Séance du 1er février 2022 — 142e séance
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de M. Richard Ferrand.
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de M. Richard Ferrand.
Tours 201 à 400 sur 457 — page 2 / 3.
Et le programme de Fillon, il n’a jamais existé ?
En revanche, j’ai une promesse à faire aux Français en notre nom : demain, nous nous battrons de toutes nos forces pour que chaque Français trouve la dignité. Nous ferons ce que vous n’avez pas fait. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)
La parole est à Mme la ministre déléguée chargée du logement.
Vous n’avez pas, ni vous ni aucune autre famille politique, de leçons à nous donner s’agissant de l’accueil des personnes en difficulté et de l’hébergement d’urgence. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.)
Eh bien si !
Quand vous étiez au pouvoir,…
C’était il y a dix ans !
…il n’y avait que 118 000 places d’hébergement ouvertes, qui fermaient au 1er avril, dès les beaux jours, mettant les personnes à la rue. Les associations, avec lesquelles nous travaillons tous les jours et que le Premier ministre a encore reçues récemment, faisaient la trésorerie d’un budget qui n’était jamais financé. Un milliard d’euros étaient consacrés à cette politique. Aujourd’hui, 200 000 places d’hébergement sont ouvertes – et ce toute l’année – et ce sont 2,7 milliards d’euros que nous y consacrons. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LaREM, ainsi que sur quelques bancs du groupe Dem.)C’est face à votre majorité que l’abbé Pierre est venu pour la dernière fois à l’Assemblée nationale, pour son dernier combat politique, pour demander solennellement le maintien de la loi SRU – loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains – que vous vouliez détruire. […]
N’essayez pas de récupérer l’abbé Pierre !
Et c’est cette majorité qui a proposé de rendre permanente cette loi qui permet de produire du logement social partout où nous en avons besoin, aussi bien pour les salariés que pour les ménages modestes et la première ligne que vous aimez tant.
Retourne dans ton hôtel particulier !
Non, vraiment, vous n’avez pas de leçons à nous donner sur ce sujet, ni sur aucun autre ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM. – Exclamations sur les bancs du groupe LR.)
La parole est à M. Aurélien Pradié.
C’est votre majorité qui a baissé les APL – aides personnelles au logement – et qui a détruit une grande partie du logement social. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.) C’est votre Président de la République qui a considéré qu’il y avait des Français qui réussissaient et d’autres qui n’étaient rien. (Mêmes mouvements.) C’est notre famille politique qui, avec Xavier Emmanuelli et Jacques Chirac, a fondé le SAMU social.Nous avons bien des leçons à vous donner et nous ferons demain ce que vous avez été incapables de faire ! (Mêmes mouvements.)
Avant de lui donner la parole, je suis heureux de souhaiter la bienvenue à M. Jacques Rey, devenu député de la deuxième circonscription de Haute-Savoie le 30 janvier, en remplacement de Mme Frédérique Lardet. Cher collègue, vous avez la parole. (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.)
Je vous remercie, monsieur le président. Je suis très heureux d’intégrer cette docte assemblée.Ma question s’adresse à Mme la ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales.
Depuis 2019, année de leur création, l’objectif des maisons France Services est à la fois simple et ambitieux : faire vivre les services publics dans les territoires, les faire revenir lorsque c’est nécessaire et répondre aux iniquités territoriales qui malmènent la cohésion sociale, nourrissant les discours d’une France coupée en deux. Permettre au citoyen habitant dans un quartier difficile, un territoire enclavé ou une zone rurale d’accéder près de chez lui à un guichet pour demander une aide, préparer sa retraite, déclarer ses revenus ou encore chercher un emploi : voilà quelle est, par-delà l’engagement tenu, notre réponse concrète à un problème réel du quotidien.Trois années après avoir été déployées, les maisons France Services fonctionnent ; elles fonctionnent même très bien.
Ah oui !
L’objectif de 2 000 implantations a été atteint ; la densification du réseau et l’accroissement de la qualité du service rendu ont permis de porter l’activité à 3,5 millions d’actes en 2021. Cela témoigne de l’efficacité de ce programme. Pour cela, madame la ministre, je tiens à saluer votre engagement.L’année 2022 sera marquée par l’achèvement du déploiement territorial du programme. Pourriez-vous nous apporter des précisions sur la montée en gamme et la diversification prévue des services proposés ? La planification du déploiement des bus France Services pour cette nouvelle année est-elle déjà actée ? (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LaREM et Dem.)
La parole est à Mme la ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales.
Permettez-moi tout d’abord, monsieur le député, de vous féliciter à mon tour pour votre entrée à l’Assemblée nationale.
Pour trois semaines !
Vous avez bien voulu souligner le déploiement rapide des maisons France Services. Le Président de la République a lancé cette politique en avril 2019. Deux ans et demi après cette annonce, très exactement 2 055 espaces France Services sont labellisés, dont près des deux tiers dans les territoires ruraux. Nous avons donc atteint notre objectif, mais nous allons poursuivre : pour l’année 2022, nous avons un objectif de 500 nouveaux espaces France Services, ce qui est très important ; je suis sûre que nous l’atteindrons à la fin de l’année.Ces bons résultats sont dus à la mobilisation de nombreux acteurs, à commencer par les collectivités territoriales, les associations et les neuf opérateurs partenaires. Désormais, 95 % de nos concitoyens sont situés à moins de trente minutes d’une maison France Services. En outre, les lieux fixes sont complétés par des bus France Services, à la campagne […]
Eh oui, c’est deux minutes ! Ça fait trente ans que c’est deux minutes !
La parole est à Mme Anne-Laure Blin.
Monsieur le Premier ministre, la pression migratoire explose dans notre pays, car vous ne maîtrisez tout simplement pas les flux. Depuis 2017, vous avez délivré près de 1,3 million de titres de séjour, soit une augmentation de 36 % par rapport au quinquennat de Nicolas Sarkozy. 2019 est même une année record, avec près de 300 000 titres délivrés et un niveau très élevé de demandes d’asile. En 2021, vous n’avez pas tout à fait battu ce record, mais vous n’en étiez pas loin, puisque quelque 272 000 titres ont été délivrés.Mais il y a bien pire que cela, monsieur le Premier ministre. Le quinquennat d’Emmanuel Macron s’illustre par un véritable échec de la politique d’éloignement des étrangers. Depuis 2019, le nombre de mesures d’éloignement a été divisé par deux ! En vérité, c’est la même politique que François Hollande.
C’était son ministre, d’ailleurs !
Vous ne faites pas appliquer les décisions de reconduite à la frontière des étrangers en situation illégale. Le message que vous envoyez est dangereux, non seulement à l’égard des hommes et des femmes en détresse, qui pensent pouvoir être accueillis en France dans des conditions dignes, mais également à l’égard des Français et de la France.À la campagne, où il y a du bon sens, on sait que l’on ne peut pas accueillir chez soi une personne fragile sans douche, sans chauffage ou sans toit. Eh bien, c’est la même chose pour notre pays, monsieur le Premier ministre ! Votre manque de courage et votre laxisme dans la maîtrise de l’immigration sont coupables et conduisent inéluctablement à une intégration défaillante et au développement significatif de la violence. (Protestations sur plusieurs bancs du groupe LaREM. – Exclamations sur les bancs du groupe FI.)Monsieur le Premier ministre, la […]
La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de la citoyenneté.
Madame la députée, j’entends votre intérêt permanent pour les chiffres. Vous en avez cité beaucoup, qui sont totalement faux (Protestations sur quelques bancs du groupe LR) et qui ne tiennent pas du tout compte du contexte. C’est par exemple le cas pour les reconduites à la frontière en 2019 : nous arrivions en période de covid – en 2020 – et les frontières n’étaient pas ouvertes.
Eh oui !
Il n’était donc pas possible de faire des reconduites à la frontière. Toujours sur les chiffres, vous avez dit des choses qui sont inexactes, voire fausses. Si vous voulez qu’on parle de chiffres, il y a eu cinq fois moins de visas délivrés au cours des cinq dernières années ; il y a eu aussi 10 % d’éloignements en plus.
Et vous vous en vantez ?
Là aussi, vos chiffres sont inexacts.Chère madame la députée, j’entends que vous avez une passion pour les chiffres ; moi, j’ai une passion pour les gens, voyez-vous. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes LaREM et Dem.) C’est pour cette raison que j’étais ce matin avec les agents de la direction générale des étrangers en France et la délégation interministérielle à l’accueil et à l’intégration des réfugiés. C’est une fierté pour ces agents – comme pour la France – d’accueillir ainsi les Afghans et les Afghanes qui sont persécutés (Mêmes mouvements) et qui, depuis la chute de Kaboul, sont venus en France par milliers.J’ai réuni des élus locaux,…
Ah ! Tout va bien, alors !
…y compris dans des zones rurales, comme vous le dites : ils sont tout à fait partants pour accueillir ces réfugiés afghans et ces réfugiées afghanes,…
Il ne faut pas tout mélanger, madame la ministre !
…d’autant que certains d’entre eux sont médecins ou soignants et arrivent dans des déserts médicaux. Notre politique n’est pas guidée par les chiffres, mais par un devoir d’humanité. Contrairement à vous, nous regardons les étrangers pour ce qu’ils font et pas pour ce qu’ils sont. (Mme Michèle Peyron applaudit.) Nous ne considérons pas que des personnes immigrées sont mauvaises par nature parce qu’elles sont immigrées.
Ce n’est pas ce qu’elle a dit !
Vous avez oublié un chiffre : celui des naturalisations, qui est en augmentation, et j’en suis fière. Savez-vous pourquoi ? Parce que nous avons décidé de naturaliser tous les travailleurs covid de la première ligne de nationalité étrangère – des nounous, des vendeurs, des livreurs, des agents de sécurité, des soignants, des médecins, qui ont permis au pays de tenir pendant le confinement. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LaREM et Dem.)
Démago !
Sans les immigrés, le pays n’aurait pas tenu. (Mêmes mouvements.)
La parole est à Mme Anne-Laure Blin.
Madame la ministre déléguée, vous devriez être un peu plus compatissante à l’égard des femmes qui se battent pour ne pas porter le voile (Exclamations sur les bancs du groupe FI et sur plusieurs bancs du groupe LaREM), alors que les députés de la majorité En marche ont validé hier le port du hijab dans les enceintes sportives.
La parole est à M. Éric Coquerel.
Madame la ministre déléguée chargée du logement, il y a quatre ans, Emmanuel Macron prétendait vouloir « apporter un toit à toutes celles et ceux qui sont aujourd’hui sans abri. » C’est un échec et il en est le coupable. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe FI.) La Fondation abbé Pierre présentera demain son rapport 2022, qui dénombre encore plus de 4 millions de personnes mal logées en France, dont plus de 300 000 sans domicile. C’est deux fois plus qu’en 2012.Désormais, les classes populaires ne sont plus seulement chassées des centres-villes, elles le sont aussi de leurs périphéries. Elles sont contraintes au mal-logement, à l’insalubrité, à des temps de trajet toujours plus intenables ; parfois, elles n’ont plus de solution du tout. Même problème dans les zones touristiques, où l’augmentation des prix due à la spéculation et aux résidences secondaires arrache les […]
Rien !
Vous avez encouragé les bailleurs sociaux à vendre leurs biens, avec la loi portant évolution du logement, de l’aménagement et du numérique, dite loi ELAN. Au lieu de mobiliser les 3,1 millions de logements vacants, qu’avez-vous fait ? Rien ! Ils n’ont jamais été aussi nombreux. Au lieu d’augmenter les aides au logement, qu’avez-vous fait ? 10 milliards d’économies depuis 2017 sur le dos des allocataires, qui y perdent en moyenne plus de 300 euros ! (Applaudissements sur les bancs du groupe FI.) Enfin, au lieu de réguler sérieusement les prix du logement pour qu’ils cessent de grimper en flèche, vous laissez joyeusement chaque année les milieux immobiliers se féliciter de leurs profits records.
Eh oui !
Mesdames et messieurs les ministres, pour une fois, j’aurais aimé pouvoir dire que vous n’avez rien fait, mais la réalité est encore pire. Alors que l’espérance de survie d’une personne à la rue est de tout juste quinze ans, vous êtes responsables de ces 300 000 personnes sans domicile et des 15 millions de personnes touchées par la crise du logement. En attendant que la présidence de Jean-Luc Mélenchon (Sourires et exclamations sur quelques bancs des groupes LaREM et Dem) permette enfin de garantir qu’un toit est un droit, ma question est donc simple : face aux conséquences de vos choix politiques, n’avez-vous pas honte ? (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe FI.)
La parole est à Mme la ministre déléguée chargée du logement.
Et des hôtels particuliers…
Les personnes à la rue, il y en a trop : entre 10 000 et 12 000 en France chaque année. Ce chiffre est issu du dernier recensement de l’INSEE.
Ce ne sont pas les chiffres ! Allez dire ça à la Fondation abbé Pierre !
Cette année, pour la première fois depuis cinq ans, l’INSEE relancera un recensement.Le chiffre de 300 000 correspond aux personnes sans domicile qui sont hébergées :…
Arrêtez cette comédie ! C’est indécent !
…200 000 le sont dans l’hébergement d’urgence et 100 000 – des demandeurs d’asile – sous la responsabilité du ministère de l’intérieur. L’année dernière, la Nuit de la solidarité à Paris a montré que le nombre de personnes à la rue avait diminué. Nous attendons les chiffres de la Nuit de la solidarité de cette année.Des personnes à la rue, ce sont toujours des personnes de trop (Exclamations sur les bancs du groupe FI), mais de grâce, ne confondons pas les chiffres.
Répondez sur les logements sociaux !
Qu’avons-nous fait ? Le plan Logement d’abord, qui consiste à permettre aux personnes de passer de l’hébergement au logement.
Jamais on n’a aussi peu construit de logements sociaux !
Depuis 2018, 330 000 personnes ont accédé, depuis l’hébergement d’urgence ou la rue, à un logement. À quel type de logement ? À des logements sociaux, à des pensions de famille, à de l’intermédiation locative. Nous avons augmenté le nombre de logements très sociaux :…
Arrêtez votre propagande !
…nous en avons fait un peu plus de 30 000 par an pendant la législature, soit plus que sous la précédente. Alors ne tordez pas les chiffres (Mme Mathilde Panot et M. Éric Coquerel protestent), ne leur faites pas dire ce qu’ils ne disent pas. Nous agissons.En ce qui concerne les permis de construire, c’est la même chose : plus de permis de construire ont été délivrés sous cette législature que pendant toute la précédente.
C’est faux !
La relance de la construction, nous en avons besoin. Et puis, parlons des élus locaux : c’est dans les métropoles que nous avons le moins d’agréments de logements sociaux, là où les aides à la pierre sont déléguées.
Et les dents creuses ?
À Strasbourg, à Grenoble, à Rennes : dans toutes ces métropoles, les aides à la pierre ont été déléguées aux élus, qui ne s’en servent pas. (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes FI et LR.)
C’est la faute des élus, alors !
La responsabilité est collective : à nous tous d’agir.
La parole est à Mme Laurence Vichnievsky.
Madame la ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, en septembre 2019, vous présentiez un agenda rural visant à améliorer la vie quotidienne des Français dans les territoires ruraux, où résident près d’un tiers d’entre eux. Cet agenda s’est traduit par une série de mesures destinées à faciliter l’accès aux services publics et aux soins, à redynamiser les petites villes et les commerces, à assurer l’accès au numérique et à améliorer les mobilités. Certaines mesures ont déjà été déployées – notre collègue Rey y a fait allusion tout à l’heure en évoquant les maisons France Services –, avec des effets concrets pour les habitants des zones concernées s’agissant par exemple de la couverture numérique ou de la rénovation de certaines lignes ferroviaires. D’autres mesures sont en cours de réalisation.En juin 2021, la Commission européenne […]
La parole est à Mme la ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales.
Et des maisons France Services !
Merci, madame la députée, d’avoir rappelé l’agenda rural français et le rôle de la Commission européenne, qui s’est prononcée sur une vision à long terme. Le 19 janvier, le Président de la République a présenté devant le Parlement européen les priorités stratégiques de la présidence française et souligné, dans ce cadre, une ambition forte de la conduite de la politique de cohésion au sein de l’Europe. Le huitième rapport sur la cohésion des territoires, qui sera prochainement publié, nous permettra indéniablement d’approfondir les termes du débat, en apportant des éclairages territoriaux très utiles.Concrètement, à l’occasion de la réunion ministérielle informelle qui se tiendra à Rouen au début du mois de mars, j’ai tenu à ce que le sujet des territoires ruraux soit au cœur des débats. Je l’ai notamment rappelé lors de ma récente audition devant la commission REGI, ou commission du […]
La parole est à Mme Cécile Untermaier.
Monsieur le ministre des solidarités et de la santé, en l’espace de dix jours, quatre individus considérés comme très dangereux et tous passés par une unité pour malades difficiles sont parvenus à s’échapper d’hôpitaux psychiatriques publics toulousains. Si ces informations ne suffisaient à inquiéter la population, ces fugues ne sont pas des cas isolés, d’après la présidente de l’Union syndicale de la psychiatrie, qui relate qu’il se produit en moyenne trois fugues par semaine dans le seul établissement dans lequel elle travaille. Ces incidents ne sont que la partie émergée de l’iceberg, reflétant la dure réalité de la psychiatrie, véritable parent pauvre de la médecine, et affectant les professionnels comme les patients.Certes, me direz-vous, un hôpital psychiatrique est un lieu de soins et non de détention, mais si on ne juge pas les fous, la décision d’irresponsabilité pénale de la […]
La parole est à M. le ministre des solidarités et de la santé.
Madame la députée, merci pour votre question. Comme vous l’avez dit vous-même, il ne s’agit pas ici d’une évasion, mais bien d’une fugue. L’évasion, en effet, concerne un lieu d’incarcération. Or les malades que vous évoquez, bien qu’hospitalisés dans un établissement psychiatrique, ne sont pas incarcérés – c’est-à-dire, par exemple, qu’ils ne sont pas sous surveillance policière. Des fugues peuvent se produire, mais cela ne devrait pas être le cas.Je salue d’abord, comme vous l’avez fait, l’engagement de la communauté soignante, en psychiatrie notamment : face à des malades dans des situations difficiles et parfois soumise elle-même à des situations difficiles sur le plan humain, elle fait face et permet de maintenir la continuité des soins dans les meilleures conditions possibles dans les établissements de psychiatrie de notre pays.À Toulouse, quatre fugues en l’espace de dix jours […]
La parole est à Mme Cécile Untermaier.
Je vous remercie pour cette réponse et saisis cette occasion pour souligner la difficulté du partenariat entre le ministère de la justice et le ministère de la santé. Dès lors qu’une personne est déclarée irresponsable pénalement et dangereuse, nous devons tous être capables à la fois – les victimes et la population le demandent – de garantir la pérennité des soins, d’assurer que la sortie fasse l’objet d’un examen contradictoire au titre de la justice et de la santé et, enfin, d’éviter des sorties intempestives. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)
La parole est à M. Stéphane Claireaux.
Monsieur le ministre des outre-mer, en réponse à la crise de la covid-19, un plan de relance exceptionnel de 100 milliards d’euros a été déployé par le Gouvernement afin de redresser durablement l’économie française. Dans ce cadre, 1,5 milliard d’euros bénéficieront à nos outre-mer d’ici à la fin de 2022.Malgré son statut de COM, ou collectivité d’outre-mer, Saint-Pierre-et-Miquelon a été éligible à une partie des appels à projets du plan de relance. Néanmoins, les communes de Saint-Pierre-et-Miquelon se sont heurtées à un problème que connaissent beaucoup de petites collectivités ultramarines : le manque d’ingénierie – je pense ici particulièrement à la commune de Miquelon-Langlade.Un fonds de 15 millions d’euros a été alloué en 2021, puis renouvelé pour 2022 par l’intermédiaire de l’Agence française de développement, l’AFD, afin d’apporter un appui aux collectivités ultramarines pour […]
La parole est à M. le ministre des outre-mer.
Monsieur le député, permettez-moi de vous dire, au nom du Gouvernement, que nous sommes heureux de vous retrouver ici en bonne santé et avec bon moral (Applaudissements sur de nombreux bancs) après la lâche agression dont vous avez fait l’objet de la part de quelques personnes et qui nous appelle, une fois encore, à vous redire la solidarité de l’ensemble de la nation autour de votre personne et de la fonction que vous occupez.Les collectivités territoriales en outre-mer ont un rôle important dans l’exercice des missions de puissance publique et de service public. C’est vrai de la collectivité, mais ce l’est particulièrement des deux communes de Miquelon-Langlade et Saint-Pierre. Cela passe d’abord par une consolidation en matière de fonctionnement et de recettes. Jacqueline Gourault, ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, y veille […]
La parole est à M. François-Michel Lambert.
Madame la ministre de la transition écologique, quel est le point commun entre la fosse océanique la plus profonde et le plus haut des sommets de nos montagnes ? Tous les deux contiennent de minuscules morceaux de plastique. Le plastique représente la fraction la plus importante, nuisible et persistante de la pollution marine : 85 % des déchets marins sont du plastique. Au cours des soixante-dix dernières années, le plastique a infiltré et pénétré tous les recoins de notre planète.Les plastiques polluent notre planète à des niveaux alarmants. Les effets sur la vie marine sont catastrophiques. Les toxines du plastique touchent toute la chaîne alimentaire, des milieux marins jusqu’à l’homme : on a retrouvé des microplastiques dans les poumons, la rate et les reins des humains. C’est aussi un problème climatique : plus nous produisons de plastiques, plus nous consommons d’énergies fossiles […]
La parole est à Mme la secrétaire d’État chargée de la biodiversité.
Monsieur le député, merci de lancer à nouveau cette alerte relative aux pollutions par le plastique, phénomène dont la gravité nous mobilise collectivement et à propos duquel je sais votre engagement de longue date.Nous agissons à plusieurs niveaux, et nous y reviendrons dans le débat parlementaire sur la proposition de loi que vous avez bien voulu déposer à ce propos. Nous agissons, d’abord, au niveau international, comme vous le savez. En tant que vice-présidente de l’assemblée des Nations unies pour l’environnement, je défendrai dans les débats, croyez-le bien, le mandat le plus ambitieux pour un traité sur les usages de ces plastiques, qui doit nous mobiliser à l’échelle internationale. Tout le travail et les réflexions préparatoires menés avec les scientifiques et tous les acteurs au plus haut niveau aura lieu également dans le cadre du One Ocean Summit, qui se tiendra en février à […]
Nous avons terminé les questions au Gouvernement.
La séance est suspendue.
(La séance, suspendue à dix-sept heures, est reprise à dix-sept heures dix, sous la présidence de Mme Laetitia Saint-Paul.)
La séance est reprise.
L’ordre du jour appelle le débat sur la feuille de route de l’influence de la diplomatie française présentée le 14 décembre 2021. La conférence des présidents a décidé d’organiser ce débat en deux parties. Dans un premier temps, nous entendrons les orateurs des groupes, puis le Gouvernement. Nous procéderons ensuite à une séquence de questions-réponses.La parole est à M. M’jid El Guerrab.
« La France ne peut être la France sans la grandeur ». Dans un monde en ébullition et de compétition à outrance entre les nations, cette célèbre parole extraite des Mémoires de guerre du général de Gaulle nous invite à l’introspection et à la réflexion. À votre initiative, monsieur le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, le Quai d’Orsay a tenté de répondre à cet appel le 14 décembre dernier, au siège de l’Alliance française, devant un parterre de diplomates, de conseillers culturels ou encore de dirigeants de grands opérateurs, au cours d’une cérémonie à laquelle j’ai eu le plaisir de participer. Vous y présentiez la feuille de route de l’influence de la diplomatie française, cherchant à répondre à la question somme toute gramscienne « Où s’arrête la puissance et où commence l’influence ? », partant du postulat que la conquête du pouvoir présuppose celle de l’opinion […]
La parole est à M. Christophe Naegelen.
La diplomatie d’influence s’affirme aujourd’hui comme un élément à part entière de notre politique étrangère. Elle devient à la fois un enjeu de compétition internationale et une source de puissance, au même titre – voire davantage – que la force militaire. D’un côté s’étend le domaine de la contrainte, de la force et de l’action ; de l’autre se situe le registre de l’autorité, de la persuasion, des valeurs et des principes.Si nous partons du postulat que la puissance se détient, que le pouvoir s’applique et que l’influence s’exerce, un constat majeur s’impose d’emblée : l’influence de la France dans le monde recule indéniablement. Ce recul s’explique par une crise des moyens de la puissance et de l’autorité morale du pays.Dans cette feuille de route, on trouve des objectifs et des actions ambitieuses dans certains domaines, comme la francophonie. On y trouve aussi un portrait plutôt […]
Et la francophonie !
La parole est à M. Sébastien Nadot.
La politique extérieure de la France est dans l’égarement. Le renvoi de l’ambassadeur de France au Mali par les autorités maliennes en raison de vos récents propos, monsieur le ministre, deux jours après que le porte-parole du gouvernement de transition du Mali a demandé à la ministre des armées de la France de se taire, n’est pas une anecdote. C’est un tournant de l’histoire de la présence française en Afrique. La France perd pied.Depuis plusieurs années, partout notre pays se comporte de manière arrogante et belliqueuse. Pas un conflit sur notre planète sans des armes made in France pour l’attiser et le rendre plus meurtrier. Du Yémen à l’Éthiopie, de la Birmanie au Sahel, du Haut-Karabakh à la Libye, notre pays arme très fréquemment le bras de la mort. C’est la signature française de ce début de siècle – quel malheur !Que dire de la violence de nombreuses dictatures que nous […]
Formidable !
La parole est à M. Jean-Hugues Ratenon.
Il y a quelques semaines, le ministre des affaires étrangères a présenté une feuille de route censée être la « première doctrine consolidée » en la matière, née de l’« urgence à repenser […] notre diplomatie culturelle et d’influence » – une urgence telle qu’il aura fallu attendre la fin du quinquennat.Cette question du calendrier n’est pas neutre, car ce document est à certains égards moins une doctrine qu’un bilan idéalisé du quinquennat d’Emmanuel Macron. On serait bien en peine d’y trouver une direction claire. Certes, la notion d’influence dans le domaine des relations internationales est elle-même difficile à cerner. Elle renvoie généralement à la capacité à faire triompher ses vues par des outils alternatifs, non coercitifs, ne relevant pas des attributs de la puissance telle qu’elle est habituellement définie.On ne dissertera pas ici de l’opposition très artificielle opérée […]
Mais si !
Dans ces conditions, force est de constater que l’influence de la France doit davantage à l’héritage de l’histoire et au poids toujours réel de la francophonie, laquelle appelle une politique davantage tournée vers les peuples, qu’à l’action de ce gouvernement.Prenons ensuite la capacité à parler de sa propre voix : la feuille de route affirme que « l’horizon de notre diplomatie est fondamentalement européen ». On retrouve ici la prétention à faire prospérer de dangereuses chimères telles que la souveraineté européenne. Il aurait pu être ajouté « fondamentalement atlantiste », puisque l’Union européenne l’est structurellement. Grave erreur, car l’efficacité diplomatique suppose unité de vues et de décisions, conditions qu’à l’évidence, l’Union européenne ne remplit pas : elle est traversée d’intérêts et de visions du monde contradictoires, ce qui la condamne à l’impuissance. Qui parmi […]
La parole est à M. Jean-Paul Lecoq.
Cette feuille de route est jolie, mais elle est totalement vide de sens. Une simple lecture attentive conduit à relever deux éléments qui invalident l’intérêt même de cette démarche : à la toute première page, dans l’avant-propos, figure une citation de M. Le Drian selon laquelle « Il n’y a plus de soft power, il n’y a plus que du hard » ; à la page 63, il est précisé que « l’adaptation du réseau passe aussi par la pleine prise en compte des enjeux économiques » et que « la diplomatie économique est, en effet, l’un des piliers de la politique diplomatique française. ».Entrons davantage dans le détail de ce document : les lignes de force qu’il énumère renvoient à une hypocrisie absolue.La première porte sur la défense d’un « nouvel humanisme ». Entre les prisonniers politiques sahraouis ou palestiniens et les travailleurs quasi-esclaves au Qatar que vous refusez de soutenir et les […]
La parole est à M. Rodrigue Kokouendo.
Je tiens tout d’abord à dire que je regrette profondément que certains discours prononcés ici exaltent les ennemis de la France, d’autant qu’ils ne manqueront pas d’être applaudis à l’étranger et de tourner en boucle sur les réseaux sociaux. N’oublions pas que nous sommes là pour défendre la politique de notre pays et son honneur.Que pensez-vous, mes chers collègues, des 125 instituts français et 830 Alliances françaises qui ont continué à faire briller nos industries culturelles et créatives, faisant de la France le premier réseau culturel et éducatif au monde ? En coopération avec les 545 lycées français présents dans 138 pays, nous nous sommes employés à projeter l’excellence française au plus près de la jeunesse, et ce malgré la pandémie. Et cet engagement se poursuit, notamment grâce à la proposition de loi visant à faire évoluer la gouvernance de l’Agence pour l’enseignement […]
La parole est à M. Michel Herbillon.
Le 14 décembre, monsieur le ministre, vous présentiez, à l’occasion de la réunion annuelle des conseillers culturels, la feuille de route de l’influence de la diplomatie française : j’étais présent.Cet état des lieux de nos leviers d’influence dans le monde, assorti du plan d’action à suivre durant les prochaines années, était attendu. Même s’il est regrettable que nous ayons dû patienter jusqu’à la fin du quinquennat pour découvrir votre doctrine consolidée en matière d’influence, je veux avant tout saluer la qualité du travail que vous-même et vos équipes avez réalisé (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM, Dem et Agir ens), d’autant que nous en partageons le constat comme les objectifs. Il y a plus de trois ans, je vous remettais les conclusions et les 110 propositions de la mission d’information de la commission des affaires étrangères consacrée à notre stratégie en […]
La parole est à M. Jean-Louis Bourlanges.
Présentant en 2017, au nom de la commission des affaires étrangères, le rapport d’information sur la diplomatie d’influence, les rapporteurs – M. Herbillon, qui vient de s’exprimer, et Mme Sylla – y rappelaient que « la diplomatie n’est ni un gadget, ni un moyen de compenser notre puissance déchue, c’est un puissant vecteur de notre politique étrangère ». Ils avaient raison. La feuille de route que vous nous soumettez, monsieur le ministre, appelle en fait deux questions : qu’est-ce qu’une stratégie d’influence et, pour un pays comme la France, qu’est-ce que cette stratégie dans le monde actuel ?À la première question, j’apporterai une réponse simple : la diplomatie d’influence, pour un pays donné, c’est le choix de s’affirmer sur la scène internationale par ce qu’il y a de meilleur en lui. Ce n’est pas ce qu’il impose, encore moins ce qu’il détruit, mais ce qu’il crée, ce qu’il produit […]
Les canons !
…et le suivisme.
C’est vrai.
La diplomatie d’influence, c’est aussi une certaine idée des formes de l’action politique : une préférence pour l’échange, le dialogue, la coopération ; le refus de la contrainte, de la violence, de la brutalité. Qu’il s’agisse de commerce, d’éducation, de création scientifique, d’échanges artistiques ou des synergies de la recherche, la stratégie d’influence manifeste la supériorité de l’excellence, la force du talent, l’idée que la grandeur d’un pays peut ne pas tenir à ce qu’il domine les autres, mais au fait qu’il éclaire l’avenir et préfigure l’humanité de demain. Vouloir être par l’influence, c’est vouloir donner sa chance à ce qui fait l’essence de l’autorité, terme dérivé en latin du verbe augere : « augmenter, accroître ». C’est là le propre de celui qui se trouve en mesure de changer les choses, que l’on peut suivre parce qu’il est capable d’ouvrir une voie nouvelle.La seconde […]
Du grand Bourlanges !
Exactement !
On parle de valeurs, pas de petit commerce !
La parole est à M. Alain David.
J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur le sujet en commission des affaires étrangères ou en séance, lors de l’examen des crédits budgétaires consacrés à notre action extérieure et à notre diplomatie : l’influence d’un pays comme le nôtre, le fameux soft power, repose sur un cocktail d’ingrédients variés. Je citerai la tradition d’excellence de notre diplomatie, la qualité de notre réseau consulaire, la réputation culturelle de notre pays ou son attractivité touristique. Je citerai également des outils qui me tiennent à cœur, notamment notre audiovisuel extérieur – France 24, Radio France internationale (RFI), Monte Carlo Doualiya, composant France Médias Monde, ou TV5 Monde. Avec des millions de téléspectateurs, d’auditeurs et d’internautes, ces acteurs assurent la diffusion de la culture francophone et le rayonnement de la France et de nos valeurs démocratiques sur les cinq […]
La parole est à M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères.
Fin décembre, j’ai eu le plaisir de dévoiler à nos conseillers de coopération et d’action culturelle notre nouvelle feuille de route de l’influence, en présence de certains d’entre vous, notamment M. Herbillon, mais d’autres aussi. C’était un moment décisif de la vie de notre réseau. Je m’en félicite et je me réjouis qu’à l’initiative du groupe Agir ensemble, nous puissions poursuivre ce travail de réflexion dans cet hémicycle.Je ne vais pas répondre à celles de vos interrogations qui, comme celles exprimées par Alain David il y a un instant, portent sur des sujets d’actualité, d’abord parce que j’ai déjà longuement évoqué ceux-ci lors des questions d’actualité tout à l’heure et dans d’autres réunions, même si j’ai bien noté vos préoccupations, que je partage pour certaines d’entre elles. Je vais me concentrer sur les enjeux de la feuille de route de l’influence, considérant ce débat […]
C’est vrai.
On ne le dit pas assez, notamment, sur les enjeux européens, la force européenne dans le domaine du développement dont nous sommes les acteurs principaux. Songez que l’Europe représente 60 % de l’aide publique au développement au niveau mondial, si on additionne les actions des différents États et de l’Union européenne. Nous ne mettons pas suffisamment en valeur cette force, ces enjeux qui ne correspondent pas à nos engagements financiers de premier plan.Je souhaite faire valoir au cours de la présidence française de l’Union européenne ce que fait l’équipe Europe dans le domaine du développement et indirectement dans le domaine de l’influence, et que l’on puisse se dire : nous sommes une force et nous devons pouvoir bénéficier des retombées diverses, y compris des retombées politiques et de développement. En Afrique, en particulier, l’Europe met beaucoup plus d’argent et de manière […]
Bonne idée !
Alors que certains voient encore dans la diplomatie d’influence une espèce de violon d’Ingres pour ambassadeurs en quête de supplément d’âme – j’ai pu constater que ce n’était pas votre perception –, la diplomatie culturelle et d’influence est en réalité un levier de puissance à part entière.C’est d’abord un levier de puissance de la vie internationale au sens où elle donne de la profondeur aux liens politiques que nous tissons avec nos partenaires. Dans certains cas, il est même frappant de voir qu’elle précède la constitution de liens politiques et qu’elle subsiste jusque dans les moments où ceux-ci ne sont plus tenables. Nous pouvons le constater en Afghanistan, où nous étions présents avant même de reconnaître ce pays et d’entretenir des relations diplomatiques avec lui, grâce aux archéologues français dépêchés sur place il y a un siècle. Aujourd’hui, nous accueillons sur notre sol […]
C’est vrai.
Une priorité de la présidence française du Conseil de l’Union européenne, enfin, qui permettra à la France, en raison de ses responsabilités, de donner les impulsions nécessaires en la matière. C’est dans ce cadre que j’ai ouvert hier au Louvre – je pourrais, monsieur Lecoq, vous donner des explications si ce n’est pas clair –, aux côtés de la ministre de la culture, la deuxième conférence des donateurs de l’ALIPH. L’objectif est de réhabiliter des sites qui ont été détruits par des attentats – tels que celui de Mossoul –, grâce aux financements que nous collectons. Cette initiative française menée par le Quai d’Orsay, que j’assume complètement, vise à permettre aux habitants de ces régions de retrouver leurs repères, leur histoire et leur culture : cette tâche est noble.Notre outil d’influence doit constituer également une priorité de longue durée pour le Quai d’Orsay : c’est tout le […]
Nous en venons aux questions. Je vous rappelle que la durée des questions, ainsi que celle des réponses, est limitée à deux minutes, sans droit de réplique.La parole est à M. M’jid El Guerrab.
Le 5 janvier dernier, la commission des affaires étrangères a adopté l’avis relatif au projet de contrat d’objectifs et de moyens (COM) entre l’État et l’Agence pour l’enseignement du français à l’étranger (AEFE) pour la période 2021-2023, présenté par notre collègue Frédéric Petit. Articulé autour de dix objectifs stratégiques, le COM est mis au service de la croissance d’un réseau qui est l’un des fleurons de la diplomatie culturelle de la France et l’un de ses principaux atouts en matière d’influence, et qui se trouve donc au cœur de la feuille de route de l’influence.Ainsi, entre 2010 et 2020, le nombre d’élèves – vous l’avez rappelé – a augmenté de plus de 30 % et le nombre d’établissements a progressé de 470 à 535. On dénombre actuellement 552 établissements homologués par le ministère de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports, dont 68 établissements en gestion […]
La parole est à M. le ministre.
Ayant déjà évoqué cette question dans mon propos liminaire, je ne reviendrai pas sur la progression significative de l’enseignement du français à l’étranger. Les engagements que le Président de la République a pris dans son discours à l’Institut de France sont maintenus, l’objectif étant de doubler le nombre d’élèves à l’horizon de 2030. Le démarrage ayant toutefois été compliqué par la pandémie, nous n’avons pu accueillir que 30 000 élèves supplémentaires – progression qui reste néanmoins significative.Cette évolution indispensable nécessite plusieurs conditions, que nous voulons réunir de manière vigoureuse.Tout d’abord, il faut soutenir la formation des enseignants. Aussi entendons-nous créer des instituts régionaux de formation, en application de la proposition de loi de la sénatrice Samantha Cazebonne, visant à faire évoluer la gouvernance de l’AEFE ; ils contribueront à renforcer […]
La parole est à M. Christophe Naegelen.
Si notre diplomatie est politique, culturelle et militaire, elle est aussi économique. Elle est certes une affaire de réseau et de rayonnement, mais elle est aussi qualifiée par des objectifs, des chiffres et des résultats. Au début du quinquennat a été fixé l’objectif de 200 000 entreprises exportatrices, qui semblait atteignable : l’Allemagne en possède 300 000 et l’Italie 220 000. Or nous ne comptons que 140 000 entreprises exportatrices. En outre, la balance commerciale de la France s’est dégradée : le déficit cumulé sur douze mois en 2021 s’élève à 77,6 milliards d’euros, soit 2,6 milliards de plus que le déficit annuel record de 2011. Je prendrai l’exemple de la filière textile, dont on sait combien elle est importante pour les Vosges : forte de 30 000 emplois dans les années 1970, elle n’en compte plus que 3 000, principalement en raison de l’ouverture du marché et de la […]
La parole est à M. le ministre.
Il me sera difficile de répondre en deux minutes à cette question majeure. Certes, notre déficit commercial sur les biens s’accroît – vous l’avez rappelé –, mais il faut préciser que nous traversons une période de redémarrage de la demande intérieure et, par conséquent, des importations. En outre, l’aéronautique, qui était un secteur phare à l’export, est très affectée par la crise. Nous pâtissons de surcroît du renchérissement des matières premières, notamment énergétiques. Si le déficit commercial s’est accru au moment de la reprise, rappelons qu’il s’était creusé considérablement en 2017, du fait de la baisse de compétitivité et de la désindustrialisation du pays, et que nous l’avons redressé jusqu’en 2019, moment auquel la crise a éclaté, entraînant les difficultés que vous connaissez.Dès 2018, j’ai actionné les leviers essentiels pour que les PME et les entreprises de taille […]
La parole est à M. François-Michel Lambert.
Ma question porte sur la Caraïbe, en particulier sur l’île de Cuba, qui commémorera dans deux jours les soixante ans de l’embargo qu’elle subit de la part des États-Unis, et que l’administration du président Trump a aggravé avec pas moins de 243 mesures – soit une mesure tous les trois jours. J’ai une pensée particulière pour le peuple de Cuba, qui souffre.Cuba, c’est aussi un pays qui avance, notamment dans le domaine médical : il a développé plusieurs vaccins contre le covid – Abdala, Soberana et le fameux Mambisa qui sera bientôt disponible et qui pourra être dispensé par voie nasale.Cuba, c’est aussi un pays solide en matière de droits – en témoignent sa récente réforme constitutionnelle et sa forte protection de l’environnement. À mon initiative, en tant que président du groupe d’amitié France-Cuba, un colloque s’est tenu hier à l’Assemblée nationale, rassemblant des Français et […]
La parole est à M. le ministre
Je ne sais pas exactement quelle est la question qui m’est posée…
M. Le Drian sait répondre aux questions qu’on ne lui pose pas !
…mais je vous répondrai au sujet de Cuba, pays auquel j’ai senti que vous portiez un intérêt particulier, monsieur Lambert. Je m’y suis d’ailleurs rendu en tant que ministre des affaires étrangères – il est important de le souligner –, et j’ai eu des échanges approfondis avec les autorités cubaines. La France a noué avec Cuba un partenariat renforcé, qui s’appuie en particulier sur le fonds de contrevaleur franco-cubain, d’un montant de 217 millions d’euros – ce n’est pas négligeable, et cela permet d’agir. Nous entretenons en outre une relation spécifique avec Cuba, puisque l’AFD y a ouvert une mission. Elle devient, de fait, la première banque de développement d’un pays membre de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) à intervenir dans l’île. Elle accompagne Cuba dans sa croissance verte et solidaire, reposant sur une trajectoire bas-carbone.Cuba est […]
La parole est à M. Jean-Hugues Ratenon.
Quels que soient nos désaccords sur les orientations de l’action extérieure de la France, nous nous retrouverons certainement pour dire qu’une politique d’influence implique d’avoir les moyens humains et matériels nécessaires. Comme je l’ai déjà observé, le bilan de l’influence française dressé par la feuille de route est miraculeux, sachant que les effectifs du ministère des affaires étrangères ont subi une coupe de 53 % en trente ans, et que son budget pour 2022 n’atteint même pas celui de 2017.Vous dites avoir mis fin à l’hémorragie, monsieur le ministre, mais vous n’avez pas su bloquer la destruction programmée du savoir-faire diplomatique qu’implique la réforme voulue par Emmanuel Macron, au prétexte d’ouvrir la haute fonction publique. Cette réforme prévoit la disparition du corps diplomatique. Pour la justifier, on ressort, ici ou là, les images d’Épinal d’une diplomatie […]
Ça, c’est une condition !
La parole est à M. le ministre.
Vous appelez mon attention sur la réforme du corps diplomatique. À l’automne 2019, j’ai engagé, en faveur de l’ensemble du personnel, une réforme des ressources humaines conduite selon trois principes. Le premier est l’ouverture, afin d’enrichir notre expérience en accueillant les compétences dont nous aurons besoin. Deuxièmement, la formation sera renforcée pour maintenir les savoirs et en acquérir de nouveaux. En effet, la diplomatie est un métier – j’ai déjà évoqué l’école diplomatique et consulaire que j’ai créée. Enfin, il s’agit de dynamiser et de fluidifier les carrières pour offrir à chacun davantage de perspectives d’évolution professionnelle.Bien entendu, j’ai veillé à articuler ces priorités avec la réforme de la haute fonction publique souhaitée par le Président de la République. Je lui ai demandé, ainsi qu’au Premier ministre, des garanties, que j’ai obtenues, en vue de […]
La parole est à M. Jean-Paul Lecoq.
Monsieur le ministre, ma question vous surprendra peut-être, mais je n’en ai pas fait secret. La diplomatie s’évalue aussi selon les relations que les dirigeants politiques entretiennent avec ceux des multinationales, surtout quand on place l’économie au centre de sa politique extérieure. Or ces relations sont parfois très étroites.Ma question concerne l’offre d’achat de la multinationale Mediterranean Shipping Company (MSC) au groupe Bolloré Africa Logistics. Bolloré dispose en Afrique d’un empire logistique – ce point n’est plus à démontrer. MSC va racheter Bolloré Africa Logistics, qui détient des milliards d’euros de concessions portuaires et ferroviaires en Afrique de l’Ouest. Comme Bolloré Africa Logistics est surtout un concessionnaire, on est en droit de se demander ce qu’il vend réellement à MSC. En effet, nous savons ce que sont des concessions : dans beaucoup de contrats, la […]
La parole est à M. le ministre.
Vous avez quelque peu anticipé ma réponse.
Au bout de cinq ans, je commence à vous connaître !
Moi aussi ! Dans les fonctions que j’occupe, je ne peux pas faire de commentaires sur des négociations entre entreprises privées, encore moins dans le cas que vous évoquez, puisque des procédures judiciaires sont en cours. J’ajoute qu’il s’agit de concessions que des États ont délivrées à des partenaires qu’ils ont choisis en toute souveraineté. Le ministère de l’Europe et des affaires étrangères n’a pas à intervenir dans ce type de négociations.Toutefois, votre question concerne aussi l’importance des infrastructures de qualité en Afrique, lesquelles seront le grand sujet de demain.
Il est extraordinaire !
Faute d’infrastructures, moins de 15 % des pays africains entretiennent des relations commerciales entre eux ; les projets d’intégration élaborés par la zone de libre-échange continentale africaine, la ZLECAF, dont les États africains ont décidé la réalisation le 1er janvier dernier, ne pourront pas être menés à bien, faute de moyens de commercer à l’intérieur de l’Afrique. Le commerce est possible avec l’extérieur, mais pas à l’intérieur.Ce point constitue l’un des enjeux du sommet entre l’Union européenne et l’Union africaine (UE-UA), qui aura lieu à Bruxelles dans quelques jours. Il s’agit de mobiliser des financements européens pour construire des infrastructures de qualité en Afrique, et répondre ainsi à une demande forte des Africains. Les besoins sont colossaux : la Banque africaine de développement considère qu’il faudrait 170 milliards de dollars par an pour y satisfaire. C’est […]
La parole est à M. Pieyre-Alexandre Anglade.
Nos échanges se déroulent dans le contexte de menaces géopolitiques qui donnent à la France et à l’Europe une responsabilité particulière, face à des puissances autoritaires qui remettent en cause le multilatéralisme. Leur responsabilité doit aussi s’exercer en Syrie, en Ukraine et au Sahel, où les défis sont immenses. Je salue le rôle actif de la diplomatie française, qui se trouve au cœur des efforts de désescalade avec la Russie afin d’éviter un conflit armé à nos portes, en Ukraine. Je salue également l’engagement de notre pays et de nos militaires, à la pointe de la lutte contre le terrorisme, au Sahel encore, afin de protéger la France, les Français et les Européens. Dans le moment que nous traversons, il est important de le rappeler.Au-delà de ces actions, monsieur le ministre, j’ai la conviction profonde que notre influence dans ce monde incertain dépend aussi de l’action […]
La parole est à M. le ministre.
J’ai déjà partiellement répondu à vos interrogations lors de mon intervention initiale et d’une de mes précédentes réponses. Comme vous, j’estime que la dimension éducative de la diplomatie est essentielle pour maintenir notre influence. Il faut veiller à la préserver et œuvrer à la renforcer. Depuis 2017, soixante établissements supplémentaires ont vu le jour ; comme je l’ai dit, treize nouveaux établissements ont rejoint le réseau depuis 2021, au Liban, en Côte d’Ivoire, en Tunisie et en Égypte.Ce résultat a été possible parce que nous avons simplifié les procédures d’homologation et soutenu l’accélération de projets d’initiative privée, en diminuant les délais et en allégeant les contraintes. Nous avons assoupli les homologations sans rogner sur la qualité, pour éviter de dégrader la situation. Le résultat de cette action est l’augmentation des effectifs. La crise n’a pas eu […]
La parole est à Mme Fiona Lazaar.
Le monde va mal. Il connaît la pandémie, bien sûr, mais aussi…
Un gouvernement incompétent !
…une escalade de violences et de menaces, qui agite les quatre coins du monde et qui doit nous alarmer et nous mobiliser. La France est un grand pays diplomatique, qui possède de nombreux atouts, construits au fil de l’histoire. Militaires, diplomatiques et culturels, ils garantissent la défense de nos intérêts et du modèle français et européen, dans le contexte incertain et tendu que nous connaissons.Alors que nos valeurs de progrès et de liberté, la défense de l’État de droit et le respect des individus sont remis en cause, son histoire, son prestige et sa puissance donnent à la France le devoir de jouer un rôle de premier plan pour défendre et promouvoir ses valeurs.À cet égard, l’élaboration de la première feuille de route de l’influence de la diplomatie française me réjouit tout particulièrement. La montée des tensions qui mobilise nos chancelleries ne doit pas nous faire perdre de […]
La parole est à M. le ministre.
Le programme Covax est le résultat d’une initiative française. Nous y avons contribué à hauteur de 200 millions d’euros, sur un total de 1 milliard. Ce dispositif vise à acheter et à distribuer des doses de vaccin dans les pays les plus en difficulté. Grâce à Covax, 700 millions de doses ont été distribuées dans le monde entier. C’est donc un vrai succès, que nous ne mettons peut-être pas suffisamment en valeur. Les pays où le dispositif a fonctionné reconnaissent le rôle que la France a joué, grâce à l’initiative que le président Macron a prise dès le début de la pandémie.D’autre part, sur la question que vous posez concernant les femmes, nous constatons que les acquis des décennies précédentes sont désormais menacés par une contre-offensive conservatrice, qui cible leurs droits – droit à l’avortement, à la contraception, à l’éducation sexuelle, à l’accès aux soins. Il nous faut donc […]
La parole est à M. Mansour Kamardine.
À l’occasion du débat de ce jour sur la feuille de route de l’influence de la diplomatie française, nous ne pouvons que constater une inquiétante contestation de notre action en Afrique subsaharienne, en particulier au Sahel, comme en atteste l’annonce, hier, du renvoi brutal de notre ambassadeur au Mali. Pourtant, dans les dix lignes de force de la feuille de route, l’Afrique subsaharienne est clairement affichée comme une zone de priorité géographique ; la lutte contre les manipulations de l’information est inscrite parmi les six priorités stratégiques.Notre amicale influence et l’affirmation de la part d’africanité de la France semblent rencontrer une forte adversité parmi les peuples du Sahel, comme en attestent la situation au Mali et les manifestations antifrançaises, notamment au Niger, sur fond de manipulation des informations. Notre diplomatie semble de plus en plus souvent […]
La parole est à M. le ministre.
J’ai déjà répondu à trois reprises cet après-midi à des questions sur le Mali – le Premier ministre a également répondu à une question –, mais vous n’étiez peut-être pas là : il ne s’agit pas d’un sujet entre le Mali et la France, mais entre le Mali et ses voisins et entre le Mali et la communauté internationale, car c’est le Mali qui s’isole, avec Wagner, son seul soutien dans la région.D’aucuns disent que le fait que le Mali se comporte de cette manière revient à affaiblir la France : non ! C’est un affaiblissement du Mali,…
Eh oui !
…qui s’isole complètement de la communauté internationale. Il n’a personne pour le soutenir. Vous qui connaissez bien l’Afrique, dites-moi qui le soutient aujourd’hui ? (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.) Quel chef d’État s’est levé pour dire qu’il soutenait le colonel Goïta ?
Aucun !
Personne, parce que tous les pays de la zone se sont mobilisés contre deux choses, à commencer par l’absence de processus démocratique.Il faudrait tout de même dire publiquement – j’espère que l’ensemble des parlementaires sera d’accord pour le faire – qu’une junte ne saurait, après deux coups d’État, déclarer vouloir rester sept ans au pouvoir sans consultation démocratique : cette junte s’isole, ce n’est pas la France qui perd de l’influence. Ce coup d’État est inacceptable et illégitime. C’est parce que j’ai dit que ce coup d’État était illégitime que la junte a estimé devoir renvoyer notre ambassadeur.Par ailleurs, l’Union africaine a repris l’ensemble de ces éléments auprès de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), afin de prendre des mesures de blocus. Ils sont donc seuls, et j’espère qu’ils n’auront pas de soutiens en France. L’influence française […]
La parole est à M. Pierre Cordier.
Je souhaiterais parler de diplomatie économique. Nous avons eu l’occasion de travailler, en 2018, avec un collègue de la majorité, dans le cadre d’un rapport parlementaire étudiant des pistes pour relancer nos exportations. Nous avons auditionné, avec Denis Masséglia, plusieurs chefs d’entreprise, mais également beaucoup de structures – comme Business France ou Expertise France. Nous avons formulé plusieurs propositions dans ce rapport, qui nous a demandé huit mois de travail. Au vu des chiffres que nous connaissons tous ici, force est de constater que les choses ne s’améliorent pas : le déficit commercial atteint près de 80 milliards d’euros, alors que l’excédent de l’Allemagne s’est élevé à 210 milliards d’euros sur les douze derniers mois.Les maux de l’économie française sont connus dans ce domaine : les chefs d’entreprise ont beaucoup évoqué à l’époque – mais cela se vérifie encore […]
La parole est à M. le ministre.
Je partage l’esprit conciliant que vous avez évoqué concernant le rapport que vous avez effectué avec M. Masséglia, mais je regrette que vous ayez adopté une posture polémique à la fin de votre question.
Pas du tout, c’était un constat.
Constat pour constat, nous pouvons polémiquer, j’en ai suffisamment l’habitude, mais je n’en ai pas l’intention,…
Moi non plus !
…car ce débat mérite mieux. Tout d’abord, je suis convaincu…
Quand on n’est pas d’accord, c’est incroyable, il ne le supporte pas !
Est-ce que je peux répondre, même brièvement, ou persistez-vous à perturber le débat ?
On ne veut pas polémiquer, on veut des réponses factuelles.
C’est ce que je vais essayer de faire, si vous m’en donnez le temps ! Madame la Présidente, est-ce que je peux répondre ?
Faites ce que vous voulez !
Mais laissez le ministre parler !
C’est à la présidente que je m’adresse.
Vous seul avez la parole, monsieur le ministre.
Vous souhaitez encore parler ou je peux répondre ?
Gagnez autant de temps que vous voulez, si vous ne voulez pas répondre !
Je ferai trois observations majeures, monsieur Cordier. Tout d’abord, l’attractivité ne se décrète pas, elle se construit dans le temps. La diplomatie économique n’est pas uniquement le commerce extérieur, c’est aussi l’attractivité. Or, depuis trois ans, la France est reconnue comme étant le pays le plus attractif, notamment aux yeux des différents acteurs internationaux qui veulent investir en France : lors de la journée Choose France du 17 janvier dernier, vingt et un projets d’investissements, représentant 4 milliards d’euros, ont été identifiés.En matière de commerce extérieur, la France souffre en revanche – vous avez raison de le souligner –, de handicaps. Le premier est celui de la désindustrialisation lente et progressive de la France, comme l’évoque votre rapport, que j’ai lu lorsque vous l’avez produit, puisque nous avons fait quelques réformes allant dans votre sens : des […]
Mais je vous écoute !
Monsieur Di Filippo, n’êtes-vous venu que pour cela ?
C’est lui qui m’interpelle !
Vous cherchez le ministre, là !
C’est lui qui me cherche !
Cher monsieur, j’ai été député durant quarante-quatre ans…
Cela se voit !