Séance du 16 novembre 2021 — 62e séance
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de M. Richard Ferrand.
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de M. Richard Ferrand.
Tours 1 à 200 sur 497 — page 1 / 3.
La séance est ouverte.
(La séance est ouverte à quinze heures.)
L’ordre du jour appelle les questions au Gouvernement.
La parole est à M. Jean-Christophe Lagarde.
Monsieur le Premier ministre, aux portes de l’Europe, à la frontière polonaise se jouent en ce moment même à la fois un drame et un scandale.Un drame, quand on voit ces familles, hommes, femmes, enfants, démunies de tout, laissées à elles-mêmes dans des forêts glaciales, et dont certaines sont en danger de mort. Cette crise sanitaire et humanitaire absolument insupportable exige que l’Union européenne demande à la Pologne que le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) et les associations humanitaires puissent porter secours à celles et ceux qui sont prisonniers d’une situation politique qu’ils n’ont pas demandée.Un scandale, quand le dictateur biélorusse Loukachenko utilise ces populations qu’il va chercher au Proche et au Moyen-Orient – par avions de ligne s’il vous plaît – pour faire chanter l’Union européenne qui avait réagi à l’enlèvement d’un de ses opposants après un […]
La parole est à M. le Premier ministre.
Merci de cette question qui porte sur un sujet extrêmement important, car ce qui se passe aujourd’hui à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie est une tragédie humaine grave pour l’Europe et les valeurs que nous représentons, grave pour la pression qui pèse sur les frontières extérieures de l’Union, grave enfin parce que, vous l’avez dit, le régime de Loukachenko instrumentalise de manière inhumaine et, je le dis, éhontée les flux migratoires pour tenter de déstabiliser et de désunir l’Union européenne. C’est intolérable et inacceptable !Comme les ministres l’ont fait hier au Conseil des affaires étrangères à Bruxelles, et comme le ministre français de l’Europe et des affaires étrangères l’a redit à son homologue polonais, il nous faut réaffirmer avec force notre pleine et entière solidarité à l’égard de la Pologne, comme de la Lituanie et de la Lettonie plus tôt. Cela a été […]
La parole est à Mme Isabelle Santiago.
Monsieur le Premier ministre, combien faudra-t-il encore de documentaires, de témoignages, de téléfilms comme celui d’hier soir sur l’enfance brisée de Lyes Louffok qui vient mettre en lumière la situation dramatique de la protection de l’enfance qui est à bout de souffle ?Le secteur médico-social, les enfants issus de l’aide sociale à l’enfance (ASE) devenus adultes ne cessent d’alerter depuis des années ; la parole se libère. Désormais il faut des actes. Des avancées sont en cours avec la loi renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes et le projet de loi relatif à la protection des enfants, en discussion au Sénat. Mais il faut aller plus loin, il faut saisir cette occasion au Sénat et le retour du texte à l’Assemblée nationale pour l’améliorer encore. C’est l’occasion unique pour votre Gouvernement de changer de paradigme. Le temps de l’enfant, je l’ai souvent dit […]
La parole est à M. le secrétaire d’État chargé de l’enfance et des familles.
« Il faut, il faut, il faut » (Exclamations sur les bancs du groupe SOC) : oui, c’est ce que nous faisons effectivement depuis trois ans (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM) pour protéger l’ensemble des enfants de notre pays, car au-delà de la seule question de l’aide sociale à l’enfance, certains enfants sont en danger. Aucun Gouvernement n’avait fait autant pour la protection de l’enfance, tant en prévention qu’en protection (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LaREM. – Exclamations sur les bancs du groupe LR).
Vous ne faites rien !
…qu’il s’agisse de la lutte contre l’inceste, du seuil de non-consentement, de l’amélioration du recueil de la parole de l’enfant, de la détection des violences subies lors des visites médicales à l’école, ou encore de la prise en charge en soins des enfants victimes de violences sexuelles sur laquelle j’aurai l’occasion de m’exprimer demain.
Vous ne répondez pas à la question !
S’agissant de l’aide sociale à l’enfance, sujet que vous connaissez bien, pour la première fois depuis la création du secrétariat d’État dédié à la protection de l’enfance, avec les départements, avec les associations, avec les associations d’anciens enfants protégés, avec les parlementaires comme vous et un certain nombre de parlementaires de la majorité, nous avons élaboré ensemble une stratégie de prévention et de protection de l’enfance, avec deux piliers, un pilier dit de contractualisation qui permet à l’État d’investir plus de 600 millions d’euros dans cette compétence en faveur des enfants qui est celle des départements. Par ailleurs, l’État est au rendez-vous de ses responsabilités, d’abord en réinvestissant dans la pédopsychiatrie dont vous savez très bien que c’est un des grands problèmes qui touche les enfants et la protection de l’enfance, notamment ces cas dits complexes […]
La parole est à M. Daniel Labaronne.
Ma question s’adresse à Mme Jacqueline Gourault, ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales.Le congrès des maires et des présidents d’intercommunalité s’ouvre aujourd’hui. C’est un moment important puisqu’il regroupe les représentants de nos communes qui demeurent la cellule de base de l’organisation du territoire depuis plus de deux siècles.Lorsque nous sommes arrivés au pouvoir, cela faisait des années que l’État s’était désengagé. Sous le quinquennat précédent (Exclamations sur les bancs du groupe SOC), la baisse des dotations s’est élevée à près de 11 milliards d’euros, les réformes institutionnelles ont désorganisé les collectivités et on notait une diminution de plus de 30 % du nombre des agents de l’État dans les territoires. (Exclamations sur les bancs du groupe LR.)
Il n’y a que lui qui y croit !
Désengagement budgétaire, désengagement en matière d’infrastructures, désarmement dans l’administration : c’est ce constat que nous faisions en 2017. Face à cette situation, le Président de la République a pris deux engagements au début du mandat : il n’y aurait pas de big bang territorial pendant le quinquennat et il serait mis fin à ce désengagement. Promesse tenue : il n’y a pas eu de big bang, nous avons échangé, dialogué partout avec les collectivités (Exclamations sur quelques bancs du groupe SOC), nous avons mis fin au désengagement budgétaire avec la stabilité de la dotation globale de fonctionnement, l’augmentation des dotations qui soutiennent les communes les plus en difficulté, le soutien à l’investissement du bloc communal, nous avons réarmé les services de l’État dans les territoires pendant la crise sanitaire, en s’appuyant sur le couple maire-préfet (Exclamations sur les […]
Allô ! Allô !
Enfin, nous avons changé de logique en instituant une véritable politique de contractualisation.Madame la ministre, quel bilan faites-vous de la politique menée depuis 2017 à l’égard des collectivités ? Comment le projet de loi relatif à la différenciation, la décentralisation, la déconcentration et portant diverses mesures de simplification de l’action publique locale, dit 3DS, que nous commencerons à examiner bientôt à l’Assemblée permettra-t-il de contribuer au renforcement de la décentralisation ? (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et Dem. – Exclamations sur les bancs du groupe LR.)
La parole est à Mme la ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales.
En cette journée d’ouverture du congrès des maires de France, je voudrais d’abord les saluer…
Ah oui !
…et à travers eux l’ensemble des élus locaux qui font la force de notre République.
Donnez-leur de l’argent !
Ce quinquennat est d’abord, en effet, celui de la fin de la baisse massive des dotations, comme le Président de la République s’y était engagé à l’été 2017. Nous avons particulièrement renforcé les moyens des communes qui ont le plus besoin de l’État.Au-delà des dotations classiques (Exclamations sur les bancs du groupe LR), l’État a mobilisé des moyens exceptionnels pendant la crise sanitaire, à la suite des catastrophes naturelles, après la tempête Alex par exemple.Les programmes portés par l’Agence nationale de la cohésion des territoires – ANCT –, Action cœur de ville et Petite ville de demain, le déploiement de France Services et la couverture du territoire pour l’accès au très haut débit sont unanimement salués sur le territoire. (Exclamations sur les bancs du groupe LR.)
Il y a tellement de dispositifs qu’on n’y comprend rien !
L’ANCT, c’est aussi l’ingénierie apportée aux territoires, notamment à ceux qui en manquent le plus. Je rappelle que ce service est gratuit pour les communes de moins de 3 500 habitants et pour les intercommunalités de moins de 15 000 habitants. La loi organique sur l’expérimentation, que vous avez votée à l’unanimité, a donné beaucoup de souplesse pour mettre à profit ces dispositifs. Nous poursuivons cette action avec le projet de loi relatif à la différenciation, la décentralisation, la déconcentration et portant diverses mesures de simplification de l’action publique locale – dit 3DS, que vous examinerez prochainement.
Mais oui !
Pour ne citer que quelques exemples, nous y proposons la décentralisation de près de 10 500 kilomètres de routes,…
Avec quels moyens ?
…la pérennisation de la loi SRU, ou loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains, et son adaptation aux contraintes objectives des communes, l’expérimentation de la reprise du financement du RSA et la réforme de la métropole d’Aix-Marseille-Provence, dans le cadre du plan Marseille en grand. (Exclamations sur les bancs du groupe LR.)Vous le voyez, nous aurons l’occasion de travailler encore. (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.)
La parole est à Mme Sylvia Pinel.
Ma question, à laquelle j’associe ma collègue Valérie Rabault, s’adresse à M. le ministre de la santé. Jour après jour, nous assistons à une véritable hémorragie à l’hôpital, avec des fermetures en cascade de lits et de services en raison d’une pénurie sans précédent de soignants, notamment de médecins urgentistes. Ainsi, la semaine dernière, dans mon département, nous avons appris la fermeture des urgences la nuit à l’hôpital de Moissac et le redéploiement d’une ligne de SMUR – structure mobile d’urgence et de réanimation – de Montauban vers Moissac. Les conséquences pour les habitants de ce bassin de vie de 80 000 personnes sont dramatiques : on peut craindre des prises en charge tardives, une pression supplémentaire pour les personnels déjà sous forte tension, une usure des soignants et un renoncement aux soins.Nous pouvons multiplier, dans tous nos territoires, les exemples qui […]
La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de l’autonomie.
Nous avons tous constaté que les tensions à l’hôpital, notamment dans les services d’urgence, sont réelles et amplifiées par les phénomènes d’épidémie concomitants au covid et aux virus hivernaux. Cependant, ce n’est pas parce que nous partageons ce discours de lucidité que nous ne faisons rien et que tout va mal. (Exclamations sur les bancs du groupe LR.)Le ministre Olivier Véran…
Où est-il ?
…a demandé que la situation soit objectivée par une enquête sur les tensions en termes de ressources humaines et les capacités de soins, dont nous aurons les résultats dans quelques jours. Nous les publierons en toute transparence.Nous devons, vous l’avez dit, nous mobiliser collectivement, avec des réponses immédiates. D’abord, il s’agira de maintenir les dispositifs de soutien aux hospitaliers, en prolongeant le cumul emploi-retraite et les majorations des heures supplémentaires et du temps de travail additionnel jusqu’en janvier 2022. Nous sommes aussi très attentifs aux tensions que connaissent les services d’urgences pédiatriques et les maternités. Les ARS – agences régionales de santé – emploient leurs cellules territoriales de suivi pour mobiliser une solidarité territoriale des soignants, hospitaliers comme libéraux, avec la médecine de ville, que vous citiez.Quant aux actions […]
La parole est à Mme Sylvia Pinel.
Madame la ministre, les pistes que vous évoquez ont malheureusement déjà été suivies dans notre territoire par les acteurs locaux, ce qui s’est traduit par la fermeture des urgences la nuit à l’hôpital de Moissac. Quant au DESMU, qui est essentiel, je note que vous ne m’avez pas répondu. Il faut agir vite. Les soignants sont à bout, épuisés. (Applaudissements sur les bancs du groupe LT et sur plusieurs bancs des groupes LR, SOC et FI.)
La parole est à M. Stéphane Viry.
Monsieur le Premier ministre, en complément de la question qui vient d’être posée et de celle que vous a posée la semaine dernière mon collègue Bernard Perrut sur la situation de nos hôpitaux, je tiens à revenir sur les réponses de votre ministre de la santé, M. Olivier Véran.Non, Monsieur Véran, ce n’est pas l’automne qui fait la crise des hôpitaux : en réalité, l’épidémie a révélé au grand jour le naufrage que subissent nos soignants depuis plusieurs années. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LR et FI.) Quant aux 19 milliards d’euros que vous agitez fièrement, ils ne sont qu’une illusion : 13 milliards serviront à résorber la dette et 1,5 milliard ira aux EHPAD. (Mêmes mouvements.) Enfin, nous n’avons pas besoin de vous pour connaître le travail formidable de nos soignants, dont nous portons la voix dans nos circonscriptions pour dénoncer les incessantes coupes […]
La parole est à M. le Premier ministre.
Je vous ai écouté avec beaucoup d’attention et j’espérais jusqu’au bout de votre intervention des propositions opérationnelles, mais il n’en est pas venu. (Protestations sur les bancs du groupe LR.) Il y a des gens qui nous écoutent et, comme eux, j’aimerais comprendre. (Exclamations sur les bancs du groupe LR.)Premièrement, vous dites que l’hôpital est épuisé et que notre système de santé est en difficulté parce qu’il ne lui a pas été donné de moyens suffisants.
Eh oui !
Faisons, en toute transparence, l’historique de ses moyens. (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM. – Exclamations sur les bancs du groupe LR.)
L’héritage, on ne va pas en parler pendant vingt ans !
Il est tout à fait exact… (Vives exclamations et huées sur les bancs du groupe LR.)
Chers collègues, je vous en prie ! Monsieur Minot, laissez s’exprimer le Premier ministre !
Ne vous énervez pas, ce n’est pas bon ! Il est tout à fait exact, et nos concitoyens le savent bien, que nous manquons de médecins, libéraux comme hospitaliers. Voulez-vous que je rappelle une nouvelle fois l’évolution du numerus clausus ? (« Oui ! » sur plusieurs bancs du groupe LaREM.) Alors, je vais le faire ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM. – Vives exclamations et huées sur les bancs du groupe LR. – Les huées se poursuivent pendant toute l’intervention du Premier ministre.)Le numerus clausus qui s’applique à la formation des médecins a été instauré en 1972 : on formait alors 8 588 médecins. (Exclamations continues sur les bancs du groupe LR.) En 2017, il y en avait 8 124. Le numerus clausus était donc inférieur en 2017 à ce qu’il était en 1972, alors que la population a augmenté et vieilli, et que les pratiques médicales ont changé. (Mêmes mouvements.) Cela […]
Mes chers collègues, s’il vous plaît !
Vous osez dire que le Ségur de la santé est un Ségur de la déception, avec 19 milliards d’euros d’investissements et 9 milliards pour les rémunérations, ce qui représente le plus gros effort jamais fait depuis la création de la sécurité sociale ? (Mmes et MM. les députés des groupes LaREM et Dem se lèvent et applaudissent vigoureusement. – Vives protestations sur les bancs du groupe LR ainsi que sur plusieurs bancs du groupe FI.) Que ne l’avez-vous fait avant ? Évidemment, cet effort est indispensable, et je ne doute pas que vous voterez la loi de finances pour 2022, qui accroît cet effort juste et légitime, rattrapage indispensable pour notre système de santé. (Mêmes mouvements.)
Mes chers collègues, veuillez retrouver le calme et reprendre vos esprits !
La parole est à Mme Aude Luquet. (Les exclamations se poursuivent sur les bancs du groupe LR.) Madame Luquet, il est inutile d’attendre que nos collègues se taisent, car vous ne pourriez jamais parler !
« L’emprise de l’homme sur la nature est devenue telle qu’elle comporte le risque de destruction de la nature elle-même », déclarait le président Georges Pompidou dans un discours prononcé à Chicago en 1970. Cinquante ans plus tard, nous n’en sommes plus à supputer un risque mais bien à faire face à des réalités. Le temps est à l’action concrète. C’est avec cette volonté que s’est ouverte la COP26, la vingt-sixième conférence des parties. Si les 196 pays sont parvenus à adopter un nouvel accord commun, nous ne pouvons cacher une part de déception malgré des avancées.Ce « pacte de Glasgow » inaugure, en effet, des ambitions croissantes dans la lutte contre le dérèglement climatique, avec un objectif réaffirmé de neutralité carbone à l’horizon 2050 et des engagements pour diminuer la dépendance aux énergies fossiles et en sortir, ainsi que pour le renforcement de la lutte contre la […]
La parole est à Mme la secrétaire d’État chargée de la biodiversité.
La COP26 vient de s’achever : Barbara Pompili y a activement participé et j’ai moi-même pu prendre part au Nature Day et aux travaux portant sur les liens entre climat et biodiversité. Cette conférence se conclut par un accord, ce qui est déjà une bonne nouvelle car nous avions à un moment des doutes sur une telle issue. Elle a également vu les États-Unis rentrer dans les débats, ce qui est également un signal positif. Ce retour des Américains dans l’accord de Paris laisse en effet envisager des compromis entre des exigences de nature très différente.Citons parmi les avancées de cette COP la création d’un marché carbone mondial, la mise en place d’outils destinés à vérifier la réalité des engagements, la possibilité de décliner de manière concrète et opérationnelle l’accord de Paris, les engagements de plusieurs pays à réduire leurs émissions de méthane de 30 % d’ici à 2030 et de […]
Il n’y a que vous qui soyez satisfaite !
Vous parliez, madame Luquet, des pays en développement. Vous savez que nous déployons 6 milliards d’euros chaque année pour les aider à allier transition écologique et développement social juste.La COP26 a été l’occasion de rappeler le lien entre transition environnementale et acceptabilité sociale. Nous déclinons nos actions de l’international au local, en passant par le national, en toute cohérence, notamment en travaillant avec les collectivités locales, afin de faire accepter cette transition. Si nous demandons des changements de comportements, nous devons aussi donner des moyens pour qu’ils soient possibles. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes LaREM et Dem.)
La parole est à Mme Danièle Obono.
Bla bla bla : voilà en résumé le bilan de la COP26, la vingt-sixième conférence de l’ONU sur les changements climatiques. Partout dans le monde, des centaines de milliers de manifestantes et manifestants ont pourtant rappelé les conséquences écologiques et sociales désastreuses de l’inaction climatique des gouvernements. Mais les dirigeantes et les dirigeants des grandes puissances, premières responsables du dérèglement actuel, étaient visiblement trop occupés à recevoir les représentants de TotalÉnergies, Gazprom ou Shell,…
Bla bla bla !
…plus nombreux que la délégation formée par les huit pays les plus touchés par le changement climatique, trop occupés à écouter Unilever, champion de la pollution plastique, argumenter pour verdir son image ou à parader comme Emmanuel Macron aux côtés de Jeff Amazon Bezos, « M. Empreinte carbone », si friand d’évasion fiscale.Résultat : en l’état des engagements, l’objectif de contenir le réchauffement à 1,5 degré et de diminuer la production de gaz et de pétrole est à mettre à la poubelle. Or ce sont les conditions sine qua non de la survie de territoires et de populations entières. C’est tout simplement criminel !Alors, n’en déplaise à Mme Pompili, il n’y a pas d’avancées malgré les obstacles, il n’y a que des obstacles et ce gouvernement en fait partie.
Bla bla bla !
Vous avez traîné des pieds avant de rejoindre la coalition pour la fin des investissements dans les projets d’énergies fossiles à l’étranger. Et une fois que vous l’avez intégrée, Bercy s’est empressé de déclarer qu’aucun projet ne serait abandonné dans l’immédiat.Vous avez activement contribué à faire capoter le financement de la réparation climatique dans les pays les plus pauvres et les moins pollueurs. Vous avez manœuvré pour que le gaz et le nucléaire, énergies coûteuses, dangereuses et non écologiques, soient inclus dans les énergies renouvelables. Et Emmanuel Macron a annoncé aussitôt la construction de nouveaux réacteurs en France : une honte !
Bla bla bla !
Bref, mesdames et messieurs du Gouvernement et de la majorité, vous êtes le passé. L’avenir est à la bifurcation écologique et solidaire, à un droit international climatique contraignant et à une diplomatie altermondialiste, comme nous le proposons. (Applaudissements sur les bancs du groupe FI.)L’avenir n’attendra pas vos mauvaises résolutions pour 2030. Alors, cessez d’être un obstacle et laissez la place en 2022. Nous, nous saurons quoi faire ! (Applaudissements sur les bancs du groupe FI.)
Ce sont les électeurs qui décideront !
La parole est à Mme la secrétaire d’État chargée de la biodiversité.
Cette COP est un pas dans le concret.
Un pas en arrière !
S’agissant des questions énergétiques, les enjeux diffèrent suivant les pays. Tous ne peuvent pas embrasser les mêmes objectifs au même rythme, avec les mêmes moyens. Notre responsabilité est de les accompagner dans leurs engagements.Ces engagements, ce pacte de Glasgow les inscrit dans le dur. (Exclamations sur les bancs du groupe FI.) C’est une avancée que vous ne pouvez pas nier.Nous partageons ces ambitions, conscients de la nécessité de l’adaptation et de la recherche d’un équilibre. Nous nous mobilisons autour du suivi des engagements. Tous les pays concernés par ce pacte sont dans cette situation. Nous mesurerons concrètement les efforts de chacun dans les mois qui viennent grâce à une feuille de route clairement établie.Un chemin se dessine, avec des engagements concrets et une date de révision avancée à 2022 alors qu’elle était initialement fixée à 2025. C’est une des autres […]
La parole est à M. Éric Diard.
Monsieur le Premier ministre, alors que se poursuit le procès des attentats de Paris, la lutte contre la radicalisation islamiste reste d’une actualité brûlante. C’était un sujet particulièrement présent dans les discours du Président de la République à Mulhouse et aux Mureaux mais, dans les textes que vous avez présentés au Parlement, le compte n’y est pas.
Comme souvent !
Dans la loi confortant le respect des principes de la République, il n’y a rien pour lutter contre le séparatisme dans les universités. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LR.) Une vingtaine d’entre elles n’a toujours pas de référent radicalisation alors que le plan de prévention de 2007 en faisait une priorité. Le ministre de l’éducation a rendu l’hommage à Samuel Paty facultatif afin d’éviter les tensions dans les établissements sensibles.
Quel scandale !
Le rapport d’information sur la radicalisation dans les services publics recommandait de rendre aux préfets la compétence de délivrer des agréments aux associations sportives. Cette préconisation semblait recueillir l’aval de tous mais la ministre déléguée chargée des sports a veillé à ce qu’elle ne trouve pas de traduction concrète.
Eh oui !
Enfin, la loi « séparatisme » n’a rien prévu pour les prisons. Il n’y a toujours pas d’évaluation systématique pour les détenus de droit commun soupçonnés de radicalisation. Quant aux personnes détenues pour terrorisme islamiste, elles ne sont pas surveillées comme elles le devraient. La preuve : dimanche matin, une djihadiste est parvenue à s’évader de sa cellule à Fresnes en creusant un trou.Monsieur le Premier ministre, en matière de séparatisme, le « en même temps » s’avère inopérant, voire dangereux. Comptez-vous donner des armes supplémentaires à notre pays pour mieux lutter contre la radicalisation avant la fin de cette législature ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)
La parole est à M. le ministre de l’intérieur.
Monsieur Diard, pour quelqu’un qui a voté les trois quarts des articles de la loi « séparatisme » et qui l’a dit à nombreuses reprises dans cet hémicycle – je dois à votre honnêteté intellectuelle de n’avoir pas à prouver ces faits, d’autant que chacun les connaît – je vous trouve un petit peu vindicatif. Surtout, ces contrevérités ne vous ressemblent pas.La minute de silence qu’a ordonnée le ministre de l’éducation nationale a été massivement suivie. Dans leur quasi-totalité, les écoles, les collèges, les lycées ont participé à ce moment de communion républicaine. Si de tels rendez-vous avaient été imposés par l’éducation nationale auparavant, y compris lorsque vous étiez aux responsabilités,…
Avec vous !
…sans doute aurions-nous un peu moins de travail aujourd’hui !Constatez avec moi que beaucoup d’associations islamistes ont été créées entre 2000 et 2015, particulièrement, il faut bien l’avouer, entre 2002 et 2012.
Et où étiez-vous ?
Je pense à BarakaCity – vous ne l’avez pas citée et c’est bien dommage. Je pense aussi au Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) dont beaucoup disaient à la tribune de l’Assemblée : « si vous arrivez à le dissoudre, nous vous applaudirons ». Eh bien, nous l’avons fait : c’est nous qui avons pris la responsabilité de dissoudre non seulement le CCIF mais aussi BarakaCity et le collectif Cheikh Yassine. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM, Dem et Agir ens.) Nous avons expulsé du sol national les deux tiers des fichés S étrangers, les autres relevant des services du ministre de la justice.Enfin, nous avons pris des dispositions législatives qui nous permettent de fermer des lieux de culte, non pas simplement pour cause de lien avec un acte de terrorisme, mais aussi pour mieux lutter contre le séparatisme. Dois-je rappeler l’unanimité qu’il y avait sur ce point dans […]
La parole est à M. Éric Diard.
Monsieur le ministre, l’hommage à Samuel Paty était bel et bien facultatif. Les élèves pouvaient ne pas s’y associer et vous savez très bien que certains établissements en ont profité pour ne pas l’organiser.La vérité, c’est que vous êtes tiraillés entre votre volonté de préserver votre majorité et ses intérêts divergents et l’impératif d’assurer la sécurité des Français. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR. – Protestations sur plusieurs bancs du groupe LaREM.)
C’est vraiment n’importe quoi ! Ces propos sont scandaleux !
La parole est à Mme Anne Genetet.
Monsieur le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, 3 000, ils sont 3 000 hommes, femmes, enfants, pour la plupart venus du Moyen-Orient, à être tombés dans un piège, coincés à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie, endurant dans le froid des conditions d’insalubrité inhumaines. Plusieurs d’entre eux sont déjà morts.Nous savons qui sont les responsables de cette tragédie. Nous savons quels sont ceux qui leur ont donné de faux espoirs, qui leur ont permis de prendre des avions pour venir jusqu’à nos portes, qui les instrumentalisent aux fins d’une guerre hybride qui ne dit pas son nom mais qui vise clairement à déstabiliser et diviser notre Europe.Nous ne sommes pas dupes au point de ne pas reconnaître la main du dictateur biélorusse Alexandre Loukachenko qui ne supporte pas que des sanctions européennes aient été adoptées contre son régime, en réponse à la répression […]
Loukachenko doit vraiment trembler !
Comment faire en sorte de ne pas céder à cet ignoble chantage qui vise à défier notre souveraineté européenne et en même temps répondre à notre devoir d’humanité, valeur cardinale de notre projet européen qui nous commande de protéger celles et ceux qui sont persécutés ? (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LaREM et Dem.)
La parole est à M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères.
Il s’agit ni plus ni moins d’un trafic d’êtres humains à grande échelle, intolérable, insupportable. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.) Loukachenko organise les flux migratoires, Loukachenko instrumentalise les flux migratoires, Loukachenko manipule les flux migratoires, cela à des fins de politique intérieure…
Il n’a pas besoin de ça, c’est un dictateur !
…mais aussi en vue de déstabiliser l’Union européenne et la désunir.Hier, les ministres des affaires étrangères de l’Union européenne se sont réunis et ont retenu quatre principes. Le premier est l’unité, que nous affichons clairement : c’est dans l’unité que nous avons condamné très fermement ces opérations indignes et c’est dans l’unité que nous avons pris toute une série de mesures.Le deuxième est le soutien aux autorités polonaises dans leur volonté de préserver leurs frontières qui sont aussi celles de l’Union européenne, le soutien à l’aide humanitaire, le soutien aux initiatives prises pour respecter le besoin de protection des migrants en matière d’asile. À cet égard, il serait tout à fait nécessaire que le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés puisse être utile pour protéger les migrants, y compris en Biélorussie.Le troisième principe est la fermeté. Le Premier […]
Veuillez conclure, monsieur le ministre.
Il s’agit d’éviter que les flux ne s’amplifient. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LaREM.)
La parole est à M. Fabien Roussel.
Monsieur le Premier ministre, il y a quelques jours, un retraité du Nord est venu m’exprimer sa profonde détresse. Après une longue vie de travail à temps complet, ce monsieur perçoit en tout et pour tout une retraite de 930 euros par mois. Dans son budget, chaque dépense est comptée, pesée, mesurée. Il m’a montré le nouvel échéancier de sa facture de gaz : ses mensualités vont passer de 68 à 148 euros, soit 80 euros de plus. Il ne sait pas comment il va faire. Il ne s’en sort plus, il est en colère.À Poitiers, c’est une étudiante qui m’a raconté qu’elle était obligée de prendre sa voiture pour se rendre à son stage, à trente kilomètres de son domicile. L’essence lui coûte désormais un bras tous les mois.De l’autre côté de l’Atlantique, ce sont nos compatriotes martiniquais et guadeloupéens qui crient leur colère. Là-bas, la hausse des prix atteint 30 % au minimum, et pour un retraité […]
La parole est à M. le ministre de l’économie, des finances et de la relance.
Et de la baisse du pouvoir d’achat !
Nous prenons la question de la hausse des prix très au sérieux.
Huit euros par mois !
Nous considérons que l’inflation mérite toute notre vigilance et une protection efficace. Nous avons donc examiné attentivement d’où vient cette hausse des prix. Vous l’avez dit : elle vient d’abord de l’augmentation des prix de l’essence, du gaz et de toutes les énergies fossiles. Avec le Premier ministre, nous avons prévu un bouclier sur les prix du gaz ; nous avons anticipé la hausse des prix de l’électricité, qui devait augmenter de plus de 15 % fin janvier, en la plafonnant à 4 % ; et nous avons instauré une indemnité inflation pour toutes les personnes dont le revenu est inférieur à 2 000 euros.
Huit euros par mois !
Nous agissons donc pour protéger les Français contre la hausse des prix et nous suivons l’inflation avec la plus grande vigilance.
Il faut plus !
Quant aux salaires, nous faisons en sorte que les personnes les plus modestes soient mieux rémunérées en complétant leur revenu par des soutiens de l’État : prime d’activité, défiscalisation des heures supplémentaires, défiscalisation des pourboires dans l’hôtellerie et la restauration, suppression de cotisations sociales, primes défiscalisées…
Et les salaires ?
Tout cela permettra aux salariés percevant un revenu au niveau du SMIC, c’est-à-dire un peu plus de 1 270 euros par mois, de toucher 1 500 euros nets par mois ; c’est le résultat de la politique du Gouvernement. (« Non ! C’est faux ! » sur les bancs du groupe GDR.)Rappelons également que nous avons l’un des SMIC les plus protecteurs de tous les pays développés puisque c’est le seul à être indexé sur l’inflation : lorsque les prix augmentent, le SMIC augmente automatiquement.J’appelle tous les secteurs qui connaissent une pénurie de main d’œuvre – comme l’hôtellerie et la restauration, dont j’ai encore rencontré les représentants hier – à consentir des efforts salariaux pour rendre leurs métiers plus attractifs et à améliorer les rémunérations, alors qu’ils connaissent tant de difficultés à recruter.
Il n’y a qu’à traverser la rue !
Quant à l’augmentation générale des salaires, prenons garde à la boucle prix-salaires : c’est un cercle vicieux qui peut nourrir l’inflation et appauvrir les Français ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LaREM.)
La parole est à Mme Anne-Laure Blin.
Chaque année depuis cinq ans, c’est la même stratégie : vous passez trois jours au congrès des maires pour tenter de les amadouer et à peine parti, la France n’est plus pour vous constituée que d’agglomérations.
Eh oui !
Malgré les beaux discours, force est de constater que nous, les élus ruraux – oui, je dis bien les élus ruraux, car les difficultés sont très différentes dans les grandes agglomérations –, sommes devenus des dommages collatéraux. Vous asphyxiez financièrement nos communes par les baisses de dotations, la perte d’autonomie des collectivités et la recentralisation de leurs compétences.
C’est faux !
N’importe quoi !
Vous les étouffez avec la non-artificialisation des sols : bon nombre de nos concitoyens ayant compris qu’il faisait bon vivre chez nous, à la campagne, nos villages ne peuvent plus augmenter leurs capacités d’accueil.Tous les ans, et plus encore cette année, naturellement, vous promettez que vous travaillerez avec les élus locaux, main dans la main. Pourtant, des classes continuent d’être fermées en zones rurales : on ferme des classes de vingt et un ou vingt-deux élèves alors que vous communiquez sur le bon fonctionnement des classes à douze ! Et vous refusez l’instauration d’un veto local pour l’installation des éoliennes.Nos villages sont le poumon de la démocratie, mais vos actes inquiètent. Je vous le dis avec d’autant plus de force que tout à l’heure encore, je consacrais toute mon énergie pour que les lignes téléphoniques soient rétablies dans un petit village de Maine-et-Loire […]
La parole est à Mme la ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales.
Vous dites des choses inexactes. (Exclamations sur les bancs du groupe LR.) Première inexactitude : vous ne cessez d’affirmer que les dotations baissent.
Pour certains, oui !
Je rappelle que ce gouvernement a constamment maintenu la dotation globale de fonctionnement (DGF) au même niveau (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM) dans le souci de renforcer la péréquation en faveur de la ruralité et des quartiers de la politique de la ville, conformément à ce que vous avez adopté dans le budget pour 2022.
C’est leur argent !
Ensuite, les dotations d’investissement aux collectivités territoriales ont doublé entre 2017 et 2021, certes en incluant les crédits de relance, mais c’est un fait incontestable.
Mais c’est leur argent !
C’est aussi ce gouvernement qui a établi l’agenda rural, une politique forte destinée à la ruralité afin d’accompagner les collectivités territoriales et les bourgs et petits bourgs qui ont un rôle central dans les territoires, notamment en matière de logement, de commerce, d’accompagnement en ingénierie.
Combien d’argent ? Combien ?
Dans le cadre du programme Petites Villes de demain, par exemple, nous plaçons des chefs de projet aux côtés des maires pour les aider à réaliser leurs projets. Ne dites pas non de la tête, c’est la vérité ! Les contrevérités, on en a assez ! (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et Dem. – Exclamations sur les bancs du groupe LR.)Je vous recommande de vous rendre dans les congrès de maires et d’élus départementaux. J’en fais plusieurs par moi, comme les autres ministres : les maires savent que des politiques publiques sont mises à leur disposition ! (Mêmes mouvements.)
La parole est à Mme Anne-Laure Blin.
Vous vous autosatisfaites de la politique que vous auriez conduite pendant cinq ans, mais vous avez jeté les maires et les élus locaux en pâture avec l’odieux #BalanceTonMaire ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)
La parole est à Mme Mireille Robert.
J’associe à ma question mes collègues Valérie Oppelt et Laëtitia Romero Dias.Cette semaine est la Semaine européenne pour l’emploi des personnes en situation de handicap. Elle est l’occasion de rappeler que leur accès à l’emploi reste difficile et que nous devons batailler avec tous les acteurs de l’emploi, privés et publics, pour permettre à 12 millions de nos concitoyens en situation de handicap l’accès et le maintien dans le monde du travail.Certes, avec la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel, nous avons fait un grand pas pour améliorer l’inclusion dans le travail, l’objectif étant toujours la présence de 6 % de travailleurs atteints d’un handicap dans toutes les entreprises – que nous avons responsabilisées en valorisant le dialogue social. En outre, nous avons simplifié la déclaration obligatoire d’emploi de ces travailleurs et amélioré l’accès à l’apprentissage […]
La parole est à Mme la secrétaire d’État chargée des personnes handicapées.
En effet, c’est la 25e Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées, et jeudi sera la quatrième édition du DuoDay, un moment important de rencontre qui sert à démystifier le handicap, à abattre les préjugés et à parler des handicaps invisibles – qui constituent 80 % des handicaps.Oui, nous progressons parce que le Gouvernement a établi une véritable feuille de route stratégique englobant les employeurs publics et privés. Nous osons l’emploi inclusif et nous avons bataillé fort pour activer deux leviers : l’employabilité des personnes handicapées – cette semaine, c’est l’employabilité des jeunes qui nous préoccupe – et l’ouverture des employeurs au handicap.Favoriser l’employabilité des jeunes en situation de handicap, c’est leur permettre de suivre leurs études à proximité. Tous les CFA ont un référent handicap ; nul besoin d’aller chercher trop loin. C’est aussi leur […]
La parole est à Mme Christine Pires Beaune.
Les entreprises et les ménages propriétaires de leur habitation paient une taxe foncière : un impôt 100 % local, du moins jusqu’à présent. En effet, avec la suppression de la taxe d’habitation et votre mécanisme de compensation de recettes aux communes, vous avez tout simplement nationalisé une partie de la taxe foncière ! (« Eh oui ! » sur quelques bancs du groupe LR.)En soi, la méthode est déjà contestable, mais quand j’observe les résultats, là les bras m’en tombent ! Je m’appuie sur les conclusions d’une étude de l’Institut des politiques publiques : « ces résultats impliquent des transferts […] de communes en moyenne moins peuplées et à plus faible revenu, vers des communes en moyenne plus urbaines où le pouvoir d’achat des résidents est plus important ».
Oui, c’est inadmissible !
Concrètement, cela signifie par exemple que 35 millions d’euros de produit de la taxe foncière payée par les entreprises et les ménages du Puy-de-Dôme vont partir ailleurs ; de même, 11 millions de taxe foncière en Lozère, 9,5 millions dans la Creuse, 24 millions dans la Corrèze, 28 millions dans le Tarn-et-Garonne et 23 millions dans le Gers vont profiter à des communes d’autres départements plus riches !Alors qui en profite ? Les communes de la métropole lyonnaise, par exemple. À titre de compensation, le département du Rhône percevra 180 millions et, cerise sur le gâteau, les communes des Hauts-de-Seine percevront 351 millions !
Eh oui !
Les territoires les moins favorisés ne peuvent compenser l’annulation de taxe d’habitation en faveur des habitants des beaux quartiers. Neuilly-sur-Seine recevra une compensation de 8 millions d’euros (Exclamations sur les bancs du groupe LaREM) alors que Montauban devra transférer 9,9 millions : c’est un véritable hold-up ! Comptez-vous corriger ce dispositif, dont les conséquences vont aller en s’aggravant ?
La parole est à M. le ministre délégué chargé des comptes publics.
Les socialistes parlent aux socialistes !
Madame la députée Pires Beaune, vous connaissez parfaitement la fiscalité locale et vous savez quel est l’objectif principal de la réforme et de la suppression de la taxe d’habitation : rendre du pouvoir d’achat aux Français. Cet objectif est atteint : la suppression de la taxe d’habitation sur les résidences principales, qui est effective pour 80 % des ménages et qui a débuté il y a quelques semaines pour les 20 % restants, représente un gain de pouvoir d’achat moyen de 723 euros par an.
Répondez à la question !
Vous qui ne manquez jamais l’occasion de mettre le doigt sur la question du pouvoir d’achat, peut-être devriez-vous vous réjouir que nous ayons rendu 723 euros par an aux habitants.
Eh oui !
Nous avons mis en place un système de compensation juste et dynamique. Il est juste parce que nous avons affecté aux communes la taxe foncière sur les propriétés bâties, préservant leur capacité d’en fixer le taux, et cette compensation est indexée sur les valeurs locatives. Au regard de tous les systèmes de compensation de fiscalité locale, le caractère dynamique de celle que nous avons instaurée est inédit, vous l’avez vous-même reconnu à l’occasion des débats parlementaires.
Répondez à la question !
Nous avons aussi prévu de compenser la taxe foncière sur les propriétés bâties pour les départements en leur affectant une fraction de la TVA perçue par l’État. Cette ressource est non seulement dynamique, avec une augmentation moyenne de 2,8 % mais elle augmentera l’année prochaine de 800 millions d’euros, ce qui permettra aux départements de faire face à leurs dépenses, tout comme les régions, qui bénéficieront de 800 millions d’euros de plus, et les intercommunalités, à hauteur de 400 millions d’euros.
Vous ne répondez pas à la question !
Très juste !
Le mécanisme du coefficient correcteur, que vous avez décrit, permet à chaque collectivité d’avoir la garantie d’une compensation intégrale à l’euro près. Cette garantie est prévue par la loi et c’est elle que nous appliquons.
C’est une erreur !
C’est cette garantie qui permet aux collectivités de garder leurs ressources et aux Français de gagner du pouvoir d’achat. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.)
La parole est à Mme Christine Pires Beaune.
Vous n’avez pas répondu à ma question qui portait sur la réallocation de la taxe foncière. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LR.) Vous avez inventé la solidarité à l’envers ! (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC, FI et GDR.)
La parole est à M. Nicolas Turquois.
Monsieur le ministre de l’agriculture et de l’alimentation, je tiens tout d’abord à associer à mon propos Frédérique Tuffnell, notre collègue de Charente-Maritime.Il y a une dizaine de jours, à Mauzé-sur-le-Mignon, dans les Deux-Sèvres, sur le chantier de construction d’un bassin de rétention d’eau, les fameuses « bassines », se sont opposés 2 000 « anti-bassines » d’un côté, qui considèrent ces installations comme le symbole d’une agriculture industrielle, et 500 agriculteurs de l’autre. Résultat : trois gendarmes blessés et une bassine proche, celle de Cramchaban en Charente-Maritime, complètement saccagée, des centaines de milliers d’euros de dégâts et des agriculteurs dans la détresse.Nous avons collectivement deux défis majeurs à relever : le changement climatique et l’écroulement de la biodiversité. Aucun n’est à privilégier, les deux doivent être menés de concert.Le stockage […]
La parole est à M. le ministre de l’agriculture et de l’alimentation.
La question que vous posez est très importante. Elle l’est du point de vue de la protection de nos ressources et du point de vue environnemental mais aussi du point de vue de notre souveraineté alimentaire car n’en déplaise à certains, aujourd’hui, il n’est pas possible de faire de l’agriculture sans eau.Je condamne fermement les dégradations qui ont été commises il y a quelques jours dans les Deux-Sèvres et en Charente-Maritime et j’exprime au nom du Gouvernement mon plein soutien aux trois gendarmes qui ont été blessés et aux agriculteurs qui en ont été victimes. (Applaudissements sur de nombreux bancs des groupes LaREM et Dem.) Le procureur a été saisi et la justice devra se prononcer.Ensuite, la question de l’eau est très compliquée, les conflits d’usage de l’eau existant depuis que l’homme est sédentaire. C’est pourquoi il faut la gérer avec méthode et ne surtout pas la mettre sous […]
Oh oui !
…avec qui nous préparons le Varenne de l’eau, et avec l’ensemble des professionnels pour, premièrement, adapter nos cultures et, deuxièmement, traiter la question de l’usage des ressources en eau. Oui, les pluies diluviennes hivernales sont un vrai problème. Oui, il est possible de trouver des éléments consensus. Oui, sortons de la posture et remettons de la pensée dans tout cela. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes LaREM et Dem.)
La parole est à M. Sébastien Nadot.
Mise en place à l’initiative du groupe Libertés et territoires, la commission d’enquête sur les migrations, les déplacements de populations et les conditions de vie et d’accès au droit des migrants, réfugiés et apatrides en regard des engagements nationaux, européens et internationaux de la France, rend ses conclusions aujourd’hui, à l’issue de six mois de travaux menés sans a priori idéologique : nous nous en sommes tenus aux faits et ils sont accablants. Le droit international est malmené par la France, qu’il s’agisse du droit d’asile, qui n’est pas une option, ou du droit de l’enfant, puisque nous continuons d’enfermer des enfants dans des prisons administratives parce que migrants.Notre droit national est également trahi en matière d’accès à la santé, d’accès à l’administration, d’accès au droit d’asile – on refoule à nos frontières au mépris de notre droit –, d’accès à la justice […]
Exactement !
Mais pourquoi l’avoir enterré ? Craignez-vous d’améliorer les politiques publiques de notre pays quand elles concernent les étrangers ? Ne serait-il pas temps qu’au lieu de les criminaliser, l’État soutienne les hussards de la République, enseignants associations, collectifs solidaires, prêtres, simples citoyens, qui font acte de solidarité vis-à-vis des migrants, et par là même portent haut l’identité et les valeurs de la France ? (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LT.)
La parole est à M. le ministre de l’intérieur.
Nous allons prendre connaissance du rapport sur la question migratoire de la commission que vous avez présidée, mais permettez-moi tout d’abord de dire que certaines de ses préconisations, que j’ai lues rapidement, sont déjà satisfaites. Je pense, entre autres choses, à l’Agence européenne pour l’asile. Il y a en revanche des expressions publiques que nous ne pouvons pas partager – et je sais qu’elles n’engagent pas l’ensemble de la commission. En vous livrant récemment sur certaines radios à des attaques ad hominem contre de hauts responsables de l’État français, accusés d’exercer un harcèlement d’État, une guerre systémique contre les migrants, vous déshonorez les membres de cette commission. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LaREM et Agir ens.) Vous vous en prenez à des fonctionnaires qui n’ont qu’une envie, c’est de permettre à la France, en même temps d’être fidèle […]
La parole est à M. Gérard Cherpion.
Monsieur le Premier ministre, au moment où nous nous apprêtons à nous exprimer sur le dernier budget de ce quinquennat, dont plusieurs milliards d’euros ajoutés par un seul amendement gouvernemental…
Du jamais vu !
…je souhaite vous interroger sur la mission Travail et emploi.Ce budget met à mal le service public de l’emploi. Ainsi les crédits alloués à Pôle emploi diminuent depuis 2018 de plus de 360 millions d’euros ; l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (AFPA) est affaiblie par la perte de 200 emplois, alors que votre gouvernement met l’accent, à juste titre, sur l’importance de la formation professionnelle ; France compétences perd plus de 3 milliards d’euros en un peu plus de deux ans, au prix d’un déficit abyssal contraire à la règle d’or instaurée lors de sa création ; le contrat de sécurisation professionnelle est en voie de disparition ; les moyens de la lutte contre le travail illégal sont en baisse, ce qui se traduit par une diminution des recettes fiscales et sociales, entre autres exemples.J’insisterai plus particulièrement sur l’instauration du contrat […]
Très bien !
La parole est à Mme la ministre du travail, de l’emploi et de l’insertion.
Sur le contrat d’engagement jeune, monsieur le député Gérard Cherpion, j’entends proférer dans vos rangs beaucoup de contrevérités (Protestations sur les bancs du groupe LR) : dire que nous créons un RSA jeune, c’est tromper les Français. Non, le contrat d’engagement jeune n’a rien à voir avec un RSA jeune et c’est bien du reste ce qu’on nous reproche à la gauche de cet hémicycle. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.) Ce que nous voulons, c’est un contrat fondé sur une logique de droits et de devoirs, destiné aux jeunes de moins de 26 ans qui, malgré la reprise économique, ne parviendront pas seuls à accéder à un emploi. Nous leur proposons ce nouvel accompagnement qui sera mis en œuvre par les missions locales et par Pôle emploi.
Ça existe déjà ! C’est la garantie jeunes !
Il se traduira concrètement par l’exercice d’une activité quinze à vingt heures par semaine tout au long du parcours, des mises en situation en entreprise pour découvrir des métiers, des remises à niveau sur les compétences de base ou sur des savoir-être.
Quelle tartufferie !
Ce sera des ateliers de préparation à des entretiens d’embauche, des formations qualifiantes ou des missions d’intérêt général, telles que le service civique.Vous l’aurez compris, nous nous inspirons de la garantie jeunes, notamment de la phase intensive des premières semaines, mais nous voulons maintenir cette intensité tout au long du parcours et nous y intégrons toutes les solutions qui ont fait leurs preuves dans le cadre du plan « 1 jeune, 1 solution ». Nous nous appuierons également sur les associations qui accompagnent les jeunes les plus en difficulté pour aller chercher ceux qui ne viennent pas dans les missions locales.Notre objectif, par ce contrat d’engagement jeune, c’est bien que chacun de ces jeunes ait un emploi ou travaillent dans l’apprentissage.
C’est déjà un échec ! C’est de l’assistanat !
C’est donc une solution gagnant-gagnant pour les entreprises qui pourront trouver le salarié ou l’apprenti qu’elles recherchent, autant que pour le jeune qui pourra accéder à l’autonomie grâce au travail. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.)
C’est un RSA jeune ! Assumez !
La parole est à M. Gérard Cherpion.
C’est vous, madame la ministre, qui parlez d’un RSA jeune. Vous félicitez-vous, après le Président de la République, du taux de chômage de nos jeunes, alors que 19,2 % sont au chômage, contre 6,6 % en Allemagne, selon les chiffres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ? (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LR.)
Excellent !
La parole est à M. Thomas Gassilloud.
Ma question s’adresse à Brigitte Bourguignon, ministre déléguée auprès du ministre des solidarités et de la santé.En juillet 2020, le Ségur de la santé fut un événement historique pour le système de santé. Le premier engagement qui en est issu concernait la revalorisation du salaire des médecins, infirmiers, aides-soignants, agents administratifs ou techniciens qui travaillent dans les hôpitaux. C’est désormais chose faite : 2 millions d’entre eux ont vu leur rémunération augmenter de près de 200 euros par mois. Il n’est pas moins nécessaire de moderniser nos hôpitaux, nos EHPAD : dans ce but, nous avons adopté un plan de 19 milliards d’euros, dont 6 milliards apportés par France relance. Pouvez-nous nous dire où en est la déclinaison opérationnelle de ce plan d’investissement ?Par ailleurs, je souhaite profiter de cette occasion pour appeler de nouveau votre attention sur les trois […]
La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de l’autonomie.
Permettez-moi de rappeler que la philosophie du plan d’investissement, inscrit dans la logique du Ségur de la santé et dans celle de France relance, le situe surtout à l’échelle nationale. Comme toujours, les chiffres sont têtus : ce plan représente 19 milliards d’euros sur dix ans, destinés à financer les grands projets d’investissement du quotidien, le désendettement des hôpitaux, la modernisation des EHPAD, le numérique, les petits équipements, bref tout ce qui peut contribuer à la qualité de vie au travail. Au total, plus de 3 000 établissements de santé, établissements médico-sociaux et EHPAD seront ainsi soutenus ; au moins 790 verront leurs projets structurels à long terme financés par le Ségur, et 1 300 leurs finances assainies.Sur le terrain, nous pouvons montrer région par région comment ces chiffres éloquents vont se concrétiser : dans la vôtre, monsieur le député […]
La parole est à M. Yves Hemedinger.
Monsieur le Premier ministre, mieux vaut certes tard que jamais, mais le ralliement soudain du Président de la République au nucléaire se trouve tout de même bien tardif et bien suspect. Ce qui me gêne surtout, c’est que ce nouveau discours survienne au terme d’un quinquennat d’hostilité ouverte au nucléaire français.
Eh oui ! C’est la réalité !
On s’en fiche !
C’est ce même Président de la République qui a fait fermer Fessenheim, annoncé l’arrêt de quatorze réacteurs en tout d’ici à 2035, réduit la part du nucléaire dans le mix énergétique français, au rebours de ce que préconise le rapport du gestionnaire du Réseau de transport d’électricité (RTE) ; c’est lui qui a révélé ses préférences idéologiques en nommant ministres Nicolas Hulot puis Barbara Pompili, antinucléaires déclarés ; c’est lui qui s’abstient de défendre le nucléaire au niveau européen, faisant ainsi le jeu des centrales à gaz et à charbon.Si vous avez enfin compris que cette énergie est peu coûteuse et entièrement décarbonée, nous attendons désormais que vous lui donniez des preuves d’amour. (Mme Caroline Abadie s’exclame.) Il y va de l’avenir d’une filière industrielle française d’excellence, du pouvoir d’achat de nos concitoyens, de la survie de la planète, car le nucléaire […]
Mais non !
…les autres énergies décarbonées – dans ma circonscription, je milite ainsi pour le développement de l’hydrogène – n’atteignant pas encore un niveau de production suffisant.Après cinq années perdues, ce n’est pas de six réacteurs pressurisés européens (EPR) que notre pays a besoin, mais d’une vingtaine. Monsieur le Premier ministre, nous attendons des actes, plus seulement des déclarations d’intention et de principes. Êtes-vous prêt à sortir du « en même temps » et à mettre les bouchées doubles pour relancer réellement la filière nucléaire française ? À court terme, êtes-vous disposé à créer à Fessenheim un petit réacteur modulaire (SMR) ? (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LR.)