Séance du 25 juin 2025 /// n°256 /// 306 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 17e législature · session Session ordinaire 2024-2025

Séance du 25 juin 2025 — 256e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de M. Roland Lescure.

306prises de parole
47orateurs
3points à l'ordre du jour

Verbatim Le compte rendu

Tours 1 à 200 sur 306 — page 1 / 2.

Roland Lescure president · EPR #2

La séance est ouverte.

#3

(La séance est ouverte à vingt et une heures trente.)

Déclaration du gouvernement sur la situation au Proche et Moyen-Orient, suivie d’un débat

Roland Lescure president · EPR #6

L’ordre du jour appelle la déclaration du gouvernement sur la situation au Proche et Moyen-Orient, suivie d’un débat, en application de l’article 50-1 de la Constitution.La parole est à M. le premier ministre, chargé de la planification écologique et énergétique.

François Bayrou premier ministre, chargé de la planification écologique et énergétique · NI #8

La politique étrangère de la France engage le gouvernement, au titre de ses prérogatives dans la conduite de la politique de la nation.Mais c’est le président de la République, investi par les Français, élu par eux au suffrage universel direct, qui, traditionnellement, définit la politique étrangère, la met en œuvre dans tout ce qui relève des relations directes avec les chefs d’État et représente la France sur la scène internationale.Cela constitue l’inspiration et la nature même de ce qu’on appelle traditionnellement le domaine réservé, mais qui, en réalité, en tout cas dans notre exercice, est pratiqué en coresponsabilité.Si nous sommes là ce soir pour débattre de la politique étrangère du pays, c’est parce que nous avons assisté ces dernières années, à la fois en spectateurs et en tant que partie prenante, à un immense basculement du monde. Ce basculement du monde est parfaitement […]

Extraordinaire ! Et ce qui se passe en Israël, c’est la faute de la Russie ?

François Bayrou premier ministre · NI #17

Ce monde, il faut le nommer. Il est celui de la primauté de la force. Il se caractérise par la même désinvolture et le même mépris à l’égard de toutes les formes du droit qu’avaient affichés les puissances armées dans les années 1930 et 1940.Nous sentions bien – pour certains d’entre nous, nous l’avions dit dès le premier jour – qu’il y aurait un effet de contagion et que ce séisme dont l’épicentre était à Kharkiv, en Ukraine, provoquerait un tsunami qui se répandrait sur la planète entière. Cela n’a pas tardé : la Russie a fait naître autour d’elle et animé un axe maléfique qui compte la Corée du Nord et la république islamique d’Iran, les uns armant les autres, les autres protégeant leurs intérêts les plus discutables, notamment au Conseil de sécurité des Nations unies. Il suffit de regarder la provenance du déluge de bombes, de missiles et de drones que la Russie envoie sur l’Ukraine […]

Armé par qui, l’Azerbaïdjan ?

Armé par Israël !

François Bayrou premier ministre · NI #22

Tout cela, jusqu’au 7 octobre 2023. Ce matin-là, un deuxième épicentre est apparu. Au milieu de la musique et de la danse à Réïm, au début d’une journée qui devait être normale et même gaie dans les kibboutz de Kfar Aza, de Nir Oz et de Be’eri, s’est perpétré le plus grand pogrom que le monde ait connu depuis la Shoah : 1 200 victimes, tant de jeunes débordant de vie, des femmes qui portaient des enfants à naître, des nouveau-nés à qui la vie était promise. Parmi ces victimes se trouvaient 49 de nos compatriotes ; 14 autres ont été blessés et 8 enlevés. Un de ces otages est mort peu après, dans des conditions de détention abominables.

Et les Gazaouis ?

François Bayrou premier ministre · NI #24

Le coupable de ces actes sauvages, le Hamas, ne s’est pas rendu responsable d’un simple incident de frontière, mais d’un acte terroriste délibérément choisi pour obtenir un but politique très clair : rendre la haine inexpiable, rendre à jamais impossible toute réconciliation entre Israël et ses voisins, entre Israël et la Palestine, entre Israël et Gaza, entre Israël et le monde arabe. Son but était de faire disparaître l’espoir qu’avaient fait naître les accords d’Abraham.

La France ne les a pas signés, ce n’est pas la position de la France !

François Bayrou premier ministre · NI #26

Ces accords liaient déjà Israël à des puissances du monde musulman – les Émirats arabes unis, le Maroc, le Soudan et Bahreïn – et on pouvait espérer qu’à force de dialogue et de travail, ils incluraient même le pays qui garde les lieux les plus saints de l’Islam, l’Arabie Saoudite. Cette tentative de paix, ouverte, patiente et réaliste, voilà la cible réelle des attaques du 7 Octobre !Après, il y a eu le 8 octobre.

Certes !

François Bayrou premier ministre · NI #29

Qui a immédiatement profité de ce crime pour semer plus de haine et de guerre encore ? Dès le 8 octobre, ceux qui forment ce que la république islamique d’Iran appelle l’axe de la résistance ont décidé d’exploiter cette faiblesse soudaine d’Israël pour se lancer à l’assaut de l’ennemi désigné. Le Hezbollah au Liban, les milices armées chiites en Syrie et en Irak, les houthistes au Yémen et dans le golfe persique ont pris le relais du Hamas en Palestine.Les répliques du séisme ont continué ainsi jusqu’en avril 2024, quand Israël a engagé l’acte suivant d’un conflit qui, en réalité, dure depuis des décennies. À Damas, où la république islamique d’Iran n’a jamais interrompu sa présence, Israël a frappé plusieurs de ceux qui actionnent leurs auxiliaires dans la région, des haut gradés de l’armée et des gardiens de la révolution. En septembre, Israël a décimé l’encadrement du Hezbollah au […]

C’est Netanyahou !

Pas un mot pour les Palestiniens !

François Bayrou premier ministre · NI #33

Tout cela forme un continuum. À quoi cet enchaînement mènera-t-il, pour la région et le monde ? Nul ne peut le dire.

Quinze minutes et toujours pas un mot pour les Palestiniens !

François Bayrou premier ministre · NI #35

Il est une vérité que nous ne pouvons pas nous dissimuler : la république islamique d’Iran constitue un défi stratégique et sécuritaire pour la région. Mais elle l’est également pour nous – la France et l’Europe.Car la république islamique d’Iran est sur le point d’obtenir l’arme nucléaire. Jamais le programme nucléaire iranien n’a été aussi avancé qu’aujourd’hui, sans aucune justification civile crédible.

Propagande de guerre !

François Bayrou premier ministre · NI #38

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a affirmé qu’elle n’était plus en mesure de garantir le caractère pacifique de ce programme. Et pour cause, la république islamique d’Iran enrichit l’uranium à des niveaux que ne justifie pas une simple production d’électricité. À ceux qui voudraient l’ignorer, le combustible pour une centrale électronucléaire est de l’uranium enrichi à hauteur de 5 % à 7 %. En violation de ses engagements et de ses obligations internationales, la république islamique d’Iran enrichit son uranium à 60 % et en a accumulé 409 kilogrammes.

Qui est sorti de l’accord en premier ?

François Bayrou premier ministre · NI #40

Une fois réenrichi à 90 % et passé de l’état gazeux à l’état métallique, ce stock permettrait de produire près de dix bombes atomiques.

Neuf ! Il faut toujours qu’il en rajoute.

François Bayrou premier ministre · NI #42

Méthodiquement, cet État a construit toutes les briques de l’arme nucléaire. Personne ne peut le nier. Grâce à son programme de missiles balistiques, dont le stock est estimé à plus de 2 000 unités, elle est susceptible de transporter cette bombe et de viser Israël. La république islamique d’Iran ne cache pas le but de cette opération. Elle appelle depuis un demi-siècle à ce que l’État d’Israël « soit rayé de la carte ». Elle a affiché son soutien aux massacres perpétrés par le Hamas le 7 Octobre.Nous devons toujours écouter les dictateurs. Une grande partie du malheur du monde est venue de l’idée qu’on pouvait passer leurs discours sous silence et ignorer leurs affirmations. On n’a pas écouté Hitler quand, en 1925, il publiait sa haine viscérale du peuple juif. On n’a pas écouté la paranoïa de Staline contre la paysannerie ukrainienne, dans laquelle se lisait déjà l’Holodomor, la […]

Plusieurs députés LFI-NFP #45

Et Netanyahou ?

François Bayrou premier ministre · NI #46

Attendez donc quelques minutes !

La situation globale est suffisamment préoccupante pour que nous en débattions sereinement.

Cela fait vingt minutes qu’il parle et il n’a pas encore eu un mot pour Gaza ! (Protestations sur les bancs des groupes EPR et DR.)

Laissez le premier ministre s’exprimer ! Un peu de dignité !

François Bayrou premier ministre · NI #50

Madame Panot, c’est votre groupe qui a exigé ce débat. Quand je m’exprime à la tribune, je remplis mon rôle de chef du gouvernement. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, DR et Dem ainsi que sur quelques bancs des groupes RN et UDR.)Six ans après être parvenu au pouvoir, le dirigeant russe a engagé sa révision de l’histoire, en commençant par qualifier la chute de l’URSS de « plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle ». Il a ensuite contesté l’ordre international dans un grand discours à Munich en 2007. Puis ce furent l’invasion de la Géorgie en 2008, de la Crimée et du Donbass en 2014. Nous aurions tous vu, si nous l’avions voulu, où les points de cette ligne interrompue conduisaient : à l’Ukraine.

Exactement !

François Bayrou premier ministre · NI #53

De la même manière, les déclarations de la figure centrale de la république islamique d’Iran qualifiant Israël, dès 2009, de « tumeur cancéreuse », affirmant en 2014 que la seule solution aux problèmes de la région, si ce n’est du monde, était « l’anéantissement de l’État d’Israël », où conduisent-elles, sinon à l’usage de l’arme nucléaire contre l’ennemi désigné ?De tels discours, de telles entreprises, sont des facteurs de profonds déséquilibres, alors que tout ce dont la région a besoin, et tout ce que la France cherche à y favoriser, est l’équilibre fondé sur le droit.

Ça se saurait !

Pourquoi y exporte-t-on des armes alors ?

François Bayrou premier ministre · NI #57

Le développement du programme nucléaire iranien est une menace existentielle pour l’État d’Israël. Nous aussi, Européens, sommes menacés, car les missiles balistiques de l’Iran ont une portée suffisante pour atteindre le sud-est de l’Europe et une partie de l’Hexagone.La France salue comme une première étape le cessez-le-feu, certes fragile, annoncé hier entre Israël et l’Iran, qui a permis de mettre fin à un cycle de violences dont les conséquences seraient catastrophiques ; elle appelle l’ensemble des parties à le respecter.Dans le contexte actuel, notre première préoccupation reste la sécurité de nos agents et de nos ressortissants dans la région. À commencer par les deux otages français, Cécile Kohler et Jacques Paris, détenus depuis plus de trois ans dans la prison d’Evin, au nord de Téhéran, dans des conditions indignes.

Ils n’y sont plus ! On a perdu leur trace depuis les bombardements !

François Bayrou premier ministre · NI #61

Nous mobilisons tous les moyens pour obtenir leur libération immédiate. La France compte 985 ressortissants en Iran, dont 373 ont exprimé leur souhait de quitter le pays. En Israël, où vit une importante communauté française, 1 500 personnes demandent à revenir, dont 200 urgemment. Des moyens civils et militaires, aériens et maritimes sont déployés, d’autres en cours de déploiement. Ils ont permis à plus d’un millier de Français de quitter l’Iran et Israël, comme vous l’avez annoncé, monsieur le ministre de l’Europe et des affaires étrangères. Je remercie l’ensemble des services de l’État en France et dans la région pour leur entière mobilisation en soutien à nos ressortissants.Face au retour des empires qui déchirent le paysage mondial, face au retour des volontés dominatrices et de la violence désinhibée, que dit la politique étrangère de la France ? Comment la France applique-t-elle […]

Eh oui !

François Bayrou premier ministre · NI #67

Afin de rendre possible un règlement politique du conflit israélo-palestinien, la France prône une solution à deux États,…

Reconnaissez l’État palestinien alors !

François Bayrou premier ministre · NI #69

…en sachant qu’elle repose sur des conditions : garanties de sécurité données par l’ensemble des acteurs à Israël ; possibilité donnée au peuple palestinien de disposer de l’État auquel il a droit et auquel il aspire légitimement.Face à ce monde désormais régi par la force, quel est le double devoir de la politique étrangère française ? D’abord, construire la puissance européenne, ce qui est une nécessité, une urgence, et qui correspond à une détermination et à une conviction profondes. À l’heure du retour des impérialismes, si nous voulons continuer à défendre le droit et la justice, nous devons aussi comprendre que la justice sans la force est impuissante. La France, si elle veut exister, doit construire sa puissance ; il en va de même pour l’Europe. (Mme Danielle Brulebois applaudit.)Construire la puissance européenne, c’est non seulement s’intéresser aux moyens, c’est surtout forger […]

Quel pédagogue !

François Bayrou premier ministre · NI #74

Je me tiens à votre disposition pour vous apprendre l’arithmétique. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes DR et EPR.)Il y a des domaines militaires dans lesquels c’est ensemble que nous devons construire. Nous devons notamment soutenir l’industrie européenne de défense et exiger une préférence européenne en matière d’acquisition d’armement. Nous ne pourrons assurer notre autonomie stratégique si nous ne sommes pas à même de nous équiper nous-mêmes, en Européens.

Eh oui !

François Bayrou premier ministre · NI #77

Or, l’année dernière, les Européens ont acheté environ 79 % de leur équipement militaire hors de l’Union européenne, dont 63 % aux États-Unis. Nous devons renverser ces logiques d’approvisionnement. De premières étapes ont été franchies au niveau européen, avec l’adoption par le Parlement d’un programme européen de l’industrie de défense.

C’est bien le moment de faire de la pub… quelle indécence !

François Bayrou premier ministre · NI #79

La situation nous oblige à conclure qu’en Europe, il n’y a que le président de la République qui défende constamment et inlassablement une telle volonté pour le projet européen. (Applaudissements sur les bancs des groupes DR et Dem.) Dans son discours de la Sorbonne de 2017, il affirmait déjà la nécessité de bâtir une Europe forte, dotée d’une autonomie stratégique en matière de défense. Il appelait alors tous les dirigeants européens, tous les parlementaires à retrouver l’ambition de bâtir une « Europe souveraine, unie, démocratique ». Je me souviens très bien avec quel scepticisme ce discours avait été accueilli. Nous voyons aujourd’hui ce qu’il en est. Seule l’Europe peut assurer une souveraineté réelle, c’est-à-dire notre capacité à exister dans le monde actuel pour y défendre nos intérêts, y compris nos intérêts moraux.Le deuxième axe tient au rôle singulier de la France. La […]

C’est là que tout a commencé ! Merci Donald Trump !

François Bayrou premier ministre · NI #83

Pour garantir à long terme que l’Iran ne se dote pas de l’arme nucléaire et pour que le régime mondial de non-prolifération devienne enfin efficace, un accord robuste, vérifiable et durable est indispensable.

L’adhésion d’Israël au TNP !

François Bayrou premier ministre · NI #85

L’Iran devra prendre des engagements clairs et concrets pour démontrer à la communauté internationale que Téhéran souhaite s’engager dans cette voie et que des résultats rapides pourront être atteints.La vocation singulière de la France, c’est aussi de n’oublier aucune des parties du monde avec lesquelles nous avons des liens ineffaçables. Il s’agit de dire à tous, à commencer par nos partenaires européens, que nous ne pouvons pas oublier l’Afrique ni l’Indo-Pacifique : nous avons un devoir à l’égard de ces immenses parties du monde, menacées par les déséquilibres économiques et démographiques. Nous ne pouvons pas laisser ces grandes régions du monde être la proie des puissances extérieures,…

Et des dictatures ? Ça ne vous pose pas de problème, ça !

François Bayrou premier ministre · NI #88

…des prédateurs qui viennent s’installer chez eux.Nous savons à quoi nous assistons : à la mondialisation des problèmes. Le séisme géostratégique qui fait que nous sommes réunis ce soir a aussi des répliques dans le champ commercial, économique et industriel, qui déséquilibrent des États entiers dans le monde. À cette mondialisation des problèmes doit répondre une mondialisation des solutions. Cela ne signifie pas qu’un pays imposera sa solution à tous, mais que ces solutions doivent être le fruit de discussions menées en commun.Le principe de la France en politique étrangère, c’est l’équilibre : nous ne voulons pas d’un monde dominé par une seule puissance (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP), et pas davantage d’un monde déchiré entre deux ou trois puissances ! Nous voulons un monde équilibré, au sein duquel les efforts en faveur de la paix et du développement soient une […]

Merci, monsieur le premier ministre.

François Bayrou premier ministre · NI #93

Vous êtes-vous aperçu qu’il pleuvait dans l’hémicycle, monsieur le président ?

Je viens de le voir, monsieur le premier ministre. On m’avait dit que l’hémicycle était étanche, mais ce n’est visiblement pas le cas. (Sourires et exclamations sur divers bancs.)

Le gouvernement prend l’eau !

C’est la hollandisation des esprits !

Je suspends la séance, le temps que les pompiers interviennent.

Suspension et reprise de la séance

Roland Lescure president · EPR #99

La séance est suspendue.

#100

(La séance, suspendue à vingt-deux heures cinq, est reprise à vingt-deux heures vingt.)

Roland Lescure president · EPR #101

La séance est reprise.Vous l’aurez compris, chers collègues, l’incident qui a justifié que je suspende la séance fait suite aux pluies torrentielles qui se sont abattues sur Paris. Des tapis absorbants ont été installés sur la verrière de l’hémicycle.La parole est à Mme Mathilde Panot.

Je voudrais tout d’abord saluer et remercier, en notre nom à tous, les pompiers qui se sont mobilisés pour intervenir au plus vite. (Applaudissements sur tous les bancs.)Président, monsieur le premier ministre, collègues, vous devez refuser la guerre. La France doit parler haut et fort, pour que sa voix cesse d’être couverte par le bruit des bombes. Hélas, vos atermoiements ont rendu la position de notre pays inaudible. Il y a un siècle déjà, Jean Jaurès prévenait les contemporains de son temps séduits par la violence exacerbée : « On ne fait pas la guerre pour se débarrasser de la guerre ». Ses leçons valent pour aujourd’hui. Le monde est au bord d’un gouffre, placé là par l’inconséquence et la déraison totale de ceux qui aiment à se poser en dirigeants du bloc occidental. Il fut un temps où l’obsession de la diplomatie française n’était pas de plaire aux seuls occidentaux, incapables […]

Vous rendez-vous compte du niveau de servilité qui est atteint quand le secrétaire général de l’Otan se félicite que Trump fasse « payer un prix énorme à l’Europe », réalisant ce qu’« aucun président américain n’était parvenu à faire durant des décennies » ? Servilité à laquelle il ajoute le ridicule et l’humiliation quand il commente l’action de Trump : « Daddy doit parfois hausser le ton ». Par ces mots, l’Otan s’affirme comme une organisation à la fois hostile au droit international et profondément anti-européenne. La France doit sortir de ce piège ! (Mêmes mouvements.)Cela vous attriste sans doute mais nous n’avons plus rien à voir avec les États-Unis d’Amérique. Vous faites une grave erreur en vous alignant totalement sur l’extrême droite de Trump. Comme l’extrême droite française, elle s’incline devant toutes les violations du droit international. Ici, Marine Le Pen préfère ainsi […]

N’importe quoi.

Vous êtes complices !

Monsieur le premier ministre, vous devez refuser la guerre et le génocide. Or vous ne parlez plus de Gaza, ou si peu. Voilà un objectif de guerre atteint par Netanyahou. Après l’Iran, il annonce qu’il va de nouveau se concentrer sur Gaza, donc poursuivre le génocide et le projet de déportation des Palestiniens. Vingt mois de génocide, plus de 55 000 Palestiniens tués, plus de 130 000 blessés, tant et tant d’enfants estropiés, et vous ne faites rien ! Tous les jours, des Palestiniens sont tués par balle ou dans l’explosion d’un obus alors qu’ils cherchent à obtenir de la nourriture. Vous ne faites toujours rien, même lorsque le dernier choix qui leur est laissé est insoutenable : mourir de la famine utilisée comme arme de guerre ou mourir dans les pièges mortels de la distribution alimentaire.Au Liban, une personne sur quatre vit en réfugié dans son propre pays. Des frappes israéliennes […]

C’est n’importe quoi ! Honte à vous !

Ce n’est pas un débat, c’est un réquisitoire ! Quelle absence de réflexion et de recul…

Oui ! nous sommes fiers d’incarner une autre voix de la France, une voix de la paix, non alignée et écoutée dans le monde. La France qui ne pratique pas un « deux poids, deux mesures » révoltant. La France qui reconnaît l’État de Palestine immédiatement, sans tergiverser. La France qui manifeste aux côtés des peuples du monde pour exiger un embargo sur les armes et la suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël. (Mêmes mouvements.)

Et le 7 Octobre, que s’est-il passé ?

La France qui ne se tait pas face à un génocide, mais qui le combat. La France qui réaffirme que toutes les vies se valent – toutes, sans exception.

Celles du 7 Octobre aussi ! Vous êtes bien oublieuse !

Nous refuserons la guerre comme l’économie de guerre, qui donne pour seul horizon le sacrifice des services publics sur l’autel d’objectifs et d’intérêts qui ne sont pas les nôtres.En 2003, la France s’en sentie fière de la parole portée aux Nations unies pour dire non à la boucherie décidée par Bush junior. Comme nous avons eu raison ! Vous n’êtes pas à la hauteur de cette histoire commune. Laissez l’Assemblée décider pour la France ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP, dont les députés se lèvent, ainsi que sur quelques bancs des groupes EcoS et GDR.)

La parole est à Mme Dieynaba Diop.

Nous sommes réunis pour débattre d’une situation géopolitique à la fois tragique et complexe, celle du Proche et du Moyen-Orient. Cette région, berceau de tant de civilisations, demeure, une fois encore, le théâtre de conflits sanglants, d’injustices profondes et d’aspirations populaires étouffées. Le rôle de la France doit être d’empêcher que cette confrontation régionale ne bascule dans l’irréversible.Permettez-moi tout d’abord d’avoir une pensée pour les populations civiles, que vous n’avez évoquées que tardivement, monsieur le premier ministre. Ce sont les premières victimes de ce conflit. Je pense aux mères qui pleurent leurs enfants et aux enfants, pour certains orphelins, qui grandissent dans la peur et la faim. Je pense aux populations privées de paix et de dignité. Palestiniens bombardés à Gaza (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe SOC. – Mme Dominique Voynet […]

La parole est à Mme Michèle Tabarot.

Après notre débat sur l’Ukraine, nous sommes une nouvelle fois réunis pour évoquer un conflit qui menace les équilibres du monde et suscite une inquiétude légitime parmi nos concitoyens. À cette inquiétude, nous devons répondre avec force, courage et, surtout, fidélité envers nos principes et nos valeurs.Dès lors, je rappellerai trois vérités, fondamentales aux yeux du groupe de la Droite républicaine. Première vérité : Israël a le droit de se défendre face à la menace portée par l’Iran, dont tous les leaders depuis la révolution islamique ont appelé à la destruction de l’État hébreu. La Charte des Nations unies reconnaît le droit naturel de légitime défense face à une agression armée (Mme Alma Dufour s’exclame), comme celles subies par Israël en avril et en octobre 2024 avec le lancement par l’Iran de centaines de drones et de missiles. (Applaudissements sur les bancs des groupes DR et […]

Non, l’attaque était illégale !

Deuxième vérité : ce conflit n’a pas été causé par Israël. Il est le résultat direct de décennies de provocations, de menaces et de soutien actif…

Mme Sabrina Sebaihi #149

De colonisation, aussi !

…au terrorisme régional de la part du régime iranien, qui cherche depuis plus de quarante ans à se doter de l’arme nucléaire.

Le responsable, c’est Trump !

Disons-le clairement : Israël et les États-Unis ne déclenchent pas une guerre, ils agissent pour empêcher l’Iran de la gagner.

C’est une plaisanterie ?

Ce n’est pas possible de dire cela ! Les voyez-vous, ces enfants assassinés ?

Calmez-vous, calmez-vous !Troisième vérité : l’action israélienne a été mesurée, ciblée et responsable. Elle a été préparée puis coordonnée avec les États-Unis et elle permet de rappeler que la négociation n’est rien sans un bras armé puissant.

Et les morts, c’est responsable ?

Le rôle de Washington a été décisif dans la préservation de l’équilibre stratégique. Comme l’a rappelé à juste titre le chancelier Merz, il n’y a aucune raison de condamner l’action d’Israël et des États-Unis. C’est une position que nous aurions aimé que la France et l’Union européenne relaient, elles qui ont eu raison de laisser une chance aux négociations mais qui ont donné ensuite l’impression d’hésiter sur la conduite à tenir vis-à-vis de nos alliés.

Quel déshonneur ! Ou alors, elle n’a rien compris au film…

Nous devons être clairs et déterminés. Ayons le courage de dire qu’Israël et les États-Unis ont agi pour la sécurité de la communauté internationale pendant que certains préféraient détourner le regard ou s’abriter derrière des postures !

C’était illégal !

Pour nous, le message est clair : le terrorisme d’État iranien ne peut pas rester impuni. Nous en sommes convaincus parce que nous n’avons pas oublié ce qu’est l’Iran des mollahs : un régime terroriste et déstabilisateur pour tout le Proche et le Moyen-Orient mais aussi pour l’Europe, parce que l’Iran a armé la Russie dans le cadre de son agression à l’encontre de l’Ukraine. Depuis 1979, sous le diktat des ayatollahs, l’Iran exporte la violence, la haine de l’Occident et le fanatisme religieux.

C’est vous, les fanatiques !

Il a commandé des attentats sur tous les continents, violé sans répit le droit international, financé des groupes terroristes comme le Hezbollah, le Hamas ou les houthistes. Ce régime a aussi du sang français sur les mains depuis l’attentat de l’immeuble Drakkar, à Beyrouth, et ceux perpétrés par le Hezbollah à Paris. Voilà le visage de la République islamique d’Iran (Mme Justine Gruet applaudit), que certains ici soutiennent (« Personne ! » sur les bancs des groupes LFI-NFP, SOC, EcoS et GDR. – Exclamations prolongées sur ces mêmes bancs) parce que, derrière un pacifisme de façade, ils sont uniquement animés par une profonde haine d’Israël.

C’est une accusation mensongère !

Les prétendus défenseurs des libertés cautionnent un régime qui vient encore de pendre trois personnes ce matin…

À cause de qui ?

…et qui a procédé à plus de 1 000 exécutions l’an dernier. Oui, Téhéran assassine ses opposants et réprime dans le sang les mouvements de contestation de la société civile,…

C’est vous qui abandonnez les civils aujourd’hui ! (Protestations sur les bancs des groupes RN et UDR.)

…qui aspire au changement et a le droit de vivre en liberté, sans oppression ni asservissement des femmes. J’ai d’ailleurs une pensée pour Mahsa Amini, symbole d’une lutte courageuse, assassinée par ce régime pour la seule raison qu’aux yeux de ses dirigeants, elle avait mal porté son voile. (Applaudissements sur les bancs des groupes DR, RN, EPR, Dem, HOR et UDR.)L’Iran a aussi emprisonné des otages occidentaux pour exercer des chantages ignobles. Nous réclamons toujours la libération de nos compatriotes Cécile Kohler et Jacques Paris. (Mêmes mouvements.) Nous réclamons également la libération des otages israéliens retenus dans la bande de Gaza et la capitulation du Hamas, qui doit s’en retirer. (Mme Béatrice Roullaud applaudit.) En effet, si nous voulons œuvrer pour paix, il faut commencer par lever tous les obstacles. Nous entendons et partageons les appels au renforcement de l’aide […]

Ah, tout de même !

Nous saluons aussi l’engagement de la France à défendre Israël contre les attaques subies.

Ah, tout de même…

En revanche, nous rejetons les appels précipités à relancer la solution à deux États, car cela reviendrait à offrir une prime à la terreur.

Rendez-nous Chirac !

Tant que le Hamas exerce une emprise sur Gaza, toute démarche de ce type serait prématurée et dangereuse.

Vous voulez attendre qu’il n’y ait plus de Palestiniens, c’est ça ?

Monsieur le premier ministre, la trêve entre Israël et l’Iran récemment annoncée semble tenir mais reste malheureusement fragile. Le président de la République a rappelé que la situation demeurait instable. Le risque d’escalade n’est toujours pas écarté. Dans ce contexte, nous devons veiller à la sécurité de nos ressortissants présents dans la région. Nous savons la mobilisation des services diplomatiques et des forces armées françaises, dans des conditions très difficiles. Nous vous demandons de préparer son renforcement pour pouvoir faire face en cas de nouvelle dégradation de la situation. De même, nous appelons à la vigilance pour que le conflit ne vienne pas encore aggraver l’antisémitisme en France, contre lequel nous devons lutter de toutes nos forces.Nous suivrons aussi avec attention les efforts diplomatiques français dans ce dossier, dont la solution ne doit pas dépendre […]

Par Trump en premier !

Nous savons que l’Iran a bâti des sites secrets et poursuivi son programme nucléaire clandestin. Dès lors, il ne faudra plus laisser place à la moindre ambiguïté, à la moindre compromission. En effet, c’était une erreur de croire qu’une normalisation était possible, puisque la levée d’une partie des sanctions a permis à l’Iran de financer le terrorisme.

N’importe quoi !

Ainsi, pour être efficaces, les négociations doivent également porter sur les capacités militaires et balistiques, le soutien au terrorisme et la politique d’influence agressive de l’Iran dans la région.

Vous voulez qu’on parle de Kadhafi, l’ami de votre patron ?

D’autre part, l’Iran devra coopérer avec les instances internationales afin de faire la lumière sur ses réserves d’uranium enrichi. C’est seulement ainsi que nous pourrons envisager un véritable processus de stabilisation du Proche et du Moyen-Orient, pour le bénéfice du monde entier.Cependant, parce qu’une paix durable suppose fermeté et courage, la France doit rester fidèle à sa vocation : être un acteur résolu face aux menaces qui pèsent sur l’ordre international, comme l’a rappelé M. le premier ministre.

La première menace, c’est la violation du droit international !

Nous sommes prêts à accompagner vos efforts en ce sens, avec responsabilité mais aussi – vous l’aurez compris – avec une véritable exigence. (Applaudissements sur les bancs des groupes DR et HOR. – Mme Constance Le Grip applaudit également.)

Et avec l’argent des Français.

La parole est à Mme Sabrina Sebaihi.

Nous débattons ce soir d’un choix de civilisation : le respect du droit international ou la loi du plus fort. Depuis plusieurs jours, la terre tremble encore un peu plus au Proche et au Moyen-Orient : des frappes massives sur Téhéran, des missiles balistiques sur Tel-Aviv et, partout, des familles décimées et des enfants que l’on enterre. Pendant que les bombes tombent, l’effacement des voix françaises et européennes sur Gaza tue. Nous assistons ainsi au triomphe provisoire du cynisme sur la raison et de la force brute sur le droit.Pourtant, le droit international et humanitaire n’est pas à géométrie variable ; il n’est pas une lubie, ni un chiffon que l’on brandit pour juger les uns et que l’on range pour absoudre les autres. Aujourd’hui, deux gouvernements extrémistes le menacent : d’un côté, le régime iranien, qui torture ses opposants, emprisonne ses femmes, bâillonne ses […]

La parole est à M. Frédéric Petit.

Je me félicite de la tenue de ce débat sur la situation au Moyen-Orient. Je veux tout d’abord avoir une pensée pour nos deux otages, Cécile Kohler et Jacques Paris, retenus depuis trois ans dans la prison d’Evin (Applaudissements sur les bancs des groupes Dem et sur plusieurs bancs des groupes EPR, LFI-NFP et SOC), au nord de Téhéran, qui a été visée récemment par une attaque israélienne. Nous exigeons leur libération sans délai.J’ai aussi une pensée pour les autres otages, déjà libérés, dont nous savons qu’ils seront sans doute marqués à vie par cette épreuve.J’en profite enfin pour saluer ici l’action de la cellule de crise du Quai d’Orsay, qui fournit une assistance à nos ressortissants français au Moyen-Orient (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes Dem et EPR. – M. Vincent Thiébaut applaudit également) et s’attache depuis plusieurs jours à rapatrier en toute sécurité nos […]

Merci !

Quand même !

La question de sa légitimité, ou plutôt de son utilité, de son efficacité, pourra être posée.Depuis des décennies, l’Iran est l’un des acteurs majeurs de l’instabilité dans cette région, à travers notamment ses proxys, que ce soit le Hezbollah au Liban ou, bien sûr, le Hamas à Gaza.Les États-Unis disent avoir mené l’opération aérienne contre l’Iran afin de compromettre définitivement son programme nucléaire. À l’issue de ces frappes, le président américain a appelé à un cessez-le-feu dont le maintien apparaît toutefois très incertain et qui ne saurait suffire. Nous appelons donc désormais à reprendre la voie de la diplomatie afin de prévenir une nouvelle escalade et d’écarter le risque de la prolifération.Des questions restent en suspens : où se trouve l’uranium enrichi ? Quelle est l’exacte répartition des moyens ? Enfin, quel est l’impact réel des frappes israéliennes et américaines […]

Merci !

En tant que démocrates, nous souhaitons que nos amis israéliens se rallient à la solution des deux États et abandonnent leur dérive théocratique.Nous pouvons les y aider, non par la force mais par une diplomatie qui accompagne et soutienne les changements sur place. Même si cette attitude nous expose à être caricaturés par ceux qui aiment et ne comprennent que la brusquerie, les grands chambardements, les bifurcations et la politique à l’emporte-pièce sur les réseaux sociaux, ceux qui préfèrent l’autoritarisme, ceux qui nient les conflits, les écrasent et les instrumentalisent en lieu et place de la coopération qui permet de les dépasser de façon durable.Je reconnais que cela ne se fait pas en vingt-quatre heures. Oui, je le dis, monsieur le ministre, cela ne me gêne pas, dans cette période troublée, que notre parole diplomatique, au risque d’être caricaturée, cherche toujours le […]

Bravo !

Très bien !

Demain, l’Iran devrait donc aussi avoir besoin de nous, besoin, dans son administration centrale et au sein de ses régions, d’expertises, d’accompagnement par des fonctionnaires et des territoriaux français – ces derniers sont très appréciés, comme vous le savez, monsieur le ministre.Cette diplomatie, que j’appelle diplomatie des sociétés civiles, constitue un formidable atout que nous devons nous employer à faire fructifier. Je suis le rapporteur pour avis sur le programme Diplomatie culturelle et d’influence. À ce titre, je le dis depuis longtemps : ne prenons pas de retard au moment des conflits, en particulier dans cette région du monde, comme nous en avons pris dans certains domaines en Ukraine. C’est dès maintenant qu’il faut agir et s’engager pour aider à la reconstruction d’un Moyen-Orient apaisé et ouvert sur le monde.Cela exigera probablement une réorganisation de nos […]

#243

(La séance, suspendue quelques instants, est immédiatement reprise.)

La parole est à Mme Marie-Agnès Poussier-Winsback.

C’est avec humilité et gravité que le groupe Horizons & indépendants aborde ce débat sur la situation au Proche et au Moyen-Orient, organisé à l’initiative du gouvernement sur le fondement de l’article 50-1 de notre Constitution. Avec humilité car, dans le bouillonnement d’informations auquel nous sommes confrontés depuis quelques jours, il est facile de dire tout et n’importe quoi – essayons de nous en abstenir. (M. Vincent Thiébaut applaudit.) Avec gravité parce que ce conflit, qui connaît une escalade sans précédent, touche à des équilibres essentiels : ceux de la paix au Proche-Orient, de la sécurité globale et de la stabilité de l’ordre international ; parce qu’il engage nos principes, nos alliances, nos responsabilités ; et surtout parce que, derrière chaque affrontement, chaque frappe, chaque riposte, des vies humaines sont en jeu.Notre première pensée va naturellement aux […]

Et Gaza, on n’en parle pas ?

Aucun État ne devrait avoir à justifier son droit à se défendre. Nous, Français, devons être clairs : le droit d’Israël à exister en paix et en sécurité n’est pas négociable. Le nier, c’est céder aux pulsions les plus dangereuses de l’histoire.Ce droit est assorti de responsabilités. La lutte contre le terrorisme ne peut justifier l’abandon du droit humanitaire à Gaza. Nous appelons Israël, comme tous les acteurs, à agir avec discernement et sens de la proportion et à tout faire pour protéger les civils. Pour Israël et la Palestine, la seule issue permettant une paix durable consiste dans une solution à deux États : un État d’Israël sûr et reconnu, un État palestinien viable et démocratique, vivant côte à côte dans le respect mutuel. Telle doit être et demeurer notre priorité. Encore faut-il que les conditions en soient réunies. Encore faut-il que les violences cessent, que les […]

La parole est à M. Laurent Mazaury.

Le 7 octobre 2023 a marqué un tournant dans l’histoire contemporaine du Proche-Orient. Ce jour-là, le Hamas a perpétré une attaque terroriste d’une violence inédite sur le sol israélien, ciblant délibérément des civils, des femmes, des enfants, des familles entières. Je rappelle les chiffres : 1 188 morts, 4 834 blessés et 251 otages, dont 50 sont toujours en captivité ; 42 de nos compatriotes ont été tués dans cette offensive terroriste, c’est le plus lourd bilan depuis l’attentat de Nice, en 2016. Ces actes sont inexcusables et nous devons les condamner sans détour.Cette date marque aussi le début d’une séquence dont nous ne voyons pas encore la fin. Le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou l’a déclaré lui-même : un « nouveau Moyen-Orient » émergera.Cette affirmation n’est pas une posture. Elle traduit une réalité : une recomposition régionale à grande vitesse est en cours. […]

Bravo, collègue !

Seule une discussion et une proposition globales seront de nature à faire bouger les lignes car les gains potentiels seront trop importants pour être ignorés.De cette brève analyse, on peut tirer l’enseignement suivant : la Russie et la Chine, vantant pourtant leur rayonnement dans le monde, ont été inaudibles et incapables d’avoir la moindre prise sur le cours des événements. Non, l’Occident n’est pas mort ! Non, la France n’est pas déclassée ! Notre réel adversaire, c’est nous-mêmes, par nos inconstances et nos errements.L’évolution en cours au Proche et Moyen-Orient ne saurait être isolée des autres foyers de conflit qui bouleversent l’ordre mondial. Car pendant que la région s’embrasait, l’Iran exportait sa technologie de drones et de missiles à la Russie. Nous ne pouvons ignorer cette interconnexion : la guerre en Ukraine et les tensions au Moyen-Orient ne sont pas deux réalités […]

Eh bien, ça décoiffe !

Quel tempérament ! (Sourires.)

La parole est à M. Jean-Paul Lecoq – la barre est haute !

Je travaille à l’ancienne et je relève le défi.L’entrée en guerre des États-Unis décrétée par Trump seul, pour désenvaser l’attaque d’Israël sur l’Iran, ne révèle pas seulement l’impasse dans laquelle Netanyahou a enfermé son pays : elle sonne l’alarme de la généralisation de l’inhumanité et de la loi du plus violent sur la planète. Nous avons ici déjà débattu du régime iranien. Autant qu’on puisse s’opposer au régime des mollahs, il revient de toute façon seulement à la population civile de ce pays, c’est-à-dire au peuple iranien, de déterminer sa forme de gouvernement, pas à Israël, pas aux États-Unis, pas à l’Union européenne, pas à la France, et pas par la force. (Mme Soumya Bourouaha applaudit.) Sinon, on ne fait qu’amplifier le chaos, les souffrances et les ressentiments. L’Afghanistan, l’Irak, la Libye… Cela ne vous a pas suffi ? Sous prétexte qu’il détiendrait l’arme nucléaire […]

Quelle honte !

Est-ce un exemple de démocratie ?

La souveraineté d’un État n’est pas réservée à l’Occident. Le droit international ne s’applique pas seulement aux autres et la démocratie uniquement pour nous arranger.

Eh oui !

Dès lors que les règles du droit international ont été érigées par les pays occidentaux, la responsabilité de respecter ces normes et celle de les faire respecter, leur incombe. Ils ne peuvent pratiquer le « deux poids, deux mesures ».En janvier 2025, le groupe de la Gauche démocrate et républicaine avait organisé un débat, que nous pourrions avoir à nouveau, sur la responsabilité de la France dans l’effondrement du droit international. Depuis, la responsabilité de la France n’a fait que s’accroître. Notre pays devra rendre des comptes.Je m’adresse au président de la République : il est temps – j’ose espérer qu’il n’est pas trop tard – que la France s’affranchisse tant de la ligne américaine, aussi instable que les humeurs de son président, que de celle de l’Union européenne, effacée sur le plan international, et qu’elle sache retrouver la place qu’elle avait il y a encore quelques […]

Excellent !

La parole est à M. Éric Ciotti.

Rarement depuis la seconde guerre mondiale, autant de périls se sont accumulés sur le monde. La situation internationale est aujourd’hui d’une gravité extrême. Elle appelle à la clarté et à la constance.

Vous avez fait votre service militaire ?

Et vous ?

Elle appelle à la fidélité à nos engagements, à nos principes et à nos alliés.Or que voyons-nous ? Une diplomatie française désorientée, erratique, parfois absente, contradictoire mais toujours impuissante. Hélas, comme tant d’autres avant lui, le dossier iranien révèle au grand jour la faillite d’une diplomatie française sans doctrine…

Sans service militaire !

…sans colonne vertébrale, sans vision, une diplomatie dont le « en même temps » est devenu la seule ligne directrice.Malheureusement, la situation en Iran constitue le meilleur exemple de cette impuissance et de ces incohérences. Depuis des mois, l’Iran multiplie les provocations, arme ses relais terroristes, menace la stabilité régionale, poursuit son programme nucléaire en violation de toutes les règles internationales. L’Iran écrase son propre peuple, en particulier les femmes. L’Iran a pris en otage deux de nos compatriotes, Cécile Kohler et Jacques Paris. La république islamique est aujourd’hui une bombe à retardement, alliée et soutien du Hamas, du Hezbollah et de tous les terroristes de la planète, de tous ceux qui rêvent de la destruction d’Israël et de la guerre contre l’Occident. L’Iran fait planer le risque d’un chaos nucléaire mondial.Face à cela, tant le président de la […]

Vous n’y connaissez rien !

En Ukraine est né le mot « macroner » pour dénoncer les hésitations et les inactions du président Macron,…

Vous l’avez déjà dit ! Vous vous répétez !

…ce président qui, désireux d’être le médiateur des grandes crises n’est plus qu’un figurant sur la scène internationale.Il a mis la France hors-jeu ; il multiplie les volte-face : un jour, il promet de soutenir nos alliés ; le lendemain, il courtise leurs ennemis. Ce double langage ne trompe plus personne : ni nos partenaires, qui nous contournent, ni nos adversaires, qui nous humilient. Rappelons cette image saisissante d’un président français publiquement rabroué par le président américain alors qu’il tentait de s’improviser médiateur entre Washington et Téhéran, une humiliation rare, symbole du déclassement de la parole française. Qui aurait pu imaginer le général de Gaulle dans cette situation ?

Eh oui !

Pire, ce week-end, le président français parle au président iranien plutôt qu’au président américain.Ne soyons pas dupes, ce déclin n’est pas le fruit d’un incident passager ou d’une erreur fortuite, c’est, plus gravement, celui d’une méthode ou plutôt de l’absence de méthode. Pour exister en diplomatie, il faut une doctrine, une ligne, un cap ; il faut savoir qui sont nos ennemis et nos amis ; il faut nommer le mal, désigner les responsables et assumer des choix.

Vous êtes fasciné par Trump !

À l’heure où l’axe islamiste se recompose de Gaza à Téhéran, de Damas à Beyrouth, la France devrait être en première ligne pour défendre les démocraties, soutenir Israël, dire non à l’Iran nucléaire et appeler à l’endiguement clair et ferme de ce pays qui nous menace.Mais si la voix de la France s’est tue, pendant ce silence d’autres parlent : l’Allemagne du chancelier Merz et l’Italie de Giorgia Meloni.

Mamma mia !

L’internationale fasciste !

Ces pays qui ne disposent ni de notre siège au Conseil de sécurité ni de l’arme nucléaire assument des positions claires, inspirent le respect ; ils ont aujourd’hui gagné ce que nous avons perdu : l’influence que donnent la cohérence et la loyauté.La diplomatie française a perdu son autorité…

Parce que vous avez refusé de faire votre service militaire !

…par des années d’incohérence et de relativisme. Son honneur lui a été ôté par ceux qui ont mis sur le même plan – faute historique – une démocratie assiégée et une dictature islamiste. Le président Macron se rêvait en Mandela, il aura agi comme Daladier. L’esprit munichois humilie la France.

Lâches !

Restaurer notre voix, c’est d’abord choisir la fidélité à nos alliés et choisir la fermeté face à un État terroriste comme face à nos ennemis.Oui, le régime iranien est l’ennemi. Le régime iranien est notre ennemi. Il ne tient que par la terreur : des milliers de manifestants ont été assassinés, arrêtés, torturés ; les femmes qui ôtent leur voile risquent la prison et la mort comme Mahsa Amini, martyre de la liberté, pour qui j’ai ce soir une pensée (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)

Hypocrite !

Les opposants politiques sont pendus ; la jeunesse iranienne veut vivre, étudier, aimer, créer, croire librement ; elle regarde vers l’Europe et vers la liberté. Et nous, que faisons-nous ? Nous tendons la main à leurs bourreaux, nous entretenons la fiction diplomatique que ce régime serait acceptable. Ce mensonge est une trahison ! La diplomatie ne peut pas être un exercice d’ambiguïté permanente. Il ne s’agit pas ici de défendre des nuances subtiles mais de garantir des principes fondamentaux. Face à cette dictature qui nie les droits de l’homme, le droit international, le droit d’Israël à exister, nous devons être clairs.Cela suppose l’application de principes clairs et fermes. Cela suppose aussi d’en finir avec l’illusion de normalisation avec Téhéran tant que le régime actuel sera en place. Cela implique aussi d’exiger le renforcement des sanctions européennes contre les dirigeants […]

La parole est à Mme Marine Le Pen.

Deux Le Pen dans la même soirée, c’est beaucoup !

On vous a écoutés, taisez-vous !

En direct du Kremlin !

Une minute pour dire des gros mots et, ensuite, nous commençons ?

Nous écoutons les orateurs !

Le son des armes est monté d’un cran ces derniers jours en Orient, berceau de tant de civilisations.Alors que la situation en Syrie est toujours chaotique – des chrétiens y ont été massacrés par des milices islamistes il y a quelques jours –, que la lutte contre les terroristes du Hamas mobilise toujours Israël dans la bande de Gaza, alors que le président de l’Autorité palestinienne a tenu des propos sans ambiguïté, qu’il faut saluer – « Ce qu’a fait le Hamas le 7 octobre en tuant et en prenant des civils en otage est inacceptable et condamnable », ajoutant que l’organisation « doit libérer immédiatement tous les otages et personnes retenues, déposer les armes et ne plus diriger Gaza » –, alors que la précipitation de certains pays, y compris le nôtre, à reconnaître dès aujourd’hui l’État de Palestine au risque de paraître concéder une prime aux exactions du Hamas a semé le trouble,…

Et les Palestiniens, on n’en parle pas ?

…alors que la Libye et, dans une moindre mesure, l’Irak, peinent à se relever après les interventions militaires occidentales, alors que la Chine a massivement investi dans des infrastructures logistiques sur les routes de la soie – par exemple, au port sec d’Aprin –, faisant de l’Iran un partenaire commercial clé pour l’Eurasie et lui offrant des débouchés stratégiques insensibles aux pressions occidentales, Israël, harcelé par les proxys de l’Iran et ayant subi le 7 octobre 2023 le pire pogrom depuis la seconde guerre mondiale, a considéré que son existence était menacée par le programme nucléaire iranien et, soutenu par les États-Unis, a choisi d’y mettre fin par des frappes nucléaires préventives.Si le tableau géopolitique apparaît bien complexe, voire obscur, un élément est clair : l’absence de la voix de la France. C’est par là que je souhaite commencer mon propos.La première […]

Eh oui !

La troisième raison, sans doute la plus importante, réside dans l’inconstance du président de la République sur les sujets internationaux, qui a profondément décrédibilisé la voix de la France, au point de la rendre, presque pire que muette, ignorée. Je l’ai déjà exprimé à maintes reprises, la politique étrangère de la France devrait reposer sur trois piliers : l’indépendance, l’équidistance, la constance – soit exactement le contraire de la politique étrangère menée par Emmanuel Macron, faite d’alignement et de servilité.Ainsi, nous ne pouvons que constater avec tristesse que la France ne compte plus réellement dans le concert des relations internationales, en particulier au Proche et au Moyen-Orient. Ce déclassement est le fruit d’une politique étrangère incohérente, tiraillée entre des fidélités anciennes – Israël, le Liban, l’Égypte – et une dépendance croissante à l’égard de […]

Surtout Trump !

Les propos peu amènes du premier ministre israélien envers le président Macron, tout comme ceux du président américain, ne peuvent qu’attrister la patriote que je suis. De la même manière, les propos francs du chancelier allemand – Israël fait « le sale boulot » –, j’aurais préféré les entendre de la bouche d’Emmanuel Macron.En ce qui concerne l’Iran, la ligne de la France doit être claire : pas d’accès à la bombe nucléaire pour un État signataire du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires de 1968.

Ça a toujours été la ligne !

Il faut donc espérer que les bombardements américains ont lourdement entravé l’Iran dans le développement de l’arme nucléaire, ou qu’ils ont au moins rappelé au régime des mollahs qu’une grande partie du monde ne le laisserait jamais la détenir. Mais il faut bien sûr continuer à parler à l’Iran, et c’est à son grand peuple multimillénaire qu’il faut penser car, malgré les souffrances infinies qu’il subit aujourd’hui, s’il y a bien un pays qui incarne le fait que les nations survivent aux régimes, c’est l’Iran. Ce dialogue doit avoir comme priorité la libération de nos deux otages à Téhéran – j’ai ici une pensée pour Cécile Kohler et Jacques Paris, et pour l’ensemble de leurs proches.Même si la situation est particulièrement instable et peut déraper à tout moment, il faut saluer la manière dont le président Trump est intervenu dans cette crise géopolitique.

Oh là là !

C’est son modèle !

Êtes-vous devenue atlantiste, madame Le Pen ?

Alors qu’Israël menait une campagne de bombardements contre des cibles iraniennes sensibles, avec une stratégie de pression continue, espérant l’asphyxie, les États-Unis ont considéré que cette initiative, probablement non coordonnée avec eux, risquait d’embraser la région, étant donné la dureté de la riposte iranienne. Pour reprendre les mots d’un de nos diplomates : « En frappant lui-même, le camp américain tente de restaurer l’équilibre, montrer sa capacité d’action, calmer son allié et maintenir l’Iran dans un cadre lisible de confrontation limitée. D’ailleurs, la réplique de Téhéran aux frappes américaines, avec retenue, souligne que les deux camps savaient ce qu’ils faisaient : agir sans provoquer de point de bascule. Quatorze missiles, le même nombre que ceux lancés par les B-2, tirés sur deux bases, tous interceptés : une riposte symbolique qui vise davantage à préserver la face […]

Jean-Noël Barrot ministre de l’Europe et des affaires étrangères · Dem #376

Et le programme nucléaire ?

Je ne crois pas que les États-Unis aient cherché à changer le régime iranien. Le président américain semble avoir compris, comme nous le défendons, que le changement de régime ne peut survenir que du fait du peuple iranien lui-même. La succession de Khamenei, très âgé, offrira peut-être une chance pour que la société iranienne choisisse un nouveau système politique.Du côté des pays arabes, qui ont réagi de façon modérée, la question est bien entendu celle du leadership régional. L’Arabie Saoudite, en particulier, malgré la temporisation sur les accords d’Abraham, espère probablement renforcer et étendre son statut d’interlocuteur incontournable dans la région. Pour la France, sans bien sûr remettre en cause nos liens avec les Émirats, où nous avons d’ailleurs une base militaire, le rapprochement avec l’Arabie Saoudite, clé de nombreux sujets cruciaux pour nous, est incontournable.Les […]

C’est beau !

C’est dans ce sens que, vous le savez, je souhaite compléter le droit international. La France, éducatrice des peuples, selon la belle formule du pape Jean-Paul II, de tout temps créatrice de droits nouveaux, doit offrir au monde un nouvel outil juridique : une déclaration des droits des peuples et des nations. Profondément ancrés dans la tradition diplomatique et politique de notre pays, les grands principes énoncés dans cette charte, à commencer par l’égalité en dignité et en droits de tous les peuples et nations, pourraient servir de guide sur le chemin de la paix et de la prospérité auxquelles aspirent tout naturellement les peuples du Proche et du Moyen-Orient. (Les députés des groupes RN et UDR se lèvent et applaudissent.)