Séance du 14 janvier 2022 /// n°125 /// 1 294 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 15e législature · session Session ordinaire 2021-2022

Séance du 14 janvier 2022 — 125e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de M. Sylvain Waserman.

1 294prises de parole
89orateurs
22points à l'ordre du jour

Verbatim Le compte rendu

Tours 1 à 200 sur 1294 — page 1 / 7.

Sylvain Waserman president · Dem #2

La séance est ouverte.

#3

(La séance est ouverte à vingt et une heures trente.)

Suite de la discussion d’un projet de loi

Sylvain Waserman president · Dem #7

L’ordre du jour appelle la suite de la discussion, en nouvelle lecture, du projet de loi renforçant les outils de gestion de la crise sanitaire et modifiant le code de la santé publique (nos 4905, 4909).

Discussion des articles (suite)

Sylvain Waserman president · Dem #9

Cet après-midi, l’Assemblée a commencé la discussion des articles du projet de loi, s’arrêtant à l’amendement no 130 à l’article 1er.

Article 1er (suite)

Sylvain Waserman president · Dem #11

La parole est à Mme Catherine Pujol, pour soutenir l’amendement no 130.

article 1er · amendement 130

Nous ne sommes pas opposés à la vaccination, dont l’utilité est avérée pour atténuer les formes graves du covid chez les personnes fragiles, mais nous dénonçons l’entêtement du Gouvernement à imposer une stratégie du tout-vaccinal, alors que le vaccin ne peut constituer l’unique solution.La déferlante omicron montre d’ailleurs que cette stratégie est d’ores et déjà un échec en matière de santé publique : la vaccination n’empêche ni la contamination, ni la propagation du virus. De plus, l’obstination à tout miser sur le vaccin tend à créer une obligation vaccinale déguisée et conduit à dresser les Français les uns contre les autres, dans un contexte économique et social déjà particulièrement fragile.Pour la énième fois, monsieur le secrétaire d’État chargé de l’enfance et des familles, vous défendez un texte préparé et débattu dans l’urgence, voire dans l’improvisation ; de nouveau, avec […]

La parole est à M. Jean-Pierre Pont, rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République, pour donner l’avis de la commission.

Jean-Pierre Pont rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République · RE #18

Avis défavorable. Le texte prévoit deux exceptions pour les déplacements inter-régionaux. Dans le cas d’un motif impérieux d’ordre familial ou de santé, le passe sanitaire suffira ; en cas d’urgence, ni le passe vaccinal, ni le passe sanitaire ne seront requis.

La parole est à M. le secrétaire d’État chargé de l’enfance et des familles, pour donner l’avis du Gouvernement.

Adrien Taquet secrétaire d’État chargé de l’enfance et des familles · NI #20

Sans grande surprise, l’avis est défavorable.

#21

(L’amendement no 130 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Sylvain Waserman president · Dem #22

Je suis saisi de deux amendements, nos 398 et 168, pouvant être soumis à une discussion commune.La parole est à M. Gérard Leseul, pour soutenir l’amendement no 398.

article 1er · amendement 398

Il vise, pour les adultes souhaitant emprunter les transports publics inter-régionaux, à supprimer l’obligation de présenter un passe vaccinal et à maintenir le passe sanitaire, quel que soit le motif du déplacement. En effet, subordonner l’accès aux transports publics inter-régionaux à la présentation d’un passe vaccinal en exclurait une partie de la population qui ne dispose pas d’un schéma vaccinal complet. Ce n’est pas souhaitable. Votre dispositif entraînerait des situations absurdes, puisqu’il existe des trains inter-régionaux qui desservent des villes proches.

Sylvain Waserman president · Dem #24

La parole est à M. Paul Molac, pour soutenir l’amendement no 168.

article 1er · amendement 168

Il vise à préciser les termes « sauf en cas d’urgence faisant obstacle à l’obtention du justificatif requis ». On peut avoir à effectuer un déplacement inter-régional dans une situation de grande urgence, par exemple lorsque quelqu’un décède, et ne pas avoir le temps de réunir des éléments pour le prouver. Dans ce cas, va-t-on se voir refuser le transport parce qu’on ne disposerait des preuves de l’impérieuse nécessité du déplacement ?Notre objectif est de laisser un peu de marge à nos concitoyens pour éviter de les bloquer lorsqu’ils se trouvent dans des situations graves. D’ailleurs, cela se pratique déjà : si l’on n’a pas son permis de conduire sur soi, on peut le présenter plus tard à la gendarmerie – il s’agit d’une permission assez banale.

#27

(Les amendements nos 398 et 168, repoussés par la commission et le Gouvernement, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts
Sylvain Waserman president · Dem #28

Je suis saisi de quatre amendements, nos 442, 347, 238 et 399, pouvant être soumis à une discussion commune.La parole est à M. Marc Le Fur, pour soutenir l’amendement no 442.

article 1er · amendement 442

Certains déplacements sont indispensables, par exemple pour remplir des exigences professionnelles ou de formation ; des jeunes peuvent avoir besoin d’emprunter des transports pour passer des examens, même s’ils ne disposent pas du passe vaccinal.Ces exemples justifient qu’on laisse quelques espaces de liberté. Au fronton de nos mairies est inscrit le mot Liberté, ne l’oubliez pas, mes chers collègues ! (Sourires sur les bancs du groupe LaREM.)

Jean-Pierre Pont rapporteur · RE #31

Le mot Égalité aussi !

On peut borner la liberté, mais il faut éviter les excès.

Tout à fait !

Nous sommes certes dans des circonstances assez exceptionnelles, néanmoins il est indispensable de préserver les espaces de liberté que j’ai cités.

Sylvain Waserman president · Dem #35

L’amendement no 347 de Mme Emmanuelle Ménard est défendu.La parole est à Mme Michèle de Vaucouleurs, pour soutenir l’amendement no 238.

article 1er · amendement 442

Je me suis déjà exprimée la semaine dernière au sujet des transports inter-régionaux. J’admets que l’on utilise le passe pour inciter à la vaccination lorsqu’il s’agit d’activités non essentielles, comme les activités de loisirs. Cependant, le rendre obligatoire dans les transports inter-régionaux amènera des situations contradictoires. Un étudiant peut assister à ses cours sans être vacciné ; s’il habite et étudie en région parisienne, il ne rencontrera pas de difficulté : il pourra partir de Seine-et-Marne pour aller en cours à Cergy, en traversant tout Paris dans les transports en commun, sans présenter de passe vaccinal. En revanche, celui qui habiterait Paris mais étudierait à Lyon, ou inversement, ne pourra pas emprunter le TGV s’il n’est pas vacciné. Ce n’est pas cohérent.Nous avons autorisé les jeunes de moins de 16 ans à aller sur les terrains de sport sans être vaccinés ; nous […]

Sylvain Waserman president · Dem #39

La parole est à Mme Claudia Rouaux, pour soutenir l’amendement no 399.

article 1er · amendement 399

Comme les amendements précédents, il vise à élargir le champ des dérogations. Nous proposons de lever l’obligation de présenter un passe vaccinal pour les personnes convoquées par une juridiction ou une autorité administrative. En effet, les convocations obligent à se présenter physiquement et les personnes concernées pourraient se trouver pénalisées. Le passe sanitaire demeurerait suffisant.

Quel est l’avis de la commission ?

Jean-Pierre Pont rapporteur · RE #42

Avis défavorable. Je suis surpris d’entendre qu’un étudiant n’est pas obligé de se faire vacciner pour aller en cours. Pour sa santé, ne vaudrait-il pas mieux qu’il soit vacciné ?

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Adrien Taquet secrétaire d’État · NI #44

Avis défavorable.

La parole est à M. Ugo Bernalicis.

Je suis désolé, monsieur le secrétaire d’État, je ne sais pas si c’est l’effet d’une malédiction, mais chaque fois nous nous retrouvons ensemble tard dans la nuit ! (Sourires.)

Adrien Taquet secrétaire d’État · NI #47

C’est un plaisir !

Nous avons déjà posé des questions concernant les transports, hier lors de l’examen du texte en commission, et la semaine dernière en séance. Peut-être vous souvenez-vous d’avoir assisté le lundi à un échange avec M. le ministre des solidarités et de la santé, qui expliquait que l’interdiction de manger et de boire dans le train concernait les gens qui mangent des M&M’s qu’ils prennent un à un, en laissant le paquet ouvert, afin d’avoir un prétexte pour ne jamais remettre leur masque. Il a ensuite donné l’exemple des chips. Il expliquait donc qu’on avait le droit de manger dans le train, mais qu’il fallait consommer avec discernement et éviter d’abuser de l’autorisation.Depuis, j’ai pris le train plusieurs fois – pas si souvent, puisque, chaque fois, vous nous maintenez ici plus longtemps que prévu –, or l’annonce diffusée est très claire : il est interdit de manger et de boire dans les […]

La parole est à M. Marc Le Fur.

Prenons des exemples précis. Si vous n’adoptez pas l’amendement que je défends, je vous confirme que vous emmerderez du monde, si cela vous fait plaisir !Vous emmerderez celui qui a obtenu une convocation pour un entretien de recrutement dans une entreprise qui n’est pas dans sa région – parfois, pour trouver un emploi, il ne suffit pas de traverser la rue : il faut parcourir un peu plus de distance. Si une personne n’est pas vaccinée, elle ne pourra pas le faire.Vous emmerderez le justiciable convoqué devant un magistrat. Sera-t-il sanctionné s’il n’y va pas, parce que les règles que vous adoptez l’empêcheront de le faire ?Vous emmerderez…

Mais arrêtez, à la fin !

…le jeune qui doit passer un examen dans une autre région, et doit s’y rendre en train, puisqu’il n’a pas de véhicule à sa disposition. Cela arrive, et il ne pourra pas s’y rendre.

Jean-Pierre Pont rapporteur · RE #59

Mais si, s’il est vacciné !

Ces exemples précis révèlent votre inaptitude à prendre en considération les préoccupations de nos concitoyens. Nous vous posons des questions simples, vous nous répondez en formulant des principes. C’est ainsi que vous gérez mal la France ; pour toutes ces raisons, mes chers collègues, vous serez sanctionnés dans quelques mois. (Exclamations sur les bancs du groupe LaREM.)

Dans l’attente, je mets les amendements aux voix.

#62

(Les amendements nos 442, 347, 238 et 399, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts
Sylvain Waserman president · Dem #63

L’amendement no 144 de Mme Myriane Houplain est défendu.

#64

(L’amendement no 144, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)

Sylvain Waserman president · Dem #65

La parole est à M. Jacques Marilossian, pour soutenir l’amendement no 234.

article 1er · amendement 234

Je présente cet amendement pour la deuxième fois. En effet, le passe sanitaire doit être présenté à l’Assemblée nationale lors des visites, des colloques et pour accéder aux lieux de restauration.Je vous propose de soumettre l’accès aux assemblées délibérantes – Sénat, Assemblée nationale, celles des régions et des départements – à la présentation du passe sanitaire. On m’a déjà répondu que cette disposition pourrait être inconstitutionnelle, mais beaucoup de personnes m’ont appelé en me demandant pourquoi nous étions au-dessus des lois – vous devriez en être conscients. Je vous propose de démontrer à nos concitoyens que nous voulons être exemplaires et que nous ne sommes pas au-dessus des lois. Si cela pose un quelconque problème constitutionnel, ce n’est pas à nous d’en juger : laissons le Conseil constitutionnel se prononcer sur ce point.

Quelle hypocrisie !

Quel est l’avis de la commission ?

Jean-Pierre Pont rapporteur · RE #70

Je vous invite à retirer votre amendement ; à défaut, j’émettrai un avis défavorable. L’Assemblée nationale appliquera le passe vaccinal dans les conditions de droit commun, comme elle l’a fait pour le passe sanitaire.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Adrien Taquet secrétaire d’État · NI #72

Je vous invite à retirer votre amendement ; à défaut, j’émettrai un avis défavorable.

La parole est à Mme Émilie Cariou.

Ce qui est au-dessus des lois, c’est en effet la Constitution (M. Ugo Bernalicis et Mme Martine Wonner applaudissent) et l’ordre juridique français. Si vous nous dites que vous soumettez l’amendement au Conseil constitutionnel, cela signifie que vous êtes d’accord pour saisir avec nous le Conseil constitutionnel. En effet, sinon vos propositions ne seront jamais validées. Saisissons tous ensemble le Conseil constitutionnel !

La parole est à M. Ugo Bernalicis.

C’est un peu insensé. Cela dit, pendant ce débat, le secrétaire d’État Taquet peut prendre le temps de la réflexion pour nous répondre sur la possibilité de manger des chips ou des M&M’s dans les trains ; nous attendons des éléments de réponse.Collègues, vous ne pouvez pas nous dire que le Conseil constitutionnel se prononcera plus tard. Le collègue Larrivé avait fait la même réflexion lorsqu’il nous avait proposé d’imposer la présentation du passe sanitaire pour accéder aux événements et réunions publics.Vous pouvez vous dire que la Constitution et le bloc de constitutionnalité sont inutiles et qu’on peut faire des crash-tests permanents, c’est-à-dire d’essayer de la pousser dans ses retranchements en faisant jouer l’habituel effet cliquet, comme vous vous y êtes employés pour tous ces textes jusqu’à présent. Au bout du compte, la garantie constitutionnelle s’applique : vous ne pouvez […]

#79

(L’amendement no 234 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Sylvain Waserman president · Dem #80

La parole est à M. Dino Cinieri, pour soutenir l’amendement no 287.

article 1er · amendement 287

Il n’est pas justifié de vacciner systématiquement nos concitoyens sans vérifier leurs anticorps au préalable. Ceux qui le souhaitent doivent pouvoir effectuer une sérologie et, s’ils ont un taux élevé d’anticorps, celui-ci doit être reconnu comme une équivalence pour bénéficier du passe sanitaire et du passe vaccinal. Cette proposition de bon sens met en exergue l’existence d’une immunité naturelle qui contribue à l’immunité collective. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)

#82

(L’amendement no 287, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Sylvain Waserman president · Dem #83

La parole est à Mme Martine Wonner, pour soutenir l’amendement no 415.

article 1er · amendement 415

Je relaie les inquiétudes de quelques citoyens qui auraient entendu de la bouche même du président que, n’étant pas vaccinés, ils devenaient des sous-citoyens. Beaucoup pensent aux prochaines élections et aimeraient être sûrs que le droit d’aller dans un bureau de vote ou même d’être assesseur n’est pas lié au statut vaccinal.

Il faut arrêter !

Il conviendrait d’avoir une réponse claire sur ce sujet ; les citoyens français l’attendent.

Quel est l’avis de la commission ?

Jean-Pierre Pont rapporteur · RE #88

Défavorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Adrien Taquet secrétaire d’État · NI #90

Il est satisfait. Avis défavorable.

La parole est à M. Marc Le Fur.

Je veux bien admettre que l’amendement soit satisfait quand il s’agit de voter ; il serait inconcevable qu’il en soit autrement. En revanche, pourriez-vous nous préciser ce qu’il en est exactement pour les fonctions qui s’exercent à l’intérieur du bureau de vote, notamment celles d’assesseur ? Ce sont des fonctions très liées à notre démocratie. (M. Alain Ramadier et Mme Albane Gaillot applaudissent.)

La parole est à Mme Martine Wonner.

Il est vrai que j’ai défendu deux amendements en même temps pour éviter de trop parler, car j’ai déposé beaucoup d’amendements et, chaque fois que je prends la parole, on entend des soupirs. M. le secrétaire d’État pourrait-il nous éclairer en répondant à M. Le Fur, que je remercie d’avoir reposé cette question ? Il est très important de savoir si les citoyens n’ayant pas un schéma vaccinal complet pourront participer aux tenues des bureaux de vote. Il ne s’agit pas forcément des non-vaccinés, mais de personnes qui n’ont pas reçu leur troisième dose et peut-être, d’ici là, leur quatrième.

#95

(L’amendement no 415 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Sylvain Waserman president · Dem #96

La parole est à M. Ugo Bernalicis, pour soutenir l’amendement no 30.

article 1er · amendement 30

En présentant cet amendement de suppression, je souhaite rappeler au secrétaire d’État que si d’aventure il avait les éléments de réponse à la question que j’ai posée tout à l’heure, il pourrait prendre la parole à tout moment. Le président lui donnerait volontiers afin qu’il puisse nous éclairer sur la réglementation en vigueur dans les trains.

Adrien Taquet secrétaire d’État · NI #98

Je réfléchis encore !

A-t-on le droit de boire et de manger lorsque l’on apporte sa nourriture et sa boisson comme cela avait été déclaré par le ministre des solidarités et de la santé ? Les instructions données par la SNCF sont-elles erronées ? Je pense que tel est le cas car j’ai lu le décret. Nous aimerions que vous confirmiez ce qu’avait dit Olivier Véran dans l’hémicycle, et que vous transmettiez des instructions à votre collègue Djebbari afin qu’il les répercute auprès de la SNCF.L’amendement vise notamment à supprimer l’obligation de présenter le passe sanitaire – le passe vaccinal n’étant pas obligatoire – pour accéder aux établissements de santé, sociaux et médico-sociaux. La présentation du passe sanitaire pose en effet problème : les personnes qui n’en disposent pas s’excluent elles-mêmes du système de santé et ne se rendront pas aux urgences pour ne pas mobiliser ce service. Du reste, vous avez […]

C’est bon, on arrête !

…c’est une idée extraordinaire au moment où l’accès à la santé est central dans notre société et devrait constituer un droit inconditionnel pour toutes les citoyennes et les citoyens. Nous pensons que ces règles sont de trop, d’autant qu’on peut craindre des effets de bord : qui jugera de l’urgence ? Vous nous dites que ce seront les membres du personnel hospitalier et les soignants. Très bien. Or lorsque vous vous rendez dans un établissement de santé, surtout dans les grandes villes, vous devez présenter votre passe à un agent de sécurité privé. C’est lui qui décidera de solliciter un membre du personnel hospitalier, lequel déterminera s’il y a urgence et si vous pouvez accéder à l’établissement ; on marche sur la tête !

Quel est l’avis de la commission ?

Jean-Pierre Pont rapporteur · RE #104

Défavorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Adrien Taquet secrétaire d’État · NI #106

Défavorable.

Monsieur Bernalicis, vous êtes le seul à demander la parole. Je vous la donne donc avec plaisir.

Je le sais, monsieur le président. Je ne comprends pas pourquoi je n’ai pas de réponse au banc sur tous les sujets que nous abordons.

Peut-être parce que vous nous fatiguez un peu.

Les membres du Gouvernement savent pourtant que je peux faire preuve d’une forte détermination. Je l’ai dit tout à l’heure au secrétaire d’État Attal, que j’avais interrogé à plusieurs reprises. Dès qu’il m’a donné la réponse, j’ai cessé de poser mes questions – mes collègues en sont témoins – et nous avons pu avancer. Pour qu’il en aille de même, je souhaite obtenir des réponses aux questions que nous posons.Le passe sanitaire constitue déjà un problème pour accéder aux établissements médico-sociaux. L’amendement vise à supprimer une disposition relative aux mineurs de 12 à 15 ans qui, bien que vous la présentiez comme une avancée, est en réalité un recul par rapport à la mesure votée par le Sénat. Celui-ci avait adopté un dispositif prévoyant qu’aucun mineur n’était soumis au passe vaccinal – les mineurs continuaient malheureusement de l’être au passe sanitaire, car nous n’avons pu […]

La parole est à Mme Martine Wonner.

Il serait préférable pour le bon déroulé des débats qui auront lieu au cours de la nuit que nous obtenions des réponses. Mon collègue Bernalicis interroge en vain le Gouvernement. M. Le Fur et moi-même l’avons fait sur le sujet fondamental de la tenue des bureaux de vote à quelques semaines des élections présidentielles. Il importe que nous puissions savoir ce soir si les personnes non vaccinées ou les personnes n’ayant pas un schéma vaccinal complet pourront tenir un bureau de vote.

#116

(L’amendement no 30 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Sylvain Waserman president · Dem #117

La parole est à M. Dino Cinieri, pour soutenir l’amendement no 27.

article 1er · amendement 27

Il vise à rétablir la rédaction pragmatique votée par le Sénat. Dans le cas où la personne ferait face à une urgence impérieuse, il paraît délicat de lui demander de présenter le résultat d’un examen de dépistage virologique, alors même que sa priorité n’est pas de réaliser un tel test. Il est donc proposé de permettre à la personne de fournir un test datant de soixante-douze heures, mesure plus raisonnable pour les personnes concernées. Cette disposition est d’autant plus nécessaire que les centres de dépistage sont actuellement très engorgés.

Quel est l’avis de la commission ?

Jean-Pierre Pont rapporteur · RE #120

En cas d’urgence, le passe vaccinal ne s’applique pas. Avis défavorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Adrien Taquet secrétaire d’État · NI #122

Même avis pour les mêmes raisons.

La parole est à M. Ugo Bernalicis. Vous êtes toujours le seul à me demander la parole…

Mais je suis le seul tout court, monsieur le président.

Non, vous n’êtes pas le seul présent dans l’hémicycle, mais, en l’occurrence, vous êtes le seul à me demander la parole.

Je me croyais seul, pardon ; le débat me semblait un peu éteint. Vous avez raison de me détromper.J’aimerais qu’on nous explique ce que signifie « en cas d’urgence ». Des débats ont eu lieu sur cette question, y compris sur la signification de cette expression dans le droit en vigueur. Encore une fois, vous renvoyez les personnes à leur propre appréciation et à celle de la personne qui devra déterminer s’il y a ou non urgence. Il peut s’agir de n’importe qui : un agent de sécurité privé, un contrôleur, un soignant, un directeur d’EHPAD. Je ne suis pas sûr qu’autant de personnes différentes aient la même définition de l’urgence.Vous dites qu’il faut faire confiance au discernement des personnes et à leur bonne compréhension du monde qui nous entoure. Le discernement se traduit souvent par de l’arbitraire. Or j’espère, monsieur le rapporteur, monsieur le secrétaire d’État, que […]

On les a !

Des problèmes concrets se posent quand une personne doit faire valoir qu’elle est dans une situation d’urgence. J’avais posé la question en commission le 29 décembre : existe-t-il un QR code pour un motif d’urgence ? Ce dispositif pourrait résoudre en partie le problème.

La parole est à M. Marc Le Fur.

Nous avons bien compris et convenons tous qu’en cas d’urgence, il n’y a pas lieu de présenter des documents. Un certain nombre de gens se rendent néanmoins dans les hôpitaux sans qu’il y ait urgence. Les dialysés, par exemple, doivent se rendre à l’hôpital pour des rendez-vous réguliers, et je suppose que vous allez me répondre à ce propos. D’autres traitements réguliers exigent une présence à l’hôpital qui n’est pas liée à l’urgence, puisqu’il n’y a ni blessure ni accident. Vous les emmerdez aussi, les dialysés, ou vous les laissez aller à l’hôpital ? Ma question est très simple.

#134

(L’amendement no 27 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Sylvain Waserman president · Dem #135

Je suis saisi de deux amendements identiques, nos 348 et 440.La parole est à Mme Emmanuelle Ménard, pour soutenir l’amendement no 348.

article 1er · amendement 348

Il tend à permettre aux personnes bénéficiant d’un certificat médical de contre-indication vaccinale d’avoir néanmoins accès au passe vaccinal.

Sylvain Waserman president · Dem #137

La parole est à M. Marc Le Fur, pour soutenir l’amendement no 440.

article 1er · amendement 440

Cet amendement, identique au précédent, devrait être accepté. Durant le débat, j’ai posé à M. Véran une question concernant une personne qui avait subi deux œdèmes de Quincke : le médecin du centre de vaccination, à qui il fait état de cette difficulté, déclare qu’il ne peut pas le vacciner et le renvoie consulter son médecin traitant, lequel établit un certificat de contre-indication. À l’évidence, cette personne, qui a subi deux syndromes dont l’un a failli être mortel, ne souhaite pas être vaccinée. M. Véran ne m’a pas répondu immédiatement mais, un peu plus tard dans le débat, il a indiqué que de telles contre-indications donnaient lieu à dispense de vaccination. Puisque le ministre est d’accord, le mieux est donc d’inscrire cette disposition dans la loi. C’est le seul objet de cet amendement et je ne vois donc pas comment vous pourriez le refuser.

Quel est l’avis de la commission ?

Jean-Pierre Pont rapporteur · RE #140

Défavorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Adrien Taquet secrétaire d’État · NI #142

Défavorable. Nous sommes tellement d’accord que cette mesure est déjà inscrite dans la loi ! Cette situation vaut déjà passe vaccinal, tout comme les soins programmés : ce que vous inscrivez dans le débat relève déjà de l’état du droit et vos amendements sont satisfaits, monsieur Le Fur. Retirez-les donc. Vous n’allez pas faire une loi bavarde et superfétatoire. Pas vous !Monsieur Bernalicis, vous ne m’écoutez pas, et vous me direz ensuite que je ne vous réponds pas… Pour ce qui est de l’urgence et des besoins impérieux, évoqués avant la suspension de séance, j’ai regardé vos échanges avec Gabriel Attal. Comme vous l’avez dit vous-même, vous avez posé plusieurs fois la question, notamment le 29 décembre en commission, et le ferez cette nuit encore, j’imagine. Des réponses vous ont été apportées. Ces débats ont également eu lieu au Sénat et je ne doute pas que vous les ayez également […]

La parole est à M. Marc Le Fur.

Monsieur le secrétaire d’État, vous nous dites que cette mesure est déjà inscrite dans le texte, mais je ne comprends pas, puisque nous créons avec ce texte le passe vaccinal, qui n’existe pas. C’est donc maintenant que nous créons les conditions associées à ce nouveau document pour lequel il n’existe pas de texte antérieur. Je ne fais pas confiance à une quelconque circulaire, mais à la loi, et nous sommes précisément réunis pour cela. Je souhaite donc que cet amendement, qui clarifie les choses, soit adopté. Puisque vous nous dites qu’il n’y a pas de problème de fond, adoptons-le : au moins rassurerons-nous un certain nombre de nos compatriotes.

Très bien ! Il a raison !

La parole est à M. Frédéric Petit.

Je rappelle à mes collègues que le rôle du Parlement est de légiférer, et non de réglementer.

#150

(Les amendements identiques nos 348 et 440 ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts
Sylvain Waserman president · Dem #151

Je suis saisi de deux amendements identiques, nos 67 et 323.La parole est à M. Éric Coquerel, pour soutenir l’amendement no 67.

article 1er · amendement 67

Je poserai à nouveau une question que j’ai déjà posée tout à l’heure sans obtenir vraiment de réponse. Le représentant du Gouvernement au banc ayant changé, peut-être en obtiendrai-je une cette fois-ci. Pourquoi, alors que beaucoup de choses connaissent actuellement des modifications considérables, continuez-vous à vouloir imposer un passe vaccinal dont chacun conviendra qu’il comporte au moins des risques de créer des discriminations et des inégalités entre les Français, ce qui pose problème à tous ceux qui, comme moi, sont favorables à l’État de droit ?Ces modifications sont de deux ordres. Premièrement, vous êtes en train de changer de stratégie : puisque vous estimez qu’on ne peut rien faire contre la transmission du variant omicron et que, comme chacun le constate, le vaccin ne résout pas ce problème, ce variant omicron n’étant pas aussi dangereux que les précédentes versions, vous […]

Sylvain Waserman president · Dem #155

La parole est à Mme Martine Wonner, pour soutenir l’amendement no 323.

article 1er · amendement 323

Il tend à supprimer l’alinéa 11. En effet, je suis très étonnée qu’on limite encore l’accès aux établissements de santé. Certains confrères qui m’appellent et avec qui je discute voient (Soupirs sonores sur les bancs des groupes LaREM, Dem et LR) – merci de me laisser poursuivre ! – des situations cliniques qu’ils n’avaient jamais observées jusqu’ici : des personnes qui ont attendu trop longtemps, qui continuent à avoir peur et qui se disent que, pour se rendre dans un établissement de santé et accéder aux soins, il faut faire un test. C’est très compliqué. Il y a un monde entre la réalité et ce que vous imaginez, ou du moins ce que vous souhaitez continuer à imposer aux Français. Il conviendrait donc de supprimer, avec cet alinéa, l’obligation du passe sanitaire, hors urgences, pour accéder aux établissements et avoir accès à tous les soins.

Quel est l’avis de la commission ?

Jean-Pierre Pont rapporteur · RE #158

Défavorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Adrien Taquet secrétaire d’État · NI #160

Défavorable.

La parole est à M. Éric Coquerel.

Je reviens à la charge, car je souhaiterais obtenir au moins une réponse du Gouvernement sur les deux questions que j’ai posées, car il s’agit là d’éléments absolument nouveaux par rapport à la première lecture du texte relatif au passe vaccinal. Premièrement, en effet, le Gouvernement a changé de stratégie pour laisser le virus se propager parce qu’il est moins dangereux et en escomptant parvenir ainsi à une immunité collective. Deuxièmement, et ce n’est pas anecdotique, le chauffeur de taxi qui me conduisait tout à l’heure et auquel j’ai appris l’existence de Novavax fait partie de cette catégorie de Français qui ne sont pas antivax par principe, mais qui – et la question n’est pas de savoir s’il faut leur donner tort – n’ont pas confiance dans l’ARN messager. La réaction de ce chauffeur, qui sera certainement celle de nombreuses personnes, était de dire que, dans ces conditions, il […]

Castro, sors de ce corps !

…et je n’ose croire que ce pourrait être pour des raisons idéologiques que l’on refuserait de l’autoriser en France.Pourquoi ne différez-vous pas, à tout le moins, l’entrée en vigueur de ce passe vaccinal qui va semer la pagaille dans le pays et mettre, dans deux jours, 6 millions de Français dans une situation inextricable, alors que ce n’est plus l’urgence, compte tenu de l’évolution du variant omicron.

La parole est à Mme Laurence Vichnievsky.

Notre collègue s’égare loin de l’amendement dont nous discutons. Le passe sanitaire est déjà une facilité par rapport au passe vaccinal pour les accompagnateurs et ceux qui se rendent dans les établissements de soins. S’il est un endroit où l’on doit chercher à limiter la diffusion du virus et protéger ceux qui s’y rendent, c’est bien un établissement de santé. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem et sur plusieurs bancs du groupe LaREM.)

Quel rapport avec l’amendement ?

#170

(Les amendements identiques nos 67 et 323 ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts
Sylvain Waserman president · Dem #171

La parole est à M. Hubert Wulfranc, pour soutenir l’amendement no 221.

article 1er · amendement 221

Il vise à prendre en compte des publics fragiles en exonérant de l’obligation de présenter un passe vaccinal les patients devant se rendre à des consultations de santé mentale ou recevoir des soins psychiatriques, psychologiques et psychothérapeutiques. Le problème spécifique est celui de la détérioration du suivi de la santé mentale de nos concitoyennes et concitoyens. Il serait légitime de maintenir l’accès aux professionnels de santé mentale, avec lesquels les consultations téléphoniques ne sont pas suffisantes et qu’il faut pouvoir consulter physiquement.

Quel est l’avis de la commission ?

Jean-Pierre Pont rapporteur · RE #174

Défavorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Adrien Taquet secrétaire d’État · NI #176

Défavorable.

La parole est à Mme Martine Wonner.

La situation particulière des patients présentant des pathologies psychiatriques est tout à fait intéressante. En effet, il est beaucoup plus compliqué pour ces patients de suivre un traitement au long cours, et a fortiori de devoir présenter un certificat ou un QR code pour se rendre en consultation. Vous limitez déjà l’accès aux soins. Or on connaît la carence qu’accuse notre pays dans le domaine de la santé mentale. (Brouhaha.)J’ai craint que Mme Vichnievsky ne quitte l’hémicycle, car je souhaite également répondre à sa remarque. (Mêmes mouvements.)Je souhaiterais qu’il y ait une cohérence sur tous les plans. Il a été dit, en effet, qu’il était très important qu’il n’y ait pas de contamination surajoutée à l’hôpital, mais comment alors se fait-il, chers collègues, que les soignants positifs aillent travailler à l’hôpital ? Ne sont-ils pas eux-mêmes contaminants ? Alors qu’un patient […]

La parole est à Mme Jennifer De Temmerman.

J’allais poser la même question au secrétaire d’État. Pas plus tard qu’hier, des personnels des établissements de santé mentale du territoire dont je suis élue m’ont fait part de leurs inquiétudes quant à la façon dont les gens étaient traités, soulignant qu’il était désespérant pour les patients de ne pas pouvoir recevoir leur famille. Ils m’ont également confirmé que des soignants positifs au covid, pour peu qu’ils soient vaccinés, entraient dans les établissements et étaient même rappelés pour travailler. En quoi votre passe vaccinal ou votre passe sanitaire protège-t-il les patients et les personnes présentes dans les établissements ? Qui plus est, plusieurs études menées par les universités d’Oxford et de Francfort, ainsi que par l’Agence de santé britannique, prouvent que, désormais, les vaccins n’ont contre la transmission du variant omicron qu’une efficacité de 33 %. (Mme […]

#183

(L’amendement no 221 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Sylvain Waserman president · Dem #184

La parole est à M. Loïc Prud’homme, pour soutenir l’amendement no 170.

article 1er · amendement 170

Puisque nous en sommes à la question des dérogations, je souhaiterais soumettre au secrétaire d’État le cas concret d’une personne qui est dans un lieu soumis au passe vaccinal, par exemple un restaurant, et se fait contrôler par des agents des forces de l’ordre qui entrent dans le restaurant. Du point de vue sanitaire, est-il safe…

On parle français à l’Assemblée, monsieur Prud’homme !

…que ces agents puissent entrer dans cet établissement en bénéficiant d’une dérogation au passe vaccinal, sachant qu’ils pourraient transmettre le virus ?

Quel est l’avis de la commission ?

Jean-Pierre Pont rapporteur · RE #189

Défavorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Adrien Taquet secrétaire d’État · NI #191

Même avis.

La parole est à M. Xavier Breton.

Je suis étonné du silence du secrétaire d’État et du rapporteur sur des questions comme celle qui vient d’être posée, ainsi que sur les amendements précédents.

On a déjà répondu !

On entend dire que des soignants entrent dans des établissements en étant contaminés alors que d’autres, qui ne le sont pas, ne peuvent pas entrer, et cela vous laisse sans réaction.

La question a été abordée cinq fois !

Nous attendons des réponses sur ces arguments de fond, sinon nos débats ne servent à rien. Je sais bien que vous considérez qu’il faut que le texte soit adopté le plus vite possible et que nous avons déjà examiné douze textes qu’une majorité de godillots a votés sans discuter. (Vives protestations sur les bancs des groupes LaREM et Dem.)

C’est inadmissible !

C’est le rôle de l’opposition de vous poser des questions. Ne croyez pas que ce texte va passer tout seul. La prochaine fois, vous nous direz qu’on a déjà débattu de treize textes et les godillots ont adopté votre texte. Mieux vaudrait répondre à des arguments de fond, qui sont valables !

Cher collègue, soyez respectueux ! Chaque député vote comme il le souhaite, en son âme et conscience.La parole est à M. Nicolas Turquois.

Je suis outré des propos que je viens d’entendre. (Exclamations sur les bancs du groupe LR. – Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LaREM.) Connaissez-vous des gens, parmi vos proches, qui ont été en réanimation ? Connaissez-vous dans votre circonscription des gens qui sont décédés, et pas nécessairement à des âges canoniques ? On vote peut-être comme des godillots, mais vous qui aspirez aux responsabilités, je vais vous appeler le groupe des quatre quarts : un quart je vote pour, un quart je vote contre, un quart je m’abstiens, un quart je ne suis pas là. (Vifs applaudissements sur les bancs des groupes Dem et LaREM.) C’est lamentable, je suis outré par le débat ! Tout à l’heure, le professeur Combes, de la Pitié-Salpêtrière, expliquait sur BFMTV qu’il n’avait vu en réanimation que des non-vaccinés. (Protestations sur les bancs du groupe FI.) Allez voir ce qui se passe dans […]

La parole est à M. le rapporteur.

Jean-Pierre Pont rapporteur · RE #204

On me reproche de ne pas avoir répondu. Cet amendement porte sur les mineurs et propose de remplacer le mot « douze » par le mot « dix-huit ». On en a déjà largement discuté. J’ai à répondre sur cet amendement et non sur les autres élucubrations. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.)

#205

(L’amendement no 170 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Sylvain Waserman president · Dem #206

Je suis saisi de deux amendements identiques, nos 79 et 81.L’amendement no 79 de Mme Marie-France Lorho est défendu.La parole est à Mme Catherine Pujol, pour soutenir l’amendement no 81.

article 1er · amendement 79

Ce qui se passe ce soir dans l’hémicycle est très grave. (Exclamations sur les bancs du groupe LaREM.)C’est un professionnel de santé qui vous parle ! Il s’agit de l’accès aux soins à tous.À l’entrée de tous les hôpitaux et cliniques, on peut lire que la loi de 2002 prévoit que l’accès aux soins est dispensé à tous.

À tous ? On va en parler, madame ! (Exclamations sur les bancs du groupe LR et parmi les députés non inscrits.)

Calmez-vous ! Je sais ce que je dis puisque cela fait vingt ans que je travaille dans les hôpitaux. C’est pourquoi je demande la suppression, à l’alinéa 11 de l’article 1er, des mots : « ainsi que pour celles qui y sont accueillies pour des soins programmés », sinon demain les personnes qui n’auront pas de passe vaccinal ne pourront pas être soignées dans nos hôpitaux. (« C’est faux ! » sur les bancs des groupes LaREM et Dem.) Vous êtes en train de modifier la loi de 2002 et le code de la santé publique. C’est inadmissible de la part de ce gouvernement !

Les non-vaccinés, on les soigne ! On ne peut pas dire n’importe quoi dans l’hémicycle !

Quel est l’avis de la commission ?

Jean-Pierre Pont rapporteur · RE #215

En l’espèce, ce n’est pas le passe vaccinal qui s’applique mais le passe sanitaire, ce qui est totalement différent. Avis défavorable. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et Dem.)

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Adrien Taquet secrétaire d’État · NI #217

Le rapporteur a raison. C’est l’état du droit depuis plusieurs mois. Madame la députée, lisez les textes, replongez-vous dans les débats précédents. Alors que rien ne change, vous êtes en train de faire comme si tout changeait. On peut débattre des dispositions en vigueur depuis longtemps en donnant l’illusion que les choses changent, mais ce n’est pas le cas. Un peu de sincérité vis-à-vis de l’extérieur ! (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et Dem.)

La parole est à M. Bruno Millienne.

Chers collègues de l’opposition, je vous entends depuis des heures prendre la défense des non-vaccinés. C’est votre droit le plus strict. Mais je n’ai pas beaucoup entendu sur vos bancs des députés prendre la défense des personnes vaccinées qui n’ont pas accès aux services de réanimation alors qu’elles en ont besoin. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LaREM. – Exclamations sur les bancs du groupe FI.) J’aimerais que vous mettiez autant d’ardeur à les défendre ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes Dem et LaREM.)

La parole est à Mme Martine Wonner.

Monsieur le secrétaire d’État, vous êtes déjà allé tellement loin avec la loi précédente portant diverses dispositions de vigilance sanitaire en imposant le passe sanitaire qu’il n’est pas question d’imposer le passe vaccinal à l’hôpital. Mais trouvez-vous normal que quelqu’un qui veuille entrer dans un hôpital soit confronté à un vigile qui sera atteint du syndrome du petit chef ? (« Oh là là ! sur les bancs des groupes LaREM et Dem.)

C’est vous qui l’avez mise dans cet état ! Elle était très bien chez nous, avant !

Malheureusement, vous préférez financer des vigiles à hauteur de 60 millions d’euros par mois au lieu d’ajouter des lits de réanimation pour les personnes vaccinées car oui, vous avez raison, aujourd’hui ce sont elles qui sont en réanimation. (Vives protestations et quelques huées sur les bancs des groupes LaREM et Dem.)

Cette dame fait partie de la majorité présidentielle de Strasbourg ! Elle n’est pas de chez nous !

Cher collègue, s’il vous plaît !

#226

(Les amendements identiques nos 79 et 81 ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts
Sylvain Waserman president · Dem #227

L’amendement no 32 de M. Bruno Bilde est défendu.

article 1er · amendement 79
#228

(L’amendement no 32, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Sylvain Waserman president · Dem #229

Les amendements identiques nos 84 de Mme Marie-France Lorho, 280 de M. Xavier Breton et 325 de Mme Martine Wonner sont défendus.Quel est l’avis de la commission ?

article 1er · amendement 79
Jean-Pierre Pont rapporteur · RE #231

Défavorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Adrien Taquet secrétaire d’État · NI #233

Défavorable.

La parole est à Mme Sabine Rubin.

Il est en effet anormal qu’une personne vaccinée n’ait pas accès aux soins. Mais ce n’est pas à cause des non-vaccinés.

Ah bon ?

C’est à cause de l’effondrement de notre hôpital.

Il y a une pandémie !

Vous avez fermé les lits ! Cela fait vingt ans que vous laissez tomber notre hôpital. (Applaudissements sur les bancs du groupe FI.)

#240

(Les amendements identiques nos 84, 280 et 325 ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts
Sylvain Waserman president · Dem #241

Je suis saisi de trois amendements, nos 8, 443 et 355, pouvant être soumis à une discussion commune.Les amendements nos 8 et 443 sont identiques.La parole est à M. Dino Cinieri, pour soutenir l’amendement no 8.

article 1er · amendement 8

Il vise à rétablir le dispositif adopté par les sénateurs afin de limiter la possibilité d’imposer la présentation d’un passe vaccinal aux personnes de plus de 18 ans. Les personnes âgées de 12 à 17 ans resteraient, quant à elles, soumises à l’obligation de présenter le passe sanitaire. La subordination de l’accès aux activités concernées à la présentation d’un passe sanitaire pour les mineurs ne serait possible que dans les départements où les critères prévus pour l’imposition d’un passe vaccinal sont réunis.

Sylvain Waserman president · Dem #243

La parole est à M. Marc Le Fur, pour soutenir l’amendement no 443.

article 1er · amendement 443