Séance du 28 novembre 2022 /// n°72 /// 341 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 16e législature · session Session ordinaire 2022-2023

Séance du 28 novembre 2022 — 72e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Valérie Rabault.

341prises de parole
58orateurs
7points à l'ordre du jour
1scrutins

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ScrutinVoixRésultat
635 la motion de rejet préalable, déposée par Mme Mathilde Panot, de la proposition de loi visant à protéger les logements contre l'occupation illicite (p… 43 / 150 rejeté

Verbatim Le compte rendu

Tours 201 à 341 sur 341 — page 2 / 2.

Motion de rejet préalable

Ce texte tente ou plutôt prétexte de réagir à quelques rares affaires de squat récemment médiatisées. Il vise aussi les litiges relatifs aux loyers impayés. La proposition de loi amalgame squats de domiciles, squats de bâtiments vides et situations d’impayés. En réalité, elle constitue un grave recul du droit au logement. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes SOC, LFI-NUPES et Écolo-NUPES.)Par un mélange des genres dangereux entre le squat – occupation illicite d’un logement après violation de la propriété – et le défaut de paiement d’un locataire qui se trouve socialement en danger, vous assimilez un locataire en difficulté à un squatteur. Ce n’est ni moralement ni politiquement acceptable.Cette proposition de loi remet véritablement en cause un corpus de règles, patiemment élaborées, qui visent à protéger la partie réputée la plus faible du contrat, le locataire. Le fait de […]

Ce sont des militants !

Ce sont peut-être des militants mais, chaque jour, ils sont au plus près de ceux qui sont en difficulté. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NUPES et GDR-NUPES.) Ce sont eux que vous devez également entendre ! Cette proposition de loi, d’inspiration finalement très libérale et relevant d’une logique punitive, ne répond pas à l’urgence sociale et ne correspond pas à notre vision apaisée de la cohésion sociale de notre pays. Nous voterons donc cette motion. (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC, LFI-NUPES, Écolo-NUPES et GDR-NUPES.)

Il faut des valeurs, c’est compliqué !

La parole est à M. Philippe Pradal.

J’ai écouté avec grande attention l’ensemble des orateurs qui se sont exprimés sur cette motion de rejet préalable. Le nouveau député que je suis n’y voit que des raisons de poursuivre le débat. En effet, je ne comprends pas le dépôt de cette motion car les orateurs qui souhaitent le rejet du texte nous ont donné des arguments sur lesquels nous échangerons, qui nous permettront d’amender le texte et feront peut-être bouger les lignes. C’est la raison pour laquelle les députés du groupe Horizons et apparentés voteront avec fierté contre cette motion de rejet. (Applaudissements sur les bancs des groupes HOR, RE et Dem.)

Valérie Rabault president · SOC #295

Je mets aux voix la motion de rejet préalable.

#296

(Il est procédé au scrutin.)

Valérie Rabault president · SOC #297

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 193 Nombre de suffrages exprimés 193 Majorité absolue 97 Pour l’adoption 43 Contre 150

#298

(La motion de rejet préalable n’est pas adoptée.) (Applaudissements sur les bancs du groupe RE. – Protestations sur les bancs des groupes LFI-NUPES et Écolo-NUPES.)

Discussion générale

Dans la discussion générale, la parole est à M. Aurélien Taché.

Étant donné que la motion de rejet préalable n’a pas été adoptée, ce que je regrette, je vais parler du fond de votre texte. Je suis obligé de commencer mon propos en vous disant que la proposition de loi, que nous examinons aujourd’hui, est aussi inique que dangereuse. Monsieur le ministre délégué, je suis vraiment très surpris que vous puissiez y souscrire, eu égard à votre parcours, en votre qualité d’ancien maire d’une ville qui a souffert plus que toute autre des marchands de sommeil. (Bruits de conversation sur divers bancs.)Car ce ne sont pas eux que cette loi punira. Non, ils pourront continuer d’exploiter tranquillement les souffrances des plus précaires, en empochant le loyer de logements insalubres, parfois prêts à s’effondrer, comme de tristes exemples nous l’ont récemment rappelé.

Chers collègues, je vous invite à écouter l’orateur ou bien à quitter l’hémicycle.

Mais c’est bien aux plus fragiles et aux locataires en difficulté que vous avez décidé de vous attaquer.Monsieur le rapporteur, peut-être avez-vous été vexé du retrait de l’article le plus brutal de votre proposition de loi, l’article 3, qui visait à créer une sanction pénale pour les personnes qui resteraient dans leur logement lorsqu’une procédure d’expulsion était enclenchée, alors même qu’ils n’auraient nulle part où aller ? Mais vous saviez que vous pouviez compter sur les députés du groupe Les Républicains et ceux du groupe Rassemblement national pour y ajouter une dose encore plus forte d’inhumanité. C’est d’ailleurs ce qu’ils ont fait en commission, en créant deux nouveaux articles nauséabonds.L’un prévoit de libérer le propriétaire d’un bien immobilier de son obligation d’entretien du bien lorsque celui-ci est occupé sans droit ni titre, constituant un véritable blanc-seing […]

Exactement !

Monsieur Kasbarian, même si les seuls sans-abri que vous connaissez sont certainement ceux qu’il vous arrive parfois d’enjamber (Protestations sur les bancs du groupe RE),…

Guillaume Kasbarian rapporteur · EPR #314

Franchement, c’est honteux ! Nous n’avons aucune leçon à recevoir de vous !

Scandaleux !

…je voudrais ici vous rappeler ces quelques chiffres : à la fin du mois d’août 2022, 42 000 enfants vivaient dans des hébergements d’urgence, des abris de fortune ou dans la rue.Selon les données de l’Unicef, de la Fédération des acteurs de la solidarité et de la Fondation Abbé-Pierre, 4 millions de Français sont non ou mal logés.

Ce n’est pas le sujet !

En réalité, votre proposition de loi ne fait que mettre sous le tapis les vrais enjeux du logement aujourd’hui. Vous prétendez sécuriser les rapports entre les propriétaires, les bailleurs et les locataires, mais vous ne vous attaquez jamais au problème à la racine.

Jamais !

Pour nous, écologistes, il est par exemple urgent de s’attaquer au sujet de la garantie universelle des loyers, afin de rassurer les propriétaires et de permettre aux moins bien nés d’entre nous, qui n’ont pas de riches garants pour les protéger, de se loger. Il est aussi impératif d’encadrer ces loyers, qui seront ainsi moins durs à payer. Il faut en finir avec les rentes et avec la spéculation immobilière, qu’Emmanuel Macron lui-même avait, en son temps, dénoncées.Pour conclure, votre proposition de loi est une terrible régression sociale et démocratique, qui va conduire à l’explosion du nombre de sans-abri, à moins que vous n’ayez aussi prévu de réintroduire le délit de vagabondage, pour envoyer toutes les personnes sans domicile fixe en prison. Bref, toujours à court d’idées pour éradiquer la pauvreté, vous en débordez pour la criminaliser. C’est pourquoi les écologistes […]

Excellent !

La parole est à M. Stéphane Peu.

Cette proposition de loi va dans la mauvaise direction. Notre pays traverse une crise terrible : 4 millions de personnes sont sans domicile ou mal logées. Or vous choisissez ce moment pour partir en croisade contre les squatteurs,…

Quelle indécence !

…ou plutôt, en réalité, contre les locataires en difficulté.

C’est faux !

Ce texte ne répond en rien au fond du problème : comment faire pour que la fragilisation de celles et ceux qui ne peuvent pas – ou plus – faire face aux charges du logement n’entraîne pas les petits propriétaires dans la spirale du déclassement ? Si l’intention des auteurs avait été de traiter cette question – comment procéder pour que les difficultés des uns ne rejaillissent pas sur les autres –, sans doute auraient-ils dû remettre sur la table le projet avorté de la garantie universelle des loyers, ou proposer de revaloriser les APL, insuffisantes.Cependant, soigner et protéger ne sont pas les objectifs de cette proposition de loi. Elle est d’abord une loi d’affichage, qui vise à monter en épingle des faits isolés et largement médiatisés pour verser dans un populisme inquiétant, sous les applaudissements de l’extrême droite (Applaudissements sur les bancs du groupe Écolo-NUPES ainsi […]

C’est grâce à vous, vous avez voté pour Macron !

En effet, alors que le logement est un droit à valeur constitutionnelle, vous n’avez eu de cesse d’en faire une marchandise. Vous avez fait du logement social le parent pauvre des politiques publiques et mis à genoux les offices HLM. Vous avez réformé les aides au logement et économisé plus de 1,5 milliard d’euros par an, sur le dos des allocataires. Que votre proposition de loi puisse générer plus de détresse, plus de chaos, et accessoirement engorger un peu plus des tribunaux saturés, sans régler aucun problème, vous n’en avez cure. Au lieu de le traiter, vous criminalisez le mal-logement.Vous nous invitez ainsi, à l’article 2, à élargir la procédure d’expulsion extrajudiciaire de l’article 38 de la loi Dalo, en créant une dangereuse confusion entre la violation de domicile – une atteinte inacceptable à la vie privée – et l’occupation, sans droit ni titre, d’un logement vacant : vous […]

La parole est à M. Stéphane Lenormand.

Régulièrement, des faits divers faisant état de logements squattés ponctuent l’actualité. Nous avons tous entendu les histoires de petits propriétaires qui, ayant acheté un appartement ou une maison pour s’assurer un complément de rémunération, ne le touchent finalement pas car leur propriété a été squattée. Ce phénomène est une réalité, partout en France, mais il touche avec une acuité particulière les territoires d’outre-mer. À Mayotte ou en Guadeloupe par exemple, trop nombreux sont ceux qui voient leurs terrains occupés. Aussi, notre groupe ne se satisfait pas qu’il existe toujours des cas où le droit de propriété – droit fondamental et absolu – soit bafoué. En tant que législateur, nous devons trouver des solutions pour ceux qui se voient dépossédés.Gardons à l’esprit que ces situations, aussi pénibles soient-elles, sont marginales. En 2021, seuls 170 propriétaires ont sollicité […]

Bravo !

La parole est à M. Paul Midy.

Cette proposition de loi vise à lutter contre les squats et contre les contentieux locatifs longs et abusifs pour améliorer la protection des petits propriétaires et bailleurs, mais aussi des locataires, qui peuvent se faire abuser par de faux propriétaires. Je salue le travail du rapporteur Guillaume Kasbarian, qui nous a permis de mener de nombreuses auditions, édifiantes. Il est important que nous nous arrêtions sur quelques exemples très concrets. Dans la Somme, Mégane, 24 ans, n’a plus de logement depuis le décès de sa mère : son seul logement était la maison de sa mère, dont elle a hérité, son unique ressource étant les loyers à percevoir. Or le locataire ne paie plus depuis un an et demi. Elle n’a plus de logement, ni de ressources. Ce qu’elle dit est très clair : « C’est moi qui suis dehors et c’est lui qui est au chaud. »Cécilia a un appartement de 35 mètres carrés en […]

La parole est à Mme Géraldine Grangier.

Cela fait longtemps que le groupe Rassemblement national défend le sujet qui nous réunit. (« Eh oui ! » et applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.) Nous sommes heureux qu’il soit enfin examiné en séance et je me permets à cette occasion de rappeler les dispositions de notre proposition de loi datant déjà de mars 2021.Les atteintes au droit de propriété qui font régulièrement la une de l’actualité depuis des années mettent en évidence que les textes en vigueur sont clairement insuffisants pour défendre ce droit fondamental. Rappelons qu’il fut un temps où la notion même de propriété figurait dans la devise de la République française. La propriété, principe intrinsèque à l’homme, reste inséparable des autres libertés humaines. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)Depuis plusieurs années, et singulièrement depuis le fameux droit au logement opposable, le droit de […]

Eh bien, il faut augmenter les retraites !

Et ces derniers n’ont pas, contrairement aux gros bailleurs, les moyens de faire gérer leurs biens par des tiers ou de les faire protéger par des entreprises de surveillance. Ils se retrouvent donc dans une situation catastrophique lorsqu’ils sont victimes d’impayés ou, pire encore, de squatteurs qu’ils ne peuvent déloger.C’est pourquoi les squats, qui constituent à la fois une violation de la sphère intime et une privation de l’usage de la propriété, sont ressentis si fortement par tous comme une injustice criante. Après les évolutions de la loi Asap en 2020, qui ont déjà permis l’accélération des procédures, ce texte vient conforter de nouvelles possibilités à la main des propriétaires, en clarifiant la définition juridique du squat et en sanctionnant enfin mieux cette infraction. Il vise en outre à accélérer les procédures dans les litiges locatifs, à rendre opératoire la possibilité […]

La parole est à Mme Danielle Simonnet.

Monsieur le rapporteur Kasbarian, votre proposition de loi, c’est une véritable fabrique à SDF. N’avez-vous pas honte ? Face à la crise du logement, à la crise sociale qui s’aggrave de jour en jour, n’avez-vous rien trouvé de mieux que de faciliter les expulsions pour impayé de loyer, que de criminaliser plus encore les occupants sans droit ni titre ?Que celles et ceux qui nous écoutent comprennent bien de quoi il s’agit : en aucun cas ce texte ne concerne les résidences principales et les résidences secondaires qui pourraient se retrouver squattées ; la loi prévoit déjà ces cas-là. L’Observatoire des squats n’a dénombré que 170 cas de squats de domiciles en 2021 et la majorité de ces cas ont été résolus. Passer à trois ans de prison la peine encourue par le squatteur ne changera rien ; non : cette loi permet d’abord d’expulser très rapidement des locataires pour impayés de loyer en […]

C’est bien vrai !

Jusqu’à présent il y avait deux mois entre l’assignation et l’audience, ce qui laissait tout juste le temps d’élaborer un rapport social sur la situation du locataire. Avec la réduction des délais, le juge n’aura plus accès au rapport social. Il ne pourra plus suspendre la résiliation du bail afin de tenir compte de la situation du locataire qui ne peut plus payer son loyer et ne pourra plus proposer son maintien dans les lieux pendant la durée de l’étalement de sa dette. Dorénavant, dès lors qu’une procédure en justice sera engagée pour impayé de loyers, la clause de résiliation du bail pourra être immédiate. Certes, le locataire pourra demander la suspension de cette résiliation du bail ; mais plus de 60 % des locataires ne sont pas défendus à l’heure actuelle, alors comment voulez-vous qu’ils soient capables d’engager cette démarche ? Quelle inhumanité !Avez-vous conscience de tous […]

On compte, chers collègues, 4,1 millions de personnes mal logées et 2,4 millions de demandeurs ; 42 000 enfants sont sans domicile en France ; les loyers sont trop chers et le nombre de loyers impayés explose. Mais vous, votre priorité, c’est d’expulser. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Pire : vous aviez même prévu que si le locataire subissait la résiliation de son contrat tout en restant dans les lieux, il deviendrait locataire sans droit ni titre, donc en situation d’occupation illicite et risquerait trois ans de prison et 45 000 euros d’amendes. Ce texte est une fabrique de sans-abri.Quand Emmanuel Macron promettait en 2017 qu’il n’y aurait plus une personne à la rue, sa solution était-elle donc celle-là : mettre les locataires en impayés de loyers et les sans-abri en prison ?J’ai assisté aux auditions préalables d’avocats spécialistes des occupations illicites […]

Eh bien, oui, c’est ce que nous allons faire ! C’était dans le programme du Président !

Mais alors augmentez ces pensions au lieu de repousser le départ à la retraite à 65 ans ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Parce que, figurez-vous, les locataires qui ont des difficultés pour payer leur loyer, eux aussi, quand ils sont retraités, touchent de trop petites pensions. Alors arrêtez votre hypocrisie : plus de 70 % des logements en location sont détenus par des gros bailleurs, gros bailleurs privés et bailleurs sociaux.Votre texte, c’est du sur-mesure pour la Fédération nationale de l’immobilier FNAIM, qui d’ailleurs ne cesse de le défendre dans nombre de médias. Et pour eux, vous inventez une nouvelle définition du terme « domicile » : un immeuble entier laissé vacant par un professionnel de l’immobilier spécialisé dans la spéculation ? Dorénavant, il s’agira de domiciles si les logements vides sont squattés – alors que la priorité devrait être de les […]

Exactement !

Ce n’est pas parce que votre voiture est vacante que j’ai le droit de la voler !

Le garde des sceaux lui-même a critiqué cette invention du domicile sans meubles. Le logement, pour vous, c’est d’abord et avant tout un produit financier sur l’étal du banquier, et ce placement doit rapporter : il vous faut défendre la rente coûte que coûte. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.) Le logement, pour nous, c’est un droit essentiel. Le droit au logement doit l’emporter sur le droit de spéculer sur le logement.C’est un bien à extraire du marché, de sa financiarisation.

Réquisitions !

Il y a donc bien d’autres mesures à prendre pour résoudre la crise du logement plutôt que de fabriquer des SDF à mettre en prison. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES, dont plusieurs députés se lèvent. – M. Stéphane Peu applaudit également.)

La parole est à Mme Annie Genevard.

L’actualité est régulièrement émaillée de faits de squat privant scandaleusement des propriétaires souvent modestes de l’accès à leurs logements sans que la puissance publique ne parvienne toujours dans des délais acceptables à évincer les délinquants. Et quand les propriétaires y parviennent, c’est généralement pour découvrir un logement dégradé par pure rétorsion. Que les médias s’en fassent l’écho traduit en fait cette impuissance à empêcher le phénomène.Il est intéressant de noter que cette situation, qui n’est pas propre à la France, peut prendre dans certains pays des proportions inquiétantes qui doivent nous inciter à la juguler. Ainsi, en Espagne, le nombre de squats a bondi de 40 % en cinq ans. Mais la réalité, quels que soient les pays, est toujours la même : choc émotionnel, frais d’avocats, réparations importantes, délais insupportables…En 2019, notre ancien collègue Julien […]

C’est la bonne façon de faire.

Avec le rapporteur, et je l’en remercie, nous avons ainsi pu nous mettre d’accord sur un point essentiel : la qualification du squat. Le squat s’apparente au vol,…

Exactement !

…si l’on se réfère aux termes mêmes de l’article 311-1 du code pénal : « Le vol est la soustraction frauduleuse de la chose d’autrui. » Du reste, les peines sont identiques.Revenir sur cette disposition adoptée en commission après un avis favorable du rapporteur enverrait un très mauvais signal. L’un de mes amendements tend toutefois à en revoir la formulation pour des raisons légistiques, ainsi que pour distinguer le quantum de peine d’un squatteur de celui d’un locataire mauvais payeur.

Très bien !

Par ailleurs, si le texte devait être adopté en l’état, certaines situations ne seraient pas couvertes par la loi, ce qui serait regrettable.Ainsi en serait-il des locaux à usage économique tels que les bureaux et les commerces, qui font eux aussi régulièrement l’objet de squats. C’est si vrai qu’un véritable marché est né, avec des sociétés organisant l’occupation de locaux vides par des locataires modestes, qu’il s’agisse d’étudiants, d’apprentis, de jeunes travailleurs ou de fonctionnaires. Ces résidences temporaires tiennent les squatteurs à distance, tout en proposant des logements à des prix imbattables. Je présenterai ainsi un amendement visant à élargir à l’occupation illicite de locaux commerciaux ou économiques la peine prévue par la proposition de loi. (M. Éric Pauget applaudit.)Un autre point me préoccupe : si ce texte est adopté, la même peine s’appliquera désormais au […]

Elle a raison !

L’un des principes de notre droit est en effet la proportionnalité de la peine.Imaginons deux cas de figure. Premier exemple : un propriétaire effrayé par la lenteur des procédures et les frais d’avocat décide de payer le squatteur pour qu’il s’en aille ; ce serait considéré comme une manœuvre. Deuxième exemple : un propriétaire change la serrure de son bien pour empêcher le squatteur d’y revenir ; ce serait aussi vu comme une manœuvre. Dans les deux cas, le propriétaire en question risque une peine de trois ans de prison et de 45 000 euros d’amende, tout comme celui qui se sera introduit dans son domicile. Ce n’est ni compréhensible, ni admissible.

Scandaleux !

Voilà pourquoi je présenterai un amendement visant à établir une peine raisonnable et proportionnée pour les propriétaires qui, souvent désespérés, tentent pacifiquement, c’est-à-dire sans violence, ni menaces, ni voie de fait, de rentrer dans leur bon droit.

Merci, madame la députée.

Le squat ne saurait être la réponse au mal-logement, qui est une réalité que nul ne nie, mais qui n’autorise pas à violer la loi. La propriété est un droit « inviolable et sacré ».

Il faut conclure, chère collègue.

J’invite la majorité et le Gouvernement à ne pas se montrer frileux et à prendre courageusement le problème à bras-le-corps.

On a compris !

Le temps est écoulé, chère collègue.

Si tous ceux qui ont des difficultés à se loger s’estimaient légitimes à squatter, nous voyons bien à quel désordre cela conduirait. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)

Guillaume Kasbarian rapporteur · EPR #412

Très bien.

La parole est à M. Éric Martineau.

Le droit à la propriété, inscrit dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, constitue l’un des principes fondamentaux de notre Constitution : aussi devons-nous agir lorsqu’il est remis en question. Les affaires récurrentes d’occupation illicite de logements sont peu nombreuses, mais n’en demeurent pas moins réelles. La loi doit donc évaluer, lorsque cela est possible et utile.Le squat est d’ores et déjà puni par notre droit. En effet, une procédure accélérée d’expulsion des squatteurs a été instaurée en 2007, mais des fragilités subsistent. De plus, il existe des situations qui marquent l’actualité, mais qui n’ont rien à voir avec ce phénomène, en ce qu’elles relèvent des relations entre un bailleur et un locataire.Le groupe Démocrate (MODEM et indépendants) salue la démarche et la volonté du rapporteur de venir à bout de ces affaires qui mettent parfois les […]

Oui !

À titre d’exemple, nous considérons que la caractérisation légale du squat proposée par le texte va dans le bon sens, tout comme l’augmentation des sanctions contre les marchands de sommeil que nous avons votée en commission.Cela étant, notre groupe souhaite que toutes les situations soient prises en considération, car si des abus existent, il arrive également que les locataires concernés soient en grande difficulté. En de pareils cas, les pouvoirs publics doivent être présents pour fournir une aide et prendre le relais.Ainsi, au cours de nos débats, nous tâcherons de distinguer les différents types de situations, et nous appelons de nos vœux au partage de cette méthode par l’ensemble de nos collègues. Veillons à ce que les dispositions votées soient applicables, efficaces et conformes à l’objectif poursuivi. Et préservons l’équilibre entre les droits des propriétaires et ceux des […]

La parole est à M. Gérard Leseul.

Avec cette proposition de loi visant à protéger les logements contre l’occupation illicite, vous tentez de répondre à quelques rares affaires de squat récemment médiatisées – 170 expulsions ont eu lieu en 2021 – tout en vous penchant sur les litiges entre les locataires et les propriétaires au sujet des loyers. Ainsi ce texte fait-il des amalgames entre squats de domicile, squats de bâtiments vides et locataires en situation d’impayés. (M. François Piquemal applaudit.)Je tiens à vous faire part de la très vive inquiétude du groupe Socialistes et apparentés s’agissant de la confusion que ce texte tend à opérer entre les trois notions que je viens d’énumérer, en assimilant injustement les locataires en difficulté à des délinquants.

Absolument !

La baisse des APL à laquelle vous avez procédé dans votre précédent quinquennat, puis la réforme des « APL en temps réel », qui a réduit les périodes d’actualisation des droits, se sont traduites, rappelons-le, par une augmentation de l’insécurité financière des locataires les plus modestes.Après ces premiers coups de canif dans la protection des locataires modestes, et sous couvert d’une volonté de protection des propriétaires, voici donc que vous stigmatisez une fois encore une population socialement précaire, au lieu de créer les protections nécessaires aussi bien pour les locataires que pour les bailleurs.La loi du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs est un texte reconnu pour son équilibre dans la relation contractuelle entre le propriétaire et le locataire. Pourquoi donc vouloir le bouleverser ? Par cette proposition de loi, vous remettez en cause le corpus de […]

Merci, monsieur Leseul.

La concertation parlementaire que les membres du Gouvernement et certains orateurs des groupes ont saluée n’a finalement réuni que les bancs de la droite.Pour toutes ces raisons, et en l’état actuel du texte, notre groupe votera contre. (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC et Écolo-NUPES. – MM. Sébastien Delogu et Stéphane Peu applaudissent également.)

La parole est à M. Philippe Pradal.

Nous commençons ce soir l’examen d’un texte que de nombreux Français attendent. Le droit à la propriété et son respect, comme la confiance en la justice, sont des piliers de notre société. Chaque citoyen doit se sentir en sécurité dans son domicile et avoir l’assurance que nul ne peut le déposséder, le dépouiller du jour au lendemain.J’emploie volontairement des mots forts car le choc et l’incompréhension que connaissent les Français ainsi mis à la porte de chez eux, non pas pour des raisons dont ils seraient la cause, mais par la faute d’un délit commis par autrui, sont immenses.Nous ne cherchons pas à remettre en question le droit au logement opposable et le droit pour chacun à avoir un toit, mais précisément à les renforcer. Il ne saurait y avoir une loi pour les occupants légaux et une autre qui protégerait les délinquants. Il n’y en a qu’une qui doit veiller à l’intérêt général […]

Très bien !

…ou encore la prorogation d’une expérimentation sur l’occupation temporaire des logements. Cet équilibre entre l’accès temporaire à des biens inoccupés, qui peut répondre aux besoins d’hébergement, et le soulagement apporté aux occupants légaux ou propriétaires victimes nous semble aller dans le bon sens. Nous proposons d’ailleurs de faciliter la charge de la preuve qui incombe à l’occupant légal, qui doit démontrer que le logement occupé est bien le sien, en permettant au préfet de solliciter en urgence des vérifications auprès de l’administration fiscale.Conscient que ce sujet a été travaillé en profondeur avec des argumentaires détaillés, le groupe Horizons et apparentés se félicite de la cohérence et de l’efficacité qui résulteront de l’adoption du texte. Nous voterons donc en sa faveur et espérons de nos débats qu’ils permettront d’aboutir à un texte indiquant clairement la […]

La parole est à M. Nicolas Dupont-Aignan.

Nous voilà réunis pour débattre de l’occupation illicite des logements, un sujet grave qui, vous le savez, révolte bon nombre de nos concitoyens. Je ne vais pas revenir sur les exemples du véritable enfer et de l’inversion complète des valeurs que vivent chaque année de nombreux Français, plusieurs ont déjà été cités. (M. Sébastien Delogu s’exclame.)J’ai déposé trois propositions de loi, en 2015, en 2018 et en 2020, pour mettre en place une procédure d’urgence, pour durcir les peines et pour prendre en compte les résidences secondaires autant que les résidences principales. Heureusement, à force de persuasion, la loi du 7 décembre 2020 a permis, il faut le reconnaître, une réelle accélération des procédures d’expulsion. Votre proposition de loi, quant à elle, va dans le bon sens : elle renforce ces dispositions en durcissant la réponse pénale, en intégrant le logement non meublé, en […]

C’est Dupont-Aignan qui le dit !

Il se gauchise…

Pour réconcilier propriétaires et locataires et conserver un équilibre satisfaisant dans leurs relations, il faut d’abord traiter la cause des tensions : la grave crise du logement que connaît notre pays et qui est la conséquence de votre politique. Votre majorité a sacrifié le secteur de la construction.

C’est clair !

Même le journal Le Monde, dans son édition du 1er février 2022, s’en est ému en rappelant que vous avez réalisé 15 milliards d’économies sur ce secteur lors du premier quinquennat.Votre politique de gribouille en matière de logement social a essoré les finances des bailleurs sociaux en imposant la fameuse taxe pour compenser la baisse des APL. L’État, avec ses grands discours, donne en permanence des leçons de logement social alors qu’il ne subventionne quasiment plus la construction de logements sociaux.

Oui !

Je peux en témoigner : un programme de construction de sept logements sociaux de la ville de Yerres coûtant 942 000 euros n’a reçu que 20 000 euros d’aide de l’État, soit moins de 2 % du coût total.

Il a financé la pose des poignées de porte !

Depuis dix ans, les dépenses de l’État en matière de logement social diminuent chaque année.Aujourd’hui, le logement social repose sur les financements des collectivités locales, que par ailleurs vous avez asphyxiées avec la suppression de la taxe d’habitation, conduisant les communes à augmenter la taxe foncière pour se rattraper, ce qui pénalise d’autant plus les propriétaires qui investissent. Un bailleur social me confiait récemment qu’il y a quinze ans, il pouvait lancer une opération avec seulement 15 % de fonds propre, mais qu’aujourd’hui il lui en faut 25 %. Ajoutez à cela les obligations de rénovation énergétique, qu’ils doivent financer, et vous comprendrez aisément pourquoi le nombre de logements mis en chantier est insuffisant.Enfin, la crise énergétique, que vous amplifiez en refusant de revenir à un prix national de l’électricité, va, malgré le bouclier, paupériser un peu […]

Valérie Rabault president · SOC #482

La discussion générale est close.La parole est à M. le rapporteur.

Guillaume Kasbarian rapporteur · EPR #484

Je voudrais répondre à quelques-unes des interrogations et des interpellations qui m’ont été adressées.Monsieur Peu, vous avez affirmé que la proposition de loi risquait d’affaiblir le droit au logement. En réalité, la majorité a toujours mené une politique ambitieuse dans ce domaine.

On n’a jamais construit aussi peu de logements sociaux !

Guillaume Kasbarian rapporteur · EPR #487

Qui a mis en place l’encadrement des loyers ? C’est la majorité ! Qui a mis en place l’été dernier le plafonnement de la hausse des loyers ? C’est la majorité ! (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NUPES.) Qui a étendu la garantie Visale ? C’est la majorité ! Qui a imposé des obligations aux propriétaires pour la rénovation thermique des logements pour éviter les passoires thermiques ? C’est la majorité !

Avec quels moyens ?

Guillaume Kasbarian rapporteur · EPR #489

Monsieur Peu, nous faisons du « en même temps » : nous menons une politique du logement ambitieuse qui, en même temps qu’elle protège les locataires, fait respecter le droit de propriété. C’est cette politique du « en même temps » que nous cherchons à réaliser. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes RE et HOR.)Je voudrais remercier le groupe LIOT et MM. Lenormand et Naegelen pour leur travail constructif en commission des affaires économiques. Nous avons repris, en commission, certains des éléments des propositions de loi successives de M. Naegelen, et je pense que nous pourrons en reprendre également au cours de la discussion en séance publique.Je remercie également Paul Midy, pour son soutien sans faille, ainsi que plusieurs autres députés du groupe Renaissance pour leurs ajouts au texte : je pense notamment au renforcement des sanctions à l’encontre des marchands de […]

Guillaume Kasbarian rapporteur · EPR #494

Nous n’avons pas attendu la proposition de Mme Le Pen pour nous intéresser aux questions difficiles des situations de squat, puisque nous y avons répondu en 2020 par l’article 73 de loi Asap qui a permis de rendre effective la procédure express d’expulsion des squatteurs qui n’avait pas été modifiée depuis 2007 et qui ne fonctionnait pas. Elle l’a fait en créant des délais, qui n’existaient pas auparavant, en incluant les résidences secondaires, en imposant aux préfectures de répondre aux situations de squat et en autorisant les ayants droit à y recourir.J’ajoute que la proposition de loi que vous avez déposée le 2 novembre, donc postérieurement au dépôt de la proposition de loi du groupe Renaissance, ne concerne que les squats et n’aborde pas la question des impayés, alors que nous avons choisi de résoudre la situation de propriétaires, qui peuvent se retrouver avec des impayés de […]

Guillaume Kasbarian rapporteur · EPR #499

…je salue votre anaphore « Dehors, expulsion ! ». Vous avez participé avec moi à toutes les auditions menées par notre commission, sauf à celle des représentants des victimes de squatteurs et d’impayés.

J’ai fait celle des avocats !

Guillaume Kasbarian rapporteur · EPR #501

Oui, mais les avocats ne sont pas des victimes.Vous savez bien que la procédure actuelle est extrêmement longue. Imaginons un propriétaire se retrouvant face à une situation d’impayé en janvier 2023. Il doit d’abord procéder à un rappel amiable avant que le commandement de payer ne puisse être adressé au locataire en février. L’assignation en justice ne pourra être faite que deux mois après, soit en avril. Une audience pourra être fixée en juin, mais cela dépend des tribunaux.

Donnez des moyens à la justice !

Guillaume Kasbarian rapporteur · EPR #504

Avant que le tribunal ne délivre un constat de résiliation et un commandement de quitter les lieux, plusieurs mois d’attente peuvent encore être nécessaires en raison, par exemple, d’un report d’audience ou d’une demande d’aide juridictionnelle. Il faut encore ajouter plusieurs mois pour la demande de concours de la force publique. Les locataires ou les squatteurs pourront enfin être expulsés des lieux, en dehors de la période de la trêve hivernale, sous réserve d’un éventuel délai accordé par les juges.Une procédure prévoyant que, un mois après la constatation d’un impayé, c’est « Dehors, expulsion ! », pour reprendre votre anaphore, serait excessive, mais ce n’est pas ce que nous proposons. Nous ne supprimons aucune des étapes de la procédure. Nous nous contentons d’accélérer le délai entre les étapes d’une procédure que nous respectons parfaitement. Certes, nous raccourcissons les […]

On verra !

Effectivement, on verra !

Guillaume Kasbarian rapporteur · EPR #509

Je tenais également à remercier les membres du groupe Démocrate (MODEM et indépendants) pour leur soutien en commission et pour les avancées qu’ils ont défendues. Certains, parmi vous, veulent aller plus loin sur certains sujets, en proposant notamment l’extension de la procédure prévue à l’article 38 de la loi Dalo. Je pense que nous pourrons trouver une réécriture qui convienne à tous.Monsieur Leseul, vous déclarez que c’est la crise du logement qu’il faut combattre. Justement, nous ne faisons pas autre chose avec cette proposition de loi. En réalité, c’est parce que l’offre de logements s’est tarie, qu’elle est insuffisante, que les prix augmentent et que la pénurie est apparue. Si l’on veut encourager l’offre – l’investissement locatif, le choix par des propriétaires de mettre en location des biens soit vacants, soit loués sur Airbnb en tant que meublés de tourisme –, il faut […]

Occupez-vous plutôt des fraudes des propriétaires !

Guillaume Kasbarian rapporteur · EPR #512

Si tant de papiers, de garants, de cautions, sont demandés aux candidats à la location, c’est selon moi parce que les propriétaires essaient de se prémunir contre le risque d’impayés. N’opposons donc pas notre action à la lutte contre la crise du logement.Nous essayons de rassurer les propriétaires qui craignent de louer leur bien à des Français de manière standard, de les dissuader de le proposer comme meublé de tourisme sur Airbnb, en leur garantissant que les loyers impayés ne pourront pas s’accumuler pendant des années, grâce à une procédure accélérée – quoique respectueuse de l’ensemble des étapes.Je remercie les membres du groupe Horizons et apparentés, notamment M. Pradal, pour leur soutien en commission, répété à la tribune de cet hémicycle Vous défendez des amendements visant à faciliter l’application de la procédure prévue à l’article 38 de la loi Dalo, en autorisant le maire […]

Et le Guide du bon spéculateur ?

Guillaume Kasbarian rapporteur · EPR #517

L’ouvrage instruit chacun – les délinquants, en réalité – sur la manière de choisir son propriétaire pour profiter de l’eau et de l’électricité à tous les étages, et ainsi de suite.

Éric Dupond-Moretti garde des sceaux #518

C’est hallucinant !

Guillaume Kasbarian rapporteur · EPR #519

On ne peut pas laisser passer cela ! Votre proposition a été suivie avec attention par les sénateurs, dont je salue le travail et la constance sur ce sujet. Nous pourrons coconstruire le texte avec eux, en vue de sanctionner plus durement celles et ceux qui font l’apologie du squat et enseignent les manières de contourner la loi ou d’exploiter les ficelles permettant de faire durer le squat.Enfin, je ne répondrai pas à M. Taché, parce que tout ce qui est excessif est insignifiant.

Quel mépris !

Il est parti !

Guillaume Kasbarian rapporteur · EPR #523

Nous pouvons à présent, je crois, entrer dans le détail des articles. (Applaudissements sur les bancs du groupe RE ainsi que sur plusieurs bancs des groupes Dem et HOR.)

Discussion des articles

Valérie Rabault president · SOC #525

J’appelle maintenant, dans le texte de la commission, les articles de la proposition de loi. Je vous informe qu’en application de l’article 95, alinéa 4, du règlement, l’Assemblée examinera par priorité les articles 2 ter à 5.

Article 2 ter (appelé par priorité)

La parole est à M. Frédéric Maillot.

Monsieur le rapporteur, avant d’être élu de la République, je travaillais dans une boutique solidarité de la Fondation Abbé-Pierre, où j’accueillais des personnes sans logement, qui dormaient dans des bâtiments abandonnés, pour tenter – je dis bien tenter – de passer une nuit tranquille, loin de la violence de la rue. L’abbé Pierre, qui a donc été mon patron pendant onze ans, disait qu’on ne pleure pas devant des chiffres. Laissez-moi toutefois vous en rappeler quelques-uns, déjà mentionnés dans cet hémicycle : le 115 refuse chaque soir un hébergement d’urgence à 6 000 personnes, dont 1 700 enfants. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)Quelque 4 millions de Français connaissent le mal-logement, dont 110 000 chez moi, à La Réunion ; 623 personnes – des hommes et des femmes – meurent chaque année dans la rue. Je vous vois rire, monsieur le rapporteur, mais nous, ça ne nous […]

La parole est à M. Charles Sitzenstuhl.

Alors que nous commençons l’examen détaillé du texte, article par article, il importe de préciser notre philosophie, déjà rappelée par M. le rapporteur. Contrairement à ce qui a pu être dit dans la discussion générale, nous voulons défendre les petits propriétaires – ils se définissent souvent eux-mêmes ainsi ; ce sont des Français de la classe moyenne, qui ont hérité d’un bien ou ont acheté une maison ou un appartement pour investir, souvent pour bénéficier de revenus complémentaires, en prévision de leur retraite.Pas plus tard qu’il y a quelques jours, je tenais une permanence dans ma circonscription, comme beaucoup d’entre vous. J’y ai reçu deux de nos concitoyens, qui avaient insisté pour que je les reçoive rapidement, parce qu’ils savaient que nous allions étudier le présent texte et voulaient témoigner. Ces deux Français, fonctionnaires dans des collectivités territoriales, qui […]

Quel rapport avec l’article ?

En tant que législateurs, nous devrions savoir que le vol est illégal. Rétablissons l’autorité dans notre pays, c’est-à-dire ici le droit de propriété, qui est inviolable et sacré, comme l’ont écrit il y a un peu plus de deux cents ans ceux qui nous ont précédés dans cette fonction. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE. – Mme Maud Petit applaudit également.)

La parole est à M. Sébastien Delogu.

C’est l’histoire d’un couple de jeunes de 25 ans, avec deux enfants en bas âge. Le jeudi 12 avril 2012 à quatorze heures, ils sont expulsés de leur logement par un jugement. Cette famille est perdue, le couple est détruit. Les étapes du parcours du combattant s’enchaînent pour la mère et le père, qui essaient de retrouver un logement. Le père n’assume plus son rôle, le couple se sépare, les enfants perdent leurs repères.Dix ans passent. En 2022, après avoir vécu une suite d’événements tragiques, le père ne visite toujours pas ses enfants, de peur d’être jugé pour ne pas avoir réussi à subvenir aux besoins de sa famille. Cette famille, c’est celle d’un parlementaire assis sur ces bancs, c’est la mienne.Je vous en supplie, ne perdez jamais de vue que le droit fondamental au logement ne peut être mis au même niveau que la rentabilité financière d’un bailleur ; ce qui relève du droit du […]

La parole est à Mme Emmanuelle Ménard.

« La propriété [est] un droit inviolable et sacré » : c’était la promesse du constituant de 1789. Pourtant, depuis des années, cette promesse est mise à mal, quand elle n’est pas totalement bafouée. Ce sont des situations intolérables, quand on sait que la plupart des propriétaires ne détiennent qu’un seul logement et qu’un tiers d’entre eux sont des retraités pour qui le logement constitue un complément de revenus indispensable, compte tenu du faible niveau de leur pension.La présente proposition de loi va dans le bon sens en prévoyant un rééquilibrage absolument nécessaire des droits entre locataires et propriétaires. Cette mesure de justice sociale ne concernera en rien tous ceux qui s’acquittent scrupuleusement de leurs loyers, mais durcira les sanctions pénales. Dorénavant, les squatteurs encourront trois ans de prison et 45 000 euros d’amende. Les notions utilisées pour […]

Valérie Rabault president · SOC #546

La suite de la discussion est renvoyée à la prochaine séance.

Ordre du jour de la prochaine séance

Valérie Rabault president · SOC #549

Prochaine séance, demain, à quinze heures :Questions au Gouvernement ; Suite de la discussion de la proposition de loi visant à protéger les logements contre l’occupation illicite.La séance est levée.

#550

(La séance est levée à vingt-trois heures cinquante-cinq.)

#551

Le directeur des comptes rendus Serge Ezdra