Séance du 11 juillet 2022 /// n°3 /// 374 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 16e législature · session Première session extraordinaire 2022

Séance du 11 juillet 2022 — 3e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de M. Sébastien Chenu.

374prises de parole
52orateurs
8points à l'ordre du jour
1scrutins

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ScrutinVoixRésultat
2 la motion de rejet préalable, déposée par Mme Mathilde Panot, du projet de loi maintenant provisoirement un dispositif de veille et de sécurité sanita… 174 / 192 rejeté

Verbatim Le compte rendu

Tours 1 à 200 sur 374 — page 1 / 2.

Sébastien Chenu president · RN #2

La séance est ouverte.

#3

(La séance est ouverte à vingt et une heures trente.)

Discussion, après engagement de la procédure accélérée, d’un projet de loi

Sébastien Chenu president · RN #7

L’ordre du jour appelle la discussion du projet de loi maintenant provisoirement un dispositif de veille et de sécurité sanitaire en matière de lutte contre la covid-19 (nos 9, 14).

Présentation

La parole est à M. le ministre de la santé et de la prévention.

François Braun ministre de la santé et de la prévention #10

C’est avec une émotion toute particulière que j’ai l’honneur de soumettre à l’examen de votre assemblée le premier texte de la XVIe législature. Je souhaite tout d’abord vous adresser, à toutes et à tous, mes félicitations républicaines pour votre élection. Les Français ont souhaité, par leur vote, une assemblée plus diverse et représentative des courants de pensée qui existent dans notre société. Nous devons en tenir compte et tracer un chemin de discussions constructives et de compromis pour permettre, sans que chacun se renie, d’avancer dans l’intérêt supérieur de la nation. C’est ce qu’attendent nos concitoyens et c’est dans cet état d’esprit que je me présente devant vous avec ce premier texte, qui entérine la fin de l’état d’urgence sanitaire. Les régimes exceptionnels, spécifiquement définis pour la crise de la covid-19, ne seront plus mobilisables à compter du 1er août prochain […]

Où est Véran ?

François Braun ministre #19

En effet, si, avec ce projet de loi, conformément à l’engagement du Gouvernement, nous sortons de l’état d’urgence sanitaire et du régime de gestion de la sortie de crise sanitaire, l’épidémie est toujours là et, comme nos voisins européens, nous faisons actuellement face à une septième vague due aux sous-variants d’omicron BA4 et BA5. D’après les derniers chiffres dont je dispose, le taux d’incidence atteint désormais 1 342 cas pour 100 000 habitants, soit une augmentation de 22,8 % au cours des sept derniers jours. Nous avons recensé en moyenne 130 000 cas par jour depuis sept jours. L’ensemble du territoire français est touché, particulièrement les régions de l’ouest et du sud.Permettez-moi de m’arrêter sur la situation des outre-mer. Je porterai toujours une attention particulière à ces territoires en tant que ministre de la santé et de la prévention. À l’heure où je vous parle, le […]

Il faut demander à Sibeth Ndiaye !

François Braun ministre #25

En deuxième lieu, nous devons compter sur la vaccination. Elle est notre arme de protection massive : je le dis en particulier aux personnes fragiles. Je m’insurge avec force contre les discours de manipulation persistants sur le vaccin contre la covid-19. Avant d’être ministre, je suis médecin urgentiste et j’ai vu bien trop de morts évitables. Oui, le vaccin est notre arme contre le virus car il diminue significativement le risque de développer une forme grave de la maladie. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.) Notre stratégie vaccinale est établie conformément aux recommandations des autorités scientifiques. Nous avons donc ouvert le deuxième rappel aux personnes les plus vulnérables, notamment les personnes immunodéprimées et les plus de 60 ans. Je me félicite que 3,55 millions de nos concitoyens éligibles aient reçu leur deuxième dose de rappel et je vais mobiliser tous les […]

Avant, c’était trois !

François Braun ministre #30

Mesdames et messieurs les députés, conformément à mon engagement de transparence, vous connaissez la situation sanitaire du pays. Elle nécessite le maintien d’outils de gestion épidémique. C’est pourquoi je vous soumets le présent projet de loi qui comporte, après les travaux de la commission des lois présidée par M. Sacha Houlié, quatre articles au lieu des deux initialement prévus. Il s’agit d’un texte resserré et équilibré, qui, je le souhaite, trouvera le soutien d’une majorité de députés dans cet hémicycle.Le premier article vise à maintenir jusqu’au 31 janvier 2023 les systèmes d’information SI-DEP – système d’information national de dépistage populationnel de la covid-19 – et Contact Covid. Ils sont le thermomètre de l’épidémie et, sans eux, nous devrions piloter à l’aveugle notre politique sanitaire. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.) SI-DEP permet l’enregistrement des […]

Il n’a pas vraiment le choix !

François Braun ministre #37

Vous avez souhaité également ajouter deux articles relatifs à des demandes de rapports. Ils nous permettront d’accroître le niveau d’information du Parlement quant à l’évaluation des mesures de gestion de l’épidémie de la covid-19 et à l’avenir des régimes de gestion de crise. Je m’engage à ce que les questions soulevées par un grand nombre d’entre vous dans vos amendements soient effectivement traitées par ces rapports, sans d’ailleurs qu’il soit besoin d’énumérer chaque thème et chaque sous-thème dans le projet de loi.Je serai par ailleurs attentif à la question de la réintégration des soignants non vaccinés. (Exclamations sur les bancs du RN.) Je rappelle toutefois que l’immense majorité des soignants, c’est-à-dire plus de 99 % d’entre eux, se sont fait vacciner, conscients de l’intérêt des vaccins pour protéger des formes graves. Alors que l’épidémie connaît une phase ascendante, la […]

Scandaleux !

Chers collègues, un peu de calme, je vous en prie !

François Braun ministre #41

Dans le cadre des rapports prévus par le projet de loi et ajoutés par la commission, rapports qui devront être remis par le Gouvernement au Parlement à la fin du mois d’octobre, je propose de vous présenter sur cette question des éléments objectifs, produits sous l’égide des autorités de santé.

Nous aurons dès ce soir un débat sur le sujet ! Ne le fuyez pas : on a besoin des soignants dans les hôpitaux ! (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

Laissez M. le ministre conclure son intervention !

François Braun ministre #44

Vous le voyez, je suis un homme de dialogue. Poursuivons-le ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.)

La parole est à Mme Caroline Abadie, rapporteure de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République.

Caroline Abadie rapporteure de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République · RE #46

Nous entamons aujourd’hui en séance publique le travail législatif de cette XVIe législature par l’examen du projet de loi maintenant provisoirement un dispositif de veille et de sécurité sanitaire en matière de lutte contre la covid-19. Il s’agit du treizième texte concernant la crise sanitaire qui soit examiné par notre assemblée. En premier lieu, je veux saluer le travail de nos prédécesseurs, qui n’ont pas ménagé leurs efforts pendant cette crise sanitaire inédite. Je pense bien sûr à Jean-Pierre Pont, qui m’a précédée en tant que rapporteur des précédents projets de loi relatifs à la situation sanitaire (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR), à Yaël Braun-Pivet, qui était alors présidente de la commission des lois, et à Olivier Véran, qui était ministre des solidarités et de la santé. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)

Bravo !

Caroline Abadie rapporteure · RE #48

Le présent projet de loi s’avère néanmoins bien différent des précédents, non par ce qu’il contient mais par ce qu’il ne contient pas. En effet, depuis mars 2020, c’est la première fois qu’un texte sanitaire n’instaure ou ne proroge pas un régime juridique exorbitant du droit commun – même si sortir de ces régimes serait d’autant plus facile qu’ils ont toujours été utilisés de manière proportionnée et circonstanciée. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)

Bien sûr !

Caroline Abadie rapporteure · RE #50

Le vote de mesures privatives de liberté n’a jamais été une lubie ni une solution de facilité, bien au contraire. Le 1er août prochain marquera donc une date importante : expireront alors le cadre juridique de l’état d’urgence sanitaire…

C’est une obligation !

Caroline Abadie rapporteure · RE #52

…et le régime de gestion de la crise sanitaire, en vigueur sur le fondement de la loi du 31 mai 2021. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)

Enfin !

Caroline Abadie rapporteure · RE #54

La pertinence, la nécessité et la proportionnalité de ces régimes n’ont jamais fait défaut. Ils ont permis d’affronter les vagues successives de la covid-19 de manière réactive et efficace,…

Un peu d’humilité !

Caroline Abadie rapporteure · RE #56

…même si c’est – bien sûr – avant tout grâce au personnel soignant et à la mobilisation de nombreux Français, souvent dans l’ombre, que nous avons pu collectivement faire face. (M. Thibaut François et Mme Caroline Parmentier applaudissent.)

Alors payez-les !

Caroline Abadie rapporteure · RE #58

Monsieur le ministre, vous avez été l’un d’eux, et je tiens à saluer votre engagement pendant la crise tout comme votre nomination à la tête du ministère de la santé et de la prévention. (Applaudissements sur les bancs du groupe RE.)

Quelle honte !

Caroline Abadie rapporteure · RE #60

Comme nous nous y étions engagés, les Français vont donc bientôt retrouver un régime de pleine liberté,…

Turlututu, chapeau pointu !

Caroline Abadie rapporteure · RE #62

…en cohérence avec l’extinction progressive des différentes mesures appliquées depuis le début de l’épidémie. Ce retour à la vie quotidienne a déjà été largement entamé, grâce à l’allégement de nombreuses mesures depuis mars 2022.

Merci, mon Dieu !

Caroline Abadie rapporteure · RE #64

Vous invoquez Dieu, monsieur ; dans cet hémicycle, je suis rapporteure et, si vous le permettez, je vais poursuivre mon propos. (« Oh ! » sur les bancs du groupe RN.)

Poursuivez, madame la rapporteure, poursuivez.

Caroline Abadie rapporteure · RE #66

Que n’a-t-on pas entendu, sur certains bancs de l’hémicycle, à propos d’une prétendue accoutumance du Gouvernement aux mesures liberticides ?

Largement liberticides !

Caroline Abadie rapporteure · RE #69

Un regard en arrière sur les mois qui viennent de s’écouler nous montre qu’il n’en a rien été (Exclamations sur les bancs du groupe RN) ;…

On laisse Mme la rapporteure terminer son propos.

Caroline Abadie rapporteure · RE #71

…un regard vers l’avant nous rassure sur le fait qu’il n’en sera rien. Car le Gouvernement nous présente aujourd’hui un projet de loi fondé sur la confiance envers les Français et sur leur sens de la responsabilité : le texte entérine le fait que nous avons appris à vivre avec le virus.Comme nous l’a rappelé M. le ministre, le virus n’a pas disparu, ce qui impose de maintenir deux derniers outils indispensables non seulement à la lutte contre la circulation épidémique mais surtout à la protection des Français. Tel est l’objet du présent projet de loi et des deux articles qu’il contenait lors de son dépôt. Compte tenu du rebond épidémique à court terme et des incertitudes sur l’évolution de la situation sanitaire à moyen terme, l’article 1er proroge la mise en œuvre des deux systèmes d’information que sont le SI-DEP et Contact Covid,…

Qui ne fonctionnent pas !

Caroline Abadie rapporteure · RE #74

…sous les conditions et garanties actuellement en vigueur : ce devait être initialement jusqu’au 31 mars 2023. Au cours de l’examen du projet de loi en commission, un débat s’est engagé à propos de la date jusqu’à laquelle ces systèmes d’information devaient être prorogés ; il en a été de même, d’ailleurs, concernant l’article 2 du projet de loi. Après une discussion nourrie, nous sommes parvenus à un accord consensuel…

Avec vous-mêmes !

Non !

Pourtant, vous avez topé !

Caroline Abadie rapporteure · RE #78

…sur une date d’échéance : le 31 janvier 2023, c’est-à-dire six mois après la date d’échéance actuellement en vigueur. Je tiens d’ailleurs à souligner ici que l’amendement adopté – celui de notre collègue Dino Cinieri – l’a été à l’unanimité.

Eh oui !

Caroline Abadie rapporteure · RE #80

Cela augure d’un travail constructif que nous ne manquerons pas de poursuivre en séance, j’en suis certaine. Je rappelle toutefois que le certificat covid numérique de l’Union européenne ayant quant à lui été prorogé jusqu’au 30 juin 2023, il nous faudra légiférer de nouveau en janvier prochain, puisque les deux outils que j’ai évoqués y sont liés. Afin de permettre au Parlement d’exercer sa mission de contrôle et de rendre effective cette clause de revoyure si chère à notre assemblée, le président de la commission des lois s’est engagé à auditionner le ministre de la santé et de la prévention à mi-parcours. Je l’en remercie : cela permettra au Gouvernement de nous apporter tous les éléments nécessaires pour tirer un premier bilan de cette prorogation.Il est important de le souligner : bien qu’ils assurent le traitement de données provisoires, ces deux systèmes fonctionnent dans le […]

On imagine très bien !

Caroline Abadie rapporteure · RE #84

…dans un contexte où la circulation de nouveaux variants et un risque de rebond épidémique sont avérés. L’article 1er permet donc de proroger leur base légale ; l’article 2, lui, proroge le contrôle sanitaire applicable aux déplacements extrahexagonaux, c’est-à-dire ceux à destination et en provenance du territoire national, de la Corse et d’un département ou d’une collectivité d’outre-mer.

On redécouvre l’utilité des frontières, c’est bien !

Caroline Abadie rapporteure · RE #86

Ce dispositif, nous le connaissons bien, puisqu’il a été introduit dès la loi du 9 juillet 2020, afin de permettre la reprise pleinement sécurisée des déplacements au sortir du premier état d’urgence sanitaire. Il est entièrement distinct du passe sanitaire et du passe vaccinal, qui ne pourront plus être mis en place par voie réglementaire après le 31 juillet 2022.

Caroline Abadie rapporteure · RE #88

Une telle prorogation est d’abord cohérente avec celle du certificat covid numérique de l’Union européenne, auquel la mesure est liée. Elle s’avère en outre nécessaire pour prévenir les cas de résurgence épidémique à l’étranger, notamment pour réagir à l’apparition de nouveaux variants.

Stop ! Ça ne marche pas !

Caroline Abadie rapporteure · RE #90

Elle permet également de continuer à protéger les territoires d’outre-mer, qui sont particulièrement vulnérables face à l’épidémie.

Il leur faut de l’eau et de l’électricité, aux outre-mer !

Caroline Abadie rapporteure · RE #92

Enfin, je souhaite insister sur le fait que l’article en question ne fixe que le cadre juridique de la mesure : ses modalités d’application continueront d’être adaptées, de manière proportionnée, à l’évolution de la situation sanitaire, et elles feront l’objet d’un contrôle approfondi de la part du Parlement.En cohérence avec le compromis trouvé à l’article 1er, la commission a adopté un second amendement de Dino Cinieri pour ramener du 31 mars au 31 janvier 2023 la date de prorogation du certificat sanitaire. Nous avons également adopté, à l’initiative de Philippe Gosselin et de Marietta Karamanli, un dispositif d’information renforcé du Parlement pendant cette période. Les rapports prévus aux articles 3 et 4 seront utiles pour dresser le bilan des mesures prises depuis le début de l’épidémie et pour envisager la définition d’un cadre durable en matière de réponse aux menaces, aux […]

La parole est à M. le président de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République.

Le plus jeune de toute la Ve République !

Sacha Houlié président de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République · SOC #99

Les deux dernières législatures ont été marquées par le recours à des régimes d’exception. Devant la gravité des menaces auxquelles nous faisions face, le législateur a soit usé des outils exorbitants du droit commun à sa disposition, soit créé de toutes pièces des régimes adaptés à cette situation nouvelle qu’était la crise sanitaire. Nous avons longuement débattu et décidé des mesures qui nous semblaient les plus pertinentes pour faire face à de tels risques. Nous avons surtout veillé à leur imposer un caractère temporaire.Par le présent projet de loi, nous actons la fin du recours aux mesures exceptionnelles. Comme chacun d’entre nous, je me réjouis du retour au droit commun, qui traduit notre engagement à apprendre à vivre avec le virus. Le 1er août 2022, le cadre juridique de l’état d’urgence sanitaire, que nous avions forgé le 23 mars 2020, tombera ; le régime de gestion de la […]

Parce que ça ne marche pas !

Sacha Houlié président de la commission des lois · SOC #103

…nous sommes désormais en mesure de nous passer de ces atteintes ponctuelles. Toutefois, nous l’avons démontré, Philippe Gosselin et moi-même, dans notre rapport issu de la mission d’information sur le régime juridique de l’état d’urgence sanitaire :…

Heureusement qu’il est là, Gosselin !

Merci !

Sacha Houlié président de la commission des lois · SOC #106

…il nous faudra réfléchir à un cadre pérenne. C’est la seule façon de prévenir durablement les risques sanitaires auxquels notre pays sera périodiquement, temporairement mais inéluctablement confronté.

Stop !

Sacha Houlié président de la commission des lois · SOC #108

En ce qui concerne le texte actuel, nous pouvons nous enorgueillir du travail réalisé en commission. Ce travail préparatoire a démontré notre faculté à innover et à décider ensemble, entre parlementaires. C’est ainsi qu’en nous appuyant sur un rapport d’origine parlementaire, nous avons autorisé la collecte des données pour les fichiers de suivi du dépistage et de la vaccination. Nous avons aussi permis le contrôle de la situation sanitaire des voyageurs, le tout pour une durée maximale de six mois. Monsieur le ministre, nous avons par ailleurs décidé d’une clause de revoyure pour ces mesures. Dans trois mois, vous serez auditionné par la commission des lois pour faire le point sur leur application, sur la situation sanitaire et sur les différentes dispositions que nous voterons aujourd’hui.

Pure communication !

Sacha Houlié président de la commission des lois · SOC #110

Nous avons donné un exemple de la façon dont peuvent et doivent fonctionner nos institutions, un exemple dans lequel la concertation est la norme et la coconstruction, la règle.

Le Conseil de défense ?

Sacha Houlié président de la commission des lois · SOC #112

Cependant, le vote unanime d’amendements et l’adoption du présent texte ne devront pas occulter ce qui s’est passé en commission. Main dans la main, les populistes ont communié contre les vaccins (Exclamations sur les bancs du groupe RN),…

C’est vrai !

Sacha Houlié président de la commission des lois · SOC #114

…n’hésitant pas à utiliser et à propager de fausses informations. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem. – Protestations sur les bancs des groupes RN et LFI-NUPES.) Je le réaffirme ici, car la démocratie ne saurait s’accommoder du mensonge : non, les vaccins n’empêchent pas les contaminations à la covid-19 ! (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Mais oui, mille fois oui, les vaccins empêchent de contracter des formes graves ; les vaccins réduisent les hospitalisations et soulagent notre système de santé (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem) ; les vaccins sauvent des vies !

C’est faux !

Sacha Houlié président de la commission des lois · SOC #116

Cette vérité, nous la devons à nos concitoyens, à la science ; nous la devons aussi à la mémoire de notre illustre ancêtre, Louis Pasteur.

Parce que tu es médecin, maintenant ?

Sacha Houlié président de la commission des lois · SOC #118

Chers collègues, vous avez également été quelques-uns à réclamer la réintégration des soignants non vaccinés. (« Oui ! » sur les bancs des groupes RN et LFI-NUPES.) Ce n’est pas l’objet de nos travaux. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) C’est précisément pour cette raison que vos amendements ont été déclarés irrecevables. (Protestations sur les bancs des groupes RN et LFI-NUPES.)

On écoute le président de la commission !

Sacha Houlié président de la commission des lois · SOC #120

Et contrairement à d’autres, je n’ai pas changé d’avis ni de doctrine entre la commission et la séance. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem.) Et même, au fond – je l’affirme –, cette réintégration n’est en aucun cas souhaitable. Il est en effet légitime d’exiger de ceux qui sont chargés de notre santé qu’ils se protègent eux-mêmes et, en conséquence, qu’ils protègent les autres. (Exclamations sur les bancs des groupes RN et LFI-NUPES.)

Chers collègues, on laisse parler le président de la commission. Poursuivez, monsieur le président.

Sacha Houlié président de la commission des lois · SOC #122

La loi exige des fonctionnaires qu’ils présentent un casier judiciaire vierge. La loi exige des agents publics qu’ils s’astreignent à des obligations de neutralité. Pourquoi la loi ne pourrait-elle pas imposer à ceux qui soignent d’être eux-mêmes vaccinés ? (Mêmes mouvements.)

Et la liberté de choisir, alors ?

Sacha Houlié président de la commission des lois · SOC #124

Je considère pour ma part que cette neutralité sanitaire est salutaire. En commission, nous, parlementaires, avons rédigé un texte qui convient au plus grand nombre et qui répond aux nécessités de la période : endiguer la septième vague de la covid-19, protéger nos concitoyens, vivre avec le virus et avec nos libertés. Plus que jamais, nous sommes parvenus à un équilibre que je vous propose d’entériner. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.)

Motion de rejet préalable

J’ai reçu de Mme Mathilde Panot et des membres du groupe La France insoumise-Nouvelle Union populaire écologique et sociale une motion de rejet préalable déposée en application de l’article 91, alinéa 5, du règlement.Sur le vote de cette motion de rejet préalable, je suis saisi par le même groupe d’une demande de scrutin public.Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à Mme Raquel Garrido.

Ça ne va pas du tout ! (« Ah ! » sur les bancs du groupe Dem.)

On est d’accord !

Nous entamons la XVIe législature et quel est le tout premier texte dont vous saisissez l’Assemblée nationale ? Un projet de loi sur la covid-19.L’article 42, alinéa 3 de la Constitution prévoit que la discussion d’un projet de loi ne peut intervenir qu’au moins six semaines après son dépôt par le Gouvernement.

C’est vrai que la covid-19, elle, elle attend !

Or vous avez choisi ici une procédure hyperaccélérée,…

Caroline Abadie rapporteure · RE #134

Non, seulement accélérée !

…et nous voici donc en séance publique à peine une semaine après le dépôt de votre projet de loi.Pourquoi avoir privé l’Assemblée nationale de cette délibération de qualité qui est prévue en règle générale par la Constitution ? Le ministre de la santé et de la prévention, auquel j’ai posé la question lors de nos travaux en commission des lois, n’a pas apporté de réponse précise. Ce parcours législatif à marche forcée est d’autant plus surprenant que la situation sanitaire du pays est telle qu’elle pourrait en effet requérir des mesures d’urgence.

C’est hallucinant !

Des urgences qui nécessiteraient de légiférer rapidement, il y en a ! La NUPES vient d’ailleurs de déposer une proposition de loi d’urgence sociale. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

Dans ce projet de loi, trouve-t-on la moindre mesure qui permette à l’hôpital d’éviter l’effondrement cet été ? Non.

Rien !

Y trouve-t-on la décision urgente de réintégrer les quelque 12 000 personnes qui ont été suspendues à cause de leur parcours vaccinal ? Non. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.) Y trouve-t-on la moindre mesure qui permette de préparer la rentrée scolaire en matière sanitaire ? Non plus.Alors, qu’y avait-il dans ce texte prétendument si urgent ? Essentiellement deux mesures : l’une, à l’article 1er, a trait au maintien des fichiers SI-DEP et Contact Covid ; l’autre, à l’article 2, en vertu de laquelle nous, parlementaires, déléguons au pouvoir exécutif – attention, écoutez bien ! – le droit de décider à tout moment de la mise en place d’une limitation des déplacements dans tout le territoire et entre l’Hexagone et absolument tous les territoires et collectivités françaises hors de l’Hexagone.

C’est liberticide !

Attention : nous ne discutons pas ici de l’opportunité d’appliquer immédiatement ces mesures. L’article 2 permettrait au Gouvernement, sans notre autorisation et sans délibération préalable, de subordonner tous nos déplacements à la possession d’un passe sanitaire, d’un passe vaccinal ou d’un certificat de rétablissement. Il s’agit donc bien d’un pouvoir extraordinaire, en contradiction avec tout ce que vous venez d’entendre sur la prétendue fin de l’état d’urgence.Je l’affirme ici : ce projet de loi n’était ni urgent, ni prioritaire, ni opportun. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) C’est la raison pour laquelle je vous propose, par l’adoption de cette motion de rejet préalable, de dire tous ensemble qu’il n’y a pas lieu de l’examiner.Voyons tout d’abord la question des fichiers. Dans les courtes heures qui ont tenu lieu d’examen du projet de loi en commission, les […]

Exact !

Venons-en au passe sanitaire nécessaire pour se déplacer. Pour le coup, il n’y avait vraiment aucune urgence. Il existe une date, le 31 juillet 2022, au-delà de laquelle le Gouvernement perd son pouvoir extraordinaire de décider tout seul. Quel est le problème ? À compter du 31 juillet 2022, pour réinstaurer le passe sanitaire, vous avez l’obligation d’obtenir préalablement l’accord du Parlement. Où est le problème ?

C’est la démocratie !

De quoi avez-vous peur, mesdames et messieurs du Gouvernement ? Avez-vous peur de cette assemblée ? Pensez-vous qu’elle n’est pas en mesure de prendre avec discernement des décisions en matière de protection de la santé de nos compatriotes ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES. – Exclamations sur les bancs du groupe RE.)

S’il vous plaît, laissez parler Mme Garrido !

Je ne suis pas d’accord avec cette doctrine antiparlementaire.

Envoyez le générique ! (Sourires.)

Je sais bien que nous sommes sous la Ve République, un système institutionnel que l’on peut qualifier de monarchie présidentielle à cause de l’irresponsabilité politique qu’elle octroie au Président de la République, lequel concentre pourtant beaucoup de pouvoirs. Mais même si ce système est déséquilibré, le pouvoir législatif existe et nous en sommes la preuve.

Eh bien !

Les dernières élections ont même donné à celui-ci une nouvelle vigueur. Notez-le bien, mesdames et messieurs du Gouvernement : la majorité présidentielle n’existe ni dans le pays ni dans cette assemblée qui en est un reflet de plus en plus fidèle. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Le temps de l’Assemblée nationale autocensurée par une majorité de godillots est révolu ! (Mêmes mouvements.) Fini, par exemple, le temps des ordonnances à tout va. Comme moi, vous avez dû lire l’étude alarmante du Sénat montrant que, dans notre pays, les ordonnances publiées sont désormais plus nombreuses que les lois promulguées. C’est le signe d’un accaparement du pouvoir par l’exécutif, qui est très inquiétant. Heureusement, nous en voyons le bout : la nouvelle composition de l’Assemblée nous permet d’espérer que les éventuelles délégations de pouvoir au Gouvernement seront justifiées […]

Non, nous n’étions pas en minorité, preuve en est que nous avons fait adopter le texte !

…le groupe des amis du Président a consenti un changement de date : désormais, on ne parle plus du 31 mars mais du 31 janvier 2023.

Quelle générosité !

C’est bien. Est-ce suffisant ? À l’évidence, non. Par souci de clarté, je vais vous lire le premier alinéa de l’article 2 : « À compter du 1er août 2022 et jusqu’au 31 janvier 2023, le Premier ministre peut, par décret pris sur le rapport du ministre chargé de la santé, dans l’intérêt de la santé publique et aux seules fins de lutter contre la propagation de l’épidémie de covid-19, imposer aux personnes âgées d’au moins douze ans souhaitant se déplacer à destination ou en provenance du territoire hexagonal, »…

Eh bien voilà : hexagonal !…« de la Corse ou de l’une des collectivités mentionnées à l’article 72-3 de la Constitution »… Toutes les collectivités souveraines de notre nation sont donc concernées.

Mais non ! Ce sont les territoires d’outre-mer !

Qu’imposerait donc le Premier ministre ? Lisons la suite : « de présenter le résultat d’un examen de dépistage virologique ne concluant pas à une contamination par la covid-19… » – c’est le test négatif –, « un justificatif de statut vaccinal concernant la covid-19… » – c’est le passe vaccinal – « ou un certificat de rétablissement à la suite d’une contamination par la covid-19 ».

Toute la différence est dans le « ou » !

Je viens de lire le texte. La Première ministre nous demande donc de lui déléguer d’avance un pouvoir immense. En réalité, c’est le maintien d’une loi d’urgence qui ne dit pas son nom. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)En commission, le ministre de la santé et de la prévention nous a dit que cette mesure concernait seulement le contrôle aux frontières.

Mais quelle honte ! Mensonges et balivernes !

Or Mme la rapporteure nous a indiqué qu’il s’agissait des frontières hexagonales, comme cela a aussi été affirmé à la presse qui a relayé cette information sans lire le texte avec attention. Ce n’est pas ce qui est écrit dans le premier alinéa de cet article 2, que je viens de vous lire et où le mot « frontière » ne figure même pas. Il est question de déplacements « à destination ou en provenance du territoire hexagonal. »

Il n’y a pas de frontières avec les TOM !

S’il vous plaît, laissez Mme Garrido s’exprimer. C’est elle qui a la parole.

Lorsque vous quittez votre domicile pour vous rendre à l’épicerie, vous êtes en provenance et à destination du territoire hexagonal, vous en conviendrez. Tous les déplacements à l’intérieur et même hors de l’Hexagone sont donc concernés. (Exclamations sur les bancs du groupe Dem.)Dans ces conditions, pourquoi maintenir le flou ?

C’est du droit !

Pourquoi ne pas dire la vérité ? Pourquoi avoir refusé les amendements de clarification que nous avons déposés en commission des lois ?

Ils ont inventé des frontières !

Il y a bien un problème de délégation aveugle de notre pouvoir au Gouvernement. La rédaction étant si vague, qui décidera, le moment venu, si la mesure concerne tout ou partie des régions de France ? Le Gouvernement. Qui décidera si la mesure concerne telle ou telle collectivité d’outre-mer, la Corse, Mayotte, les îles Clipperton ou la Guyane ? Le Gouvernement. Qui décidera, ce qui est quand même très grave, si la mesure s’applique aux mineurs à partir de 12, 14 ou 16 ans, ou seulement aux majeurs ? Le Gouvernement. Qui décidera si un test négatif est suffisant ou s’il faut plutôt un passe vaccinal ? Le Gouvernement.Au passage, notez que le Gouvernement envisage de réinstaurer le passe vaccinal, mais non de rendre les tests gratuits pour tout le monde quel que soit le statut vaccinal. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Nous n’avons pas été élus pour déléguer le […]

Heureusement que vous n’étiez pas au pouvoir pendant la crise épidémique !

Tout le monde le dit : par leur vote, les Français ont imposé la reparlementarisation de la vie politique. Et que répond le Gouvernement ? Confiez-nous les pouvoirs ! Alors, comme le dit la chanson populaire, vous êtes à contretemps. Et je dirais même plus : vous ne pouvez pas canaliser 500 députés organisés. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

Vous êtes une très mauvaise actrice !

Personne ne comprendrait que nous fassions aveuglément confiance au Gouvernement, encore moins à ce gouvernement sanctionné dans les urnes et qui pourtant s’est maintenu en l’état, comme si de rien n’était, qui a refusé d’engager sa responsabilité devant nous sur sa déclaration de politique générale (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES), à ce gouvernement qui en est à sa deuxième rentrée scolaire sous covid-19 et dont l’indigence est telle qu’il a même dégoûté les étudiants de se présenter aux concours de l’éducation nationale. (Mêmes mouvements.)

Quel rapport ? Cela n’a rien à voir avec le texte !

Les cours reprennent dans quelques semaines et il n’y a toujours pas de purificateurs d’air dans toutes les classes de ce pays. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES. – Exclamations sur les bancs des groupes RE et Dem.)

Laissez Mme Garrido terminer son propos. Il lui reste près de deux minutes.

Que dire de l’état dans lequel ce gouvernement a laissé l’hôpital, qui craque de toutes parts, avec au moins 120 services d’urgence en détresse et 100 000 postes de soignants vacants ? Que dire de votre bilan dans les outre-mer ?Comment vous faire confiance, à vous qui en êtes encore à refuser le déclenchement du plan ORSEC – organisation de la réponse de sécurité civile – Eau potable, alors même que le premier geste barrière consiste à se laver les mains, ce qui n’est pas possible quand il n’y a pas d’eau ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Comment oublier la façon dont vous avez traité les soignants et les patients en outre-mer ? Ne comptez pas sur nous…

On n’en avait pas l’intention !

…pour vous laisser trier nos compatriotes d’outre-mer aux frontières de l’Hexagone, alors que c’est de votre faute si la situation sanitaire y est si dégradée ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)Pour conclure,…

Il est temps !

…vous expliquez que les fichiers SI-DEP et Contact Covid arrivent à échéance le 31 juillet. Soit. En quoi aviez-vous besoin d’en profiter pour gratter en plus le pouvoir de réinstaurer le passe sanitaire ?

Ce n’est pas ce que nous faisons !

Vous avez pris de mauvaises habitudes, semble-t-il. Mais maintenant, nous sommes là, en plus grand nombre qu’auparavant. Je n’ai qu’un conseil : habituez-vous. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Habituez-vous à un haut niveau de participation et d’exigence. Habituez-vous à entendre encore plus fort les voix du peuple dans sa diversité.

Vous n’êtes pas le peuple !

Notez bien ceci : dans notre diversité, nous sommes plus représentatifs que vous ! (Applaudissements nourris sur les bancs du groupe LFI-NUPES. – Exclamations sur les bancs des groupes RE et Dem.) Habituez-vous à trouver une limite à vos abus de pouvoir ! Habituez-vous ! (Les députés du groupe LFI-NUPES se lèvent et applaudissent. – Protestations sur les bancs des groupes RE et Dem.)

Populistes !

La parole est à Mme la rapporteure.

Caroline Abadie rapporteure · RE #204

C’est vous qui êtes à contretemps, madame Garrido : voilà treize fois que nous examinons un texte relatif à cette question et que nous en débattons ici. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)Sachez qu’il n’existe pas, dans le fonctionnement de l’Assemblée nationale, de procédure « hyperaccélérée » : il existe simplement une procédure accélérée – inutile d’en rajouter. Pourquoi souhaitons-nous aller vite ? Parce que – et cette échéance ne date pas d’aujourd’hui ni d’hier –, le 31 juillet arrive et qu’il faut proroger certains outils avant cette date. (« Eh oui ! » sur les bancs du groupe RE. – « Non ! » sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Si vous refusez de les proroger, vous expliquerez aux habitants de vos circonscriptions qu’ils ne pourront pas voyager en Corse ou à l’étranger cet été (Applaudissements sur les bancs du […]

Pour quelle raison ?

Caroline Abadie rapporteure · RE #207

…et qu’ils mettront leur santé en jeu !Vous ne voulez déléguer aucun pouvoir au Gouvernement ? (Exclamations prolongées sur les bancs des groupes LFI-NUPES et RN.)

Laissez terminer Mme la rapporteure comme nous avons écouté Mme Garrido, je vous prie.

Caroline Abadie rapporteure · RE #210

Voilà pourtant deux ans que le Gouvernement gère très bien cette crise ! (Protestations sur les bancs des groupes RN, LFI-NUPES, LR, SOC, Écolo-NUPES et GDR-NUPES.) Et les Français le reconnaissent et le savent ! (Huées sur ces mêmes bancs. – Plusieurs députés des groupes RN et LR font claquer leur pupitre.) Vous pouvez crier aussi fort que vous le souhaitez, mais les Français le savent : ils nous le disent tous les jours dans nos circonscriptions !

Reprenons nos esprits et écoutons Mme la rapporteure, chers collègues.

Caroline Abadie rapporteure · RE #212

Il n’y a pas de « flou », madame Garrido : les deux dispositifs auxquels vous faites référence existent depuis deux ans. Ils fonctionnent très bien et ne posent aucun problème. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Nous ne faisons que les proroger, en prévoyant les mécanismes de contrôle que privilégie habituellement notre hémicycle – mécanismes que nous avons d’ailleurs renforcés en commission.Vous ne voulez pas déléguer de pouvoirs au Gouvernement ? Je vous conseille alors de vous acheter des cotons-tiges, parce que vous allez devoir vous tester souvent ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem. – Huées sur les bancs des groupes RN, LFI-NUPES et LR.)

Les Français vous ont sanctionnés ! Vous avez été mis en minorité !

Nous passons aux explications de vote. La parole est à M. Guillaume Gouffier-Cha.

Surprenante motion de rejet préalable, portant sur un texte technique de deux articles, qui ne devait pas susciter, me semble-t-il, une telle réaction.Cette motion est une pure instrumentalisation politicienne (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES), qui vise d’abord, peut-être, à réécrire la manière dont la crise sanitaire a été gérée, mais également, comme vous l’avez fait en concluant votre propos, chère collègue Garrido, le résultat des dernières élections. Nous allons visiblement devoir nous y habituer : chacune de vos interventions donnera lieu à une réécriture des élections.

Vous les avez perdues !

Nous vous le redisons : vous avez perdu l’élection présidentielle et les élections législatives ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem. – Protestations sur les bancs des groupes RN et LFI-NUPES.)

Vous ne les avez pas gagnées non plus !

C’est vous qui avez perdu, vous avez été mis en minorité !

Il va falloir vous y faire : il y a une majorité et une opposition ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem. – Protestations sur les bancs des groupes RN et LFI-NUPES.)

C’est la chienlit, monsieur le président !

Enfin, que dit le texte ? Il marque la sortie de l’état d’urgence sanitaire, entamée depuis plus d’un an. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

Chers collègues, chaque groupe disposera d’un temps de parole. Écoutez M. Gouffier-Cha. Vous aurez ensuite l’occasion de vous exprimer.

Ce texte marque la sortie de l’état d’urgence sanitaire et de la phase de gestion de cette sortie. Si nous en sommes arrivés là, c’est grâce aux soignants (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NUPES. – Mme Caroline Fiat se lève et invective l’orateur), dont nous devons tous saluer la mobilisation depuis le début de la crise. (Applaudissements sur les bancs du groupe RE. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Si nous en sommes là, c’est aussi grâce au sens des responsabilités des Français et – je l’affirme – grâce au Président de la République, au Gouvernement et à la majorité parlementaire, qui ont pris des décisions responsables. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem.)Nous devons encore conserver certains dispositifs techniques pour être capables d’évaluer l’évolution de l’épidémie.Cette motion de rejet préalable confirme uniquement […]

Mais non !

Notre seul objectif est d’agir pour les Français. Nous voterons contre la motion. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

La parole est à M. Thomas Ménagé.

Vous en serez peut-être surpris, mais nous voterons pour cette motion de rejet préalable. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe RE.)Nous le ferons en raison du mépris affiché par le Gouvernement et par vous-même ce soir, madame la rapporteure, qui parlez d’acheter des cotons-tiges quand des vies sont en jeu et que vous refusez de réintégrer des soignants ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN. – Huées sur plusieurs bancs du groupe RE. – Mme Josy Poueyto désigne les bancs des groupes RN et LFI-NUPES dans un mouvement circulaire.)

La voilà, l’alliance !

Partout en France – c’est le cas dans ma circonscription, à Montargis –, les soignants sont à bout, l’hôpital craque. (Protestations sur les bancs des groupes RE et Dem.)

Chers collègues…

Calmez-vous ! Écoutez un peu ! Soyez humbles !

C’est la chienlit, monsieur le président !

Laissez l’orateur s’exprimer, je vous prie. Tout s’est bien passé jusqu’à présent. Chacun aura la parole à son tour. Pour l’heure, la parole est à M. Ménagé.

Je vous invite à venir dans ma circonscription. Au centre hospitalier de l’agglomération montargoise, les soignants sont à bout. Ils craquent, alors même que certains de leurs collègues ont été jetés comme des malpropres – des collègues qui devraient être réintégrés, dès lors que le passe vaccinal ne s’applique plus (Applaudissements sur les bancs du groupe RN) ; des collègues qui sont obligés de travailler alors qu’ils sont malades. Vous préférez mettre des soignants au ban alors que d’autres doivent travaillent tout en étant malades !Nous voterons pour cette motion, parce que…

Les extrêmes se retrouvent ! (Protestations sur les bancs du groupe RN. – Mme Caroline Fiat proteste également.)

Vous êtes minoritaires !

Poursuivez, monsieur Ménagé.

…nous refusons très clairement de signer un chèque en blanc à Mme la Première ministre, qui pourrait ainsi décider à tout moment de prendre des mesures liberticides. Depuis deux ans, les Français n’en peuvent plus. Vous refusez l’apaisement (Applaudissements sur les bancs du groupe RN), alors que nous, nous avons monté des signes d’apaisement, qui nous ont permis de progresser en commission des lois. Pourtant aujourd’hui, en séance, vous refusez les mesures que nous proposons. Vous avez jugé irrecevables tous les amendements visant à débattre de la réintégration des soignants non vaccinés. C’est la raison pour laquelle nous voterons pour la motion. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

La parole est à M. Thomas Portes.

Nous voici face à un nouveau texte consacré à la covid-19. Vous l’avez souligné vous-même : il s’agit du treizième. Or, une nouvelle fois, vous passez à côté de l’enjeu essentiel : quelle politique de santé publique voulez-vous pour la France, vous qui avez supprimé des milliers de lits pendant la crise sanitaire ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

Eh oui !

Comme l’a souligné ma collègue Garrido, ce texte ne devrait même pas être examiné par l’Assemblée, tant il échoue à répondre à la situation actuelle et évacue la question des moyens alloués à l’hôpital public. Passe sanitaire, passe vaccinal, collecte de données : vous n’avez que ces mots à la bouche. Vous avez même eu le déshonneur de parler de « cotons-tiges », quand des gens meurent en France parce qu’ils n’ont pas de masques ! (Mêmes mouvements.)Contrôler, contrôler, contrôler : nous sommes loin de la stratégie « tester, protéger, isoler » qu’Emmanuel Macron avait mise en avant lors de son premier passage à l’Élysée. C’est toujours la même logique qui s’applique : contrôler, contrôler. Évidemment, une telle stratégie demande des moyens humains et financiers. Mais sur ce point, vous êtes aux abonnés absents.Monsieur le ministre, notre groupe vous pose de nouveau la question : quelle […]

Pour un foyer modeste de cinq personnes, ils représentent un coût de près de 220 euros par mois. Personne, dans ce pays, ne devrait avoir à choisir entre se protéger ou se nourrir. Pourtant, vous imposez ce choix ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Vous réussissez l’exploit de ne pas employer les mots « soignants » ni « hôpitaux » dans les deux articles de votre projet de loi initial, alors même qu’ils devraient être au cœur de votre stratégie.Pour toutes ces raisons, et parce que ce texte est une honte pour les soignants, notre groupe votera pour cette motion de rejet préalable. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES. – Mme Caroline Fiat se lève et applaudit.)

La parole est à M. Raphaël Schellenberger.

Voilà le treizième texte que nous examinons sur cette question en deux ans de gestion de la crise sanitaire. Le groupe Les Républicains n’a jamais été complaisant avec la majorité.

Sauf ce soir !

Bien au contraire – le président de la commission des lois peut en témoigner –, nous avons toujours été exigeants, même si nous avons toujours su faire face à l’urgence et prendre les mesures qu’elle imposait. Désormais, il va falloir changer de ton et de style,…

Je sens qu’il y a un « mais »…

…et prendre davantage de temps pour discuter : nous ne pourrons plus légiférer, y compris à propos de la crise sanitaire, comme nous l’avons fait depuis deux ans. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LR.)Néanmoins, reconnaissons (Murmures sur les bancs des groupes LFI-NUPES et GDR-NUPES) que l’échéance du 31 juillet avait été voulue par le législateur : c’est lui qui avait tenu à ce que nous réexaminions le texte d’ici à cette date.