Séance du 3 février 2026 — 138e séance
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.
Tours 1 à 200 sur 366 — page 1 / 2.
La séance est ouverte.
(La séance est ouverte à quinze heures.)
Je souhaite que nous ayons une pensée pour notre compatriote, le journaliste Christophe Gleizes. Hier, c’était son trente-septième anniversaire, une journée qu’il a passée en détention, sur le territoire algérien. Nous regrettons vivement sa condamnation, qui porte atteinte à la liberté d’informer, et appelons à sa libération immédiate.À sa famille, que j’ai reçue le 21 janvier avec le président de la commission des affaires étrangères, M. Bruno Fuchs, et le président du groupe d’amitié France-Algérie, M. Laurent Lhardit, nous avons redit tout notre soutien et la mobilisation sans faille de la représentation nationale pour sa libération. La France ne transigera jamais avec la liberté de presse ni avec la protection de ses ressortissants. (Mmes et MM. les députés et les membres du gouvernement se lèvent et applaudissent.)
L’ordre du jour appelle les questions au gouvernement.
La parole est à Mme Marie Récalde.
Monsieur le ministre de l’économie et des finances, nous avons appris, mercredi dernier, par voie de presse, la vente de l’entreprise LMB Aerospace à l’Américain Loar Group. Vous avez tenté de nous rassurer à plusieurs reprises en indiquant que cette cession ne constituait pas une menace critique pour notre souveraineté et que cette vente avait fait l’objet d’un contrôle strict par le gouvernement.Vous nous assurez que tout va bien parce que l’Agence des participations de l’État a acquis une action de préférence au sein de l’entreprise. Nous doutons que cette garantie soit suffisante. Cette vente aurait pu être protégée davantage, notamment par la présence de BPIFrance au capital, comme certains le recommandaient.Le groupe Socialistes et apparentés s’inquiète qu’aucun investisseur européen n’ait manifesté de volonté de rachat. Nous assistons trop souvent avec impuissance au départ de […]
Des excuses, comme d’habitude !
La parole est à M. le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
Votre question me permet de rappeler les conditions extrêmement strictes imposées par l’État à l’acheteur de LMB Aerospace, une entreprise qui fut belge, américaine puis française et qui redeviendrait américaine dans le cadre de cette transaction.Tout d’abord, vous l’avez dit, une action préférentielle a été introduite. Au passage, je me permets de corriger vos propos sur un point : en détenant une telle action, l’État dispose de plus de pouvoir – sans qu’il soit nécessaire de débourser le moindre sou – que s’il avait opté pour une participation, forcément minoritaire, de la Banque publique d’investissement. Il aura en effet un droit de regard sur toutes les évolutions stratégiques de l’entreprise.Nous sommes allés plus loin : l’empreinte industrielle est préservée puisque les soixante-dix salariés continueront à produire des ventilateurs en Corrèze, qui seront exportés, depuis ce […]
C’est normal !
Par conséquent, nous devons faire en sorte que les investisseurs français et européens investissent davantage dans des entreprises françaises et européennes, notamment dans le secteur de la défense. Nous devons réaliser l’union des marchés de capitaux. Pourquoi les véritables investisseurs publics de long terme manquent-ils cruellement en Europe ? Voilà la vraie question que nous devrons poser, notamment à l’occasion des échéances électorales à venir.Cette réflexion me semble en tout cas bien plus pertinente que l’idée, entendue ici ou là, selon laquelle il faudrait nationaliser une entreprise qui produit des ventilateurs en Corrèze. Elle fonctionne très bien sans l’État et je suis convaincu qu’il en sera encore ainsi à l’avenir. ( M. Michel Lauzzana applaudit. )
La parole est à M. Jean-Paul Lecoq.
Le 14 janvier, le délégué interministériel au développement de la vallée de la Seine a convié à Matignon les élus normands et franciliens afin de nous parler du projet de nouvelle ligne ferroviaire Paris-Normandie. Je m’y suis rendu pour savoir ce que l’État allait faire pour débloquer un projet d’intérêt général et national, fortement attendu par des milliers de Normands et de Franciliens qui se désespèrent de constater qu’il faut plus de temps pour se rendre du Havre à Paris au XXIe siècle qu’au XXe.
Il a raison !
Il est aussi attendu par les acteurs du port du Havre, principale place portuaire et industrielle du pays. La ligne actuelle est calamiteuse et sa fiabilité horaire incertaine malgré l’engagement exemplaire des cheminots – qui plus est, vous comptez encore augmenter les tarifs.Avec les effets d’annonce, en matière de développement du ferroviaire, d’Emmanuel Macron et de son premier ministre de l’époque – ainsi que de ceux qui lui ont succédé –, nous espérions que ce projet, mis sur les rails en 2009, passe enfin le turbo. C’est raté : les freins s’accumulent.
Ce n’est pas comme ça que vous gagnerez Le Havre !
Pourtant, l’État ne dit rien d’autre que « la nécessité de refonder le projet sur des bases pragmatiques » avant de relancer un cycle de dialogue territorial. Ce que nous, au Havre, comprenons, c’est : Cause toujours ! Car c’est bien un retour à la case départ.Quinze ans après le lancement d’un projet annoncé pour 2030, on ne propose toujours aucune perspective aux usagers. Tout ce que vous dites aux familles, aux étudiants, aux travailleurs et aux entreprises qui ont besoin d’une liaison Le Havre-Paris, c’est : Prenez votre voiture ! Après tout, maintenant, ça va plus vite !Or toute la vallée de la Seine a besoin de ce projet. L’État a-t-il abandonné son engagement pour la Normandie et son économie ? Nous, Normands, avons pourtant toujours mis en avant l’intérêt national. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR et sur quelques bancs du groupe LFI-NFP. – Mmes Florence […]
La parole est à M. le ministre des transports.
J’ai déjà eu l’occasion de le rappeler à plusieurs reprises et sans ambiguïté devant la représentation nationale : la ligne nouvelle Paris-Normandie demeure plus que jamais un projet d’intérêt national majeur.C’est d’ailleurs ce que je vous ai dit lors de ma visite au Havre le 3 juillet. Vous le savez, objectivement, les choses ont avancé dans le bon sens, en matière tant de méthode que de gouvernance.Lorsque j’ai pris mes fonctions, le projet était à l’arrêt – les régions concernées ne se parlaient même plus. Sous l’impulsion du premier ministre, qui suit ce dossier avec une attention particulière – comme tous les autres d’ailleurs (Sourires) –, du gouvernement et du délégué interministériel, le projet LNPN avance.Esprit d’ouverture, écoute et transparence de l’information : telles sont les fondations du nouveau départ du projet, qui permettront de garantir sa concrétisation au […]
Il est en campagne !
Je tiens à le réaffirmer : le temps de la refondation était nécessaire. Il a permis de tenir compte des enjeux et de répondre aux besoins. L’objectif, arrêté et validé par tous les acteurs et cofinanceurs du projet lors du dernier comité de pilotage, est bien de lancer une enquête publique en 2029, avec une déclaration d’utilité publique qui interviendrait dans la foulée.Je ne peux que vous inviter, comme vos collègues mobilisés pour la réussite du projet, à mettre réellement toute votre énergie au service de cette dynamique déjà engagée, sans polémiquer – ce que ne font pas, notamment, les élus de Vernon et du Havre. (M. Sylvain Berrios applaudit.)
Et de Louviers !
Excellent, monsieur le ministre !
La parole est à Mme Agnès Pannier-Runacher.
Il y a dix jours, avec mes collègues Yannick Neuder, du groupe Droite républicaine, Guillaume Garot, du groupe socialiste, ainsi qu’une trentaine de députés de différents groupes que je veux ici remercier, nous avons publié une tribune pour appeler à réduire l’alimentation ultratransformée.Les données scientifiques sont sans appel : selon la revue de référence The Lancet, l’alimentation ultratransformée contribue directement à l’explosion de l’obésité, du diabète et des maladies cardiovasculaires mais aussi de la dépression et de nombreuses pathologies chroniques responsables de décès prématurés.En France, ces produits représentent déjà près de 35 % des calories consommées. Selon un rapport du Sénat, ils coûteraient, au minimum, 11 milliards par an à l’assurance maladie, soit la moitié du déficit de la sécurité sociale.La situation est particulièrement alarmante pour nos enfants. […]
La parole est à Mme la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées.
Vous avez raison : l’alimentation est un enjeu central de prévention en santé, de justice sociale et de souveraineté alimentaire. Les constats sont clairs : en France, près d’un adulte sur deux est en situation de surpoids ou d’obésité, avec des inégalités sociales et territoriales marquées.La progression de l’obésité infantile et l’apparition précoce de pathologies chroniques appellent une réponse publique structurée et durable. Telle est précisément l’ambition de la future stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat, articulée avec le prochain programme national nutrition santé qui fixera un cap à horizon 2030.Je porte une attention particulière à plusieurs leviers concrets : la promotion du nutri-score, la réduction effective de l’exposition des enfants aux publicités pour des produits trop gras, trop sucrés ou trop salés ou encore l’amélioration de la qualité […]
La parole est à Mme Julie Laernoes.
Monsieur le premier ministre, « aucun moratoire n’est prévu, encore moins un moratoire qui s’appliquerait aux énergies renouvelables ». Ces mots, ce sont les vôtres, prononcés ici même le 9 décembre. Ils sont clairs. Ils vous engagent.Comment comprendre alors que vous vous apprêtez à publier une programmation pluriannuelle de l’énergie actant un moratoire sur les renouvelables, notamment sur le solaire ?
Très bonne question !
Aujourd’hui, 30 gigawatts sont installés et 10 gigawatts supplémentaires sont déjà en file d’attente. Nous atteignons donc mécaniquement 40 gigawatts. Pourtant, les scénarios sur lesquels vous travaillez tendent à plafonner la puissance solaire totale à 35 ou 42 gigawatts en 2030.Il faut appeler les choses par leur nom : ces scénarios organisent un arrêt du développement des énergies renouvelables. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs du groupe SOC.) Ils prévoient une division par deux, voire par quatre, des rythmes actuels. C’est un moratoire de fait !Un moratoire, ce sont des projets bloqués, des investisseurs qui se retirent, des carnets de commandes qui s’effondrent, des entreprises qui ferment. Alors que les filières sont déjà fragilisées, la réalisation d’un tel scénario menacerait près de 150 000 emplois directs et indirects, non délocalisables […]
Exactement !
Ma question est simple et appelle une réponse claire. Maintenez-vous la parole donnée à la représentation nationale ou assumez-vous désormais un moratoire de fait sur les énergies renouvelables, avec ses conséquences climatiques, industrielles et sociales ? (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs du groupe SOC.)
La parole est à M. le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
Je dois avouer que je suis très surpris tant par le fond que par la forme de votre question. J’entends d’ailleurs que de telles questions puissent inquiéter les filières qui échangent régulièrement avec vous et avec nous et se préoccupent du type de messages que vous véhiculez. Je le regrette franchement car – vous le savez puisque j’ai reçu des représentants de tous les groupes politiques de l’Assemblée et du Sénat, dont le vôtre – l’interruption du développement de filières industrielles qui contribuent à la décarbonation de la France n’est pas notre objectif.Sur certains sujets, nous sommes en profond désaccord. C’est par exemple le cas du nucléaire : vous êtes contre, nous sommes pour. Sur d’autres sujets, nous devrions pouvoir nous rejoindre ; celui dont vous parlez en fait partie.
On veut des chiffres !
Vous avez quand même beaucoup nui à la filière industrielle !
Vous savez que de grands projets industriels doivent être lancés en vue de décarboner et d’accroître la souveraineté énergétique de la France dans les années qui viennent. Le nucléaire et l’éolien offshore font notamment l’objet d’énormes projets industriels. D’autres, d’ampleur moindre et plus locaux, nous permettent d’accélérer ou de ralentir l’installation de capacités en fonction de la demande, dont vous savez qu’elle n’est pas encore au rendez-vous.En tout état de cause, il est évident que nous allons continuer à développer l’ensemble des moteurs de la décarbonation et de la souveraineté énergétique françaises, en nous assurant que les filières industrielles puissent se développer en harmonie – nous pouvons nous accorder sur ce point.Le premier ministre souhaite que nous recevions ensemble les représentants des filières industrielles pour les rassurer dans les jours qui viennent. […]
La parole est à Mme Julie Laernoes.
C’est justement dans votre bureau que vous nous avez confirmé travailler sur des scénarios impliquant un moratoire sur le solaire. Vous engagez-vous à fixer un objectif supérieur à 55 gigawatts s’agissant de cette énergie ? Dans le cas contraire, le nom qui convient aux mesures que vous préparez est bel et bien celui de moratoire. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs du groupe SOC.)
La parole est à M. le ministre.
Pas de polémique : vous aurez les chiffres. Dans la conversation que j’ai eue avec vous, je n’ai jamais prononcé le mot moratoire. Jamais !
Au vu des chiffres, c’est comme si c’était un moratoire !
Pourquoi jouer sur les mots ?
Soyez patiente encore quelques jours et laissez-nous échanger avec les filières pour les rassurer. J’espère que vous le serez également quand nous dévoilerons les chiffres.
La parole est à M. Hervé de Lépinau.
Monsieur le premier ministre, au lendemain de Noël, le ministre de l’économie a autorisé la cession de LMB Aerospace au groupe américain Loar Holdings. Or LMB Aerospace est une PME stratégique : ses productions alimentent des programmes de défense, du Rafale aux sous-marins nucléaires lanceurs d’engins, en passant par le porte-avions Charles de Gaulle et le char Leclerc. Plus grave : cette décision aurait été prise contre l’avis de la direction générale de l’armement, sans retenir sa demande d’une prise de participation significative par BPIFrance dans le capital de l’entreprise cédée.Par ailleurs, le fonds Tikehau, détenteur du capital de LMB Aerospace, a été perquisitionné par le parquet national financier après avoir bénéficié de 150 millions d’euros d’argent public pour œuvrer à la consolidation de notre base industrielle et technologique de défense (BITD) à la sortie de la crise […]
Quelle honte !
Le groupe Rassemblement national n’a eu de cesse de vous alerter quant à la nécessité de renforcer le contrôle des investissements étrangers en France afin de préserver notre souveraineté industrielle en matière de défense et plus largement de protéger les intérêts vitaux de la France. Monsieur le premier ministre, ex-ministre des armées, cette cession de LMB Aerospace est le révélateur d’une trajectoire délétère, suivant laquelle l’État finance sa propre perte de contrôle et l’abandon de sa souveraineté. Êtes-vous prêt à prendre l’engagement devant la représentation nationale d’empêcher cette transaction qui s’apparente à une forfaiture, pour ne pas dire à un scandale d’État ? (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)
La parole est à M. le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
Vous cochez toutes les cases de la conspiration extrémo-populiste que vos collègues nous infligent depuis des jours, à longueur de journée ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR. – Exclamations sur les bancs des groupes RN et UDR.)Vous racontez absolument n’importe quoi et je vous connais suffisamment pour me dire que vous le savez car vous avez dû travailler un peu le dossier. LMB a été successivement belge, américaine et française ; elle est en passe d’être rachetée par une entreprise américaine et quelque 80 % de son chiffre d’affaires est réalisé hors de France.Quant aux 20 % restants, vous savez que nous avons imposé non seulement une action de préférence – dont l’impact est bien plus important que ne le serait celui d’une part minoritaire de BPIFrance – mais aussi le maintien de la production industrielle en France ainsi que le respect des carnets de commandes des […]
Et Alsthom ?
Incapables !
La parole est à M. Hervé de Lépinau.
Trois points. Premièrement, vous savez très bien que les Américains vont fixer le prix, ce qui aura un effet sur le budget des armées, donc un impact sur la loi de programmation militaire.
N’importe quoi !
Deuxième point : les Américains décideront de vendre ou non les pièces détachées. Nous risquons donc de voir nos avions cloués au sol. Troisièmement, 150 millions d’argent public ont été dépensés et 198 millions de plus-value vont être réalisés : il me semble que Tikehau pourrait rembourser ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)
La parole est à M. le ministre. Vous avez quelques secondes.
Quelques secondes suffiront à vous dire que depuis cinq ans, les industries de défense n’ont pas passé une seule commande auprès de cette entreprise. (« Si ! » sur plusieurs bancs des groupes RN et UDR.) Vous racontez vraiment n’importe quoi ! (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR, Dem et HOR.)
C’est vous qui dites n’importe quoi !
La parole est à M. Antoine Valentin, devenu hier député de la troisième circonscription de Haute-Savoie et à qui je suis heureuse de souhaiter la bienvenue. (Les députés des groupes UDR et RN se lèvent et applaudissent vivement.)
Merci pour votre accueil. Je remercie également le président Ciotti pour sa confiance et son soutien.Monsieur le ministre de l’intérieur, chaque jour, 12 tentatives d’homicide sont comptabilisées dans notre pays, soit deux fois plus qu’en 2017, avant l’installation de la Macronie. Chaque jour, 362 agressions sexuelles sont recensées, alors qu’elles étaient déjà 156 de trop en 2017. Dans mon département, on observe une augmentation de 7 % de la délinquance et de 13 % de la violence en une seule année : cette année.Vous êtes bel et bien les représentants du « en même temps » : en même temps un bilan économique catastrophique (Exclamations sur quelques bancs du groupe EPR), en même temps des chiffres qui révèlent une immigration incontrôlée (Applaudissements prolongés sur les bancs des groupes UDR et RN. – Exclamations sur quelques bancs du groupe SOC) et en même temps, aujourd’hui, de […]
La parole est à Mme la ministre déléguée auprès du ministre de l’intérieur.
Oh !
C’est qui, celle-là ?
Non : nous ne sommes pas dans la « France Orange mécanique » (« Si ! » sur les bancs des groupes RN et UDR) et notre pays n’est pas devenu un coupe-gorge à ciel ouvert !Alors que nous recevons près de 100 millions de touristes par an, il faut prendre garde à la manière dont certains ici présentent notre pays.
L’extrême droite n’aime pas la France !
C’est un enjeu économique et d’image vital. Les résultats sont là. (Rires et exclamations sur les bancs des groupes RN et UDR.) Les atteintes aux biens baissent nettement : nous constatons une diminution de 9 % des vols de véhicule, un recul des cambriolages et des vols dans les transports ainsi qu’une baisse de 7 % des vols à main armée.
Et les coups de couteau ?
Ces chiffres ne tombent pas du ciel : ils sont le fruit d’une présence accrue des forces de l’ordre,…
Les policiers manifestent dans la rue !
…d’un renforcement des contrôles et d’une plus grande fermeté des réponses pénales. Face au trafic de drogue, la pression s’intensifie : plus de 56 000 trafiquants ont été mis en cause, des saisies massives ont été réalisées et l’action contre les réseaux ne s’interrompt pas. Comme l’ont demandé le président de la République et le premier ministre, nous frappons les organisations criminelles là où ça fait mal ! (Exclamations sur quelques bancs des groupes RN et UDR.)
Oh là là, c’est nul !
Enfin, les règlements de compte liés aux stupéfiants montrent à quel point la lutte contre le narcotrafic est une bataille que nous devons collectivement mener, hors des invectives et des jeux politiciens. Au nom du gouvernement et du ministre de l’intérieur, je tiens à apporter, comme nous le faisons chaque jour, tout notre soutien aux forces de sécurité intérieure, qui font un travail formidable pour garantir la sécurité des Françaises et des Français et lutter contre tous les trafiquants. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR, DR et Dem.)
Les policiers sont dans la rue !
La parole est à M. Antoine Valentin.
Nous la connaissons, cette ritournelle : « Tout va très bien, madame la marquise ! » Mais les Français, eux, voient la réalité quotidienne et, ce week-end, ils ont sanctionné votre candidat, qui était aussi celui de M. Barnier, de M. Hollande, de Mme Rousseau et de M. Mélenchon ! Les Français ne se trompent pas ! (Les députés des groupes UDR et RN se lèvent et applaudissent. – Vives exclamations sur plusieurs bancs du groupe Dem.)
La parole est à M. Louis Boyard.
Madame la ministre du numérique, est-il vrai qu’à partir du 1er septembre, toute la population française, quel que soit l’âge des personnes concernées, devra faire contrôler sa pièce d’identité sur son téléphone afin de se connecter ou de créer un compte sur les réseaux sociaux ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
C’est faux !
La parole est à M. le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
La réponse est non. (Sourires et applaudissements sur plusieurs bancs du groupe Dem ainsi que sur quelques bancs des groupes EPR, DR et HOR.)
La parole est à M. Louis Boyard.
Je suis un peu gêné par votre réponse. En effet, sur le site de campagne du candidat Gabriel Attal, il est indiqué que l’application de la loi se fera par un contrôle d’identité visant toute la population, quel que soit l’âge des personnes concernées, et il se trouve que vous appartenez au même parti politique que lui. Alors qui croire ? Vous ou Gabriel Attal ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
Pas fort, Boyard !
Je comprends que vous soyez embarrassé dans votre réponse car nous avons appris par voie de presse que vous développiez depuis des mois une application qui permettra le contrôle d’identité numérique de la population, quel que soit l’âge des personnes concernées. Alors, qui dois-je croire : la presse ou vous ?
C’est faux, Boyard !
Autre source d’embarras pour vous : la semaine dernière, l’opérateur France Travail, qui est sous votre responsabilité, a été condamné à une lourde amende pour avoir laissé fuiter les données de 36 millions de nos concitoyens.Après une semaine de débat national, vous vous êtes refusé à assumer clairement ce que vous vouliez faire de cette loi. Quelle que soit notre opinion à son sujet, ce n’est pas acceptable. C’est une question de déontologie : il y va de l’honnêteté qu’exige la fonction gouvernementale. On ne fabrique pas la loi dans le dos des Français.En réalité, vous n’avez jamais eu la volonté de protéger la santé mentale des jeunes, sans quoi vous n’auriez pas supprimé les postes qui permettent justement de l’accompagner, tout comme vous venez de supprimer 4 000 postes d’enseignants dans le dernier budget. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
Je suis gêné de cette posture car, à la fin, ce n’est pas vous qui aurez le dernier mot, c’est la commission européenne : elle jugera le mode de vérification. Vous acceptez de déléguer la gestion de nos données à l’Union européenne grâce aux votes du Rassemblement national. Cela prouve, encore une fois, que ce sont de petits souverainistes en carton ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Paul Midy s’exclame.) Un gouvernement qui n’est pas capable de protéger la santé mentale des jeunes, de protéger les données des Français, d’assumer la réalité de sa loi doit être censuré au plus vite ! (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent.)
La parole est à M. le ministre.
J’avais cru comprendre que vous vous présentiez depuis votre élection comme le défenseur de la jeunesse. Vous cherchez en réalité à la fragiliser. Après les conspirationnistes d’extrême droite, nous avons maintenant les conspirationnistes d’extrême gauche : les uns et les autres se sont alliés pour voter contre cette loi visant à protéger nos enfants et soutenue par tous les autres groupes de l’Assemblée ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR, DR et Dem. – Exclamations prolongées sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Vous ne souhaitez pas protéger nos enfants. C’est tout de même paradoxal : vous voulez nourrir les plateformes numériques qui se font du beurre sur leurs cerveaux !
Exactement !
Le service dont vous parlez est un service souverain,…
Répondez à la question !
… conçu dans une logique européenne et baptisé France identité numérique. Il sera développé en France, de manière souveraine, et en aucun cas en délivrant des informations aux plateformes numériques que vous chérissez tant.
Pour tous les âges ? Pour toutes les offres ?
Ils sont pro-Gafam !
Il permettra de contrôler l’âge des jeunes avant leur inscription sur une plateforme numérique,…
Comment faites-vous pour les identifier ?
…que la majorité des députés a interdite pour les mineurs de moins de 15 ans et que vous voulez continuer d’autoriser. Monsieur Boyard, protégeons nos enfants ! (Protestations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Protégeons-les d’entreprises qui, je le répète, se font du beurre sur leurs cerveaux. Vous devriez être avec nous dans ce combat, mais, évidemment, comme vous êtes contre tout et contre nous,…
Oui, c’est vrai !
…et au fond contre les enfants, vous vous opposez à ce texte ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR.)
La parole est à M. Bruno Fuchs.
Madame la présidente, je tiens à vous remercier pour le soutien public et solennel que vous avez apporté à Christophe Gleizes, dont la situation est critique. (Applaudissements sur les bancs des groupes Dem, EPR, SOC et sur quelques bancs du groupe DR.) Vous l’avez dit, à 37 ans, il vient de passer un nouvel anniversaire loin des siens, dans une situation qui touche profondément sa famille, ses proches et à présent la communauté nationale tout entière.Je profite de cette question pour saluer l’acquittement, en Malaisie, de notre compatriote Tom Félix après plus de deux années de détention injuste et éprouvante. (Mêmes mouvements.) Je salue, sur ces deux dossiers, l’engagement constant de notre diplomatie pour la protection de nos ressortissants. S’agissant de Christophe Gleizes, comme vous l’avez fait, madame la présidente, je veux rappeler à ses parents, que nous avons reçus il y a […]
La parole est à M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères.
Vous l’avez dit, nous avons accueilli ce matin avec un grand soulagement la nouvelle que notre compatriote Tom Félix avait été relaxé après deux ans et demi de détention en Malaisie. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem.) Nous avons une pensée pour sa famille, que vous avez reçue et que j’ai rencontrée à deux reprises l’année dernière. Elle a été très courageuse dans cette épreuve et pourra très prochainement le retrouver. Cette bonne nouvelle s’ajoute à celle de la libération de trois de nos compatriotes détenus arbitrairement depuis le début de l’année 2026 et à la sortie de prison de dix de nos compatriotes dans le courant de l’année 2025. Ces libérations ne sont évidemment pas le fruit du hasard et résultent de la mobilisation sans relâche des agents du ministère de l’Europe et des affaires étrangères, à Paris comme dans les postes diplomatiques, dont je veux une […]
La parole est à M. Karim Benbrahim.
Depuis plus de deux ans, la France attend la stratégie énergétique du gouvernement, mais annoncée, reportée, retravaillée, retirée, puis à nouveau différée, la programmation pluriannuelle de l’énergie est devenue le symbole d’une politique énergétique sans cap clair.
C’est comme ça depuis 2017 !
Cette absence de cap a des conséquences concrètes alors que, dix ans après l’accord de Paris, la France demeure largement en retard dans ses objectifs climatiques. Cette absence de cap prive les acteurs de la visibilité dont ils ont besoin. Des projets sont abandonnés, des entreprises quittent le pays et des suppressions d’emplois sont annoncées, alors même que nous devrions renforcer nos souverainetés et bâtir nos propres filières industrielles. Désormais, c’est un risque de fort ralentissement ou de quasi-moratoire qui inquiète les filières éoliennes et photovoltaïques. Vous avez annoncé ce matin une baisse des objectifs, mais le nouveau nucléaire n’arrivera pas avant douze ans. Les énergies renouvelables terrestres ne peuvent donc pas être mises au ralenti, comme un gage donné aux LR. Le retard pris dans l’électrification doit être rattrapé, il ne doit pas servir de […]
La parole est à M. le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
Décidément, c’est ma fête aujourd’hui ! (Sourires.) Vous parlez d’ambition écologique et d’ambition sociale : j’ajoute l’ambition industrielle. L’objectif est de lancer les grands chantiers industriels qui assureront la souveraineté énergétique et la décarbonation de la France au cours des trente prochaines années. Je vous ai reçu, avec d’autres parlementaires, et nous avons travaillé pour que l’ensemble des groupes parlementaires soient entendus. Je le répète, le premier ministre va recevoir les représentants des filières des énergies renouvelables pour connaître également leurs attentes. Dans les jours qui viennent, nous aurons l’occasion de vous informer des objectifs de la programmation pluriannuelle de l’énergie, qui, j’espère, vous rassureront toutes et tous.Oui, nous devons financer le nouveau nucléaire, lancer des appels d’offres sur l’éolien marin – ce sont de très gros projets […]
La parole est à Mme Cyrielle Chatelain.
Voici le témoignage de Samia, soignée au Village 2 santé, à Échirolles : « Je suis allée voir un chirurgien et il a refusé de m’opérer quand il a vu que j’avais la CMU. J’aurais pu laisser tomber, mais je suis venue en parler au centre. Benjamin m’a accompagnée. Je me suis sentie moins seule, ça m’a rendue plus confiante. Je voulais demander à ce chirurgien : Oui, j’ai la CMU, et alors ? Est-ce qu’il faut être riche pour être soignée ? »Le Village 2 santé et vingt-cinq autres structures de santé participatives proposent une prise en charge globale médico et psychosociale grâce au dispositif des structures d’exercice coordonné participatives, créé après le covid pour répondre à l’ampleur des inégalités de santé. Le travail de ces Secpa a été reconnu positif par tous les comités qui les ont évaluées. Pourtant, le 1er mai, elles risquent de fermer leurs portes ou de drastiquement réduire […]
C’est quoi le lien avec l’écologie ?
Je parle de la maison de santé des Hauts-de-Saint-Aubin à Angers, du centre de santé des 3 cités à Poitiers, du château en santé à Marseille, du pôle de santé interprofessionnel à Saint-Martin-d’Hères, du MSP Belleville à Paris, de la place santé à Saint-Denis, de la maison de santé de Hautepierre à Strasbourg ou encore de la MSP Mont Soleil à Outreau. Si ces structures ferment, ce seront des territoires entiers privés d’accès aux soins, des milliers de personnes sans soins, sans écoute et sans accompagnement.Monsieur le premier ministre, ma question est simple : l’ensemble des financements du dispositif pour la santé participative seront-ils préservés ? (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur plusieurs bancs des groupes SOC et GDR.)
La parole est à M. le premier ministre.
À question directe, réponse directe : l’ensemble des vingt-six structures Secpa, dans les deux composantes qui existent depuis les expérimentations post-covid de 2021, seront bien pérennisées et financées, comme nous l’avons annoncé. Je vous remercie de me donner l’occasion de le dire.
Ils n’ont pas voté le budget !
Cette initiative à destination des populations les plus défavorisées est particulièrement originale et innovante. Elle repose sur un aménagement du territoire très intéressant, qui servira de modèle pour le déploiement d’autres maisons France Santé – la ministre de la santé y travaille et je la remercie. Au-delà de la pérennisation des structures existantes, nous devons réfléchir à la meilleure manière de les multiplier. Elles fonctionnent bien car elles coûtent un peu d’argent, c’est certain : la qualité des moyens dont elles disposent garantit leur bon fonctionnement.Je vous remercie également de votre question car elle me permet de répondre aux doutes et aux interrogations qui, nous le voyons bien, de manière perlée, émergent sur le PLFSS et le PLF. Je veux vous rassurer et, comme l’a fait le ministre de l’économie, rassurer votre groupe quant au fait qu’il n’y aura pas de moratoire […]
La parole est à Mme Cyrielle Chatelain.
Je vous remercie d’avoir fait l’éloge de ces centres et de ces maisons de santé, qui font en effet un travail remarquable, mais votre réponse reste ambiguë. Certes, on a dit à ces structures qu’elles seraient pérennisées et financées. Dans mon territoire, les deux structures le sont aujourd’hui respectivement à hauteur de 750 000 euros et de 450 000 euros. Or elles pensent recevoir entre 100 000 et 120 000 euros. L’écart est immense ! Ma question est précise. Les 14 millions d’euros prévus, qui représentent 0,005 % du budget annuel de l’assurance maladie – en vérité, ces structures ne coûtent rien, bien moins que le budget consacré aux mesures de prévention –,…
Ça ne coûte rien ?
…seront-ils mis sur la table ? Il ne s’agit pas tant de financer un peu ou de dire que l’on va pérenniser que de verser l’argent au centime près ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur plusieurs bancs du groupe GDR. – M. Gérard Leseul applaudit également.) J’ajoute que nous sommes aussi sceptiques s’agissant des ENR et que nous suivrons attentivement le sujet !
La parole est à M. le premier ministre.
Puisque vous parlez de Saint-Martin-d’Hères et d’Échirolles, dans votre territoire, en Isère, sachez que ces deux structures seront bien pérennisées. La ministre de la santé vous précisera dans les heures qui viennent les sommes qui leur seront allouées. (Exclamations sur les bancs du groupe EcoS.)Madame la présidente Chatelain, je ne peux pas témoigner davantage d’engagement et de transparence sur ce dossier que je ne le fais à présent ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR, Dem et HOR. – Vives exclamations sur les bancs du groupe EcoS.) Ou alors souhaitez-vous créer le doute sur ces structures, comme vous le faites sur les filières des énergies renouvelables ? Je le répète : pas de moratoire sur les renouvelables, pas de remise en cause des structures Secpa. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, Dem et HOR.)
La parole est à M. Jean-Louis Thiériot.
Ma question s’adresse à Mme la ministre des armées. J’y associe ma collègue Émilie Bonnivard ainsi que la mémoire d’Olivier Marleix, gardien jaloux de notre souveraineté. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR et sur quelques bancs du groupe EPR.)Notre autonomie stratégique dépend de notre souveraineté industrielle. C’est pourquoi la vente de LMB Aerospace à une entreprise américaine est un signal qui interroge parce qu’il soulève des questions de sécurité nationale et de stratégie industrielle.S’agissant de sécurité nationale, quelques questions simples : la DGA a-t-elle validé la cession ? Quelle évaluation a été faite de la criticité des produits ? Quelle garantie le golden share apporte-t-il en termes de soumission aux normes ITAR et au Cloud Act ? Pourquoi une valorisation aussi haute, sinon en vue d’une opération de renseignement ?S’agissant de stratégie industrielle, notre […]
Il fallait voter la censure alors !
La meilleure réponse à long terme est un marché européen des capitaux, mais aussi la création de fonds de capitalisation retraite, indispensable pour faire face à l’hiver démographique. Une telle réponse est vitale pour nos industriels critiques. Alors, quand commençons-nous ? (Applaudissements sur les bancs du groupe DR. – Mme Danielle Brulebois applaudit également.)
La parole est à Mme la ministre des armées et des anciens combattants.
Tout d’abord, permettez-moi de m’associer à l’hommage que vous avez bien voulu rendre à la mémoire d’Olivier Marleix et de saluer Émilie Bonnivard, que vous avez associée à votre question.L’entreprise LMB, comme l’a rappelé très justement mon collègue Roland Lescure, a été créée en 1917 et a connu en un siècle quatre nationalités : fuyant la Belgique pour la France en 1940, elle est devenue américaine en 1982, et redevenue française en 2012. Et nous sommes en effet devant un nouveau projet de cession. Il est important de retenir que LBM fait partie des entreprises dite duales, c’est-à-dire que son activité relève pour partie de l’aéronautique civil et pour partie de l’aéronautique et de la marine dans le secteur de la défense. Elle produit des ventilateurs, installés par les plateformistes, c’est-à-dire par ceux qui font les avions ou les bateaux, et il n’y a pas eu de commande récente […]
La parole est à Mme Gisèle Lelouis.
Ma question s’adresse à M. le ministre de l’intérieur, mais je voudrais tout d’abord avoir une pensée pour la professeure d’un collège de Sanary-sur-Mer, poignardée par un élève et dont le pronostic vital est engagé. Nous lui apportons tout notre soutien. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR ainsi que sur plusieurs bancs des groupes EPR, SOC, DR, EcoS, Dem, HOR et LIOT.)Il y a quelques semaines à Marseille, la direction de l’entreprise Orange a pris une décision qui ferait honte à n’importe quel État de droit : elle a demandé à ses salariés chargés de la sécurité de porter des gilets pare-balles pour travailler, et de se tenir impérativement à l’écart des fenêtres avant d’envisager de quitter les lieux. Voilà où nous en sommes en 2026 à Marseille : des honnêtes gens doivent se barricader pour gagner leur vie. Pourtant, le 16 décembre dernier, le président de la […]
La parole est à Mme la ministre déléguée auprès du ministre de l’intérieur.
Je voudrais tout d’abord exprimer l’immense compassion du gouvernement pour cette enseignante.Pour ma part, je me contenterai d’emblée de remarquer l’incohérence de vos propos : par trois fois, vous avez voulu censurer le PLF…
Et alors ?
…alors qu’il permet d’avoir des policiers et des gendarmes supplémentaires sur le terrain. (Exclamations sur de nombreux bancs des groupes RN et UDR.) Au vu de ce que vous demandez, pourquoi n’avoir pas voulu voter le PLF ? (Mêmes mouvements.)Votre question montre que la campagne municipale, y compris celle de Marseille, s’invite dans cet hémicycle. Mais la réalité, c’est que le plan Marseille en grand continue de se déployer et que la ville de Marseille est en première ligne, notamment face à la narco-délinquance. Et le premier ministre, au long de toutes les négociations budgétaires que nous avons menées dans un contexte contraint, a souhaité augmenter le budget sur les postes régaliens – défense, justice et intérieur. Ce pour quoi nous nous sommes battus, c’est ce contre quoi vous, vous êtes battue ! (Mme Anne Bergantz et M. Éric Martineau applaudissent. – Exclamations sur plusieurs […]
N’importe quoi.
Il faut se relire avant de prendre la parole !
La parole est à M. Benoît Blanchard.
Ma question s’adresse à M. le ministre de l’intérieur.Le 20 octobre 2025, une tornade d’une violence exceptionnelle a frappé onze communes du Val-d’Oise, notamment Franconville, Ermont, Eaubonne, Saint-Prix et Montlignon, soit cinq des six villes de la quatrième circonscription. Cet événement a provoqué un décès et neuf blessés, ainsi que des destructions massives : habitations éventrées, toitures arrachées, véhicules broyés, infrastructures gravement endommagées. Trois mois plus tard, les cicatrices sont toujours visibles, peu de toitures ont été réparées. Il s’agissait d’un phénomène rare, brutal et imprévisible, classé EF2 à EF3, avec des vents estimés de 180 à 220 kilomètres à l’heure, très au-delà d’une tempête classique.La France n’avait plus connu de tornade meurtrière depuis 2008. Nous sommes donc face à un événement exceptionnel, tant par son intensité que par ses conséquences […]
La parole est à Mme la ministre déléguée auprès du ministre de l’intérieur.
En fin de journée, le 20 octobre, des vents violents ont traversé le Val-d’Oise, provoquant d’importants dégâts ; une personne est décédée à Ermont, lors de la chute d’une grue de chantier. Je veux ici avoir une pensée pour les victimes de ces intempéries et j’exprime ma reconnaissance à l’ensemble des acteurs mobilisés au cours de ces événements : maires, services de l’État, sapeurs-pompiers, gendarmes et forces de la sécurité civile, ils ont su réagir face à ce drame.Vous l’avez évoqué : huit communes ont déposé une demande de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle pour vents cycloniques ; elles ont été déboutées, conformément à l’avis de la commission interministérielle du 13 janvier. Vous savez que la garantie catastrophe naturelle est encadrée par le code des assurances et qu’elle ne couvre donc que les dommages non couverts par les assurances. En l’occurrence, les […]
Merci ChatGPT !
En conséquence, ces dommages ne peuvent donc pas être couverts par la garantie catastrophe naturelle.
On fait quoi alors ? !
Enfin, je tiens à préciser que le gouvernement se tient systématiquement aux côtés des victimes des événements climatiques que peut connaître notre pays, comme je l’ai en particulier montré récemment à Redon, lors des intempéries en Bretagne.
La parole est à M. Christophe Naegelen.
Monsieur le premier ministre, la sécurité, dans sa globalité, est avec la santé l’une des priorités des Français.
Absolument.
Et chaque jour, des hommes, des femmes, se dévouent au service de la sécurité des habitants de nos territoires, parfois au péril de leur vie : je pense notamment à nos sapeurs-pompiers, aux gendarmes et aux policiers. Nous tentons ici, à l’Assemblée, dans la limite des compétences prévues par nos mandats, de les accompagner au mieux dans leur mission. Malheureusement, cela ne se traduit pas forcément dans les actes réglementaires.Vous avez, depuis votre arrivée à Matignon, exprimé la volonté d’écouter le Parlement. Alors pourquoi, lorsque nous votons, avant la CMP, une bonification de trois trimestres de retraite pour dix ans d’engagement pour nos sapeurs-pompiers, cela se traduit-il par une seule année ?
Eh oui !
Le gouvernement s’était engagé à respecter le texte avant la CMP ; c’est uniquement du fait d’un problème d’écriture qu’il a été décidé de ne pas inscrire dans le texte de loi les trois trimestres pour les dix ans.Notre assemblée a aussi voté la création de 238 nouvelles brigades de gendarmerie à l’horizon 2027, dont d’ailleurs celle de Saint-Maurice-sur-Moselle, dans ma circonscription. Où en est-on ?Notre assemblée a également voté une loi d’orientation et de programmation du ministère de l’intérieur pour doter de nouveaux équipements nos gendarmes et nos policiers, et pour améliorer le bâtimentaire. Mais la grève des policiers de samedi montre bien que ce n’est pas le cas. De plus, l’augmentation des attaques envers les forces de l’ordre, notamment dans les cas de refus d’obtempérer, rend nécessaires des crédits supplémentaires pour remplacer les véhicules – je pense à ceux des […]
La parole est à M. le premier ministre.
L’article L. 173-1-5 du code de la sécurité sociale prévoit que « les assurés ayant accompli au moins dix années de service, continues ou non, en qualité de sapeur-pompier volontaire ont droit à des trimestres supplémentaires pris en compte pour la détermination du taux de calcul de la pension et la durée d’assurance dans le régime, dans des conditions et des limites prévues par le décret en Conseil d’État ». Un engagement avait en effet été pris par le gouvernement, et je viens de vous lire un extrait de la loi de financement de sécurité sociale : vous ne pouvez pas être dubitatif puisque c’est le texte voté par le Parlement et publié au Journal officiel ; c’est la base légale sur laquelle le gouvernement prend le décret.
Où est-il ?
Le diable se cache dans les détails !
J’ouvre une parenthèse : ayant présidé le service départemental d’incendie et de secours de l’Eure pendant des années, je sais qu’on parle d’un dossier ouvert depuis dix à quinze ans et de demandes très anciennes. Les mesures prises permettent de consacrer le modèle français de sécurité civile, de créer de l’attractivité pour les sapeurs-pompiers volontaires de demain, d’en recruter. C’est le sens des décisions prises par le législateur, en 2023 si ma mémoire est bonne, dans le cadre d’une loi de financement de la sécurité sociale. Le décret, contrôlé et validé par le Conseil d’État, que le ministre de l’intérieur et moi avons cosigné confirme les trois trimestres de bonification, mais avec un système de palier à partir de dix ans. La règle des dix ans est donc bien respectée.En partie parce que certains (L’orateur se tourne vers sur les bancs des groupes RN et UDR) ont répandu quelques […]
La parole est à Mme Caroline Parmentier.
J’alerte en urgence sur la situation particulièrement inquiétante de l’entreprise Black Star, implantée sur le site de l’ancienne usine Bridgestone, à Béthune, dans ma circonscription du Pas-de-Calais. Je parle au nom de ses 130 salariés, de leurs familles et de tous les Béthunois.L’entreprise de pneus reconditionnés Black Star vient de demander l’ouverture d’une procédure de sauvegarde auprès du tribunal. Il reste moins de quatre mois pour trouver un repreneur. Black Star doit être soutenue. C’est une entreprise locale, créatrice d’emplois et fondée sur une technologie française de pointe qui respecte l’environnement et participe à notre souveraineté.Qu’allez-vous faire pour accompagner Black Star dans la recherche d’un repreneur ? Il faut un plan d’action concret ! Qu’allez-vous faire pour adapter le cadre économique de la filière de collecte et pour renforcer la commande publique de […]
La parole est à M. le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
Le Béthunois est un territoire industriel historique qui a beaucoup souffert de la fermeture, il y a quelques années, de l’usine Bridgestone. Je salue l’action de la ministre de l’industrie de l’époque et aujourd’hui députée, Agnès Pannier-Runacher : elle a alors relancé ce territoire, en accompagnant l’entreprise Black Star et, plus globalement, dans le cadre d’un dispositif Rebond industriel.Black Star, qui fait du rechapage de pneus sur le site historique de Bridgestone, affronte deux défis : d’une part une concurrence déloyale, d’autre part l’insuffisant développement de la filière de responsabilité élargie des producteurs dans le rechapage. Sur le premier point, nous avons agi en demandant à la Commission européenne de déclencher une enquête antidumping.
Ça fait quatre mois !
Nous espérons en avoir les conclusions très rapidement. À propos de la REP, mes deux excellents collègues Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la transition écologique, et Sébastien Martin, qui œuvre à mes côtés, ont lancé le travail pour la redynamiser et faire en sorte que les filières industrielles de l’économie circulaire, qui sont souvent plus riches en emplois et plus implantées localement que d’autres, puissent être favorisées, en France et ailleurs en Europe. Nous agissons et avons bon espoir que Black Star, qui fait l’objet d’une procédure de sauvegarde, puisse être rapidement sauvée.
La parole est à Mme Caroline Parmentier.
Je suivrai cela de très près. Votre réponse et vos initiatives ne sont pas assez précises, pas assez concrètes, pas assez rapides. Je vous demande de tout cœur d’agir. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)
La parole est à Mme Aurélie Trouvé.
Biogaran fournit chaque jour 30 % des médicaments génériques indispensables à la vie des Français : des antibiotiques, des traitements contre le cancer ou le diabète, etc. Pourtant, monsieur le ministre de l’économie, vous venez d’autoriser la vente de Biogaran à un fonds d’investissement britannique, BC Partners, champion du LBO, ce rachat avec effet de levier, montage financier terrible grâce auquel il a réalisé d’énormes plus-values en coulant des entreprises et en licenciant des milliers de salariés. (« Quelle honte ! » sur les bancs du groupe LFI-NFP.)Son but sera d’extraire un maximum de cash de Biogaran, le plus vite possible. La santé des Français n’est pourtant pas à vendre ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Les médicaments ne sont pas censés fournir d’énormes marges à des investisseurs. D’ailleurs, leurs prix sont régulés. BC Partners n’aura donc pas […]
La parole est à M. le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
Vous aimez jouer avec les peurs des Françaises et des Français. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Vous souvenez-vous l’avoir déjà fait quand une grande entreprise pharmaceutique française a souhaité vendre ses usines de paracétamol, gérées par Opella, une de ses filiales ?
Après une pénurie !
Quand, il y a quelques mois, Opella a annoncé investir dans ses usines pour augmenter la production de paracétamol en France, je ne vous ai pas entendue dire que vous aviez eu tort de vous opposer à cette vente et que vous vous réjouissiez de cette hausse. Il y a trois ans, je ne vous ai pas entendue me féliciter d’avoir refusé au laboratoire Servier la vente de génériques à des producteurs indiens qui auraient délocalisé la production au bout du monde.
Ça s’appelle une opposition, camarade !
En revanche, aujourd’hui, je vous entends me critiquer pour une vente qui assure la pérennité de sites industriels français, des commandes qui nourrissent ces sites, la conservation de l’emploi en France et le maintien de l’approvisionnement en génériques des Françaises et des Français.
Pour combien de temps ?
On dirait du Mittal !
Je ne vous ai pas entendue non plus dire que BPIFrance prendrait 15 % du capital. Comme toujours, pour faire peur à nos concitoyens, vous faites une présentation parcellaire et effrayante de la réalité et d’un capitalisme auquel vous êtes viscéralement opposée. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
C’est vrai !
Pour vous, l’économie française devrait être nationalisée. Vous voulez nationaliser la santé, l’acier et toutes les industries. Faites-vous élire sur ce programme mais, en attendant, laissez-nous gérer la vraie vie, le monde tel qu’il est...
Pourquoi ce mépris, vu votre bilan ?
…et nous assurer qu’il y ait des emplois en France, qu’on y produise de la richesse et qu’on puisse continuer à soigner nos concitoyens.
La parole est à Mme Aurélie Trouvé.
Puisque vous paraissez si sûr de vous, sortez le contrat, publiez le montage financier et les conditions du rachat de Biogaran ! (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent.)
La parole est à M. Bertrand Sorre.
Vendredi s’ouvrira en Italie la 25e édition des Jeux olympiques d’hiver, celle de Milano Cortina. J’adresse aux athlètes français tous mes vœux de réussite. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR et sur quelques bancs des groupes DR et Dem. – M. Stéphane Peu applaudit également.) Qu’ils décrochent de nombreuses médailles, à la hauteur de leur talent, de leur engagement et de leur exigence, et qu’ils fassent une nouvelle fois rayonner l’excellence sportive française dans toutes les disciplines !
Bravo !
Ces jeux marquent aussi le début d’un compte à rebours pour la France. Dans quatre ans, en 2030, ce sont les Alpes françaises qui accueilleront les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver. C’est un immense honneur et une source de fierté collective.
Combien cela va-t-il coûter ?
Pour permettre au comité d’organisation, présidé par Edgar Grospiron, et à la Solideo chargée des équipements d’agir vite et efficacement, nous avons adopté mardi dernier en commission mixte paritaire un texte qui sera soumis au vote de notre assemblée cet après-midi. Il tient compte à la fois des forces et des fragilités de la montagne, des réalités économiques, des impératifs de sécurité et des exigences de liberté.
Combien de milliards d’argent public ?
Néanmoins, comme ce fut le cas en amont de la réussite exemplaire des Jeux de Paris 2024, des interrogations, parfois légitimes, subsistent. Aussi, afin de répondre aux indécis, pouvez-vous préciser les éléments de calendrier, rappeler les équilibres financiers prévisibles, rassurer sur la parfaite prise en compte des enjeux environnementaux et de préservation des espaces, évoquer les mesures de sécurité et, plus largement, dire comment l’État s’engage dans la bonne organisation de ces jeux ?Réussir les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver Alpes françaises 2030, comme nous avons réussi Paris 2024, c’est faire rayonner deux grandes régions françaises et, au-delà, une France qui gagne. C’est aussi offrir à notre pays des moments uniques de partage, d’unité et de liesse populaire, parce que le sport, au-delà de la performance, traduit des valeurs universelles de respect…
De non-respect du dialogue !
…et de fraternité qui unissent tout un pays. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem.)
La parole est à Mme la ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative.
Tout d’abord, permettez-moi de vous remercier pour votre engagement en faveur du texte olympique qui sera soumis au vote de l’Assemblée dans quelques instants. Permettez-moi également de vous remercier pour la pensée que vous avez eue à l’endroit des athlètes français. Avec 162 membres, leur délégation sera la plus grande de l’histoire aux JO d’hiver pour la France et aura de belles ambitions de médailles à rapporter des Jeux olympiques et paralympiques de Milano Cortina, qui débuteront dans deux jours. Je suis certaine que nous serons tous unis derrière eux.Par ailleurs, vous m’interrogez sur les Jeux des Alpes françaises de 2030, notamment sur leur équilibre financier. En matière financière, ces jeux sont les plus ambitieux que nous ayons connus. Le budget du Cojop, qui a été adopté, s’établit à 2,132 milliards d’euros, dont 75 % proviennent de financements privés. Celui de la Solideo […]
Ç’aurait été mieux avant l’examen du texte !
Il est normal que des interrogations existent, car les Jeux sont une grosse machine. L’État sera vigilant. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem ainsi que sur quelques bancs du groupe DR.)
Nous avons terminé les questions au gouvernement.