Séance du 27 janvier 2026 — 128e séance
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.
Tours 201 à 400 sur 559 — page 2 / 3.
Au-delà du processus de recrutement, les exigences de compétence et de neutralité s’imposeront à Mme Le Strat…
Merci de conclure.
…comme à tous les agents de la fonction publique. (Exclamations sur les bancs des groupes EcoS et DR. – Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’oratrice.)
Nous avons terminé les questions au gouvernement.
La séance est suspendue.
(La séance, suspendue à seize heures vingt, est reprise à seize heures trente-cinq.)
La séance est reprise.
L’ordre du jour appelle la discussion commune et les votes sur les motions de censure déposées en application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution, par Mme Cyrielle Chatelain, Mme Mathilde Panot, M. Stéphane Peu et 110 membres de l’Assemblée, d’une part, et par Mme Marine Le Pen, M. Éric Ciotti et 102 membres de l’Assemblée, d’autre part, le premier ministre ayant engagé la responsabilité du gouvernement sur l’adoption en nouvelle lecture de la seconde partie et de l’ensemble du projet de loi de finances pour 2026. La parole est à Mme Christine Arrighi.
Ce qui nous est imposé avec ce budget n’est pas seulement un désaccord de plus entre le gouvernement et le Parlement, c’est l’aboutissement d’une séquence politique ouverte à l’été 2024, marquée par le refus persistant de tirer les conséquences du verdict des urnes, par la reconduction d’une politique budgétaire inchangée malgré l’absence de majorité et, désormais, par l’usage répété de la contrainte institutionnelle pour gouverner.Le recours au 49.3 sur ce texte ne peut donc être présenté comme un accident ni comme une nécessité technique. Il s’inscrit dans une logique de passage en force assumée, qui pose une question fondamentale : comment peut-on continuer à gouverner comme si de rien n’était, alors que le pays a clairement exprimé son désaccord sur l’orientation politique donnée et que le Parlement est privé de sa capacité à décider ?Après des centaines d’heures de débats et […]
La parole est à M. Jean-Philippe Tanguy.
Pour une fois, monsieur le premier ministre, les faits et les Français vous ont donné raison. C’est suffisamment rare pour être souligné. C’est même un événement unique dans la situation actuelle.En effet, les élections législatives partielles ont démontré que vous aviez raison de redouter une dissolution de l’Assemblée nationale suivie d’élections pour résoudre la crise budgétaire, mais vous aviez raison de votre seul point de vue cynique et parfaitement irresponsable. Le vote des Français est en effet clair, renforcé par l’éclairage de l’ensemble des études d’opinion : les macronistes et leurs boulets LR et PS sont en chute libre et le seul véritable opposant, le RN, avec son allié de l’UDR, est chaque jour plus soutenu. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) Vos manœuvres et vos compromissions n’ont évidemment qu’un seul but, totalement étranger à l’intérêt national […]
C’est un spécialiste qui parle !
Enfin, les Français savent, parce qu’ils le vivent dans leur quotidien, que votre gabegie budgétaire ne permet même pas de résoudre un seul problème du pays. Jamais dans l’histoire de France un gouvernement n’avait dépensé autant d’argent public, ponctionné autant d’impôts sur les Français, créé autant de déficit et accumulé autant de dettes pour des résultats aussi pitoyables.Le cri du cœur des gilets jaunes – Où va l’argent ? – rejoint aujourd’hui plus que jamais l’interrogation de l’ensemble des Français. Par un paradoxe dont seuls les macronistes ont le secret, plus vous dépensez l’argent des Français, plus vous aggravez leurs problèmes. Exiger toujours plus d’impôts, dépenser toujours plus de moyens tout en pourrissant le quotidien des Français, voilà le vrai bilan du macronisme !Je sais, monsieur le premier ministre, que vous allez réciter la litanie des bienfaits dont vous pensez […]
Pas lui !
…persuadé d’avoir géré les comptes publics « à l’euro près » – en réalité, à 60 milliards d’euros près – (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RN et UDR), par Élisabeth Borne, capable d’affirmer, sans rire, qu’elle n’avait aucune leçon de finances publiques à recevoir, ou encore par Gabriel Attal, pris en flagrant délit de parjure en soutenant qu’il avait parfaitement géré les finances de la France, dans un exercice de déficit record.Le budget que vous imposez aux Français est contraire à tous vos engagements de redressement des comptes publics. Il est la preuve manifeste que vous êtes dans un déni total du réel – régime Potemkine reposant sur le mensonge d’État.Votre déni de la faillite budgétaire n’a d’égal que votre aveuglement coupable sur la submersion migratoire que connaît notre pays – submersion migratoire aggravée par Bruno Retailleau, jamais avare d’une énième […]
Rien !
Plus de 1 500 milliards de dettes, une submersion migratoire hors contrôle, une école déclassée, un système de santé débordé, une souveraineté énergétique dégradée, une agriculture sacrifiée, une industrie en crise, un modèle d’assimilation républicaine abîmé, une réputation internationale déclassée : la liste, hélas, est non exhaustive.Un champ de ruines, oui, sur lesquelles rodent les centristes de toutes catégories, ahurissants ego sur pattes, se chamaillant pour savoir qui a le moins de convictions mais le plus de vanité pour continuer à gouverner la France. (Mêmes mouvements.) Car si la France est en ruine, les ambitions des centristes se portent au mieux : pas un jour sans que vos chamailleries ridicules n’alimentent les gazettes, pendant que les Français souffrent.Quelle belle métaphore involontaire de M. Attal pour définir ce qu’est l’extrême centre, de toute éternité : charmant […]
Oh !
…toujours prompts à s’imaginer comme des géants de l’histoire. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RN et UDR.) L’extrême centre n’a laissé et ne laissera dans l’histoire de notre pays, à travers tous les régimes que vous avez eu le malheur de hanter, qu’une seule trace : le goût amer de l’incompétence et de la trahison.Trahison nationale évidemment – nul besoin de développer – ; trahison des idées, quand vous en avez ; trahison des électeurs, quand il vous en reste ; et même trahison des amis. Un instinct de survie élémentaire pousse en effet le centriste au parricide, au matricide et au fratricide. C’est plus fort que lui, c’est plus fort que vous, c’est « à l’insu de votre plein gré » ! (Mêmes mouvements.)
Quand il ne reste que les insultes, c’est qu’il n’y a plus grand-chose !
Collègues macronistes, LR et socialistes, vous êtes des renards déguisés en agneaux. L’extrême centriste n’a d’ailleurs pas son pareil pour accuser ses adversaires de ses propres turpitudes. Vous accusez le Rassemblement national d’être démagogue,…
Non, populiste !
…alors que c’est vous qui ruinez la France avec des chèques en blanc avant toutes les élections. Vous accusez le RN d’être autoritaire, alors que c’est vous qui méprisez le résultat des élections et gouvernez contre nos institutions. Vous accusez le RN d’être antirépublicain, alors que c’est vous qui vous aplatissez devant l’islamisme et qui vous alliez à la moindre occasion à l’islamo-gauchisme. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) Là encore, la liste est, hélas, très loin d’être exhaustive !Mais l’histoire de l’extrême centre nous rassure sur un point essentiel : votre règne toxique finit toujours par aboutir à la victoire des forces nationales. Du marais révolutionnaire au marigot de la IVe République, l’extrême centre a ruiné la France, sans savoir que les patriotes seraient toujours là pour la sauver.
Ceux qui ont donné le pouvoir au maréchal Pétain ?
Dans son malheur, la France a en effet la chance de conserver intactes les forces de son propre sursaut et de son propre redressement. La France souffre sous le poids mort de votre incompétence, de votre racket fiscal, de votre bureaucratie et de votre soumission aux intérêts étrangers.
Qui soutient Trump ?
Mais sitôt libérée de vous, la France renaîtra ! Chacun peut imaginer – et le Rassemblement national en premier lieu – ce que le talent de nos agriculteurs, de nos ouvriers, de nos entrepreneurs, de nos chercheurs, de nos enseignants, de nos soignants et de nos élus de terrain, ce que tous les talents de la France sauront accomplir avec des dirigeants qui les aiment, qui les respectent et qui les défendent – j’ai nommé Marine Le Pen et Jordan Bardella ! (Mêmes mouvements.)
Ça radote !
Il est donc logique, chers collègues macronistes, socialistes et LR, que votre seul projet pour la France, après quinze interminables années de règne, est et sera toujours d’empêcher la victoire du Rassemblement national, tel l’extrême centre de la IVe République qui faisait tout pour empêcher le retour du général de Gaulle. (M. Antoine Léaument rit.)Mais le temps mûrit toute chose, y compris la vérité qui saute désormais aux yeux de tous.
C’est la meilleure !
Macronistes, LR, socialistes, vous êtes le malheur de la France ; nous, le Rassemblement national, sommes l’espérance et le sursaut ! (Les députés du groupe RN, rejoints par plusieurs députés du groupe UDR, se lèvent et applaudissent vivement.)
Et Horizons, vous n’en parlez pas ? Ce sont vos alliés ?
La parole est à M. Jean-Paul Mattei.
C’est un centriste qui va s’adresser à vous. (Sourires.)
Ça va nous reposer !
Il en reste un !
Je l’assume et je vais essayer d’exprimer un autre style, une autre façon d’aborder la politique et de concevoir le compromis, dont nous avons tant besoin. Monsieur Tanguy, lors de nos travaux en commission, il me semble que vous étiez beaucoup plus modéré et appliqué. Vous cherchiez et formuliez des idées, ce qui allait dans le bon sens.
C’est toujours comme ça !
Nous souffrons trop souvent de l’affrontement systématique, chacun campant sur des postures contraires à l’intérêt de notre pays. Mesdames et messieurs les censeurs, de gauche comme de droite, si le gouvernement venait à être censuré, la France se retrouverait sans budget. Or dans la situation actuelle, ce budget est nécessaire à notre pays.Le groupe Les Démocrates a toujours été clair : dans un contexte d’Assemblée sans majorité absolue, le recours au 49.3 pour l’adoption du budget ne pouvait être exclu, dans le cadre d’un compromis parlementaire.Ce n’est ni un aveu de faiblesse ni un contournement de la démocratie, mais un outil constitutionnel qui permet à la France d’avoir un budget, et donc de fonctionner. Pour un texte budgétaire, ce mécanisme s’impose, a fortiori lorsque les débats se déroulent pendant plus de trois cents heures. Il permet en effet de fixer des points d’accord et […]
Très bien !
Ce serait renoncer à aider les agriculteurs, en particulier nos éleveurs touchés par la crise de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), et ce serait fragiliser nos services publics. Ce serait ne faire aucun choix pour demain, qu’il s’agisse du logement, de la transition écologique ou de la défense.C’est la raison pour laquelle notre groupe s’est investi sans relâche pour aboutir à une copie qui – je le reconnais –, ne plaît à personne, mais qui a au moins le mérite d’exister. Nous avons travaillé pour proposer des solutions permettant d’atteindre l’équilibre entre sérieux budgétaire et justice sociale, entre soutien à l’économie et protection des plus fragiles.Si nous nous félicitons d’avoir convaincu largement de la nécessité de prolonger la CDHR pour réduire l’optimisation des très hauts revenus, nous regrettons de ne pas avoir obtenu l’adoption d’une véritable taxe sur les […]
Eh oui !
Ces techniques d’optimisation expliquent pourquoi l’impôt n’est plus progressif pour les plus aisés de notre pays, et souvent, qui plus est, au profit de la rente.Par ailleurs, nous sommes bien entendu déçus que le Parlement n’ait pas réussi à s’entendre sur un budget qui réponde à l’impératif de redresser davantage nos finances publiques, conformément à nos engagements internationaux et envers les générations futures. Nous aurions dû assumer ce choix collectivement, en faisant preuve de responsabilité.Ce regret est particulièrement aigu en ce qui concerne la partie du PLF relative aux dépenses. Aux rabots auxquels nous nous résignons, nous aurions préféré de véritables choix d’économies d’une part, et des priorités assumées d’investissement d’autre part.Les rabots sur la trésorerie des ministères et les fonds d’intervention d’urgence pourraient fragiliser notre capacité à répondre à […]
Eh oui !
Exactement !
Si ce budget n’est pas à la hauteur de nos attentes, il permet néanmoins de constater que nous réduisons nos dépenses : moins 0,2 point de PIB, et sans alourdir plus que de raison la fiscalité. Les prélèvements obligatoires restent en effet inférieurs, vous le rappelez souvent, madame la ministre du budget, à ce qu’ils étaient en 2019.Cette assemblée n’a pas de majorité claire, c’est un fait. Mais cela ne doit pas nous paralyser car nous devons faire avec cette réalité jusqu’au printemps 2027, moment où les Français trancheront. À ceux qui veulent bousculer en permanence le calendrier électoral, je dis ceci : patientez encore un peu.
Mais pas trop !
La France a besoin de stabilité, pas de crises à répétition. Les motions de censure ne sont pas la solution ; elles ne feraient qu’aggraver l’instabilité et retarder les réformes dont notre pays a besoin. Nous avons encore des chantiers auxquels nous devons nous atteler d’ici 2027. Le groupe Les Démocrates appelle à y travailler dès à présent. Nous devons ainsi adapter notre fiscalité pour taxer moins ceux qui travaillent, en demandant plus à ceux qui vivent de la rente.
Gauchiste ! (Sourires.)
Ce n’est pas une punition, mais une question de justice et d’efficacité économique. Nous devons aussi trouver des marges de manœuvre budgétaires, ce qui implique de réinterroger la dépense publique et son efficacité. Je pense que nous devons cranter ces sujets pour l’avenir, notamment la nécessaire solidarité entre les générations. Ces débats restent ouverts.Le premier ministre a assumé ses responsabilités, comme il se doit. Rejeter ce budget serait priver la France des moyens d’agir et prendre le risque de l’immobilisme. Nous ne pouvons pas nous le permettre ! Le groupe Les Démocrates ne votera pas ces motions de censure, car nous croyons en un Parlement qui travaille, cherche des solutions et refuse la facilité du chaos. La France, vous le savez, chers collègues, mérite mieux que des postures. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem et sur plusieurs bancs du groupe EPR.)
Quel courage !
La parole est à Mme Félicie Gérard.
Ah ! J’ai hâte de savoir pourquoi Tanguy ne vous cite jamais !
Nous voici de nouveau réunis pour examiner des motions de censure, cette fois déposées après l’engagement de la responsabilité du gouvernement sur la partie dépenses du projet de loi de finances pour 2026. Le groupe Horizons & indépendants a déjà exprimé sa position lors de l’examen des motions de censure sur la partie recettes du budget : nous ne prendrons pas la responsabilité de plonger notre pays dans encore davantage d’instabilité. Notre position n’a pas changé et nous ne voterons donc pas ces nouvelles motions de censure.
Très bien.
Mais notre refus de la censure ne signifie absolument pas notre adhésion à ce texte.Certes, par rapport aux années précédentes, un effort de maîtrise de la dépense publique est accompli : les budgets des ministères, hors ceux relevant du régalien, seront en baisse en 2026, des dispositifs seront rationalisés et l’évolution des effectifs devrait être mieux maîtrisée. Par rapport à la trajectoire habituelle des finances publiques, c’est un effort d’environ 10 milliards d’euros pour l’État. Cela va évidemment dans le bon sens et répond à une nécessité absolue pour notre pays quand la dépense publique représente plus de 56 % du PIB. Nous reconnaissons donc la volonté affichée par le gouvernement de réduire le train de vie de l’État, ce que nous saluons.Toutefois, des questions se posent sur l’ampleur et sur la soutenabilité de cet effort. Je rappelle que la construction du budget s’est […]
Eh oui.
Second sujet : la trésorerie des opérateurs de l’État sera, elle aussi, ponctionnée. Il est vrai que ces opérateurs disposent de réserves parfois importantes et que solliciter une partie de leurs fonds est légitime, mais il aurait été nécessaire avant tout de se pencher sur l’organisation des politiques publiques que ces opérateurs mettent en œuvre, sur leur fusion ou leur suppression éventuelle, plutôt que de faire un simple ajustement comptable. L’annulation de 1 milliard d’euros sur les opérateurs de la mission Investir pour la France de 2030 nous inquiète tout particulièrement. On en vient à hypothéquer les investissements à long terme au profit d’un ajustement comptable à court terme. Et l’on sait parfaitement que ces ponctions sont par nature non reconductibles : que ferons-nous ensuite en 2027 et en 2028 après avoir vidé la trésorerie des opérateurs pour payer les promesses […]
Mais non.
…qui a estimé hier que le déficit se situerait plus probablement aux alentours de 5,2 % pour 2026 plutôt qu’à 5 % comme vous l’avez prévu. Dans les années à venir, il faudra trouver d’autres sources de financement pour les dépenses pérennes qui nous ont été imposées dans ce budget, alors que dès l’année prochaine, les trésoreries des opérateurs ne seront plus mobilisables et que la surtaxe sur les grandes entreprises ne devrait logiquement pas être reconduite, sauf à détourner son caractère exceptionnel. Ces deux mesures représentent, à elles seules, près de 10 milliards d’euros, qu’il faudra, dès l’année prochaine, trouver ailleurs. Et je vous le demande très sérieusement, chers collègues socialistes : quand vous avez obtenu vos milliards de dépenses nouvelles, avez-vous pensé une seule seconde à la manière dont tout cela serait financé l’année prochaine ? La réponse est évidemment […]
Par la taxe Zucman !
Et quand les recettes ne seront pas au rendez-vous, que le déficit dérapera et qu’il faudra trouver d’urgence de nouveaux financements, vous vous retournerez vers le gouvernement en le tenant pour responsable ! (Mêmes mouvements.)
Très bien ! Censurez !
Et comme à votre habitude, vous exigerez de nouvelles hausses d’impôts sur les Français pour combler les trous que vous aurez vous-mêmes creusés. Tout cela n’est pas responsable !Monsieur le premier ministre, mesdames, messieurs les ministres, vous l’aurez compris : le groupe Horizons & indépendants exprime ses vives réserves sur plusieurs aspects du texte. J’ai détaillé nos préoccupations concernant le déséquilibre entre les dépenses pérennes et les recettes temporaires, l’utilisation de la réserve de précaution et la ponction sur la trésorerie des opérateurs. Mais notre groupe ne votera pas les motions de censure parce que renverser le gouvernement à ce stade ne résoudrait aucun des problèmes que nous avons identifiés. Au contraire, la censure plongerait à nouveau le pays dans l’incertitude politique et l’instabilité institutionnelle.
Eh oui ! Ça rappelle les déclarations d’Édouard Philippe !
Les investisseurs fuiraient, la confiance se dégraderait et les conditions de financement de notre dette se détérioreraient encore.Le budget pour 2026 porte les stigmates d’un processus parlementaire plus que chaotique, et nous dénonçons le chantage qui a conduit à ce résultat. Ces choix posent de graves questions quant à la soutenabilité de nos finances publiques pour les années à venir. Dès lors, en attendant avec impatience la possibilité de mener de vraies réformes, le groupe Horizons & indépendants choisit la stabilité et ne votera pas les motions de censure. (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR et sur quelques bancs du groupe EPR.)
Vous sauvez encore la Macronie !
La parole est à M. Michel Castellani.
Le rejet de la première partie du projet de loi de finances a rendu impossible l’examen de la seconde partie dans cet hémicycle. Une fois encore, notre incapacité collective à dégager des compromis a conduit le Parlement dans une impasse institutionnelle. Le recours à l’article 49.3 ne constitue une solution satisfaisante pour personne, et met en lumière un dysfonctionnement profond de notre démocratie. Il sanctionne l’absence de majorité claire, certes, mais aussi et surtout, la difficulté persistante à construire des accords transpartisans.Dans un tel contexte, le groupe LIOT a abordé cette nouvelle lecture avec une volonté de compromis toujours intacte et un esprit constant de responsabilité. Nous voulons continuer d’être une force de proposition, attachée à concilier le redressement des comptes publics, la justice dans l’effort demandé aux Français et la soutenabilité économique et […]
La parole est à M. Édouard Bénard.
Cent dix-neuf ! La motion de censure dont nous discutons fait suite au 119e recours à l’article 49.3 de l’histoire de la Ve République et au second en une semaine mais, surtout, à des centaines d’heures de débats budgétaires qui ont confirmé l’intransigeance du bloc central, un extrême centre arc-bouté sur ses dogmes budgétaires et refusant toute remise en cause de sa politique économique. Il faut vous reconnaître là une certaine constance !Pourtant, monsieur le premier ministre, vous avez expliqué ces derniers jours que ce nouveau 49.3 serait un crève-cœur propre à vous tirer des larmes, une épreuve politique, une ultime issue face à un débat prétendument bloqué. C’est un bien beau rôle que vous vous donnez là, fustigeant l’intransigeance d’oppositions accusées d’être fermées à tout compromis. Tout cela n’est que mauvaise fable. Car il y a compromis et compromis ! Il y a les grands […]
Qu’est-ce que c’est que cette attaque contre le CAP de boulanger ?
Vous le prouvez. L’augmentation du budget des bourses étudiantes ? Il ne s’agit que d’un retour sur une baisse que vous aviez vous-mêmes décidée ! L’augmentation du budget des bailleurs sociaux ? Après une ponction de plus de 10 milliards d’euros en huit ans, leur retirer 900 millions cette année au lieu de 1,3 milliard ne constitue en rien un soutien !Votre main tendue serait-elle alors votre politique fiscale à l’égard des plus aisés ? Votre budget réussit l’exploit de faire moins encore que celui de Michel Barnier, dont vous conviendrez qu’il est peu réputé pour ses ardeurs bolcheviques. Malgré cette prudence fiscale, vous ne réussissez même pas à satisfaire vos soutiens traditionnels. Comme toujours, le Medef s’est distingué en s’agitant pour tenter d’émouvoir sur le sort prétendument dramatique des grandes entreprises. Pourtant, à la lecture du texte qui nous est soumis, on peine à […]
Oui, c’est le même train !
Elle accompagne ces paroles : et si ce n’était pas à nous de payer, mais aux plus riches ? Et si on arrêtait de marcher sur la tête et de fragiliser l’État social, l’État qui protège ? Et si on arrêtait de faire peser l’effort sur les salariés qui gagnent 1 800 euros plutôt que sur les rentiers qui ont six ou sept zéros de plus sur leur compte en banque ? Quand je parle de sept zéros, c’est avant la virgule ! C’est du vol, et les Français le savent. Les 211 milliards d’euros d’aides aux grandes entreprises, sans contrôle ni contrepartie, c’est du vol, et les Français le savent.L’aspiration à l’égalité a de tout temps traversé notre pays. Tous prélèvements confondus, nos concitoyens paient en moyenne 51 % d’impôt, sauf les milliardaires, protégés par la Macronie et ce budget passé aux forceps, qui n’en paient que 13 %. Ça aussi, c’est du vol, et les Français le savent. Les travaux de […]
C’est vrai !
…qui vivent en partie grâce aux commandes des collectivités locales, dont les communes, ces petites républiques du quotidien à qui vous allez faire les poches. Je parle là des 2,2 milliards que vous comptez leur ponctionner, en plus de tous les autres mauvais coups.Si nous validons une telle perspective, une seule question vous sera posée dès votre retour en circonscription, chers collègues non-censeurs : madame la maire, monsieur le maire, mesdames et messieurs les candidats aux municipales, quels services allez-vous fermer cette année ? Un Ehpad municipal ? La nature ayant horreur du vide, un établissement Orpea ouvrira à la place. Une crèche ? Nous connaissons trop bien les nombreux scandales de maltraitance dans de telles structures à but lucratif pour nous y attarder. Ainsi, l’impératif que vous nous imposez par un double coup de force se résume en une question qu’il vous revient […]
Si, il y a des ministres Horizons !
Le seul avenir qui semble intéresser ce gouvernement est le sien. On nous annonçait la rupture, nous n’avons eu que la continuité. J’ignore si le lecornisme est la maladie infantile du macronisme mais une chose est sûre : il se traduit par les mêmes symptômes de déconnexion et de mépris des attentes populaires.
Non : nous prenons le même train !
Nous les avons défendues au travers des nombreuses propositions que, face à la digue tenue par l’union des droites, nous avons formulées lors des débats sur le projet de loi de finances. Vous en faites fi et refusez de le soumettre à délibération. Dont acte. Il nous revient désormais de clore ce sinistre chapitre et d’enfin réparer ce pays tant fracturé. Parce qu’il est un cocktail explosif qui mettra gravement à mal le pacte social républicain, barrer la route à ce budget de casse et de classe est non seulement une nécessité politique, mais bel et bien un devoir, que nous faisons nôtre. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR et sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)
La parole est à M. Éric Ciotti.
Il est des moments où la politique cesse d’être une affaire de convictions pour devenir une mécanique de renoncement. Le budget que vous vous apprêtez à imposer au pays en est la triste illustration : c’est un texte sans vision, sans courage et sans foi dans l’économie. Votre budget est en effet l’aveu d’une trajectoire désormais assumée, qui consiste à compenser chaque échec par une hausse d’impôt, chaque renoncement par une augmentation de la dépense et chaque absence de réforme par de la dette.Vous avez fait de la fuite en avant une méthode et une politique où l’on achète du temps à crédit, où l’on préserve de petits équilibres politiciens au prix d’un déséquilibre financier durable, où l’on choisit aujourd’hui de sauver des majorités provisoires, bancales et contradictoires et de faire payer demain nos enfants et nos petits-enfants. Vous sacrifiez l’avenir à vos places, à vos […]
Oh là là !
Jaloux !
…malgré leur résultat à 1,6 % des voix à l’élection présidentielle. C’est une anomalie démocratique mais, surtout, une faute économique.Votre surtaxe alourdira durablement la charge fiscale, fragilisera les décisions d’investissement, affaiblira la compétitivité de la France dans un monde international toujours plus rude. Les entreprises concernées représentent 24 % de l’emploi salarié dans notre pays, 54 % de nos exportations et 36 % de nos investissements en recherche et développement. (M. Gérard Leseul s’exclame.) Avec cette surtaxe, le taux réel de l’impôt sur les sociétés pourra atteindre 35 %, alors que la moyenne de l’OCDE est à 24 % et la moyenne mondiale à 21 %. Les plus petites entreprises, les fournisseurs et les sous-traitants en subiront les conséquences. Finalement, l’ensemble de notre économie sera pénalisé alors même que notre pays subit une vague historique de […]
Ce n’est pas faux !
Plus grave encore, les amis DR de M. Laurent Wauquiez s’apprêtent de nouveau à accompagner ce renoncement, par peur des élections et par peur des Français, tout comme les députés Horizons de M. Édouard Philippe. Pour sauver quelques postes – mais vous ne les sauverez pas, comme nous le verrons par exemple dimanche en Haute-Savoie ! – ils acceptent de sacrifier l’économie du pays au chantage d’un socialisme devenu ultraminoritaire. Si ce budget n’est pas censuré, ceux qui le laisseront passer en porteront la responsabilité pleine et entière. Je vous le prédis, vous serez balayés ! Peut-être la France aura-t-elle un budget, mais il s’agira du budget de la faillite tranquille et de la compétitivité affaiblie.À cette incurie économique et budgétaire se superpose, hélas, la faillite totale de votre politique sécuritaire et migratoire. Vous êtes incapables de protéger les Français de la vague […]
Bravo !
Vous êtes tout aussi incapables de protéger notre pays de la submersion migratoire à laquelle vous l’avez en réalité livré. Ce sont 384 000 titres de séjour – un record absolu dans l’histoire de France ! – qui ont été délivrés sous votre majorité socialiste, LR et macroniste en 2025 ! Il faut ajouter près de 200 000 demandeurs d’asile. Nous ne sommes donc pas loin de 600 000 étrangers entrés légalement en France en 2025. Face à cette faillite économique, sécuritaire, migratoire et sociale, c’est avec beaucoup de conviction et de détermination que nous voterons cette motion de censure ! (Les députés des groupes UDR et RN se lèvent pour applaudir.)
La parole est à Mme Julie Delpech.
Nous y revoilà, à débattre des mêmes motions de censure, déposées par les mêmes groupes politiques, cosignées par les mêmes députés. L’histoire ne se répète pas, elle bégaie. Or ce bégaiement porte les noms de deux groupes que les discours semblent opposer mais que l’obsession du chaos finit toujours par réunir : La France insoumise, aidée de ses alliés écologistes et communistes, et le Rassemblement national, épaulé par les députés UDR de M. Ciotti, dont on peine encore à comprendre ce qui le différencie de Mme Le Pen. (Exclamations sur les bancs du groupe UDR.)Depuis 2022, La France insoumise et le Rassemblement national ont déposé, à eux deux, près de cinquante motions de censure. Cinquante ! Cinquante fois, ils ont demandé la chute du gouvernement. Cinquante fois, ils ont tenté d’immobiliser le Parlement. Cinquante fois, ils ont préféré le chaos au travail. (M. Emmanuel Fouquart […]
Ah non, elles ne sont pas accidentelles !
…ni exceptionnelles, ni dictées par l’urgence nationale. Elles relèvent d’une stratégie politique commune, assumée par les deux extrêmes, et consistant à faire croire que la France est ingouvernable pour mieux s’en proclamer demain les seuls sauveurs. C’est la raison pour laquelle depuis des années, La France insoumise et le Rassemblement national organisent de manière systémique l’échec de nos débats et l’instabilité de notre vie politique !
C’est vous, l’échec !
Pourquoi ce sabotage méthodique ? Parce que le chaos est leur carburant politique. Plus l’incertitude grimpe, plus ils espèrent récolter les fruits de la colère. Pourtant, dans leurs rangs, nombreux sont ceux qui aimeraient nous faire croire qu’ils sont les défenseurs du peuple. Alors, regardons leurs actes,…
Allons-y, regardons les actes !
…souvent plus révélateurs que les grands discours qu’ils tiennent sur les plateaux de télévision ou dans l’hémicycle. Ce week-end, M. Mélenchon affirmait par exemple : « L’absence de chaos est essentielle pour nos TPE ».
Excellente citation !
Mais quelle hypocrisie ! Alors que, chaque jour, son groupe organise sciemment le chaos de notre vie politique ! M. Mélenchon a raison sur un point. (Exclamations et quelques applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Nos commerçants, nos artisans et nos entrepreneurs ont effectivement besoin de stabilité. Mais vous n’en êtes pas les garants. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Comment peut-on, le week-end, demander la sérénité pour nos entreprises et, la semaine, signer une motion de censure pour renverser le gouvernement et paralyser le budget de la nation ?
Vous y arriverez aussi, collègues !
Le chaos que vous prétendez dénoncer, vous le signez ici même avec l’encre de l’irresponsabilité.
Si on n’a plus le droit de déposer de motion de censure…
Entre les leçons du week-end et les actes du mardi, vous avez choisi : ce sera le sabotage pour tous, et tant pis pour nos TPE !
Ah, la rechute !
Merci quand même pour la pub !
En ce qui concerne l’autre côté de l’hémicycle, il y a une heure, dans un réquisitoire électoraliste, le président Ciotti tançait le gouvernement sur le laxisme de sa politique en matière de sécurité. Et voilà qu’il s’apprête à voter une motion de censure contre le budget des ministères de l’intérieur, de la justice, de la défense et la création de 1 600 postes de policier !
Il faudra faire un autre budget !
Une fois de plus, ce double discours est criant d’hypocrisie et de cynisme. Quand on prétend défendre les Français, on ne bloque pas l’Assemblée nationale en usant de tous les stratagèmes du chaos. Quand on prétend défendre les Français, on ne transforme pas une arme constitutionnelle en outil de communication. Quand on prétend défendre les Français, on respecte le temps de la démocratie parlementaire. S’il est besoin de le rappeler, une motion de censure n’est pas un acte anodin mais un acte grave, exceptionnel et destiné à n’être utilisé qu’en dernier recours.
C’est un acte démocratique !
Or main dans la main une fois de plus, La France insoumise et le Rassemblement national l’ont banalisée.
Ce n’est tout de même pas comme si le 49.3 n’avait pas été banalisé…
On en est au trentième 49.3 !
Ils sont parvenus à vider de son sens un outil essentiel à notre République et à transformer un mécanisme grave en vieux réflexe pavlovien.C’est une alliance de circonstance dont le seul dénominateur commun est la passion du blocage. D’un côté, ceux qui voient dans chaque ligne budgétaire une trahison de la révolution mondiale ; de l’autre, ceux qui attendent que le pays s’effondre pour venir, pensent-ils, ramasser les débris. À force de crier à la crise, on finit par fabriquer l’instabilité qu’on prétend dénoncer et de laquelle on dit vouloir sauver la France.Le vrai clivage n’est pas entre la majorité et l’opposition, ni entre la droite et la gauche, il est entre ceux qui veulent faire fonctionner la République et ceux qui veulent la bloquer. Entre ceux qui acceptent la complexité de gouverner et ceux qui préfèrent la facilité du slogan. Il n’y a qu’à regarder le contenu des motions […]
Non !
Pour peu qu’une idée émane du gouvernement, elle devient maudite à leurs yeux.
Nous avons voté avec vous des amendements qui n’ont pas été retenus par le gouvernement !
Les Français en ont marre et ils le disent. Ils en ont marre qu’au lieu du compromis, certains cherchent constamment à jeter la pomme de discorde au milieu de cet hémicycle, à pointer du doigt les groupes politiques qui travaillent ensemble et font le choix de l’apaisement et de la responsabilité.Nous, députés Ensemble pour la République, gardons un cap clair : assurer la stabilité de nos institutions ; permettre au Parlement de travailler ; légiférer pour améliorer le quotidien de nos concitoyens. Les Français ne nous ont pas élus pour organiser le désordre et nous concentrer sur des intérêts partisans. Ils nous ont élus pour produire des lois utiles et travailler dans leur intérêt. Chaque motion de censure inutile nous conduit un peu plus loin dans l’instabilité. Ce qui devrait être un moment de vérité n’est rien d’autre qu’une impasse.Quelle est l’alternative ? À l’extrême gauche, on […]
Vous réduisez le nombre de fonctionnaires !
Nous n’avons jamais dit cela !
Entrons un instant dans le détail de ce qu’il est proposé de censurer aujourd’hui. Car derrière l’utilisation du 49.3, il y a des choix importants pour les dépenses de l’État. La seconde partie du projet de loi de finances n’est pas un simple catalogue comptable, c’est le moteur de l’État. C’est ici que se joue l’avenir de nos écoles, la modernisation de notre justice, l’équipement de nos policiers et le soutien à nos agriculteurs. Ce budget, c’est le choix de protéger les missions régaliennes. C’est la garantie que nos armées auront les moyens de nous défendre dans un monde qui, du Groenland au Venezuela, en passant par l’Ukraine, s’embrase. C’est le maintien d’un effort historique pour notre système éducatif, malgré un contexte budgétaire où chaque euro compte. C’est le financement de la transition écologique, non par des slogans, mais par des investissements concrets dans nos […]
C’est sûr !
Mais certains dans cette assemblée ont fait le choix de l’assumer, pour qu’enfin notre pays puisse être doté d’une ligne claire.La France n’a pas besoin de vacarme permanent mais d’un débat apaisé. Elle n’a pas besoin de tribuns du fracas mais d’artisans du compromis. Elle n’a pas besoin d’une assemblée bloquée mais d’institutions efficaces. La France a besoin de stabilité, de sérieux, de crédibilité et de responsabilité. C’est pour cette raison que le groupe Ensemble pour la République ne votera pas ces motions de censure. Non par confort, non par habitude, mais parce que nous refusons de laisser l’instabilité devenir une méthode politique. Nous ne nous trompons pas de combat. Nous ne sommes pas ici pour souffler sur les braises d’une assemblée polarisée. Nous sommes ici pour doter la France d’un budget et travailler dans l’intérêt des Français. On ne bâtit rien sur le ressentiment. On […]
La parole est à M. Hadrien Clouet.
Chers collègues, avez-vous parlé de ce budget à vos proches ? Avez-vous annoncé à vos enfants que 55 000 contrats d’engagement jeune vont disparaître ?
C’est faux !
Avez-vous annoncé à leurs amis en apprentissage qu’ils perdront l’aide au permis de conduire ? Aux parents d’élèves que 4 000 postes d’enseignants seront supprimés ? À votre partenaire que les allocations familiales seront rabotées jusqu’à 900 euros par an ? Avez-vous prévenu vos parents que le bureau de poste à côté risquait de fermer et que leurs aides au logement disparaîtront ? Parlez-leur, écoutez-les, et vous voterez la censure. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)D’autant que ce budget n’est pas seulement macroniste. C’est aussi un point de fusion avec l’extrême droite. C’est la double peine, ou la double « Le Pen », puisqu’il reprend des mesures historiques du Rassemblement national, avec les voix du Parti socialiste. Suppression des aides au logement pour les étudiants étrangers qui nous font l’honneur de venir contribuer à l’université française ? D’où vient […]
Excellent !
J’entends dire « excellent » à mon extrême droite. Vous devriez la mettre en veilleuse et nous épargner les applaudissements à Jean-Marie Le Pen – négationniste de la Shoah et tortionnaire en Algérie – un 27 janvier, jour anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)De même, ce budget augmente de 100 euros le prix du timbre pour les titres de séjour. D’où vient cette idée ? Cette fois, c’est dans un amendement de Marion Maréchal-Le Pen daté de 2014 que je l’ai retrouvée. Donc, les différentes mesures de ce budget consacrées aux étrangers sont des copiés-collés de propositions de l’extrême droite, reprises par le gouvernement macroniste et adoptées avec les voix du Parti socialiste. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Rien que de toucher ces papiers, j’en ai la nausée. Il est donc temps de refuser ce budget […]
Arrêtez de les critiquer, vous étiez avec eux il y a un an ! Vous aurez besoin des socialistes aux prochaines législatives !
Deuxième principe : relancer l’économie par un plan vert. Les deux tiers du fonds Vert ont disparu, et 500 écoles ne seront pas rénovées. Bravo, champions !Troisième principe : mettre à contribution les grandes fortunes. Ni ISF – impôt de solidarité sur la fortune –, ni taxe Zucman, à l’arrivée les grandes fortunes paieront toujours moins que la boulangère ou le fleuriste du coin. Bravo, champions !Quatrième principe : maintenir le déficit public à moins de 5 % du produit intérieur brut. Là, c’est bon, l’objectif est atteint. Le Parti socialiste a tout sacrifié, ses principes, ses électeurs, ses idées, son programme, pour maintenir le déficit à moins de 5 %. Voilà un projet de vie qui fait rêver : bazarder tout un programme et des engagements électoraux pour un déficit à 5 %. J’entends certains parler de victoire, mais à quoi ressemble le mur des victoires au siège du Parti socialiste ? […]
C’est le sort des impôts au taux élevé et à l’assiette réduite !
Cette situation n’est pas totalement originale. Avec le recul historique, nous avons déjà connu un budget commun réunissant du Parti socialiste jusqu’à LR. C’était en 1958, sous le gouvernement d’union nationale, le plan Pinay-Rueff, une thérapie de choc libérale. Cette grande coalition s’est accordée sur une politique ni de gauche, ni de gauche, qui comportait plusieurs dispositions : la hausse de la TVA, la désindexation des salaires sur l’inflation, et comme un ultime pied de nez à la situation actuelle, c’est cette coalition LR-PS qui, en 1958, mit fin aux protections tarifaires pour les agriculteurs et agricultrices en France. Chaque grande coalition LR-PS a toujours été responsable de malheurs sur des décennies, et seul l’oubli de l’histoire par certaines et certains leur permet de barboter dans le bouillon des erreurs anciennes.
C’est toi qui vas boire le bouillon !
Et ce budget n’arrive pas à n’importe quel moment : les 15 et 22 mars, il y aura des élections municipales en France. Je rappelle à celles et ceux qui nous écoutent qu’il est possible de s’inscrire sur les listes électorales par internet jusqu’au 4 février, et jusqu’au 6 février en mairie. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) C’est important, c’est l’occasion de décider ce que vous voulez pour votre ville. Si vous voulez l’eau publique, les kits scolaires gratuits, les référendums d’initiative citoyenne, votez pour les listes des Insoumis, sinon vous soutiendrez d’autres propositions. Mais quelles que soient vos opinions politiques, sachez que ce budget retire 2 milliards d’euros aux collectivités territoriales, donc aux mairies. Cela signifie que le vote de ce budget revient à mettre des menottes aux futurs exécutifs locaux que vont élire les Françaises et les Français. […]
Qui ?
Frida Kahlo, c’est une artiste mexicaine, poétesse, je vous enverrai les détails. Comme elle l’a écrit : « Tout existe et évolue en répondant à une seule loi, la vie […] personne n’est détaché de personne et personne ne lutte pour lui seul ». Ainsi, chers collègues, vous n’allez pas voter pour vos petites personnes, vous allez voter pour le pays entier, pour le libérer du macronisme. Ce vote a un nom très simple : censure. (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent.)
La parole est à Mme Océane Godard.
J’espère que les socialistes vont répondre aux Insoumis ! Sinon, ce n’est pas drôle !
Je souhaite vous faire part des résultats d’une grande enquête menée par le think tank Destin commun,…
L’Avenir en commun ?
…qui a mis en exergue l’attachement des Français à leur pays. Nos concitoyens sont traversés par un sentiment puissant : la fierté d’être Français. Ce sentiment est massivement partagé, par huit Français sur dix.Pour nous, parlementaires, l’intérêt de cette enquête réside dans le fait qu’elle révèle une forme de distorsion. En effet, quand les Français répondent à des questions politiques sondant leur lien à la société, leur réponse renvoie alors à une opinion occultant des pans entiers de la vie sociale qui sont de l’ordre de la convivialité, de la positivité. Je parle de distorsion car, lorsque l’élément le plus réactif est neutralisé, à savoir l’actualité et la politique, alors la société française se vit et se ressent dans un autre registre, beaucoup moins conflictuel. Selon nous, cette enquête confirme un message, que nous devons collectivement entendre : le conflit n’est pas le […]
Bravo !
Cette fierté représente plus qu’un affect : elle est en définitive une ressource pour rebondir, pour nous interroger sur notre façon d’incarner, de construire, de penser le débat démocratique aujourd’hui en France,…
De renier ses engagements !
… a fortiori depuis juillet 2024, puisque les Français ont choisi de ne pas donner de majorité absolue au président de la République. Voici, je crois, ce que nous devons collectivement entendre et ce que confirme d’une certaine manière cette enquête : les partis politiques sont au service de la prise de décision et de la gouvernabilité.
73 % des Français sont contre ce budget !
Ils ne sont pas au service du gouvernement de la France ; ils ne sont pas non plus au service de la paralysie, du blocage et du chaos, ce qui implique nécessairement de reconnaître le point de vue adverse – c’est le fondement du compromis.J’ai écouté les propos que M. Tanguy vient de tenir à cette tribune. Ils traduisaient – je les ai interprétés ainsi – une forme d’agacement, de frustration. Je comprends votre frustration car, dans cette séquence budgétaire, l’échec est cuisant pour le RN. Votre brouhaha n’a rien produit pour les Français, qui constatent qu’il n’est pas utile de voter RN pour voir son pouvoir d’achat augmenter ; il n’est pas utile de voter pour le RN pour obtenir la suspension de la réforme des retraites ;…
Croyez-vous ce que vous dites ?
…il n’est pas utile de voter RN pour préserver les services publics, les collectivités, les TPE-PME, les associations.
C’est à cause du PS que la CSG a augmenté !
En revanche, il est utile de voter RN pour que rien ne change,…
Les Français auraient préféré que la CSG reste inchangée !
…pour abîmer l’esprit de démocratie qui nourrit notre République, au risque de nous embarquer dans une trumpisation de la société. Là réside précisément la gouvernabilité que les socialistes ont utilement défendue.
Ben dites donc !
À celles et ceux qui pensent tout fort que les socialistes ont sauvé le gouvernement,…
Oui, c’est vrai !
…nous disons que nous avons œuvré, travaillé, négocié non pas pour sauver le gouvernement, mais pour préserver, précisément, la gouvernabilité de la France.
La gouvernabilité ?
En effet, à l’aune des désordres mondiaux ; à l’aune des injustices et inégalités grandissantes ; à l’aune de l’impossibilité pour nos services publics d’assurer pleinement, désormais, leur mission de service rendu aux publics ; à l’aune des mesures que le monde socio-économique nous implore de prendre ; à l’aune de l’urgence en matière de logement, d’emploi, d’insertion, d’environnement ; à l’aune de l’injustice passive que constitue le fait que, chaque soir, 3 000 enfants dorment dans la rue – injustice que nous refusons avec force ; à l’aune des valeurs de justice, de solidarité, de fraternité, de sororité, de tolérance ; à l’aune de la responsabilité qui nous incombe en tant qu’élus de la République, le groupe Socialistes et apparentés a fait le choix, en pleine conscience,...
De la Macronie !
...de s’extraire des vieux réflexes partisans pour penser plus grand, pour construire une démocratie qui ne repose plus sur le seul fait majoritaire. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.) Ce n’est ni une compromission ni un renoncement. Nous sommes une force d’opposition constructive. L’histoire retiendra qu’un groupe de soixante-neuf députés, socialistes,...
Ont sauvé leur place !
Ont trahi leurs promesses !
...a été l’acteur d’un compromis exigeant, posant les prémices d’un nouvel acte de maturité de la démocratie, pour reprendre le terme défendu par Cynthia Fleury.
Bravo !
Elle cite des gens que personne ne connaît.
Concrètement, les négociations avec le gouvernement ont conduit à ce que les efforts fiscaux ne pèsent pas sur les ménages. Ce sont les 400 plus grandes entreprises qui financeront majoritairement l’équilibre budgétaire. Les TPE-PME de nos territoires sont préservées. De plus, les négociations des socialistes ont garanti la fin de l’année blanche. Autrement dit, en 2026, les pensions de retraite, le RSA, les bourses étudiantes, les APL, les allocations familiales, les minima sociaux, la prime d’activité seront réévalués, contrairement à ce que le gouvernement avait prévu. Le barème de l’impôt sur le revenu sera lui aussi relevé. Pas moins de 3 millions de travailleurs aux revenus modestes verront leur pouvoir d’achat augmenter. Voilà le fruit des négociations.À ces mesures qui ont des conséquences directes pour les Français, ajoutons celles qui visent à desserrer l’étau sur le logement […]
Vous avez supprimé les APL pour les étudiants étrangers !
Cette mesure répond à la situation absolument insupportable subie par un nombre croissant d’étudiants, que l’on retrouve dans les files des banques alimentaires.Outre ces avancées pour les Français, nous avons dénoncé avec force les coupes drastiques dans les budgets de l’ensemble des acteurs de l’emploi, de la formation et de l’insertion dans les territoires. Les missions locales, les acteurs de l’insertion par l’activité économique,…
Vous les abandonnez !
…les entreprises adaptées seront préservés. Nous avons obtenu aussi la réintégration du bilan de compétences dans le compte personnel de formation ou encore la poursuite de l’expérimentation Territoires zéro chômeur de longue durée, chère à Laurent Grandguillaume, qui m’a précédée, de 2012 à 2017, comme député de la première circonscription de la Côte-d’Or. Ce sont autant de filets de sécurité indispensables pour un grand nombre de Françaises et de Français, qui leur permettent de se sentir à leur place dans la société.J’entends que ce nouvel acte de maturité de la démocratie, pour lequel le groupe socialiste s’est engagé, soulève des étonnements,...
Nous ne sommes pas si étonnés que ça !
...des incompréhensions, qui estompent le débat rationnel au profit d’une rhétorique émotionnelle…
Et les postes supprimés à la rentrée scolaire ?
…privilégiant colère, invective et autres excès de langage et de posture. Mes chers collègues, je vous pose la question : la démocratie parlementaire telle que nous la vivons serait-elle condamnée...
À être brutalisée par la Macronie !
…à s’exprimer uniquement sous une forme polarisée, soit la censure, soit le soutien du gouvernement ? Les socialistes répondent non. Avec courage, exigence et responsabilité, ils saisissent l’occasion offerte par cette situation démocratique inédite pour dire aux Français que le compromis et l’indignation ne sont pas incompatibles.
Renoncement !
Tandis que certains optent pour la censure a priori et a posteriori,…
Plus personne ne veut du macronisme ! C’est vous qui le sauvez !
…nous prouvons que l’indignation peut s’incarner autrement qu’en bloquant, en censurant, en hurlant, en clivant.Les socialistes ont mis un pied dans la porte pour modifier la copie budgétaire initiale. Les négociations ont été âpres et respectueuses, complexes et dignes.
C’est donc ça, la pensée complexe !
Les Français auront un budget, qui n’est pas celui des socialistes, mais qui témoigne que la démocratie parlementaire n’est pas inutile pour la vie des Français, pour la vitalité économique et associative de nos territoires, pour les collectivités, pour la stabilité de notre République. Oui, nous comprenons le réel et nous savons qu’atteindre l’idéal nécessite patience, ténacité, lucidité ainsi qu’un peu d’humilité. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
Bravo !
Oui, ce sont les termes de Jaurès !
Nous ne voterons pas les motions de censure. Nous pourrons dire que le travail de négociation exigeant et courageux engagé par les socialistes contribuera demain à ce que les héritiers de la démocratie ne soient plus sans héritage. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC. – M. François Cormier-Bouligeon applaudit aussi.)
Demain, il ne restera qu’une vingtaine de députés socialistes !
La parole est à M. Corentin Le Fur.
Six mois après sa présentation initiale par le premier ministre de l’époque, ce budget est peut-être en passe de trouver enfin, péniblement, une issue – permise par le 49.3, parfois utilisé à tort dans le passé, mais qui était devenu inévitable pour sortir de l’impasse que nous connaissons et qui n’a que trop duré.Cependant, que d’atermoiements ! Que d’énergie dilapidée ! Surtout, que de temps perdu, au détriment de la France et des Français ! Nous avons donné le triste spectacle d’un pays à l’arrêt,...
Triste spectacle, ce sont les termes.
…embourbé dans de vaines tergiversations et miné par des débats budgétaires qui n’en finissent plus. La faute en revient, il faut le dire, à des partis politiques représentés aux extrêmes de cet hémicycle, qui ont refusé tout compromis, qui sont restés campés sur des postures inflexibles et qui n’ont eu au fond qu’un seul but : empêcher l’adoption d’un budget.
Elle est bien bonne, celle-là !
Ce budget, pourtant, est attendu par les collectivités, par les entreprises, par les associations et, bien sûr, par nos compatriotes. En effet, il n’est rien de pire que l’incertitude et l’instabilité, qui détruisent la confiance et minent la croissance.Ces débats ont aussi montré, et c’est heureux, que le travail parlementaire pouvait déboucher sur des avancées bien réelles. C’est finalement ce qu’il y a de plus noble : être capable de dépasser nos clivages afin de faire œuvre utile pour le pays. Je sais que de nombreux députés, de tous bords, ont contribué à améliorer et à enrichir ce budget, au prix d’un travail fastidieux, exigeant, parfois ingrat, qui nous a occupés pendant des jours et des nuits.Je tiens à saluer tous ceux qui se sont montrés constructifs, en particulier les députés du groupe Droite républicaine,…
Saluez les socialistes, quand même !
…qui ont refusé la fatalité de la copie budgétaire initiale, absolument inacceptable. Je vous le dis même si vous le savez, monsieur le premier ministre, mesdames et messieurs les ministres, jamais nous n’aurions pu voter la première version de ce texte, tant elle était défavorable aux classes moyennes et à la France qui travaille. À l’époque, ne l’oublions pas, le budget prévoyait de supprimer deux jours fériés ; c’était une provocation à l’encontre des Français qui travaillent – leur défense est le moteur de mon engagement politique. La France qui travaille, c’est cette France populaire qui fait vivre le pays et qui n’en peut plus d’être taxée, imposée, ponctionnée pour entretenir d’autres dans l’assistanat. J’en sais quelque chose : dans ma belle circonscription des Côtes-d’Armor,…
Ah !
Presque aussi belle que celle de Quimperlé !
…vivent des Français modestes, qui savent ce qu’est l’effort. Je pense aux ouvriers de Kermené, de la Cooperl, de LDC, de Boscher volailles. Je pense aux agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem), aux accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH), aux aides à domicile. Je pense aux agriculteurs, aux artisans, aux soignants et aux commerçants. Je pense à tous ces métiers de la première ligne. Il était inconcevable que leur pouvoir d’achat puisse être attaqué !Durant six mois, les députés de la Droite républicaine se sont battus pour améliorer ce budget. Nous nous sommes battus pour que les impôts des classes moyennes n’augmentent pas.
Non, ceux des plus riches !