Séance du 10 février 2022 /// n°154 /// 383 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 15e législature · session Session ordinaire 2021-2022

Séance du 10 février 2022 — 154e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de M. Sylvain Waserman.

383prises de parole
34orateurs
20points à l'ordre du jour

Verbatim Le compte rendu

Tours 1 à 200 sur 383 — page 1 / 2.

Sylvain Waserman president · Dem #2

La séance est ouverte.

#3

(La séance est ouverte à neuf heures.)

Nouvelle lecture

Sylvain Waserman president · Dem #7

L’ordre du jour appelle la discussion, en nouvelle lecture, de la proposition de loi visant à combattre le harcèlement scolaire et le cyberharcèlement (nos 4976, 4997).

Présentation

La parole est à Mme la secrétaire d’État chargée des personnes handicapées.

Sophie Cluzel secrétaire d’État chargée des personnes handicapées #10

Je vous prie tout d’abord de bien vouloir excuser l’absence de Jean-Michel Blanquer, en déplacement avec le Président de la République.Le bien-être des enfants, des adolescents et des étudiants, quels qu’ils soient et quels que soient leurs besoins éducatifs particuliers, est indispensable non seulement à leur épanouissement mais aussi à leur réussite. C’est pourquoi, depuis 2017, nous avons beaucoup fait pour améliorer ce sentiment de bien-être. En élevant le « respecter autrui » au rang de savoir fondamental, en luttant contre toutes les formes de discrimination, dont celles relatives à la question du handicap, en créant un vrai service public de l’école inclusive, en proposant des internats d’excellence ou encore des petits déjeuners gratuits, nous avons voulu offrir à nos élèves des conditions optimales d’apprentissage et de réussite.Nous ne nous habituerons jamais à ce que des vies […]

C’est vrai !

Sophie Cluzel secrétaire d’État #19

C’est pourquoi le ministère finance un numéro d’écoute, le 3020, et un numéro dédié à la lutte contre le cyberharcèlement, le 3018, en partenariat avec l’association e-Enfance. Le 3020 va bénéficier des services de la plateforme Acceo, plateforme connue utilisée par le ministère, qui facilite l’accessibilité téléphonique pour les personnes sourdes ou malentendantes. Nous allons également publier des guides pour les personnels, les élèves et leurs familles.La lutte contre le harcèlement est l’affaire de tous et, à l’initiative de la France, une journée mondiale de lutte contre le harcèlement a été instaurée le premier jeudi de novembre.En cette rentrée 2021, un nouveau cap a été franchi avec la généralisation du programme de lutte contre le harcèlement à l’école (PHARE) et la mise en place du « carré régalien » dans les rectorats. La mobilisation de la communauté éducative autour de ce […]

La parole est à M. Erwan Balanant, rapporteur de la commission des affaires culturelles et de l’éducation.

Erwan Balanant rapporteur de la commission des affaires culturelles et de l’éducation · Dem #25

Nous nous retrouvons ce matin pour l’examen en nouvelle lecture de la proposition de loi visant à combattre le harcèlement scolaire. Ce texte nous était revenu du Sénat dans une rédaction sensiblement différente de celle que nous avions adoptée le 1er décembre dernier. Sur deux points qui me semblent fondamentaux, nous avons, en commission, rétabli le texte issu de la première lecture.À l’article 1er, tout d’abord, le Sénat avait souhaité restreindre le champ d’application du droit à une scolarité sans harcèlement aux seuls rapports entre pairs. Pourtant, l’objet de l’article du code de l’éducation n’est pas de réprimer des comportements, il est de conférer un droit à l’ensemble des élèves et des étudiants de ce pays : celui de ne pas subir de faits de harcèlement au cours de leur formation. C’est pourquoi la rédaction adoptée par l’Assemblée nationale en première lecture ne vise aucune […]

Discussion générale

Dans la discussion générale, la parole est à Mme Béatrice Descamps.

Que ce soit par l’expérience du milieu scolaire, par les retours de terrain ou dans le cadre de l’examen de cette proposition de loi, je crois que chacun d’entre nous comprend aujourd’hui que le harcèlement scolaire est un phénomène complexe, qui frappe les élèves de toutes les écoles, toutes les classes sociales, tous les âges. Il était donc urgent que la représentation nationale se penche sur cette question de manière sérieuse et appliquée afin d’avoir des débats qui permettent d’enrichir les idées proposées.Je voudrais vous remercier, monsieur le rapporteur, de nous donner l’occasion de faire avancer la protection de nos enfants. Aujourd’hui, de nombreux parents se sentent démunis face à ce phénomène qui prend de l’ampleur et qui reste parfois encore tabou alors que de nombreux enfants souffrent. Ne banalisons jamais leurs maux et leurs mots !La CMP (commission mixte paritaire) a mis […]

La parole est à M. Michel Castellani.

Nous savons tous le caractère central de l’école dans la construction des individus. Malheureusement, l’expérience de la violence en fait partie et les conséquences de cette violence ne s’arrêtent pas toujours à l’école : elles se poursuivent au-delà du cadre scolaire et perdurent. Il faut donc, dès le plus jeune âge, la repérer, la combattre, la désamorcer.Je le disais lors de la première lecture, nous avons enfin les mots pour décrire ce que nous avons longtemps cherché à dénoncer sans pouvoir le faire : le harcèlement scolaire. Nous avions tendance jusqu’alors à le sous-estimer, à n’y voir que des querelles sans conséquences entre élèves. Or le harcèlement n’est pas une petite violence sans conséquences. Il gâche la vie de nos enfants, empêche leur scolarité heureuse à un âge où l’insouciance devrait paraître éternelle. Parfois même, il tue.Il faut le dire : la présente proposition […]

La parole est à Mme Sabine Rubin.

Nous voici à nouveau réunis pour examiner en nouvelle lecture une proposition de loi visant à combattre le harcèlement scolaire.Elles s’appelaient Marion, Chanel ou Dinah : les prénoms de ces jeunes, tragiquement victimes de harcèlement, ont été cités plusieurs fois sur ces bancs. Mais comme trop souvent ici, les noms, les situations auxquelles on se réfère et les chiffres pourtant éloquents perdent de leur chair.J’ai le sentiment qu’on légifère non pour se donner les moyens de faire cesser le harcèlement scolaire, mais pour se donner bonne conscience, en se satisfaisant d’opérations de communication quand les drames qu’il occasionne font irruption dans le champ médiatique.C’est bien de drames qu’il s’agit et, de la brimade quotidienne aux sévices physiques, du racket à la diffusion d’image sur les réseaux, le harcèlement, protéiforme dans ses expressions, est un véritable fléau.Si le […]

Erwan Balanant rapporteur · Dem #81

C’est faux ! Toutes les associations sont pour à l’exception d’une seule ! Arrêtez de mentir !

Punir pour punir n’est donc pas une solution et, avant de sanctionner, il faut identifier les causes du harcèlement en amont pour être le plus à même de prévenir ces tragédies. Vous l’avez redit, monsieur le rapporteur : on ne parviendra pas à lutter contre le harcèlement sans prévention. Sur ce sujet précisément, qu’il me soit permis d’évoquer rapidement ici la grande lacune de ce texte, qui se borne à des formules incantatoires.

Erwan Balanant rapporteur · Dem #83

J’adore votre certitude sur ce sujet !

Je veux parler du manque flagrant de moyens humains et financiers dont bénéficie l’éducation nationale pour remplir ses missions, notamment pour prévenir le harcèlement. Comment voulez-vous qu’avec un médecin pour 12 000 élèves, un infirmier pour 1 500 élèves et un conseiller principal d’éducation (CPE) pour 700 élèves, nos personnels soient en nombre suffisant pour se mettre à l’écoute de nos enfants ? C’est bien de vouloir les former, comme le propose ce texte, mais il faudrait déjà les recruter.Comment voulez-vous que l’on vous prenne au sérieux, madame la secrétaire d’État, alors qu’à l’occasion du dernier projet de loi de finances de la législature vous avez refusé mordicus de recruter davantage d’AED ? Ceux-ci pourraient pourtant être aux avant-postes de la détection du harcèlement. D’ailleurs, en ouvrant un droit à la CDIsation des AED le 20 janvier dernier, vous avez […]

Erwan Balanant rapporteur · Dem #88

C’est courageux ! Allez jusqu’au bout, votez contre !

La parole est à Mme Elsa Faucillon.

Chaque année en France, 700 000 enfants sont victimes de harcèlement scolaire – même si vous avez raison de dire, monsieur le rapporteur, que ce nombre est certainement plus élevé en réalité. C’est donc un sujet qui nous touche toutes et tous, au travers de nos proches et de nos familles. Il est urgent de proposer des mesures efficaces pour lutter contre ce fléau et mieux le prévenir. Il s’agit d’être une société meilleure, une société qui lutte collectivement contre le harcèlement, en particulier scolaire. Je profite de cette tribune pour exprimer ma solidarité à l’égard des familles qui ont été touchées et de celles qui sont en deuil, dont les enfants ont été les cibles de faits de harcèlement scolaire – lequel se double souvent de cyberharcèlement.Ce texte – du moins, le sujet qu’il aborde – est donc le bienvenu ; nous l’avons déjà dit en première lecture. L’article 1er, qui consacre […]

Tout à fait !

…ainsi que d’un défaut d’attractivité auprès des personnels. Il y a un seul médecin scolaire en poste pour 12 500 élèves et les infirmiers et infirmières scolaires, seuls représentants de la médecine scolaire au sein des établissements, sont également en sous-effectif. Les attaques répétées contre cette profession, notamment la départementalisation de la médecine scolaire prévue par la loi 3DS – différenciation, décentralisation, déconcentration et simplification –, fragilisent le repérage et l’accompagnement des enfants victimes ou responsables de harcèlement. Rappelons en effet – je pense que vous en conviendrez, chers collègues – que les victimes comme les auteurs de faits de harcèlement sont des enfants ; des mesures éducatives et un accompagnement particulier sont donc nécessaires. La crise sanitaire a davantage mis en lumière le manque de moyens, qui conduit les professionnels à […]

La parole est à Mme Zivka Park.

Il y a quelques semaines, j’étais venue dire les noms d’enfants et d’adolescents ayant mis fin à leur vie, mettre des visages sur ce ratio effroyable : un élève sur dix – sûrement beaucoup plus, même – est harcelé au cours de sa scolarité. J’étais venue vous parler de Hugo, de Marion, de Dinah, de Thybault, de Marie et de bien d’autres encore – et je parlerai d’eux à nouveau. Derrière ces noms se cachent des histoires singulières mais toujours une enfance, une scolarité, une estime de soi, une vie – des vies – brisées par le harcèlement scolaire. Il se cache surtout une réalité trop longtemps restée taboue.Dans cet hémicycle, nous nous étions mis à hauteur d’enfants, harcelés et harceleurs, pour comprendre les ressorts complexes de ce fléau et pour y trouver des réponses adaptées et rapidement opérantes. À l’issue des débats, nous nous étions félicités des avancées permises par la […]

C’est vrai ! Tout à fait !

C’est une double peine pour les enfants qui subissent le harcèlement scolaire. Pour qu’ils puissent se reconstruire et témoigner après l’isolement, la dépression, la déscolarisation, nous devons leur donner confiance en la société. Nous devons leur montrer que nous reconnaissons pleinement leurs souffrances et qu’il n’y aura désormais plus aucune tolérance pour l’acharnement dont ils ont été les victimes. Pour tenir cet engagement, il faut un délit autonome de harcèlement scolaire : j’en reste intimement persuadée. Les outils qu’instaure cette proposition de loi permettront, avec les politiques publiques mises en place au cours des cinq dernières années et grâce à l’action essentielle des acteurs de terrain, d’endiguer ce fléau.Nous voulons également une harmonisation des sanctions que ne permet pas la législation actuelle, dans laquelle le harcèlement scolaire est puni au titre du […]

La parole est à M. Maxime Minot.

Nous manquons de chiffres exacts, mais nombreux seraient les enfants victimes de harcèlement scolaire chaque année : on estime leur nombre entre 800 000 et 1 million, soit 10 % des élèves scolarisés en France. Ces chiffres donnent le tournis, ils révoltent et ils écœurent lorsque l’on sait les drames auxquels le harcèlement peut conduire. Car non, le harcèlement n’est pas une chamaillerie d’enfants, loin de là. Il nous faut briser la loi du silence ; il nous faut permettre aux enfants d’avoir la parole, de crier et de demander de l’aide. Permettez-moi d’avoir une pensée pour tous les enfants et leurs familles dont les destins ont été brisés parfois jusqu’à l’irréparable, et dont certains porteront à vies les stigmates des humiliations et des violences physiques ou psychologiques. Je tiens aussi à saluer l’engagement de toutes les associations qui leur apportent un soutien […]

Seulement 20 % d’entre eux indiquent avoir reçu une formation contre le harcèlement scolaire. À peine un enseignant sur trois se sent suffisamment armé pour repérer les cas de harcèlement et accompagner les victimes et les harceleurs. Alors que le harcèlement scolaire touche tous les milieux et tous les établissements scolaires, la lutte contre le harcèlement scolaire rencontre pourtant aujourd’hui des difficultés structurelles, s’agissant en particulier de la prise en charge des victimes. En 2017, l’Académie de médecine dénonçait dans un rapport les nombreuses lacunes et les disparités territoriales dont souffre la médecine scolaire – et qu’a rappelées ma collègue Elsa Faucillon.

Bien dommage !

C’est un point important que le Gouvernement doit corriger sans attendre. Les établissements doivent avoir les moyens des résultats que nous attendons d’eux.Bien entendu, les gouvernements successifs de ce quinquennat ont pris des mesures en lançant un plan de lutte contre les violences scolaires, en interdisant les téléphones portables au collège et en prenant notamment l’initiative du programme PHARE. Mais, comme les numéros d’appel – dont l’utilité est réelle –, ces dispositifs restent parfois trop méconnus. Il faut absolument renforcer et rendre la plus large possible la communication à leur sujet.Le Sénat a aussi fourni un important travail sur le harcèlement scolaire, au travers d’une mission d’information ayant abouti à la proposition de trente-cinq mesures concrètes et opérationnelles. Je pense également au rapport de l’Institut Montaigne, « Internet : le péril jeune ? » auquel […]

Il a raison !

C’est pourquoi, sans surprise, le Sénat a voulu y apporter sa contribution. La qualité de ses modifications n’est pas à démontrer : je pense entre autres à l’extension de la définition du harcèlement scolaire au milieu universitaire ainsi qu’au cyberharcèlement ; au nécessaire renforcement de la formation que je viens d’évoquer ; à la prise en considération des témoins. Le désaccord entre les chambres s’est principalement concentré sur l’article 4, réécrit par les sénateurs, qui considèrent que la création d’un délit spécifique de harcèlement scolaire risque de faire primer le symbole au détriment de l’efficacité du droit.C’est là un argument qui doit s’entendre. Néanmoins – et bien que j’imagine la déception de mon collègue de l’Oise, rapporteur du texte au palais du Luxembourg –, les membres du groupe Les Républicains, assumant leurs responsabilités et jugeant que ce désaccord relève […]

La parole est à Mme Blandine Brocard.

Cher Erwan Balanant, qui soutenez cette cause depuis si longtemps, dans le monde, deux jeunes sur trois déclarent craindre la violence à l’école ou à ses abords. « Nous demandons à être protégés et épargnés de toutes les formes et de tous les degrés de violence à l’école. Pour cela, nous demandons que les écoles soient régies par des règles, des réglementations et des plans d’action clairs permettant l’application de réformes et de recours afin d’offrir à tous les élèves un environnement d’apprentissage sûr. » C’est à cette demande simple, formulée par une centaine de jeunes dans le cadre d’un manifeste de l’UNICEF, que nous souhaitons répondre grâce à la proposition de loi.Celle-ci ne porte pas sur la violence physique, intolérable, évidemment, mais plus facile à identifier : elle traite d’une violence plus insidieuse, pernicieuse, celle qui se chuchote dans le dos des victimes, celle […]

Très bien !

Il s’agit de permettre à la communauté enseignante de mettre un nom sur ce fléau, d’en discuter, d’organiser la lutte avec et pour les enfants, avec les parents, avec les associations, au besoin d’ériger l’épouvantail des risques encourus, afin de faire prendre conscience aux familles des conséquences gravissimes que pourraient avoir certains actes commis par leur enfant et que trop d’entre elles ignorent ou même estiment anodins.Pour toutes ces raisons, considérer le harcèlement scolaire comme une simple aggravation du délit de harcèlement moral, ainsi que le souhaitait le Sénat, ne présente aucun sens : un enfant ne peut encourir deux ans de prison pour en avoir harcelé un autre, quand les mêmes faits ne feraient risquer à un adulte qu’une année d’incarcération. En revanche, poser un interdit strict, ferme, une ligne rouge infranchissable, est plus que nécessaire.

C’est essentiel !

L’échec de la commission mixte paritaire a en outre une seconde cause : le Sénat voulait exclure du dispositif les adultes intervenant dans l’enceinte de l’école. Sans stigmatiser personne, il est de notre devoir de reconnaître que le harcèlement peut être lancé, prolongé ou simplement ignoré par des adultes intervenant en milieu scolaire – enseignants, surveillants, membres du personnel administratif ou médical, par exemple –, en vue de garantir aux enfants, par une définition large, qu’ils seront à l’abri de ce fléau.Vous l’aurez compris, notre ambition en la matière est grande. Le groupe Mouvement démocrate (MODEM) et démocrates apparentés espère ainsi que les débats qui vont suivre nous permettront de faire avancer ce texte absolument essentiel à la protection de nos enfants. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem, ainsi que sur quelques bancs du groupe LR. – M. le rapporteur […]

La parole est à Mme Michèle Victory.

L’examen de ce texte a démontré que la lutte contre le harcèlement scolaire transcende les clivages politiques : pour protéger nos enfants, nous sommes tous mobilisés. Le problème n’est certes pas nouveau, et les gouvernements successifs ont déjà pris des mesures, par exemple la création en 2012, au début du quinquennat de François Hollande, d’une ligne nationale d’écoute téléphonique gratuite, ou encore le dispositif des ambassadeurs lycéens contre le harcèlement. Cependant, force est de constater que l’amplification du phénomène par les réseaux sociaux a fait prendre au harcèlement des formes nouvelles qui rendent le calvaire des victimes, des familles, interminable. Des drames récents, insupportables, continuent de susciter l’émotion : nous avons une pensée émue pour ces foyers meurtris.Pour autant, la viralité des réseaux sociaux ne doit pas masquer le fait que le harcèlement dit […]

La parole est à M. Benoit Potterie.

Nous sommes de nouveau réunis pour examiner, en nouvelle lecture, la proposition de loi visant à combattre le harcèlement scolaire. Les profondes transformations introduites par le Sénat ont en effet rendu inéluctable l’échec de la commission mixte paritaire, ce que nous regrettons sincèrement. Néanmoins, la suppression du délit autonome et l’exclusion des adultes de la définition du harcèlement scolaire constituaient des lignes rouges que notre majorité ne pouvait se résoudre à franchir. C’est pourquoi nous avons entériné leur rétablissement en commission.Comme lors de la première lecture, les membres du groupe Agir ensemble soutiendront avec vigueur cette proposition de loi, que nous avons cosignée. Il est en effet des drames individuels qui sont aussi collectifs et qui nous poussent à agir dans un esprit de responsabilité : le suicide de la jeune Dinah, qui a mis fin à ses jours le 5 […]

La parole est à M. Guillaume Chiche.

La proposition de loi visant à combattre le harcèlement scolaire a tout d’abord une visée pédagogique importante, tant le fléau du harcèlement scolaire touche de très nombreux enfants et adolescents. Le harcèlement scolaire constitue une agression répétée, délibérée, souvent effectuée en groupe : il n’est pas qu’un conflit entre deux individus : c’est souvent le fait d’un groupe contre un individu.Chaque année, entre 800 000 et 1 million de jeunes en sont victimes, soit plus de 5 % des élèves. En 2021, une vingtaine d’enfants et d’adolescents sont décédés en raison du harcèlement qu’ils subissaient. En amont de ces drames, ce sont les parcours scolaires et la vie sociale des enfants concernés qui sont brisés avec des conséquences psychologiques indéniables. Il est bien là question du bien-être de nos enfants à l’école.Le harcèlement scolaire est pris en considération depuis une dizaine […]

Sylvain Waserman president · Dem #168

La discussion générale est close.La parole est à M. le rapporteur, qui souhaite intervenir.

Erwan Balanant rapporteur · Dem #170

Je souhaite tout d’abord revenir sur le cheminement du texte, afin d’apporter des éléments de réponse à quelques interrogations émanant de la gauche extrême de l’hémicycle.

Pas extrême gauche ! Nous sommes, à gauche, à l’extrême de l’hémicycle.

Erwan Balanant rapporteur · Dem #172

Géographiquement, vous êtes à l’extrême gauche de l’hémicycle. C’est précisément parce que je ne voulais pas employer l’expression d’extrême gauche que j’ai parlé de gauche extrême. Mais là n’est pas le sujet.L’objectif de la présente proposition de loi est de protéger l’enfant tout au long de son apprentissage scolaire et universitaire. C’est aussi simple que cela. Pour ce faire, nous devons instaurer les outils juridiques qui manquaient.Vous avez raison, ce texte ne résoudra pas tout. Néanmoins, il donne aux pouvoirs publics des leviers d’action supplémentaires qui faisaient défaut jusqu’à présent. Jusqu’à la loi pour une école de la confiance, le terme de harcèlement scolaire ne figurait ni dans le code de l’éducation ni dans le code pénal.

Erwan Balanant rapporteur · Dem #176

Le mal n’existait pas. Or comment voulez-vous lutter contre un mal qui n’est même pas nommé ? Tel est l’enjeu de l’article 1er de la proposition de loi qui confère un droit à une scolarité dans la confiance, sans violence et sans harcèlement – nous sommes tous d’accord sur ce point. Accorder ce droit à un enfant, c’est tout simplement libérer sa parole face à une menace. Tant que l’enfant ne dispose pas de ce droit ou n’en perçoit pas l’existence, il ne peut pas libérer sa parole. Cette faculté est également rendue possible grâce à l’article 3, qui prévoit la formation de tous les adultes référents en lien avec l’enfant : non seulement les enseignants, les AED, les personnels exerçant à l’école, mais également les forces de l’ordre, les médecins scolaires, les infirmiers et tous ceux qui, dans leur vie professionnelle, travaillent auprès de l’enfant.Cette libération de la parole permet […]

Discussion des articles

Sylvain Waserman president · Dem #181

J’appelle maintenant, dans le texte de la commission, les articles de la proposition de loi sur lesquels les deux assemblées n’ont pu parvenir à un texte identique.

Article 1er

La parole est à Mme Emmanuelle Anthoine.

Le harcèlement scolaire est un fléau que nous devons combattre. Les statistiques qui en évaluent l’ampleur sont particulièrement inquiétantes : plus d’un jeune Français sur dix subirait une forme de harcèlement scolaire, soit plus de 750 000 enfants chaque année. Il est du devoir du législateur de réagir et de s’emparer du problème. La liste des jeunes qui mettent fin à leurs jours parce qu’ils subissent du harcèlement scolaire est bien trop longue ; ces faits divers effroyables doivent cesser.Le harcèlement scolaire se caractérise par de la violence et des agressions régulières, qu’elles soient verbales, physiques ou psychologiques : les enfants sont insultés, bousculés menacés, battus ou injuriés. Cette réalité insoutenable n’a pas sa place à l’école de la République __ nous en convenons tous. Nous devons l’affirmer clairement dans le code de l’éducation : l’article 1er y procède, en […]

La parole est à M. Bruno Fuchs.

Je veux rendre hommage à la mémoire de la jeune Dinah, qui s’est donné la mort le 5 octobre 2021 à Wittenheim, à quelques kilomètres de ma permanence : son geste a suscité un véritable choc de conscience, et il est certainement à l’origine de notre mobilisation accrue contre le harcèlement. J’ai aussi une pensée pour toutes les victimes de harcèlement scolaire et de cyberharcèlement. Je me félicite que nous réagissions avec force et détermination contre ce phénomène.La présente proposition de loi constitue une avancée importante, qui contribuera à faire reculer ce fléau. Je salue la création d’un délit de harcèlement scolaire et l’instauration de nouveaux outils, comme le stage de sensibilisation prévu à l’article 6, et l’information délivrée chaque année aux élèves et aux parents, prévue à l’article 1er.J’exprimerai toutefois une frustration : je regrette que la proposition de loi […]

Sylvain Waserman president · Dem #191

La parole est à Mme Emmanuelle Ménard, pour soutenir l’amendement no 11.

article 1er · amendement 11

Il a un objet rédactionnel et vise à clarifier la proposition de loi. À l’alinéa 3, dans la phrase : « Aucun élève ou étudiant ne doit subir de faits de harcèlement résultant de propos ou comportements, commis au sein de l’établissement […] » je propose de supprimer les termes « de faits de harcèlement résultant ». En simplifiant ainsi la rédaction, nous viserions des faits de harcèlement plus larges. Nous rendrions la loi plus lisible et plus facilement compréhensible, et elle serait ainsi mieux acceptée par les Français.

Quel est l’avis de la commission ?

Erwan Balanant rapporteur · Dem #194

Si nous ne nommons pas clairement les choses, nous n’avancerons pas. Vous ajoutez au contraire de la confusion en supprimant le mot « harcèlement », qui désigne précisément le phénomène que nous combattons. Par ailleurs, je ne vois pas en quoi la rédaction actuelle pèche sur le plan grammatical. Mon avis est donc défavorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Sophie Cluzel secrétaire d’État #196

Même avis.

#197

(L’amendement no 11 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Sylvain Waserman president · Dem #198

La parole est à M. François Jolivet, pour soutenir l’amendement no 22.

article 1er · amendement 22

Avant de présenter cet amendement d’appel, je souhaite saluer le travail et la proposition de loi d’Erwan Balanant. Je me dois d’y associer Hugo Martinez, président de l’association HUGO !, qui s’est fortement engagé dans ce projet, ainsi que Matthieu Meriot, un habitant de l’Indre qui, après avoir fait partie de la longue liste des gens harcelés, a relaté son expérience dans un livre. Je salue enfin la petite Dinah, victime de harcèlement qui a mis fin à ses jours en octobre.Madame la secrétaire d’État, quelle doctrine tirerez-vous du présent texte ? Dès lors que la proposition de loi pénalise le harcèlement __ ce dont je me réjouis __, elle doit préciser qu’il appartient à l’ensemble des personnes concernées de faire la preuve de l’accomplissement de leurs diligences normales dans l’exercice de leurs fonctions pour lutter contre le harcèlement scolaire, afin d’éviter d’être condamnées […]

Quel est l’avis de la commission ?

Erwan Balanant rapporteur · Dem #202

Je vous remercie pour vos encouragements, cher collègue. Précisons qu’outre l’association que vous avez citée, toutes celles qui luttent contre le harcèlement scolaire ont été impliquées dans l’élaboration du texte.Comme pour tout délit ou crime, l’absence d’accomplissement des diligences normales peut être invoquée dans le cadre d’une procédure judiciaire portant sur des faits de harcèlement scolaire. Votre amendement est donc pleinement satisfait. Par ailleurs, il semble opportun de dissocier, d’une part, l’établissement d’une obligation de moyens à la charge des pouvoirs publics, qui doit relever du code de l’éducation, et d’autre part, la répression judiciaire des faits de harcèlement scolaire, qui trouve sa place dans le code pénal. Notre intention n’est pas de judiciariser le harcèlement scolaire car, en la matière, la judiciarisation témoigne de l’échec du système : elle doit […]

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Sophie Cluzel secrétaire d’État #205

Même avis.

#206

(L’amendement no 22 est retiré.)

Sylvain Waserman president · Dem #207

La parole est à Mme Emmanuelle Ménard, pour soutenir l’amendement no 8.

article 1er · amendement 8

C’est encore un amendement rédactionnel, qui peut toutefois avoir quelques conséquences sur la responsabilité des établissements en cas de harcèlement. À l’alinéa 4, plutôt que d’indiquer que les établissements « prennent les mesures appropriées visant à lutter contre le harcèlement », je propose d’écrire qu’ils « se donnent les moyens de lutter contre le harcèlement ». Les établissements doivent être soumis à une obligation de moyens et non de résultat car, dans ce domaine, le risque ne peut jamais être totalement éradiqué.

Quel est l’avis de la commission ?

Erwan Balanant rapporteur · Dem #210

Votre dernière remarque est contradictoire avec votre amendement, qui semble vouloir imposer une obligation de résultat __ or nous savons que c’est impossible dans un sujet comme le harcèlement. Je vous demande donc de retirer votre amendement. Seule une obligation de moyens peut être mise à la charge des établissements d’enseignement et des pouvoirs publics.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Sophie Cluzel secrétaire d’État #212

Tout a été dit : même avis.

La parole est à Mme Emmanuelle Ménard.

Mon amendement vise bien une obligation de moyens, et non de résultat, puisque je propose d’écrire que les établissements « se donnent les moyens de lutter contre le harcèlement ».

#215

(L’amendement no 8 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Sylvain Waserman president · Dem #216

La parole est à Mme Sabine Rubin, pour soutenir l’amendement no 19.

article 1er · amendement 19

Cet amendement d’appel vise à préciser que les établissements sont tenus de prendre les mesures appropriées visant à lutter contre le harcèlement « en fonction du peu de moyens dont ils sont dotés ». Il faut en effet rappeler à quel point les établissements manquent de moyens humains, tant en médecine scolaire qu’en personnels de vie scolaire et en assistants sociaux – et j’en passe. Dans ces conditions, je n’envisage pas qu’ils puissent prévenir, combattre ni même cerner le nouveau phénomène du harcèlement. Du reste, ce n’est pas parce qu’un phénomène est reconnu qu’il nécessite forcément de créer un nouveau délit. Vous créez un délit pour nommer une réalité, mais celle-ci existe indépendamment de la qualification de délit !Lors de l’examen du projet de loi de finances pour 2022, la majorité parlementaire a rejeté tous nos amendements visant à augmenter le nombre de personnels de […]

Quel est l’avis de la commission ?

Erwan Balanant rapporteur · Dem #220

Les deux aspects ne sont pas indissociables, bien au contraire. Vous estimez que les moyens sont en constante régression ; or je vous rappelle que 300 CPE seront recrutés : ce sont autant de moyens supplémentaires. Nous partons d’une situation difficile et délicate mais, depuis le début de la législature, le budget de l’éducation nationale a augmenté chaque année, dans des proportions parfois importantes __ les lois de finances en témoignent.Enfin, je le répète : l’inscription d’un délit dans le code pénal définit certes un interdit, mais engage aussi la société. C’est en inscrivant une règle précise dans le code pénal, qui recense les interdits, que nous pouvons avancer et que nous engageons toute la société. Ce faisant, nous donnons des obligations de moyens à l’ensemble des acteurs pour traiter le phénomène du harcèlement scolaire. Avis défavorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Sophie Cluzel secrétaire d’État #223

Comme l’a rappelé M. le rapporteur, des moyens supplémentaires ont été accordés. Avis défavorable.

La parole est à Mme Zivka Park.

Nous sommes toutes deux membres de la commission des finances, madame Rubin. Vous savez donc que, pour la première fois depuis fort longtemps, nous avons créé des postes supplémentaires de personnel médicosocial et de CPE __ ils seront 300 cette année. Ce n’est peut-être pas suffisant, mais vous ne pouvez pas dire que rien n’a été fait. Il faut augmenter les moyens humains, et nous le faisons ; mais au-delà des budgets, encore faut-il trouver les personnes qui acceptent d’occuper les postes ! Le message exprimé par l’article 1er est clair : nous sommes tous responsables, et nous devons tous nous engager dans la lutte contre le harcèlement scolaire. Indépendamment des moyens humains, nous avons la volonté d’agir sur le terrain ; cette détermination est partagée par les associations et la communauté éducative, ainsi que par les parents, qui s’impliquent de plus en plus dans ce sujet. Vous […]

La parole est à Mme Sabine Rubin.

On ne peut pas assumer une responsabilité si on ne dispose pas des moyens d’y faire face. Or vous ne vous imposez pas à vous-mêmes une obligation de moyens. Vos 300 postes de CPE ne sont rien du tout, tant la carence que subissent les établissements est profonde ! Cela vaut aussi pour les AED. Quant à la médecine scolaire, nous en parlons depuis cinq ans, mais rien n’est fait : on ne trouve pas les médecins. Il est difficile de trouver les personnels, dites-vous, mais encore faudrait-il les payer correctement ! On tourne en rond. L’augmentation du budget de l’éducation nationale est insignifiante au regard des besoins massifs des établissements.

La hausse est tout de même de 1,6 milliard en 2022 !

C’est insignifiant. L’école est tellement appauvrie que tout le monde y est maltraité, depuis les enseignants jusqu’aux élèves, en passant par les inspecteurs d’académie. Ne me parlez pas de votre obligation de moyens ! Puisque vous créez un délit au regard d’une obligation de moyens, vous devrez traduire celle-ci dans le projet de loi de finances pour 2023.

Le monde est facile avec vous !

#231

(L’amendement no 19 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Sylvain Waserman president · Dem #232

La parole est à Mme Emmanuelle Ménard, pour soutenir l’amendement no 9.

article 1er · amendement 9

Le message adressé à des harceleurs qui ne mesurent pas toujours la portée de leurs actes doit être très clair : leurs agissements sont absolument illicites et ils peuvent être punis, y compris par la justice de notre pays.En première lecture, vous m’aviez dit, monsieur le rapporteur, que cet amendement était satisfait parce que les services extérieurs à l’établissement vers lesquels orienter les victimes incluent évidemment les services de police et de justice, mais vu l’ampleur du phénomène, il me semble très utile, même si c’est symbolique – il est bon parfois d’inscrire dans la loi des formules symboliques – de rappeler que, dans le cas de harcèlement scolaire, c’est toute la société qui est derrière les victimes, y compris les forces de l’ordre et la justice.Je finirai mon intervention en vous citant les propos d’une mère publiés en novembre dernier dans la presse régionale […]

Quel est l’avis de la commission ?

Erwan Balanant rapporteur · Dem #239

Je vais vous donner le même avis défavorable, madame Ménard. Si nous commençons à préciser les services appropriés, c’est sans fin, puisque cela dépend de la situation particulière : parfois ce seront la justice et les forces de l’ordre, mais cela pourra être les services départementaux de l’enfance. Si nous voulons en dresser la liste exhaustive, nous en oublierons immanquablement. Gardons donc cette rédaction plus large et plus sécurisante.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Sophie Cluzel secrétaire d’État #241

Même avis.

La parole est à M. Bruno Fuchs.

Je voulais souligner la pertinence de cet amendement, à la lumière d’une expérimentation associant les collèges et le commissariat qui est en cours à Bourtzwiller, dans ma circonscription : la police est alertée de tout incident, menace ou cas qui risque de se développer et elle vient faire des séances de prévention d’une extrême efficacité. Rappeler, à un moment où on crée un délit pénal, la force non seulement de la loi, mais aussi de la police, est judicieux. L’opportunité de cet amendement à cet endroit du texte est complètement corroborée par mon expérience de terrain.

La parole est à Mme Cécile Rilhac.

Je voudrais abonder dans le sens de M. le rapporteur. Il existe déjà des référents police et grâce à ce texte, le délit de harcèlement scolaire sera enfin caractérisé. Depuis plus de dix ans, les établissements scolaires ont l’habitude de traiter ces cas et, comme M. Fuchs vient de le dire, cela fonctionne très bien. M. le rapporteur l’a dit, le texte ne peut pas préciser quels services seront appropriés. Dans certains cas, ce pourra être ceux d’une association de proximité, dans d’autres ceux d’associations en lien avec la justice, comme c’est le cas chez moi dans le Val-d’Oise. Ce pourra être dans d’autres départements les référents police, qui sont très bien formés. La création d’un délit de harcèlement scolaire permettra précisément aux référents police d’être formés et d’être encore plus efficaces.

La parole est à Mme Emmanuelle Ménard.

Je vous avoue que je ne vous comprends pas : alors que ce texte fait du harcèlement scolaire un délit, vous ne voulez pas que ce quatrième alinéa mentionne explicitement les forces de l’ordre ou la justice, comme il le fait pour les associations. Je ne demande absolument pas que les victimes soient orientées immédiatement et exclusivement vers les forces de l’ordre, mais il me semble que créer un délit sans mentionner les forces de l’ordre et la justice, c’est s’arrêter au milieu du gué. Ce n’est pas envoyer un bon signal. Je ne m’oppose bien évidemment pas à la possibilité qu’une simple association règle le problème, mais pourquoi s’interdire ainsi, dans un texte qui crée un nouveau délit, de préciser que les forces de police ou de justice peuvent être également saisies du problème ?

#248

(L’amendement no 9 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Sylvain Waserman president · Dem #249

La parole est à Mme Marie Tamarelle-Verhaeghe, pour soutenir l’amendement no 25.

article 1er · amendement 25

Alors que le code de l’éducation déborde de délivrances d’informations, nous en ajoutons de nouvelles dans chaque texte concernant l’éducation. Les législateurs que nous sommes auraient intérêt à s’interroger sur la pertinence de ce mode d’intervention. La recherche en santé publique nous alerte depuis très longtemps sur le fait que la délivrance d’information n’est pas efficace en elle-même. Il faut plutôt s’intéresser aux actions individuelles et collectives, dont l’efficacité est confirmée par l’expertise existante, notamment celle de Santé publique France. Je vous encourage à vous appuyer sur celle-ci, plutôt que de multiplier les obligations d’information.D’autres voies existent pour améliorer le climat scolaire et lutter contre le harcèlement scolaire : développer les compétences psychosociales, domaine dans lequel nous n’avons pas atteint nos objectifs ; s’appuyer sur les […]

Quel est l’avis de la commission ?

Erwan Balanant rapporteur · Dem #253

C’est précisément le sens du texte, chère collègue, que de permettre une telle action, globale et cohérente : pour lutter contre un phénomène aussi protéiforme que le harcèlement scolaire, il faut pouvoir travailler sur tous les sujets.En revanche, je suis totalement en désaccord avec votre idée de supprimer l’obligation d’informer les parents et les élèves sur le harcèlement scolaire, alors que c’est souvent ce qui fait défaut. Ayant, comme beaucoup d’entre vous, l’habitude de me rendre aux réunions de rentrée entre parents et professeurs, j’ai pu constater combien les questions du harcèlement scolaire, du cyberharcèlement et de l’utilisation des téléphones portables sont ignorées : il y a un vrai besoin d’information en la matière, car la sensibilisation à ces questions est primordiale. De nombreux parents n’ont pas du tout conscience de ce que sont le harcèlement scolaire et le […]

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Sophie Cluzel secrétaire d’État #257

Je m’inscris totalement dans la ligne du rapporteur : il est capital d’informer les parents d’élèves. Vous l’avez dit, monsieur le député Minot, trop peu de personnes savent tout ce qui se passe. Nous avons là l’occasion de prévoir une information simple, claire et lisible sur tous ces dispositifs très importants qui visent à « aller vers ». Je m’oppose donc totalement à cette proposition.

La parole est à Mme Marie Tamarelle-Verhaeghe.

Qu’on ne se méprenne pas : je ne dis pas que le sujet n’est pas important et qu’une prise de conscience n’est pas nécessaire, mais l’information n’est pas forcément la manière la plus efficace de lutter contre ces problèmes de comportement. Pourquoi sinon ne pas faire aussi de l’information de masse sur l’éducation à la sexualité, l’alimentation, les addictions et tous les nombreux risques qui menacent le développement des jeunes ? Seul un vrai travail de fond et de long terme est susceptible de porter ses fruits. Je vous mets en garde contre le sentiment qu’il suffit d’imposer une information pour que les enfants adoptent les bons comportements : cela ne marche pas comme ça.

#260

(L’amendement no 25 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Sylvain Waserman president · Dem #261

Je suis saisi de deux amendements, nos 24 et 4, pouvant être soumis à une discussion commune. L’amendement no 24 de M. François Jolivet est défendu.La parole est à Mme Catherine Pujol, pour soutenir l’amendement no 4.

article 1er · amendement 24

La prévention est le meilleur moyen de lutter contre le harcèlement, qu’il ait lieu prioritairement au sein de l’établissement scolaire ou sur internet, le second étant souvent lié au premier. Nous proposons par cet amendement qu’une réunion d’information sur le harcèlement scolaire soit organisée au sein des établissements scolaires pour les élèves et les familles dans un but de prévention et d’éducation aux risques de harcèlement scolaire.

Quel est l’avis de la commission ?

Erwan Balanant rapporteur · Dem #265

L’avis est défavorable à ces amendements, qui sont complètement satisfaits par la rédaction actuelle. De plus, imposer une réunion d’information n’est peut-être pas la meilleure des solutions : il y a plein d’autres moyens d’informer, via par exemple un site en ligne, des applications ou encore des messages aux parents. En limitant l’information à une réunion, on risque de réduire les capacités d’information sur ces sujets.

#266

(Les amendements nos 24 et 4, repoussés par le Gouvernement, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts
Sylvain Waserman president · Dem #267

La parole est à Mme Emmanuelle Ménard, pour soutenir l’amendement no 10.

article 1er · amendement 10

Je ne suis pas du tout opposée à l’information sur le harcèlement scolaire, bien au contraire, mais il faut qu’on en fasse un tout petit peu plus et que l’information délivrée porte non seulement sur les risques liés au harcèlement scolaire mais aussi sur les peines encourues, si on veut marquer les esprits. Parfois les jeunes harceleurs n’ont pas l’impression de mal agir : il s’agit plutôt d’un jeu envers leur petit camarade, un mauvais jeu, certes, et qui peut avoir des conséquences tragiques, mais celui qui commet le harcèlement n’est pas forcément complètement conscient des conséquences que des propos ou des gestes répétés peuvent avoir.Si une telle session d’information, qu’elle ait lieu à l’école ou ailleurs, est l’occasion d’alerter sur ce qui constitue un harcèlement et sur les peines encourues, elle peut avoir un effet dissuasif non négligeable.

Quel est l’avis de la commission ?

Erwan Balanant rapporteur · Dem #271

Défavorable. Il faut laisser à l’équipe pédagogique la liberté d’informer comme bon lui semblera et ne pas l’obliger à détailler les peines encourues, d’autant que la justice pénale des mineurs est complexe et que ces peines ne sont pas nécessairement vouées à être appliquées. L’important est de dire aux enfants : « C’est interdit. Tu nuis à ton camarade, tu détériores le climat de la classe, tu n’es pas dans la bienveillance. » Quant aux peines encourues, laissons au professeur ou à la personne chargé de délivrer l’information la liberté de décider s’il convient d’en parler ou non. N’accumulons pas les contraintes en la matière.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Sophie Cluzel secrétaire d’État #273

Même avis.

La parole est à Mme Emmanuelle Ménard.

Erwan Balanant rapporteur · Dem #275

Bon, maintenant, je ne lui réponds plus ! Si elle reprend chaque fois la parole,…

Il est malheureux de vous entendre dire que les peines pour les mineurs ne sont pas forcément appliquées et qu’il faut laisser tout ça au libre arbitre du professeur, car c’est comme ça qu’on assomme les victimes.

Erwan Balanant rapporteur · Dem #277

Mais non !

Mais si ! En donnant l’impression que celui qui commet un fait de harcèlement ne fera l’objet d’aucune sanction, puisque ce sera laissé au libre arbitre de tout le monde, notamment des professeurs, vous enfoncez encore un peu plus la victime, qui a l’impression de ne pas être prise en considération.Je présenterai tout à l’heure un amendement à l’article 4, dont nous avons déjà discuté et que vous avez refusé lors de la précédente lecture du texte. J’y explique que ce n’est pas la victime qui doit être sortie de l’établissement quand elle est harcelée,…

Erwan Balanant rapporteur · Dem #280

Nous sommes d’accord !

…mais plutôt l’élève qui commet le fait de harcèlement. Vous n’en avez pas voulu, et vous m’expliquez maintenant que les sanctions sont laissées au libre arbitre de qui veut bien.

Erwan Balanant rapporteur · Dem #282

Ce n’est pas ça !

Vous envoyez là un très mauvais message. On ne peut pas créer un délit de harcèlement et dire ensuite que cela n’aura finalement que peu d’efficacité et ne sera guère opératoire. C’est un mauvais signal.

La parole est à M. le rapporteur.

Erwan Balanant rapporteur · Dem #285

Madame Ménard, c’est de la mauvaise foi intégrale ! D’un côté, on nous reproche de faire du judiciaire et vous, vous nous dites que tout cela est inutile. Nous voulons définir un interdit fort, puissant, en inscrivant dans le code pénal que le harcèlement scolaire est interdit, que c’est quelque chose de très mal. (Mme Emmanuelle Ménard s’exclame.)C’est justement ce que diront les professeurs ou les équipes pédagogiques,…

Alors, inscrivez-le dans la loi !

Erwan Balanant rapporteur · Dem #288

…car cette réunion d’information peut également être organisée par le CPE, le conseiller principal d’éducation. Votre demande est donc pleinement satisfaite.Nous connaissons votre capacité de travail et votre sens du détail, mais le détail pourrait se traduire par des risques juridiques. Soyons donc simples et écrivons la loi de façon claire et précise, au lieu d’ajouter toujours des choses qui détériorent le message final.

#290

(L’amendement no 10 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Sylvain Waserman president · Dem #291

La parole est à Mme Marie Tamarelle-Verhaeghe, pour soutenir l’amendement no 26.

article 1er · amendement 26

Il s’agit d’un amendement de repli. Si je ne me suis pas assez bien fait comprendre par l’Assemblée et que celle-ci maintient l’obligation de délivrer une information, il est préférable que celle-ci s’inscrive dans une démarche de projet du comité d’éducation à la santé et à la citoyenneté, instance qui, au sein de nos établissements, réfléchit pour porter des projets de fond et qui embrasse l’ensemble des problématiques de santé concernant nos jeunes.Le harcèlement fait partie d’une problématique de santé sociale, qui doit être portée d’une manière continue et ne peut pas être traitée seulement par l’information. Du reste, les études démontrent qu’une information est efficace sur ceux qui sont déjà convaincus, et ne touche pas ceux qui ne le sont pas, en particulier les adolescents, pour qui les interdits ne sont pas le levier le plus efficace – même si je comprends bien qu’on veuille […]

Quel est l’avis de la commission ?

Erwan Balanant rapporteur · Dem #296

Je vous demande de retirer cet amendement, car il est pleinement satisfait par l’article 1er bis qui sera appelé dans quelques instants et qui traite précisément du rôle du comité d’éducation à la santé, à la citoyenneté et à l’environnement dans la lutte contre le harcèlement scolaire. À défaut de retrait, l’avis sera défavorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Sophie Cluzel secrétaire d’État #298

Même avis.

La parole est à Mme Marie Tamarelle-Verhaeghe.

On ne saurait trop insister sur le fait qu’une telle information s’inscrit automatiquement dans le projet du comité.

#301

(L’amendement no 26 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Sylvain Waserman president · Dem #302

La parole est à M. Bruno Fuchs, pour soutenir les amendements nos 31 et 32, qui peuvent faire l’objet d’une présentation groupée.

article 1er · amendement 31 et 32

Le nombre d’amendements déposés montre bien que la rédaction de l’alinéa 5 pose problème. Nous tournons autour de suggestions visant à en améliorer la rédaction, mais il ne faut pas le supprimer : il faut, au contraire, le renforcer.De fait, une information sur les risques n’est pas suffisante, et ce n’est pas ce que nous demandons en début d’année à un établissement qui accueille des enfants et des parents d’élèves : il doit expliquer clairement le schéma de résolution et les points d’appui sur lesquels un élève ou un parent d’élève peut se fonder. Il s’agit donc plutôt pour l’établissement de se prononcer sur un plan de prise en charge des questions de harcèlement, et de le rédiger. Une information sur le risque est certes utile mais n’est pas suffisante.J’en viens à mes deux amendements nos 31 et 32, dont la rédaction est très simple. Le premier prévoit que l’information présente les […]

Quel est l’avis de la commission ?

Erwan Balanant rapporteur · Dem #307

Je rappelle tout d’abord qu’il s’agit ici d’information, et non pas d’une réunion. Deuxièmement, les amendements proposés sont tout à fait satisfaits. Relisez en effet, cher collègue, le quatrième alinéa, qui impose aux établissements des obligations de moyens, en leur demandant d’adopter des plans d’action prévoyant des solutions contre le harcèlement scolaire : l’information qui s’ensuivra portera évidemment sur ce qui vient d’être mis en place. L’amendement est pleinement satisfait et j’en demande donc le retrait. À défaut, avis défavorable.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Sophie Cluzel secrétaire d’État #309

Même avis.

La parole est à M. Bruno Fuchs.

Dans ce cas, tout est induit et il suffit de s’arrêter au premier alinéa de l’article 1er ! Si cette mesure figure à l’alinéa 4, pourquoi ne pas prévoir à l’alinéa 5, en référence à l’alinéa 4, une information portant sur ce plan ? Les textes de loi doivent avoir une logique. Or, il est ici question d’une information sur les risques. Peut-être que tout est induit, mais écrivons plutôt les choses d’une façon plus simple et plus cohérente. Vu le nombre d’amendements déposés, en effet, l’alinéa 5 n’est visiblement pas rédigé d’une manière assez précise ni incitative.

Erwan Balanant rapporteur · Dem #312

Peut-être faut-il lire l’ensemble du texte…

Monsieur le rapporteur, souhaitez-vous intervenir à nouveau ?

Erwan Balanant rapporteur · Dem #314

Pardon, monsieur le président !

Ce n’est pas grave, monsieur le rapporteur. (Sourires.)

Erwan Balanant rapporteur · Dem #316

Le projet d’école, évoqué à l’article 3, consiste précisément à définir des actions dans des domaines très divers et qui doivent faire l’objet de cette information. Tout est parfaitement satisfait.

C’est aujourd’hui ma dernière journée au perchoir de cette législature. Je préside donc avec une bienveillance infinie, mais n’en abusez pas ! (Sourires et applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.)

#318

(Les amendements nos 31 et 32, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)

· REJET de plusieurs amendements (main levée) adts
#319

(L’article 1er est adopté.)

· ADOPTION d’un article (vote à main levée)

Articles 1er bis, 2 et 2 bis

#321

Les articles 1er bis, 2 et 2 bis sont successivement adoptés.)

Article 3

La parole est à Mme Emmanuelle Anthoine, inscrite sur l’article 3.

La lutte contre le harcèlement scolaire nécessite la mobilisation de l’ensemble des acteurs. Outre les établissements scolaires et leurs équipes pédagogiques, il est nécessaire que l’ensemble des personnels intervenant dans les écoles, les collectivités territoriales, les associations, les réseaux sociaux, les parents d’élèves et les élèves s’impliquent également. La prévention du harcèlement scolaire doit en effet être l’affaire de tous, comme nous en convenons depuis de nombreux mois dans le cadre de l’examen et de l’élaboration de ce texte.Dans ce cadre, la médecine scolaire a pleinement son rôle à jouer. Au-delà des formations, qui seront désormais proposées aux médecins et aux infirmiers et psychologues scolaires afin de leur permettre d’assurer une première prise en charge des élèves subissant des faits de harcèlement scolaire, au-delà également de la participation de ces […]

Sylvain Waserman president · Dem #327

La parole est à Mme Marie Tamarelle-Verhaeghe, pour soutenir l’amendement no 29.

article 3 · amendement 29

J’espère que je ne vais pas vous paraître désagréable, mais les amendements que je défends pour la santé des enfants dans les écoles reposent sur treize ans d’expérience en santé scolaire : c’est le médecin de santé publique qui s’efforce de vous faire partager sa compétence et son expérience.Le premier frein est la difficulté rencontrée pour appliquer effectivement les formations pluriprofessionnelles en protection de l’enfant, et c’est là que nous devrions d’abord porter notre attention, afin de faciliter cette démarche. Peut-être se pose-t-il une question de moyens, et peut-être est-ce aussi une question d’organisation, mais c’est vraiment la première étape à franchir avant d’organiser une nouvelle formation sur un thème interprofessionnel. En effet, nous n’en sommes pas encore à la protection de l’enfant.C’est ce que me disent des infirmières scolaires, qui regrettent de ne pas […]

Quel est l’avis de la commission ?

Erwan Balanant rapporteur · Dem #335

Vous évoquez le prisme de votre expérience, mais il s’agit ici de donner à tous les adultes qui travaillent autour de l’enfance les moyens d’accompagner les enfants. Or votre rédaction exclurait, par exemple, les magistrats ou les forces de l’ordre qui, aux dernières nouvelles – et j’espère qu’il en sera longtemps ainsi –, ne relèvent pas de l’éducation nationale. Avis défavorable, donc, à cet amendement.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Sophie Cluzel secrétaire d’État #337

Même avis.

La parole est à Mme Marie Tamarelle-Verhaeghe.

Je n’ai sans doute pas été assez claire.

Erwan Balanant rapporteur · Dem #340

C’est surtout que nous ne sommes pas d’accord !

Il ne suffit pas d’assurer une formation interne à l’éducation nationale : il faut former l’ensemble des acteurs. Protéger les enfants, c’est aussi les protéger contre le harcèlement. À force de démultiplier les dénominations, on affaiblit les formations globales.

#342

(L’amendement no 29 n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Sylvain Waserman president · Dem #343

La parole est à Mme Sabine Rubin, pour soutenir l’amendement no 21.

article 3 · amendement 21

Comme l’a relevé ma collègue, il est très difficile de former les personnels nommés dans cet article, notamment ceux de l’éducation nationale : dans le primaire, les formations continues sont centrées sur le « lire, écrire, compter » et, dans le secondaire, puisqu’il n’y a, faute de moyens, pas de remplaçants, les professeurs se voient interdits de formation, comme les CPE et tous les acteurs de la vie scolaire. Avant de les former, il faut les recruter !

Vous n’en avez pas assez de dire n’importe quoi ?

Vous avez été très prudent en inscrivant, à l’article 3, qu’il s’agira d’une possibilité, alors que la rédaction adoptée par le Sénat faisait état d’une obligation. Nous souhaitons, par cet amendement, revenir à cette obligation, parce que, comme vous le dites vous-même pour les autres articles, inscrire dans la loi que c’est une obligation permettra peut-être d’engager les moyens nécessaires. Écrire qu’une formation pourra être proposée est assez vague et signifie qu’elle ne sera jamais faite puisqu’elle n’est pas obligatoire. Tel est le sens de cet amendement.

Quel est l’avis de la commission ?

Erwan Balanant rapporteur · Dem #348

J’ai beaucoup apprécié votre démonstration légèrement orthogonale par rapport à ce que vous nous avez dit tout à l’heure, à savoir que la loi ne servait à rien. Là, vous nous donnez la preuve par l’exemple que la loi peut servir.Je partage votre préoccupation sur la formation continue. La première version de mon texte faisait état d’une obligation de formation continue, mais regardons la réalité en face et ne faisons pas des textes qui soient des injonctions législatives sans aucune portée. La formation continue du million de personnels de l’éducation nationale ne se fera pas d’un claquement de doigts.

Je n’ai pas dit ça !

Erwan Balanant rapporteur · Dem #351

Commençons déjà par faire la formation initiale, inscrivons un module sur la question du harcèlement scolaire, du climat, de la confiance et continuons, via le programme PHARE dont c’est précisément le sens, à former des personnes qui seront ensuite elles-mêmes en mesure d’en former d’autres. Par capillarité, nous arriverons, au fil du temps, à donner les moyens d’action à tous les personnels de l’éducation nationale.

#352

(L’amendement no 21, repoussé par le Gouvernement, n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Sylvain Waserman president · Dem #353

La parole est à Mme Marie Tamarelle-Verhaeghe, pour soutenir l’amendement no 30.

article 3 · amendement 30

J’ai entendu M. le rapporteur dire que je voyais les choses à travers mon prisme professionnel et ma formation. Je pense qu’il vaut mieux ne pas les voir à travers ce prisme.

Erwan Balanant rapporteur · Dem #355

C’est bien !

Le présent amendement vise à réintroduire l’alinéa ajouté par le Sénat qui concerne la connaissance réciproque des acteurs qui interviennent dans la prévention et la lutte contre le harcèlement scolaire. Les situations de harcèlement scolaire, comme nombre de situations qui concernent la santé et la protection des enfants, se heurtent souvent au manque d’interconnaissance des différents professionnels au sein et en dehors de l’éducation nationale, donc de communication entre les professionnels.Où sont les lieux où ces acteurs peuvent travailler en parfaite connexion ? Je connais des exemples où la PMI (protection maternelle et infantile) et la médecine scolaire se passent les dossiers mais ne peuvent pas se parler. C’est d’ailleurs pour pallier ce manque que la loi d’Adrien Taquet prévoit l’expérimentation de maisons de l’enfant et de la famille où l’ensemble des acteurs et des […]

Quel est l’avis de la commission ?

Erwan Balanant rapporteur · Dem #359

L’adjectif « réciproque » que vous souhaitez introduire est impropre et ne veut rien dire. Je crois comprendre que la disposition adoptée par le Sénat et supprimée par la commission en nouvelle lecture concerne en réalité les compétences « respectives » de chacun.Au-delà de cette question lexicale, le contenu de la formation me paraît relever du domaine réglementaire. Avis défavorable.

#361

(L’amendement no 30, repoussé par le Gouvernement, n’est pas adopté.)

· REJET d’un amendement (main levée) adt
Sylvain Waserman president · Dem #362

La parole est à Mme Elsa Faucillon, pour soutenir l’amendement no 7.

article 3 · amendement 7

Il permet surtout de demander à Mme la secrétaire d’État qu’elle prenne des engagements en matière de médecine scolaire. J’imagine en effet que toutes celles et ceux qui sont favorables au délit pénal instauré dans la présente proposition de loi sont également favorables à la prévention et à l’accompagnement psychologique, médical et social, qui font cruellement défaut dans les établissements scolaires.Une fois que le délit aura été créé, que se passera-t-il entre le moment où la plainte aura été déposée, et l’instruction et le jugement ? Sûrement pas grand-chose pendant des mois et des mois, tant pour la victime que pour celle ou celui qui aura harcelé. C’est pourquoi, outre que je suis opposée à l’instauration de ce délit, je parle d’un déséquilibre dans cette proposition de loi. Des gens pourront porter plainte pour harcèlement scolaire, mais nous manquerons toujours autant de […]