Séance du 14 janvier 2022 /// n°125 /// 1 294 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 15e législature · session Session ordinaire 2021-2022

Séance du 14 janvier 2022 — 125e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de M. Sylvain Waserman.

1 294prises de parole
89orateurs
22points à l'ordre du jour

Verbatim Le compte rendu

Tours 601 à 800 sur 1294 — page 4 / 7.

Article 1er (suite)

L’article 1er est probablement l’un des plus inquiétants de ce projet de loi, car, demain, un certain nombre de Français, alors qu’ils ne sont évidemment pas assermentés, contrôleront l’identité d’autres Français. Vous êtes habités par une philosophie douteuse. Je sais que pour la majorité, tout est interchangeable : le lundi, vous êtes contrôleur SNCF à Vierzon, le mardi vous devenez esthéticienne à Biarritz. Avec vous, on ne s’attache à rien : aucune formation, aucune racine, aucune sexualité, rien. Tout est interchangeable. Ainsi, vous considérez qu’un commerçant peut se transformer en vigile, qui lui-même peut se transformer en contrôleur de police.Bah non ! En réalité, dans une société de libertés, cela ne peut pas se faire comme ça. Vous touchez là à quelque chose de très important. Nous considérons qu’il faut être assermenté pour contrôler l’identité d’un autre Français et nous […]

Sylvain Waserman president · Dem #713

L’amendement no 45 de M. Bruno Bilde est défendu.La parole est à M. Fabien Di Filippo, pour soutenir l’amendement no 63.

article 1er · amendement 34

Je suis opposé à ce qu’on fasse évoluer les contrôles d’identité pour les confier à d’autres personnes que les policiers. En complexifiant encore les procédures, vous ne ferez qu’introduire de la confusion. Cela rendra ces contrôles encore plus compliqués, cela créera des incidents et personne ne s’y retrouvera.

Sylvain Waserman president · Dem #716

La parole est à Mme Emmanuelle Ménard, pour soutenir l’amendement no 115.

article 1er · amendement 115

Comme on l’a expliqué longuement lors de la première lecture, nous sommes tous d’accord, je crois, pour affirmer qu’on ne peut pas confier à tous la capacité d’effectuer des contrôles d’identité. Le contrôle d’identité doit absolument rester une prérogative des forces de l’ordre habilitées, qui sont garantes de la sécurité publique. Encore une fois, si l’on déléguait cette prérogative à tous, on porterait gravement préjudice aux libertés individuelles.Je rappelle, comme on l’avait dit lors de la première lecture, que ni les policiers municipaux ni les gardes champêtres ne sont habilités à effectuer les contrôles d’identité. Il semble donc aberrant d’ouvrir à tous la possibilité de procéder à un contrôle, même si vous usez d’un autre nom. En effet, vous ne parlez plus de « contrôle d’identité » parce que vous avez bien compris que l’expression posait problème, mais de « vérification de […]

Adrien Taquet secrétaire d’État · NI #719

Non.

Un restaurateur, par exemple, pourra contrôler l’identité de la personne qui lui présentera un passe vaccinal ou un passe sanitaire. Or un restaurateur ou un commerçant n’a pas à se voir confier cette responsabilité, qui doit rester confiée aux forces de l’ordre habilitées.

C’est comme pour un chèque ; c’est dans le code monétaire.

Sylvain Waserman president · Dem #722

Les amendements identiques nos 129 de Mme Anne-Laure Blin et 146 de Mme Myriane Houplain sont défendus.La parole est à M. Éric Coquerel, pour soutenir l’amendement no 190.

article 1er · amendement 115

La question qui nous est posée par cet article est assez simple. Nous estimons que vous ouvrez une boîte de Pandore avec le passe vaccinal, lequel est disproportionné par rapport aux résultats qui en sont attendus. Serait-il possible au moins de ne pas ouvrir une boîte de Pandore dans la boîte de Pandore ? Vous avez une façon vertigineuse de prendre des mesures liberticides, alors que l’on sait maintenant qu’il s’agit désormais non d’empêcher la transmission du virus mais de mettre la pression sur les non-vaccinés. Cette mesure, qui n’a aucun sens et n’apportera aucun bénéfice sanitaire, ouvre des possibilités très inquiétantes.Vous voulez que les Français se contrôlent entre eux alors qu’ils ne sont pas habilités à effectuer ces contrôles. Vous nous avez répondu que vous introduisiez des précautions, et que ces contrôles n’auraient lieu que quand il y a des raisons sérieuses de penser […]

Sylvain Waserman president · Dem #728

La parole est à Mme Mathilde Panot, pour soutenir l’amendement no 191.

article 1er · amendement 191

Monsieur le secrétaire d’État, monsieur le rapporteur, je vais vous expliquer ce qu’il se passe déjà dans notre pays, avec le passe sanitaire. Imaginez dans quelle société de contrôle nous nous retrouverons, et quel sera le glissement par rapport à l’État de droit avec le passe vaccinal, quand chacun pourra contrôler d’autres membres de la population ! Pourtant, le Conseil constitutionnel avait affirmé en octobre 2021 que l’interdiction de déléguer à des personnes privées les compétences de police était un principe inhérent à l’identité constitutionnelle de la France.Voici ce qu’explique, par exemple, le responsable d’un café culturel et solidaire dans le Tarn : « En l’espace d’une semaine, les gendarmes sont passés trois fois pour contrôler les gens présents. À chaque fois, ils arrivent en trombe et en nombre. Une vraie descente, comme si quelqu’un cachait une arme ou fomentait un […]

Si vous voulez changer de pays, allez au Venezuela !

« Bonjour monsieur. Veuillez vous asseoir, monsieur. Que puis-je faire pour vous, monsieur ? Monsieur est bien en règle ? Monsieur désire-t-il la carte du vin ? (Quelques députés des groupes LR et Dem font claquer leur pupitre.) Quelle horreur ! Si j’ai un souhait à formuler pour cette année : que le Gouvernement nous ferme plutôt que de nous obliger à faire le travail insupportable de la police ! Qu’il arrête de faire reposer sur nos épaules, avec le bâton en plus, la responsabilité de sa politique sanitaire ! Nous ne sommes pas les agents de l’État. » (Applaudissements sur les bancs du groupe FI et sur quelques bancs du groupe GDR.)

Sylvain Waserman president · Dem #735

La parole est à M. Ian Boucard, pour soutenir l’amendement no 203.

article 1er · amendement 203

L’avantage de parler après Mme Panot, c’est que vous allez me trouver extrêmement modéré. La réalité, ce n’est pas qu’il y aurait des problèmes lorsque la police vient contrôler l’identité dans les bars et les restaurants. J’ai moi-même assisté à plusieurs contrôles : cela se passe à chaque fois très bien ; les policiers sont très courtois ; les citoyens ne voient aucun inconvénient à ce que les policiers viennent contrôler leur identité.La vraie difficulté tient au fait qu’un policier n’est pas un serveur de bar ou de restaurant, tandis que vous voulez transférer les pouvoirs des forces de l’ordre aux serveurs et aux commerçants dont ce n’est pas le métier et qui ne sont pas assermentés pour ça. C’est là un premier problème.Le second – tant pis si mes propos sur la rédaction que nous avions adoptée en première lecture en commission des lois sont un peu désagréables – tient au fait que […]

Sylvain Waserman president · Dem #740

La parole est à M. Pierre Dharréville, pour soutenir l’amendement no 230.

article 1er · amendement 230

Effectivement, c’est l’un des points durs de ce texte auquel nous nous opposons dans sa globalité. Cette mesure, par laquelle vous voulez privatiser des missions de police, nous semble tout à fait déraisonnable. La privatisation ne vous fait pas peur. Nous vous avons vu à l’œuvre de multiples façons au cours de cette législature.Cette fois, il s’agit d’instaurer le contrôle de tous par tous. Les personnes auxquelles vous demandez d’effectuer ces missions ne souhaitent pas le faire. Elles disent bien que ça n’est pas leur métier. En effet, leur métier, pour une grande part d’entre elles, c’est l’accueil. Il y a dans cette disposition une logique de durcissement, d’alourdissement des mesures de contrôle, qui correspond aux déclarations du Président de la République la semaine dernière et à l’état d’esprit dans lequel a été élaboré ce projet loi, mais qui sacrifie des règles fondamentales […]

Sylvain Waserman president · Dem #745

La parole est à M. Pascal Brindeau, pour soutenir l’amendement no 293.

article 1er · amendement 293

Il fut un temps où on ne pouvait plus dire « balayeur » mais « technicien de surface ». Désormais, il ne faut plus dire « contrôle d’identité » mais « vérification de la concordance des éléments d’identité ». Mais, de même que le pauvre technicien de surface continue de balayer, le serveur du café – le changement de terme n’y fait rien – procédera à un contrôle d’identité.Contrairement aux rapprochements qu’ont soutenus certains orateurs, il ne s’agit pas ici de vérifier la validité d’un tarif réduit d’accès à un service ou de relever, par anticipation, l’identité sur un chèque qui pourrait être sans provision, afin de se faire rembourser par la suite, mais d’accepter ou de refuser l’accès à un lieu comme un restaurant ou un café. Cela n’a rien à voir ! C’est du ressort des personnes habilitées à faire des contrôles d’identité, c’est-à-dire du ressort des forces de l’ordre. Votre mesure […]

Sylvain Waserman president · Dem #748

La parole est à M. Paul Molac, pour soutenir l’amendement no 346.

article 1er · amendement 346

C’est pour nous une ligne rouge, que cette autorisation accordée à un citoyen de contrôler un autre citoyen. Nous avons toujours défendu l’idée que les forces de police sont là pour le faire. Ce n’est pas aux citoyens de contrôler les autres citoyens. Cela me paraît tout à fait clair. On transgresse actuellement des principes qui me paraissent essentiels. C’est grave. Nous voterons évidemment cet amendement.

Sylvain Waserman president · Dem #750

L’amendement no 352 de M. Nicolas Meizonnet est défendu.La parole est à Mme Lamia El Aaraje, pour soutenir l’amendement no 400.

article 1er · amendement 346

On touche là un vrai point de blocage, sur le fond et sur la forme.Sur le fond, comme on l’a dit notamment quand nous avons examiné le projet de loi sur le passe sanitaire, on ne peut pas demander à une partie de la population d’en contrôler une autre sans qu’elle soit formée ni assermentée pour le faire. On instaure ainsi une société de la défiance en opposant les citoyens les uns aux autres.De surcroît, la rédaction pose problème. Je ne comprends pas ce que signifie, dans la loi : « Lorsqu’il existe des raisons sérieuses de penser que le document présenté ne se rattache pas à la personne qui le présente ». Mais enfin, mes chers collègues ! Imaginons que je m’appelle Christine et que le passe vaccinal soit au nom d’Alain ; dans ce cas, il n’y a pas besoin de contrôle d’identité. (Exclamations sur quelques bancs du groupe LaREM.) Mais la rédaction que vous souhaitez inscrire dans la loi […]

Sylvain Waserman president · Dem #755

La parole est à M. Yves Hemedinger, pour soutenir l’amendement no 422.

article 1er · amendement 422

Il me paraît incroyable qu’alors qu’un policier municipal, pourtant assermenté, ne peut pas demander l’identité d’une personne – notre groupe s’était battu, avec d’autres, pour obtenir cette possibilité –, vous vouliez confier cette responsabilité à des professionnels qui n’ont pas du tout envie de l’endosser.J’aimerais vous soumettre un cas pratique, vous présenter des événements qui se sont effectivement produits et qui illustrent l’inquiétude que fait naître cette disposition.Dans un bar, une jeune femme est draguée lourdement par le barman. Elle paye sa consommation et s’en va parce qu’elle en a ras le bol. Le barman la suit et continue de la harceler. Nous vivons dans une société de plus en plus violente, où malheureusement ces situations existent. Elle retrouve son véhicule pour rentrer chez elle et elle échappe à ce barman. Si celui-ci avait procédé à un contrôle d’identité, il […]

Sylvain Waserman president · Dem #759

La parole est à M. Nicolas Dupont-Aignan, pour soutenir l’amendement no 432.

article 1er · amendement 432

Monsieur le secrétaire d’État, vous supprimez tant de libertés publiques que vous ne pouvez plus garantir l’effectivité de la loi grâce aux seules forces de l’ordre – lesquelles ont, entre nous, autre chose à faire que de contrôler les passes sanitaires. Il vous faut donc enrôler tous nos compatriotes pour se surveiller les uns les autres ; voilà la réalité. Et, comme tous les orateurs l’ont dit, ce dispositif sera discriminatoire, aléatoire, inefficace et probablement inconstitutionnel.J’ajouterai un autre élément, qui n’a pas été évoqué ce soir : le climat dans lequel évolue notre société, l’anxiété de nos compatriotes, ce sentiment permanent de division et d’agressivité. Nous le ressentons tous dans nos villes et nos villages. Les Français sont inquiets, énervés, fatigués. Et il convient de s’interroger sur les raisons de cette situation, qui tient, depuis l’élection d’Emmanuel […]

Sylvain Waserman president · Dem #763

L’amendement no 444 de M. Marc Le Fur est défendu.La parole est à M. Philippe Gosselin, pour soutenir l’amendement no 450.

article 1er · amendement 444

Je rappellerai brièvement le parcours de cette disposition. L’expression « en cas de doute » a d’abord été retenue, même si elle ne figure bien sûr pas dans le code de procédure pénale, pas plus que dans le code pénal ou dans le code civil. Il est vrai qu’on ne sait pas vraiment ce qu’est le doute sur le plan juridique.Ensuite, nous avons opté pour la formule « raisons sérieuses », laquelle figure actuellement dans le texte, même si on ne sait pas non plus très bien ce à quoi cela fait référence.Nous avons aussi envisagé non pas la concordance des temps – qui est une très bonne émission –, mais la « concordance documentaire » : la formule est moins heureuse, mais je ne veux pas blâmer notre rapporteur.Bref, tout cela me paraît est très imprécis, sujet à interprétation, sujet à caution, et donc sujet à contestation.Et puis à chacun son métier. Quand on sait qu’un policier municipal ne […]

Quel talent…

Quel est l’avis de la commission sur ces amendements identiques ?

Jean-Pierre Pont rapporteur · RE #773

Il ne faut pas se tromper : ce n’est pas une vérification d’identité au sens du code de procédure pénale dont il est ici question. (« Allez ! » sur les bancs du groupe FI.) L’opération s’effectue après le contrôle du passe.Je me souviens d’ailleurs que vous étiez déjà contre le contrôle du passe sanitaire en lui-même. Nous nous trouvions en salle Lamartine et vous souteniez que les restaurateurs n’y arriveraient pas et que les contrôles désorganiseraient tout. Or les restaurateurs ont réussi. Ils ont pris le système à bras-le-corps et tout se passe bien.

Oui, oui, tout se passe pour le mieux ! (Sourires.)

Jean-Pierre Pont rapporteur · RE #776

Le contrôle dure dix secondes et je dirais même que les restaurateurs apprécient ce système.De tels contrôles ont d’ailleurs déjà lieu dans de nombreuses situations – vous en avez évoqué certaines. Si vous payez par chèque, si vous achetez de l’alcool ou du tabac, si vous vous faites livrer un colis, si vous passez une commande, si vous allez voir un film… (Exclamations sur les bancs du groupe LR.) Ou alors c’est que vous ne sortez jamais, chers collègues ! Pour avoir droit à certains tarifs réduits également, vous êtes obligé de présenter une pièce d’identité. (Exclamations sur les bancs du groupe FI.)

Vous nagez !

Jean-Pierre Pont rapporteur · RE #779

Non, monsieur Brindeau, je ne nage pas : j’essaie de vous expliquer.Je rappelle à cet égard que ces vérifications visent à renforcer la lutte contre la fraude, le Conseil d’État les ayant d’ailleurs validées.Je rappelle également que la présente rédaction a été adoptée par la commission des lois du Sénat, à l’initiative de M. Bas : nous l’avons trouvée de bon aloi.Notons aussi que certaines situations sont quelque peu baroques. En effet, un restaurateur ne peut vérifier l’identité d’une personne à l’entrée de son établissement, mais le peut si cette personne souhaite payer par chèque. (M. Sébastien Chenu s’exclame.) De la même manière, un barman ne peut contrôler l’identité d’un client souhaitant entrer dans son établissement, mais le peut si celui-ci souhaite consommer de l’alcool.C’est pourquoi j’estime que ce dispositif n’a absolument rien d’extraordinaire. Ces opérations ont lieu […]

Nous ne sommes pas en Suisse, mais en France !

Jean-Pierre Pont rapporteur · RE #786

Qu’il continue à prendre ce pays pour modèle !Avis défavorable sur ces amendements.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Adrien Taquet secrétaire d’État · NI #789

M. le rapporteur a développé la plupart des arguments que je comptais évoquer. Je commencerai par vous rassurer, madame Ménard : il ne s’agit pas d’un contrôle d’identité. Pas plus qu’il ne s’agit, madame Panot, de l’exercice d’une compétence de police, ou encore, monsieur Dharréville, de la privatisation d’une mission de police.Qu’est-ce qu’un contrôle d’identité ? La détermination de l’identité de quelqu’un. Or ce n’est pas ce dont il s’agit ici. Vous avez beau réfuter l’expression, il s’agit bien de vérifier la concordance de deux documents : un passe et un document d’identité. (Exclamations sur les bancs du groupe FI. – M. Sébastien Chenu s’exclame également.)Je le répète, il ne s’agira pas de déterminer l’identité de quelqu’un, ce qui serait un contrôle d’identité, mais de déterminer s’il y a bien une concordance entre un passe vaccinal et un document officiel comportant une […]

Eh oui, c’est le discours de l’impuissance !

Adrien Taquet secrétaire d’État · NI #794

Par ailleurs, je vous confirme, monsieur Dupont-Aignan, car j’y étais il y a quelques semaines, que la vérification de la concordance a bien lieu en Suisse. (Exclamations sur les bancs du groupe FI.)S’il vous plaît, monsieur Bernalicis, je ne m’entends même plus parler.

Seul M. le secrétaire d’État a la parole.

Adrien Taquet secrétaire d’État · NI #797

Je disais que la vérification de la concordance a lieu en Suisse et que les choses se déroulent très bien, monsieur Dupont-Aignan. Les restaurateurs ne s’en plaignent pas et les tensions que vous évoquez n’existent pas.J’ajoute que, lorsque vous avez instauré le passe sanitaire, en mai dernier, il était possible de vérifier la concordance d’identité. Vous l’avez oublié, mais cette disposition figurait dans le texte. Elle a été supprimée dans la loi promulguée en août. Et je précise que le Conseil d’État, dans son avis sur le présent projet de loi, a estimé qu’il n’y avait aucun obstacle ni constitutionnel ni conventionnel à ce qu’un système de cette nature soit à nouveau introduit. Aussi, non, monsieur Dupont-Aignan, il n’y a pas de risque d’inconstitutionnalité.Il n’y aura évidemment pas de conservation de documents et nous avons également précisé certains éléments, comme la notion de […]

De très nombreux députés demandent la parole. Étant donné qu’il s’agit d’une question importante, je la donnerai à une personne par groupe, en commençant par M. Alexis Corbière.

Tous nos débats sont importants, mais celui-ci est effectivement sensible, car il touche à une question de principe. Nous pensons que les fonctionnaires de police assermentés doivent avoir le monopole de la manipulation des documents d’identité. Je le répète, c’est une question de principe.Je connais l’argument : on m’objectera que, quand on faisait encore des chèques, on devait présenter une pièce d’identité ; mais, pour effectuer la transaction financière, la personne pouvait éviter de présenter sa pièce d’identité en payant en liquide : elle n’était donc pas bloquée.Par ailleurs, jouant sur les mots, M. le rapporteur nous dit qu’il ne s’agit pas d’un contrôle, mais d’une vérification d’identité. C’est du Raymond Devos ! (Rires sur les bancs du groupe FI.)

En moins bien !

Vérifier et contrôler ne veulent-ils pas dire la même chose ? Veuillez m’excuser, mais cet argument est inacceptable.M. le rapporteur va même plus loin en affirmant qu’il s’agit également de repérer les fraudes. Là, ça devient grave ! Est-ce à quelqu’un qui n’est pas assermenté de repérer les fraudes ? Non, cette mission incombe à des fonctionnaires de police, lesquels garantissent d’ailleurs la confidentialité de l’identité lors des contrôles. Pour présenter les choses autrement, sommes-nous dans une société où l’on peut refuser de décliner son identité à quelqu’un qui n’est pas fonctionnaire de police ?À l’heure des réseaux sociaux, je ne souhaite pas qu’un patron de bar puisse regarder ma carte d’identité, voire la prendre en photo et la publier sur Twitter ou je ne sais où. Le sujet est sensible. Vous avez le droit d’aller au restaurant avec quelqu’un sans que vos identités n’aient […]

Ah, c’est pour ça !

Ne riez pas, collègues : cela risque de se retourner aussi contre vous. Cela s’appelle simplement la liberté !

Chers collègues, veuillez laisser M. Corbière terminer.

Nous sommes pour une claire distinction entre ce qui relève de la sphère privée et ce qui relève de la sphère publique.

Merci, monsieur Corbière.

Une fois de plus, rien ne justifie l’instauration de pareil dispositif et il est très préoccupant que vous ne voyiez pas le danger. J’espère être entendu, car nous sommes nombreux à refuser cette mesure. (Applaudissements sur les bancs du groupe FI.)

La parole est à M. Jean-Paul Lecoq.

J’adhère aux arguments défendus par Alexis Corbière et souhaite me mettre un instant dans la situation d’un restaurateur qui considère, quand il accueille ses clients, qu’il n’y a pas de raisons sérieuses laissant penser que leurs passes ne sont pas valides. Ainsi, tous les clients disposent d’un passe vaccinal et s’asseyent pour manger. Or il y en a bien un qui a fraudé. Intervient alors un contrôle de police, lors duquel l’identité de tous les clients est vérifiée, le fraudeur étant confondu. Quelle est, dans cette situation, la responsabilité du restaurateur ?

Jean-Pierre Pont rapporteur · RE #817

Il n’y en a pas !

Considérera-t-on qu’il n’a pas respecté la loi et qu’il doit être puni, alors qu’il a considéré qu’il n’y avait pas de raisons sérieuses d’avoir un doute sur le passe vaccinal de ses clients ?

Jean-Pierre Pont rapporteur · RE #819

Voilà, vous avez répondu !

Mais c’est scandaleux ! Si vous punissez un restaurateur alors qu’il n’a pas considéré qu’il y avait des raisons sérieuses de penser qu’un de ses clients n’avait pas un passe vaccinal valable, c’est scandaleux !

Jean-Pierre Pont rapporteur · RE #821

Mais non !

Si, c’est scandaleux, ne dites pas autre chose !

Jean-Pierre Pont rapporteur · RE #823

Ce n’est pas ce qui est prévu !

Ah, ce n’est pas ce qui est prévu ? Vous me confirmez donc, monsieur le rapporteur, qu’un restaurateur qui ne contrôlerait pas l’identité d’un client qui détiendrait un faux passe vaccinal n’aurait rien à craindre ?

Jean-Pierre Pont rapporteur · RE #825

C’est sa bonne foi qui est en jeu !

Dans ce cas, nous serons au moins sûrs d’une chose : les restaurateurs ne seront pas obligés de vérifier l’identité de tous leurs clients. (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR et FI, ainsi que parmi les députés non inscrits.)

Jean-Pierre Pont rapporteur · RE #827

Je n’ai rien dit d’aussi systématique !

La parole est à Mme Claudia Rouaux.

Tout à l’heure, nous avons bien compris que vous teniez à ce que le passe vaccinal s’applique dans les trains interrégionaux. Or, dans les gares, travaille la police ferroviaire, dont les membres sont assermentés, formés et habitués à contrôler. Cependant, ces agents n’ont pas la possibilité de contrôler la pièce d’identité de quelqu’un qui n’a pas de carte de réduction et qui voyage avec un billet simple.Vous considérez qu’il y a des dangers de propagation du virus dans le train, mais la police ferroviaire, dont c’est pourtant le travail, n’a pas les moyens de contrôler l’identité d’un détenteur d’un passe sanitaire : pourquoi ? Vous vous obstinez à imposer aux restaurateurs et aux barmans de procéder à ces contrôles, alors qu’ils ont bien autre chose à faire. (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC et GDR. – Mme Martine Wonner applaudit également.)

La parole est à M. Guillaume Gouffier-Cha.

Le sujet est sensible, important et nécessaire. Nous assumons le renforcement des outils de gestion de la crise sanitaire, notamment la transformation du passe sanitaire en passe vaccinal. L’effectivité du passe vaccinal exige le déploiement de dispositifs de contrôle destinés à lutter contre l’utilisation de faux passes. On en a recensé près de 200 000 au cours des derniers mois !Je vous entends pousser des cris d’orfraie devant la mise en place de tels contrôles ; pourtant des vérifications de concordance existent déjà dans notre pays : dans les avions – cela a été dit tout à l’heure –, dans les boîtes de nuit, mais aussi dans les bars où la consommation de certaines boissons alcoolisées est précédée d’un contrôle. Lorsque nous votons, nous sommes également soumis à un contrôle d’identité. (Protestations sur les bancs des groupes SOC et FI.)

Excellent !

Ça n’a rien à voir !

Dans les communes de moins de 1 000 habitants, le contrôle est facultatif, le président du bureau de vote pouvant vérifier l’identité d’une personne en cas de doute – mais vous ne voulez visiblement pas entendre parler de ces exemples.Vous vous opposez systématiquement à l’ensemble des dispositifs de gestion de la crise sanitaire. Nous avions un désaccord sur ce point avec les sénateurs : ces derniers acceptaient le passe vaccinal à condition de le rendre inapplicable en empêchant les contrôles. Nous assumons notre volonté de l’instaurer et de déployer les instruments garantissant sa bonne application. Nous voterons donc contre ces amendements identiques. (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.)

La parole est à Mme Laurence Vichnievsky.

J’ai entendu dire que contrôler ou vérifier l’identité était la même chose ; pardonnez-moi, chers collègues, mais la différence est immense. Une vérification de concordance d’identité n’a rien à voir avec un contrôle d’identité effectué par des forces de police.

Ah, oui ?

Celui-ci peut déboucher sur un défèrement devant le procureur de la République et sur une convocation devant le tribunal. Dans le cas d’espèce, une vérification de concordance d’identité n’emportera comme seule conséquence que le refus de l’accès à l’établissement concerné. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LaREM et Dem.)

Eh, oui !

Il s’agit simplement de se donner les moyens d’appliquer la politique que nous assumons et de ne pas confondre l’accès à un établissement avec la constatation d’une infraction qui, elle, ne peut relever que des services de police. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et Dem.)

La parole est à M. Olivier Becht.

Je voudrais apporter de l’eau au moulin de ma collègue Laurence Vichnievsky. À l’Assemblée nationale, on est évidemment tenté de faire de la politique, mais, quand on écrit la loi, il n’est pas interdit de faire du droit. Les forces de police qui contrôlent l’identité d’une personne peuvent retenir cette dernière et même l’emmener au commissariat. Vérifier la concordance entre un titre et un document d’identité n’autorise en aucune façon le transfert d’une personne au commissariat, seul l’accès à l’établissement procédant au contrôle pouvant être refusé.On a parlé des discothèques, de l’alcool dans les bars, du tabac et des chèques dans les restaurants, mais il y a également les trains : l’achat d’un billet électronique est conditionné à la présentation d’une pièce d’identité. (Protestations sur les bancs du groupe FI.)

C’est une condition contractuelle, ce qui n’est pas la même chose.

C’est exactement la même chose ! Ne confondez pas tout ! Arrêtez d’empapaouter les Français ! (Protestations parmi les députés non inscrits.)

La parole est à M. Paul Molac.

Je rejoins mon collègue Jean-Paul Lecoq. Dans l’alinéa 25, nous lisons ceci : « Lorsqu’il existe des raisons sérieuses de penser que le document présenté ne se rattache pas à la personne qui le présente ». Comment le juge appréciera-t-il ces « raisons sérieuses » ? Cela va être un peu compliqué. Le restaurateur dira que, dans son esprit, aucune raison sérieuse ne justifiait un contrôle : le dispositif ne servira donc pas à grand-chose.Vous voulez protéger les Français en leur évitant d’être mêlés à des personnes infectées dans des lieux clos : pour ce faire, le passe sanitaire suffit ; la vaccination n’apporte rien puisqu’une personne vaccinée peut être porteuse de la maladie, parfois sans le savoir. En revanche, une personne ayant fait un test saura si elle est infectée ou non. Je ne sais même pas si l’instrument que vous proposez pourrait être efficace.

La parole est à M. Pascal Brindeau.

Les représentants de la majorité déploient bien des efforts pour tenter de nous expliquer que la vérification de la concordance diffère du contrôle. Monsieur le secrétaire d’État, quand un policier établit l’identité d’une personne, il vérifie la concordance entre deux documents ou deux titres présentés par une personne ; vous demandez au barman de vérifier que le visage de la personne qu’il a en face de lui ressemble à celui figurant sur un titre d’identité s’il a un doute sérieux – si tant est que l’on puisse avoir un doute sérieux : vérifier si la photo, le nom et le prénom figurant sur le passe vaccinal concordent avec ceux du document d’identité revient bien à établir l’identité de la personne. Il s’agit donc bien d’un contrôle.Madame Vichnievsky, quand vous dites que seul le contrôle d’identité effectué par un policier peut entraîner un transfert de la personne au commissariat […]

La parole est à M. Nicolas Dupont-Aignan.

M. Brindeau a terriblement raison. Quand vous dites « Ceci n’est pas un contrôle d’identité », cela me fait penser à l’inscription « Ceci n’est pas une pomme » figurant sur le tableau surréaliste de René Magritte La trahison des images, qui représente une pomme. Nous sommes en plein délire ! Les Français qui nous regardent à cette heure tardive doivent se dire : « Ils sont devenus complètement dingues ! On se moque de nous ! ».Comment pouvez-vous légitimer l’inacceptable, à savoir l’instauration d’une société de la délation – parce que le contrôle y conduit immanquablement ? Pour faire accepter votre politique, vous mentez sur les mots : c’est exactement le roman de George Orwell !

Arrêtez avec ces références littéraires éculées !

Vous souhaitez imposer un dispositif inapplicable. Heureusement, les Français résisteront. Vous tordez les mots et vous mentez sur leur sens. (Protestations sur les bancs du groupe LaREM.) Comment pouvez-vous accepter cela ? Vous devriez avoir honte !

La parole est à M. Sébastien Huyghe.

Vous dressez des comparaisons, monsieur le secrétaire d’État, avec l’obligation de décliner son identité pour emprunter un moyen de transport ou pour effectuer un paiement par chèque : dans ces cas de figure, il s’agit d’un contrat entre l’entreprise de transport ou le commerçant et l’usager, ce dernier acceptant que son identité puisse être contrôlée.Vous dites que votre dispositif ne repose que sur une vérification de la concordance entre le titre d’identité et le passe vaccinal : ce serait vrai s’il n’était pas nécessaire de vérifier que le titre d’identité est bien celui de la personne qui présente le passe. Lors de la première lecture du texte, j’avais pris l’exemple de quelqu’un qui utiliserait le passe et le titre d’identité d’une autre personne : dans le cas de la concordance, on vérifie simplement que les deux documents appartiennent bien à la même personne.

Et le chéquier ? Et le chéquier ?

On a compris, sortez-le votre chéquier si vous avez besoin de le montrer. (Protestations sur les bancs du groupe Dem.) Non, mais vous vous calmez un peu !

Vous n’êtes pas obligé d’insulter les gens ! Vous êtes un âne, un bourricot !

Monsieur Millienne, s’il vous plaît, gardez votre calme !

Ne perdez pas vos nerfs, monsieur Millienne !Or le texte impose aux cafetiers et aux restaurateurs de vérifier que le titre d’identité appartient bien à la personne qui le présente : cela s’appelle un contrôle d’identité !

Sylvain Waserman president · Dem #869

Je mets aux voix les amendements identiques nos 34, 45, 63, 115, 129, 146, 190, 191, 203, 230, 293, 346, 352, 400, 422, 432, 444 et 450.

#870

(Il est procédé au scrutin.)

Sylvain Waserman president · Dem #871

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 246 Nombre de suffrages exprimés 243 Majorité absolue 122 Pour l’adoption 98 Contre 145

#872

(Les amendements identiques nos 34, 45, 63, 115, 129, 146, 190, 191, 203, 230, 293, 346, 352, 400, 422, 432, 444 et 450 ne sont pas adoptés.)

Sylvain Waserman president · Dem #873

Je suis saisi de deux amendements nos 434 et 433, de M. Nicolas Dupont-Aignan, qui peuvent faire l’objet d’une présentation groupée.

article 1er · amendement 434 et 433
#874

(Les amendements nos 434 et 433 sont retirés.)

Sylvain Waserman president · Dem #875

L’amendement no 93 de Mme Catherine Pujol est défendu.

article 1er · amendement 434 et 433
#876

(L’amendement no 93, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt

Suspension et reprise de la séance

Sylvain Waserman president · Dem #878

La séance est suspendue.

#879

(La séance, suspendue le samedi 15 janvier à une heure, est reprise à une heure cinq.)

Sylvain Waserman president · Dem #880

La séance est reprise.L’amendement no 417 de M. le rapporteur est de coordination.

Article 1er (suite)

#882

(L’amendement no 417, accepté par le Gouvernement, est adopté.)

Sylvain Waserman president · Dem #883

Nous en venons à une discussion commune de cinq amendements : l’amendement no 401 de Mme Cécile Untermaier, les nos 381 et 113 de Mme Emmanuelle Ménard et les amendements identiques nos 64 de M. Pierre Cordier et 392 de Mme Isabelle Valentin, sont défendus.

#884

(Les amendements nos 401, 381 et 113, repoussés par la commission et le Gouvernement, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)

#885

(Les amendements identiques nos 64 et 392, repoussés par la commission et le Gouvernement, ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts
Sylvain Waserman president · Dem #886

L’amendement no 114 de Mme Emmanuelle Ménard est défendu.

#887

(L’amendement no 114, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)

Sylvain Waserman president · Dem #888

L’amendement no 318 de M. le rapporteur est rédactionnel.

#889

(L’amendement no 318, accepté par le Gouvernement, est adopté ; en conséquence, les amendements nos 340 et 246, les amendements identiques nos 33, 39, 218, 232, 294, 365, 402 et 445, et l’amendement no 117 deviennent sans objet.)

Sylvain Waserman president · Dem #890

La parole est à M. Ugo Bernalicis, pour soutenir l’amendement no 285.

article 1er · amendement 285

D’habitude une deuxième sonnerie permet de donner aux députés le temps de revenir dans l’hémicycle après une suspension. Nous retrouvons les techniques parlementaires habituelles pour accélérer le débat, qui sont un peu pénibles ! (Protestations sur les bancs des groupes LaREM et LR.)Ce n’est pourtant pas nous qui avons fait en sorte que cette séance ait lieu. Il paraît que c’est dû au tweet d’un sénateur du groupe Les Républicains, qui aurait fait capoter la commission mixte paritaire – mais moi, je n’y crois pas trop.Nous venons de voter une disposition problématique concernant la vérification d’identité. Pléthore d’arguments ont poussé les sénateurs à la rejeter à l’unanimité. Nous continuerons à détricoter le passe vaccinal par des amendements de suppression successifs.Je vous le dis très tranquillement : pas de passe, pas de fraude ; pas de passe, pas besoin de contrôler ou de […]

C’est inconscient !

Vous créez des problèmes qui n’existaient pas avant votre gouvernement. Vous créez vos propres difficultés !

Allez ! Accélérez !

Il y a des gens qui travaillent demain !

Je vous remercie, monsieur Bernalicis. Chers collègues, je comprends votre impatience, mais il faut respecter le règlement. Si M. Bernalicis souhaite défendre son amendement, il le peut ; c’est son droit. Je veille au chronomètre, rassurez-vous.

Il peut défendre l’amendement, mais pas autre chose !

Quel est l’avis de la commission ?

Jean-Pierre Pont rapporteur · RE #902

Défavorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Adrien Taquet secrétaire d’État · NI #904

Défavorable.

La parole est à M. Ugo Bernalicis.

Nos collègues sont impatients – peut-être est-ce de boire le champagne, qui sait ?Je vous adjure d’entendre que vous renforcez de vous-même un effet cliquet dont vous êtes responsables. Vous aviez prévu des sanctions, que le présent amendement vise seulement à atténuer – ce n’est pas l’amendement du siècle, c’est du repli de repli.Or, constatant que vous n’arrivez pas à exercer des contrôles suffisants et que les fraudes sont trop nombreuses – encore qu’elles restent marginales, rapportées à la taille de la population –, vous ne trouvez d’autre solution que d’augmenter l’échelle des peines, dans le domaine contraventionnel, entre autres. À la fin, toute la structure devient ridicule !Tout le monde peut contrôler tout le monde, mais personne ne peut contrôler celui qui contrôlera ! Si je vais au restaurant, je devrai montrer au restaurateur que les éléments d’identité affichés sur mon […]

Nous avons déjà largement eu ce débat.

Vous instaurez un dispositif machiavélique, et nous poussez à accepter des choses…

Je vous remercie, monsieur Bernalicis.

…dont nous ne voulons pas dans notre société.

Nous avons déjà largement eu ce débat.

Nous le répéterons autant de fois qu’il faudra !

#917

(L’amendement no 285 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Sylvain Waserman president · Dem #918

La parole est à Mme Emmanuelle Ménard, pour soutenir l’amendement no 116.

article 1er · amendement 116

Nous en avons parlé tout à l’heure, au détour de l’examen d’un autre amendement. Le présent amendement vise à préciser que « le fait de ne pas vérifier la concordance documentaire ne peut être reproché aux personnes ou aux services concernés ».Monsieur le secrétaire d’État, un de nos collègues communistes vous a posé la question : si un restaurateur, parce qu’il n’éprouve pas de doutes et pense le client de bonne foi, ne contrôle pas l’identité de celui-ci, pourra-t-il se le voir reprocher ? Monsieur le rapporteur a répondu que non, si le restaurateur est de bonne foi. Cela va mieux en le disant et il faudrait le préciser dans le texte, pour que ce soit très clair.Comme les restaurateurs ne doivent pas se transformer en contrôleurs de l’identité de leurs clients, le fait de ne pas vérifier la concordance documentaire ne doit pas pouvoir leur être reproché.

Quel est l’avis de la commission ?

Jean-Pierre Pont rapporteur · RE #923

L’obligation prévue porte seulement sur la vérification du passe et non sur celle de sa concordance avec les documents d’identité, qui est facultative. Avis défavorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Adrien Taquet secrétaire d’État · NI #925

Même avis.

La parole est à M. Aurélien Pradié.

Monsieur le secrétaire d’État, la question de la vérification ou du contrôle d’identité n’est pas un détail. Je pense que vous commettez une triple faute.Premièrement, au fur et à mesure de nos débats sur ce sujet, on voit bien que votre rédaction, qui n’a ni queue ni tête, ne sera absolument pas opérationnelle. Vous-même, monsieur le rapporteur, avez déclaré, à quelques minutes d’écart, qu’il n’y aurait pas de sanction puis qu’il y en aurait.

Jean-Pierre Pont rapporteur · RE #929

Mais non !

Bref, du point de vue opérationnel – puisque c’est votre obsession –, cela ne marchera pas.Vous ouvrez une deuxième faille, majeure, qui doit nous préoccuper, nous, députés de la nation : celle de la discrimination. Avec la présente rédaction du texte, vous laissez totale liberté à un serveur pour décider, demain, s’il doit aller plus loin dans le contrôle ou non, alors que des contrôles systématiques auraient permis l’égalité.Enfin, vous commettez une faute de principe. Observons à quel point, depuis deux ans, sur tous ces sujets, nous faisons des entorses massives à des principes fondamentaux. Il y a quelque temps, quand il était question du passe sanitaire, nous avions déjà de sérieux doutes sur l’opportunité de permettre à des chefs d’établissement de contrôler les données sanitaires d’élèves ; sur celle de permettre à des serveurs de faire de même pour leurs clients. Mais vous avez […]

Jean-Pierre Pont rapporteur · RE #933

Non.

Désormais vous la poussez à une nouvelle entorse, avec le contrôle strict de l’identité. Tout cela laissera des traces durables. Votre obsession…

Je vous remercie, monsieur Pradié.

…ne peut être uniquement l’urgence ; elle devrait être aussi la préservation sur le long terme de nos principes démocratiques.

Eh oui !

Nous avons déjà largement eu ce débat, je vous remercie.

Ce n’est pas grave, nous l’aurons encore une fois.

#940

(L’amendement no 116 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Sylvain Waserman president · Dem #941

La parole est à M. Ugo Bernalicis, pour soutenir l’amendement no 214.

article 1er · amendement 214

C’est le moment de rappeler qu’en théorie, pour savoir si une fraude a été commise, nous disposons de services de police et de gendarmerie.Il existe même des services dévolus aux enquêtes : ceux de la police judiciaire. Or il est assez étonnant que la police judiciaire soit en grande difficulté en matière d’effectifs : pour vous donner des ordres de grandeur, elle compte 5 000 agents, quand il y en a 15 000 pour la police aux frontières et 7 500 pour les brigades anticriminalité.

Aucun rapport !

La police judiciaire devrait pourtant être au cœur du fonctionnement de la police et de la magistrature, pour faire aboutir les enquêtes.Pourquoi je vous dis ça ? Parce qu’on a appris, le 29 décembre, juste avant la commission consacrée au texte sur le passe vaccinal, qu’il y avait des fraudes. Vous le saviez déjà, mais nous avons appris dans un article qu’une bonne partie de la fraude était due à des piratages d’ordinateurs de médecins, pour faire de « vrais faux passes ». Dans le même article, on apprend qu’un médecin a été piraté 55 000 fois – 55 000 fois ! Il s’appelle M. Veaux et est le frère du directeur général de la police nationale. Quelle histoire extraordinaire ! Le propre directeur général de la police nationale a vu son frère se faire pirater 55 000 fois et c’est Le Canard enchaîné qui le remarque ! Vous avez raison, c’est vrai, il y a peut-être un souci ; pas dans le fait […]

Quel est l’avis de la commission ?

Jean-Pierre Pont rapporteur · RE #948

Avis défavorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Adrien Taquet secrétaire d’État · NI #950

Avis défavorable.

La parole est à M. Ugo Bernalicis, pour une brève intervention s’il vous plaît.

Monsieur le président, vous me demandez d’intervenir brièvement et je vois que certains collègues s’agitent. Il paraît que pendant la suspension de séance ont eu lieu des discussions pour aller plus vite. Je n’ai pas l’impression que nous ayons été associés à quoi que ce soit. Comme d’habitude, vous faites croire que tout le monde est d’accord pour aller à la vitesse que vous avez décidée.

Il n’y a pas eu de discussion secrète : j’ai reçu des demandes de certains groupes, me demandant d’accélérer. Je sais ce que je dois faire et comment je dois le faire. Il n’y a pas de réunions secrètes dans votre dos. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et Dem.) Continuez à vous exprimer, s’il vous plaît. Tout à l’heure, j’ai d’ailleurs demandé qu’on respecte votre prise de parole.

Arrêtez de mégoter, monsieur Bernalicis !

Ne faites pas semblant de croire que je décide des choses dans votre dos. Vous avez la parole, monsieur Bernalicis.

Je ne parlais pas de vous nommément, monsieur le président (Exclamations sur les bancs des groupes LaREM et Dem), le « vous » désignait les collègues de la majorité, dont nous connaissons bien les méthodes depuis quatre ans et demi !

Monsieur Bernalicis, je vous demande de défendre l’amendement et d’arrêter les commentaires sur la façon dont je gère les débats, merci.

Et ce n’est pas à vous de juger de la manière dont il défend l’amendement ! Il est libre !

Je disais donc que nous avions un problème avec la police judiciaire ; ça n’a pas l’air de vous inquiéter.

Quel rapport avec l’amendement ?

C’est pourtant quelque chose d’important. Qu’est-ce qui se passe quand la police judiciaire est défaillante ? La police administrative prend le relais. C’est d’ailleurs ce que vous faites pour le contrôle des entreprises qui ne respecteraient pas le télétravail – ces contrôles animeront sans doute une partie des débats à venir. La procédure judiciaire ne fonctionne pas ? Paf ! On met de l’administratif, dans lequel on retrouve davantage d’arbitraire…

C’est l’amendement ?

…et de délit de faciès : « Celui-là ne me convient pas ». On voit bien que votre seul objectif est d’augmenter l’échelle des peines. Cela ne mène nulle part ; en plus, ça ne règle pas le problème de fond ! Est-ce que les gens seront davantage vaccinés si l’on augmente les sanctions pour le passe vaccinal ? Ça n’a pas de sens !

#964

(L’amendement no 214 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Sylvain Waserman president · Dem #965

La parole est à M. Ugo Bernalicis, pour soutenir l’amendement no 215.

article 1er · amendement 215

Nous sommes opposés à l’augmentation des sanctions. D’ailleurs, nous sommes opposés aux sanctions telles que vous les proposez, parce que nous sommes opposés au passe vaccinal et au passe sanitaire.

Vous êtes opposés à tout !

Oui, à tout ce que vous faites ! Ça, c’est vrai ! (Exclamations sur les bancs du groupe LaREM.)Nous sommes très favorables à d’autres mesures : des purificateurs d’air, des capteurs de CO2, des tests gratuits, des masques gratuits dans tout le pays et les chaînes de production qui vont avec, la relocalisation de la production des vaccins, la nationalisation de Sanofi, la création d’un pôle public du médicament. Bref, nous sommes favorables à différentes façons d’être souverains dans tous ces domaines.Mais ça, ça ne vous intéresse pas ! Ce qui vous intéresse, c’est de finir le plus vite possible, parce que vous avez fait un coup politique sur la base d’un tweet ! (Protestations sur les bancs du groupe LaREM.) J’aimerais beaucoup que les collègues du groupe Les Républicains écrivent un tweet : « Ça y est, le texte est adopté ! », deux heures avant. Comme ça, on pourrait crier au scandale […]

Ugo, tu es hors sujet ! Va dormir !

#972

(L’amendement no 215, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Sylvain Waserman president · Dem #973

Je suis saisi de quatre amendements, nos 315, 418, 435 et 118, pouvant être soumis à une discussion commune.La parole est à Mme Danièle Obono, pour soutenir les amendements nos 315, 418 et 435, en présentation groupée.

Ce sont des amendements de repli, visant à réduire les sanctions prévues en cas de fraude. Je veux rappeler une donnée, qui semble ne pas avoir beaucoup interpellé la majorité et le Gouvernement : 40 % des personnes non vaccinées le sont non pas parce qu’elles sont contre le vaccin ou en raison de contre-indications médicales, mais parce qu’elles n’y ont pas accès. Ce sont des personnes vulnérables, qui n’ont pas accès aux soins : des mères de famille isolées, des seniors dans les campagnes où la désertification médicale est particulièrement accentuée. Ce sont les personnes pour lesquelles le Gouvernement a été incapable d’instaurer une politique d’« aller vers », que nous avons proposée à de multiples reprises lors de nos débats, et qui se trouvent dans l’impossibilité de se faire vacciner.Vis-à-vis de 40 % des non-vaccinés – ce n’est pas rien ! –, qui peuvent avoir besoin d’accéder à […]

Sylvain Waserman president · Dem #976

La parole est à Mme Emmanuelle Ménard, pour soutenir l’amendement no 118.

article 1er · amendement 118

J’ai déjà posé la question en première lecture et je vous avoue que la réponse ne m’a pas convaincue. Pour lutter contre les faux passes sanitaires, vous avez créé un délit spécifique, punissable de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende, alors même qu’existe déjà dans le code pénal l’article L. 441-1 réprimant le faux et l’usage de faux. Il est moins sévère : le faux et l’usage de faux sont punis de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. En quoi la production d’un faux passe sanitaire devrait-elle être davantage condamnable qu’un autre faux ? Je n’ai jamais eu de réponse.

#978

(Les amendements nos 315, 418, 435 et 118, repoussés par la commission et le Gouvernement, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts
Sylvain Waserman president · Dem #979

La parole est à M. Ugo Bernalicis, pour soutenir l’amendement no 237.

article 1er · amendement 237

Il s’agit des contrôles de personnes qui ne respecteraient pas les mesures d’isolement. Là encore, l’autorisation de contrôler est étendue en dehors des personnes habilitées, c’est-à-dire les policiers et les gendarmes spécialement formés pour ça. J’aimerais d’ailleurs que leur formation initiale soit bien plus importante – deux ans dans un premier temps et trois ans ensuite. J’aimerais aussi qu’ils aient une formation continue digne de ce nom, pour exercer leur métier en toute sécurité et pour que nous soyons dans un État de sûreté et non de sécurité, sans être mis en cause arbitrairement. Vous étendez le champ de l’arbitraire avec les alinéas 34 à 37 ; on finit par s’y accoutumer.Lors de la première lecture du texte, s’agissant des contrôles et de ceux qui étaient habilités à les faire, des collègues disaient qu’il était tout à fait scandaleux que les policiers municipaux ne soient […]

#982

(L’amendement no 237, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Sylvain Waserman president · Dem #983

La parole est à Mme Danièle Obono, pour soutenir l’amendement no 223.

article 1er · amendement 223

Il vise à supprimer les alinéas 34 et 35 modifiant la loi de mai 2021 dans l’objectif d’autoriser les agents habilités à constater l’infraction de non-présentation du passe sanitaire et à accéder, pendant les horaires d’ouverture au public, aux lieux, établissements et événements concernés, afin de contrôler la détention de ce document. Plusieurs arguments montrent comment, dans la pratique, cela met en porte-à-faux les responsables des établissements concernés et comment cela cible les non-vaccinés – le Président de la République l’a dit, il s’agit de les « emmerder ».Mais j’aimerais entendre de votre part, monsieur le secrétaire d’État, une réponse à l’intervention précédente. Il s’agit d’aller chercher, de débusquer et de harceler les non-vaccinés. Que faites-vous, à la suite des études qui ont été conduites, pour les 40 % de non-vaccinés qui n’ont pas accès aux soins ? Plutôt que de […]

Excellente question !

Cette réponse est nécessaire, notamment pour juger de l’utilité des mesures que vous proposez.

#988

(L’amendement no 223, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt