Séance du 7 décembre 2023 — 78e séance
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Valérie Rabault.
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Valérie Rabault.
| N° | Scrutin | Voix | Résultat |
|---|---|---|---|
| 3183 | la proposition de résolution appelant à la dénonciation, par les autorités françaises, de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 (art. 34-1 de l… | 114 / 151 | rejeté |
Tours 601 à 720 sur 720 — page 4 / 4.
C’est le sens de l’assimilation traitée dans l’article 4 qui a donné lieu en commission à des détournements de sens intellectuellement malhonnêtes. Les Bretons y ont vu une atteinte portée à leur identité, d’autres y ont même vu des relents de colonialisme (M. Antoine Léaument acquiesce) – c’est ridicule.
Absolument !
Il faut diminuer l’immigration, pour les étrangers eux-mêmes, ceux qui aiment la France et veulent y vivre et s’y intégrer. Cependant, depuis dix ans, à quoi avons-nous assisté ? À l’utilisation d’un instrument de régularisation permanent, avec la circulaire Valls du 28 novembre 2012. Manuel Valls, après avoir déclaré en 2012 que « L’immigration a été, est, et continuera d’être […] une chance » pour la France, a reconnu dix ans après, alors qu’il n’était plus en capacité de le faire, qu’« il faut arrêter l’immigration ». On ne peut être plus clair. Toutefois, la lucidité n’est crédible que quand elle peut se traduire en actes.Le projet de loi pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration, censé résoudre le détournement du droit d’asile, a de fait élargi les possibilités d’y avoir recours. Durcir et assouplir à la fois est impossible. Il faut un message clair et une politique […]
Très bien !
L’article 8 complète les dispositions relatives à l’asile et prévoit que les demandes soient effectuées en dehors du territoire national. En effet, vous l’avez dit vous-même, monsieur le ministre de l’intérieur, une fois que le demandeur d’asile est sur notre sol, même s’il sait qu’il n’y aura pas droit, de recours en recours il s’établit, fonde famille, trouve un travail grâce auquel, du fait de la disposition de l’article 4 bis de votre projet de loi, il pourra à terme être régularisé.Je rappelle que, selon la Cour des comptes, 96 % des demandeurs d’asile déboutés restent en France.
Eh oui !
C’est un vrai problème, auquel il faut apporter des solutions.Nous vous faisons une proposition.
On peut y travailler.
Vous la jugez inadaptée, mais vous ne pouvez pas ignorer ce problème.
Eh oui ! Elle a raison !
Monsieur le garde des sceaux, chacun sait que le juge supplante trop souvent le politique. Le poids grandissant de la jurisprudence française et européenne contribue à une certaine impuissance publique, comme le dit Michèle Tribalat.
C’est la vérité !
La France n’est-elle pas régulièrement condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme,…
À raison !
…ou par la Cour de justice de l’Union européenne ? N’est-elle empêchée dans ses décisions, par exemple lorsqu’elle veut expulser un étranger, si dangereux soit-il, dès lors qu’il pourrait être exposé à de mauvais traitements dans son pays, qu’il risque d’y être jugé inéquitablement ou que sa santé est menacée ?
Quel est le problème ?
Le danger reste donc sur notre sol.
Absolument !
C’est vous, le danger !
L’article 7 permet l’éloignement des étrangers représentant une menace pour l’ordre public ou ayant été condamnés à une peine d’emprisonnement. Comment comprendre que la majorité ait voté avec La France insoumise contre cet article ? C’est indigne !
Merci, madame la députée. Votre temps de parole est écoulé.
Au vu des amendements que vous avez déposés, la majorité s’abandonne aux futiles délices de la diversion. Vous irez expliquer à nos concitoyens, ceux-là mêmes qui souffrent de ces problèmes, pourquoi vous leur objectez la préservation de l’environnement et la lutte contre le changement climatique. C’est une provocation dont il n’y a pas lieu d’être fier.
C’est fini !
Neuf Français sur dix veulent une réforme constitutionnelle. (Mme la présidente coupe le micro de l’oratrice, dont le temps de parole est écoulé. – Applaudissements sur les bancs du groupe LR. – Mme Caroline Parmentier applaudit également.)
La parole est à M. Erwan Balanant.
« Est-il raisonnable, mes chers collègues, d’importer dans notre pays déjà si fracturé les débats qui divisent […] ? Est-il raisonnable de vouloir un référendum sur un tel sujet […] ? Vous savez pertinemment que, pour que le texte aboutisse, il faudra en passer par là. » Ces mots ont été prononcés par le président Retailleau lors de l’examen au Sénat de la proposition de loi constitutionnelle visant à protéger et à garantir le droit fondamental à l’interruption volontaire de grossesse.Monsieur le rapporteur, votre proposition de loi constitutionnelle relative à la souveraineté, à la nationalité et à l’immigration – qui fait fi des principes conventionnels et constitutionnels – s’inscrit dans un climat de scepticisme et de défiance à l’endroit de la construction européenne. Comme en commission, j’aborde ce texte avec angoisse et inquiétude. Comment la famille politique des Républicains – […]
Oh là là…
Je ne suis pas sûre qu’ils ne les rattrapent pas !
Il est gonflé !
Je dois toutefois reconnaître que, depuis plusieurs années, vous avez le mérite d’être constants dans cette position quasiment anti-européenne. Déjà, la semaine dernière, lors de nos débats en commission sur le projet de loi pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration, vous avez perdu de longues minutes à débattre d’un amendement visant à rendre inapplicable l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme qui, je le rappelle, porte sur le droit à la vie privée et familiale.Le groupe Démocrate ne peut donc que s’opposer fermement à une telle proposition de loi constitutionnelle qui va à rebours de nos valeurs et de notre attachement à la construction européenne. Ce que vous proposez contrevient à la plus élémentaire hiérarchie des normes, au motif qu’il faudrait sauver notre identité constitutionnelle. Or, ni le Conseil constitutionnel ni le Conseil d’État ne vous […]
Ils ne sont plus là, donc on ne sait pas !
Ils sont partis, en effet. Nous nous targuons tous – à commencer par vous, monsieur le rapporteur – de vivre dans le pays des droits de l’homme. Au-delà des formules, il faut bien comprendre ce que cela signifie : nous avons la chance de vivre dans un pays qui défend des valeurs d’humanisme et de fraternité. Nous devons donc regarder les hommes et les femmes qui rejoignent notre territoire comme de véritables êtres humains, et non comme les variables d’ajustement de notre politique intérieure et de notre politique migratoire. (Mme Soumya Bourouaha applaudit.) Chers collègues du groupe Les Républicains, je pense que vous avez parfois tendance à l’oublier.Vous souhaitez aussi inscrire dans la Constitution le fait que « nul ne peut se prévaloir de son origine ou de sa religion pour se soustraire aux lois de la République ». Je rappelle que le principe de laïcité garantit le respect de la […]
On verra !
…il aurait été logique et tout à votre honneur de retirer votre proposition de loi. L’opportunité d’un tel débat, alors même que les discussions ne sont arrivées à leur terme ni au niveau européen ni en France, est plus que contestable. (Mme la présidente coupe le micro de l’orateur, dont le temps de parole est écoulé. – M. Benoit Mournet applaudit.)
M. Balanant se prend pour le Gouvernement !
Il est dans la majorité, quand même…
La parole est à Mme Cécile Untermaier.
« Immigration de masse » et « chaos migratoire » sont les mots d’ordre de cette proposition de loi constitutionnelle qui fonde sa légitimité sur l’idée d’une submersion migratoire, en agitant les peurs. Si nous n’avons pas toujours su veiller à un meilleur accueil et une répartition optimale des immigrés sur notre territoire,…
Ça, c’est vrai !
…ni contrôler plus efficacement l’immigration clandestine, il est extravagant d’en faire porter la responsabilité à la Constitution. Certes, comparaison n’est pas raison ; mais, en 2008, au moment de l’importante réforme constitutionnelle effectuée sous la présidence de Nicolas Sarkozy, il n’était pas question de perte de souveraineté de la France. Le défi migratoire ne peut justifier un tel changement de pied ; pour nous, il s’agit plutôt d’un appel du pied au Rassemblement national.Sur la forme, de l’aveu même de certains membres du groupe LR, il s’agit d’un texte d’appel. En tant qu’élus, nous portons une lourde responsabilité républicaine. Je m’inquiète donc de voir une partie du groupe LR, qui nous a pourtant habitués à des exigences d’ordre et de droit, répondre ainsi aux sirènes du populisme.Si l’immigration augmente – en raison des désordres géostratégiques, des guerres et du […]
Démagogues, comme le Rassemblement national !
Ils n’aiment pas Jacques Toubon ! Ils n’aiment personne, sauf le RN !
Il faudrait réfléchir à un champ référendaire impliquant une autre organisation, qui permette aux citoyens de s’emparer pleinement des questions posées. La priorité du groupe Socialistes et apparentés est plutôt de faciliter l’accès au référendum d’initiative partagée, dont les conditions d’activation sont très restrictives.
Bravo !
Là encore, une révision constitutionnelle est attendue, mais ce n’est pas celle que vous proposez. Mon groupe votera contre ce texte, tout en constatant que l’extrême droite implante au sein de la droite républicaine son vocabulaire et ses cadres de pensée, ce que nous regrettons sincèrement. (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC et Écolo-NUPES.)En conclusion, je dirai que ce texte n’est ni fait, ni à faire. C’est ainsi que pourrait se résumer l’intervention du ministre de l’intérieur. (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC, Écolo-NUPES, LFI-NUPES et GDR-NUPES).
Écoutez la sagesse de Mme Untermaier !
Impossible, ils sont partis !
La parole est à M. Henri Alfandari.
Recouvrer notre souveraineté en matière d’immigration, tel est l’objectif louable que s’est fixé le groupe Les Républicains à travers cette proposition de loi constitutionnelle.Force est de constater que, depuis 1986, nous avons voté plus de vingt lois sur l’immigration dans cet hémicycle. Pourtant, nous voici une nouvelle fois amenés à débattre de cette question qui – pour des raisons idéologiques mais aussi souvent intimes – nous anime profondément et conduit malheureusement certains à se murer dans des postures regrettables.Oui, pour l’Europe, la question migratoire est avant tout une question de résilience de long terme. Toutefois, elle ne saurait se poser sans tenir compte de la conjoncture géopolitique, dont l’évolution est très difficilement prévisible – qu’on songe aux guerres, aux crises économiques et, bientôt, aux effets du changement climatique. Selon certaines projections […]
La parole est à M. Benjamin Lucas.
Abdellatif Kechiche, c’est la France.Agnès Varda, c’est la France.Alberto Giacometti, c’est la France.Albert Uderzo, c’est la France. Ali Baddou, c’est la France.Amadeo Modigliani, c’est la France. André Gorz, c’est la France.André Masséna, c’est la France.Andrée Chedid, c’est la France.Annie Cordy, c’est la France.
Zidane, c’est la France !
Anselm Kiefer, c’est la France.Balthus, c’est la France.Benoît Poelvoorde, c’est la France.Bernard Stasi, c’est la France.Carla Bruni, c’est la France.
Jordan Bardella, c’est la France !
Carlo Goldoni, c’est la France.Céline Dion, c’est la France.Charles Aznavour, c’est la France.Christo, c’est la France.Costa-Gavras, c’est la France.
Mazarin, c’est la France !
Dalida, c’est la France.Django Reinhardt, c’est la France. Edvard Munch, c’est la France. Elsa Triolet, c’est la France.Emil Cioran, c’est la France.Émile Zola, c’est la France. (Applaudissements sur les bancs du groupe Écolo-NUPES et sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.)
Éric Ciotti aussi, c’est la France !
Emir Kusturica, c’est la France.Emmanuel Levinas, c’est la France.Eugène Ionesco, c’est la France.Éva Joly, c’est la France.Françoise Giroud, c’est la France.Frank Gehry, c’est la France.František Kupka, c’est la France.Frédéric Chopin, c’est la France.Fritz Lang, c’est la France.Georges Moustaki, c’est la France.Zinedine Zidane, c’est la France. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NUPES et GDR-NUPES. – M. Benoit Mournet applaudit également.)Georges Charpak, c’est la France.Henri Verneuil, c’est la France.Henri Weber, c’est la France.Henri Krasucki, c’est la France.Henri Bergson, c’est la France.Ignace Pleyel, c’est la France.Jacques Brel, c’est la France.Jacques Offenbach, c’est la France.Jane Birkin, c’est la France.Jean-Luc Godard, c’est la France. Joe Dassin, c’est la France.Joseph Kessel, c’est la France. Joséphine Baker, c’est la France.Joan Miró, c’est la France.Jules […]
Et Nicolas Sarkozy ?
Rama Yade, c’est la France.Raymond Forni, c’est la France.Renzo Piano, c’est la France.Rika Zaraï, c’est la France.Robert Schuman, c’est la France.Ruwen Ogien, c’est la France.Samuel Beckett, c’est la France.Serge Gainsbourg et sa Marseillaise, c’est la France.Serge Reggiani, c’est la France.
Et Guy Lux ?
Stéphane Hessel, c’est la France.Sylvie Vartan, c’est la France.Vassily Kandinsky, c’est la France.Vincent Van Gogh, c’est la France.Walter Benjamin, c’est la France.Yves Montand, c’est la France. Saliha Aksas, c’est la France.L’accueil, c’est la France. (Applaudissements sur les bancs des groupes Écolo-NUPES, LFI-NUPES, SOC et GDR-NUPES, et sur quelques bancs du groupe RE.)La fraternité et l’immigration, c’est la France. (Mêmes mouvements.)Célèbres ou anonymes, avec ou sans papiers, c’est la somme de ces femmes et ces hommes qui décident de faire nation qui font la France. (« Bravo ! » et applaudissements sur les bancs des groupes Écolo-NUPES, LFI-NUPES, SOC et GDR-NUPES, et sur plusieurs bancs du groupe RE.) Notre nation, ce n’est pas une identité figée, mais un projet républicain sans cesse renouvelé. Nous ne sommes pas, nous ne serons jamais un peuple frileux et replié sur lui-même […]
Très bien !
…une protection pour toutes celles et tous ceux qui, depuis que la France existe, concourent à la construire et à la faire vivre ; toutes celles et ceux qui combattent à ses côtés chaque fois qu’elle est menacée.Voilà pourquoi, loin de céder à vos pulsions mortifères, nous vous proposerons de créer un service public de l’inclusion et d’accorder le droit de vote aux étrangers pour les élections locales, car l’inclusion passe d’abord par un processus civique et républicain. (Applaudissements sur les bancs des groupes Écolo-NUPES et LFI-NUPES.) Parce qu’ils n’ont rien à y faire, nous vous proposerons aussi de ne plus comptabiliser dans les statistiques de l’immigration les étudiants étrangers, qui contribuent au rayonnement de notre pays, à sa richesse, et à son influence dans le monde. Ces étudiants sont notre fierté. Que toutes celles et tous ceux qui, devant un débat public englouti […]
En vous voyant, ce n’est pas étonnant !
…se rassurent : humanistes, républicains, amoureux de la liberté, de l’égalité et de la fraternité, vous avez un étendard derrière lequel vous rassembler – celui des humanistes qui, ici, rejetteront ce projet de révision constitutionnelle ! (« Bravo ! » et applaudissements sur les bancs des groupes Écolo-NUPES, LFI-NUPES, SOC et GDR-NUPES. – De nombreux députés des groupes Écolo-NUPES et LFI-NUPES se lèvent pour applaudir. – Mme Fanta Berete applaudit également.)
La parole est à M. Davy Rimane.
À l’initiative du groupe Les Républicains, nous débattons aujourd’hui de la proposition de loi constitutionnelle relative à la souveraineté de la France, à la nationalité, à l’immigration et à l’asile.Lors de l’examen des articles, je vous proposerai de supprimer l’article 1er, qui dispose que « nul ne peut se prévaloir de son origine ou sa religion pour se soustraire aux lois de la République », car il est déjà satisfait par la Constitution (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES) – même si, dans les faits, on assiste plutôt à une dynamique contraire, qu’illustre parfaitement cette phrase de La Fontaine : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. » (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR-NUPES, LFI-NUPES, SOC et Écolo-NUPES.)L’article 2 vise à élargir le champ du référendum législatif – une demande un brin […]
Très bien !
Il a raison !
Enfin, je dénonce avec la plus grande fermeté l’article 4, qui vise à inscrire dans la Constitution le principe de l’assimilation. L’analyse que l’on en fait dépend évidemment du côté duquel on se trouve : si vous l’estimez positif, monsieur le rapporteur, ce n’est pas ce que j’ai retenu de mon histoire personnelle. Votre collègue sénateur, Bruno Retailleau, a été jusqu’à affirmer que la colonisation avait eu des bienfaits. À mes yeux, l’assimilation, c’est l’effacement de l’autre dans ce qu’il a de plus intrinsèque en lui imposant une autre culture (M. Antoine Léaument applaudit) – un principe que nous ne pourrons jamais cautionner, et dont l’ignominie a d’ailleurs été démontrée par de nombreux anthropologues européens et français. En commission, vous m’avez répondu qu’il figurait dans le code civil. Certes, mais je vous rappelle qu’à l’époque, l’esclavage était régi en toute légalité […]
La parole est à M. Paul-André Colombani.
La Corse, c’est la France. (Sourires.)
Le calendrier d’examen de cette proposition de loi constitutionnelle nous incite fortement à penser que ce texte relève essentiellement d’une démarche de communication politique, et ne permettra donc pas d’améliorer la réponse à l’immigration.Au-delà du fait qu’une telle révision constitutionnelle n’a que peu de chances d’aboutir, le groupe LIOT émet trois réserves principales.Tout d’abord, résolument européens, nous sommes attachés aux valeurs européennes. Or l’article 3, qui tend à permettre de déroger au droit international et européen, impliquerait de dénoncer plusieurs traités. Si les auteurs de cette proposition précisent qu’il s’agit uniquement de préserver « l’identité constitutionnelle de la France », notre groupe tient à rappeler que cette limite a déjà été établie par le Conseil constitutionnel lui-même dans une jurisprudence constante : le texte ne crée donc rien de nouveau […]
Très beau texte !
…comme de toute une série de mesures tendant à protéger les identités régionales. En introduisant dans la Constitution un article 2 disposant que « la langue de la République est le français », l’intention du constituant de 1992 était principalement de combattre l’hégémonie grandissante de l’anglais. Pourtant, et malgré l’introduction d’un article 75-1 dans la Constitution en 2008, à l’initiative de votre famille politique, l’article 2 est, en pratique, systématiquement interprété comme une opposition aux langues régionales. C’est en effet sur ce fondement que l’usage du corse a été interdit à l’Assemblée de Corse au printemps dernier – une décision mal vécue –, et que le préfet a récemment attaqué la décision de l’Assemblée de Martinique de faire du créole la deuxième langue officielle de l’île avec le français. Dans un tel contexte, vous comprendrez que nous ne partageons pas votre […]
La parole est à Mme Marie Lebec.
Après avoir adopté en commission, vendredi dernier, le projet de loi pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration, présenté par le ministre de l’intérieur, nous débattons aujourd’hui de la proposition de la loi constitutionnelle du président Éric Ciotti relative à la souveraineté de la France, à la nationalité, à l’immigration et à l’asile. Vous n’en serez pas étonné, monsieur le rapporteur, les deux textes diffèrent à bien des égards.Cela dit beaucoup de la différence entre nos visions respectives des voies et moyens à emprunter pour mieux maîtriser les flux migratoires, sanctionner les personnes condamnées, améliorer les conditions de délivrance du droit d’asile et réussir l’intégration de celles et ceux qui ont fait le choix de la France, dans le respect de ses valeurs et de ses lois.Cela dit beaucoup, aussi, de l’idée que nous nous faisons respectivement des conditions à […]
La parole est à Mme Edwige Diaz.
Ça va nous faire du changement !
En matière d’immigration, le constat est sans appel : 74 % des Français se déclarent insatisfaits de la politique migratoire menée par le Gouvernement. Face à cette situation, et même si nous sommes habitués aux postures des Républicains, qui, avant chaque élection, tentent de durcir le ton à ce sujet, le groupe Rassemblement national se réjouit de les voir encore une fois se rallier, après les avoir contestées, méprisées, fustigées, aux idées de Marine Le Pen. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)Après tout, peu importe ! Comme beaucoup de Français, nous n’avons pas oublié le bilan catastrophique de leur passage au pouvoir – la présidence de Nicolas Sarkozy, ce sont presque 1 million d’étrangers entrés en France, la double peine assouplie et un Kärcher que nous attendons toujours. Nous n’oublions pas davantage leur part de responsabilité dans l’actuel chaos migratoire […]
Ce n’est pas vrai !
Citons quelques exemples à la volée : selon la secrétaire d’État chargée de l’enfance, un mineur non accompagné coûte entre 60 000 et 100 000 euros par an ; en 2018, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les aides versées aux immigrés s’élevaient à 20,7 milliards d’euros, dont 9,5 milliards d’allocations familiales, 5 milliards d’aides au logement, 6 milliards d’aides contre l’exclusion, principalement le RSA ; et je ne peux pas ne pas évoquer la ruineuse aide médicale de l’État, qui dépasse le milliard d’euros !
Une honte !
De même, qui pourrait ignorer ou nier l’impact de l’immigration sur la politique sociale, alors qu’en 2018, indique le ministère de l’intérieur, un ménage immigré sur trois occupait un HLM ?
Et comment financez-vous les retraites ?
Enfin, les conséquences de cette immigration massive et anarchique…
C’est vous, l’anarchie !
…sont évidemment palpables en matière d’insécurité. Les chiffres du ministère de la justice parlent d’eux-mêmes – un prisonnier sur quatre est étranger –, tout comme les drames abominables qui ont endeuillé la France en frappant Thomas, Lola, Mauranne et Laura, et tant d’autres.
Vautours ! Charognards ! Quelle indécence !
Récupération !
Le texte présenté par Les Républicains vise également à instaurer des quotas migratoires, contre lesquels nous nous sommes toujours battus. Néanmoins, parce que nous travaillons au seul service de l’intérêt des Français,…
Laissez les Français tranquilles !
…nous agirons comme nous le faisons depuis notre élection, en votant pour les textes qui vont dans le bon sens, contre ceux qui vont dans le mauvais, et en tâchant d’amender ceux qui sont perfectibles. Nous invitons l’Assemblée nationale à répondre aux attentes de nos compatriotes en soutenant nos propositions : primauté absolue de la Constitution sur les traités internationaux, intégration à cette même Constitution de la priorité nationale, suppression du droit du sol, répression pénale à l’encontre des passeurs et de leurs complices.
Ce sont vos politiques qui suscitent les passeurs ! Vous remplissez leurs poches !
Adopter nos amendements, ce serait rendre aux Français leur pays ! Cependant, chers collègues du groupe Les Républicains, il est vraisemblable que votre texte ne sera pas adopté, la NUPES restant, de façon irresponsable, profondément immigrationniste (« Eh oui ! » sur quelques bancs du groupe RN) et les macronistes étant fâchés avec le référendum, comme le Président de la République l’a confirmé à Jordan Bardella à l’issue des rencontres de Saint-Denis, en dépit du fait que 75 % des Français y sont favorables. Dès lors, si vous tenez à un référendum sur l’immigration, il ne vous reste qu’une solution : voter pour Marine Le Pen en 2027 ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)
La parole est à M. Antoine Léaument.
Monsieur Ciotti, vous êtes ridicule (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN. – MM. Carlos Martens Bilongo et Benjamin Lucas applaudissent également) : vous voulez inscrire dans notre Constitution quelque chose qui s’y trouve déjà, à savoir le fait que ni la religion ni l’origine ne permettent de se soustraire aux lois de la République. Félicitations, vous venez d’inventer un principe majeur : la loi doit être respectée ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES. – M. Benjamin Lucas applaudit également.) C’est brillant ; on se demande comment personne n’avait eu l’idée avant vous ! En vérité, vous tentez encore une fois un coup de com’ en ciblant à la fois les étrangers et ceux de nos compatriotes dont l’origine ou la religion, comme vous dites, ne vous convient pas.
Exactement !
En ce moment, nombre de nos concitoyens me disent : « Merci, vous me donnez envie de rester en France ». (Rires sur quelques bancs du groupe RN.)
C’est tellement mauvais…
Cela signifie qu’ils sont tentés de la quitter. Parce qu’ils ne l’aiment pas ? C’est tout le contraire : ils l’aiment plus que vous. Seulement, ils ont l’impression de ne plus la reconnaître. À cause de l’immigration ? Non, à cause du racisme ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES. – M. Benjamin Lucas applaudit également.) Ils ont, comme vous dites, une origine – un nom, un prénom, une couleur de peau auxquels on les renvoie sans cesse, lors des contrôles de police, à l’école, sur les plateaux de télévision,…
Exactement !
…lorsque vous, Le Pen ou Zemmour ouvrez la bouche, lorsqu’ils cherchent un travail ou un logement. Pourtant, voyez-vous, ils sont Français. Ils aiment la France, parce que c’est leur pays. Ils y ont grandi, ils y ont leurs amis, leurs parents, leurs enfants, leurs souvenirs et leur avenir. Vous cherchez leurs racines ailleurs : elles sont ici ! Ils aiment la France, mais non celle des rois et des tyrans que La Marseillaise appelle à chasser (Mêmes mouvements), des capitalistes qui laissent mourir des enfants dans la rue, des impérialistes qui pillent le continent africain et voudraient l’importation de ses matières premières sans l’immigration de ses ressortissants (Mêmes mouvements), des groupuscules fascistes qui répandent la haine et la violence. Ils aiment la France de la Révolution, de la République sociale, celle de la devise Liberté, Égalité, Fraternité, celle des droits de […]
La France de l’assistanat !
Qu’est-ce que la France, monsieur Ciotti ? Ce n’est pas le territoire exigu de l’Hexagone, comme le savent bien nos compatriotes ultramarins, eux qui réclament qu’elle soit à la hauteur des promesses de la République. Ce n’est pas une religion : toutes coexistent chez nous, et la moitié des Français n’en ont aucune. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES. – M. Benjamin Lucas applaudit également.) Ce n’est pas une langue : vingt-neuf pays ont le français pour langue officielle et ce n’est pas la France, mais la République démocratique du Congo qui en compte le plus de locuteurs. Ce n’est pas une couleur de peau : notre peuple est métissé. (Mêmes mouvements.) Bonne nouvelle, d’ailleurs, car cela révèle que lorsque les Français font des enfants, ils se fichent de la couleur : ils ne pensent qu’à l’amour, à l’amour et non à la haine !Qu’est-ce donc que la France ? Ce sont […]
Celle qui hait Ruth Elkrief !
…celle qui chante « Macron démission » et « Allons enfants de la patrie ! »,…
Et les slogans de la CGT !
…celle qui ne baisse jamais les yeux. Cette France reste fidèle aux principes de la Ire République, à la Constitution du 24 juin 1793, disposant que « tous les hommes sont égaux par la nature et devant la loi », que « le but de la société est le bonheur commun » et l’insurrection « le plus sacré des droits », que peut devenir citoyen de la République l’étranger qui y vit depuis un an, que « le peuple français est l’ami et l’allié des peuples libres » et « donne asile aux étrangers bannis de leur patrie ». Avouez-le : davantage que du Larcher ou du Ciotti, on dirait du Mélenchon. Lui n’a pas choisi, comme vous, de privatiser le nom de Républicain, mais d’en suivre le programme, qui tient en trois mots – non pas « Ferme ta gueule », mais Liberté, Égalité, Fraternité. Soyez polis et tenez-vous le pour dit ! (Les députés du groupe LFI-NUPES, ainsi que M. Benjamin Lucas, se lèvent et […]
Les Français ne veulent pas la révolution. Vive Larcher !
La parole est à M. Nicolas Dupont-Aignan.
Philippe Séguin, le 5 mai 1992, prononçait à cette tribune son fameux discours pour la France qui annonçait toutes les dérives et tous les dégâts malheureusement causés à notre pays par la fuite en avant supranationale de l’Union européenne. Il indiquait notamment – et c’est le cœur du débat qui nous occupe aujourd’hui : « Depuis que la règle de la majorité s’applique de plus en plus largement dans les prises de décision du Conseil européen et que les jurisprudences convergentes de la Cour de cassation et du Conseil d’État admettent que les traités et le droit communautaire qui en est dérivé bénéficient d’une primauté absolue sur nos lois nationales, le Gouvernement, dès lors qu’il est en minorité au Conseil, n’a plus son mot à dire pour infléchir les règles communautaires jugées inacceptables pour la France. »En matière d’immigration, de droit d’asile, de contrôle des frontières, ces […]
Donc, avec des traités ?
…dans une Europe des nations et des projets à la carte, pourra enfin régler ses problèmes et redonner un sens au suffrage de nos concitoyens. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)
La discussion générale est close.La suite de la discussion est renvoyée à la prochaine séance.
Prochaine séance, cet après-midi, à quinze heures :Suite de la proposition de loi constitutionnelle relative à la souveraineté de la France, à la nationalité, à l’immigration et à l’asile ; Discussion de la proposition de loi visant à améliorer l’accès aux soins par la territorialisation et la formation ;Discussion de la proposition de résolution, déposée en application de l’article 34-1 de la Constitution, visant à rendre effectifs les soins palliatifs sur tout le territoire national ;Discussion de la proposition de loi visant à relancer l’organisation des classes de découverte ;Discussion de la proposition de loi portant plan d’urgence pour le recrutement et la formation initiale des enseignants du second degré ;Discussion de la proposition de loi visant à baisser le prix des billets des trains express régionaux par une fiscalité allégée ;Discussion de la proposition de loi, adoptée […]
(La séance est levée à treize heures cinq.)
Le directeur des comptes rendus Serge Ezdra