Séance du 25 juin 2026 — 284e séance
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de M. Sébastien Chenu.
Compte rendu intégral des prises de parole, sous la présidence de Présidence de M. Sébastien Chenu.
Tours 201 à 400 sur 539 — page 2 / 3.
Chers collègues, je le répète, le premier texte que vous avez choisi d’inscrire à l’ordre du jour de cette niche ne servira ni à améliorer le pouvoir d’achat des Français, ni à les protéger contre la terrible canicule que nous vivons, ni même à améliorer leur sécurité – des thèmes que vous mettez sans cesse en avant sans apporter aucune solution concrète. Pour vous, la priorité des priorités est de restreindre les libertés des Français – car c’est d’abord aux Français que vous vous en prenez en les empêchant de se marier avec la personne de leur choix, en leur disant qui ils doivent aimer, et en leur demandant s’ils ont vérifié si la personne dont ils étaient tombés amoureux avait sur elle des papiers.
M. Ciotti est un tue-l’amour !
Vous privez ces Français de liberté, et vous demandez à nos maires, qui ont tellement d’autres choses à faire en ce moment, de devenir des garde-frontières. Nous ne laisserons pas ce texte passer, car nous voyons tous les jours les dégâts qu’il pourrait causer. En effet, M. Ménard a fait des émules quand il s’est mis en avant en refusant de célébrer ce mariage sur lequel nous sommes revenus ce matin, et sur lequel nous continuerons de revenir – cette histoire est absolument scandaleuse. Des maires essaient, comme M. Ménard, de faire du zèle. J’ai entendu par exemple, il y a peu, à Boissy-l’Aillerie, dans ma circonscription, le témoignage d’une dame qui voulait se marier avec un Sénégalais et qui en a été empêchée par un maire qui citait M. Ménard en exemple.Les Français jugeront si les empêcher de se marier avec la personne de leur choix, si transformer nos maires en garde-frontières […]
La parole est à M. Jean-François Coulomme, pour soutenir le sous-amendement no 387.
Nous sommes surpris de voir un groupe politique comme le vôtre, conservateur et réactionnaire, donc attaché au mariage, stigmatiser les mariages qu’on pourrait soupçonner d’être arrangés alors que leur nombre est insignifiant – 400 par an à peu près. Ce groupe ne cesse de se plaindre de la baisse de la natalité dans notre pays, mais le mariage constitue souvent les prémices de la naissance d’un enfant. Vous souhaitez repeupler notre pays, mais vos politiques minables nous dissuadent de nous reproduire. Vous avez semé la désespérance dans les esprits et dans les cœurs pendant toutes les années où vous étiez au pouvoir.Aujourd’hui, vous ne constituez qu’un petit bataillon qui subsiste sur ces bancs, mais vous disparaîtrez en 2027, pour le plus grand bonheur de toute la population de ce pays. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.) Alors que les gens ont la gentillesse de bien vouloir […]
Sauvez l’amour !
La parole est à Mme Clémence Guetté, pour soutenir le sous-amendement no 421.
Mes collègues ont déjà présenté plusieurs arguments. Cette journée est très intéressante idéologiquement, car elle conduit l’extrême droite à dévoiler ses petites obsessions racistes. Je dis bien « obsessions » : l’ordre du jour de votre niche montre à quel point vous êtes incohérents.Le premier texte inscrit vise à lutter contre les mariages dissimulés ou arrangés. Le collectif des Amoureux au ban public a montré que moins de 400 mariages par an étaient annulés pour ce motif ou même suspectés d’être dissimulés ou arrangés. Il me semble que vous avez également inscrit à l’ordre du jour une autre proposition de loi pour renforcer la natalité dans notre pays.Cela démontre votre incohérence : vous reprochez à certaines personnes de ne jamais suffisamment s’intégrer et de vouloir profiter des avantages de notre pays sans vouloir vraiment s’y établir. Avec ce texte, vous voulez les empêcher […]
La parole est à M. Maxime Laisney, pour soutenir le sous-amendement no 447.
Ce texte est une double faute, morale et politique.C’est d’abord une faute morale. Monsieur Darmanin, vous soutenez ce texte, mais je rappelle que votre gouvernement fabrique en permanence des sans-papiers et des personnes en situation irrégulière. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.) On voit régulièrement venir dans nos permanences des gens qui vivent ici depuis dix ans. Ils travaillent, ils paient leurs impôts, ils cotisent, ils s’aiment et ils élèvent leurs enfants. Ils sont en situation régulière puisqu’on leur a délivré un titre de séjour, mais on leur pourrit la vie en les empêchant de le renouveler. C’est donc vous qui fabriquez ces sans-papiers et vous avez trouvé avec ce texte un nouveau prétexte pour leur pourrir la vie.C’est aussi une faute politique. Je vais vous rafraîchir la mémoire. Vous avez fait voter en […]
Scandaleux !
Déjà à l’époque, vous saviez qu’elle contenait des dispositions anticonstitutionnelles, mais vous êtes allés au vote en vous disant que le Conseil constitutionnel se prononcerait après. Quatre mois plus tard, les macronistes ont pris une rouste aux élections européennes. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit.) Quand vous allez sur le terrain de l’extrême droite, vous validez non seulement leurs questions, mais aussi leurs réponses. Or les gens préfèrent toujours l’original à la copie. C’est vous qui servez de marchepied à une éventuelle victoire de Marine Le Pen et Bardella en 2027 et c’est nous qui les combattons ici et continuerons à le faire jusqu’à l’année prochaine. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
Il a raison !
La parole est à Mme Sandrine Nosbé, pour soutenir le sous-amendement no 481.
Je voudrais revenir sur l’ordre du jour de cette niche parlementaire.
Ce n’est pas une niche, c’est une litière !
L’extrême droite se dit attachée à l’intérêt de nos concitoyens et concitoyennes et soucieuse de répondre à leurs préoccupations. Pourtant, rien dans cet ordre du jour ne va dans ce sens.Aujourd’hui, en France, cinquante-trois milliardaires possèdent plus de richesses que 32 millions de personnes, soit près de la moitié de la population. Cela révèle un problème flagrant de partage des richesses, mais vous ne proposez rien pour équilibrer ce partage.Le taux de pauvreté n’a jamais été aussi élevé dans notre pays, mais, là encore, vous ne proposez rien, ni sur le blocage des prix ni sur l’encadrement des loyers. Pendant que la misère progresse de manière scandaleuse et que les riches deviennent de plus en plus riches, vous proposez de lutter contre les mariages simulés ou arrangés.En fait, ce texte est fait sur mesure pour votre ami Ménard, qui se retrouvera en septembre devant un tribunal […]
Eh oui !
Vous faites des textes pour vos copains plutôt que pour répondre aux préoccupations de la population. Quelle hypocrisie ! Les masques tombent. Vous vous souciez des intérêts de vos petits copains, mais certainement pas des principes républicains. Lutter contre les mariages simulés, cela ne sert à rien, cela ne va pas améliorer la vie des gens. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
La parole est à M. Hervé de Lépinau, pour un rappel au règlement.
Il se fonde sur l’article 54, alinéa 6, du règlement, qui dispose que « l’orateur ne doit pas s’écarter de la question ». Monsieur le président, pourriez-vous, s’il vous plaît, rappeler aux orateurs qui soutiennent les sous-amendements que nous ne sommes pas dans une assemblée générale de l’Unef ou d’un autre syndicat gauchiste ? (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR. – Rires et exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)Rappelez-leur également que le texte porte sur la problématique du mariage des étrangers en situation irrégulière. Mme Cathala a fait un amalgame détestable en disant qu’il porterait sur tous les étrangers, quelle que soit leur situation juridique,…
Bien sûr !
…ce qui est totalement faux. Il faut revenir à la lettre du texte. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)
La parole est à M. Benjamin Lucas-Lundy, pour un rappel au règlement.
Il se fonde sur les articles 54 et 70, alinéa 3, de notre règlement.Concernant l’article 54, pour nous prononcer sur les sous-amendements, il nous faut comprendre le contexte dans lequel ils ont été écrits. Chaque intervention a été pertinente et a éclairé cette assemblée. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)Concernant l’article 70, alinéa 3, on voit bien transparaître, derrière l’intervention de M. de Lépinau, sa haine des corps intermédiaires et des syndicats, notamment ceux qui défendent les droits des étudiantes et des étudiants. Je veux ici les défendre. Nous sommes fiers, pour certains d’entre nous, d’avoir milité dans notre jeunesse (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP) et parfois plus récemment pour les droits de celles et ceux qui… (Le temps de parole étant écoulé, M. le président coupe le micro de l’orateur.)
On s’éloigne, merci.
La parole est à M. Thomas Portes, pour soutenir le sous-amendement no 508.
On parle de la question des mariages simulés ou arrangés, mais je voudrais rappeler que le député qui vient de faire un rappel au règlement est maire d’une commune où a été diffusée la chanson « Maréchal, nous voilà ! » (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Cela donne une certaine tonalité du débat politique dans lequel on se situe.Puisque nous parlons de mariage, parlons aussi de mariage avec des militants néonazis. Une de vos députées, Tiffany Joncour, qui n’est pas présente aujourd’hui, est mariée avec Maxime Gaucher, condamné pour violences en réunion lors d’attaques contre des journalistes. (Exclamations sur les bancs des groupes RN et UDR.) En 2012, il cible la mosquée de Poitiers. En 2013, il tabasse un photographe. En 2014, lors de la Coupe du monde, il mène des opérations dans des quartiers de Lyon avec Damien Rieu.
N’importe quoi ! Tais-toi !
Je voudrais aussi citer le mariage d’Élise Laplace avec Enguerrand Ottaviani. Lors du mariage, près d’Agen, étaient présents Hilaire Bouyé, président de Génération Zemmour ; Gabriel Loustau, multicondamné pour des propos racistes et pour appel à la haine ; François-Xavier Canot, soutien de Loïk Le Priol, un de vos amis, qui a assassiné Martín Aramburú ; Quentin, un néonazi qui avait apposé une croix celtique sur des tracts de candidature au nom de votre parti ; ou encore Yanis Iva, candidat du RN.La petite-fille de Marc Bloch a eu des paroles très justes à votre égard : elle a rappelé que malgré vos chemises et vos cravates, vous étiez les héritiers des Waffen SS. Vous ne serez jamais les bienvenus ici. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR ainsi que sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe SOC.)
Sur les sous-amendements nos 334 et identiques et 355 et identiques, je suis saisi par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire de demandes de scrutin public. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à M. Paul Vannier, pour soutenir le sous-amendement no 543.
Je voudrais m’attacher au fond du débat et revenir sur le cas fictif que j’ai évoqué tout à l’heure, celui de l’amour naissant et du projet de mariage entre Jordan de Monaco et une princesse étrangère. Chers collègues, j’aimerais que vous vous prononciez sur ce cas dans la diversité de vos adhésions lepéniste, bardelliste et ciottiste : une telle union est-elle permise ?Sur cette question comme sur d’autres, vous êtes traversés par des débats. Ainsi, sur la question des retraites, il y a chez vous un débat très vif sur l’âge de départ et sur la durée de cotisation : les bardellistes défendent la retraite à 66 ans, les ciottistes à 67, 68 ou 69 ans – quant aux lepénistes, nous ne savons plus ce qu’il en est au juste. (Exclamations sur les bancs des groupes RN et UDR.)
Ce n’est pas le sous-amendement !
Il y a également un débat chez vous sur la tradition dans laquelle vous vous inscrivez. Le collègue qui a pris la parole pour un rappel au règlement nous a rappelé la filiation vichyste et pétainiste de l’extrême droite, mais peut-être certains d’entre vous revendiquent-ils d’autres origines – celle, par exemple, des Waffen SS, tradition des fondateurs de votre organisation politique.
Aucun rapport avec le sous-amendement !
Collègues ciottistes, lepénistes, bardellistes, nous sommes au Parlement et nous sommes là pour confronter les points de vue : eh bien, ayons le débat dans la diversité de vos opinions. (M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit.) Que pensez-vous du projet d’union entre Jordan de Monaco et une princesse étrangère ? Nous, nous disons « oui » à l’amour entre Jordan de Monaco et une princesse, fût-elle des Deux-Siciles. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
La parole est à M. Boris Vallaud.
Je demande une suspension de séance de cinq minutes.
Comme je le ferai pour le reste de la journée, je vais suspendre pour une durée de trois minutes.
La séance est suspendue.
(La séance, suspendue à dix heures quinze, est reprise à dix heures vingt-cinq.)
La séance est reprise.Nous en venons à une nouvelle série de huit sous-amendements identiques.La parole est à Mme Gabrielle Cathala, pour soutenir le sous-amendement no 334.
Le 26 juin 2025, nous vous avions lu des courriers que nous avions reçus d’habitants de notre circonscription, pour illustrer à quel point les circulaires de M. Retailleau et ce genre de texte rendaient la vie des gens impossible. Depuis, nous en avons reçu de nouveaux – ces personnes nous écrivent, mais pas à vous, j’imagine, puisque vous les signaleriez directement à la police. (Mme Sarah Legrain applaudit.) Laissez-moi vous donner lecture d’un des courriers que j’ai récemment adressés au préfet du Val-d’Oise.« Je souhaite attirer votre attention sur la situation de M. X, numéro étranger Y, habitant la commune de Z, qui s’est vu débouté de sa demande de titre de séjour exceptionnel le 5 septembre 2025, décision notifiée le 12 septembre 2025. Monsieur est arrivé sur le territoire national en octobre 2019. Il a depuis lors montré tous les signes d’une intégration réussie, obtenant un […]
La parole est à M. François Piquemal, pour soutenir le sous-amendement no 361.
Je suis inquiet : nos collègues de l’Union des droites pour la République et leurs alliés du Rassemblement national ont déserté leurs bancs lors de leur propre niche parlementaire.
Ils ne soutiennent pas leur propre texte !
Sont-ils allés à la cérémonie surprise du mariage entre Jordan de Monaco et Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles ? (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) Nous aurions bien aimé avoir des cartons d’invitation. Nous les aurions alertés sur le danger que leur proposition de loi fait peser sur cette union, puisqu’un maire comme M. de Lépinau, à Carpentras, ou M. Ciotti, à Nice, pourra la dénoncer s’il juge que certains faits jettent le doute sur sa sincérité.Je ne sais pas s’ils sont tous partis en jet à Monaco pour célébrer cette union, mais je m’étonne de cette désertion tout à fait regrettable. Nous continuerons le débat, même s’il n’y a pas beaucoup de répondant. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)Nous voulons protéger le droit, en France, de se marier avec la personne de son choix. Nos concitoyens et nos concitoyennes doivent pouvoir se […]
La parole est à M. Pierre-Yves Cadalen, pour soutenir le sous-amendement no 388.
Daniel Balavoine, déjà, nous interrogeait : « Qu’est-ce qui pourrait sauver l’amour ? » (Sourires et applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) Aujourd’hui, nous avons la réponse : certainement pas l’extrême droite. Il est vrai qu’étant donné le vide abyssal de leurs bancs dans l’hémicycle,…
Ils ont retrouvé le goût de la vie ! (Sourires.)
Ils ont trouvé l’amour ! (Sourires.)
…on se demande à quoi ils sont bons. De façon générale, ils ne sont bons qu’à une chose : pourchasser le fruit de leurs obsessions. Que leur ont fait les personnes étrangères ? Comment les humanistes que nous sommes pourraient-ils ne pas voir le caractère scandaleux de cette proposition de loi d’une violence totale pour les personnes étrangères, qui toutes se verront suspectées et pourront être convoquées pour présenter tel ou tel papier alors que la seule chose qu’elles veulent est vivre avec la personne qu’elles aiment ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Stella Dupont applaudit également.)La proposition de loi pose un problème décisif, car elle procède d’une volonté de s’opposer à la liberté du mariage. Cette suspicion généralisée à l’égard des personnes étrangères est inadmissible. Comment pourrait-on l’accepter un seul instant ? Peut-être est-ce parce qu’ils […]
La parole est à M. Benjamin Lucas-Lundy, pour un rappel au règlement.
Sur le fondement des articles 95, 100 et 101. Je ne prétends pas sauver l’amour, comme nous y a incités un collègue, mais je veux signaler un fait incongru : c’est la première fois dans une journée réservée à un groupe parlementaire que le groupe en question et son allié d’extrême droite ne sont pas là. Nous débattons donc d’un texte sans le groupe qui le soutient. Cela témoigne d’un mépris profond pour nos travaux et nos débats, pour le Parlement. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et SOC.)Monsieur le président, je crois que cela mériterait que vous suspendiez la séance le temps qu’ils reviennent de la buvette.
Vous oubliez la présence de M. Michoux, rapporteur et représentant du groupe UDR. (Rires et exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)
Michoux le sauveur !
La parole est à M. Louis Boyard, pour soutenir le sous-amendement no 422.
Je suis de très mauvaise humeur, car je viens de passer quarante minutes bloqué dans le RER D bondé, par une chaleur terrible ; j’arrive à l’Assemblée nationale, et de quoi parle-t-on pendant la canicule ? Encore une fois, d’immigration !
Mais Michoux est là !
Car bien sûr, la priorité dans le pays serait de contrôler davantage les étrangers qui veulent se marier. Écoutez, si vous voulez vraiment vous interroger sur les étrangers, intéressez-vous aux médecins étrangers qui tiennent l’hôpital public à bout de bras et qui doivent actuellement gérer l’afflux de milliers de personnes à l’hôpital en raison de la canicule. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS ainsi que sur quelques bancs SOC.)Intéressez-vous aux personnes étrangères qui travaillent sur des chantiers par 40 degrés – ce qu’ils ne devraient pas faire, car cela met leur vie en danger (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP) – et aux jeunes qui passent le bac en pleine canicule. En faisant cela, vous parlerez aussi des Français.Le réchauffement climatique a déjà commencé. Si on parlait davantage de réchauffement climatique et moins d’immigration et […]
Nous continuons dans la bonne humeur : la parole est à Mme Sarah Legrain, pour soutenir le sous-amendement no 446.
Mes collègues l’ont montré, nous assistons à une nouvelle démonstration de la sinistre alliance entre la Macronie et l’extrême droite autour de ce texte censé empêcher les mariages blancs, les faux mariages, mais dont tout le monde comprend ici qu’il vise à rendre toujours plus difficile à des étrangers d’épouser des Français et des Françaises.Un point particulier n’a pas été abordé. Chers collègues ciottistes – je m’adresse à eux comme s’ils étaient là, mais il n’y en a plus aucun en face de nous, ils ont tous déserté, c’est à la fois flagrant et pathétique –, au départ, vous aviez envisagé de commencer la journée réservée à votre groupe par un texte sur la natalité. J’avais prévu d’expliquer comment votre texte sur la natalité, qui est une nouvelle façon de faire alliance avec la Macronie, puisque vous appuyez ainsi le « réarmement démographique » voulu par Macron, était encore une […]
La parole est à M. Antoine Léaument, pour soutenir le sous-amendement no 482.
Une nouvelle fois, nous examinons dans cet hémicycle un texte qui concerne l’immigration alors qu’il y a en ce moment des sujets de plus grand intérêt, notamment la lutte contre la canicule et le fait que des personnes travaillent sous des températures insoutenables.Des députés du Rassemblement national et de l’UDR étaient censés porter ce débat sur l’immigration. Cependant, en face de nous, les bancs sont vides alors que l’hémicycle est climatisé. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) Je tiens à le signaler à celles et ceux qui nous regardent. Alors que des travailleurs et des travailleuses endurent des températures insoutenables, les députés du Rassemblement national et de l’UDR ont décidé de quitter l’hémicycle. Je veux parler des personnes immigrées qui effectuent souvent les travaux les plus pénibles et les plus dangereux sous ces températures […]
La parole est à M. Thomas Portes, pour soutenir le sous-amendement no 507.
Il est vrai que les conditions de ce débat sont assez particulières. Cependant, nous constatons que les députés du Rassemblement national et leurs alliés de l’UDR sont racistes, mais pas courageux ; ils sont surtout très fainéants, puisqu’ils ne sont même pas ici pour défendre leur proposition de loi. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)Nous avions plein de questions à leur poser, puisqu’ils ont une obsession pour ces mariages qui, on le rappelle, représentent moins de 400 cas dans le pays. Par exemple, est-ce que leur ancien député raciste, Grégoire de Fournas, qui a exploité des travailleurs étrangers dans sa propriété, leur interdisait aussi de se marier ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Un des premiers actes politiques de M. de Lépinau, qui s’est exprimé à plusieurs reprises, a été de faire diffuser « Maréchal, nous voilà ! » dans les rues de […]
La parole est à M. Arnaud Saint-Martin, pour soutenir le sous-amendement no 544.
Quelle indignité ! La situation est extraordinaire : vous nous séquestrez toute une journée pour des textes aberrants qui ne servent qu’à assouvir vos pulsions identitaires, racistes et xénophobes, et il est particulièrement choquant de voir qu’il n’y a personne en face de nous pour en répondre car, au fond, vous n’assumez même pas le racisme qui dégouline de tous vos textes.
Le député Michoux est là au banc ! (Sourires.)
Il y a un rapporteur, mais qui ne dit rien, qui attend que ça passe. Au même moment, à la buvette, ils nous regardent de loin ; ils n’ont même pas la décence d’entrer dans l’hémicycle.Il y a un décalage extraordinaire entre ce que vous proposez et les urgences du moment. Alors que nous vivons une canicule exceptionnelle et qu’il n’a jamais été aussi urgent de procéder à une planification écologique pour s’adapter aux dérèglements climatiques qui vont déstabiliser puissamment la société, tout ce que vous nous proposez, c’est une police des mœurs, des sentiments, de l’amour. Vous voulez transformer les officiers d’état civil en flics qui essaieront de regarder ce qui se passe derrière les relations, par l’insinuation et la suspicion. Voilà un modèle de société terrible, et votre attitude est un aveu : vous n’êtes même pas là pour défendre le texte. Je parle au vide. C’est une allégorie […]
La parole est à Mme Léa Balage El Mariky, pour un rappel au règlement. Sur quel fondement ?
Pour la deuxième fois, Éric Ciotti et son groupe viennent de pourrir leur propre journée réservée. Ils ont fui de honte.Dans ma grande mansuétude, je demande une suspension de séance pour que les groupes de M. Ciotti et de Mme Le Pen puissent revenir et répondre à nos arguments.
La séance est suspendue.
(La séance, suspendue à dix heures quarante-cinq, est reprise à dix heures cinquante.)
La séance est reprise.Je suis saisi d’une nouvelle série de huit sous-amendements identiques.La parole est à M. François Piquemal, pour soutenir le sous-amendement no 355.
Je me suis renseigné et je tiens à rassurer tout le monde : il se trouve qu’un événement d’ampleur se tient en ce moment même au Yacht Club de Monaco. C’est sans doute l’occasion qu’a choisie Jordan Bardella pour célébrer son union avec Maria Carolina de Bourbon. Et nos collègues ont visiblement été invités à cet événement.
Ah ben voilà, tout s’explique !
Je voudrais vous parler d’un habitant de ma circonscription. Il s’appelle Fabian et il est d’origine argentine. Né en 1959, il fuit la dictature en 1978. Musicien, il passe par Barcelone et Marseille, avant d’atterrir dans la plus belle ville de France, Toulouse, en 1998. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Oui, vous pouvez applaudir ! Il y rencontre l’amour, en la personne de Patricia, une Française. Ils auront deux enfants, Florian, qui nait le 22 janvier 1993, et Olivio, le 19 avril 1996. Ils se marient et, grâce à ce mariage, Fabian peut rester en France, faire sa vie, construire une famille.Fabian est le père de deux personnalités connues : Bigflo et Oli. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP, SOC et EcoS.) Bigflo et Oli sont les enfants d’un mariage binational, comme des dizaines et des dizaines de milliers de jeunes Françaises et Français. Or […]
Ciotti, c’est big flop et au lit !
La parole est à M. Hadrien Clouet, pour soutenir le sous-amendement no 382.
Il est bizarre, comme cela a été dit tout à l’heure, de discuter devant des rangs qui ont été désertés – même si on a l’habitude que l’extrême droite déserte dans les moments importants de l’histoire nationale. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) C’est sans doute d’ailleurs la raison pour laquelle elle n’a pas été invitée hier à une grande cérémonie, les continuités historiques faisant foi.La question de l’immigration, est-ce, aujourd’hui, en France, celle des mariages ? Non ! C’est celle des privations de droits dont sont victimes des centaines de milliers de personnes. (Mêmes mouvements.) Dans la plus belle ville du monde, comme l’a dit avec une grande justesse mon collègue François Piquemal,…
Nous pourrions demander une suspension pour en débattre !
…nous avons connaissance chaque jour de personnes salariées, travailleuses, travailleurs qui, contribuant nuit et jour à l’avenir de la nation et à l’intérêt général du pays, se retrouvent en butte à des services préfectoraux qui, soit sont débordés, soit appliquent des dispositifs iniques, injustes et racistes à l’égard de celles et ceux qui sont venus travailler à nos côtés.J’ai récemment adressé un courrier au préfet de la Haute-Garonne, qui est d’ailleurs sur le départ, pour un certain Idriss, qui vit en France depuis maintenant dix-sept ans. Il a construit toute sa vie adulte dans notre pays et travaille dans l’hôtellerie et la restauration. Il a fait tout le parcours : après des CDD à n’en plus finir, il a réussi à accéder à un CDI. Il a réuni – tenez-vous bien ! – les attestations de tous ses employeurs, de toutes les associations de son quartier, à la vie desquelles il […]
La parole est à Mme Sylvie Ferrer, pour soutenir le sous-amendement no 416.
Je voudrais rappeler que, dans notre pays, le nombre de mariages blancs contractés dans le seul but d’une régularisation est extrêmement faible. Selon le collectif Les Amoureux au ban public, ce sont moins de 400 mariages qui ont été annulés parce qu’ils étaient blancs ou gris, soit à peine 0,5 % des unions mixtes. Quant aux condamnations pour mariage blanc, elles représentent une dose homéopathique : une trentaine par an, soit 0,01 % du total des mariages.En quoi ce texte concourt-il à l’intérêt général ? J’adresse ma question aux députés de l’extrême droite, qui semblent avoir revêtu leur cape d’invisibilité. (Sourires et applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) À moins que ce ne soit la honte qui les ait poussés à sortir de l’hémicycle.Permettez-moi, messieurs et mesdames de l’extrême droite, de vous donner quelques pistes d’intérêt général : vous auriez pu prendre en […]
La parole est à Mme Élise Leboucher, pour soutenir le sous-amendement no 452.
J’aimerais revenir sur le rappel au règlement qu’a fait tout à l’heure M. de Lépinau. Il a parlé de l’Unef et des syndicats gauchistes. Eh bien oui, moi, je suis une syndicaliste et j’en suis très fière ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Ce qui m’a menée au syndicalisme, au-delà de la lutte pour les droits des salariés, c’est la lutte contre l’extrême droite à l’intérieur des entreprises. C’est l’une des missions premières des syndicats ; nous en sommes fiers et nous ne le renierons jamais.Vous, vous ne supportez pas les syndicats et cela dit bien ce que vous êtes : vous n’êtes pas un parti qui soutient les salariés, mais un parti qui soutient les patrons, et mêmes les grands patrons. Vous êtes le parti du capital, vous êtes son allié. Vous ne supportez pas les syndicats, parce que vous ne supportez pas la vérité. Vous la supportez si peu que le maire RN de Liévin a […]
La parole est à M. Antoine Léaument, pour soutenir le sous-amendement no 476.
Je suis allé prendre un café pendant la suspension de séance et j’ai découvert où étaient les députés de l’UDR et du Rassemblement national : ils sont dans les salons ! Et je dois dire qu’ils ont une mine déconfite qui m’a fortement réjoui. Vraiment, je me suis réjoui. La défaite est totale pour eux, puisqu’ils ont décidé de déserter ; d’émigrer, d’une certaine manière, ce qui rappelle des heures sombres de notre histoire (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et SOC), celles au cours desquelles la France révolutionnaire se battait contre ceux qui quittaient la patrie pour la combattre depuis l’extérieur, aux côtés du roi de France.
À Varennes !
Je vous parlerai tout à l’heure de la Constitution de 1793, mais je veux pour l’instant me concentrer sur un autre moment de défaite et de déroute de l’extrême droite : 1945, qui nous a amenés à adopter, comme principe constitutionnel, encore valable aujourd’hui, le préambule de la Constitution de 1946 : « Au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d’asservir et de dégrader la personne humaine, le peuple français proclame à nouveau que tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés. Il réaffirme solennellement les droits et libertés de l’homme et du citoyen consacrés par la Déclaration des droits de 1789 et les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République. » Je me permets également de vous rappeler que l’article 12 de la Convention européenne des droits de […]
Et la gauche est majoritaire dans cet hémicycle !
On ne peut pas siéger tout seuls !
La parole est à Mme Danièle Obono, pour soutenir le sous-amendement no 513.
Au-delà de ce qu’elle a de grotesque, la situation dans laquelle les députés d’extrême droite plongent l’Assemblée nationale illustre à la fois leur inutilité et leur indignité, quand on voit la dangerosité des textes inscrits à l’ordre du jour.Sur le fond, je suis d’accord avec ce qu’ont dit mes collègues, mais je voudrais nuancer un peu. Je crois qu’il y a un problème avec l’immigration dans ce pays. Plus précisément, il y a un problème avec la manière dont sont traités les immigrés, notamment les primo-arrivants et arrivantes, qui sont confrontés à une maltraitance institutionnelle et à des violences systémiques. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.)Depuis plusieurs jours, une canicule frappe notre pays. Dans mon arrondissement, au cœur de la circonscription dont je suis la députée, plusieurs dizaines d’exilés vivent dans […]
Sur les sous-amendements no 329 et identiques, no 330 et identiques, no 331 et identiques, no 338 et identiques, ainsi que no 226 et identiques, je suis saisi par le groupe Socialistes et apparentés de demandes de scrutin public. (« Ah, enfin ! », « Très intéressant ! » et autres exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à M. Paul Vannier, pour soutenir le sous-amendement no 538.
Manifestement, la question que j’ai posée aux députés d’extrême droite sur l’amour naissant entre Jordan de Monaco et une princesse étrangère a provoqué un très grand trouble, puisqu’ils sont tous partis et qu’aucun d’entre eux n’est plus présent dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale.
Ils cherchent la deuxième Sicile !
Je tire deux constats de cette situation. Premier constat : lorsque nous parlons d’amour, ils ne sont pas là ; mais lorsque leur agenda de la haine est inscrit à l’ordre du jour de notre assemblée, ils sont tous là. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.) Ils accourent dès qu’il s’agit de poursuivre les étrangers, de cracher leur haine islamophobe, d’inventer mille périls à propos de la présence dans notre pays de ceux qui viennent d’ailleurs.Deuxième constat : l’extrême droite ne sert à rien du tout. (Mme Martine Froger et M. Benjamin Lucas-Lundy applaudissent.) Aucun des députés UDR n’est présent le jour de la niche parlementaire dédiée à leur groupe. Je tiens à dire à ceux qui nous écoutent que cette attitude a des conséquences bien concrètes. Les services de l’Assemblée nationale sont entièrement mobilisés pour cette […]
Éric des Deux-Bourbons !
Leurs collaborateurs et eux s’amusent de cette situation, qui est pourtant très grave, parce que notre pays traverse une crise dramatique. C’est aujourd’hui, à nouveau, la journée la plus chaude jamais enregistrée dans l’histoire de France. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Paul Christophle et M. Benjamin Lucas-Lundy applaudissent également.)
C’est la faute à Macron !
Nous, députés, avons donc beaucoup à faire ! Nous pourrions légiférer pour protéger nos compatriotes des conséquences dramatiques de la canicule,…
C’est vrai !
…mais nous en sommes empêchés par la bêtise, par la stupidité, par la haine raciste et xénophobe, par les obsessions identitaires de l’extrême droite, qui paralysent l’Assemblée nationale. Voilà l’état de l’Assemblée nationale quand elle est laissée entre les mains de l’extrême droite. Je le dis donc aux Françaises et aux Français qui nous regardent : méditez sur les conséquences de cette journée. Et dites-vous qu’en 2027… (Le temps de parole étant écoulé, M. le président coupe le micro de l’orateur. – Les députés du groupe LFI-NFP applaudissent ce dernier.)
La parole est à M. Benjamin Lucas-Lundy, pour soutenir le sous-amendement no 652. Je vois que vous brandissez le règlement, monsieur Boyard. Laissez-vous d’abord M. Lucas-Lundy présenter son sous-amendement ?
Oui.
Nous sommes entre gentlemen !
Nous laissons un peu la parole à l’opposition ! (Sourires.)
Merci, mon cher collègue !Nous vivons en effet la journée la plus chaude de notre histoire, et elle en préfigure bien d’autres. Des milliers de nos compatriotes souffrent, les salles des urgences sont surchargées, des classes fermeront à la rentrée prochaine – c’est le cas chez moi, à Mantes-la-Jolie, mais aussi chez beaucoup de nos collègues –, des milliers de familles se priveront de vacances cet été, faute de moyens. Bref, le pays ne va pas bien après dix ans de macronisme qui ont abîmé le pays.
Scandaleux !
Or que fait l’extrême droite aujourd’hui ? Elle réunit l’Assemblée nationale, sans même être présente elle-même, pour satisfaire ses obsessions racistes et débattre des quelques dizaines de mariages, parmi des centaines de milliers, qu’elle qualifie de mariages blancs. Autrement dit, ils choisissent de regarder la société française et le monde avec un microscope raciste et xénophobe. C’est pour cela qu’aujourd’hui, on fait perdre du temps à la représentation nationale, alors que tant d’urgences exigent que nous légiférions et débattions de la situation que vivent nos compatriotes. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EcoS.)Voilà ce qui m’a déjà fait dire, il y a un an, à l’occasion de la journée d’initiative parlementaire du groupe UDR, qu’il ne fallait pas confondre ce qu’on appelle trivialement une niche parlementaire avec une litière parlementaire, faite d’excréments […]
La parole est à M. Louis Boyard.
S’agissant des suspensions de séance fondées sur l’article 58, je m’en remets à votre grande sagesse, monsieur le président, puisque c’est vous qui en fixez la durée. Cependant, je note qu’aux termes de l’alinéa 5 de cet article, l’Assemblée nationale peut se prononcer sur une suspension de séance. Je demande donc que notre assemblée se prononce souverainement sur une suspension de séance de dix minutes. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.)
Bien parlé ! Excellent !
L’alinéa 5 précise : « sauf décision contraire du président de séance ». Bien tenté !La parole est à Mme Gabrielle Cathala.
Permettez-moi de citer l’article 58, alinéa 5, du règlement : « Les demandes de suspension de séance sont soumises à la décision de l’Assemblée sauf quand elles sont formulées par le gouvernement, par le président ou le rapporteur de la commission saisie au fond ou par le président d’un groupe ou son délégué dont il a préalablement notifié le nom au président. Le président d’un groupe ou son délégué peut obtenir au plus deux suspensions par séance au cours de l’examen d’un même texte, sauf décision contraire du président de séance. »La précision que vous avez rappelée, monsieur le président, concerne la seconde phrase, relative aux suspensions demandées par le président d’un groupe ou son délégué. Elle ne concerne pas la première phrase, qui dispose que l’Assemblée peut se prononcer sur une demande de suspension de séance. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Je crois […]
Ce n’est pas exactement ça. Les suspensions de séance demandées par le président d’un groupe ou son délégué sont de droit. Chaque groupe peut ainsi demander deux suspensions par texte et par séance. Par exemple, le groupe LFI n’en a pas encore demandé.Ensuite, c’est le président de séance qui décide de la durée de la suspension. J’ai dit que j’accorderai trois minutes pour la première demande, puis une minute trente pour la seconde – c’est ce que je fais en général pendant les niches parlementaires. Or vous sollicitez un vote sur la durée de la suspension. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs des groupes SOC et EcoS.)
Non, sur le principe de la suspension !
Oui, votons !
D’accord, j’entends. S’il y a besoin d’un vote, nous y procéderons, rassurez-vous, mais je donne au préalable la parole à Mme Elsa Faucillon, qui a brandi le règlement.
Je demande une suspension de séance pour mettre cela au clair, et je propose que nous votions ensuite sur la suspension demandée par nos collègues.
Vous avez la délégation du président de votre groupe. La suspension est de droit.
La séance est suspendue pour trois minutes.
(La séance, suspendue à onze heures huit, est reprise à onze heures quinze.)
La séance est reprise.La parole est à M. Louis Boyard.
Sur le fondement de l’article 58, alinéa 5, du règlement, je demande que soit soumise à l’Assemblée une demande de suspension de séance.
Je mets aux voix la demande de suspension de séance qui vient d’être formulée par M. Boyard. (La demande de suspension de séance est adoptée.)
La séance est suspendue pour cinq minutes.
(La séance, suspendue à onze heures seize, est reprise à onze heures vingt-trois.)
La séance est reprise.La parole est à M. Pierre Pribetich.
Je me fonde à mon tour sur l’article 58 du règlement. Nous avons beaucoup parlé d’amour ce matin, notamment d’un mariage fictif entre Jordan de Monaco et Carolina. (Sourires et applaudissements sur les bancs du groupes LFI-NFP. – Mme Cyrielle Chatelain applaudit également.)
Bien dit !
Ce n’est pas exactement ce dont traite le règlement !
Je viens de Bourgogne, comme Lamartine, qui aimait à présenter le côté obscur de la passion : « Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. » C’est le cas de cet hémicycle. (Sourires.) Je demande donc une suspension de séance sur le fondement de l’article 58, alinéa 5, afin de laisser à nos collègues la possibilité de revenir – ils nous manquent tant ! (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC, LFI-NFP et EcoS.)
Je ne sais pas très bien qui est cette Martine (Sourires), mais je mets aux voix la demande de suspension formulée par M. Pribetich. (La demande de suspension est adoptée.)
La séance est suspendue pour quatre minutes.
(La séance, suspendue à onze heures vingt-quatre, est reprise à onze heures vingt-huit.)
La séance est reprise.La parole est à M. Emmanuel Duplessy.
Excellent ! Bravo ! Il a raison ! (MM. Benjamin Lucas-Lundy et Pouria Amirshahi se sont assis sur des bancs de la droite de l’hémicycle.)
Vous êtes de droite ! (Sourires.)
Nos collègues xénophobes d’extrême droite n’ayant manifestement pas eu le temps de finir leur verre à la buvette, je demande, sur le fondement de l’article 58, alinéa 5, du règlement, que l’Assemblée se prononce une nouvelle fois sur une suspension de séance.
D’après vous, que boivent-ils ? De la Vichy ?
Je mets aux voix la demande de suspension de séance formulée par M. Duplessy. (La demande de suspension de séance est adoptée.)
La séance est suspendue.
(La séance, suspendue à onze heures vingt-neuf, est reprise à onze heures trente-deux.)
La séance est reprise.Nous en venons à une série de huit sous-amendements identiques.La parole est à Mme Gabrielle Cathala, pour soutenir le sous-amendement no 329.
Depuis ce matin, le ministre qui siège au banc est bien silencieux et nous sommes plusieurs à nous demander ce qu’il fait encore là (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP), alors que, depuis trois semaines, à la suite de diverses révélations, il a été prouvé qu’il avait ignoré un rapport de la mission inter-inspections sur l’évaluation des procédures de signalement, enquête, classement et poursuites en matière de violences sexuelles faites aux enfants, remis en 2022 à la suite d’une commande de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), ainsi qu’un autre rapport remis en 2023, lesquels aboutissaient à la même conclusion : l’indigence de bon nombre d’enquêtes menées dans des affaires de pédocriminalité.On sait également qu’il a noyé les magistrats sous des dizaines de circulaires tout en prétendant qu’ils étaient […]
La honte !
…sans attendre les conclusions définitives et pour mieux se défausser de sa propre responsabilité.J’invite tous les collègues qui ne l’auraient pas encore fait à lire ce prérapport, en particulier une des notes au bas de la page 34, qui dresse la liste de toutes les tâches dont la magistrate en question a eu à s’acquitter durant les cinq semaines où elle aurait dû traiter correctement cette plainte : sept audiences, en majorité des comparutions immédiates – pour préparer ces audiences, il faut lire tous les dossiers ; onze jours de permanence – le parquetier ou la parquetière passe alors sa journée entière à répondre au téléphone pour autoriser ou non la prolongation des gardes à vue… (Le temps de parole étant écoulé, M. le président coupe le micro de l’oratrice.)
La parole est à M. François Piquemal, pour soutenir le sous-amendement no 356.
La France s’interroge. Celles et ceux qui nous regardent, ainsi que celles et ceux qui sont dans les tribunes se demandent où sont passés les députés des groupes Rassemblement national et UDR.
Et les LR !
Et Les Républicains, en effet.Nous connaissions leur passion pour les Pépito, nous découvrons à présent celle qu’ils vouent au Yacht Club de Monaco ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Les voici qui désertent, ce qui nous rappelle le titre du livre d’un éminent historien antifasciste, Marc Bloch, qui a fait son entrée au Panthéon cette semaine, où deux de ses voisines nous disent beaucoup des intentions du Rassemblement national et de l’UDR. En effet, si cette proposition de loi visant à faire la chasse aux personnes étrangères qui voudraient se marier avec l’un de nos concitoyens avait été adoptée dans le passé, Marie Curie et Joséphine Baker n’auraient jamais été françaises (Mêmes mouvements. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également), car elles ont précisément obtenu la nationalité française par l’amour et le mariage.C’est bien pour celles et ceux qui […]
Excellent !
Ils ont peur de nos arguments ! Ils ont fui !
La parole est à M. Pierre-Yves Cadalen, pour soutenir le sous-amendement no 383.
Ils ne sont pas là mais sans doute, depuis la buvette, peuvent-ils entendre un poème qui les ramènera peut-être à des sentiments plus humains. Je vais vous lire « serment », écrit par Louis-Philippe Dalembert, né à Haïti.« t’aimer par-delà l’horizon plus loin que le réel t’aimer au-delà du crépuscule se noyant dans l’océan plus fort que des fleurs l’éclos ou des vagues la cohue t’aimer »« comme une nuit au parfum abyssal où l’on parle d’Hemingway et l’on boit du rhum vieux où la vie n’a de sens que ton rire allongé sur la dune défiant la tiédeur de l’été »« ivre rire de vie mesurant le flétrissement du temps le vent est long pourtant et beau ainsi que tes pas sur la plage nue enjambant les premières lueurs de l’aube »« quel sens ton absence aujourd’hui où la lune s’effeuille telle rivière légère dans la chaleur de la nuit »« par-delà l’essence des choses t’aimer la vie étrange alchimie […]
C’est autre chose que du Ciotti !
La parole est à Mme Clémence Guetté, pour soutenir le sous-amendement no 417.
C’est avec émotion que je prends la parole car c’est un très beau poème qu’a lu mon collègue Cadalen.Le sous-amendement tend à ajouter le mot « raciste » après « mesure » afin de bien préciser l’ambition de ce texte. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Cyrielle Chatelain et M. Benjamin Lucas-Lundy applaudissent également.)Nous l’avons dit, l’hémicycle a été déserté, il ne se trouve plus personne sur les bancs du Rassemblement national, ni sur ceux des groupes de M. Ciotti et de M. Wauquiez. À vrai dire, il n’y a plus personne non plus sur les bancs de la majorité. M. Pierre Cazeneuve me signale vaillamment qu’il vient d’arriver, et trois députés du Modem, qui écoutent courageusement nos propositions, me font signe eux aussi. (Mêmes mouvements.)Nous saluons leur présence mais, si nous avons donné leur comptant d’explications aux députés racistes de l’extrême droite […]
Eh oui !
Au début de la législature suivante, en 2022, ils étaient 89. Désormais, ils sont plus de 140. De zéro il y a quelques années, ils sont passés à 140 députés élus par le peuple français ! Pourquoi ? Parce que c’est votre agenda qui déroule le tapis rouge à leur conscience idéologique et à leur projet raciste. C’est votre agenda qui a permis de stigmatiser toujours davantage les personnes immigrées, qui a multiplié le nombre d’OQTF malgré leur absence totale d’efficacité, qui a pris en chasse tous ceux qui, en dépit de leur situation irrégulière, travaillent dans notre pays… (Le temps de parole étant écoulé, M. le président coupe le micro de l’oratrice. – Les députés du groupe LFI-NFP applaudissent cette dernière.)
La parole est à Mme la présidente Mathilde Panot.
Sur le fondement de l’article 61 du règlement, monsieur le président, je vous demande de vérifier le quorum, après vous être assuré que la majorité des députés de notre groupe est présente dans l’hémicycle. En effet, plus de la moitié des députés Insoumis sont présents, alors que les députés de l’extrême droite sont tous partis. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
La vérification du quorum se demande avant un vote. J’y donnerai droit au moment où nous arriverons à la mise aux voix des sous-amendements.La parole est à Mme Clémence Guetté.
Pardonnez-nous, monsieur le président, nous n’avons pas été bien clairs. Nous vous demandons de vérifier le quorum avant de procéder au vote sur une demande de suspension de séance, comme le permet l’article 58, alinéa 5, du règlement.
Dans ces conditions, la demande est recevable. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)Je suis saisie par la présidente du groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire d’une demande, faite en application de l’article 61 du règlement, tendant à vérifier le quorum avant de procéder au vote sur la demande de suspension de séance.Conformément au troisième alinéa de ce même article, je vérifie que la majorité des députés du groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire est présente dans l’hémicycle. À cette fin, je demande aux députés appartenant à ce groupe de bien vouloir se lever. (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent.)La majorité des députés du groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire est présente en séance. Je constate que le quorum, à savoir la majorité absolue du nombre de députés, n’est pas atteint. Conformément à l’article 61 du règlement, le vote […]
La séance est suspendue pour quinze minutes.
(La séance, suspendue à onze heures quarante-deux, est reprise à douze heures.)
La séance est reprise.Je rappelle que le vote sur la demande suspension de séance a été reporté, en application de l’article 61, alinéa 4, du règlement. Je mets aux voix la demande de suspension de séance formulée par Mme Guetté. (La demande de suspension de séance est adoptée.)
La séance est suspendue pour deux minutes.
(La séance, suspendue à douze heures une, est reprise à douze heures quatre.)
La séance est reprise.La parole est à M. Manuel Bompard.
Je me fonde sur l’article 58, alinéa 5, du règlement. La situation dans laquelle nous nous trouvons est inacceptable. Nous sommes nombreux à nous être déplacés aujourd’hui pour débattre des textes qui nous sont soumis ; finalement, nous nous retrouvons seuls dans l’hémicycle. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.)
Eh oui !
Monsieur le président, nous vous demandons donc une nouvelle suspension de séance sur le fondement du même article. Je me permets de vous suggérer de suspendre jusqu’à treize heures, pour permettre à nos collègues de réfléchir, de manger…
De s’hydrater !
…et, qui sait, de revenir à la raison en décidant de participer au débat. Nous nous éviterions ainsi les nombreuses suspensions de séance que nous demandons. Voilà la suggestion que je vous soumets.
Je mets aux voix la demande de suspension de séance. (La demande de suspension de séance est adoptée.)J’ai entendu votre suggestion, c’est pourquoi je suspends la séance pour une minute. (Sourires. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
La séance est suspendue.
(La séance, suspendue à douze heures cinq, est reprise à douze heures sept.)
La séance est reprise.
Deux collègues brandissent le règlement en même temps. La jeunesse avant la beauté ! Vous avez la parole, monsieur Berrios, pour un rappel au règlement.
Je ne sais pas comment je dois prendre cette réflexion, monsieur le président ! (Sourires.)Je formule ce rappel sur le fondement de l’article 100 du règlement. Sur un texte aussi attendu par les maires…
Mais non !
…et aussi attendu par les Français,…
Mais non !
…je trouve et on peut trouver cette mascarade un peu lamentable.
Vous êtes tout seul sur les bancs de votre groupe, monsieur !
Nous pouvons tous regretter cette situation.
Ce n’est pas un rappel au règlement !
Il faut empêcher les maires de se marier ! (Sourires.)
La parole est à Mme Mathilde Panot.
J’interviens à mon tour sur le fondement de l’article 58, alinéa 5. Le spectacle lamentable qui vient d’être évoqué est dû à nos collègues qui ont déserté l’hémicycle le jour de leur niche parlementaire. Monsieur le président, vous venez de décider d’une suspension de séance d’une minute. Je veux rappeler que nous ne sommes pas à la disposition des groupes de l’extrême droite, absents pour la niche parlementaire de l’un d’entre eux. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)Nous sommes appelés à débattre d’un texte raciste et anticonstitutionnel. Je vous demande une nouvelle fois une suspension de séance plus longue, pour donner aux collègues en question le temps de revenir.
En tant que présidente de groupe, vous avez parfaitement le droit de demander une suspension de séance. Elle sera plus longue que la précédente, puisqu’elle sera de trois minutes – durée que j’ai l’habitude d’accorder pour la première demande d’un groupe.
La séance est suspendue pour trois minutes.
(La séance, suspendue à douze heures huit, est reprise à douze heures douze.)
La séance est reprise.
La parole est à M. Benjamin Lucas-Lundy, pour un rappel au règlement.