et si besoin.

Vous censurerez donc un jour !

C’est là toute la différence entre un futur parti de gouvernement et un ex-parti de gouvernement – ou avec des partis qui ne seront jamais des partis de gouvernement. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.) Et si le Gouvernement arrête des mesures qui aggravent la situation de la France dans le domaine du pouvoir d’achat, de la sécurité ou de l’immigration, nous n’aurons aucun état d’âme à censurer. Le RN censurera de manière réfléchie et si c’est nécessaire ; mais, soyez en certains, il censurera sans coup férir. Nul ne connaît ni le jour ni l’heure ; mais si ce jour arrive, si cette heure sonne, comptez sur nous, chers collègues du Nouveau Front populaire pour vous rappeler votre irrésistible envie de censurer. (Les députés des groupes RN et UDR se lèvent et applaudissent vivement.)

La parole est à M. Pierre Cazeneuve.

Si la déception était une étoile, la partie gauche de notre hémicycle serait une galaxie. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.) Depuis deux ans et demi, les inepties s’enchaînent à un rythme si soutenu qu’il serait possible d’en faire un roman – et en plusieurs tomes.

Bruno Le Maire n’est plus là pour l’écrire !

Mais je dois dire que, dans le rôle principal des motions de censure intempestives – trente-quatre lors de la dernière législature pour être précis –, on s’était habitué à voir exceller La France insoumise, dans la surenchère et la bordélisation, et ce en quantité industrielle.

Vous, vous avez excellé dans le déficit et la destruction des services publics !

Quelle tristesse que de voir le premier sectaire du Parti socialiste, pour défendre cette motion, prendre place au sommet de l’indignité ! Quelle tristesse que de voir la gauche républicaine, la gauche de gouvernement, elle qui a tant contribué à l’histoire politique de notre pays, être réduite au rôle de supplétif, à celui de porte-voix de l’obscurantisme et d’une gauche extrême. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.)

Vous êtes pathétique ! Sans la gauche républicaine, vous ne seriez pas là !

Elle vous a sauvé les fesses !

Alors que la France a besoin de stabilité, vous construisez le déséquilibre. Alors que les Français ont besoin d’un cap, vous prônez l’errance. Alors que le monde a besoin de la voix singulière et forte de notre nation, vous affaiblissez nos institutions. Quelle irresponsabilité !De plus, et comme dans vos autres démarches de déstabilisation, cette motion n’est accompagnée d’aucune proposition crédible de gouvernement (« Lucie Castets ! » sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP) et d’aucune ligne politique claire.Pour que cette motion de censure soit adoptée, vous avez besoin des voix du Rassemblement national. (« Voilà ! » sur les bancs du groupe EPR.) Et vous avez été un certain nombre à appeler ouvertement les députés du groupe de Marine Le Pen à se joindre à vous pour la voter. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.)

Jamais !

Est-ce là votre projet pour la France ? Est-ce là le sens de votre démarche ? Vous osez parler d’un gouvernement sous surveillance du Rassemblement national ; mais dois-je vous rappeler que c’est votre désertion, votre refus de venir à la table des négociations, qui est la cause de cette situation ?Vous avez refusé la logique constructive que nous avons défendue, avec le groupe Ensemble pour la République et un grand nombre d’autres groupes. Si vous n’aviez pas fermé immédiatement la porte du dialogue, c’est vous qui, aujourd’hui, pèseriez sur les choix du Gouvernement. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.)Mais revenons à votre accusation fallacieuse. L’élection vous aurait été volée. On serait presque tenté de rire, si l’exemple américain ne prouvait que l’incrimination peut valoir jugement quand elle est prononcée avec les accents du populisme. Il n’aura échappé à personne […]

Cinq pour cent !

Deuxième constat : le Rassemblement national est arrivé en tête, en nombre de voix. Mais le front républicain a montré que, dans plus des trois quarts des circonscriptions, une majorité d’électeurs ne souhaitait pas qu’il soit au pouvoir. Ça tombe bien : il n’y est pas.Troisième constat : avec 192 députés, le NFP est arrivé à l’Assemblée nationale avec la coalition la plus large, mais sans la majorité qui lui permettrait de gouverner seul. Et c’est là que les comptes ne sont pas bons.

Et vous avez fait quoi en 2022 ?

Car, et au risque de perturber les esprits les plus affûtés de la gauche de cet hémicycle, encore une fois, 192 est plus petit que 289.

Nous avons vu combien vous étiez bons en mathématiques, avec vos milliards de déficit !

Si vous espériez piloter l’action du Gouvernement, vous auriez dû être attentifs à un astérisque renvoyant aux conditions générales d’utilisation, que vous auriez dû lire avant d’envoyer votre candidate à Matignon imaginaire, avec son cabinet imaginaire, faire un tour de France imaginaire avec sa majorité imaginaire. Pour que cela puisse marcher, il aurait fallu élargir votre coalition à d’autres groupes parlementaires : c’est là que le compte n’y est pas.

Mais j’ai parlé à Gabriel Attal ! Je l’ai appelé !

Vous avez mis de côté vos principes républicains et vos valeurs pour vous associer à Jean-Luc Mélenchon. Vous avez cédé aux sirènes du populisme et du confort électoral pour protéger la circonscription du premier d’entre vous, en oubliant au passage les outrances de LFI, leur haine des autres, et leurs propos alimentant, depuis un an, un antisémitisme rampant. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe?EPR. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Bien heureusement, vous n’êtes pas en majorité dans cette assemblée.Ainsi l’hypothèse Lucie Argan Castets et son fameux « le programme du NFP, rien que le programme du NFP » s’est heurtée à deux principes que vous aviez pourtant tant défendus : la réalité et le parlementarisme.Suite à cet échec tristement prévisible subsistaient néanmoins d’autres hypothèses pour que la gauche, d’une manière ou d’une autre, soit au pouvoir – nous […]

Mais nous ne faisons pas d’alliance avec le RN !

Vous vous plaignez désormais de ne pas être aux manettes. Cela me fait penser à cette situation, que nous avons tous connue un jour : quand on demande à ses enfants, ses colocataires ou ses amis, ce qu’ils veulent pour dîner et qu’ils vous répondent : « Fais ce que tu veux. » Seulement, quand on leur sert un poulet aux lentilles, ils vous disent : « Non, ça, je n’aime pas. »Vous vous êtes comportés comme des enfants gâtés qui pleurnichent d’être passés à côté de l’opportunité d’être utiles au pays. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR. – Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)

Ça manque d’éloquence !

Vous, vous êtes alliés au RN !

Dans un moment de crise politique, économique et géostratégique inédite, vous aviez une immense responsabilité historique.?Mais, entre la France et Mélenchon, vous avez choisi Mélenchon. Entre les gens et Jean-Luc, vous avez choisi Jean-Luc. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.)De retour à la case départ, il fallait rechercher un profil capable de réunir les deux conditions nécessaires à la réussite d’un gouvernement : la première était de créer une coalition qui deviendrait numériquement la force la plus importante de l’Assemblée ; la seconde était ne pas rassembler, a priori, une majorité de censure contre soi.Monsieur le Premier ministre, ces deux conditions, vous les remplissez, et le Président de la République vous a nommé pour mener à bien ce périlleux exercice.

Enfin une déclaration d’amour !

Et, comme nous prenons plaisir à compter cet après-midi, vous avez eu raison de rappeler que la majorité relative que vous avez formée autour de vous est désormais la plus large de cette Assemblée, car oui, chers collègues, 220 est supérieur à 192 !

Plusieurs députés des groupes LFI-NFP et EcoS #812

Ce n’est pas assez !

Monsieur le Premier ministre, dans votre gouvernement, où pas moins de neuf groupes parlementaires différents de l’Assemblée nationale et du Sénat sont représentés, j’aime beaucoup certaines personnalités et j’en apprécie un peu moins certaines autres. C’est un casting réussi car c’est ce que les Français nous ont demandé : travailler, se rassembler, agir avec des personnes qui ne pensent pas toujours comme nous, au nom de l’intérêt général et pour faire avancer la France. Un bon compromis, c’est quand tout le monde ressort un peu mécontent ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)

Ils inventent la participation sans soutien !

À ce titre, vous avez tout notre soutien. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

C’est un nouveau concept !

Dans votre déclaration de politique générale, nous avons beaucoup apprécié certains éléments, mais ne sommes pas encore parfaitement alignés sur d’autres – il s’agit de rares exceptions, je le précise. C’est donc un exercice réussi, car c’est aussi ce que les Français nous ont demandé.

Ils vous ont demandé de dégager !

Ils souhaitent que nous œuvrions collectivement au dépassement des idées au nom de l’intérêt général, pour faire avancer la France. À ce titre, vous avez tout notre soutien.S’il est disposé au compromis, le groupe Ensemble pour la République, dont j’ai l’honneur d’être le porte-voix aujourd’hui, est intransigeant sur certaines valeurs. Elles ont été rappelées récemment par notre président, Gabriel Attal : égalité entre les femmes et les hommes, lutte contre les violences sexuelles, défense inconditionnelle de l’État de droit…

Tout ce en quoi vous avez échoué !

…liberté de disposer de son corps, sauvegarde de l’environnement, attachement indéfectible au projet européen, respect des droits des personnes LGBT, soutien total à nos forces de l’ordre, humanisme.

Avec Retailleau, c’est mal barré !

Sur ces points, nous ne céderons jamais.

Vous avez déjà cédé avec la loi « immigration » !

Monsieur le Premier ministre, depuis votre nomination, je vous remercie d’avoir toujours été d’une très grande clarté dans la défense de ces valeurs et d’en être aujourd’hui le garant.Notre groupe porte aussi des convictions fortes. Nous sommes résolument attachés à une politique de l’offre.

Ça ne marche pas !

Nous plaidons pour un budget au service de la croissance, de la souveraineté et du pouvoir d’achat. Nous estimons que la valeur travail doit être la colonne vertébrale de nos politiques publiques, que l’école et la défense des services publics – à commencer par nos hôpitaux – doivent continuer à être une priorité, qu’il faut agir de manière déterminée pour la transition écologique (Protestations sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et EcoS) et le respect de la trajectoire de l’accord de Paris, pour un mix énergétique équilibré et réaliste entre nucléaire et énergies renouvelables, entre sobriété et efficacité.Nous plaidons pour la solidarité…

Avec le RN !

…avec les plus vulnérables et nous souhaitons que l’accent soit mis sur le développement d’une société plus juste et inclusive, notamment pour les personnes en situation de handicap et pour nos aînés.Nous savons que la sécurité est nécessaire pour vivre en liberté et qu’il faut poursuivre les actions menées sur le front de la justice et de la police depuis sept ans.

Avec un succès considérable…

Plusieurs députés du groupe LFI-NFP #835

Vous avez tout cassé !

Enfin, il faut maintenir notre soutien aux agricultrices et aux agriculteurs, à la ferme France, si durement touchée ces dernières années. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.) Je pense notamment aux éleveurs.

Ceux qui travaillent la terre et que M. Lucas n’aime pas !

Je pense aussi, l’actualité nous le rappelle, aux inquiétudes de la filière du cognac et de l’armagnac, menacée par la guerre commerciale avec la Chine. Je salue l’engagement constant de notre collègue Sandra Marsaud sur ce sujet. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR.) Nous serons toujours constructifs, nous chercherons toujours à vous aider, nous œuvrerons toujours au compromis, mais nous continuerons toujours à porter ces combats. Le dépassement ne signifie jamais l’effacement.

Ça ne sonne déjà pas bien…

Monsieur le Premier ministre, face à cette majorité relative inédite, vous aurez le rôle extraordinairement sensible de chef d’orchestre et de point d’équilibre. Pour mener à bien cette coalition, il vous faudra sans cesse rappeler votre cap. Et ce cap, c’est la France, c’est la République.

Ah, vous avez un cap clair ?

Récemment, le président Claude Malhuret a fait un cauchemar.

Il dure depuis sept ans, ce cauchemar !

Je ne l’ai pas eu au téléphone, mais on m’a indiqué qu’il dormait mieux depuis quelques jours. Néanmoins, le combat est loin d’être terminé et un autre mauvais rêve pourrait devenir réalité si nous n’y prenons garde, avec des ministres d’un autre extrême, aux titres encore plus effrayants.

Vous parlez sans doute des Waffen-SS ?

Pour éviter cela, notre action collective doit être entièrement dirigée vers les Français ; c’est sur cela, et seulement sur cela, qu’ils nous jugeront.N’en déplaise à certains, en ce lendemain de 7 octobre, ne flottent ici que les drapeaux de la France et de l’Europe.

Oui !

Nous nous battrons toujours pour qu’il en soit ainsi. Monsieur le Premier ministre, nous comptons sur vous et vous pouvez compter sur nous. (Les députés du groupe EPR se lèvent et applaudissent.)

La parole est à Mme Clémence Guetté.

Monsieur le Premier ministre, avec tout le respect que je vous dois, vous le savez, vous ne devriez pas être assis en face de moi. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.) Vous gouvernez par effraction. Vous êtes, comme bon nombre des membres de votre gouvernement, issu d’une force politique arrivée quatrième aux élections législatives, avec seulement 6 % des voix.

Et vous, vous n’avez pas gagné !

Alors que les Français ont voté pour l’égalité des droits, le Gouvernement est une cohorte de réactionnaires opposés au mariage pour tous, à la procréation médicalement assistée et à l’inscription du droit à l’avortement dans la Constitution. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)Alors que les Français ont voté pour la bifurcation écologique, le Gouvernement rassemble des adorateurs des pesticides et les héritiers d’un empire pétrolier.Alors que les Français ont voté pour l’augmentation des salaires, le Gouvernement est composé de VRP de l’ubérisation et de formateurs pour domestiques de maisons de riches – autrement dit, de défenseurs de l’esclavage moderne. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.)

Eh oui, quelle honte ! C’est scandaleux et indigne !

Alors que les Français ont voté pour un projet antiraciste, le ministre de l’intérieur stigmatise les « Français de papier » et alerte sur de prétendues régressions vers les origines ethniques. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs des groupes SOC et EcoS.)Alors que les Français ont voté pour une VIe République et pour le référendum d’initiative citoyenne, le même ministre argumente en faveur de la désacralisation de l’État de droit !Cette coalition invraisemblable des perdants a été composée par un président défait à trois reprises.

Et Mélenchon, à quatre reprises !

Il ne sait plus comment poursuivre son œuvre de casse sociale antidémocratique et anti-écologique autrement qu’en confisquant la souveraineté du peuple français. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.)Il faut dire que le rapport au vote, en Macronie, est une contrainte lointaine, qui n’émeut pas plus que cela les tenants du pouvoir.Quelle est la genèse de votre présence ? Ce sont d’abord les élections législatives de 2022 et la perte de la majorité absolue pour les macronistes. La NUPES était arrivée en tête au premier tour ; pourtant, depuis, votre majorité a mené tambour battant une politique réactionnaire et injuste. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Ensuite, lors des élections européennes de 2024, la Macronie a payé cher – très cher – sa violence sociale. Enfin, les élections législatives qui ont suivi ont […]

Quelle honte !

Malgré tout, le 7 juillet, l’extrême droite a été reléguée à la troisième place et le Nouveau Front populaire l’a emporté ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)La Macronie en putréfaction s’accroche au pouvoir en abusant de toutes les failles de la Constitution de la Ve République. Ces dernières années, l’utilisation de l’article 49.3 de la Constitution est devenue une procédure ordinaire, si bien que pas un seul budget n’a eu la légitimité du Parlement. C’est aussi le cas de l’odieuse réforme des retraites, à laquelle 93 % des actifs sont opposés et qui a provoqué l’une des plus grandes mobilisations populaires de notre histoire.Comme vos deux prédécesseurs, monsieur le Premier ministre, vous n’avez ni la légitimité du Parlement, ni sa confiance, puisque vous avez choisi de ne pas vous soumettre au vote après votre déclaration de politique générale. (Applaudissements sur […]

Quelle clairvoyance !

Je vous rejoins : vos prédécesseurs sont coupables ! Mais, à nos yeux, ils ne sont que la prolongation plus ou moins droitière de cette chaîne de responsabilités dont la source est à l’Élysée.Les 1 000 milliards de dette supplémentaire, c’est Macron ! Les 200 milliards d’aides annuelles aux entreprises sans contreparties, et sans résultats économiques, c’est Macron ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) La dette écologique, c’est Macron !

Plusieurs députés du groupe LFI-NFP #874

Oui, c’est Macron !

Quel est le bilan du génie de la finance ? C’est un nombre de faillites d’entreprises au plus haut depuis dix ans, l’accroissement de notre vulnérabilité industrielle et une France qui brûle du charbon et continue de semer du glyphosate.Notre convergence s’arrête ici puisque vous prétendez solder ce passif par toujours plus de rigueur, en amplifiant le braquage organisé de l’État. Votre gouvernement est l’exécuteur des basses œuvres du macronisme décomplexé que la majorité des Français a pourtant rejeté. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)Le 7 juillet, les Français ont exprimé leur refus des départs à la retraite de plus en plus tardifs, qui abîment les corps et les vies. Et vous, vous revenez ici avec une audacieuse trouvaille : demander aux soignants et aux enseignants retraités de reprendre du service pour prévenir l’effondrement en cours.

Plusieurs députés du groupe LFI-NFP #878

Honteux !

Le 7 juillet, les Français ont rejeté le mépris avec lequel les puissants tonnent que les gens d’en bas n’ont qu’à traverser la rue pour trouver un travail.

Ils ont aussi rejeté le droit à la paresse !

Et vous, vous revenez ici avec une obole de 50 euros par personne au Smic !Le 7 juillet, les Français ont montré clairement leur fraternité, leur détermination à accueillir dans notre pays celles et ceux qui ont dû fuir le leur. Et vous, vous revenez ici en faisant vôtre le fonds de commerce de l’extrême droite, en ambitionnant de durcir les lois sur l’immigration et en annonçant revoir l’AME, vieille lune contreproductive des faiseurs de haine. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.) Vous gouvernez par effraction et vous prenez les Français pour des imbéciles.Votre premier acte sera budgétaire et cette motion de censure vise à vous empêcher de nuire. Vous voulez réduire le déficit en réalisant 60 milliards d’économies, mais jamais en allant chercher l’argent là où il est. Ce seront 15 milliards en moins sur la sécurité sociale […]

Plusieurs députés du groupe LFI-NFP #890

La censure !

La situation politique que nous vivons a l’invraisemblance des songes. Macron est un thaumaturge qui a réussi l’exploit d’exaucer les rêves d’une droite réactionnaire en l’installant au pouvoir sans qu’elle ait gagné. Malheureusement, le cauchemar est bien réel pour les Français. Quant à nous, nous sommes et nous resterons les garants du mandat qu’ils nous ont confié. Figurez-vous que notre camp remporte des élections – il n’arrive pas au pouvoir par la volonté du Président-roi. Il mène inlassablement son combat, en gagnant les élections hier, en censurant votre gouvernement aujourd’hui et en destituant Macron demain, contre les hypocrites. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.)Un gouvernement du Nouveau Front populaire sera nommé tôt ou tard. Il est plus que temps : plus que temps d’affirmer une voix forte pour les Libanais et de […]

Ah bon ?

Nos rêves à nous, nos rêves de paix et de justice, se conquièrent par la lutte – nous le savons depuis bien longtemps.Claire Lacombe, militante féministe et révolutionnaire,…

Elle a donc sûrement été guillotinée par Robespierre ! C’est un peu gênant.

…a déclaré à la barre de l’Assemblée nationale en 1792 : « Législateurs, vous avez déclaré la patrie en danger, mais ce n’est pas assez : destituez de leurs pouvoirs ceux qui seuls ont fait naître ce danger et ont juré la perte de la France. » Législateurs, collègues, il nous faut donc aujourd’hui conjurer ce danger – censurez le gouvernement Barnier et destituez le monarque pour l’empêcher de nuire ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP, dont les députés se lèvent, ainsi que sur les bancs des groupes SOC, EcoS et GDR.)

Quelle médiocrité !

La parole est à M. Philippe Bonnecarrère.

Je voudrais d’abord rendre hommage à la Constitution de la Ve République, qui démontre une fois de plus sa robustesse et sa capacité d’adaptation à toutes les situations politiques. Un pays doit être gouverné ; le nôtre a pu l’être sans majorité absolue – j’ai bien suivi la discussion entre M. le Premier ministre et M. Faure sur la notion de majorité – et peut l’être de nouveau. Comme l’ont rappelé plusieurs orateurs, nos concitoyens vous jugeront sur vos actes et non sur des a priori. Aussi, je ne m’associerai pas à la motion de censure : l’intérêt général d’abord, nos débats politiques ensuite.Notre société est plurielle : elle aspire à plus d’autorité et à plus de justice sociale. Plusieurs d’entre nous tiennent leur mandat d’un panachage de votes, je le reconnais bien volontiers. Je suis fréquemment interpellé par des concitoyens qui me disent : « Nous ne partageons pas vos idées […]

Mme Christine Arrighi #907

De tous les agriculteurs de France !

La discussion est close.Je vais maintenant mettre aux voix la motion de censure.Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.Je rappelle que seuls les députés favorables à la motion de censure participent au scrutin et que le vote se déroule dans les salles voisines de l’hémicycle.Le scrutin est ouvert pour trente minutes. Il sera clos à dix-neuf heures trente-cinq.

Suspension et reprise de la séance

Yaël Braun-Pivet president · EPR #910

La séance est suspendue.

#911

(La séance, suspendue à dix-neuf heures cinq, est reprise à dix-neuf heures quarante.)

Yaël Braun-Pivet president · EPR #912

La séance est reprise.Voici le résultat du scrutin : Majorité requise pour l’adoption de la motion de censure, soit la majorité absolue des membres composant l’Assemblée 289 Pour l’adoption 197 La majorité requise n’étant pas atteinte, la motion de censure n’est pas adoptée. (Mme Justine Gruet applaudit.)

Tout ça pour ça !

Ordre du jour de la prochaine séance

Yaël Braun-Pivet president · EPR #917

Prochaine séance, demain, à quatorze heures : Questions au Gouvernement ;Élection de six juges titulaires et six juges suppléants à la Cour de justice de la République ;Discussion de la proposition de résolution tendant à la création d’une commission d’enquête relatives aux violences commises dans les secteurs du cinéma, de l’audiovisuel, du spectacle vivant, de la mode et de la publicité ;Discussion de la proposition de résolution tendant à la création d’une commission d’enquête sur les manquements des politiques publiques de protection de l’enfance. La séance est levée.

#918

(La séance est levée à dix-neuf heures quarante-deux.)

#919

Le directeur des comptes rendus Serge Ezdra