Séance du 17 décembre 2025 /// n°96 /// 429 prises de parole
VERBATIM
Assemblée nationale · XVIIe législature · maj quotidienne
Séance publique · Assemblée nationale · 17e législature · session Session ordinaire 2025 -2026

Séance du 17 décembre 2025 — 96e séance

Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet.

429prises de parole
94orateurs
24points à l'ordre du jour
2scrutins

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ScrutinVoixRésultat
4801 l'article unique du projet de loi autorisant l'approbation de la convention de coopération judiciaire internationale entre le Gouvernement de la Répub… 103 / 0 adopté
4802 la déclaration du Gouvernement portant sur la lutte contre le narcotrafic et la criminalité organisée (application de l'article 50-1 de la Constitutio… 394 / 61 adopté

Verbatim Le compte rendu

Tours 201 à 400 sur 429 — page 2 / 3.

Déclaration du gouvernement sur la lutte contre le narcotrafic et la criminalité organisée

La parole est à M. le ministre de l’éducation nationale.

Le message est clair : la drogue est partout !

Édouard Geffray ministre de l’éducation nationale #468

Si l’intérieur de l’école est relativement préservé grâce aux équipes pédagogiques et éducatives, elle n’échappe pas au narcotrafic présent dans son environnement et à ses conséquences délétères. Il ne s’agit pas de faits isolés – contrairement à ce qu’on pourrait croire –, mais d’une logique d’emprise, progressive et structurée, qui finit par étouffer les élèves, leurs parents, toute une communauté de vie et qui, dans les quartiers concernés, met l’école sous pression.S’agissant de l’état des lieux, deux chiffres éclairent l’évolution entre 2022 et 2025 : les signalements, effectués par les chefs d’établissement, liés à la détention et à la consommation de drogue ont augmenté de 16 % ; les signalements liés au trafic dans ou aux abords des établissements, de 56 %. Le phénomène touche aussi bien les métropoles que les territoires ruraux et, dans les trois quarts des cas, frappe en […]

Voilà !

On vous l’avait dit !

Les conséquences de ce phénomène sont connues : climat scolaire dégradé et réussite en berne, liée à un absentéisme significatif des élèves.

Si on avait des profs !

Oui, nous avons des professeurs !

Pas assez !

L’école devient alors un refuge et un bouclier pour les élèves. C’est exactement ce que j’ai observé lundi matin auprès des équipes du quartier des Grésilles, à Dijon. Alors que leur collège – le collège Champollion – a été partiellement incendié dans la nuit de vendredi à samedi, dans un quartier marqué par le combat des services de police et de justice contre le narcotrafic, elles se sont immédiatement mobilisées. Dans la nuit même, les agents d’accueil, les personnels du département, la principale et la principale adjointe se sont rendus sur le site où, dès lundi matin, toute l’équipe était présente. Je tiens solennellement, devant vous, à rendre hommage à ces femmes et à hommes qui font que notre école demeure debout, unie, au service de la réussite des élèves et des familles, pour refuser toute forme de fatalité en la matière et pour permettre à chacun de s’en sortir.Le refus […]

La parole est à M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères.

Jean-Noël Barrot ministre de l’Europe et des affaires étrangères · Dem #482

La France est submergée par le narcotrafic et la criminalité organisée qui l’accompagne. Tous les territoires de la République sont désormais concernés. Les conséquences ravageuses de ce phénomène menacent à la fois la santé et la sécurité des Français. Pour lutter contre ce fléau, la France s’est dotée d’un arsenal – fruit de la loi du 13 juin 2025 – constitué notamment d’un état-major interministériel et d’un parquet anti-criminalité organisée.

L’autosatisfaction !

Jean-Noël Barrot ministre · Dem #484

Face à la mondialisation accélérée des trafics, la guerre contre les trafiquants…

Ah, la guerre !

Jean-Noël Barrot ministre · Dem #486

…appelle une action internationale sans relâche traitant les causes du problème. Éradiquer le mal à la racine, c’est la mission que le premier ministre a confiée au ministère de l’Europe et des affaires étrangères, qui va déployer dans les douze prochains mois un plan de bataille contre les trafiquants, comprenant la multiplication des accords de coopération sécuritaire avec les pays de production, de transit et de rebond ; le renforcement, dans les pays concernés, des effectifs du ministère de l’Europe et des affaires étrangères, ainsi que des ministères de l’intérieur, des armées et de la justice, accueillis dans les postes diplomatiques ;…

Que des budgets en baisse !

Jean-Noël Barrot ministre · Dem #488

…la réorientation de l’aide publique au développement vers les cultures de substitution, les projets de lutte contre le blanchiment d’argent ou la sécurisation des ports ; enfin, un régime de sanctions européen contre les criminels réfugiés à l’étranger et impliqués dans le trafic de drogue, le trafic d’armes et la traite d’êtres humains.

Il n’y a pas de moyens !

Jean-Noël Barrot ministre · Dem #490

Comme je l’ai annoncé il y a quelques semaines, en me rendant sur place aux côtés du président de la République, le premier axe d’effort porte sur l’Amérique latine et les Caraïbes. C’est dans cette région qu’est produite la totalité de la cocaïne qui déferle dans les rues des villes et des villages de France, où elle est désormais consommée par plus d’un million de personnes. La production, en pleine explosion, est localisée principalement en Colombie, au Pérou et en Bolivie. Elle transite vers l’Europe via l’Équateur, le Brésil, le Panama, le Venezuela, le plateau des Guyanes et les Caraïbes. Les territoires ultramarins se trouvent évidemment en première ligne.Le deuxième axe d’effort porte sur l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient. C’est au Maghreb qu’est produit l’essentiel du cannabis importé en France. De nombreux narcotrafiquants y sont réfugiés. L’enjeu est d’obtenir des […]

La parole est à Mme la ministre de l’action et des comptes publics.

Montchalin, au moins, on la connaît ; les autres, on ne les voit pas !

Amélie de Montchalin ministre de l’action et des comptes publics · LaREM #496

Face à la menace grave que le narcotrafic et la criminalité organisée font peser sur notre pacte républicain, la réponse de l’État doit être totale, cohérente et déterminée, sans angles morts. Mais chacun le sait : le narcotrafic s’adapte vite et l’État doit toujours avoir un temps d’avance. Depuis ma nomination, mon action est structurée autour de trois priorités, afin de reprendre l’avantage.La première priorité, c’est l’argent. (M. Antoine Léaument applaudit.) L’argent est le carburant de ces organisations criminelles : couper l’argent, c’est couper le moteur le narcotrafic. C’est pourquoi nous renforçons la lutte contre le blanchiment ainsi que la saisie des avoirs criminels, avec une coopération resserrée et opérationnelle entre services au sein de l’état-major interministériel de lutte contre la criminalité organisée (Emco), mentionné par mon collègue Laurent Nuñez. Les services […]

Ça suffit de taper sur les riches comme ça !

Amélie de Montchalin ministre · LaREM #500

Toutefois, nous devons aller plus loin, notamment dans le secteur non financier, pour que chaque euro blanchi devienne un risque plutôt qu’une tentation. Les moyens de Tracfin ont été renforcés dès 2025 et continueront de l’être. Dès janvier, la nouvelle procédure de gel administratif des avoirs des narcotrafiquants (Gaban) entrera en vigueur. Concrètement, l’argent sera immobilisé avant qu’il ne puisse s’évaporer.La deuxième priorité, c’est d’adapter nos méthodes et nos moyens. Là où les trafiquants ont industrialisé leurs pratiques, l’État doit moderniser les siennes. Cela implique avant tout de renforcer massivement les capacités de contrôle de la douane,…

Il faut plus de douaniers, ce que ne prévoit pas le PLF !

Amélie de Montchalin ministre · LaREM #503

…avec davantage de scanners dans les ports – à Marseille, au Havre, à Dunkerque, à Fort-de-France –, dans les aéroports et sur les flux postaux que nous scannerons désormais à 100 %. Davantage de moyens seront consacrés au contrôle des routes, avec une attention particulière aux outre-mer, qui sont en première ligne face aux trafics.

Depuis le temps qu’on le demande !

Amélie de Montchalin ministre · LaREM #505

Cette deuxième priorité inclut également l’intensification de notre présence en mer, avec notamment le renforcement de la garde côtière des douanes en complément de la marine nationale. C’est aujourd’hui une nécessité opérationnelle ; les saisies réalisées en témoignent. Certes, cette modernisation a un coût : un scanner coûte environ 5 millions d’euros. Mais, on le sait, le coût de l’inaction serait bien plus élevé.

C’est comme pour l’environnement !

Amélie de Montchalin ministre · LaREM #507

Je rappelle que les douaniers ont déjà saisi, en 2025, plus de 29 tonnes de cocaïne : cela représente 2 milliards d’euros de cash non injectés dans l’économie parallèle. (MM. Vincent Caure et Antoine Léaument applaudissent.) La troisième priorité, c’est la défense de la probité des agents publics. La corruption constitue une attaque directe contre la République. Protéger nos agents et renforcer la prévention est essentiel, au moyen de nouveaux circuits de signalement et de nouveaux cadres de sanction. Je le dis avec force : chaque agent public qui serait pris dans cet engrenage doit pouvoir se signaler rapidement, se sentir autorisé à le faire et être protégé afin de sortir de cette emprise. Le plan pluriannuel de lutte contre la corruption 2025-2029 doit désormais être déployé dans toutes les administrations à risque.La lutte contre le narcotrafic est une priorité pour les Français. […]

La parole est à Mme la ministre des outre-mer.

Ce sont les étrennes des ministres !

Vous manquez de place pour vous réunir à Matignon ? Dites-nous si vous avez besoin qu’on vous prête nos locaux !

C’est un conseil des ministres à l’Assemblée nationale, sans le Président ! (Sourires.)

Naïma Moutchou ministre des outre-mer · HOR #514

Je commencerai en décrivant trois scènes ordinaires rencontrées par les forces de sécurité sur le terrain : un contrôle renforcé à l’embarquement, à Cayenne ; un signal détecté en mer dans la zone caraïbe ; un point d’entrée identifié sur une côte des Antilles. C’est ainsi que commence le narcotrafic, dans une géographie précise : celle des outre-mer. Ces territoires sont souvent exposés les premiers, car ils sont traversés par les grandes routes internationales de la drogue, y compris désormais dans le Pacifique, au large de la Polynésie française et de la Nouvelle-Calédonie.Les outre-mer encaissent les effets directs du trafic, mais ils protègent aussi l’Hexagone. Ce qui est bloqué en Guyane, en Martinique ou en Guadeloupe, ce sont des tonnes de cocaïne qui n’arriveront jamais ailleurs sur le territoire national. D’abord, parce que les moyens des forces armées, de la douane et des […]

Nous passons aux interventions des représentants des groupes politiques.La parole est à Mme Agnès Firmin Le Bodo.

Je suis étonné que nous n’entendions pas la ministre des sports ! (Sourires.)

Les narcotrafics ne sont ni une innovation propre au XXIe siècle ni une conséquence imprévue du progrès technique. L’histoire de l’humanité illustre à quel point la consommation de drogues a traversé les siècles. La réponse publique opposée aux narcotrafiquants connaît la même continuité : l’interdiction, tant de la consommation que de la commercialisation, ainsi qu’une juste, légitime et nécessaire répression des trafics. La seule évolution que le narcotrafic doit aux temps modernes illustre la face sombre de la mondialisation : empruntant les routes mondiales du commerce, il s’est internationalisé, structuré et développé jusqu’à devenir aujourd’hui, permettez-moi de le dire avec gravité, la principale menace à laquelle fait face notre pays.Rappelons quelques chiffres alarmants : la valeur du marché français des drogues illicites est estimée à 6,8 milliards d’euros – soit un triplement […]

Pas seulement !

Leur engagement force l’admiration. La lutte contre les narcotrafics s’incarne dans leurs visages. Sans eux, elle ne serait qu’un ensemble de dispositions théoriques dans notre code pénal. L’État doit être à la hauteur de leur action ; tous doivent se sentir protégés face aux menaces des narcotrafiquants.Nous n’oublions pas non plus – bien au contraire, monsieur Lecoq – ces si nombreux Français travaillant dans des domaines stratégiques pour les narcotrafiquants et dont ces derniers cherchent à se rapprocher : pêcheurs, dockers, acteurs de la sécurité portuaire, ferroviaire ou aérienne.

Exactement !

Ces travailleurs sont trop nombreux à faire l’objet de pressions et de menaces. Les organisations criminelles les incitent et les forcent parfois à franchir le Rubicon. Aux côtés des entreprises qui les emploient, l’État devra trouver de nouvelles manières d’assurer leur sécurité.

Très bien !

Je salue, à cet égard, l’initiative de l’Union nationale des industries de la manutention portuaire, qui souhaite la création d’un comité de coordination public-privé de la sûreté portuaire. Elle vous a écrit en ce sens, monsieur le premier ministre ; c’est une idée qu’il faut examiner sérieusement tant il est nécessaire d’unir nos forces dans la lutte contre ce fléau.J’en viens pour terminer à la question des consommateurs.Les personnes dépendantes aux stupéfiants représentent une partie non négligeable des consommateurs. On recense 900 000 usagers quotidiens de cannabis. Les usages réguliers de cocaïne connaissent également une hausse inquiétante : en 2023, 2,7 % des Français en avaient consommé au moins une fois au cours des douze derniers mois, contre 1,6 % en 2017. Vis-à-vis de ces usagers-là, l’État doit renforcer sa politique sanitaire de sortie de l’addiction en donnant plus de […]

La parole est à M. Davy Rimane.

La question de la lutte contre le narcotrafic ne peut être abordée sérieusement qu’en partant des territoires.Dans l’Hexagone, d’abord, la situation prend une ampleur préoccupante. Marseille bien sûr, mais aussi Grenoble, Dijon et de nombreuses villes moyennes sont désormais confrontées à une implantation durable des réseaux de narcotrafic. La violence liée au trafic se diffuse, se banalise et s’enracine dans des quartiers marqués par la relégation sociale. Les profils sont désormais bien identifiés : des personnes jeunes, recrutées dans des territoires où le chômage, la précarité et l’absence de perspectives constituent un terreau favorable au développement des économies criminelles. Le narcotrafic ne prospère pas dans le vide ; il se nourrit de failles sociales.Cette réalité hexagonale trouve un écho direct dans les outre-mer, où elle se manifeste avec une intensité accrue. Dans ces […]

Exactement !

Or les moyens restent manifestement insuffisants pour faire face à l’ampleur du narcotrafic. Ce n’est ni une vérité guyanaise ni une vérité ultramarine mais une vérité nationale. Un symbole révèle cette insuffisance : l’hélicoptère H145 de la gendarmerie, récupéré pour les Jeux olympiques, n’a jamais été restitué à la Guyane. Dans un territoire immense, largement inaccessible par la route, l’absence de capacités aériennes permanentes constitue un handicap majeur dans la lutte contre les trafics.Chez moi, comme ailleurs, le narcotrafic recrute les mêmes profils : des jeunes confrontés au chômage, à la pauvreté et à l’absence de perspectives. Mais en Guyane, comme aux Antilles ou dans les océans Indien et Pacifique, ces facteurs sont exacerbés et les alternatives légales, encore plus rares. C’est pourquoi la réponse ne peut être uniquement pénale ou sécuritaire. Multiplier les contrôles […]

Très bien !

Enfin, je mets en garde contre la tentation de la brutalité pénale ostentatoire, celle de réponses spectaculaires mais inefficaces. Annoncer un quartier de haute sécurité en pleine forêt guyanaise, c’est faire de l’affichage sécuritaire au détriment d’une politique publique pensée en adéquation avec les besoins locaux et avec l’histoire (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR et LFI-NFP), en l’occurrence l’histoire coloniale, du territoire dans lequel elle s’exerce.Incarcérer toujours plus, sans moyens judiciaires suffisants, sans politique de prévention, sans traitement des causes sociales, signifie engorger les prisons, renforcer les réseaux et, surtout, perdre le lien avec les populations, celles-là même qui sont les victimes directes (Mêmes mouvements), tant individuellement que collectivement, d’un trafic qui exploite les racines d’un mal profond autant qu’il en profite. En […]

#572

(À dix-sept heures quarante-cinq, M. Christophe Blanchet remplace Mme Yaël Braun-Pivet au fauteuil de la présidence.)

La parole est à M. Michel Castellani.

Le narcotrafic, par étapes, s’est mué en une économie criminelle majeure, mondialisée, blanchissant des milliards, jouant sur la corruption, la brutalité, l’intimidation et l’assassinat. Elle prospère sur la précarité, l’échec scolaire, la marginalisation de certains quartiers, mais aussi sur la demande des consommateurs.Bien des cités de nos villes sont devenues des lieux de non-droit, l’ordre social y est régi par le rapport de force, et les habitants honnêtes y sont soumis à un environnement de violence insupportable. Une démocratie qui se respecte ne peut accepter de vivre avec ces entorses permanentes à la loi, de voir chaque jour des morts de jeunes par surdose, des vies gâchées et des familles ruinées. Elle ne peut ni ne doit voir des fortunes s’édifier sur le trafic, la fuite devant l’impôt et, surtout, le malheur d’un si grand nombre.Mais il ne suffit pas de le dire ; le combat […]

La parole est à M. Éric Ciotti.

Ça faisait longtemps qu’on ne l’avait pas vu !

Le débat sur la défense, engagé la semaine dernière, était capital. Celui qui s’impose aujourd’hui sur le narcotrafic est tout aussi vital car la menace que nous affrontons n’est plus extérieure mais intérieure.

Elle est ici !

Elle est totale et endémique. Elle ronge les fondations mêmes de l’État. Si nous continuons à reculer, ce ne sont pas seulement nos rues qui tomberont mais la République. Quand l’État recule, le mal avance ; quand l’autorité se délite, la violence s’installe. Marseille en porte la marque tragique : ville otage des cartels, nouveau Medellin où la kalachnikov a remplacé Marianne.Partout, le narcotrafic avance ses pions, ses tentacules mafieux. En juillet 2024, dans ma ville de Nice, rue de la Santoline, sept personnes, dont trois enfants et un adolescent, ont péri dans un incendie terrifiant, allumé par des narcotrafiquants. Aux Moulins, les rafales de kalachnikov qui se multiplient et le sang ont remplacé le silence de la nuit, comme ce sinistre 3 octobre 2025, avec deux morts et cinq blessés. Messieurs les ministres, vous avez une responsabilité dans cette situation. En dépit de vos […]

Ce n’est pas ça le problème !

Nous avons laissé la consommation se banaliser. Les honnêtes gens ont peur aujourd’hui. Demain, la peur doit changer de camp. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.) Le narcotrafic veut nous détruire. Il ne connaît ni frontières ni catégories sociales. Il s’agit d’un contre-État doté de ses règles et de ses hiérarchies, d’une contre-économie de 7 milliards d’euros avec ses entreprises commerciales, d’une contre-société qui recrute, endoctrine, remplace ou corrompt. (M. Jean-François Coulomme s’exclame). Les prisons sont transformées en postes de commandement. Le crime est érigé en vertu. La France est en train de perdre une guerre – oui, une guerre –, peut-être la plus dangereuse et la plus mortelle.Dans une guerre, l’État ne peut pas se permettre la demi-mesure. Nous proposons un vrai plan de guerre. L’État doit construire les places de prison nécessaires, imposer des […]

Ça c’est vrai !

Éradiquer le trafic nécessite des enquêtes longues et approfondies, de l’infiltration, du renseignement. La police judiciaire, démantelée par M. Darmanin, doit être rétablie dans sa configuration initiale.

Tout à fait !

Son démantèlement ne fut pas simplement une erreur mais une faute, au moment où nous avons besoin de son expertise, de sa compétence et de sa force. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.) La République a aussi le devoir de s’attaquer aux consommateurs et à la consommation. Sans demande, il n’y a pas d’offre. Chaque consommateur est un maillon de la chaîne. Chaque joint, chaque ligne, chaque pilule finance des armes et des réseaux, et provoque des morts. Lorsqu’un mineur est condamné pour consommation, la suspension des allocations familiales doit être prononcée. L’amende forfaitaire délictuelle pour consommation de stupéfiants doit être portée à 1 000 euros.

Non, 2 000 euros !

Mieux : 10 000 euros !

Il faut publier en ligne les noms des consommateurs récidivistes, oser le name and shame et faire en sorte qu’ils soient dénoncés devant l’opinion publique.L’heure est grave : soit la République accepte la guerre avec des moyens exceptionnels et assume un « quoi qu’il en coûte » sécuritaire ; soit elle continue à reculer et la guerre sera perdue. (« Bravo ! » sur les bancs du groupe UDR. – Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)

La parole est à M. Michaël Taverne.

La lutte contre la criminalité organisée sous toutes ses formes, y compris le narcotrafic, devrait faire consensus au sein de cette assemblée. Force est de constater que c’est loin d’être le cas : la gauche coco-écolo-socialo-LFIste, totalement perchée, déconnectée et idéologue, a plus de compassion pour les voyous et les criminels que pour les honnêtes gens.

Il y a une question de méthode !

Insulter les policiers et les gendarmes tous les jours, les traiter d’assassins, dire « la police tue », ça, vous savez le faire.

Gardez vos leçons de morale !

Mais qui tue pour un territoire ? Qui tue pour un différend lié au trafic de stupéfiants, pour un simple avertissement ? Qui tue des innocents, victimes d’une balle perdue tirée par des criminels ? Ce sont les narcotrafiquants et non les policiers ; et sur ce sujet, on ne vous entend guère. Pourtant, la sécurité est la première des libertés…

La liberté est la première des sécurités !

…et, à l’heure où nous débattons, 80 % des Français ont une bonne opinion de la police – contrairement à La France insoumise.

Deux minutes pleines consacrées à LFI !

Selon un dernier sondage, 83 % des Français souhaitent que la sécurité soit une priorité pour le gouvernement. Je les rejoins car, au bout de huit ans de macronisme, nous connaissons un chaos sécuritaire – tous les chiffres de la délinquance sont au rouge écarlate – et un chaos migratoire qui alimente le lien entre insécurité et immigration, tout cela avec l’assentiment de l’extrême gauche.

Parlez de choses concrètes !

Avec Marine Le Pen et Jordan Bardella, nous alertons depuis des années les différents gouvernements sur la dégradation de la situation sécuritaire et migratoire en France et sur la menace structurelle que représente la criminalité organisée qui gangrène le pays. Nous avons proposé des mesures de bon sens, objectives et ciblées pour enrayer ce fléau. Malgré les caricatures, la situation actuelle démontre que nous avions raison.

Ce sont vos lois qui sont appliquées !

Avec son idéologie laxiste, la gauche porte une énorme responsabilité dans ce chaos. Mais les macronistes, au pouvoir depuis huit ans, qui donnent des leçons d’efficacité et de professionnalisme politique à la terre entière, sont également responsables. Perpétuellement autosatisfaits, vous êtes pourtant aussi mauvais en économie qu’en politique de sécurité.

Bravo !

D’ailleurs, la plupart des décrets d’application de la loi « narcotrafic » n’ont toujours pas été signés. Incapables de planifier une stratégie, vous êtes dans l’adaptation perpétuelle. Alors qu’il faut un plan et une anticipation, le constat est sans appel : vous n’avez rien fait. Nos compatriotes ultramarins en savent quelque chose.Rappelez-vous les belles formules d’Emmanuel Macron ou d’Éric Dupond-Moretti sur le sentiment d’insécurité ou le fait que l’immigration est une chance pour la France ! Que dire de la soufflante passée par Éric Dupond-Moretti – toujours lui – aux magistrats marseillais qui avaient osé dire que la guerre contre les narcotrafiquants était en passe d’être perdue ?Dans le même temps, au moyen d’une réforme très contestée, vous avez détruit la police judiciaire : le constat est confirmé par un récent rapport parlementaire.

Un rapport d’Ugo Bernalicis !

C’est embêtant : c’est LFI qui a fait le rapport !

À Marseille, Emmanuel Macron déclare que les trafiquants sont en train de perdre la bataille, ce qui n’est certainement pas le cas. Quand on ne se sait plus quoi dire, on raconte n’importe quoi.Vous avez livré la France à l’ensauvagement endémique. J’en veux pour preuve les déclarations du garde des sceaux, selon qui « il n’y a plus de lieu safe en France ». En 2022, il déclarait qu’il n’y avait aucun lien entre immigration et délinquance ; aujourd’hui, il affirme qu’« il y a une partie de relation entre immigration et délinquance ». Quel changement de discours ! Cependant, monsieur le garde des sceaux, vous avez à vos côtés un ministre de l’intérieur qui lui, refuse de faire ce lien. Albert Einstein disait : « Si vous ne pouvez pas expliquer quelque chose simplement, c’est que vous ne l’avez pas assez bien compris. » Vous n’avez strictement rien compris et les Français en paient le […]

Relisez d’abord Einstein !

Heureusement que les députés de notre groupe ont été présents massivement, avec nos alliés de l’UDR, lors de l’examen, en commission, de la proposition de loi visant à sortir la France du piège du narcotrafic. Nous avons évité que le texte ne soit totalement vidé de sa substance par la gauche et l’extrême gauche. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) Grâce à notre mobilisation, nous avons donné à nos policiers, gendarmes, agents pénitentiaires, magistrats, douaniers des moyens supplémentaires tels que le dossier coffre, le déclenchement à distance des appareils électroniques, les interceptions satellitaires, la création d’un Pnaco, celle des quartiers de lutte contre la criminalité organisée, le statut de repenti, la fermeture des commerces soupçonnés de blanchiment. Sans le Rassemblement national, jamais ces mesures n’auraient été adoptées.Nous voulions aller plus […]

La parole est à M. Vincent Caure.

Trop près d’un tableau, on perd souvent la vue d’ensemble et il faut se reculer pour apprécier l’état de l’art, le travail réalisé et celui qui reste à accomplir. Tel est l’intérêt de notre débat de ce soir, consacré à l’impérieuse nécessité de lutter contre le narcotrafic.Je l’affirme avec la plus grande détermination : autant que les retraites ou l’éducation nationale, il s’agit d’un sujet crucial pour l’avenir de notre pays. Pourtant, pendant longtemps, il n’a pas bénéficié de l’intérêt qu’il méritait. La prise de conscience est enfin intervenue ; l’Assemblée nationale peut et doit être fière du travail transpartisan du printemps dernier qui a conduit à l’adoption de la loi « narcotrafic ». Ce soir, devant vous, je veux m’exprimer non en qualité d’ancien corapporteur de ce texte mais comme témoin du fléau, observé par tous, que représentent les drogues qui submergent l’ensemble de […]

Très bien !

Mais il y a plus grave : sur ces réseaux sociaux, on recrute aussi – y compris depuis des prisons – pour assassiner. Je veux rendre hommage aux surveillants pénitentiaires, trop souvent menacés et intimidés. Le drame d’Incarville a rappelé à l’ensemble de la nation le prix qu’ils pouvaient payer.Je pense aux marins-pêcheurs, démarchés de plus en plus souvent pour transporter de la drogue contre des sommes folles. Leur seul tort est de vouloir accomplir leur travail librement et honnêtement. Nous devons agir pour les protéger.Mes pensées vont aux enseignants : monsieur le ministre de l’éducation nationale, monsieur le ministre de l’intérieur, vous vous êtes rendus à Dijon où un collège a été visé cette semaine par un incendie criminel. S’attaquer à l’école, c’est saper les fondements de la République et de l’autorité.Enfin, comment ne pas penser à Mehdi Kessaci, assassiné pour intimider […]

Où en est le logiciel de la PJ ?

…et de perfectionner les outils de la lutte contre le blanchiment d’argent. Le blanchiment n’est pas une conséquence du trafic parmi d’autres, il en est autant le cap que la boussole. L’ensemble des acteurs, notamment les enquêteurs, doivent prendre conscience de l’importance de la dimension financière des affaires de narcotrafic.Enfin, il convient de déployer une nouvelle politique volontariste contre la corruption, véritable gangrène de notre République, étant observé qu’il est souvent trop tard pour agir contre elle quand on la constate.Le narcotrafic n’est pas la seule menace qui pèse sur notre pays. Il y a une semaine, à l’initiative du gouvernement, nous avons voté pour la stratégie de défense proposée par le président de la République. À l’heure où nous cherchons des fonds, rappelons-nous simplement que le trafic de drogue rapporte chaque année 7 milliards d’euros aux […]

La parole est à M. Sébastien Delogu.

À vous entendre, tout va mieux, et on se demande pourquoi nous sommes ici aujourd’hui. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Vous vous exprimez après les annonces de Macron… (« Monsieur Macron ! » sur les bancs des groupes EPR et DR. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Amélie de Montchalin ministre · LaREM #653

Le président Macron !

Pardon ?

Ne les écoute pas, ils disent n’importe quoi !

Vous parlez d’une ville que vous ne comprenez pas, de situations que vous ne comprenez pas, d’une population que vous ne comprenez pas. Contrairement à vous, moi, Marseille je l’ai dans le sang. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Je suis né à Marseille, j’ai grandi à Marseille, j’ai travaillé à Marseille, et j’ai rencontré des milliers de personnes qui pourront vous dire qu’il faut changer de doctrine !Les problèmes rencontrés à Marseille sont les mêmes que dans le pays tout entier. Je ne cesse de répéter, depuis que je suis député de la nation, que la misère sociale fait le lit des comportements asociaux. Tout le monde en France est conscient que nous sommes en train de perdre nos enfants. (Mêmes mouvements.) Et je vous le dis, à vous qui êtes au pouvoir : vous n’êtes pas dignes, face à ces drames, et il serait temps que vous admettiez votre responsabilité ! Vous […]

Oh là là !

Mais le peuple sait que c’est uniquement pour faire oublier vos silences et votre inaction.

Qu’est-ce que vous proposez, vous ?

Vous êtes des hypocrites car, quand, quelques jours plus tard, un enfant de 15 ans a reçu une balle dans la tête, a été éventré, puis calciné, personne n’a osé dire le moindre mot. Vous êtes tout simplement pitoyables ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Vos démonstrations de force, vos opérations de communication comme l’opération Place nette XXL, vos visites ministérielles et présidentielle en grande pompe masquent difficilement vos choix politiques désastreux, incompétents et inutiles ! Quand allez-vous comprendre que, dès lors que l’État social recule, la misère progresse ? Pour tenter de régler un problème humain, social, éducatif ou sanitaire, vous ne proposez que des surenchères sécuritaires, qui n’ont aucun effet, aucun résultat. (Mêmes mouvements.) Pour nous, la société française ne souffre pas d’un manque d’autorité, comme le prétendent certains, mais d’un […]

Honte à vous !

Peut-être avez-vous oublié de consulter les deux rapports parlementaires du Sénat et de l’Assemblée nationale – ce dernier présenté par Ugo Bernalicis – qui ont objectivé le fiasco, mais trois ans plus tard nous y voilà ! Les rois de la communication nous ont vendu des opérations Place nette complètement inefficaces et contre-productives, lancées avec tambours et trompettes en présence du monarque : lorsque celui-ci est venu à Marseille, des milliers de fonctionnaires étaient déployés, comme jadis au temps des rois, quand les forts Saint-Jean et Saint-Nicolas avaient tourné leurs canons vers la ville pour tenir en respect le peuple lors de la venue du roi Louis le quatorzième. Vous ne savez même pas, j’en suis certain, que le procureur de la République de Marseille, pourtant responsable de la politique pénale, n’avait même pas été associé et que sa protestation, légitime, a été […]

La honte !

Ils fanfaronnent avec leur loi « narcotrafic » et leur guerre contre la drogue mais, pendant ce temps-là, nous continuons de compter nos morts. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Il est temps d’en finir ! Vous nous faites passer pour un parti antipolice…

Qu’avez-vous dit sur les policiers ? Assumez !

…mais quand nous demandons de renforcer les moyens de la police judiciaire en la sortant de la dilution départementale, vous vous y opposez, comme vous vous opposez à notre proposition de créer une véritable direction générale de la police judiciaire. (Mêmes mouvements.) Quand allez-vous comprendre qu’il est urgent de revaloriser financièrement les enquêtrices et les enquêteurs et de leur octroyer des repos compensatoires pour leur rythme de travail ? Quand allez-vous comprendre qu’il est impératif de recréer un concours dédié pour intégrer la police judiciaire ? Quand allez-vous comprendre que la lutte contre la délinquance économique et financière, contre le blanchiment, exige le recrutement spécifique d’enquêteurs spécialisés ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Il paraît d’ailleurs qu’un plan en faveur de la police judiciaire est dans les tiroirs : qu’attendez-vous […]

C’est faux ! Arrêtez les mensonges !

…et, pendant ce temps-là, le volume de cannabis consommé augmente de plus de 77 % et celui de la cocaïne de 214 % ! Entre le maigre budget que vous consacrez à la prévention et vos campagnes de spots publicitaires culpabilisants et bidon, rien ne fonctionne, rien ne change, et vous le savez très bien. Pour vous, la meilleure des préventions, c’est encore et toujours la répression. La dernière annonce du Président prouve votre amateurisme !Ne nous prenez pas pour des naïfs, on sait comment cela se passe dans le monde politique, dans la police et dans la magistrature. La corruption est un fléau. L’opération Trident de Marseille, ça vous dit quelque chose ? Pas moins de 387 kilos de cocaïne commandés par l’État, pour une vente totale avoisinant les 8 millions d’euros. Sans que personne soit arrêté, sans que personne sache ce qu’est devenue la drogue, sans que personne sache où est passé […]

La honte !

Vos discours contre la corruption sont bien beaux, mais trop nombreux sont sans doute ceux qu’elle nourrit. Françaises, Français, si vous voulez en finir une bonne fois pour toutes avec ce fléau et toute la criminalité liée à la drogue, il faut légaliser le cannabis (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations sur les bancs des groupes RN et UDR), ainsi que le préconise un rapport parlementaire présenté par mon cher collègue Antoine Léaument et par un député… macroniste !Nous vous proposons d’améliorer la prise en charge des consommateurs et d’arrêter de les voir comme des délinquants, d’encadrer l’acheminement et la vente pour en finir définitivement avec l’économie souterraine, de contrôler la production pour en limiter la toxicité, qui ravage les cerveaux de notre jeunesse, de concentrer les moyens de la répression sur les gros criminels, en arrêtant de faire la […]

#681

(À dix-huit heures vingt-cinq, Mme Yaël Braun-Pivet remplace M. Christophe Blanchet au fauteuil de la présidence.)

La parole est à M. Roger Vicot.

Comment en est-on arrivé là ? Il n’est pas question d’accabler ici les gouvernements qui se sont succédé ces vingt dernières années à la tête du pays, mais la France s’est réveillée relativement récemment avec, passez-moi l’expression, une véritable gueule de bois face à ce qu’elle doit affronter aujourd’hui. C’est d’autant plus rude et douloureux qu’elle ne peut plus ignorer des faits qui se sont accumulés, précipités, de façon folle et effrayante.Fou et effrayant, en effet, le fait de savoir qu’environ 240 000 personnes sont aujourd’hui concernées d’une manière ou d’une autre – importation, distribution, vente – par le trafic de drogue. Fou et effrayant cet autre chiffre de 21 000 personnes pour qui le trafic est un travail à temps plein. Folle et effrayante la liste, plus longue chaque année, des meurtres, assassinats, règlements de compte directement liés au narcotrafic. Fou et […]

Il a raison !

Être intraitable, oui bien sûr, mais pas au prix de ce qui fait la France, et en intégrant au contraire dans notre action ce qui fait la force de notre démocratie. (M. Boris Vallaud applaudit.) Si la loi du talion mettait fin à la violence et aux trafics, cela se saurait depuis longtemps et les pays qui ont tendance à la pratiquer seraient aujourd’hui prémunis contre ce fléau. Perdons nos valeurs et nos principes dans ce combat et nous y perdrons notre âme.Si l’on accepte l’idée que le narcotrafic s’attaque à tous les aspects de notre société, il y a alors aussi un enjeu de structuration et d’organisation, un autre défi à prendre en compte dans nos projets communs, pas uniquement sous les aspects policiers et judiciaires. À ce titre, nous avons eu l’occasion de l’affirmer à plusieurs reprises, la loi de 2025 est hémiplégique car elle n’aborde à aucun moment la dimension de la prévention […]

Il n’y a plus de moyens !

Mais cette certitude de l’inutilité de la prévention est fausse : il suffit de jeter un œil, même distrait, à de nombreux exemples internationaux pour s’en convaincre, qu’il s’agisse du mentorat, de l’éducation par les pairs, du travail de rue, des programmes éducatifs et familiaux, des programmes de réduction des risques, du conseil et des traitements. Il existe des voies de progrès, des expériences réussies, des exemples formateurs dans ce domaine. Malheureusement, la prévention de la délinquance est devenue l’un des parents pauvres de nos politiques publiques ces dernières années. Et pourtant, je mets au défi quiconque dans cette assemblée d’affirmer qu’à aucun moment il n’a été confronté, ni de près ni de loin, pas même dans son entourage amical, professionnel, familial, voire personnel, à la question des addictions. La consommation de stupéfiants est une addiction au même titre que […]

La parole est à M. Éric Pauget.

Il est des heures dans la vie d’une nation où le silence devient une faute, des moments où l’hésitation confine à la démission, dès lors que des fléaux, lorsqu’ils s’installent durablement, ne menacent plus seulement l’ordre public et la sécurité, mais les fondements de notre État. Le narcotrafic est de ceux-là. Face à lui, nous avons le devoir d’agir pour dénoncer ce qui constitue aujourd’hui l’une des menaces les plus graves et les plus corrosives pour la société française, car ce fléau détruit des vies, alimente la criminalité et fragilise l’âme même de notre République.Au nom du groupe Droite républicaine, je ne prends pas seulement la parole pour ajouter un discours à un autre,…

…mais pour sonner l’alarme. Car le fléau que nous affrontons est bien loin de la dérive délinquante du trafic de stupéfiants d’antan : celle-ci est devenue aujourd’hui du narcotrafic, une entreprise criminelle de destruction méthodique, violente et organisée qui gangrène nos villes et nos villages, menace nos institutions, enrôle et empoisonne nos enfants et sème, lentement mais sûrement, la mort avec une froide régularité. Le débat sur le narcotrafic et la criminalité organisée qui nous réunit aujourd’hui, c’est d’abord le récit d’une tragédie nationale : 139 morts en 2023, plus de 300 blessés en 2024, des familles brisées, des quartiers endeuillés. Derrière ces chiffres, ce sont surtout des destins fauchés et non des statistiques : à Marseille, une enfant de 10 ans meurt dans son lit, frappée par une balle qui ne lui était pas destinée ; à Villeurbanne, un adolescent de 15 ans tombe […]

Bravo !

Oui, partout où l’État recule face au narcotrafic, la loi du plus fort avance. Ne nous trompons pas : le temps révolu des dealers isolés a laissé place aux organisations criminelles dont nous avons reconnu l’importance avec la loi « narcotrafic ». Ces systèmes hiérarchiques bâtissent des économies mafieuses parallèles qui brassent des milliards et investissent nos territoires comme une armée d’occupation. Voilà le terrible constat qui nous impose de tirer le bilan lucide d’une loi nécessaire mais malheureusement insuffisante.Je veux le dire clairement : depuis plusieurs années, les gouvernements s’efforcent de combattre le fléau du narcotrafic et des progrès réels ont été accomplis, mais beaucoup reste à faire. Oui, cette année, la France a agi : nous avons renforcé l’arsenal pénal et de nouveaux outils judiciaires, administratifs et techniques ont été créés ; nos services sont mieux […]

Heureusement !

En cela, les promesses de la loi « narcotrafic », conjointement préparée par le garde des sceaux et par le ministre de l’intérieur, et que j’ai eu l’honneur de corapporter avec mes collègues Vincent Caure et Roger Vicot, ne sont pas restées lettre morte. Ce texte a permis des saisies historiques, totalisant 70 tonnes de cocaïne en 2025, permis de créer des prisons de haute sécurité et d’arrêter plusieurs barons de la drogue cachés à l’étranger ; il a aussi porté des coups importants aux réseaux et surtout, il a montré que l’État n’était pas absent. Mais permettez-moi de le souligner avec gravité : un État qui saisit toujours plus de drogue sans faire reculer la violence ne gagne pas la guerre, il en constate seulement l’ampleur. Car derrière les chiffres records des saisies se cache une terrible vérité : si nous saisissons davantage, ce n’est pas seulement parce que nous faisons mieux […]

Bravo !

Oui à la prévention et à la protection, mais oui aussi à la répression pour répondre au rajeunissement des petites mains de la narcocriminalité. Notre arsenal judiciaire doit s’adapter en passant par une rénovation de la justice pénale des mineurs : je pense à la suppression de l’excuse de minorité et à l’abaissement de l’âge de la responsabilité pénale.

Eh oui !

Soyons lucides : notre réponse publique demeure insuffisante. Nous multiplions les saisies et les interpellations, mais chaque jour l’hydre de la narcocriminalité se renforce davantage. Nous avons créé l’Ofast, et c’était nécessaire, mais malgré sa qualité de chef de file, elle reste avant tout une structure de coordination dépendante d’autres services, et donc avec des marges de manœuvre limitées. Pendant ce temps, les réseaux criminels s’adaptent, se mondialisent, innovent. Ils utilisent les cryptomonnaies, les ports internationaux et les flux logistiques. En réalité, nous combattons un crime du XXIe siècle avec les outils du XXe siècle.Oui, la menace est grande, mais notre détermination à protéger nos concitoyens et à garantir à chacun le droit de vivre dans une nation débarrassée du poison des drogues doit l’être encore plus. Avant de conclure, je citerai Victor Hugo : « II vient […]

Bravo !

En face, le narcotrafic profitera de nos hésitations. Il ne respectera ni nos délais, ni nos prudences, ni nos équilibres politiques. La question n’est donc plus de savoir ce que nous pouvons faire, mais ce que nous avons le courage de faire.Monsieur le premier ministre, mesdames et messieurs les ministres, face à la menace que représentent le narcotrafic et la criminalité organisée pour le pacte républicain, estimez-vous nécessaire de renforcer encore notre cadre juridique, nos dispositifs de prévention et les moyens mobilisés ? Sur les bancs de la Droite républicaine, nous sommes convaincus que la France a les moyens de gagner la guerre de la drogue face aux organisations criminelles.

Tout à fait !

Toutefois, il lui manque encore une volonté politique totale, claire et assumée, que nous continuerons de porter ici avec constance et détermination, parce que renoncer face au narcotrafic serait renoncer à l’autorité de l’État et parce que protéger les Français n’est pas une option mais un devoir. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR. – Mme Constance Le Grip applaudit également.)

La parole est à M. Pouria Amirshahi.

Monsieur le premier ministre, vous pourriez montrer un peu plus de considération pour l’Assemblée nationale et éviter de nous réunir pour nous demander si nous sommes pour le beau temps ou si nous souhaitons que le monde devienne meilleur ! Je relis votre question aux députés : « Face à la menace que représentent le narcotrafic et la criminalité organisée pour notre pacte républicain, estimez-vous nécessaire de renforcer encore notre cadre juridique, nos dispositifs de prévention et les moyens mobilisés ? » Évidemment, que c’est nécessaire ! Chacun votera bien ce qu’il veut en réponse à cette non-question, mais pour ma part je vais m’efforcer de traiter la seule qui vaille : comment lutter contre le narcotrafic ?

Bien !

En effet, le monstre mafieux grandit sans que vos certitudes sécuritaires n’entravent la capacité à agir des chefs du crime organisé. Le narcotrafic tue par les rackets, par les règlements de comptes, par les balles, par la terreur qu’il impose dans des quartiers entiers. Il tue parfois des enfants, pris dans une spirale de violence qui n’épargne plus personne. Le narcotrafic gangrène l’État, délégitime la puissance publique et la remplace même parfois. Il corrompt, fracture le lien social et happe une jeunesse à qui on n’offre plus grand-chose d’autre qu’un horizon de relégation ou d’illusions criminelles.J’ai une pensée particulière pour Mehdi Kessaci, assassiné à Marseille à l’âge de 20 ans (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS. – MM. Vincent Caure et Antoine Léaument applaudissent également) parce qu’il était le frère d’Amine Kessaci, militant écologiste engagé contre le […]

Très bien !

Dans les ports, un conteneur sur 5 000 est contrôlé. Mais la lutte contre le narcotrafic ne se cantonne évidemment pas aux frontières. Elle appelle prioritairement à un renforcement de la coopération internationale pour traquer les capitaux criminels et lutter contre le blanchiment d’argent. La corruption aussi doit être combattue sans relâche, car les réseaux criminels exercent une pression croissante sur nos agents et exploitent les vulnérabilités pour obtenir des informations confidentielles afin d’anticiper les contrôles, de contourner les enquêtes et de neutraliser l’action publique. Nous devons donc mener une politique claire et exigeante de prévention et de contrôle auprès des agents ayant accès à des informations sensibles.À cela s’ajoute une police judiciaire toujours en crise, affaiblie par la réforme entrée en vigueur en 2024.

C’est vrai !

Trop de maillons sont en tension. Cette lutte suppose de se donner les moyens de résister. Il faut sans tarder attirer des profils exigeants et spécialisés, et proposer des formations à la hauteur des enjeux : décrypter des schémas complexes de blanchiment, maîtriser le fonctionnement des cryptomonnaies et suivre l’ensemble des flux financiers qui irriguent le trafic de stupéfiants.Or voilà que surgit la tentation d’un état d’urgence narco. On aurait dû s’y attendre : à chaque crise, on retrouve la même fuite en avant autoritaire, présentée comme de la fermeté alors qu’elle traduit surtout une dérive inquiétante de notre doctrine pénale. Je répète que l’exception permanente ne désorganise pas les réseaux criminels mais affaiblit l’État de droit et nourrit les tentations autoritaires par des outils juridiques parfois dangereux. L’État de droit n’est pas un luxe mais la condition de […]

C’est vrai !

Lors de l’examen de la proposition de loi sur le narcotrafic, tous les amendements sur les questions de santé – je dis bien tous – ont été considérés comme irrecevables.

Mme Cyrielle Chatelain #749

C’est vrai !

Or nous ne sortirons pas du piège du narcotrafic sans prévention, sans soins, sans accompagnement, sans réduction des risques. D’ailleurs, les salles de consommation à moindre risque sont utiles à cet aspect du combat. (Mme Cyrielle Chatelain applaudit.) Autre point capital : le narcotrafic prospère là où l’État recule, là où l’école échoue, là où les services publics se retirent, là où les éducateurs ne sont pas soutenus, là où la précarité et l’humiliation fabriquent un marché du recrutement. Quand un mineur fait le chouf, pourquoi est-il dehors et non à l’école ? La présence éducative et sociale a-t-elle reculé au point que l’économie criminelle devienne l’option la plus visible ?Voilà pourquoi le sujet doit être pris dans son ensemble, avec des enquêtes ciblées, avec des enquêteurs renseignés, organisés et dotés de moyens, et avec une politique offensive contre les circuits […]

Exactement !

Riposter, ce n’est pas multiplier les postures martiales. C’est avoir le souci de l’intérêt général autant que de la réparation. Par exemple, lorsque des biens mal acquis sont confisqués, il faut que leur usage public et social devienne prioritaire. (M. Antoine Léaument applaudit.) Notre responsabilité est aussi de protéger les victimes, ainsi que leurs proches. Combien de parents en deuil après la mort de leur enfant sont livrés seuls à leur malheur, laissés sans accompagnement et contraints le plus souvent de continuer à résider sur les lieux du crime commis au pied de chez eux ? Il faudra en somme restaurer la République sociale : école, logement, santé, services publics, perspectives économiques. Ces priorités-là s’ajoutent à l’arsenal répressif, voire le précèdent.Pour conclure et alors qu’une mission d’évaluation vient d’être créée à l’Assemblée en vue d’une nouvelle loi pour […]

Tout à fait !

Amine Kessaci me confiait hier que si la loi « narcotrafic » avait été adoptée avant la mort de son frère Brahim, sa mère aurait été expulsée. Mesdames et messieurs les membres du gouvernement, songez que tenir compte de la complexité des vies, c’est non seulement faire preuve d’intelligence, mais aussi s’assurer que les principes humanistes, loin d’être abscons, s’inscrivent dans le réel. C’est d’abord cela, la République ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS. – M. Jean-Victor Castor applaudit également.)

La parole est à Mme Delphine Lingemann.

Chouf, charbonneur, MDMA, cocaïne,… : ce vocabulaire, autrefois marginal, est devenu familier. S’il a envahi nos conversations, c’est parce que la drogue a envahi nos vies. Elle est entrée partout : dans nos villes, dans nos campagnes, dans notre quotidien. La France vit un basculement historique. Le narcotrafic n’est plus une délinquance parmi d’autres, c’est une contre-société organisée et violente, qui tente d’imposer sa propre loi. Trois chiffres suffisent à mesurer l’ampleur du fléau : 33 %, l’augmentation, en trois ans, du nombre d’assassinats et de tentatives d’homicide liés au narcotrafic ; 79 %, la part des communes françaises aujourd’hui touchées par le trafic de stupéfiants ; 6,8 milliards d’euros, le chiffre d’affaires annuel estimé de cette économie criminelle. Au-delà des aspects financiers, ce sont nos institutions qui sont ciblées. Policiers, magistrats, élus et […]

Je l’avais proposé mais cela a été repoussé !

La complexité de la procédure ne doit jamais profiter aux criminels. Assécher le trafic, c’est aussi s’attaquer à la racine. À ce titre, nous saluons le plan international de lutte contre le narcotrafic. Face à des réseaux mondialisés, la réponse doit l’être aussi, notamment dans nos territoires d’outre-mer, en particulier la zone Antilles-Guyane. Il convient également de conclure des accords internationaux avec des pays qui détournent parfois encore le regard du narcotrafic. Cette ambition doit aussi être défendue à l’échelle européenne grâce à l’instauration d’un régime de sanctions contre la criminalité organisée permettant de geler les avoir des trafiquants et de leur interdire les transactions financières aussi bien que l’entrée sur le territoire de l’Union.Mes chers collègues, pour gagner cette guerre, il faut frapper les narcotrafiquants là où ça fait mal : au portefeuille. […]

La parole est à M. Sébastien Huyghe.

Je veux d’abord rendre hommage à Mehdi Kessaci, assassiné le 13 novembre à Marseille, ainsi qu’à toutes les victimes du narcotrafic et de la criminalité organisée et à leurs familles. (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR.) L’exigence est immense. Nous ne pouvons plus laisser les chefs de réseau, les blanchisseurs et les financiers du crime prospérer sur la douleur de familles endeuillées. La France est aujourd’hui à un point de bascule, submergée par la cocaïne et frappée par des tueries et des violences d’une intensité inédite. Fléau économique, social et sécuritaire, le narcotrafic alimente la criminalité, gangrène certains territoires, fragilise nos institutions et fissure notre cohésion nationale. Chaque quartier miné par les trafics est une parcelle de République qui vacille.Il y a quelques mois, nous avons adopté dans cet hémicycle la proposition de loi visant à sortir la […]

La parole est à M. Jocelyn Dessigny.

Nous l’avons rappelé tout à l’heure, le narcotrafic n’est plus un phénomène marginal, localisé dans les métropoles et leurs banlieues. Aujourd’hui, c’est un mal majeur, qui a déployé sa toile sur l’intégralité du territoire français. Mesdames et messieurs les ministres, nous sommes inquiets, l’heure est grave et vous ne semblez pas en prendre toute la mesure. À l’approche des élections municipales, cette réalité prend une dimension particulièrement préoccupante. Nous nous apprêtons à renouveler l’exécutif de 34 000 communes et les narcotrafiquants sont là, en embuscade, prêts à agir ! Il s’agit en effet d’une aubaine immanquable pour eux. Ils ont parfaitement compris que le pouvoir municipal était un levier stratégique : il conditionne l’urbanisme, le logement, les marchés publics, l’occupation de l’espace public, la gestion portuaire, la vidéoprotection. Bref, influencer une […]

Eh oh !

Pour m’en tenir aux dernières semaines : à Marseille, deux greffiers ont été mis en cause pour avoir transmis des informations judiciaires à des trafiquants ; à Nice, des responsables de police ont été condamnés pour corruption en lien avec des réseaux de narcotrafic ; des gendarmes du Val-d’Oise et des policiers municipaux de Seine-Saint-Denis font l’objet de poursuites dans le cadre d’une affaire de même nature. Dans les ports, chacun le sait, la corruption touche massivement la chaîne logistique, au point que l’on estime qu’un docker sur cinq est aujourd’hui exposé ou compromis. Ce ne sont pas des cas de soupçon que j’évoque, mais des dossiers judiciaires, des enquêtes et des condamnations.Cela signifie une chose claire : la lutte contre le narcotrafic ne peut plus être pensée uniquement comme une réponse policière. Elle est devenue une question de résistance à la corruption […]

Rendez l’argent !

La parole est à M. Paul Molac.

Le narcotrafic est un fléau qui gangrène tout notre pays. Un fléau qui abîme la cohésion sociale et le vivre-ensemble, renforce le sentiment d’insécurité et conduit à des drames – d’autant que les armes utilisées pour les règlements de compte entre narcotrafiquants sont des armes de guerre. Ce fléau touche tous les territoires – y compris les territoires ruraux où la consommation augmente et où les trafiquants trouvent parfois refuge. J’insiste là-dessus parce que la compagnie de gendarmerie de Ploërmel vient justement d’arrêter une bonne quarantaine de trafiquants, dont certains sont déjà sous les verrous. Certains de mes concitoyens s’en sont d’ailleurs étonnés : « Pourtant, ils étaient fort sympathiques ! » Cette réussite ne fera pas les gros titres alors même qu’elle montre que nos forces de l’ordre sont capables d’agir. Il faut donc le souligner et ne pas laisser croire aux […]

On a entendu ça !

Nous aurions pourtant besoin d’unité. Nous sommes normalement tous là pour lutter contre le narcotrafic !

Un député du groupe RN #794

Pas tous !

Quelle importance les querelles de parti peuvent-elles avoir ?

Mais on fait quand même de la politique !

Nous remportons donc des victoires. Face à la menace que représentent le narcotrafic et la criminalité organisée, le premier ministre nous a demandé s’il était nécessaire de renforcer notre cadre juridique, nos dispositifs de prévention et nos moyens. Vous conviendrez que la réponse est plus ou moins dans la question !Il me semble qu’en matière de cadre juridique, le Parlement a déjà fait son travail. Nous avons adopté il y a six mois la proposition de loi d’origine sénatoriale visant à sortir la France du piège du narcotrafic, après l’avoir enrichie et rendue plus applicable. Quant à la proposition de loi sur les dispositifs de saisie et de confiscation des avoirs criminels portée par notre collègue Warsmann, elle a permis de faire que le crime ne paie plus en s’attaquant aux portefeuilles des criminels. Des propositions de loi de ce type me paraissent essentielles.Il est vrai que le […]

Et le pays avec la législation la plus dure !

Il y a peut-être des explications, mais c’est tout de même une première place à laquelle nous préférerions ne pas être ! Par conséquent, appliquons nos lois, renforçons nos mesures, formons les professionnels et luttons sans faillir contre le narcotrafic. (M. Christophe Naegelen applaudit.)

La parole est à Mme Anne Bergantz.

Toutes nos interventions ont rappelé la gravité extrême du fléau que représente le narcotrafic. Ce phénomène aux multiples facettes met à l’épreuve nos douanes, fragilise la sécurité du quotidien, surcharge nos juridictions et mobilise comme jamais nos forces de l’ordre. C’est pour nos concitoyens un enjeu de santé publique majeur : chaque année, des milliers de personnes basculent dans l’addiction vis-à-vis de produits toujours plus puissants. C’est aussi un enjeu de sécurité : il n’y a plus aucune ville ni aucun village qui soit épargné par le narcotrafic et ses corollaires, la violence, la criminalité, l’intimidation, le désespoir et le sentiment d’abandon des habitants, des victimes collatérales bien malgré elles. Le narcotrafic a des conséquences sécuritaires, sanitaires et sociales dévastatrices.Chers collègues, je souhaite attirer votre attention sur une dimension encore trop […]

La parole est à M. Olivier Fayssat.

Je commencerai par évoquer ma circonscription – les 9e et 10e arrondissements de Marseille – et avant tout cette dame d’un certain âge, qui, près du boulevard Romain Rolland, regardait fortuitement par sa fenêtre lorsque la police a saisi de la drogue et de l’argent sur un point de deal. Les dealers ont pensé qu’elle était responsable de la descente de police : elle a dû quitter son appartement en urgence, faire récupérer ses meubles par des amis et vendre à perte son petit appartement pour lequel il lui restait encore quelques années de crédit à payer – c’était ça ou la mort. Cette semaine, le tabac de Mazargues a aussi été attaqué à la kalachnikov. Deux balles qui apportaient un message très clair aux commerçants du quartier : « Vendez-nous vite et pas cher votre fonds de commerce, avant qu’il ne soit trop tard ! » Hier, toujours à Marseille, deux agentes du tribunal judiciaire ont […]

Laurent Nunez ministre #815

Absolument ! (Sourires.)

J’ai très peur de vous mais c’est aux narcos qu’il faut faire peur, pas à moi ! (Applaudissements et « Bravo ! » sur les bancs des groupes UDR et RN.) Nous devons impérativement et immédiatement tout mettre en œuvre pour gagner cette guerre et toutes les pistes doivent être explorées : créer un régime procédural spécifique s’inspirant du régime existant pour le terrorisme – il en a été question tout à l’heure – et prévoyant notamment un accès différé à l’avocat ; faire du trafic de stupéfiants un motif autonome de perquisition nocturne ; améliorer le recours à la ressource humaine des repentis, qui expose pour l’heure les fonctionnaires à un risque juridique élevé, faute d’un cadre suffisamment protecteur et stabilisé ; éviter à tout prix qu’une irrégularité puisse entraîner l’effondrement de toute la procédure – le principe doit être le suivant : pas de nullité sans grief réel et […]

C’est du bon sens !

Je veux par ailleurs aborder brièvement le sujet des salles de shoot. Comment peut-on sérieusement envisager de lutter contre le trafic de stupéfiants en créant des zones de consommation libre ? Franck Allisio et moi-même sommes mobilisés contre le déploiement de ce dispositif à Marseille. Celui qui achète de la drogue finance le trafic et doit impérativement être sanctionné ; il faudrait d’ailleurs que cela figure dans les volets B2 et B3 du casier judiciaire, afin que se concrétise le name and shame défendu par Éric Ciotti.Enfin, les règles de légitime défense doivent être clarifiées s’agissant des forces de l’ordre. Le narcotrafic est beaucoup plus lucratif que le maintien de l’ordre ; faisons au moins en sorte que ce dernier soit moins risqué physiquement et pénalement ! L’usage d’armes à feu par les forces de l’ordre doit être présumé légitime dès lors que l’intégrité physique des […]

Exactement !

Les Français attendent un choix politique clair, qui traite le narcotrafic comme une menace systémique et non comme une délinquance ordinaire. Franck Allisio réclame l’état d’urgence pour Marseille et le quotidien lui donne raison : nous devons réarmer juridiquement nos forces de l’ordre. Pour le narcotrafic, il faut des peines plus rapides, plus certaines, plus lourdes. J’en termine en affirmant que nous devons tout mettre en œuvre, car le seul droit que nous n’avons pas, c’est celui de perdre cette guerre. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)

La parole est à M. Philippe Bonnecarrère.

Faisant miens les constats dressés quant à la gravité du narcotrafic, je ne m’en contenterai pas et je formulerai comme à mon habitude des propositions. Première proposition : appliquer la loi existante. Avant d’envisager de nouveaux textes, commençons par faire vivre ceux que nous avons adoptés.

Absolument !

Des décrets d’application pourtant cruciaux se font toujours attendre, en particulier sur le statut des repentis et sur les modalités d’infiltration prévues par la loi « narcotrafic ». J’ai pris acte, monsieur le garde des sceaux, de vos engagements pour la mi-janvier, mais je constate que certaines dispositions ont été assorties de délais d’entrée en vigueur anormalement longs et qu’aucune cour d’assises spéciale ne s’est encore réunie.Deuxième proposition : sortir de notre aveuglement collectif. Nous avons renoncé à des outils décisifs : l’article relatif au traitement des données permettant de détecter les connexions liées à la criminalité organisée n’a pas été adopté et le débat sur le chiffrement a été évacué. Les échanges entre délinquants ne peuvent devenir des zones sanctuarisées. L’exploitation des données, y compris en temps réel, l’accès aux communications chiffrées et […]

La parole est à M. Eddy Casterman.

Chers collègues, mesdames et messieurs les ministres, la guerre contre le narcotrafic n’a toujours pas été déclarée et si vous ne réagissez pas, alors demain, à votre place, siégera un membre promu par le clan Yoda ou la DZ Mafia. Si nous ne réagissons pas, des députés seront élus avec le soutien explicite du crime organisé ; ce jour-là, la France sombrera et deviendra un narco-État.Arrêtons de nous payer de mots ! Le narcotrafic ne relève plus de la délinquance mais du terrorisme et doit être combattu comme tel. Cette cinquième colonne, forte de ses 240 000 combattants, est prête à toutes les corruptions, à toutes les intimidations, à tous les actes de torture et aux crimes les plus odieux pour asseoir son emprise. Si le narcoterrorisme représente une menace existentielle pour la nation, alors l’État doit sonner le tocsin et décréter la mobilisation générale.Les Français qui vivent […]

Et surtout portée par le gouvernement !

…force est de constater que notre arsenal juridique est perforé par les censures répétées des juges du Conseil constitutionnel. Des peines de prison aggravées pour port d’arme lors d’une infraction liée au trafic de drogue ? Censurées par le Conseil constitutionnel. L’autorisation des fouilles systématiques contre les narcotrafiquants ? Censurée par le Conseil constitutionnel. La détection des comportements suspects en lien avec la criminalité organisée ? Censurée par le Conseil constitutionnel. La prolongation de la garde à vue à quatre-vingt-seize heures pour les délits de corruption ? Encore censurée par le Conseil constitutionnel.

Ça s’appelle l’État de droit !

Et enfin – c’est peut-être le plus incompréhensible –, la généralisation de la visioconférence lors des comparutions des narcotrafiquants ? Encore et toujours censurée par le Conseil constitutionnel ! Cette censure est une infamie, une insulte à la mémoire de Fabrice Morello et d’Arnaud Garcia, ces deux agents pénitentiaires qui ont payé de leur vie l’évasion du criminel Mohamed Amra après son transfert auprès d’un juge d’instruction.

C’est vrai !

Ce n’est pas l’État de droit qui sort renforcé de cette énième censure du juge constitutionnel ; c’est l’état de faiblesse qui est aggravé face au crime organisé. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.) Cet état de faiblesse transpire dans notre arsenal juridique, mais aussi dans le manque de moyens de nos forces préposées à la lutte contre le narcotrafic. Les conséquences de votre réforme catastrophique de la police judiciaire, monsieur Darmanin, sont ressenties sur le terrain, et tous les syndicats de policiers nous alertent sur le manque de moyens comme sur le déficit d’attractivité du métier. Nos services d’enquête manquent de tout, qu’il s’agisse de véhicules sous-marins, de drones ou de balises, et ne sont pas suffisamment valorisés alors qu’ils réalisent des saisies record : 1,3 milliard d’euros rien que pour l’année 2024, dont près de la moitié par la seule […]

C’est la preuve qu’ils sont efficaces !

Et devinez où est passée cette manne financière ? Moins d’un tiers des avoirs confisqués sont alloués spécifiquement à la lutte antidrogue. Vous disposez désormais, grâce à l’article 10 de la loi « narcotrafic » du 13 juin 2025, d’un outil qui vous permet d’utiliser enfin l’argent du crime pour financer la lutte contre le crime, un outil qui vous offre l’occasion d’envoyer un message très clair aux narcotrafiquants : « Avec votre argent, nous financerons votre démantèlement ! » Chaque euro saisi doit être alloué en priorité aux services d’enquête de proximité, aux greffes de nos tribunaux et à la bataille culturelle contre la banalisation de la drogue.Oui, la guerre contre la consommation de drogue doit être élevée au rang de cause nationale. Elle requiert évidemment de punir sévèrement la consommation en infligeant des amendes dont les montants sont réellement dissuasifs et […]