Séance du 23 mai 2023 — 242e séance
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de M. Sébastien Chenu.
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de M. Sébastien Chenu.
Tours 401 à 424 sur 424 — page 3 / 3.
Avant le vote, je vais donner la parole à deux orateurs. Vu l’heure, je demande de respecter les deux minutes imparties à la seconde près. Je n’hésiterai pas à couper les micros. La parole est à M. Jean-Charles Larsonneur.
Je salue l’honnêteté intellectuelle du ministre et son intérêt pour les concepts. Je serai plus pragmatique et direct : chers collègues de la NUPES, non contents de vouloir rendre le monde plus dangereux en désarmant unilatéralement, vous nous projetez en pleine planification Potemkine (M. Matthias Tavel proteste) d’on ne sait quelle future solution, que je trouve assez délirante pour des raisons déjà évoquées.
Il n’a pas suivi le débat !
Il n’a pas compris !
Si vous voulez décourager et dissuader sans la dissuasion nucléaire française, il existe un truc qui s’appelle l’Otan ; je suis ravi d’apprendre que vous la soutenez ! En prime, vous bénéficierez de la bombe atomique américaine.
Quelle bouillie !
La parole est à M. Aurélien Saintoul.
Notre collègue Larsonneur nous avait habitués à des propos plus construits. Ceux qu’il vient d’exprimer sont en contradiction avec le ministre, qui, lui, aura tenu jusqu’à minuit sans faillir.Monsieur le ministre, vous évoquez l’idée d’une dissuasion alternative qui serait, par nature, terrifiante. Elle serait peut-être aussi moins létale. En tout état de cause, vous tracez les coordonnées de la réflexion qui doit s’ouvrir. (M. Emmanuel Taché de la Pagerie s’exclame.) J’ai entendu Mme Le Hénanff le dire : rien ne permet de garantir la crédibilité de la dissuasion dans soixante ou quatre-vingts ans, puisque les ruptures technologiques qui pourraient advenir nous sont, par définition, inconnues. Il ne faut donc pas s’interdire la réflexion.
Qu’est-ce que vous êtes pontifiant !
Parce que le doute ne pèserait sur la dissuasion nucléaire que dans plusieurs décennies, il faudrait s’interdire de penser dès maintenant ? Il y a là quelque chose de malsain.
Oui, chez LFI !
Quelque chose de dangereux et de non pertinent, à tout le moins. Vous ne pouvez pas prendre prétexte d’un doute, qui ne surviendrait que dans quarante ou cinquante ans grâce à notre anticipation, pour vous interdire d’agir aujourd’hui.
C’est l’Évangile selon Saintoul !
Il ne s’agit plus d’un raisonnement rationnel, mais d’une logique de pur affichage qui ne convaincra personne, pas même nos compétiteurs. Eux-mêmes développent sans doute déjà des programmes de dissuasion crédibles reposant sur des moyens cyber, spatiaux, etc.Si la pureté de la doctrine de la dissuasion nucléaire est aujourd’hui séduisante, monsieur le ministre, je rappelle qu’elle n’a pas toujours été aussi pure, mais vous le savez parfaitement. La première idée du général de Gaulle en développant l’idée d’armement tactique consistait à s’assurer de la possibilité d’une intervention américaine.
Merci, monsieur le député !
Il y a beaucoup… (Le président coupe le micro de l’orateur.)
Je mets aux voix les amendements identiques nos 518, 1486, 1602 et 1607.
(Il est procédé au scrutin.)
Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 112 Nombre de suffrages exprimés 111 Majorité absolue 56 Pour l’adoption 23 Contre 88
(Les amendements identiques nos 518, 1486, 1602 et 1607 ne sont pas adoptés.)
La suite de la discussion est renvoyée à la prochaine séance.
Prochaine séance, aujourd’hui, à quinze heures : Suite de la discussion du projet de loi relatif à la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense. La séance est levée.
(La séance est levée le mercredi 24 mai 2023 à zéro heure dix.)
Le directeur des comptes rendus Serge Ezdra