Séance du 5 février 2024 /// n°116 /// 343 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 16e législature · session Session ordinaire 2023-2024

Séance du 5 février 2024 — 116e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.

343prises de parole
48orateurs
3points à l'ordre du jour
1scrutins

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ScrutinVoixRésultat
3335 la motion de censure déposée en application de l'article 49, alinéa 2, de la Constitution par Mme Mathilde Panot, M. Boris Vallaud, Mme Cyrielle Chate… 124 / 0 rejeté

Verbatim Le compte rendu

Tours 1 à 200 sur 343 — page 1 / 2.

Yaël Braun-Pivet president · EPR #2

La séance est ouverte.

#3

(La séance est ouverte à dix heures.)

Discussion et vote

Yaël Braun-Pivet president · EPR #7

L’ordre du jour appelle la discussion et le vote sur la motion de censure déposée, en application de l’article 49, alinéa 2, de la Constitution, par Mme Mathilde Panot, M. Boris Vallaud, Mme Cyrielle Chatelain, M. André Chassaigne et 146 membres de l’Assemblée nationale.La parole est à M. Manuel Bompard.

« Il faut que la voix des hommes sans voix empêche les puissants de dormir », disait l’abbé Pierre il y a soixante-dix ans. (« Oh ! » sur plusieurs bancs du groupe RE.) C’est cette voix que j’entends faire résonner ici aujourd’hui. Monsieur le Premier ministre, tout le monde sait que vous n’êtes qu’un obligé. Le Président de la République a fixé votre cap. Il vous impose ses ministres ; il court-circuite vos annonces ; il s’impose même en conférence de presse à quelques minutes de votre discours de politique générale. Alors, allez dire à celui qui vous envoie que son règne n’a que trop duré (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES. – Exclamations sur plusieurs bancs du groupe RE), et qu’en vous censurant, notre intention est bien de le censurer lui, de vous censurer vous tous, cette « caste privilégiée à combattre », comme l’a dit, dans un rare moment de lucidité, votre […]

Ils font dodo les révolutionnaires, vu le monde qu’il y a sur vos bancs !

Monsieur le Premier ministre, vous avez eu, la semaine dernière, une heure vingt pour présenter votre discours de politique générale. Je n’ai aujourd’hui que dix minutes.

Aurore Bergé ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations · EPR #12

C’est déjà assez !

Ce sera insuffisant pour dresser la liste de toutes vos infamies. J’irai donc à l’essentiel. Il faut vous censurer pour protéger le peuple des souffrances que vous voulez lui infliger :…

Oh là là !

…augmentation de la facture d’électricité et de gaz, hausse du prix de l’alimentation, des péages d’autoroute et des mutuelles, doublement de la franchise médicale, réduction des allocations chômage, remise en cause du Smic, refus d’indexer les salaires sur l’inflation. Vous êtes le doux visage de la brutalité sociale. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES et sur quelques bancs du groupe GDR-NUPES.)Il faut vous censurer pour faire régner l’intérêt général plutôt que l’entre-soi, cet entre-soi dont votre gouvernement est la parfaite illustration : celui du séparatisme scolaire, depuis l’École alsacienne jusqu’au collège Stanislas que vous gorgez d’argent public (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES), celui de l’école à deux vitesses que vous voulez imposer à marche forcée, celui de Parcoursup que vous infligez aux autres mais pas à vos propres enfants […]

Gérald Darmanin ministre de l’intérieur et des outre-mer · EPR #18

C’est bien de citer les grands auteurs !

En agissant ainsi, c’est l’autorité de l’État que vous affaiblissez ; c’est la force de la loi que vous détruisez.Il faut vous censurer pour protéger la France de votre addiction au libre-échange. Notre agriculture meurt de la concurrence déloyale, les pires produits du reste du monde envahissent nos marchés, mais vous continuez de sacrifier notre souveraineté alimentaire.

Ils s’y connaissent en agriculture !

Hier, vous ratifiiez un accord avec la Nouvelle-Zélande. La semaine dernière, au Parlement européen, vos députés votaient en faveur de nouveaux accords de libre-échange avec le Chili et le Kenya. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Aujourd’hui, vous faites mine de rejeter l’accord avec le Marché commun du Sud – le Mercosur –, mais les négociations se poursuivent en coulisses, comme l’a confirmé la semaine dernière la Commission européenne. Pour qui nous prenez-vous ? (Mêmes mouvements.) Incapable de rompre avec cette idéologie mortifère, vous sacrifiez notre santé et la biodiversité. Les agriculteurs ne vivent pas de leur travail ? Ce sera double ration de pesticides. Au revoir les abeilles, et bonjour les cancers ! (Mêmes mouvements.)

Quelle caricature !

Sylvie Retailleau ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche #24

Tout en nuance !

Tant pis pour votre fameux « réarmement démographique » – quel concept insupportable !Il faut vous censurer pour retirer le pouvoir des mains de l’oligarchie qui vous commande : ces multinationales dont vous refusez d’encadrer les marges, abandonnant les producteurs comme les consommateurs ; ces grands actionnaires du CAC40 qui ont reçu encore, cette année, un record historique de dividendes, près de 100 milliards ; ces superprofiteurs que vous protégez servilement alors que le peuple a froid, a faim et dort dans la rue. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)Il faut vous censurer pour protéger la République de votre mariage hideux avec l’extrême droite, car vous êtes prêt à tout pour diviser le peuple, comme le vote de la loi « immigration » l’a montré – même à reprendre les pires propositions racistes et xénophobes et à jeter en pâture la figure de l’immigré ou du […]

Vous avez la mémoire courte !

Et quand la cruelle réalité vous éclate au visage, vous transformez le Conseil constitutionnel en camion poubelle de vos délires réactionnaires. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Vous rendez-vous compte du mal que vous faites à la France ?

Je comprends pourquoi les vôtres ne sont pas sortis de leur lit !

Il faut vous censurer pour rétablir la voix de la France dans le monde – une France non alignée et indépendante ; une France qui nous rend fiers sur la scène internationale, une France qui dit « cessez-le-feu » quand les tribunaux internationaux pointent un risque de génocide à Gaza (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES), une France qui fait quelque chose quand elle occupe, comme c’était le cas le mois dernier, la présidence du Conseil de sécurité des Nations unies ;…

Quelle honte !

…une France qui n’a pas de double standard, qui ne hiérarchise pas entre les victimes, qui soutient les décisions de la Cour internationale de justice de la même manière quand elles concernent les peuples ukrainien ou palestinien.Monsieur le Premier ministre, la semaine dernière, vous avez appelé à revenir à des principes clairs. Je vous cite : « Tu casses, tu répares ; tu salis, tu nettoies ; tu défies l’autorité, on t’apprend à la respecter ». (« Bravo ! » et applaudissements sur les bancs du groupe RE.)

Ça, ça ne vous plaît pas !

Vous avez pas mal de choses à réparer !

Je vous prends donc au mot : « Tu casses l’État, tu t’en vas ; tu salis la République, tu pars avec ta clique ; tu défies le Parlement, le Parlement t’apprend à le respecter. » (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES. – Exclamations sur les bancs du groupe RE.)Mardi dernier, vous nous avez rappelé que vous étiez né en 1989, année du bicentenaire de la Révolution française.

C’est une belle année ! L’année de naissance de ma fille ! (Sourires.)

Pour conclure, je ferai donc miens les mots de Saint-Just : « Peuple, si le roi est jamais absous, souviens-toi que nous ne serons plus dignes de ta confiance, et tu pourras nous accuser de perfidie. »

Ah, il nous manquait, Saint-Just !

Alors, chers collègues, soyons dignes de la confiance du peuple : censurons le Gouvernement ! (Mmes et MM. les députés des groupes LFI-NUPES et Écolo-NUPES se lèvent et applaudissent. – Plusieurs députés du groupe GDR-NUPES applaudissent aussi.)

La parole est à M. le Premier ministre.

Séance de rattrapage pour annoncer la loi sur le grand âge !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #45

La semaine dernière, un nouveau record a été battu – un record qui rend visiblement fiers ses auteurs, mais un record qui, je crois, ne rend pas tout à fait honneur à notre débat public et démocratique. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Ce record, c’est un record de vitesse de dépôt d’une motion de censure. (« Eh oui ! » sur plusieurs bancs du groupe RE.) Pour ma prédécesseure, à qui je veux rendre hommage, et qui a surmonté trente et une motions de censure en vingt mois,…

Pour vingt-trois 49.3 !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #47

…vous aviez attendu l’issue de sa déclaration de politique générale ; cette fois-ci, même pas. Je n’avais même pas encore livré mes orientations ici, dans l’hémicycle, à l’occasion de ma déclaration de politique générale, que déjà, vous aviez déposé votre texte, comme si les annonces ne vous intéressaient pas (Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NUPES et SOC) ;…

Laissez-nous écouter le Premier ministre, enfin !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #49

…comme si les actes vous importaient encore moins ; comme si tout ce qui comptait, c’était le petit coup politique, la recherche de l’instabilité ou encore la promesse de l’obstruction.

Eh oui !

Ça nous fait plaisir de vous voir !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #52

Il y a des choses qui ne changent pas, en revanche : vous continuez à nous donner des leçons de démocratie interne, alors même que vous obéissez comme avec une télécommande à votre chef, Jean-Luc Mélenchon ; dès qu’il tweete, vous suivez ses orientations et ses commandes.

Qu’est-ce qu’il a dit, Jean-Luc ?

Il fait ton portrait !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #55

En nous élisant en 2022, les Français ont pourtant envoyé un message très clair.

C’est clair-obscur !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #57

Plutôt que de vous réclamer du peuple, écoutez-le. Écoutez les Français : ils vous diront qu’ils attendent des diagnostics clairs et des actes forts ; ils vous diront qu’ils en ont assez des postures permanentes et des oppositions de principe ; ils vous confirmeront que s’ils ont élu une Assemblée nationale avec une majorité claire, mais pas de majorité absolue, c’est parce qu’ils attendent de chacun de nous le dialogue, l’écoute et la construction. Que leur répondez-vous ? Une motion de censure préventive, comme un pied de nez à toute volonté de dialogue. Votre déclaration de politique générale, elle est là : c’est le blocage permanent.

C’est faux !

Augmentez les salaires !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #60

Nos compatriotes demandent des actes pour que le travail paie mieux, et toujours plus que l’inactivité. Notre réponse : déverrouiller, désmicardiser, débureaucratiser. Votre réponse : le blocage. Nos compatriotes demandent des services publics qui fonctionnent mieux. Notre réponse : plus de médecins, plus de moyens pour l’école. Votre réponse : le blocage. Nos compatriotes demandent le respect de l’autorité partout sur le territoire. Notre réponse : responsabiliser les parents, renforcer la lutte contre la drogue, une justice plus efficace. Votre réponse : le blocage. Nos compatriotes exigent une action résolue contre le dérèglement climatique. Notre réponse : la planification écologique, continuer l’accélération de la baisse de nos émissions, trouver des solutions pour chacun. Votre réponse : le blocage. Le blocage, encore le blocage, toujours et tout le temps le blocage, c’est votre […]

Vous devriez avoir honte, monsieur Attal !

Vous n’avez aucune leçon de morale à nous donner !

Ça fait sept ans que vous êtes là !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #64

Mesdames et messieurs les députés de La France insoumise, vous osez nous accuser de conservatisme. (« Oui ! sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

D’inaction, même !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #66

Venant de vous, cela ne manque pas d’audace ! À chacune de vos attaques personnelles, à chacun de vos procès d’intention, vous nous replongez dans le XIXe siècle. À chacun de vos appels au matraquage fiscal, à la création de nouvelles contraintes, de nouvelles règles et de nouvelles taxes, vous nous replongez dans le mythe collectiviste où toute initiative est bridée, étouffée. À chacune de vos attaques contre l’Europe, vous nous replongez soixante-quinze ans en arrière, quand notre continent naviguait dans l’incertitude.

Vos arguments sont minables !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #68

Au fond, votre monde, c’est un monde où il n’y a pas besoin d’Union européenne (UE) ; c’est un monde où il faut tout taxer tout le temps et tout collectiviser, c’est un monde où l’économie n’a pas le droit de parler de climat. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem.) Le temps passe, le monde change, mais vos propositions et vos postures restent : il n’y a pas plus conservateurs que vous dans le paysage politique. (Mêmes mouvements.)

Exactement !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #70

Avec mon gouvernement, nous n’avons pas renoncé à la conquête de nouvelles libertés et de nouveaux droits. Moi, je suis fier de vouloir adapter le travail aux nouvelles attentes des salariés. (Protestations sur les bancs du groupe LFI-NUPES. – Exclamations sur les bancs du groupe GDR-NUPES.) Moi, je suis fier de continuer à lutter contre les rentes et de faire de l’émancipation un des caps de notre action.Je suis fier de mener une transition écologique ambitieuse, qui prépare une société où l’on vit mieux, et pas une société de la régression, qui pénaliserait d’abord les classes moyennes et les plus fragiles.Je suis fier, grâce au compte épargne-temps (CET) universel, de permettre à chacun d’organiser sa vie comme il l’entend, de travailler plus quand il le souhaite et moins quand il fonde une famille ou doit s’occuper d’un proche.

La retraite à 64 ans !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #74

Je suis fier de me battre pour les droits des femmes et de vouloir inscrire la liberté de recourir à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) dans la Constitution. (Applaudissements sur les bancs du groupe RE.)

Mais bien sûr !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #76

Je suis fier de lutter pour de nouveaux droits, notamment celui de mourir dans la dignité. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NUPES.)Cette majorité et ce gouvernement incarnent le progrès, la conquête de nouveaux droits et l’émancipation de chacun !

Battez-vous aussi pour l’égalité d’accès aux droits !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #79

Depuis 2017, sous l’autorité du Président de la République, voilà ce qui nous anime et ce qui continuera de nous animer.

Détournement de mots !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #81

Mesdames et messieurs les députés, vous me connaissez. En 2017, j’ai eu l’honneur d’être élu député et de siéger sur vos bancs. J’ai été membre du Gouvernement et j’ai travaillé avec vous. Alors, vous le savez, malgré les tentatives de certains, je ne me laisserai jamais intimider par les motions de censure préventives et par les cris. Je ne me laisserai jamais déstabiliser par les hurlements et par les injures.

Nous non plus !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #83

Rien ne me détournera du cap du dialogue et des solutions.Devant vous, je veux prendre trois engagements. Tout d’abord, je m’engage à garder toujours ma porte ouverte pour la discussion et la recherche d’accords.

Chiche !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #86

Depuis 2022, à déjà plus de cinquante reprises, nous avons prouvé qu’il était possible de dépasser les clivages au service des Français…

Avec les lepénistes !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #88

…et que cette législature ne serait pas celle de l’immobilisme. Avec mon gouvernement, nous voulons agir aux côtés de tous les parlementaires.

Surtout ceux de droite !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #90

Pour chaque texte, nous rechercherons des majorités dans le respect des convictions de chacun. Je l’ai montré lors des dialogues de Bercy et comme ministre de l’éducation nationale : je suis prêt à échanger avec chacun, sans a priori ni arrière-pensée. (Exclamations sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.) Je crois que l’avenir de la France vaut plus que les querelles partisanes. Je serai donc toujours à l’écoute…

De Marine Le Pen !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #92

…et je répondrai toujours présent pour bâtir des solutions communes.

Le 49.3, c’est le dialogue ?

Et le 49.3 ?

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #95

Mais vous, mesdames et messieurs les partisans de la censure, serez-vous au rendez-vous du dialogue ? Avoir des convictions, ce n’est pas refuser la construction. Avec mon gouvernement, avec la majorité, nous sommes prêts au dialogue. Nous le voulons et notre porte sera toujours ouverte !

Ce n’est pas vrai !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #97

Ensuite, je m’engage à toujours respecter le Parlement et le débat d’idées. (Mêmes mouvements.) Dans cet hémicycle, la République s’est forgée, nous avons conquis des droits et acquis des libertés. Dans cet hémicycle, résonnent encore les mots des grands débats qui ont fondé notre pays. Je ne me résous pas à ce qu’y résonnent désormais en permanence le vacarme et le brouhaha.

Vous connaissez l’histoire du Parlement, vous ?

Laissez le Parlement voter !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #100

Respecter le Parlement, c’est d’abord respecter les orateurs, tous les orateurs. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.)

Un peu moins de 49.3 !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #102

Chacun ici est légitime, chacun a le droit de s’exprimer et d’être entendu. (Protestations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Collectivement, nous avons un rôle à tenir, car si l’on ne s’écoute pas au Parlement,…

C’est scandaleux !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #104

…si la violence verbale se banalise, comment pourrait-on prétendre à l’apaisement et au respect dans la société ? Avec la majorité, avec mon gouvernement, nous veillerons toujours au respect de chacun, à la bonne tenue des débats, à ce que le travail parlementaire soit à la hauteur de ce que les Français attendent. Nous nous sommes engagés, dès 2017, à défendre la bienveillance.

De la bienveillance ? Vraiment ?

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #106

Malgré vos tentatives, vous ne nous conduirez jamais à nous livrer, comme vous, à l’invective permanente, aux cris et aux hurlements. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem. – Protestations sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.)

Bravo !

Que c’est mauvais !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #109

Et vous, mesdames et messieurs les partisans de la censure, serez-vous au rendez-vous ?

Vous êtes malade, de faire la morale au Parlement !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #111

Renoncerez-vous à faire de l’outrance un titre de gloire ? Accepterez-vous de proposer des solutions et d’en débattre dans le respect des convictions de chacun ? Accepterez-vous de confronter les idées plutôt que de multiplier les excès et les hurlements ? (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NUPES.)

Donc pas de 49.3 ?

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #113

Enfin, mesdames et messieurs les députés, je prends l’engagement de toujours respecter nos institutions et de toujours défendre nos principes démocratiques, cela va de soi – cette exigence est au cœur de notre action depuis 2017 ! (Mêmes mouvements.)

Quelle autodérision !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #115

Vous répétez sans cesse que nous n’avons pas de majorité absolue. Ce n’est ni un secret, ni une nouveauté. Cette situation est rare, mais elle n’est pas inédite sous la Ve République. Elle a toujours soulevé des débats, mais notre Constitution solide, approuvée par le peuple français, a permis de la surmonter sans jamais mettre notre démocratie en danger. Cette situation n’a pas empêché des réformes majeures comme la création des centres hospitaliers universitaires (CHU) ou, trente ans plus tard, celle du revenu minimum d’insertion (RMI).

Et les retraites !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #117

Elle ne nous empêche pas et ne nous empêchera pas d’avancer au service de nos concitoyens. (Exclamations sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.)Vous demandiez un vote, vous l’aurez dans quelques minutes. Mais en accepterez-vous le résultat ?

Eh non !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #120

Je m’interroge, car, deux ans après, certains crient encore à l’usurpation de majorité et refusent d’accepter leur défaite aux élections présidentielle et législatives. (Applaudissements sur les bancs du groupe RE. – Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NUPES.) La réalité, c’est que les Français nous ont confié un mandat démocratique pour gouverner et trouver des majorités texte par texte. Ce mandat, avec mon gouvernement, nous allons le remplir, le respecter.Pour les énergies renouvelables, pour le partage de la valeur dans l’entreprise, pour les moyens de la justice et des armées, pour le nucléaire, pour les agriculteurs, pour un système de santé et un accès aux soins renforcés,…

Pour l’école privée !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #123

…et, la semaine dernière, pour inscrire la liberté de recourir à l’interruption volontaire de grossesse dans la Constitution, nous avons été capables de trouver des solutions qui ont rallié des voix au-delà des clivages, y compris sur les bancs de la gauche. Je n’ai aucun doute que nous y parviendrons encore. Avec mon gouvernement, je ne renoncerai jamais. (Exclamations sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.)Mesdames et messieurs les députés, je crois au débat et à la recherche d’accords.

Avec les bancs de l’extrême droite !

Arrêtez de faire de la pub à Marine Le Pen !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #127

Je crois au respect des orateurs comme des idées. Je crois aussi à l’action, à la détermination et aux résultats, dans l’intérêt des Français.

Aucune originalité !

Gabriel Attal Premier ministre · EPR #129

Avant même que j’aie prononcé ma déclaration de politique générale, vous avez tenté de censurer mon gouvernement. (Mêmes mouvements.) Cela ne m’arrêtera ni dans ma volonté d’agir, ni dans ma volonté de dialoguer. J’ai entendu l’appel des Français. Avec le Gouvernement, je suis déterminé à répondre à leurs attentes, à leurs inquiétudes, à leurs doutes et à leurs colères. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.) Avec mon gouvernement, je mettrai toutes mes forces dans la bataille pour convaincre et construire des majorités, car il y va de l’avenir de la France et des Français ! (Les députés du groupe RE se lèvent et applaudissent. – Applaudissements sur les bancs des groupes Dem, dont certains députés se lèvent, et HOR.)

C’était assez faible !

Tu n’as rien écouté !

La parole est à Mme Aude Luquet.

Chers collègues de la NUPES, vous aurez patienté presque un mois avant de déposer votre première motion de censure de l’année.

C’est un exploit !

Je m’interroge encore sur les raisons de cette motion. Certes, le Gouvernement n’a pas demandé de vote de confiance à l’Assemblée, mais il n’est pas nécessaire d’être Premier ministre pour savoir compter. Depuis 2022, nous n’avons plus la majorité absolue, mais il faut bien faire avancer le pays. C’est ce que font le Gouvernement et la majorité relative. Nous avançons malgré vous !Nous avons réformé le marché du travail pour favoriser le retour au plein emploi, rétabli l’équilibre du régime de retraites pour assurer son fonctionnement au cours des prochaines décennies, amélioré la politique environnementale et énergétique de la France, donné des moyens d’action à notre armée, notre police et nos hôpitaux, facilité le retour des usines dans les territoires, engagé un plan contre les fraudes fiscales et sociales, augmenté nos enseignants et apporté des réponses aux agriculteurs. Tout […]

Ça c’est clair !

Mais le groupe Démocrate reste convaincu que les débats de cet hémicycle peuvent être constructifs et aboutir à des consensus bénéfiques pour les Français. Nous ne pensons pas tous la même chose, à l’image de nos concitoyens – c’est d’ailleurs ce qui fait notre richesse –, mais ce n’est pas parce que nous pensons différemment que nous devons nous opposer de manière stérile dans une piètre comedia dell’arte.Nous avons la responsabilité collective d’échanger nos idées et nos arguments pour trouver les meilleures solutions possibles pour le pays, ou en tout cas de tout faire pour y parvenir. Certains textes sur lesquels nous étions sceptiques à l’origine ont abouti : avant Noël, mon groupe a insisté pour inscrire à l’ordre du jour de l’Assemblée la proposition de loi encadrant l’intervention des cabinets de conseil privés dans les politiques publiques, rédigée par les groupes d’opposition […]

Un texte vidé de sa substance !

Bien qu’en désaccord avec la version initiale de la proposition de loi, nous avons estimé que le débat devait avoir lieu.

Merci, mes seigneurs !

Résultat, l’examen du texte en séance la semaine dernière, sous la conduite d’un rapporteur communiste et d’un rapporteur démocrate, a permis d’avancer, certes imparfaitement, mais la navette fera son œuvre. Oui, nous pouvons, et nous devons, discuter de tout, même quand le texte vient d’un camp qui n’est pas le nôtre.

Ça s’appelle le Parlement !

Visiblement, vous pensez exactement le contraire. Toute construction commune est vouée à l’échec quand la proposition ne vient pas de vous. Pourtant, comme le disait notre président de groupe la semaine dernière, nous aurons beaucoup à faire, au cours des trois prochaines années, pour redonner sa force à la France, pour redonner aux Français l’envie d’être unis et solidaires, et pour leur redonner confiance dans leur avenir et celui de leurs enfants.

Il disait aussi que Gabriel Attal lui rappelait Valéry Giscard d’Estaing !

Nous avons une chance inouïe de vivre en France, le pays des solidarités à chaque étape de la vie, le pays dans lequel chacun peut être soigné et a accès à une éducation gratuite de qualité.

Ce n’est pas gratuit, Stanislas !

Mais nous devons nous adapter en permanence à ce monde qui évolue : les solutions de 1997, de 2007, voire, dans certains cas, de 2017, ne sont pas, ou plus forcément, celles dont nous avons besoin aujourd’hui.Loin des basses querelles politiciennes, les Français attendent que nous redonnions à l’école les moyens de préparer correctement les nouvelles générations, parce qu’elles sont notre avenir, celui de notre pays. Poursuivons le travail pour que l’école redevienne celle de la promesse républicaine, de l’émancipation et de l’ascenseur social.Vous l’avez dit la semaine dernière, monsieur le Premier ministre, il faut revoir le système de formation des professeurs et leur redonner confiance pour qu’ils aient envie d’enseigner, qu’ils y trouvent leur compte – pas uniquement sur le plan financier – et que l’école attire de nouveau des talents. Pour cela, il faut aussi penser autrement le […]

La parole est à M. Boris Vallaud.

Monsieur le Premier ministre, il ne vous aura pas fallu attendre longtemps pour avoir un mauvais bilan. Cette semaine, vous avez renoncé au plan Écophyto, sacrifié l’avenir au présent, opposé la question environnementale à la question agricole. Bal tragique à Matignon, deux morts : l’agriculture et la santé. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC. – Mme Cyrielle Chatelain applaudit également.) Vous n’êtes pas un visionnaire, vous êtes un démagogue.Cette semaine, à l’occasion du soixante-dixième anniversaire de l’appel de l’Abbé Pierre, vous avez réussi le tour de force de saper la loi SRU, notamment l’objectif de mixité sociale dans l’habitat, déjà lourdement fragilisé.

N’importe quoi !

Vous qui avez parlé de réarmement civique, vous donnez une prime à la canaille à celles et ceux qui ne respectent pas la loi depuis des années. Cette semaine, vous avez augmenté de près de 10 % le tarif de l’électricité, alors que la Commission de régulation de l’énergie recommandait de le baisser, ce qui alourdira de 153 euros en moyenne la facture d’un couple qui vit dans 50 m2. Vous voulez, non pas que le travail paie pour vivre, mais qu’il paie vos factures.

Ça ne se passe pas bien au PS en ce moment !

Cette semaine encore, vous avez mis les enseignants dans la rue et réussi à faire démissionner le recteur de l’académie de Paris, enterrant avec lui une réforme visant à introduire plus de mixité sociale dans les classes préparatoires. Vous n’êtes pas le Premier ministre des classes moyennes, mais celui des classes affaires.

Regardez les chiffres de la mixité à Paris !

Cette semaine, vous avez réussi à pénaliser encore davantage les travailleurs seniors, en annonçant la suppression de l’allocation de solidarité spécifique.Les personnes très vulnérables seront les victimes de vos choix budgétaires, dont vous ferez porter le poids aux départements.Vous venez d’arriver et, pourtant, il est déjà temps de partir, car nous savons que vous ne nettoierez pas ce que vous aurez sali, que vous ne réparerez pas ce que vous aurez cassé. Cependant, attaché à la vérité autant que vous l’êtes, je veux reconnaître que vous avez tenu parole lorsque vous promettiez de supprimer tous les organes qui ne se seraient pas réunis ces douze derniers mois : vous avez définitivement dissous votre hémisphère gauche. (M. Jérôme Guedj sourit.)

Aïe !

Monsieur le Premier ministre, comme Bruno Le Maire semble-t-il, qui n’est jamais avare d’un mensonge ou d’une approximation, vous êtes né en 1989. Cela ne vous empêche pas de regarder l’avenir avec de vieilles lunettes.

Exactement !

Vos réformes du marché du travail, du RSA et de l’assurance chômage, faites de mauvaises idées et de mauvais coups, sont de véritables fabriques à travailleurs pauvres. Elles ont 40 ans, sont plus vieilles que vous et sentent la naphtaline.Votre priorité est claire : favoriser le travail, afin qu’il paie davantage que l’inactivité. Vous voulez « désmicardiser » la France, alors que, depuis 2017, vous avez continûment refusé les coups de pouce ainsi que le lancement d’une réforme visant à indexer le Smic sur l’inflation que vous trouvez trop généreuse. Nous ne savons plus si votre projet est d’augmenter les salaires ou de freiner la hausse du Smic.Monsieur le Premier ministre, nous voulons que le travail paie et qu’il paie bien. Pour cela, nous souhaitons que la valeur change de camp, qu’elle ne soit plus du côté du capital, des rentiers, des héritiers, des actionnaires et des […]

Ce sont leurs obligés !

…mais du côté du travail, des travailleurs, des classes populaires laborieuses qui n’ont que leur force de travail pour vivre et qui, parfois, n’en vivent pas. Je vous parle des caissières, des ouvriers de l’agroalimentaire, des artisans du bâtiment, des infirmières, des professeurs, de celles et de ceux que nous avons applaudis à vingt heures et auxquels vous faites payer le « quoi qu’il en coûte ». Pour notre part, nous ne croyons pas aux privilégiés d’en bas.Ce qui est en jeu, c’est le juste partage de la valeur entre le capital et le travail. Il faut rendre leur imposition égale, en supprimant la flat tax, en rétablissant l’impôt de solidarité sur la fortune – ISF –, en taxant les multinationales qui consolident 40 % de leurs résultats dans les paradis fiscaux. Nous voulons également une juste distribution des revenus entre les salariés et les actionnaires, comme entre les salariés […]

Vous voulez qu’on parle du bilan de Hollande ?

Songez que seulement 0,32 % des salariés de notre pays gagnent plus de douze fois le Smic. Si nous redistribuions la masse salariale, nous pourrions augmenter de 233 euros net par mois les revenus de 20 % des salariés les plus modestes. Nous ne répondrons pas à la question des salaires si nous ne répondons pas à cette injuste et implacable réalité : les PME paient les impôts des multinationales qui n’en paient pas et les classes moyennes paient les impôts des hyper-riches qui n’en paient pas.

Vous ne répondez à aucune réalité !

Vous défendez la valeur travail, nous défendons la valeur du travail. Nous voulons la reconnaissance de l’utilité sociale comme mesure de la valeur du travail dans l’emploi et hors de l’emploi. Nous voulons la reconnaissance du travail gratuit, et nous considérons que l’heure est venue d’une radicale reconsidération morale et économique des métiers du soin et du lien ainsi que de l’avènement d’un modèle économique fondé sur la production de l’humanité par l’humain. Au seuil de grandes mutations démographiques et face au défi du grand âge, au cœur d’une révolution numérique et de l’intelligence artificielle, qui n’a donné à voir qu’une part d’elle-même et qui bouleversera nos organisations du travail, plus que jamais, nous avons besoin des infirmières, des aides à domicile, des auxiliaires de vie, des assistants d’éducation, des aides-soignantes. Laissons aux machines le travail de […]

Comme à l’Assemblée !

La convention de nettoyage prévoit un seuil de seize heures de travail hebdomadaire minimum. Une fois de plus, vous semblez faire, mais, comme toujours, vous faites semblant.Vous nous avez parlé d’emploi. Or nous préférons parler de travail, si central dans nos vies personnelles comme dans nos sociétés, en tant qu’activité humaine par laquelle les travailleurs transforment le monde naturel et social et se transforment eux-mêmes. Nous voulons parler du mal-travail, des conditions de travail – je constate que vous riez – qui abîment les corps et les âmes, rendent malades et provoquent des décès. Vous faites preuve d’indifférence et ne m’écoutez pas, monsieur le Premier ministre, alors même que vous avez prétendu tendre la main à l’opposition. (Mme Cyrielle Chatelain et M. Benjamin Lucas applaudissent.) Vous êtes sourd à mes propos alors qu’ils concernent un sujet dont vous avez prétendu […]

Oh, ça va ! Il est content de son petit coup !

Certains travailleurs perdent le goût et le sens du travail, menacé par son organisation même. L’enjeu est donc de retrouver ce sens, qui se situe à la confluence de l’utilité sociale, de la cohérence éthique et de la réalisation de soi. Nous considérons le travail comme une communauté au service de causes communes et de buts partagés, ceux d’une nation comme ceux d’une entreprise. Je note au passage que le Premier ministre continue de discuter avec ses collègues plutôt que d’écouter l’opposition qui lui parle de travail. Le sens du travail pourrait devenir le nouveau terrain des conquêtes sociales, remettant en cause les rapports de domination et les organisations. Il continue de regarder son téléphone portable ! Nous sommes les témoins accablés du peu d’intérêt que le Gouvernement et le Premier ministre portent à l’opposition et au débat parlementaire. (Applaudissements sur les bancs […]

Ridicule !

Dites des choses intéressantes, on vous écoutera !

Mépris de classe !

Nous défendons la nécessité de participer à l’organisation de son travail pour ne pas subir le travail prescrit, qui en fait un travail mort et dépourvu de sens. Et nous ne voulons pas non plus, loin de vos caricatures sur le droit à la paresse, penser séparément le temps de travail et le temps libéré, qui doit également être un temps de citoyenneté active, d’éducation populaire et d’épanouissement personnel. Vous avez supprimé les comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail – CHSCT –, nous défendons le renforcement du dialogue social, l’instauration du dialogue professionnel et de la codétermination dans l’entreprise.Ce dont il faut se débarrasser – outre vous, monsieur le Premier ministre –, c’est non du travail, mais des rapports de domination. Je poursuis, toujours dans l’indifférence, puisque vous continuez de discuter avec vos collègues assis derrière vous. […]

Rachida Dati plutôt que Boris Vallaud !

Loin du réarmement civique et de la recivilisation, vous continuez, par votre attitude même, d’être le symbole d’un mépris dont nous savions que vous ne vous départiriez pas. Voilà pourquoi nous luttons contre l’ubérisation du travail et le tâcheronnage préindustriel et nous défendons la présomption de salariat pour les travailleurs des plateformes. Hier, comme aujourd’hui, nous devons toujours mieux civiliser le travail. Or vous n’aspirez qu’à le libéraliser. Monsieur le Premier ministre, vous préférez continuer de vapoter et de papoter avec vos ministres, alors que 152 travailleurs sont morts dans notre pays l’année dernière et que les maladies professionnelles explosent. (Exclamations sur les bancs des groupes SOC, LFI-NUPES, Écolo-NUPES et GDR-NUPES.)

Écoutez Boris Vallaud, écoutez sa voix forte !

Dans ce contexte, la pleine santé au travail devrait être l’un de vos objectifs. Or votre discours sur le travail est à courte vue. Avec votre vue courte et vos vieilles lunettes, les Français ne vous font pas confiance pour gouverner le pays ni pour tenir le volant. Voilà pourquoi nous voterons la motion de censure. Je vous remercie évidemment pour l’intérêt soutenu que vous avez manifesté à mes propos. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC dont plusieurs députés se lèvent.)

Et ils parlent de respect du Parlement ! Boris Vallaud est là, en face !

Nous savons à quel point vous tenez à la coconstruction, au dialogue, à la recherche du compromis. Nous savons que vous tirez toutes les conséquences et toutes les conclusions du parlementarisme de fait issu des urnes, du pluralisme qui peut être dans l’histoire, la source de grandes lois, telles les lois immortelles de la IIIe République, souvent décriée mais qui fut un régime parlementaire auquel nous tenons. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC dont plusieurs députés se lèvent, et sur plusieurs bancs des groupes LFI-NUPES, Écolo-NUPES et GDR-NUPES.)

La parole est à Mme Marie-Agnès Poussier-Winsback.

Voyons si Édouard Philippe est critiqué ou non !

Monsieur le Premier ministre, vous n’aviez pas encore prononcé votre déclaration de politique générale, mardi dernier, dans cet hémicycle, qu’une motion de censure avait déjà été déposée par les députés de la NUPES, unis comme rarement pour ce grand événement.

Cela s’appelle une mesure de précaution !

Il s’agissait d’un cadeau de bienvenue, diront certains. C’était un cadeau étonnant, même si, je le reconnais, nos collègues furent très créatifs.

Oui, c’est ça !

Merci pour cet hommage !

Ils ont inventé la censure préventive, renouvelant un genre qu’ils maîtrisent à la perfection. Nul besoin de réagir à votre discours, la censure préventive permet de s’en extraire sans difficulté. Nul besoin d’attendre les premières annonces, les premières orientations de la politique que vous souhaitez mener ni les premiers actes, la censure préventive facilite la tâche.

On avait entendu Macron !

Monsieur le Premier ministre, vous souhaitez « affronter pour avancer ». Comptez sur nous, les partisans du « censurer pour tout bloquer » en auront pour leur compte. En effet, le temps est à l’action, alors qu’une partie du pays est en proie au doute, aux colères et aux craintes.Mardi, vous avez présenté une feuille de route…

Feuille de déroute !

…claire, s’articulant autour de trois priorités : désmicardiser, débureaucratiser et déverrouiller. Notre pays dispose de formidables atouts qu’il faut continuer à mettre en valeur. Les bonnes volontés sont légion et ne demandent qu’à être libérées. Les agriculteurs présents dans les mobilisations ces derniers jours, nous l’ont dit : ils demandent non l’aumône, mais qu’on leur permette de vivre dignement de leur travail, qu’on arrête de les fliquer, de les traiter comme de potentiels dangers et qu’on les considère simplement pour ce qu’ils sont : des hommes et des femmes qui nous permettent de nous nourrir.

Comme les allocataires du RSA et les chômeurs !

À l’image des agriculteurs, les artisans, les commerçants, les élus locaux, quasiment tous les Français, nous demandent d’en finir avec des réglementations dont ils ne comprennent pas la logique, qu’ils considèrent parfois comme contradictoires voire iniques, qui brident les initiatives, compliquent le quotidien et conduisent parfois à des situations sans queue ni tête. Dès lors, il ne s’agit pas de sabrer aveuglément dans les normes ni de les supprimer au simple motif qu’elles sont précisément des normes. Nos concitoyens nous demandent de replacer le bon sens et la confiance au cœur de la politique. Le bon sens n’est pas un gros mot.

Vous êtes à contresens !

Ce n’est pas non plus l’arbitraire. C’est le retour à des politiques publiques à hauteur d’homme qui sont ancrées dans le quotidien de nos concitoyens pour les servir, et non pour les fliquer ; pour leur permettre de vivre paisiblement ensemble, et non pour leur empoisonner la vie.

Ça, c’est le portrait d’Édouard Philippe !

Le cri du cœur de nos agriculteurs est transposable dans tous les pans de notre société. Pour le secteur agricole comme pour les autres, chacun doit assumer ses responsabilités. Si l’Union européenne est responsable pour partie de l’inflation normative, l’État ne peut se cacher derrière son petit doigt. Les surtranspositions ne sont pas une exigence de Bruxelles. Les collectivités ne sont pas en reste, même si elles ont fait des efforts. Les législateurs que nous sommes doivent s’interroger sur leur façon de légiférer.Nous devons nous astreindre, autant que possible, à construire et voter des lois claires, simples et lisibles, sans nous perdre dans les détails les plus absurdes. Loin de rester un vœu pieux, tout cela doit se traduire dans les actes, par des lois moins bavardes, adaptées aux besoins de nos concitoyens.

Il faut mettre un frein à l’immobilisme !

Libérer les énergies, c’est aussi permettre à chacun de vivre dignement de son travail. Trop de Français ont l’amer sentiment que la différence de niveau de vie entre ceux qui travaillent et ceux qui ne travaillent pas n’est pas à la hauteur de leurs investissements, parfois de leurs sacrifices. Ils ont l’impression de beaucoup payer pour les autres et de recevoir trop peu.Désmicardiser la France, c’est dire à chacun de nos compatriotes qu’il vivra dignement de son travail ; que s’il fournit les efforts, il en récoltera les fruits, notamment par le salaire.

Les Français ne font pas déjà des efforts, franchement ?

C’est surtout dire que si le Smic est un progrès social, il ne peut et ne doit pas être la seule perspective d’une carrière professionnelle. Enfin, c’est tenir la promesse que lorsque l’on travaille, on ne peut pas être en situation de pauvreté financière. Cela n’est plus tolérable.

Il faut augmenter les salaires !

L’impression de contribuer beaucoup est mêlée à celle de ne pas recevoir assez ; au sentiment que malgré un niveau d’imposition élevé, une dépense publique parmi les plus élevées du monde et des finances publiques à la corde, on ne sait pas vraiment où va son argent. Nous devons lutter pied à pied contre la dégradation de certains services publics. Rappelons cependant que, d’ores et déjà, beaucoup a été fait pour réarmer le régalien et les services publics essentiels. Tout cela prend toutefois du temps, et le sous-investissement chronique dans certains services publics, depuis des années, laisse des traces tenaces.La transition écologique, qui est le défi de notre siècle, nécessite de la même façon des investissements massifs ainsi que des mesures courageuses et compréhensibles. L’État n’est pas le seul à mener ces grandes batailles : il doit embarquer les collectivités territoriales […]

Les collectivités sont maltraitées !

Pour cela, il faut faire confiance aux élus locaux qui ont une connaissance précise de leurs territoires et des besoins de leurs populations. Là encore, des solutions de bon sens, car prises au plus près du terrain, sont à même d’améliorer bien des situations.L’annonce de la présentation, avant 2025, d’un projet de loi de simplification de l’action publique locale est à souligner. Nous formons le vœu qu’il soit coconstruit avec et pour les élus locaux, formidables gardiens de l’action publique partout en France.Il faut enfin continuer à restaurer l’autorité : à l’école bien sûr, où vous aviez annoncé un cap et des décisions très claires lorsque vous étiez rue de Grenelle, mais plus généralement partout dans la société.

Et les patrons voyous ?

Les millions de Français qui respectent chaque jour les règles ne supportent plus de voir une poignée d’individus s’en affranchir. La délinquance doit être réprimée avec sévérité et les incivilités ne faire l’objet d’aucune mansuétude. Ce sont précisément les incivilités qui grèvent le pacte social et nourrissent l’exaspération de nos concitoyens.

Au collège Stanislas aussi ?

Les incivilités ne concernent-elles que les jeunes, messieurs de la NUPES ?

Il n’y a pas que des jeunes à Stanislas !

Ceux qui ne respectent pas les règles essentielles à la vie en société doivent se les voir rappeler avec fermeté. Vous l’avez souligné de manière on ne peut plus claire mardi dernier, monsieur le Premier ministre, en demandant d’« en revenir à un principe clair : « tu casses, tu répares ; tu salis, tu nettoies ; tu défies l’autorité, on t’apprend à la respecter » ! » (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

Payer ses impôts, ce serait déjà un bon début !

« Tar’ ta gueule à la récré » !

Tu mens, tu démissionnes !

Vous l’aurez compris, nous nous retrouvons pleinement dans les priorités que vous avez énoncées et dans les grands axes que vous souhaitez suivre.La parole était claire, les actes doivent désormais la traduire concrètement. Monsieur le Premier ministre, le groupe Horizons et apparentés est et sera à vos côtés pour permettre le plein succès de votre politique, pour la réussite de la France et l’amélioration des conditions de vie de nos concitoyens. (Applaudissements sur les bancs des groupes HOR, RE et Dem.)

La parole est à M. Benjamin Lucas.

Monsieur le Premier ministre, vous êtes né en 1989.

Prisca Thevenot ministre déléguée chargée du renouveau démocratique, porte-parole du Gouvernement · EPR #249

Vous avez bien compris !

Jordan Bardella est né en 1995. Tous deux, vous vous proclamez porte-paroles de notre génération, faisant de votre âge un fait politique. Soit. Je suis né en 1990, alors permettez-moi de faire irruption pour un instant dans ce duel si souvent transformé en duo.